<HTML> <head> <TITLE>"Impact Campus - Opinions - 4 novembre 1997"</TITLE> </head>  <BODY BGCOLOR="#FFFFFF"><IMG SRC="../img/titre.gif"> <A NAME="1"><p><IMG SRC="../img/bopi.gif">    <h2>R&eacute;siduelle</h2>  <h3>Pis to&eacute;, t&eacute; o&ugrave;?</h3>  <P>Bon nombre de disciples du savoir franchissent les grandes portes de  l'universit&eacute;, la t&ecirc;te pleine d'espoir et de projets, pour en ressortir &agrave; 32 ans, par la  porte de secours, croulant sous les dettes et quatre/cinq dipl&ocirc;mes en poche.  C'est l'aller simple pour le bureau de ch&ocirc;mage.   <P>C'est peut-&ecirc;tre pour &eacute;viter une telle fin aux &eacute;tudiants qu'il est si compliqu&eacute; de  changer de programme. Ici, je vous parle des d&eacute;marches &agrave; effectuer qui sont  &eacute;crites en petits caract&egrave;res dans le guide de l'admission et des frais de 30 $  destin&eacute;s &agrave; l'analyse du dossier.   <P>Et &ccedil;a, c'est sans compter le service des pr&ecirc;ts et bourses qui participe &agrave; la torture.  Si bien que les pauvres petits &eacute;tudiants comme moi se retrouvent avec deux  sessions de pr&ecirc;ts et bourses restantes pour faire un bacc de trois ans. Et l&agrave;, je  vous &eacute;pargne les d&eacute;tails de la d&eacute;marche pour la fr&eacute;quentation multiple  (concernant ceux qui sont assez d&eacute;biles pour se mettre dans marde  volontairement en faisant deux baccs en m&ecirc;me temps). C'est une &eacute;preuve pire  que celle de la maison qui rend fou dans Les douze travaux d'Ast&eacute;rix (au moins  Ast&eacute;rix courait dans la m&ecirc;me maison).   <P>Des fois je me demande comment j'ai pu me fier &agrave; moi-m&ecirc;me pour d&eacute;cider de  mon avenir. Je me rappelle tr&egrave;s bien la fa&ccedil;on peu fiable dont je m'y suis prise  pour choisir LE programme fait &agrave; ma mesure.   <h4>Tranche de vie </h4>  <P>C'est bien install&eacute;e dans une chaise moul&eacute;e &agrave; mes fesses dans la salle des pas  perdus du c&eacute;gep Garneau, &agrave; interroger mes compatriotes, que j'ai fait mon choix.  - To&eacute; en quoi tu t'en vas?, demandai-je   <P>- Ben, je pense m'en aller en physioth&eacute;rapie, me fut-il r&eacute;pondu.  <P>- Ah non. J'ai eu assez de mes deux ans de c&eacute;gep en sciences sans m'en taper  trois/quatre autres &agrave; l'universit&eacute;, fut ma r&eacute;plique. Pis to&eacute;?, demandai-je &agrave; un  autre.  <P>- Moi je pense que je vais aller en psychologie, clama-t-il.  <P>- Ah ouin, c'est pas fou &ccedil;a, fut ma n&eacute;faste r&eacute;flexion.  <P>C'est donc en psychologie que je me suis ramass&eacute;e et o&ugrave; j'ai appris que ce  ph&eacute;nom&egrave;ne s'appelait l'influence des pairs. Si j'&eacute;value maintenant ma strat&eacute;gie,  c'&eacute;tait s&ucirc;r qu'&agrave; plus ou moins br&egrave;ve &eacute;ch&eacute;ance je me retrouverais au service  d'orientation. Tout en &eacute;tant fortement encourag&eacute;e par...euh...quelques amis:  <P>- Comme &ccedil;a tu changes de programme Tu fais ben, j'te voyais vraiment pas  psychologue. T'es ben qu'trop baveuse!  <P>Je suis donc pass&eacute;e dans le groupe d'&eacute;tudiants dont le cheminement scolaire est  plus ou moins tortueux. La majorit&eacute;, selon moi. Vous riez, mais il y en a beaucoup  plus qu'on le croit. Le programme universitaire est une caract&eacute;ristique  personnelle d&eacute;sormais beaucoup plus instable que le statut civil.   <h4>Autre tranche de vie</h4>  <P>L'autre jour, je rencontre un de mes amis que je n'ai pas vu depuis deux ans.   <P>-Salut, &ccedil;a va? Toujours avec Chantal? &Ccedil;a doit ben faire deux ans et un mois que  vous sortez ensemble.  <P>- Ben oui, pis &ccedil;a va super bien!  <P>- Pis...euh...en quoi t'&eacute;tudies l&agrave;?  <P>- Ben...euh...l&agrave;, je fais un certificat en histoire de l'art, mais j'essaie d'entrer en  ergoth&eacute;rapie.  <P>- Mais t'&eacute;tais pas en physique?  <P>- Ouin, j'ai &eacute;t&eacute; l&agrave;-dedans un an, pis j'ai fait un an en gestion agroalimentaire.  Mais l&agrave; je pense que je suis branch&eacute;. Pis to&eacute;?  <P>- Ben moi, c'est pas compliqu&eacute;. Je suis en fr&eacute;quentation multiple: je finis mon  bacc en psychologie et j'en commence un autre en microbiologie.   <P>- Ah ouin? Pis tu vas faire quoi avec &ccedil;a?  <P>- J'sais pas!  <P>Mais &ccedil;a...c'est une autre histoire.   <P><em>Isabelle Dub&eacute;</em>        <A NAME="2"><p><IMG SRC="../img/bopi.gif">  <h2>Billet</h2>  <h3>Quand l'homme devient objet</h3>  <P>O&ugrave; &eacute;tiez-vous le dimanche 26 octobre 1997 au matin? S&ucirc;rement pas &agrave; l'&eacute;glise.  Quelques uns auront s&ucirc;rement r&eacute;pondu &laquo;Devant ma t&eacute;l&eacute;!&raquo;. Bien s&ucirc;r! Pas  question de manquer le triomphe international d'un petit Qu&eacute;b&eacute;cois, d'un petit  gars de chez nous. Jacques Villeneuve, le fils du grand Gilles, est maintenant  champion du monde de Formule 1.  <P>Mais je suis certain que ceux qui ont bondi le plus haut &agrave; cette nouvelle ne sont  pas les fans mais plut&ocirc;t les multinationales qui le commanditent. Comment faire  autrement, avec la publicit&eacute; qu'il vient de leur offrir? Pourtant, le c&ocirc;t&eacute; marketing  n'est pas termin&eacute;, il ne fait que commencer. On avait d&eacute;j&agrave; commenc&eacute; &agrave; utiliser le  nom de Jacques Villeneuve un peu partout au Qu&eacute;bec pour fin de publicit&eacute;,  imaginez ce que &ccedil;a va &ecirc;tre maintenant qu'on a la confirmation qu'il est le  meilleur dans ce qu'il fait.   <P>Le Journal de Montr&eacute;al avait d&eacute;j&agrave; essay&eacute; de nous faire croire que Jacques  Villeneuve &eacute;crivait un mot pour eux apr&egrave;s ses courses. On sait depuis longtemps  que l'article &eacute;tait &eacute;crit, et l'est peut-&ecirc;tre encore, par un inconnu du Nouveau- Brunswick, m&ecirc;me pas un Qu&eacute;b&eacute;cois. Le d&eacute;sir d'avoir le pilote est maintenant  plus fort que jamais et on a d&eacute;j&agrave; eu l'exemple avec l'entrevue qu'il a donn&eacute; au  Poing J.  <P>Vous voyez, le probl&egrave;me avec Jacques Villeneuve est qu'il est difficile de  l'identifier &agrave; 100% comme un Qu&eacute;b&eacute;cois, ou m&ecirc;me comme un Canadien. Il a &eacute;t&eacute;  dit de Jacques Villeneuve &agrave; son entr&eacute;e en Formule 1 qu'il &eacute;tait l'homme  international parfait, et c'&eacute;tait la raison pour laquelle le public mondial et surtout  les commanditaires l'aimaient tant. Il parle parfaitement bien le fran&ccedil;ais et  l'anglais ainsi qu'un peu d'italien. Il est n&eacute; au Canada, &agrave; v&eacute;cu &agrave; Monaco, en  Suisse et en France. Avant d'&ecirc;tre rapatri&eacute; pour la Formule atlantique en  Am&eacute;rique du nord, il a couru au Japon. Finalement, les filles le trouvent mignon!  N'est-ce pas l&agrave; un regroupement de caract&eacute;ristiques le rendant attrayant pour le  marketing de grandes compagnies qui visent le march&eacute; mondial?  <P>Vous y trouverez aussi la raison pour laquelle les Qu&eacute;b&eacute;cois le consid&egrave;rent  comme un Qu&eacute;b&eacute;cois, les Fran&ccedil;ais comme un Fran&ccedil;ais et m&ecirc;me les Italiens  trouvent une partie en lui qui leur appartient.   <P>Jacques Villeneuve est parti du Qu&eacute;bec, il n'avait m&ecirc;me pas 12 ans et il n'est  jamais revenu y habiter. Jacques Villeneuve est un Canadien, pour ne pas dire  Qu&eacute;b&eacute;cois, apr&egrave;s &ecirc;tre un Europ&eacute;en. C'est en Europe en effet qu'il a pass&eacute; la  plus grande partie de sa vie et de l&agrave; lui vient son accent. Mais ne lui retirons pas  toute gloire, Jacques Villeneuve est conscient de ses racines, et c'est pour cette  raison que les Qu&eacute;b&eacute;cois l'aiment tant.  <P>Il reste que c'est en tant qu'Europ&eacute;en que les compagnies europ&eacute;ennes vont  l'utiliser, pendant que les compagnies canadiennes l'utiliseront en tant que  Canadien. Jacques Villeneuve est devenu l'objet de promotion parfait, d'ici au  d&eacute;but de la prochaine saison de Formule 1.    <P><em>Julien Cayouette</em>     <P><IMG SRC="../img/sep.gif">  <P><A HREF="mailto:Impact-Campus-Redaction@public.ulaval.ca">Pour des commentaires &agrave; la r&eacute;daction</a>   </BODY>  </HTML> 
