<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.01//EN" "http://www.w3.org/TR/html4/strict.dtd"> <html>  <head> <meta http-equiv="Content-Language" content="fr-ca" /> <meta name="GENERATOR" content="Microsoft FrontPage 5.0" /> <meta name="ProgId" content="FrontPage.Editor.Document" /> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=windows-1252" /> <title>Revue Solaris 140: Chronique Sci-Nma 8</title> <link rel="stylesheet" type="text/css" href="../../solaris.css" /> <link rel="icon" type="image/x-icon" href="../../solaris.ico" /> </head>  <body>  <p align="center"><img border="0" src="../../navbar/sologo.gif" width="280" height="80"><br /> <a href="../../quoi_de_neuf.htm"><img src="../../navbar/quoi_de_neuf.gif" alt=" Quoi de neuf? 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Quoi qu'il en soit, j'avoue avoir t du par le film de Chris Colombus. Mes attentes taient pourtant modestes. Je n'avais pas lu les livres, j'avais prvu le faire aprs puisqu'on dit toujours que le livre est meilleur. J'ai donc vu le film pour lui-mme, sans prjugs. Techniquement, mon apprciation  est mitige. La ralisation est comptente sans tre blouissante, le jeu des comdiens est d'un bon niveau sans tre gnial ; mon seul bmol irait  la direction photo, absolument horrible, qui gche un peu l'effet <i>fantasy </i>puisque les clairages donnent un aspect terne  la majorit des scnes et l'impression que les dcors sont des dcors ! De la mme faon, le ralisateur surutilise les effets numriques, qui ont justement l'air d'effets numriques, ce qui limine une bonne partie de leur pertinence. Je n'arrive pas  comprendre pourquoi on n'a pas utilis une  bonne vieille marionnette pour le  choixpeau  ou un acteur rel pour jouer le centaure.</p> <p>N'tant pas un <i>fan </i>convaincu d'avance, j'ai t surpris du peu d'originalit du scnario, un mlange correct d'lments classiques des histoires de magiciens. Harry est un hros plutt passif (j'avoue ici que je m'attendais  quelqu'un de plus actif, tant donn la popularit des livres), qui subit les vnements plutt que de les provoquer, qui reoit les informations un peu trop au bon moment, si bien que lui et ses amis se sortent un peu trop facilement de certaines situations. Prenons par exemple la scne des clefs volantes. Laquelle est-ce ? Celle-l ? Allez  hop ! Deux secondes plus tard, la porte verrouille qui semblait impossible  franchir est ouverte avec facilit. Il nous faut aussi accepter que le petit Harry, lev loin de la magie, sous un escalier, maltrait physiquement et surtout psychologiquement, chtif,  lunettes, devient tout  coup le champion d'un sport complexe ds son premier match. Ce qui pose un problme de vraisemblance, mme dans un univers de magie. Il en est ainsi de presque tous les lments de l'action.</p> <p>Toutefois, le film n'est pas sans qualit. Pour un public relativement plus jeune, il peut avoir le mme effet que <b>Star Wars </b>a eu sur nous, vieux crotons. La diffrence tant selon moi que malgr la popularit de la srie chez le lectorat adulte  <b>Harry Potter and The Philosopher's Stone </b>s'adresse  un public jeune. Et de ce point de vue, il est plutt long, ce film. Je conois que, pour respecter le plus possible l'uvre originale, on n'ait pas os trop couper les aventures de Harry, mais on peut se demander si, comme exprience cinmatographique,  l'limination du match de quidditch, par exemple, ou de quelques autres scnes accessoires, n'aurait pas t prfrable.</p> <p>Ce qu'on a d liminer, par contre, c'est l'histoire et les motivations du mchant (dont on entend en fait parler seulement au dbut et  la fin). La ressemblance avec d'autres uvres est ici assez drangeante : lorsque le matre du ct obscur de la magie offre  Harry de le rejoindre pour rgner plutt que de le combattre et mourir, on ne peut que penser  <b>The Return of The Jedi</b>. Notons que cette fois encore Harry se sort assez facilement de cet affrontement final  un peu comme il l'avait fait ds sa naissance, sans que l'on comprenne comment.</p> <p>Bref, en un mot comme en cent, avec une meilleure direction photo, un scnario plus serr, des effets spciaux plus habiles, Harry Potter aurait t un film vraiment bon, alors que tel qu'il nous est prsent, il est correct et divertissant, sans plus. Je ferai mes devoirs la prochaine fois : je lirai tous les livres de la srie en attendant  Harry Potter and The Chamber of Secrets , le second film de la srie prsentement en tournage  car les personnages vieillissent d'un an par livre, une contrainte assez particulire si l'on considre que la moiti des  protagonistes sont incarns par des enfants. Mme ralisateur, mme scnariste, mais peu de temps, ce qui m'inquite toujours. Sortie prvue pour le 15 novembre 2002. Warner Brothers, qui a les droits des quatre livres parus  ce jour et des options sur les trois suivants, prvoyait  l'origine sortir un film par an, mais on parle dj de repousser le troisime en 2004 plutt que 2003. Steven Spielberg a t approch pour raliser ce troisime opus mais, d'une part, il a dj refus la ralisation du premier film (Spielberg aurait voulu faire un film avec les trois premiers  livres, ce qui ne plaisait pas  l'auteure J. K. Rowling) et d'autre part, la Warner changera-t-elle une recette gagnante si le second film ralis par Columbus fait autant de recettes que le premier ? </p> <p>Passons maintenant  <i>la </i>pice de rsistance de cette fin d'anne, <b>The Fellowship of the Ring</b>, premier volet de l'adaptation par Peter Jackson de la clbre trilogie <i>The Lord of The Rings</i>. Question d'enrichir cette rubrique pour une telle occasion, je vous propose une critique en trois volets. Je vous offrirai personnellement la vision du cinphile qui n'a pas lu le livre ; mon collaborateur occasionnel Christian Sauv a lu la trilogie, mais n'en est pas un <i>fan </i>; tandis que Daniel Sernine vous fera partager l'impression d'un admirateur de  l'uvre de Tolkien.</p> <h4><i>Le film et juste le film</i>, par Hugues Morin</h4> <blockquote> <p>Reconnaissons ds le dpart que le film de Peter Jackson est techniquement impeccable. Excellent jeu des acteurs, ralisation inspire, dcors magnifiques, effets spciaux particulirement habiles et convaincants, chorgraphies de combat impressionnantes, musique approprie dans le registre voulu, etc. Visuellement, c'est un film splendide et qui nous en donne pour notre argent. Un <i>must!</i>&nbsp; Ici, comme pour <b>Harry Potter</b>, les scnaristes ont voulu tre trs fidles au livre, ce qui rsulte en un film assez long. S'il y a eu des coupures dans l'histoire de  Frodo et ses compagnons, on ne les sent pas.</p> <p>Pour le nophyte qui ne connat rien ou presque de Tolkien, de la <i>Middle-Earth </i>et de ses divers mythes et cratures, la principale faiblesse du film est la superficialit des personnages, qui ne sont jamais assez dvelopps pour qu'on s'y attache rellement et entirement. Quelques-uns, comme Frodo, Sam et Gandalf, sont un peu (mais  peine) plus dvelopps, mais pour le reste, chaque nouveau personnage semble sortir de nulle part. Certains prennent part  l'aventure, d'autres disparaissent trois secondes plus tard.</p> <p>C'est particulirement vrai pour quelques membres de la confrrie, par exemple. Lors de la formation de celle-ci, Gimli, Boromir et Legolas sont  peine prsents au spectateur, si bien que lors de leur premier affrontement avec les forces du mal, on a de la difficult  s'inquiter de leur sort. Le reste du film ne fournit aucune autre information  leur sujet. Je ne suis jamais arriv  saisir, ne connaissant rien de leur race ou de leur histoire, pourquoi diable chacun d'eux dcide de faire sienne la qute de Frodo.</p> <p>On pourrait aussi mentionner Saruman qui, ds la premire apparition, affronte Gandalf et rvle sa trahison, alors qu'on ne savait rien des liens qui les unissaient auparavant. Mme chose pour Galadriel, ou Arwen, qui disparaissent pratiquement aussi vite qu'elles apparaissent. La scne d'amour dont les mdias ont fait tout un plat entre Arwen et Aragorn sort de nulle part puisque le spectateur ignore tout de leur pass.</p> <p>Quitte  paratre blasphmatoire envers l'uvre, j'aurais prfr un film avec un affrontement de moins, ce qui aurait laiss un peu de temps pour dvelopper les personnages.</p> <p>Je me doute que cette faiblesse l'est seulement pour ceux qui n'ont pas lu le livre, et on lira les rflexions de Daniel Sernine  ce propos. Je dois aussi mentionner que j'ai lu <b>The Hobbit </b>il y a quelques annes. Je connaissais donc dj un peu Gandalf, Bilbo et Gollum. On ne sera pas tonn d'apprendre que ce sont les trois personnages que j'ai le plus apprcis dans le film, mme si deux d'entre eux sont secondaires. Pour moi, ils avaient dj une certaine existence. J'aurais voulu moi aussi avoir les yeux plein d'eau en voyant les autres personnages, comme  plusieurs de mes amis lecteurs de Tolkien, mais a n'a pas march.</p> <p>Enfonons le clou un peu plus (au point o j'en suis) en ajoutant que pour le non-initi, la seconde moiti du film, celle qui suit la cration de la confrrie, n'est constitue que d'une suite d'affrontements entre la compagnie de Frodo et diverses cratures au service du mal. On fait une longue route, on se repose un brin, on affronte des cratures, on se repose un brin, on fait une longue route, on affronte d'autres cratures, etc. Je dois avouer avoir trouv le tout rptitif. Je me suis lass une bataille avant la fin, j'avais hte de voir o allaient nous mener  tous ces affrontements pour dcouvrir qu'il me faudra attendre le prochain film, mais bon. Un de mes amis, nophyte comme moi, m'a dit avoir apprci le film comme un bon divertissement, une sorte de mlange entre <b>Star Wars </b>et <b>Braveheart</b> comme quoi mme lorsqu'on se base sur un livre dont l'influence a t marquante, l'adaptation sera  son tour juge par rapport aux uvres cinmatographiques qui l'ont prcde.</p> <p>Mais assez dit de mauvaises choses sur un film qui n'en mrite pas autant. Je ne vois pas comment Jackson aurait pu faire un meilleur film autrement qu'en sabrant dans certaines scnes importantes du livre, ce qui aurait probablement t bien pire aux yeux des fans de Tolkien. Les scnaristes de <b>The Fellowship of the Ring </b>faisaient face  l'ternel dilemme de toute adaptation : doit-on crire le meilleur scnario possible ou le scnario le plus fidle ? Il n'y a pas de rponse idale  cette question.</p> </blockquote> <h4><i>Tolkien versus Jackson</i>, par Christian Sauv</h4> <blockquote> <p><i>The Lord of The Rings </i>demeure une uvre littraire avant toute chose, et malgr tout le bien que l'on peut en dire, il y avait gros  risquer que sa traduction  l'cran rsulte en une uvre diminue. Le dfi de Jackson tait donc de produire un film divertissant et accessible au grand public (on parle quand mme d'un investissement de 270 $ millions) sans pour autant compromettre l'atmosphre du livre.</p> <p>Le dfaut principal du livre, c'est bien entendu sa longueur. Avouons qu'il faut attendre trs trs longtemps avant qu'il ne s'y passe quelque chose de vraiment intressant. On parle, on chante, on se raconte des histoires, mais ce qui est <i>hypnotiquement </i>lisible sur une page ne passe pas ncessairement bien  l'cran. Jackson devait apporter des changements, couper des passages inutiles et resserrer l'intrigue. S'il faut que quelques fanatiques du livre soient dus par des changements mineurs, eh bien tant pis ! On sent dj que le ralisateur saura donner   l'auditoire des images et des scnes que Tolkien a prfr ne pas inclure, qu'il va corriger les divisions arbitraires qu'un diteur avait imposes  une uvre conue comme un tout.</p> <p>Le changement le plus controvers est l'ajout d'un prologue expliquant l'origine et le pouvoir de l'anneau. Alors que le roman parpillait ces explications au fil des conversations entre les personnages, Jackson prfre rendre l'enjeu de la trilogie trs&nbsp; clair ds le dbut. C'est une&nbsp; dcision sense et intelligente, d'autant plus que ce prologue offre un aperu de scnes piques maintenant possibles grce aux effets spciaux modernes. </p> <p>Tous ces changements et raffinements ont permis la ralisation d'un excellent film, qui se distingue tout de mme passablement, dans son esprit,  ce qu'a crit Tolkien. Cette histoire-ci est beaucoup plus excitante, plus directe, plus rythme, plus oriente vers l'action que la contemplation. Bref, plus accessible. Sans trahir l'uvre originale, les chansons et les longueurs bucoliques, les dtails parfois touffants de l'uvre crite sont simplifis et courts. Une des forces du film est de suggrer le monde imagin par Tolkien  l'aide de dtails, de ruines et de  rfrences rapides, mais ceux qui liront la trilogie en s'attendant au mme dbit rapide d'vnements risquent d'tre dus !</p> <p>Ceci dit, Jackson traite l'uvre originale avec beaucoup de respect. Le style visuel du film est directement inspir des artistes ayant popularis Tolkien (Alan Lee, les frres Hildebrandt, John Howe, etc.) et c'est une des raisons qui explique que les amateurs du livre auront l'impression de retrouver  l'cran ce qu'ils imaginaient depuis longtemps. Une des meilleures choses que l'on peut dire sur ce premier volet, c'est qu'il rassure pour la suite. La vigilance de certains fanatiques de Tolkien est lgendaire, et il ne faut pas s'tonner d'en voir quelques-uns  s'crier devant la  boucherie  que l'on a fait de leur bible. Cependant, force est d'avouer que, pour le reste d'entre nous, le film est amplement satisfaisant, voir exceptionnel. Serait-il mme hrtique de soutenir que Jackson sait mieux raconter une histoire que Tolkien ?</p> </blockquote> <h4><i>Adaptation d'un chef-d'uvre</i>, par Daniel Sernine</h4> <blockquote> <p> la diffrence des scnarios originaux, les films qui sont des adaptations de romans ont en ralit deux publics distincts, celui qui a lu le livre, et celui qui ne l'a point lu. Et si dans certains cas cela ne fait gure de diffrence (un roman qui n'a eu qu'un nombre restreint de lecteurs, par exemple, ou un <i>best-seller </i>destin  une carrire phmre), il y a d'autres uvres pour lesquelles ce constat est capital. C'est videmment le cas de <b>The Fellowship of The Ring</b>, et le phnomne est accentu par une diffrence de gnrations. Au dpart, les 1050  pages de la trilogie n'ont pas t lues de la mme faon par la gnration <i>Dragonlance </i>que par la mienne. </p> <p>Pour moi (et pour quelques millions de mes congnres), le roman de J. R. R. Tolkien tait un chef-d'uvre, malgr les rserves qu'on peut entretenir sur certains dtails (je  saute  effectivement par-dessus les fameuses chansons et sonnets dans la relecture que je suis en train de faire). Pour bien des jeunes gens de vingt, ou mme trente ans, le roman <i>The Lord of The Rings </i>a paru lourd et empes. (Je ne parlerai mme pas de la version franaise du livre : il est surprenant que Tolkien ait des <i>fans </i>francophones compte tenu de l'excrable traduction dont  ils ont d se contenter, traduction dont les noms propres ont hlas refait surface dans la version franaise du film.) C'est gal : ma tentative de lecture de livres <i>Dragonlance </i>a t encore plus dplaisante, j'ai dj vu du papier d'emballage qui tait mieux crit que a. </p> <p>La question n'est donc pas de savoir si Jackson est meilleur conteur que Tolkien le fut. Tolkien fut excellent conteur, dans la forme romanesque pique  <i>le </i>meilleur au vingtime sicle, toutes littratures confondues, pour bien des gens (aux yeux de qui, faut-il le prciser, il n'existe pas de  passages inutiles  dans <i>The Lord of The Rings</i>, et ce sont justement ses  longueurs bucoliques  qui ont rendu l'uvre attachante et fascinante pour toute une gnration de lecteurs ayant grandi sous les nuages gris de la Guerre Froide). Jackson est excellent  conteur dans la forme cinmatographique, et sa russite  relever un tel dfi le hisse encore plus haut dans mon palmars des cinastes, o <b>Heavenly Creatures </b>l'avait dj bien plac.</p> <p>Comme d'autres passionns de <i>The Lord of The Rings</i>, j'avais depuis un bon moment pris le parti d'aller voir le film avec bienveillance, rassur que j'tais par le talent du cinaste, le srieux de son entreprise tel que le laissaient entrevoir le site web et les bandes annonces. (Ma plus grande crainte depuis vingt ans tait de voir un Spielberg ou un Lucas s'emparer de l'uvre.) L'autre option tait bien sr d'aller voir le film de Jackson en pisse-vinaigre, prt  rler au sujet de la moindre coupure, du moindre raccourci  position malhonnte s'il en tait,  puisque 350 ou 400 pages ne pouvaient,  l'vidence, tre rendues intgralement en trois heures de film.</p> <p>Pour moi, le pari de Peter Jackson est brillamment russi : le film est fidle, non seulement  la matire du roman, mais aussi et surtout  son esprit. Certes, il y a des ellipses, dont certaines me paraissent moins justifies (dans le roman il se passe dix-sept ans entre le dpart de Bilbo et celui de Frodo : a aurait pu tre tabli en moins de dix-sept secondes, sans rien sacrifier au rythme du film). Il y a bien des choix narratifs avec lesquels je suis d'accord. Le prologue informatif, par exemple (le mme qu'avait fait Ralph Bakshi, d'ailleurs, et qu'il avait  russi avec des moyens fort limits).</p> <p>Le dpart de la Comt et le voyage vers Bree sont considrablement abrgs, Tom Bombadil est omis comme prvu,  la grande dception de personne ; hlas, l'pisode des Barrow Downs disparat lui aussi. Mais bon, comme le souligne Hugues Morin, ce ne sont pas les adversaires qui manquent dans le reste du film. Parmi les autres remaniements narratifs figure celui de nous livrer en montage altern l'affrontement entre Gandalf et Saruman, au moment mme o il se passe, et non comme <i>flashback</i>, et cela nous donne droit  des images et des mouvements de camra  (virtuelle) parmi les plus poustouflants du film. Le rle de Saruman tait aussi important dans le roman, mais on ne l'apprenait que lors du conseil d'Elrond, et tout l'affrontement tait racont (quasi brivement) par Gandalf. Cette remise dans l'ordre nous donne d'ailleurs droit  un aperu (digne de Tantale) de la fabuleuse cit de Minas Tirith. Le remplacement de Glorfindel par Arwen est un choix plus audacieux et, ma foi, fort habile. Exception faite de Galadriel et d'owyn, monsieur Tolkien avait tendance  laisser les femmes  la maison. L'acquisition d'un rle plus  actif, par celle qui est aprs tout la fiance du futur roi et l'une des deux seules elfes dans l'histoire du Monde  avoir renonc  l'immortalit pour lier son destin  celui d'un mortel, s'avre pour moi un heureux vnement. Mais bon, trve de juxtapositions comptables ; Peter Jackson a effectivement eu  faire plusieurs  choix , y compris au montage (certaines scnes tournes figureront srement sur le DVD). Le test ultime est celui de l'motion ; c'est l, je crois, que les deux publics voqus au dpart se sparent. Les gens qui ont connu <i>The Lord of the Rings </i>adolescents, dans les annes soixante et soixante-dix, ont eu trente ou quarante ans pour rver  ce que le cinma (invitablement) en ferait. Trente ou quarante ans  nourrir leur imagination de leurs (re)lectures, des images publies sous forme de calendriers ou d'albums, ventuellement de celle proposes par Ralph Bakshi. Je ne suis pas sr qu'une attente  culturelle  quivalente puisse exister pour la gnration <i>Dragonlance</i>, sauf peut-tre envers la deuxime trilogie <b>Star Wars</b>, et encore noterat-on qu'elle fut beaucoup plus courte.</p> <p>Et ce test, celui de l'motion, Jackson l'a pass haut la main. Durant une bonne partie du film j'avais les yeux mouills, et  Rivendell j'ai eu des sanglots dans la gorge. Car pour quelqu'un qui a lu et relu la trilogie, ce n'est pas une question d'apprcier si les personnages sont suffisamment ou pas assez dvelopps dans le film : nous, nous les retrouvons, comme de vieux amis qu'on n'esprait plus revoir, et je puis assurer nos lecteurs (s'il en reste qui n'ont pas encore vu le film), que ce sont eux, ce sont bien eux : Frodo, Sam, Bilbo, Legolas, Aragorn, la  splendide Galadriel, le bienveillant Gandalf, le sournois Saruman, l'pouvantable Balrog. Dans plusieurs cas, la distribution des rles mriterait  elle seule un Oscar, tout comme l'usage fort habile de diverses techniques (dont les plus simples) pour montrer la diffrence de taille entre les Hobbits et les autres races.</p> <p>Et ce sont bien les lieux que nous avions entrevus en rve : la Comt verdoyante, Lothlorien et surtout Rivendell (vision magique s'il en est), la redoutable Moria, la formidable Tour Noire, les sinistres ouvrages autour d'Isengard, le solennel passage sous les statues de l'Argonath</p> <p>Bref, l'enthousiasme total. Le ralisateur no-zlandais aura su veiller, chez cet amateur-ci du moins, une nouvelle attente : celle des deuxime et troisime volets de la trilogie.</p> </blockquote> <h3><b>Et le reste</b></h3> <p>Hugues Morin de retour</p> <p>Je serai un peu plus bref  propos des autres films du trimestre, surtout ceux qui sont  oublier. <b>13 Ghosts </b>fait partie de cette catgorie. Mme si sa premire demi-heure n'est pas si pire que a et que l'ensemble se laisse regarder sans trop d'exaspration, il souffre de plusieurs dfauts, le plus important tant l'emploi rpt d'un des pires artifices de mise en scne des ralisateurs de films d'horreur des dernires annes : mettre en scne des personnages dont le champ de vision ne dborde pas celui de la camra, ce qui cause des invraisemblances  incroyables. Une scne de <b>13 Ghosts </b>peut servir d'exemple : le pre est assis sur le sol, sa fille  demi-morte couche la tte sur ses genoux. Le pre parle avec un autre personnage. La scne passe donc d'un plan moyen (les trois personnages dans le couloir)  un gros plan (visages du pre et de l'autre personnage). Au plan suivant, un travelling arrire nous fait dcouvrir avec horreur que la fille a disparu ! Le fantme a donc profit du gros plan pour approcher dans le couloir, se saisir de la fille gmissante, la traner avec lui. On nous demande de croire que  parce que nous, spectateur, on ne voyait rien, les deux autres personnages n'ont rien vu ni rien entendu non plus ? Aargh !</p> <p>Le chorgraphe de <b>Crouching Tiger Hidden Dragon </b>et <b>The Matrix </b>a aussi chorgraphi les combats d'arts martiaux de <b>Iron Monkey</b>. Bon pour lui, puisqu'il devient trs populaire et que <b>Iron Monkey </b>a t distribue en Amrique juste  cause de a. Le film illustre toutefois  quel point ces chorgraphies sont stupides et ennuyantes lorsqu'elles ne sont pas intgres dans une ralisation solide et inspire. Et si les chorgraphies font ncessairement de <b>Iron Monkey </b>un film de SF, le rsultat est d'un ennui mortel, et d'un comique  involontaire.</p> <p><b>K-Pax </b>est un film gentil dans lequel le toujours excellent Kevin Spacey joue un patient qui prtend venir de la plante K-Pax. Son psy, jou par Jeff Bridges, entreprend une trange relation avec ce patient, hsitant entre le diagnostic de la folie et les arguments et  preuves  que son patient apporte. Le film est honntement ralis, comporte son lot de scnes fortes et vous fait passer un trs agrable moment, mais il se trouve un cran en dessous des attentes que son duo d'acteur avait cres en moi. </p> <p>Si le jeu des attentes joue contre certains films, le contraire est aussi vrai. C'est le cas de <b>From Hell</b>, o je n'avais aucun autre dsir que celui d'aller voir un bon film Et le rsultat s'est rvl un cran au-dessus de ce que j'attendais. Il s'agit de l'adaptation d'une bande dessine dont l'intrigue gnrale raconte l'histoire de l'enquteur qui traque Jack L'ventreur. <b>From Hell </b>n'est pas le film le plus original qui soit, mais scnario et ralisation vitent habilement les clichs du genre. La direction photographique contribue beaucoup  l'ambiance  inquitante qui entoure l'histoire, qui se droule dans le Londres d'il y a plus de cent ans. </p> <p><b>Shallow Hal </b>est une comdie  propos d'un homme qui arrive  percevoir les gens tels qu'ils sont rellement  l'intrieur d'eux-mmes. L'ide est fantaisiste et le film fonctionne plutt bien, mais comme c'est la mode depuis quelques annes avec les films <i>mainstream</i>, l'lment fantastique n'est qu'accessoire, un simple lment dans ce qui reste avant tout une comdie.</p> <p>Les gens de Pixar nous ont habitus  des films pour enfants d'une trs grande qualit, avec des scnarios qui offrent un registre de lecture adulte. On se souvient videmment avec plaisir des deux <b>Toy Story</b>. <b>Monsters Inc</b>., leur dernier film d'animation, est apparent aux deux premiers, mais cette fois-ci les hros sont les monstres qui hantent les placards de tous les petits enfants. Ce qu'on dcouvre, c'est que ces monstres travaillent pour une compagnie (la<i> Monsters Inc. </i>du titre) et qu'ils effraient les enfants pour recueillir l'nergie dgage  par la peur, principale source d'nergie de leur civilisation. Un jour, l'impossible se produit. Une petite fille passe de l'autre ct et se retrouve dans le monde des monstres, qui sont terroriss par l'vnement. L'arrive de l'enfant concide avec la dcouverte d'une conspiration  l'intrieur mme de la compagnie. Nous suivons donc les aventures de deux copains (James P. Sullivan et Mike Wazowski) et de leur nouvelle protge (qu'ils appellent Boo) dans leur lutte contre les manipulateurs de <i>Monsters inc. </i></p> <p>Je me souviens d'avoir beaucoup ri aux autres films de Pixar, mais jamais autant qu'avec celui-ci. Le film fourmille de centaines de petits dtails amusants et intelligents. La ralisation, inventive, se permet quelques clins d'il (sans exagrer) et le niveau d'humour est dfinitivement plus adulte que pour les films prcdents de ces as de l'animation. Je les qualifie d'as, car au lieu de ralentir ou de s'essouffler dans un domaine qui volue trs rapidement, ils nous fournissent encore une fois un produit techniquement impeccable et plein d'ides originales. <b> Monsters Inc</b>. est un des meilleurs films de 2001. L'<i>Academy of Motion Picture of America </i>a cr une catgorie  Meilleur film d'animation  qu'elle peut ou non activer d'une anne  l'autre. Pour 2001, elle est active et la comptition semble rude entre <b>Monsters Inc </b>et <b>Shrek</b>, deux excellents films qui jouent pourtant sur deux types d'humour diffrents. </p> <p><b>Vanilla Sky </b>est un cas  part, ce trimestre. Sa prsence dans cette rubrique pourra surprendre puisqu'il est prsent comme un thriller et non un film de F&amp;SF. Je ne veux pas trop en rvler  le scnario est brillant , mais je me permets d'en parler car pour ce cinphile-ci, <b>Vanilla Sky </b>est un film d'horreur, et un bon. Ce n'est pas un <i>slasher movie</i>, loin de l. L'horreur nat de l'incomprhension totale qu'on peut ressentir lorsqu'on ne peut ni contrler, ni mme rationaliser une situation. C'est l'histoire de David Aames, riche, jeune et  populaire, qui rencontre Sofia, une jeune femme dont il tombe amoureux. Une de ses copines occasionnelles, Julianna, le prend trs mal et lance sa voiture dans le vide alors que David est avec elle  bord.  partir de cet instant, tout bascule dans la vie de David Aames Le scnario joue sur deux tableaux; chaque scne est inattendue, chaque dveloppement nous emmne dans une direction diffrente, la seule faiblesse tant peut-tre l'explication un peu trop claire  la fin. <b>Vanilla Sky </b>est un excellent film, glaant, original et imprvisible. L'interprtation est  dans le ton. Tom Cruise fait preuve d'un courage que je lui croyais pass depuis longtemps, Penelope Cruz est absolument irrsistible dans le rle de Sofia, et Cameron Diaz est effrayante dans celui de Julianna. Et rendons  Csar ce qui lui appartient : <b>Vanilla Sky </b>est le remake du film <b>Abre Los Ojos</b>, du ralisateur chilien Alejandro Amenbar, qui nous a offert plus tt en 2001 l'excellent <b>The Others</b>.</p> <h3><b> venir et palmars de 2001</b></h3> <p>La bande annonce de <b>Queen of the Damned </b>n'est pas encore distribue au moment o je termine ceci, mais l'affiche est arrive dans les cinmas. Incongru de voir un film bas sur le troisime livre des vampires d'Anne Rice, sans Brad Pitt, ni Antonio Banderas, ni Tom Cruise. Un sentiment d'tranget se dgage de ce film et de son titre, un peu comme lors de la sortie de <b>The Crow</b>. </p> <p>Quatre autres bandes annonces ont retenu mon attention. La premire est celle de <b>Star Wars Episode II : Attack of the Clones</b>. Excellente bande annonce puisqu'elle ne rvle rien de l'histoire elle-mme. Je ne suis pas certain de rellement vouloir en savoir plus avant de voir le film lui-mme, mais avec l'approche de mai 2002, je serai bombard d'information de toute manire. Quelques rumeurs farfelues se rpandent au sujet de ce film. Celle voulant que Cline Dion interprte une chanson thme s'est avre fausse, de mme que celle annonant que Van Halen avait  compos une pice instrumentale. Par contre, Lucasfilm vient de confirmer que les membres du groupe pop N Sync feront un camo. Les ractions fusent depuis, mais il semble qu'ils n'apparatront qu'en arrire-plan dans une bataille mettant en scne plusieurs chevaliers Jedis.</p> <p>La bande annonce de <b>The Time Machine </b>m'a laiss un got trange dans la bouche : un arrire-got de vieux film du dbut des annes soixante-dix revamp avec des effets spciaux numriques. <b>The Time Machine </b>a l'air clich ds le visionnement de sa bande-annonce, ce qui n'augure rien de bon.</p> <p>Je n'ai vu qu'une seule fois la bande-annonce d'un film appel <b>Eight legged freaks, </b>qui semble raconter les horreurs infliges  certains humains par des araignes gantes. On se demande srieusement qui va payer pour aller voir a en salle.</p> <p><b>Signs</b>, de M. Night Shyamalan, offre une superbe bande annonce, qui place les attentes  un niveau lev. Le ralisateur de <b>The Sixth Sense </b>a cette fois dirig Mel Gibson plutt que Bruce Willis. Esprons que le film sera plus satisfaisant qu'<b>Unbreakable</b>, qui bnficiait lui aussi d'une bande-annonce exceptionnellement bien faite, ce qui devient une marque de commerce de ce ralisateur, mais qui constitue galement une arme  deux tranchants.</p> <p>En voulant prparer une liste des meilleurs films de l'anne 2001, j'ai eu le plaisir de constater que, contrairement  2000, anne faible il est vrai, plusieurs films se bousculaient pour une place sur le podium. Allons-y donc, avec <b>The Others, Hannibal, A. I. </b>(avec un bmol sur la finale, mais quand mme), <b>Vanilla Sky</b>, <b>Monsters Inc.</b>, et <b>Shrek</b>. <b>The Fellowship of The Ring </b>est dans une classe totalement  part. <b>Jeepers Creepers </b>remporte facilement la palme du pire film de l'anne, mais j'ai su viter d'aller voir <b>Ghosts of Mars </b>et <b>Valentine </b>et ne peux donc comparer.</p> <p>En rsum, donc, une bonne anne pour la SF et le fantastique au cinma.</p> <h3 align="right">Hugues MORIN</h3> <h4 align="right">Avec la collaboration de Christian Sauv et Daniel Sernine</h4> <p>&nbsp;</p> <p class="bio">Nouvelliste, rdacteur, micro-diteur et ancien coordonnateur de la revue <b>Solaris</b>, Hugues Morin uvre principalement dans le milieu du cinma depuis 1998. Il habite prsentement Vancouver, en Colombie-Britannique.</p> <p>&nbsp;</td> </tr> </table> </center> </div> <hr width="600"> <div align="center"> <center> <table border="0" width="600"> <tr> <td><a href="../../default.htm"><img border="0" src="../../images/solaris_accueil.gif" alt=" Accueil Solaris " width="100" height="35"></a></td> <td> <p align="center">Mise  jour: Fvrier 2002</td> <td> <p align="right"><a href="../../avis_importants.htm">Avis importants</a></td> </tr> </table> </center> </div>  </body>  </html> 
