es sénateurs s'accordent pour limiter la responsabilité pénale des élus Mme Guigou souhaite une définition plus précise Jean-Michel Bezat bezat@lemonde.fr Mis à jour le vendredi 28 janvier 2000 LES ÉLUS sont en passe d'obtenir ce qu'ils réclament depuis l'entrée en vigueur, en 1994, du nouveau code pénal : une définition plus restrictive de la responsabilité pénale en cas de faute non intentionnelle, commise par imprudence ou négligence. Les sénateurs ont, en effet, adopté en première lecture, jeudi 27 janvier, la proposition de loi de Pierre Fauchon (centriste, Loir-et-Cher), qui tend à préciser la définition des « des délits non intentionnels ». La droite (RPR, UDF, DL) et les socialistes ont voté pour, les communistes se sont abstenus. Le premier ministre s'était engagé, le 24 novembre, à ce que la réforme, qui sera examinée par l'Assemblée nationale en février, entre en vigueur avant les municipales de 2001. Ce texte concerne tous les justiciables, mais il est surtout attendu par les élus ou les « décideurs publics » (chefs d'établissement scolaire, chefs d'entreprise, etc.), qui déplorent de plus en plus vivement d'être mis en examen ou condamnés pour des faits involontaires. Il confirme que leur responsabilité est engagée pour la moindre imprudence quand il y a un lien direct entre la faute et le dommage. En revanche, « lorsque la faute a été la cause indirecte du dommage, précise le texte, les personnes physiques ne sont responsables pénalement qu'en cas de violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité et de prudence ». Y a-t-il réellement péril en la demeure, comme le plaident, depuis des mois, les élus et leurs associations ? La garde des sceaux, Elisabeth Guigou, a rappelé que le nombre de mises en examen d'élus pour des fautes non intentionnelles reste limité : 54 pour plus de 500 000 élus au 1er avril 1999. Ce nombre importe cependant moins que « le sentiment d'insécurité juridique ressenti par les décideurs publics », a-t-elle reconnu. Mais elle a prévenu qu' « il ne faut toucher à la loi pénale que d'une main tremblante », rappelant au passage que la répression accrue des délits non intentionnels se justifie par l'augmentation des accidents de la route ou du travail. La ministre a indiqué que, « sur ce plan, la répression ne saurait faiblir », souhaitant que la réforme « n'ait pas pour conséquence d'affaiblir l'efficacité de la loi pénale dans des domaines aussi sensibles que ceux du droit du travail, de l'environnement, de la santé publique ou de la sécurité routière ». Si elle a estimé que la proposition de loi de M. Fauchon apporte une réponse « audacieuse » et « mesurée » au problème, elle a demandé que - à la faveur des navettes entre les deux Assemblées -, la notion de « violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité et de prudence » soit précisée, afin d'en facil