|
Actualité |
MAJ : 23/03/2006
| ||||
|
| |||||
Des robots pour penser les origines du langage
Pierre-Yves Oudeyer - Sony, Paris
La question des origines du langage, après avoir été quasi-occultée pendant un siècle, est revenue sur le devant de la scène. Question pluri-disciplinaire, un nombre grandissant de chercheurs la pensent désormais en utilisant d'une part des concepts développés par les sciences de la complexité, et d'autre part en dépassant la conception Chomskienne désincarnée du langage. Celui-ci est conceptualisé comme un outil d'interactions situées, utilisé par des individus dotés d'un corps, de motivations et de biais cognitifs particuliers, pour coordonner leurs activités autour d'un objectif dans des contextes particuliers. En effet, l'hypothèse est que le langage et les langues sont des systèmes adaptatifs complexes, qui sont le résultat auto-organisé de l'interaction dynamique et collective des individus, de manière analogue par exemple à l'architecture sophistiquée des nids de termites qui est le résultat auto-organisé de l'interaction entre les termites, sans qu'aucune d'elles n'ait un plan de la structure globale. Or, les systèmes adaptatifs complexes, et en particulier ceux constitués d'individus cognitifs dont le couplage entre le corps, le cerveau et l'environnement est en même temps compliqué et fondamental, sont très difficile à comprendre. L'un des outils cruciaux pour nous permettre de développer notre intuition à leur sujet est la construction de systèmes artificiels et opératoires, en particulier en utilisant des robots. Nous présenterons plusieurs expérimentations dans lesquelles des robots dotés de capacités sensorimotrices et cognitives, sont placés en situation d'interactions culturelles. Nous montrerons par exemple comment il est possible qu'un lexique et un système de catégories sémantiques associées, se forme et soit partagé par une population de robots qui n'ont au départ aucune catégorie sémantique pré-déterminée et qui n'ont pas la possibilité de "lire" dans les pensées les uns des autres. Nous montrerons aussi comment il est possible de faire apparaître dans une population de robots dotés de modèles du conduit vocal et de l'oreille des systèmes phonologiques complexes et articulés qui sont partagés par tous les membres d'une même communauté et différents d'une communauté à l'autre. Nous montrerons aussi comment en même temps on peut expliquer l'apparition d'universaux phonétiques comme la préférence de certaines voyelles par rapport à d'autres, sans que ces universaux ne soit explicitement encodés dans l'architecture neurale ou morpho-perceptuelle. Plus d'informations sur l'intervenant le cycle des Séminaires d'informatique du LIRMM |
| ||||
|
auteur :
Céline Berger
Ecrire au : Webmaster
|