<html> <head> <title>Untitled Document</title> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> </head>  <body LINK="#FF0000" text="#666666" bgcolor="#CCFFFF"> <p align="center"><b> <font size="7" color="#0000FF">Recherches </font></b></p> <p align="center"><font color="#0000FF"><b><font size="7">Sur </font></b></font></p> <p align="center"><font color="#0000FF"><b><font size="7">Saint-Florent le jeune    (Loiret)</font></b></font></p> <p align="center"><font color="#0000FF"><b><font size="7"> et</font></b></font></p> <p align="center"><font color="#0000FF"><b><font size="7"> sur les moines Angevins</font></b></font></p> <p align="center"><font color="#0000FF"><b><font size="7"> de Saint-Gondon </font></b></font></p> <p align="center"><font color="#0000FF"><b><font size="7">et </font></b></font></p> <p align="center"><font color="#0000FF"><b><font size="7">ses fondateurs. </font></b></font></p> <p align="center"><font color="#0000FF"><b><font size="5">Gien Imprimerie Paul    Pigelet 1898 </font></b></font></p> <p align="center">&nbsp;</p> <p align="left"><b><font size="5" color="#9933CC">(La Supplissonnire, janvier    1898)</font></b></p> <p align="left"><b><font size="5" color="#0000FF">Il </font><font size="5"><font color="#0000FF">nous    eut t di</font></font><font size="5" color="#0000FF">fficile, sinon impossible,    il y 6 mois de raconter quoi que ce fut sur les origines de St-Florent, sur    ses fondateurs et sur le personnage dont cette commune porte le nom. Cette opinion    est mme encore assez gnrale qu'il n'y a rien  crire sur le petit coin de    terre qui s'appelle Saint-Florent le jeune. L'ouvrage du docteur Boullet, paru    il y a une trentaine d'annes, nous disait : " Cette paroisse est toute rcente,    elle s'appelait le quartier de Saint-Florent  une poque qui n'est pas recule.    Il y avait des droits seigneuriaux attachs au castel de Bauleu. </font></b></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF">Une autre brochure, Recherches    Historiques sur l'arrondissement de Gien ajoute : " Il est rare de rencontrer    dans la Sologne des paysages aussi rares varis et des sites aussi pittoresques    qu' St-Florent. Le pays possde trois valles et du lieu ou s'lve la croix    des Picots, on dcouvre au loin les belles campagnes des bords de la Loire ".    Le mme ouvrage dit encore : que St-Florent ne possdait dans l'origine qu'une    petite chapelle dpendant de la paroisse principale et de la Chtellenie de    Saint-Gondon ". C'est tout ou  peu prs ce que nous savions ; et trs probablement,    ce qui avait t dit et imprim. Quand parut un opuscule intitul : Cartulaire    du Prieur bndictin de Saint-Gondon sur Loire publi en 1879  quelques exemplaires    seulement,  Fontenay, (Vende), par M. Marchegay, ancien archiviste de Maine    et Loire, opuscule que nos recherches sur l'origine de la tions de Saint-Gondon    feraient par hasard, tomber entre nos mains.</font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF"> Ce petit recueil contait    une trentaine de chartes absolument authentiques dictes par des rois de France,    par des seigneurs de Sully, par des papes ou par les comtes ou les abbs de    Saint-Gondon, et intressant notre histoire locale de la fin du IX sicle de    la fin du XII, c'est--dire pendant une priode de 300 ans. Il y eu l, pour    nous, comme une petite rvlation historique. Mi sur la voie par le Cartulaire,    il devenait facile de poursuivre nos recherches, et de les tendre soit en de    soit au-del des sicles dont M. Marchegay nous entretenait. Les originaux des    diplmes, des chartes, taient dans les archives de Maine et Loire ; c'est     la porte des archives de ce dpartement que nous devions frapper pour en savoir    un peu plus long. Et nous narrons dans cette tude, quelque chose d'indit -    du moins pour nous, habitants de l'arrondissement de Gien, tout le mrite en    devra revenir  notre compatriote M. Marchegay, et ce sera grce  la simple    ide, que la lecture de la publication devait tout naturellement nous suggrer    de fouiller un peu dans les bibliothques d'Angers. </font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF">On nous pardonnera s'il    n'est pas, dans cette tude, uniquement question de la commune de Saint-Florent.    Nous ne prtendons pas faire une monographie et puisque, comme le dit un des    auteurs ci-dessus mentionns, les regards se portent assez loin du haut des    collines de St-Florent, nous en profiterons, pour - au figur -faire des incursions    ou des excursions historiques  Saint-Gondon, et aux autres Saint-Florent auxquels,    on va le voir, notre petit, mais charmant bourg, se rattache par des liens fort    nombreux.</font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF"> C'est au commencement    du XII sicle que le nom de St Florent le Jeune (Loiret) a paru, pour la premire    fois dans une pice authentique : " Le 7 X 1111, nous dit le Cartulaire, Jean,    vque d'Orlans se trouvant  Jargeau, fit don  Dieu,  Saint-Florent et aux    moines de Saumur, pour qu'ils les possdassent  perptuit, des glises de    Saint-Florent et de Lion situes prs de Saint-Gondon, qui taient depuis longtemps    aux mains des laques en se rservant la prminence de la cathdrale, et en    investit Gallon, moine de Saint-Florent".</font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF"> Il existait donc, vers    l'an 1100, un centre de population, si petit fut-il, et une glise ou se trouve    maintenant le bourg de Saint-Florent le Jeune, aux maisons neuves, aux rues    proprettes et dans un avenir prochain  l'lgante glise. Et ce hameau, ce    village, nous dit le Cartulaire existait " depuis longtemps ". Mais d'abord,    une question se pose d'elle-mme : Pourquoi l'vque d'Orlans abandonnait-il    ainsi une partie de son domaine  un monastre tranger  son diocse ? Pourquoi    lier,  perptuit, St-Florent et Lion-en Sullias, aux moines de Saumur ! Le    Cartulaire qui, nous le rptons, n'est qu'un recueil de chartes spciales     St-Gondon, n'est pas trs explicite  cet gard. C'est d'une faon incidente    que le nom de notre St-Florent est mentionn l. Et c'est ici qu'il nous faut    consulter les bibliothques Angevines.</font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF"> Nous le ferons, sans    remonter au dluge, en puisant  pleines mains, dans les recherches historiques    sur l'Anjou de Claude Robin, dans les Epoques Saumuroises de Coulouils, dans    les Bollandistes, dans les ouvrages d'Amde de Serres, du Pre de la Vacquerie,    et aprs dans la vie de St-Florent par Dom Huynes. Nous sommes  la fin du III    sicle, poque  laquelle la Gaule entire obissait  1200 soldats romains.    Le farouche empereur Diocltien vient de monter sur le trne des Csars et avec    son avnement commence un redoublement des perscutions contre les chrtiens    ; Perscutions dont un jeune Gaulois de Narbonne, Saint Sbastien, qui servait    dans les armes romaines, fut l'une des plus illustres victimes. </font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF"> Un autre officier romain,    c'est  dire un des compagnons d'armes de St Sbastien, le jeune Tribun Florent,    camp alors en Norique sur les bords du Danube, devait  son tour subir le martyre.    Dj il avait t attach  un arbre, pour tre, le lendemain, prcipit dans    le fleuve, une pierre au cou, quand, dit la lgende, un ange lui apparut, dliant    ses liens, et lui ordonna d'aller dans les Gaules, prcher la religion du Christ.    Florent se met aussitt en chemin, traverse de nombreuses provinces, et toujours    guid par l'ange, descend le cours de la Loire. Aprs de longues journes de    marche, il arrive au pays des Andes, et s'arrte enfin au pied d'une colline    escarpe, appele alors le Mont-Glonne, voisine de la rive gauche du fleuve.    Une grotte naturelle est ouverte devant lui. Il y entre dans le but d'y tablir    dfinitivement son domicile.</font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF"> Or, cette grotte tait    pleine de serpents qui le respectrent. Ce premier miracle, nous racontent les    chroniques Angevines, dont un certain nombre de pcheurs, tablis dans ces lieux,    avaient t tmoins, fut suivi de bien d'autres. Aussi peu  peu, le solitaire    du Mont-Glonne gagna-t-il au christianisme les curs de tous ceux qui l'approchaient.    Opinitrement d'abord attachs  leurs croyances primitives, les habitants de    la contre, ceux des campagnes surtout, avaient gard le culte des druides,    et repouss le polythisme romain. Mais l'unit de dieu, qui faisait le fond    de leur religion, devait les rendre moins hostiles au christianisme, qui d'ailleurs,    nous dissent nos auteurs, se montre ici fort accommodant, et sut mnager des    coutumes si profondment enracines dans les murs du pays qu'elles se sont    conserves presque jusqu' nos jours, telles que la procession  certains chnes,    les crmonies du Gui l'an neuf, etc.</font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF"> Florent mourut  l'ge    respectable de 123 ans, entour de quelques-uns de ceux qu'il avait convertis,    et qui s'taient bti des cabanes auprs de son ermitage, aprs avoir t lev     la dignit sacerdotale par saint Martin vque de Tours. Telle fut l'origine    du premier monastre de Saint-Florent, et de la petite ville de Mont-Glonne,    qu'un ou deux sicles plus tard changea son nom pour celui de St-Florent-le-Vieil,    qu'elle porte encore aujourd'hui. Cependant le monastre avait grandi. Favoriss    par Clovis, jouissant de nombreuses faveurs royales, aids surtout par Charlemagne    qui fit construire en entier le monastre et l'glise, les moines de Saint-Florent-le-Vieil    ne desservaient pas seulement leur ville dj pourtant assez importante. Ils    avaient aussi lev  quelques lieux de leur abbaye plusieurs sanctuaires, comme    ceux de la Chapelle-Saint-Florent, la Boissire-Saint-Florent, qu'ils avaient    mis sous le vocable de leur Saint fondateur.</font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF"> De grandes crmonies    avaient lieu de temps  autres  Saint-Florent-le-Vieil, et de longues files    de plerins se dveloppaient  la fte annuelle surtout, sur les pentes du pittoresque    coteau qui constitue une des plus belles rives de la Loire, dans ce dpartement    o toutes sont si belles, et au sommet duquel se dressait l'glise et le monastre.    </font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF">Ces ( ? ? ?) ne devaient    avoir qu'un temps. En 860 apparurent les Normands. Tout cdait, on le sait sous    les coups de ces clbres cumeurs de rivires. Comme le reste, la riche abbaye    fut pille et dtruite. Les religieux, emportant les reliques de leur Saint    patron, se rfugirent  la villa Johannis, prs d'Angers. Mais cette ville    elle mme tombait quelques temps aprs entre les mains d'Hostery. (??? ) parut    Charles le Chauve qui chassa les envahisseurs de la contre et donna aux moines    de St Florent sur les instances de leur suprieur Didon, le monastre de (,,,,    ) situ en Berry, prs de la Loire ; monastre (,,,de Charles), qui renferme    le corps de Saint Gundolf ( ? ? ?) Saint-Gondon, puisque ce nom  prvalu.</font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF"> Ce monastre qu'on croit    avoir t fond par les moines de Saint-Benot, et qui, en tout cas, fut plus    tard, sous la dpendance des bndictins, avait t pill ou du moins menac    par les Normands en 865. Les moines de Saint-Florent-le-Vieil vinrent s'tablir     Nobiliac les uns disent en 867, avec l'abb Hecfrid, d'autres seulement en    881. Toujours est-il, qu'ils s'y trouvaient quand le roi Carloman vint dans    notre contre pour s'opposer  la marche de plus en plus envahissante des pillards    du Nord. Le diplme par lequel le roi Carolingien confirmait aux moines la donation    de Charles le Chauve, porte, en effet, cette mention ; Trouv prs du Bourg    en Loing, le 5 juin 881. </font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF"> Cette charte accordait,    en mme temps, aux moines de St-Gondon - qui avait le bonheur d'avoir une Loire    navigable  cette poque - " le droit de possder quatre navires naviguant par    tout le royaume en pleine libert et franchise. " L'abb Pouradier, ancien cur    de St-Gondon, dont les notes manuscrites sur l'histoire gnrale de cette commune    ont une relle valeur, pense que Carlouran occupait alors la ferme de Courcelles.    C'est  cette poque, c'est  dire presque aussitt leur arriv  Nobiliac,    que les religieux durent, pensons-nous fonder dans la valle ou est aujourd'hui    Saint-Florent-le-Jeune, une chapelle dans laquelle un des leurs venait de temps     autre, exercer son ministre, chapelle qu'ils mirent, comme ils l'avaient    fait en Anjou, autours du Mont-Glonne, sous le vocable de leur fondateur.</font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF"> Il ne reste plus trace    de ce petit sanctuaire. Peut-tre, lors de la dmolition prochaine de l'glise    actuelle, en trouvera-t-on les fondations ? Nous assignons cette date de l'an    900  l'Edification de la premire glise de Saint-Florent, en nous appuyant    sur ces faits : 1 Que les religieux, dans la crainte de revoir encore les Normands,    se sont enfuis de Saint-Gondon ds les premires annes du dixime sicle ;    et 2 qu' leur retour de Nobiliac - qui avait pris pendant leur absence, le    nom actuel - quand l'vque d'Orlans leur fit don  perptuit, en l'an 1111,    comme on l'a vu plus haut, des deux glises de Lion et de Saint-Florent, il    y avait longtemps, dit La Charte de l'Evque Jean, qu'elles " taient aux mains    des laques ."</font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF"> En 901, nos religieux    n'taient pas retourns, comme on pouvait le croire, au berceau de leur ordre.    Ils prirent d'abord la direction de Tournus, monastre situ sur la Sane entre    Chalons et Macon, qui avait t donn par Charles le Chauve aux moines de Noirmoutier,    dont l'abbaye avait aussi t incendie. Emporter de ce monastre, nous disent    les chroniques, les reliques de Saint-Florent, ne fut pas chose facile, quand    les moines voulurent retourner en Anjou. Les miracles oprs par St Florent    avaient t pour l'abbaye de Tournus la cause d'une grande vogue et les religieux    de Noirmoutier, qui avaient donns asile aux reliques ne voulaient pas s'en    dessaisir. Aussi le moine Absalon dut - il employer la ruse. Reliques et religieux    reprirent donc le chemin de l'Anjou, mais au lieu de se rendre  Saint-Florent-le-Vieil    on s'arrta  Saumur.</font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF"> Les rclamations, les    protestations des habitants de Saint-Florent-le-Vieil restrent inutiles, et    le Mont-Glonne demeura  peu prs dsert. Le nouveau monastre fut d'abord connu    sous le nom de Saint Florent du Chteau, car il n'tait spar de la forteresse    que par un simple foss. L'glise en fut consacre en 950, et tout allait pour    le mieux quand en 1025, un violent incendie se dclara au chteau de Saumur,    dans une guerre que le comte d'Anjou avait avec un de ses voisins, incendie    qui se communiqua au monastre et le dtruisit compltement. A la suite de cet    incendie, les religieux dit M. Marchegay, s'installrent, d'une faon somptueuse     Saint Hilaire des Grottes, commune prs de Saumur, qui porta quelques temps    le nom de Saint-Florent-le-Jeune, et que l'on dsigne aujourd'hui sous le nom    de Saint-Hilaire Saint-Florent.</font></b></font></p> <p align="center"><font size="5"><b><font color="#0000FF"> __________________</font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF"> Cependant les moines    de Saint-Florent, tout en ayant abandonn le prieur de Saint-Gondon pendant    200 ans, le considraient encore comme leur proprit. Peut tre, du reste,    avait-ils reu, parfois quelques redevances plus ou moins rgulirement payes    par leurs successeurs. Mais il s'tait pass, l aussi, durant cette longue    priode, bien des d'vnements. Rsumons-les : En 956, Louis IV d'Outre mer    qui portait le titre d'abb de St-Gondon, et de qui ce monastre dpendait,    avait cd ces titres  Geoffroy, vicomte de Bourges, dont une des hritires    pousa Gillon, sire de Sully, qui runit, en 1092, le prieur de Saint-Gondon     l'abbaye de Vierzon.</font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF"> Cette runion fut le    signal des nombreuses protestations des moines de Saint-Florent qui revendiqurent    leurs droits sur l'abbaye de St-Gondon, en s'appuyant sur les chartes de Charles    le Chauve et de Carloman. On porta l'affaire devant l'archevque de Bourges.    Sur son conseil les Saint Florentais consentirent  abandonner tous leurs droits    sur Saint-Gondon, moyennant une rente annuelle de deux onces d'or. Mais, ds    la premire annuit cette redevance n'ayant pas t pay, la querelle se ranima.    Gillon, le sire de Sully, donna raison  nos moines et abandonna lui-mme sur    le prieur. </font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF">Au nombre des tmoins    qui signrent cette charte, on lit le nom de Geoffroy, comte de Gien, et de    Margot de la mme ville. (Goffredus, cones de Geone, Margotus de Geone). Les    abbs de Vierzon rclamant toujours, l'affaire fut porte au Concile de Troyes,    qui rendit un jugement favorable aux moines de Saumur, jugement que confirma    une bulle du pape Pascal II en 1104. A la suite d'une nouvelle et dernire rclamation    des moines de Vierzon, une bulle du Pape Adrien IV adjugea dfinitivement l'glise    de Saint-Gondon au monastre de Saumur. Les chartes suivantes mentionnent des    donations ou diverses acquisitions. Telle charte, par exemple, est relative     la vente pour un cordonnier de Gien, nomm Baronet, d'un demi arpent de vigne,    situ sur la cte, prs de la route qui va de Gien  Briare (,,,,), telle autre    nous dit que le donateur est retenu  Gien par suite de la guerre engag entre    le comte de Gien et celui de Sancerre, (seignum Caesaris pro guerra Ginni )    Celle-ci est une charte de l'archevque de Bourges qui abandonne en faveur des    moines l'glise de Coullons (Colom) ; Celle-la enfin n'est autre que la donation    dont nous avons parl au dbut de cette notice, des deux glises de Lion (Lonis)    et de Saint-florent.</font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF"> La dernire de ces chartes    qui porte la date de 1172, nous parle d'un portail  faire condamner dans le    mur de la premire enceinte de Saint-Gondon, c'est--dire dans le mur qui avait    remplac,  l'endroit de l'escarpe, la palissade mrovingienne. Gillon, sire    de Sully, tait alors en guerre contre son frre. </font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF">Tous ces documents, on    le voit par ces quelques citations sont maills de renseignements sur bien des    petits points intressants de notre histoire locale. Malheureusement, l'archiviste    de Maine-et-Loire n'a plus rien dcouvert ayant directement trait  Saint-Gondon    pour les sicles suivants. On sait nanmoins, que le prieur est toujours rest    uni au monastre de Saint Hilaire des Grottes, et qui c'est l que les quelques    religieux de Saint-Gondon se runirent quand, en 1687, le prieur rgulier fut    transform, par l'archevque de Bourges en prieur au en commende. Le dernier    prieur commanditaire fut Mgr Leroux de Bournesel qui mourut  Viterbe en 1837.    </font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF"> Saint-Florent-le-Jeune,    que nous ne devons pas oublier dans toute cette nomenclature, s'tait, pendant    ces longs sicles, dvelopp, mais d'une faon assez lente. Pourtant, le premier    petit sanctuaire, devenu insuffisant, avait t remplac par l'glise actuelle,    qui parait dater de la fin du XV sicle. De proportions plus grandes que la    premire, elle tait nanmoins trop troite pour contenir les nombreux plerins    qui accouraient  la fte annuelle du Saint, le 22 septembre, afin d'y honorer    les reliques, et celles de Saint Sbastien, dont les deux chsses ornent le    matre autel. </font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF">Les moines de Saint-Gondon,    en offrant galement aux hommages des fidles les restes prcieux du martyr    et ceux de leur fondateur, se rappelaient certainement qu'ils avaient t compagnons    d'armes et que le martyre de l'un avait t la cause premire de l'apostolat    de l'autre. Pendant plusieurs centaines d'anne donc, l'glise de Saint-Florent-le-Jeune    fut desservie par le prieur, et c'est ce qui la faisait appeler le Quartier    de Saint-Florent, comme si ce village eut t un faubourg de Saint-Gondon. </font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF">La fabrique de l'Eglise    existait ds cette poque. Nous avons, en effet, en mains, de vieux titres mentionnant    une rente annuelle et perptuelle, cre, suivant bail  rente de la Supplissonnire    pass devant M. Robert, notaire  Saint-Gondon, le 6 janvier 1600, rente qui    n'a t annuit qu'en 1873. De pieux curs succdrent aux religieuses bndictines    et hritrent de leur tradition et de leur dvouement. Nous ne mentionnerons,    parmi eux que M. Duboc, qui ne quitta son presbytre qu'au plus fort de la terreur,    et continua  exerc son ministre, cach dans la ferme de Laizeau. Ce nom de    ferme nous fait penser  quelques autres installations agricoles plus ou moins    anciennes, dont la dnomination voque aussi des souvenirs. </font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF">Pierrefitte nous rappelle    le culte des pierres ; Les Guilleux nous porterait  qui le Gui fut, l aussi,    en honneur  une poque lointaine, et que par suite, tout le territoire de la    commune actuelle ( l'tait par en bruyre) il y a quelques mille ans, les Baillis    nous font penser  la Justice, aux finances et aux armes seigneuriales ; La    Supplissionnire, que nous voyons crit Sablissonnire sur de trs anciens titres,    semblerait tirer son nom de Sabulonia, terre sablonneuse, mot dans lequel certains    tymologistes croient voir la racine de Sologne ; Courtignon enfin ne drive    -t-il pas du mot de la basse latinit corts ou curts, qui est,  n'en pas    douter, la racine des nombreuses fermes, des nombreux manoirs ruraux qui portent    le nom de cour, Vieux Court, Courcelles, la Courtandire, etc. Que nous trouvons     Pierrefitte-s-Bois,  Poilly,  Gien, et qui datent certainement de l'poque    carolingienne.</font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF">Nous avons tout dit sur    St-Florent-le-Jeune et sur les religieux engags  Saint-Gondon pour desservir    le prieur et les glises voisines. Il nous reste, pour complter cette tude    qui comporte aussi, rappelons-le, l'histoire de ses fondateurs,  rsumer les    faits principaux qui se sont passs au monastre de Saint-Hilaire Saint-Florent,    prs Saumur. Jouissant des faveurs des comtes d'Anjou, des Foulques et des Geoffroy,    les moines, nous l'avons dit, avaient lev l une somptueuse abbaye qui devint    sous peu un foyer de profond savoir, une cole clbre dans tout l'occident,    o les plus belles intelligences venaient se perfectionner dans l'tude des    lettres et de la philosophie. De mme au point de vue matriel, toute la contre    changea de face sous l'nergique impulsion des moines, qui dfrichrent les    coteaux si admirablement exposs pour la culture de la vigne, assainirent les    marcages et firent de valles incultes des campagnes fertiles. </font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF">Mais un pouvoir rival,    celui des Bourgeois de Saumur, avait grandi en mme temps et le choc des deux    puissances devait avoir lieu un jour ou l'autre, une querelle le fit natre.    Les moines avaient obtenu, depuis longtemps un droit de page sur la Loire,    en face de Saumur comme ils en possdaient un aussi  St-Gondon. A eux seuls,    prtendaient-ils, appartenait le droit de passer, en barque les voyageurs d'une    rive  l'autre. Les Bourgeois, voulant s'affranchir de cette servitude, qui    gnait beaucoup leur commerce, firent construire une passerelle en bois. C'tait,    rpliqurent les religieux, un attentat  leurs privilges. </font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF">Le comte d'Anjou, Henri    II, qui tait devenu roi d'Angleterre, vit l'affaire porte  la barre. La perplexit    fut grande, nous disent les chroniques de l'poque. Aussi, trancha-t-il la question    d'une faon bizarre : Les moines deviendraient les propritaires du pont, mais    ils devraient rembourser aux Bourgeois les frais de construction de la passerelle    et se charger de son entretien. Une autre clause enjoignait que, chaque anne,    une arche en pierre serait substitue  une arche en bois, jusqu' totale rfection    du pont d'une rive  l'autre. Les bourgeois de Saumur furent, en outre, affranchis    du droit de passage. </font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF">Puisque nous venons de    parler de l'Angleterre, rappelons que Jeanne d'Arc, la libratrice de la France    alla  son retour de Chinon prier Saint-Florent de bnir sa mission. Elle sjourna,    plusieurs jours  l'abbaye, et c'est l qu'elle dcida la Duchesse d'Alenon     payer la ranon de son mari prisonnier des Anglais sur parole. Le Duc, devenu    libre, prit part  toutes les batailles qui suivirent la leve du sige d'Orlans,    en qualit de gnralissime des armes du roi. Un vnement plus singulier ou    plutt une dcision plus bizarre que celle de Henri II, dans une toute autre    question avait t prise par Louis XI. Profitant de son passage  Saumur, les    moines de Saint-Hilaire se plaignirent  lui que les habitants de Roye, une    petite ville de Picardie, se disaient les uniques dpositaires des reliques    de Saint-Florent, qui auraient t enleves de Saumur, sinon totalement, du    moins en partie, en 1035, par le comte de Vermandois. Bourgeois et moines, qui    marchaient d'accord dans cette circonstance, prtendaient au contraire, dtenir,    seuls, les vrais restes du Saint. </font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF">Louis XI penchait en faveur    des Picards,  qui il allait donner gain de cause, quand il s'avisa de l'trange    ide de s'en rapporter au Saint lui-mme et voici comment : Il fit, nous racontent    des historiens dignes de foi, mettre le feu au quatre coins de la ville de Roye,    en priant et faisant prier le Saint d'teindre les incendies s'il lui tait    agrable de rester dans cette ville. Un grand nombre de maisons brlrent. </font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF">Il allait de soi, aprs    cette preuve du feu, que les reliques de Roye furent rapportes  Saumur, ce    que l'on fit. Mais les Saumurais persistaient  croire  l'authenticit des    restes contenus dans la chsse de leur monastre. Il fallut, pour avoir la paix,    imaginer de mler les ossements nouveaux avec les anciens. Ce ne fut pas tout.    Quelques temps aprs, Roye sortit de ses cendres et le conflit recommena. Le    Parlement de Paris, saisi  son tour de l'affaire, rendit plusieurs arrts en    faveur de la ( ,,,) de Picardie. Tous vinrent se briser contre l'obstination    des moines. De guerre lasse, enfin, on proposa cet accommodement : partager    par moiti ce mlange des reliques qui se trouvaient  Saumur. Ainsi se termina    ce long conflit. Un demi-sicle plus tard, des suites des victoires de Klber    et de Marceau sur Bonchamps, se terminrent les guerres de la Vende.</font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF"> Aujourd'hui, la premire    cabane, le premier monastre bti par le vieux solitaire ne se voient plus au    sommet de la falaise de Saint-Florent-le-Vieil, mais il se dresse, sur les anciennes    fondations un superbe difice qui contient un des chefs-d'uvre de David d'Angers    : Le tombeau du chef Venden. Et c'est l, au-dessous de la statue du hros,    qui se leva mourant sur son brancard pour demander la grce de plusieurs milliers    de bleus, qu'on lit ces courtes et historiques paroles, dont ces vainqueurs,    pour qui la force prime le droit, auraient d s'inspirer : " Grce aux prisonniers,    Bonchamps l'ordonne ". </font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF">Belle est l'histoire des    villes, des religieux et du Saint personnage  qui le bourg de Saint-Florent,    Loiret, doit la paternit. Notre petite commune n'aura certainement jamais le    renom de ses anes, mais elle ne connatra pas, non plus, les vicissitudes    de ses fondateurs. Si, par elle-mme elle n'a gure d'histoire, il faut l'en    fliciter. Heureux, dit la langue des nations, les peuples et sans doute aussi    les communes, qui n'en ont pas. </font></b></font></p> <p align="left">&nbsp;</p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF">F. Raud </font></b></font></p> <p align="left"><font size="5"><b><font color="#0000FF">La Supplissonnire, janvier    1898. </font></b></font></p> <p align="center"><font size="5" color="#0000FF"><b><a href="d0.htm"><font color="#FF3300">Retour</font></a></b></font></p> <p>&nbsp;</p> <p>&nbsp; </p> </body> </html> 
