Proposition de stage de recherche, Université Montpellier 2, année 2009-2010

Dessins de graphes avec canevas planaire et mutations de triangles



Encadrant : Emeric Gioan (LIRMM, équipe AlGCo : Algorithmes, Graphes et Combinatoire)
Thème principal : codage des dessins de graphes
Autres mots-clés : théorie des graphes, structures logiques de données, géométrie algorithmique
Prérequis : un peu de théorie des graphes et une bonne rigueur formelle
Résumé : Sur le plan théorique, il s'agit d'étudier les dessins de graphes dans le plan pour lesquels on connait déjà le dessin d'un sous-graphe planaire. En bref, on se demande quelles informations sur les croisements et positions entre les arêtes du sous-graphe et celles qui ne sont pas dans le sous-graphe permettent de reconstruire le dessin tout entier, éventuellement à des transformations simples près (par exemple des mutations de triangles consistant à passer une portion d'arête de l'autre coté du croisement de deux autres arêtes sans toucher le reste du dessin). Sur le plan algorithmique, il s'agit de reconstruire efficacement un dessin de graphe (ou bien un représentant de sa classe d'équivalence lorsque des mutations sont autorisées) à partir de son codage combinatoire. La programmation de ces algorithmes pour une présentation sur ordinateur, voire pour le développement d'une interface graphique, sera également la bienvenue.



Présentation détaillée du sujet.

Les dessins de graphes sont une branche active de la théorie des graphes (colloques réguliers, nombreuses publications...).

L'approche proposée dans ce sujet est le codage des dessins de graphes par des structures combinatoires (ou logiques), pour permettre un traitement des dessins de graphe de façon directement structurelle sans s'occuper des positions réelles des points du dessin. Sur le plan théorique, le problème considéré consiste à étudier un allègement de la structure afin de n'en retenir si possible que l'information géométrique à laquelle on s'intéresse (par exemple connaître le croisement des routes dans une carte géographiques mais pas la façon exacte dont les routes se croisent). Sur le plan pratique, le but est d'utiliser ces structures afin de faciliter la représentation et le traitement des données utiles.

Formellement, on considère une surface S, qui est a priori simplement le plan (par exemple le plan de l'écran d'ordinateur pour une visualisation de graphe), ou bien la sphère de dimension 3 (ce qui est très similaire en ajoutant un point à l'infini au plan).

Rappel : un homéomorphisme de S est une application bijective de S qui transforme une courbe continue en courbe continue, et ne change pas les relations d'intersection des courbes continues entre elles. Intuitivement, un homéomorphisme permet de déformer un dessin en respectant la forme de l'objet, dans le sens où il respecte les positions relatives des parties de l'objet (un point à l'intérieur d'une région reste à l'intérieur de cette région, deux traits qui se coupent continuent de se couper le même nombre de fois et de la même façon, etc...).

On appelle dessin de graphe sur la surface S une application qui associe un point à chaque sommet du graphe G=(V,E), et une courbe a chaque arête (homéomorphe à un segment), de sorte que : Pour coder un dessin de graphe (à homéomorphisme près), on peut utiliser des structures de données de différents niveaux de précision : Dans le cas d'un dessin de graphe complet, d'après [2], on a les résultats suivants :
  1. l'ensemble des croisements, ou bien également la carte, détermine le sous-croquis par des formules logiques du premier ordre.
  2. le sous-croquis détermine le dessin de graphe (i.e. le croquis) à une suite de mutations de triangles près (ce qui généralise le théorème de Ringel sur les arrangements uniformes de pseudodroites).
Une mutation de triangle consiste à passer une portion d'arête de l'autre coté du croisement de deux autres arêtes sans toucher le reste du dessin. C'est la transformation représentée sur la figure ci-dessous. Bien sûr, une mutation de triangle ne change pas le sous-croquis du dessin (mais change le croquis puisqu'elle change l'ordre des intersections le long des arêtes).


Sur le plan théorique, le sujet de ce stage est d'étudier la généralisation du résultat 2 précédent (et éventuellement de résultats du type 1) aux dessins de graphe avec un canevas planaire :

un canevas planaire d'un dessin du graphe G, introduit dans [1], est un dessin sans croisement d'arêtes d'un sous-graphe planaire de G, 2-connexe et passant par tous les sommets de G. Ainsi les arêtes qui ne sont pas dans le sous-graphe vont couper des arêtes du sous-graphe, et on se demande quelles informations sur les croisements et positions relatives entre ces arêtes et celles du sous-graphes déterminent tout ou partie du dessin du graphe de départ.

Questions principales du stage :
Questions annexes (selon les motivations du stagiaire) : Références :

[1] Courcelle, B.: The monadic second-order logic of graphs XIII: graph drawings with edge crossings. Th. Comp. Sci. 244(2000) 63--94

[2] Gioan, E.: Complete graph drawings up to triangle mutations. Proceedings WG05, LNCS 3787 (2005) 139--150

[3] Mohar, B., Thomassen, C.: Graphs on surfaces. John Hopkins University Press, Baltimore, MD (2000).