<CENTER></CENTER><HTML> <HEAD><TITLE>Le Canard du 1er juillet 1996</TITLE> </HEAD> <BODY bgcolor="#ffffff" > <BR><BR> <CENTER><H2>LE CANARD DU 1er juillet 1996<BR> COWFINGER - CHAPTER ONE</H2></CENTER> <HR WIDTH=30% NOSHADE> <BR> <IMG SRC="/inba/canard/007_1.gif" ALT="-" ALIGN=LEFT hspace=20> <EM><BR><BR><BR> Jai commenc&eacute; par r&ecirc;ver des choses impossibles, puis, les ayants atteintes, <BR> le possible &agrave; son tour est devenu impossible. Mon pouvoir sest &eacute;vanoui.<BR> </EM><BR> Ren&eacute; Char, A une s&eacute;r&eacute;nit&eacute; crisp&eacute;e.<BR> <BR clear=left> <BR>  <TABLE> 	<TR> 		<TD WIDTH=20></TD> 		<TD> 	Peniscola; comarca del Maestrat, Espagne, 20 Juillet 1996. Install&eacute; &agrave; la terrasse du bar de lh&ocirc;tel  Papa Luna, entour&eacute; dun joli &eacute;chantillon de poup&eacute;es estivales, Gay II Bond prend un repos bien  m&eacute;rit&eacute;. Lass&eacute; du faste des h&ocirc;tels pour milliardaires, il avait choisi de se retirer dans un  &eacute;tablissement touristique, pour go&ucirc;ter &agrave; lanonymat au milieu dune foule cosmopolite exempte  de toute pr&eacute;occupation mondaine.<BR> 	Sa derni&egrave;re mission venait de sachever avec succ&egrave;s. Il avait enfin d&eacute;mantel&eacute; le gang  des ballons pakistanais, et avait d&eacute;clench&eacute; en prime la r&eacute;volution parmi les enfants exploit&eacute;s,  quon appellerait plus tard &quot;r&eacute;volution des lance-pierres&quot;, du nom de larme utilis&eacute;e pendant la r&eacute;volte.  Gay II savait d&eacute;j&agrave; que cet exploit allait lui rapporter le titre de Commandeur de lordre de la Jarreti&egrave;re,  promotion qui lui conf&eacute;rerait le m&ecirc;me rang que celui de son p&egrave;re, le c&eacute;l&egrave;bre James.<BR> 	On a beau rechercher la discr&eacute;tion, quand on poss&egrave;de une stature dathl&egrave;te, des yeux daciers,  et la classe des Bond, on nest pas moins sujet &agrave; attirer les regards admiratifs, quoique je craigne que certains  de ceux-ci, en majorit&eacute; masculins, ne soient plut&ocirc;t jaloux ou plus simplement envieux. Aussi d&egrave;s  son arriv&eacute;e Gay II s&eacute;tait entour&eacute; malgr&eacute; lui dune pl&eacute;iade dadmiratrices qui  &eacute;voluaient autour de lui pour son grand plaisir, tout en conservant son masque de flegmatique sujet de sa  Majest&eacute; britannique.<BR> 	Autour de son transat, alors quil d&eacute;gustait son martini-gin, habitude h&eacute;rit&eacute;e de son  p&egrave;re, cinq dentre elles se disputaient ses moindres sourires, ses moindres r&eacute;ponses, son moindre  regard. Derri&egrave;re le comptoir, les barmans andalous venus pour la saison se faisaient des clins doeil, encore  peu habitu&eacute;s &agrave; ce ph&eacute;nom&egrave;ne. Bond &eacute;tait d&eacute;contract&eacute;, plaisantait,  et semblait samuser beaucoup.<BR> 	Soudain, son corps se cambra, il fut comme pris de convulsions, se retourna plusieurs fois sur le transat. Les filles  horrifi&eacute;es s&eacute;cart&egrave;rent de lui, les yeux riv&eacute;s sur lhomme qui semblait maintenant sous  lemprise de transes, comme dans une danse rituelle aux accents de paludisme. Il sursauta encore plusieurs fois avant  de retomber sur le sol et enfin simmobiliser. L&eacute;motion &eacute;tait &agrave; son comble. Les discussions  avaient cess&eacute; aux tables voisines. Certains consommateurs s&eacute;taient lev&eacute;s pour mieux voir.<BR> 	<EM>&quot;A ver lo que pasa a ese hijo de p...&quot;</EM>, &eacute;ructa lun des barmans avant de se pr&eacute;cipiter aupr&egrave;s  de Bond. Quand il arriva, son client dexception ouvrit un oeil malicieux qui navait rien &agrave; envier &agrave; celui de  James, se redressa en sappuyant sur son coude, puis ouvrit sa main droite, qui renfermait le tatoo quil portait habituellement  &agrave; lint&eacute;rieur de son short. Le vibreur du tatoo fonctionnait encore.<BR> 	<EM>&quot;Jai toujours craint les chatouilles&quot;</EM>, expliqua Gay II. La foule des t&eacute;moins poussa un <EM>&quot;Ouf !&quot;</EM> de soulagement  &agrave; lunisson. Gay II arr&ecirc;ta le vibreur et jeta un coup doeil &agrave; l&eacute;cran. Le tatoo affichait &quot;007&quot;,  le code qui signifiait que les vacances &eacute;taient termin&eacute;es, quil devait au plus t&ocirc;t rentrer &agrave;  Londres pour recevoir les instructions pour une nouvelle mission. Il se releva, adressa un sourire emprunt de regrets  vers ses admiratrices, termina son martini-gin et quitta la table. En passant devant le bar, il laissa &agrave; lattention  des serveurs une poign&eacute;e de billets qui ne lui seraient d&eacute;sormais daucune utilit&eacute;. Avant de se  diriger vers la r&eacute;ception pour annoncer limminence de son d&eacute;part, il se retourna pour voir une  derni&egrave;re fois le soleil se coucher sur les palmiers du Papa Luna.<BR> <BR> 	- <EM>Comment est-il ?</EM>  demanda Bond &agrave; Mony Pound, la secr&eacute;taire, en attendant que M le fasse entrer.<BR> - <EM>Intraitable. Depuis quelques jours, il tourne comme un lion en cage. Il a re&ccedil;u plusieurs visites du Premier  Ministre, et il ma laiss&eacute; entendre que Sa Majest&eacute; &eacute;tait dans tous ses &eacute;tats. Je pense  que laffaire est dimportance.</EM><BR> Le vieil interphone gr&eacute;silla.<BR> - <EM>Oui ?</EM> r&eacute;pondit Mony, sans quitter Bond de son regard langoureux, t&eacute;moin des sanglots longs des violons, etc.<BR> - <EM>Faites entrer lagent 007</EM>. <BR> 	007 signifiait le nombre de personnes tu&eacute;es en mission officielle par lagent. Gay II, comme son p&egrave;re  avait &eacute;limin&eacute; une quantit&eacute; impressionnante de malfaisants, sans doute par atavisme, mais dans  les deux cas, les services secrets britanniques avaient estim&eacute; trop lourde la gestion de cette comptabilit&eacute;.  Aussi s&eacute;tait-on arr&ecirc;t&eacute; au chiffre sept. Mony Pound se leva et ouvrit la porte du bureau de M afin que  Bond p&eacute;n&eacute;tr&acirc;t.<BR> 	Gay II entra dans limmense pi&egrave;ce de pur style victorien. Au milieu de la pi&egrave;ce, M lattendait, assis  derri&egrave;re le bureau sur lequel un unique dossier rouge constituait lunique d&eacute;coration.<BR> - <EM>Asseyez-vous, Bond.</EM><BR> Lagent pris place face &agrave; M, apr&egrave;s lavoir salu&eacute; respectueusement, comme laurait fait le vieux  James, avec ce sourire qui laissait entendre quil ne respectait l&eacute;tiquette que parce que tel &eacute;tait son bon vouloir.<BR> 	- <EM>Monsieur Bond, nous sommes au bord de la crise diplomatique avec nos amis europ&eacute;ens. Tout laisse  &agrave; croire que nous avons produit des farines fabriqu&eacute;es &agrave; partir de moutons atteints de la  &quot;tremblante&quot;. <BR> 	- Ce nest pas le cas ?<BR> 	- 007, il me semble entendre votre p&egrave;re ! Je trouve que vous avez une bien pi&egrave;tre opinion de notre peuple.  Non ! Ce nest pas le cas. Le stock impropre &agrave; la consommation devait &ecirc;tre d&eacute;truit. Il semblerait quil  ait &eacute;t&eacute; d&eacute;tourn&eacute; par un r&eacute;seau que nous navons encore pu identifier. Tout au plus  nous avons pu localiser lun des sites de d&eacute;barquement de ces produits. Cest pourquoi vous partirez d&egrave;s  ce soir pour le sud-ouest de la France. Toutes les indications sont mentionn&eacute;es dans ce dossier.<BR> 	- Ou se trouve lendroit exact ?<BR> 	- Le bassin dArcachon. A son embouchure se trouve le Banc dArguin, r&eacute;serve ornithologique appr&eacute;ci&eacute;e  des plaisanciers de lendroit. Je veux parler &eacute;videmment de ceux qui nosent pas saventurer en pleine mer. Au cours du  mois de Juin, les ornithologues ont observ&eacute; que les oiseaux d&eacute;crivaient des carr&eacute;s dans le ciel.  Intrigu&eacute;s par ce ph&eacute;nom&egrave;ne, ils ont tout de suite compris quune modification des habitudes  alimentaires en &eacute;tait responsable. En effet, des traces de farine ont &eacute;t&eacute; d&eacute;couvertes,  sans doute dues &agrave; une mauvaise manipulation lors dun d&eacute;barquement. Nous pensons que les navires  en provenance de notre pays d&eacute;chargent leur marchandise de nuit sur le Banc dArguin, et que les produits  sont de nouveau embarqu&eacute;s sur un autre bateau &agrave; destination du continent. Ce sera &agrave; vous  de d&eacute;couvrir la provenance et la destination exactes. Je veux que vous soyez bien conscient de la situation :  aujourdhui, lAngleterre est suspect&eacute;e par le reste du monde de mener l&eacute;quivalent dune guerre  bact&eacute;riologique &agrave; lencontre de ses partenaires europ&eacute;ens. Nous comptons sur vous.<BR></EM> <BR> 	Bond prit cong&eacute; et sortit. Mony Pound lui tendit les r&eacute;servations pour lavion de 20 heures 30.  Son bras prolongeait son regard, et la langueur omnipr&eacute;sente de son geste n&eacute;chappa en rien &agrave;  Bond, quoiquelle ne lui procur&acirc;t aucune satisfaction. C&eacute;tait la meilleure saison pour s&eacute;journer  dans le sud-ouest du pays des mangeurs de grenouilles. &Ccedil;a, c&eacute;tait une bonne mission. <BR> <BR>  &agrave; suivre...   <BR> <BR> <A HREF="mailto:jcmercury@In-Net.inba.fr" ><IMG SRC="/inba/canard/signat2.gif" ALT="J.C. Mercury" BORDER=0></A> <BR>  		</TD> 		<TD WIDTH=40> 		</TD> 	</TR> </TABLE>    <FONT SIZE=3><STRONG> <HR NOSHADE> <center> <img src="/inba/images/dessins/surfer.gif"> <a target="_top" href="/">Menu </a> <img src="/inba/images/dessins/surfer.gif"> <a target="_top" href="/galerie/index.htm">Galerie </a> <img src="/inba/images/dessins/surfer.gif"> <a target="_top" href="/inba/canard/canard.htm">Canard </a> <img src="/inba/images/dessins/surfer.gif"> <a target="_top" href="/inba/surfers/index.htm">Surfers </a> <img src="/inba/images/dessins/surfer.gif"> <a target="_top" href="/inba/infos/index.htm">Infos </a> <img src="/inba/images/dessins/surfer.gif"> <a href="mailto:info@inba.fr">Nous &eacute;crire</a> <img src="/inba/images/dessins/surfer.gif"> <HR NOSHADE> </center> </FONT> <CENTER><FONT SIZE=2 COLOR=#000000>IN'NET BORDEAUX-AQUITAINE - 2002</FONT></CENTER> </STRONG><BR>   </BODY> </HTML> 
