<!doctype html public "-//w3c//dtd html 4.0 transitional//en"> <html> <head>    <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1">    <meta name="Generator" content="Microsoft Word 97">    <meta name="GENERATOR" content="Mozilla/4.6 [en] (Win98; I) [Netscape]">    <title>LIslam et la Femme</title> </head> <body>  <center><b><font size=+2>LIslam et la Femme</font></b></center>  <p>Pour juger de l'attitude du Proph&egrave;te Mohammed vis-&agrave;-vis de la femme musulmane, force nous est de situer le probl&egrave;me dans le cadre bien limit&eacute; ou &eacute;voluait le " f&eacute;minisme " aux Vle et Vlle si&egrave;cles apr&egrave;s J.C. La position de l'Islam &agrave; l'&eacute;gard de la femme s'av&egrave;re d'autant plus m&eacute;ritoire qu'il n'a pas h&eacute;sit&eacute; &agrave; faire &eacute;clater les r&eacute;gimes rigides et iniques qui assimilaient, volontiers, le sexe faible &agrave; du vil b&eacute;tail. Dans lempire romain, la femme n'&eacute;tait qu'une " res ". L'ancien et le nouveau Testament ne furent pas tendres pour elle. " Il serait vain- affirme Georges Rivoire-, de chercher un encouragement quelconque au culte de la femme dans les &eacute;crits monastiques du Haut Moyen Age. La femme y est, en g&eacute;n&eacute;ral, fl&eacute;trie comme un esprit du mal, un &ecirc;tre de perdition. Elle est souvent compar&eacute;e au diable. On se demande m&ecirc;me si elle a une &acirc;me. Le concile de M&acirc;con met cette question en d&eacute;lib&eacute;ration ". <p>Le Coran a reconnu &agrave; la femme des capacit&eacute;s et des droits inconditionnels, dans toute gestion d'ordre civil, &eacute;conomique ou personnel. La femme jouit ainsi de la capacit&eacute; et du droit d'h&eacute;riter, de donner, de l&eacute;guer, de contracter une dette, d'acqu&eacute;rir, de poss&eacute;der en propre, de passer un contrat, d'attaquer en justice et d'administrer ses biens. Elle a aussi le droit de choisir librement le compagnon de sa vie ou d'acquiescer &agrave; un tel choix, de convoler en secondes noces, apr&egrave;s &ecirc;tre devenue veuve, ce dernier droit n'a &eacute;t&eacute; reconnu &agrave; la femme occidentale que bien tardivement. (se r&eacute;f&eacute;rer aux versets 229 au 241 de la Sourate de la Vache et des versets 4 &agrave; 35 et 128 de la Sourate des Femmes). <p>" C'est aux Arabes- dit Gustave le Bon (dans la Civilisation des Arabe, p. 428-436) que les habitants de l'Europe emprunt&egrave;rent avec les lois de la chevalerie, le respect galant des femmes quimposaient ces lois, lislamisme a relev&eacute; la condition de la femme et nous pouvons ajouter que c'est ici la premi&egrave;re religion qui l'ait relev&eacute;e... ; toutes les l&eacute;gislations antiques ont montr&eacute; la m&ecirc;me duret&eacute; pour les femmes.... ; la situation l&eacute;gale de la femme mari&eacute;e, telle qu'elle est r&eacute;gl&eacute;e par le Coran et ses commentateurs, est bien plus avantageuse que celle de la femme europ&eacute;enne". <p>L'Islam reconna&icirc;t &agrave; la femme le droit exclusif, dans certains secteurs aff&eacute;rant &agrave; la vie conjugale, m&eacute;nag&egrave;re et familiale, notamment la maternit&eacute;. Toute contribution de la femme, dans le r&eacute;gime communautaire, demeure l&eacute;gitime, &agrave; condition, toutefois, que cette contribution n'entra&icirc;ne aucune perturbation dans le foyer. Si la capacit&eacute; de la femme se trouve quelque peu limit&eacute;e dans certaines activit&eacute;s, telle la magistrature, c'est que la femme est en g&eacute;n&eacute;ral, plus domin&eacute;e par le sentiment que l'homme, elle est moins dispos&eacute;e &agrave; s'adapter aux rigueurs que n&eacute;cessitent parfois les circonstances. Le Coran range, certes, la femme &agrave; un degr&eacute; moindre que celui de l'homme; mais cela ne se justifie que par les lourdes charges familiales qui incombent &agrave; l'&eacute;poux; il ne s'agit nullement d'inf&eacute;riorit&eacute; inh&eacute;rente &agrave; la nature m&ecirc;me de la femme. La double part reconnue &agrave; l'homme, dans l'h&eacute;ritage, s'explique aussi par ses obligations exceptionnelles auxquelles l'homme est astreint, alors que l'exemption de la femme est totale, quel que soit son degr&eacute; d'opulence. Le mariage impose au mari l'entretien de son &eacute;pouse; cet entretien comporte - d'apr&egrave;s le rite mal&eacute;kite, son habillement, son habitation, son alimentation, la fourniture du n&eacute;cessaire de toilette et d'une domestique pour l'aider dans le m&eacute;nage. <p>Cependant, le Coran reconna&icirc;t, en g&eacute;n&eacute;ral, &agrave; la femme autant de droits que dobligations. La majorit&eacute; des Ul&eacute;mas et ex&eacute;g&egrave;tes du Livre s'accordent &agrave; dire que tous les versets coraniques relatifs aux devoirs et aux droits de l'homme, concernent &eacute;galement la femme, sauf contre-indication formelle. C'est l&agrave; un principe capital qui &eacute;tablit fermement l'&eacute;galit&eacute; des deux sexes. Les juristes citent souvent, pour corroborer cette interpr&eacute;tation coranique, le Hadith qui affirme que " la femme est la soeur germaine de l'homme", c'est-&agrave;-dire son &eacute;gale devant la loi. D'autre part, le Proph&egrave;te a tenu &agrave; mettre en relief la personnalit&eacute; de la femme et ses droits civiques. en acceptant solennellement son acte d'all&eacute;geance, quant au Hadith suivant (rapport&eacute; par B.N.T.): "Aucune r&eacute;ussite pour une nation qui &eacute;l&egrave;ve une femme au rang de chef d&eacute;tat", il n'a trait qu'&agrave; un cas sp&eacute;cial, comment&eacute; par le Proph&egrave;te, &agrave; savoir la succession &agrave; l'empereur Khosro de sa fille, ce qui constitue surtout une limitation du droit h&eacute;r&eacute;ditaire de la fille, dans le r&eacute;gime monarchique. <p>Le lien du mariage est sacr&eacute;. " Quiconque se marie. s'assure la moiti&eacute; de la foi; il doit r&eacute;aliser l'autre moiti&eacute; par la pi&eacute;t&eacute; (Tabarani). Sa rupture par le divorce est consid&eacute;r&eacute; comme l'acte licite le plus r&eacute;prouv&eacute; de Dieu. La monogamie est le seul syst&egrave;me qui doit- d apr&egrave;s les normes de l'Islam- s'adapter &agrave; certaines exigences. " Si vous craignez d'&ecirc;tre injustes- dit le Coran- n'&eacute;pousez qu'une seule femme" (Sourate des Femmes, verset 3); or, on<font face="Tms Rmn"> </font>lit ailleurs (verset 128): " Vous ne pourrez jamais traiter &eacute;galement toutes vos femmes, quand m&ecirc;me vous le d&eacute;sireriez ardemment". <p>Quant &agrave; la polygamie du Proph&egrave;te, elle sexplique surtout par des mobiles d'ordre politique, qui ont incit&eacute; l'Envoy&eacute; de Dieu &agrave; ne jamais refuser des offres tribales, dans ce domaine. Autrement, comment justifier le lien monogame du Proph&egrave;te avec sa premi&egrave;re femme Khadija, qui avait alors atteint l'&acirc;ge de maturit&eacute; alors que le Proph&egrave;te &eacute;tait encore dans la fleur de sa jeunesse. L'homme doit &agrave; la femme respect et sollicitude. " La femme est comparable<i> </i>&agrave; du verre dont il faut prendre un grand soin": " Qu'aucun d'entre vous ne fouette sa femme- dit le Proph&egrave;te- comme il fouette une esclave, puis s'accouple, avec elle, en fin de journ&eacute;e", un jour, le Proph&egrave;te &eacute;mit cet ordre formel: " Ne frappez pas les femmes". " Celui qui a le meilleur comportement envers son &eacute;pouse- pr&eacute;cise encore le Proph&egrave;te est le meilleur des hommes). L'Envoy&eacute; de Dieu donnait le bon exemple, quand il entourait ses &eacute;pouses d'&eacute;gards et de bienveillance. Il engagea, un jour, une &eacute;preuve de course avec A&iuml;cha. L'Islam interdit aussi au croyant de demander en mariage une femme ayant d&eacute;j&agrave; un autre pr&eacute;tendant. Il interdit &eacute;galement les pratiques malthusiennes, c'est-&agrave;-dire la restriction volontaire de la procr&eacute;ation. La femme a droit &agrave; la maternit&eacute; et le mari ne saurait l'en prive, qu'avec son consentement. Les recettes de coquetterie sont toutes permises sauf celles condamn&eacute;es formellement: tels les faux cheveux, le limage des dents, l'&eacute;pilation du visage et le tatouage. Dieu maudit les eff&eacute;min&eacute;s parmi les hommes, aussi bien que les femmes " masculinis&eacute;es" qui singent l'homme. La pl&eacute;nitude de la personnalit&eacute; de la femme est reconnue, en cas de guerre: " Quand la terre d'Islam est envahie ---- dit Ibn Jozel (dans ses Kawanine, p. 144) l'obligation de combattre incombe &agrave; la femme. <p>Le concile oecum&eacute;nique de M&acirc;con dont la r&eacute;union co&iuml;ncidait avec l'av&egrave;nement de l'islam, conteste donc &agrave; la femme jusqu'&agrave; l'"animus humain", la d&eacute;valant ainsi au rang d'&ecirc;tre inf&eacute;rieur qui ne peut m&ecirc;me pas pr&eacute;tendre &agrave; une vie ult&eacute;rieure dans lau-del&agrave;. <p>Sous l'&eacute;gide de la foi nouvelle, l'&eacute;l&eacute;ment f&eacute;minin put reconqu&eacute;rir, d&egrave;s le d&eacute;but, ses droits syst&eacute;matiquement m&eacute;connus &agrave; la fois par le monde romain et par le monde b&eacute;douin. La femme fut &eacute;lev&eacute;e au rang de ma&icirc;tresse de foyer, jouissant pleinement des droits personnels et successoraux, dont elle demeura longtemps priv&eacute;e. De simple "res" qu'elle &eacute;tait, bassement assimil&eacute;e aux objets mobiliers, elle devint juridiquement "l'&eacute;gale de l'homme", selon la propre expression du Proph&egrave;te, sous la seule r&eacute;serve des restrictions dues &agrave; la nature intrins&egrave;que de son sexe. <p>Il est vrai que, par respect pour les situations acquises, l'islam avait m&eacute;nag&eacute; certaines coutumes pa&iuml;ennes telle la polygamie (1) qu'il dut l&eacute;galiser. Mais, il &eacute;tablit pour le polygame des conditions tellement rigoureuses que le champ de cette pratique se trouva relativement- r&eacute;tr&eacute;ci, compte tenu des abus de l'Antiquit&eacute; arabe. D'ailleurs, l&eacute;glise elle-m&ecirc;me ainsi que les autorit&eacute;s temporelles des pays chr&eacute;tiens devaient consacrer la polygamie, jusqu'au XVIl&egrave; si&egrave;cle, si on ajoutait foi au t&eacute;moignage du fameux publiciste allemand, Westermarck, grand sp&eacute;cialiste dans lhistoire des r&eacute;gimes matrimoniaux dans le monde. <p>La femme arabe sut profiter de l'esprit lib&eacute;ral du l&eacute;gislateur musulman (2). D&egrave;s les premi&egrave;res d&eacute;cades de l'&egrave;re lig&eacute;rienne, elle put s'imposer par sa large et efficace participation &agrave; c&ocirc;t&eacute; de l'homme, dans la vie culturelle et sociale de la communaut&eacute; musulmane. A&iuml;cha, fille du ler Khalife et &eacute;pouse du Proph&egrave;te, dut &ecirc;tre &eacute;lev&eacute;e selon les nouveaux principes et r&eacute;aliser l'id&eacute;al de la femme, &agrave; moins de 20 ans, sa profonde &eacute;rudition fit d'elle une des plus brillantes figures de l'&eacute;poque: les grands compagnons du Proph&egrave;te venaient la consulter sur les questions juridiques, historiques, litt&eacute;raires et m&ecirc;me m&eacute;dicales. D&eacute;sormais, le champ d'action culturel de la femme s'&eacute;largit de plus en plus. D&eacute;j&agrave;, Oum Derda, donnait dans la Mosqu&eacute;e de J&eacute;rusalem des cours publics, auxquels assistait l'Emir Omeiade Soleiman Chafii, chef d'un des quatre rites de l'Islam, &eacute;tait le disciple assidu de la c&eacute;l&egrave;bre Noufissa, ma&icirc;tresse, de conf&eacute;rences au Caire. Ibn Hajar, un des c&eacute;l&egrave;bres imams de l'Islam, sera form&eacute; avec cinquante de ses condisciples &agrave; l'&eacute;cole d'A&iuml;cha El Hambalia ainsi qu'&agrave; celle de Zeineb, auteur des trait&eacute;s en droit et en Hadith. <p>Dans ses oeuvres biographiques, Ibn Hajar cite plus de quinze cents femmes parmi lesquelles figurent des juristes et des "savantes", Assakhaoui consacre tout un volume (3) aux intellectuelles du IX&egrave; si&egrave;cle de l'h&eacute;gire dont plusieurs originaires de Fez. Assouyout r&eacute;serve son Nozhah &agrave; la biographique de trente sept po&eacute;tesses. Ibn Assakir fut le disciple de 81 femnes "&acirc;lem" (4) ainsi qu'Ibn Athir El Ed-Dhahabi, lequel pr&eacute;f&egrave;re la femme traditionniste qui serait - d'apr&egrave;s lui - plus scrupuleuse que son coll&egrave;gue du sexe masculin (5). <p>Mais la doctrine de Mohamed ne tarda pas &agrave; sombrer dans une grave stagnation, sous l'effet des interpr&eacute;tations fallacieuses de quelques esprits dogmatiques, ridiculement formalistes. L'Islam s'enlisait peu &agrave; peu dans une ankylose dangereuse. Des esprits &eacute;clair&eacute;s n'avaient pas h&eacute;sit&eacute;, alors &agrave; r&eacute;agir rigoureusement d&egrave;s le XV&egrave;me si&egrave;cle; un mouvement f&eacute;ministe s'esquissait dans le monde musulman, r&eacute;agissant contre le parti puritaniste, r&eacute;trograde dont l'action tendait &agrave; une claustration de plus en plus rigoureuse de la femme arabe. Des appels &agrave; la r&eacute;forme, &eacute;manant de tous les coins de lempire, pr&ecirc;chaient le retour au lib&eacute;ralisme social instaur&eacute; par l'islam dont les vrais principes commen&ccedil;aient alors &agrave; s'estomper. Cet &eacute;nergique &eacute;lan f&eacute;ministe porta ses fruits. <p>A toute &eacute;poque, la femme musulmane a donn&eacute; la preuve de son efficience intellectuelle. Certaines des plus grandes figures de l'islam comme Ibn Khallikan, El Bagdadi, Ezzamakhchari, Ibn Hajar et autres, doivent une bonne partie de leur notori&eacute;t&eacute; scientifique &agrave; leurs contemporains. La mort d'Oum El Khair, grande sp&eacute;cialiste des traditions, marqua- d'apr&egrave;s Ibn El Imad - le d&eacute;clin de cette science pour longtemps. Les conf&eacute;rences d'Ouneida r&eacute;unissaient cinq cents auditeurs des deux sexes (6) - Roukeya petite Fille d'Ibn Mazra&agrave; passait pour &ecirc;tre- d'apr&egrave;s Essafadi la plus c&eacute;l&egrave;bre traditionniste de soli temps, en Egypte, en Syrie et &agrave; M&eacute;dine. <p>D'autres se sont sp&eacute;cialis&eacute;es dans les diverses branches des sciences religieuses et litt&eacute;raires; telles: A&iuml;cha de Damas (grammairienne et rh&eacute;toricienne), A&iuml;cha de J&eacute;rusalem (traditioniste et p&eacute;dagogue), Aroudiah Bali qui connaissait par coeur le K&acirc;mil du Mouberrid et les Nawadir d'El K&agrave;li; Fatima, fille de Jamai Edi-Dine Eddimachqi qui obtint des licences d'enseignement de la plupart des docteurs du VII si&egrave;cle h&eacute;girien en Syrie, au Hijaz et en Perse; Fatima de Samarkand, auteur de nombreux trait&eacute;s, en jurisprudence et sciences coraniques, lesquels obtinrent un vif succ&egrave;s: Fatima Qamiriz&agrave;n qui assura, au X&egrave;me si&egrave;cle la direction de deux grands instituts; Bent Essa&iuml;gh, professeur de m&eacute;decine &agrave; l'institut Mansouriah d'Egypte Chehda Deinouria, une des sommit&eacute;s du XX&egrave;me si&egrave;cle qui publia de nombreux ouvrages en th&eacute;ologie et en Droit. <p>Dans les autres domaines de l'esprit et de lart, les exemples abondent. Nous ne citerons (qu'Asma&acirc; qui composa un po&egrave;me en l'honneur de l'Almohade Abdel Moumen; Taqia, auteur d'&eacute;pop&eacute;es et d'oeuvres inspir&eacute;es de Bacchus; la c&eacute;l&egrave;bre po&eacute;tesse de Silves qui soutint de d&eacute;licates controverses avec ses contemporains et qui, dans une qacida, se plaignit &agrave; l'Almohade Al Mansour, des autorit&eacute;s administratives de Silves; A&iuml;cha El Bahounia &agrave; laquelle on doit de pr&eacute;cieux ouvrages litt&eacute;raires et juridiques ainsi qu'un recueil de jurisconsulte &eacute;minente, elle donnait aussi des consultations en mati&egrave;re philologique et administratives et faisait d'utiles et &eacute;nergiques interventions, aupr&egrave;s des princes de son &eacute;poque. En musique et en lyrisme, les femmes artistes ne se comptent pas. Des centaines de chanteuses avaient suscit&eacute;, dans toutes les capitales d'Orient et dAndalousie, l'admiration de tout le monde. Des femmes juges dans les march&eacute;s sont d&eacute;j&agrave; connues au temps d'Omar, 2&egrave;me Khalife. Une majordome abbasside rendait des jugements, un jour par semaine (7). <p>La femme &eacute;tait admise aussi dans l'arm&eacute;e, non seulement en tant qu'infirmi&egrave;re mais comme v&eacute;ritable combattante. Lhistorien Ibn Athir cit&eacute; Safia comme un exemple d'h&eacute;roisme, Edouard Gibn rapporte l'anecdote saisissante de ces femmes de Damas qui, surprises par l'ennemi, alors que leurs maris combattaient loin de la ville, se d&eacute;fendirent vaillamment: elles combattaient &agrave; merveille le dispositif de guerre et abattirent une trentaine de soldats ennemis, en usant de sabres lances et fl&egrave;ches. Dans un &eacute;pisode de la c&eacute;l&egrave;bre bataille de Yermouk, une arm&eacute;e f&eacute;minine improvis&eacute;e &agrave; la derni&egrave;re heure, fit subir &agrave; un bataillon romane, une d&eacute;faite humiliante. Asm&acirc;, Fille de Yazid tua, &agrave; elle seule 9 soldats. On cite, d'autre part le cas de plusieurs femmes qui ont combattu c&ocirc;te &agrave; c&ocirc;te avec leurs maris (la ni&egrave;ce et la soeur du Prince Ossama, lors des Croisades en Palestine). L'exemple de Ghazala (lui irait en d&eacute;route l'arm&eacute;e om&eacute;iade d'El Hajaj est pass&eacute; en proverbe. <p>Le r&ocirc;le de la femme musulmane dans la vie politique n'&eacute;tait pas moindre. D&eacute;j&agrave;, en l'ann&eacute;e 349 de l'H&eacute;gire Sati monta sur le tr&ocirc;ne: ce fut la premi&egrave;re fois qu'une imp&eacute;ratrice r&eacute;gnait &agrave; Bagdad. Plus tard, Chajarat Eddor se fera couronner au Caire. Dans l'Inde musulmane du XlIl&egrave; si&egrave;cle, Radia devint reine de Delhi. Elle montait &agrave; cheval, compl&egrave;tement d&eacute;voil&eacute;e (8) (Ibn B&agrave;ttouta T. II - p.22). Tourk&agrave;n Kliatoun monta sur le tr&ocirc;ne de Khouras&agrave;n, au XIV&egrave; si&egrave;cle (Abou Fida T. 111 - p.148). La c&eacute;l&egrave;bre Tanzou avait refus&eacute; en m&ecirc;me temps, sur la Perse et l'Irak. La Reine Delchad aurait joui, au m&ecirc;me si&egrave;cle d'une grande autorit&eacute; dans les provinces irakiennes. De m&ecirc;me la reine Joubane dirigeait personnellement l'administration de son pays. On a signal&eacute; &agrave; l'&eacute;poque m&eacute;rinide, une femme qui aurait r&eacute;gn&eacute; &agrave; Tlemcen. <p>Des salons litt&eacute;raires furent organis&eacute;s, d&egrave;s le d&eacute;but en Arabie et ailleurs, sous les auspices de dames &eacute;l&eacute;gantes telle Soukeina d'Ali le gendre du Proph&egrave;te. Ces salons qui groupaient autour de certaines femmes lettr&eacute;es, les plus grands po&egrave;tes de l&eacute;poque constituaient de v&eacute;ritables centres de rayonnement culturel qui propageaient en m&ecirc;me temps que le sens du raffinement social, le go&ucirc;t litt&eacute;raire et le talent artistique. Chaque capitale avait son salon: &agrave; Bagdad, celui d'El Fadl au IX&egrave; si&egrave;cle &agrave; Grenade, celui de Nezhoun et de Wallada au IXe si&egrave;cle. Ibn Jobeir, historien andalous du XIIe si&egrave;cle, signale la participation de la femme aux controverses des hommes de lettres. <p>Al Maqqari a r&eacute;serv&eacute; dans son Nafh At Tib &agrave; la po&eacute;sie f&eacute;minine un long passage cit&eacute; par Dugat dans la "revue d'orient". Les vingt cinq po&eacute;tesses qu'il mentionne tenaient, selon lui, "une place &eacute;minente dans l'art de bien dire", Grenade semble avoir &eacute;t&eacute; la cit&eacute; litt&eacute;raire f&eacute;minine, par excellence. L'&eacute;panouissement du m&eacute;rite F&eacute;minin, dans les Arts et les Lettres &eacute;tait du aux larges libert&eacute;s sociales dont jouissaient les grenadines, d'apr&egrave;s Prescott (Ferdinand et Isabelle P. 192). Ces femmes lettr&eacute;es relativement nombreuses, excellaient dans la langue arabe. Certaines d'entre elles furent renomm&eacute;es par leur talent calligraphique, comme Lubna, et Fatima (lui furent secr&eacute;taires d'AI Hakani II AI Marrakchi cite pour un seul quartier de Cordoue 170 femmes calligraphes. Faute dimprimerie, l'art calligraphique jouait, alors, un grand r&ocirc;le dans le monde des Lettres. <p>Quant &agrave; la femme maghr&eacute;bine, elle a de son c&ocirc;t&eacute; jou&eacute; un r&ocirc;le des plus importants dans la vie sociale (9), litt&eacute;raire, &eacute;conomique, militaire et politique du Maroc, &agrave; l'instar de sa soeur orientale et andalouse. Dans chaque domaine, on peut citer des exemples qui sont certes, peu nombreux mais non de moindre efficience. L'Universit&eacute; Karaouyine a &eacute;t&eacute; &eacute;difi&eacute;e par Fatima Fihria dite Oum El Banine, en l'an 245 de l'h&eacute;gire 9&egrave; si&egrave;cle), alors que sa soeur Mariem fit construire la mosqu&eacute;e " Andalous " qui fit concurrence &agrave; la Karaouyine jusqu'au 4&egrave; si&egrave;cle et devint par la suite une de ses annexes. <p>La princesse Hosna, fut la conseill&egrave;re politique de son &eacute;poux Moulay Idriss roi du Maroc (10)- On cite les noms d'autres conseill&egrave;res des princes idrissides. De m&ecirc;me Zaineb &eacute;pouse du premier Almoravide Youssef Ben Tachfine, c&eacute;l&egrave;bre par sa beaut&eacute; et la profondeur de ses vues politiques et administratives, ainsi que Tamima fille de Tachfine et Kamar &eacute;pouse du prince Ali Ben Youssef qui ont &eacute;t&eacute; &agrave; la base du lib&eacute;ralisme f&eacute;minin qui sera une des justifications de la campagne puritaniste men&eacute;e par le premier almoravide contre le r&eacute;gime almoravide. Un des aspects de cette &eacute;mancipation pr&eacute;coce de la femme citadine la condamnation du voile, r&eacute;miniscence des moeurs sahariennes de la dynastie r&eacute;gnante. A la m&ecirc;me &eacute;poque, Hawwa El Massoufia donnait des conf&eacute;rences litt&eacute;raires et sa soeur Zaineb r&eacute;citait par coeur des recueils de po&eacute;sie. D'autres femmes sing&eacute;niaient &agrave; mettre timidement en branle un f&eacute;minisine inspir&eacute; par l'apport g&eacute;n&eacute;rateur de la femme andalouse. Vanouh, fille de Bounti&agrave;n est une des figures les plus brillantes de l'&eacute;poque almoravide. Encore vierge, elle d&eacute;fendit seule par le sabre le palais royal de Marrakech, pendant une demi-journ&eacute;e et tomba finalement sous les coups des Almohades qui prirent d'assaut la capitale, en l'an 545 de l'h&eacute;gire (Xl&egrave; si&egrave;cle). <p>Sous les Almohades, Oum Hani, fille du Cadi Ibn Atia donnait des cours, r&eacute;digea des ouvrages dans les diverses branches des sciences religieuses. C'est la m&egrave;re d'Abou Jafar, m&eacute;decin d'Al Mansour- Za&iuml;neb fille de Youssef d'Almohade donna l'exemple, en assistant aux conf&eacute;rences organis&eacute;es par Mohamed Ibn Brahim sur les sources de la Loi. Hafsa Errakounia, une des c&eacute;l&egrave;bres po&eacute;tesses &agrave; l'&eacute;poque, fut la pr&eacute;ceptrice du harem d'Al Mansour; Oum Amr, fille d'Avenzoar en &eacute;tait le m&eacute;decin ainsi que sa fille Bint Abi Al Ala. Il y eut d'autres figures moins brillantes telles Warqu&acirc;, la po&eacute;tesse de Fez, Amat Al Aziz, po&eacute;tesse de Ceuta, Oum Al Al&acirc;, originaire de Fez qui dirigea une &eacute;cole coranique &agrave; Grenade, la fameuse fractionniste Mariem fille d'Al Ghafiqi pr&eacute;sidait des conf&eacute;rences &agrave; Ceuta, et Kairouna la "savante" de Fez. <p>Sous les M&eacute;rinides, trois femmes juristes brillaient: Fatima et sa soeur, Filles de Mohamed El Abdousi ainsi qu'Oum El Banine, grand-m&egrave;re de Zarrouk. Sarra El Halabia de Fez est une po&eacute;tesse d'une grande culture litt&eacute;raire; elle d&eacute;dia plusieurs po&egrave;mes aux plus grands po&egrave;tes et savants du Maroc, &agrave; l'&eacute;poque comme Ibn Roche&iuml;d et Malek Ben Mohamed de Ceuta. On cite d'autres femmes savantes telles Safia Al Azafi; la po&eacute;tesse Sobh, concubine du philosophe et m&eacute;decin Al Jeznai Sett Al Arab, fille d'Al Hadrami de Ceuta, Amat Abrahim et Oum El Kacem dite Cheitkha (professeur). <p>Sous les Wattassides, Lalla A&iuml;cha dite Al Horra re&ccedil;ut d&egrave;s (11) l'enfance une &eacute;ducation tr&egrave;s soign&eacute;e et dut parler couramment le castillan; elle &eacute;pousa l'alli&eacute; de son p&egrave;re contre les Portugais, Ali AI Mandri, le restaurateur de T&eacute;touan o&ugrave; elle trouva le milieu andalous lettr&eacute; et raffin&eacute; auquel elle &eacute;tait habitu&eacute;e. Elle s'initia aux intrigues de la politique, gouverna la ville en y exer&ccedil;ant une autorit&eacute; souveraine; la lutte contre l'envahisseur fut son principal souci; &agrave; cet effet, elle avait de nombreux vaisseaux toujours occup&eacute;s &agrave; pirater sur les c&ocirc;tes espagnoles. Ses d&eacute;m&ecirc;l&eacute;s avec Don Alfonso, gouverneur de Ceuta sont rest&eacute;s c&eacute;l&egrave;bres (Hesp&eacute;ris XLIII, P. 222). M&ecirc;me activit&eacute; d&eacute;bordante de la femme sa&acirc;dienne, tant dans le domaine intellectuel que dans les domaines social et politique. Messouda, m&egrave;re d'El Mansour patronna des oeuvres d'assistance et immobilisera des fondations habous &agrave; cet effet. La princesse Sahaba, m&egrave;re d'Abdelmalek joua &agrave; Constantinople un r&ocirc;le d&eacute;cisif, jusque dans le Dr&acirc;a, la famille Nasiri donnait le bel exemple de la femme &eacute;duqu&eacute;e et int&egrave;gre. <p>Sous les Alaouites, le mouvement f&eacute;ministe fut inaugur&eacute; par Khnatha &eacute;pouse de Moulay Smail devenue "savante" d'apr&egrave;s l'auteur du Ja&iuml;ch (p.105); conseill&egrave;re tr&egrave;s &eacute;cout&eacute;e de son &eacute;poux et plus tard de son fils le prince Moulay Abdellah, elle promulguait elle-m&ecirc;me des dahirs et des r&egrave;glements administratifs. Parmi les femmes, figurent alors A&iuml;cha m&egrave;re de Zabadi Abdel Majid, la jurisconsulte Zahra, &eacute;pouse d'El Youssi, la p&eacute;dagogue Khadija, fille d'Al Hawwat, la princesse Soke&iuml;na fine de Moulay Abderrahmane Fatima Zouiten, Oum Kacem El Hasnaouia, Roke&iuml;a Bent El Hadj Ibn A&iuml;cha qui fut juriste, linguiste, historienne, th&eacute;ologienne et rh&eacute;toricienne. A ses cours assistaient des auditeurs des deux sexes. Elle mourut au d&eacute;but de ce si&egrave;cle. De m&ecirc;me AI Alia, fille de Taib Ben Kirane, cit&eacute;e par Moulieras (12) les Mauritaniennes ont donn&eacute; la preuve de leur comp&eacute;tence en sciences religieuses, en po&eacute;sie et en linguistique. Les exemples foisonnent. <p>Malheureusement, le mouvement r&eacute;actionnaire social reprenait le dessus, au fur et &agrave; mesure que l'Empire musulman se d&eacute;sint&eacute;grait politiquement. Il est curieux de constater que cette nouvelle ankylose co&iuml;ncidait avec la naissance du colonialisme occidental. Sans aller jusqu'&agrave; imputer &agrave; l'imp&eacute;rialisme la responsabilit&eacute; de cet &eacute;tat de chose, nous sommes, du moins, en mesure d'affirmer que les intrigues sournoises sinon les actes dhostilit&eacute; d&eacute;clar&eacute;e de l'Europe, ont fini par provoquer un chaos politique qui allait bient&ocirc;t exasp&eacute;rer la r&eacute;gression sociale dont la femme fut l'une des victimes avec l'&eacute;mancipation politique du monde arabe. <ol> <li> "La polygamie- dit Gustave le Bon est tout &agrave; fait ind&eacute;pendante de l'islamisme, puisqu'elle existait avant Mohammed chez tous les peuples de l'Orient, je ne vois pas en quoi la polygamie l&eacute;gale des Orientaux soit inf&eacute;rieure &agrave; la polygamie hypocrite des Europ&eacute;ens. alors que je vois tr&egrave;s bien au contraire en quoi elle lui est sup&eacute;rieure". (La civilisation des arabes. P. 422)</li>  <li> La situation l&eacute;gale de la femme mari&eacute;e, - dit G. le Bon - telle qu'elle est r&eacute;gl&eacute;e par le Coran et ses commentateurs. est bien plus avantageuse que celle de la femme europ&eacute;enne". (G. Le Bon p. 436).</li> </ol>  <center>" C'est aux Arabes que les habitants de l'Europe emprunt&egrave;rent avec les lois de la chevalerie, le respect galant des femmes qui imposaient ces lois" Le Bon. p. 428) <p>" L'islamisme a relev&eacute; la con de la femme et nous pouvons ajouter que c'est la premi&egrave;re religion qui l'ait relev&eacute;e...Tous les l&eacute;gislateurs antiques ont montr&eacute; la m&ecirc;me duret&eacute; pour les femmes" (ibid., p. 430) <p><br> <p>"L'esprit chevaleresque des Arabes leur respect pour la femme sont tr&egrave;s connus. Le Wali de Cordoue ayant en 1139 dit Gustave Le lion- assi&eacute;g&eacute; Tol&egrave;de, appartenant alors aux chr&eacute;tiens, la reine B&eacute;reng&egrave;re, qui y &eacute;tait enferm&eacute;e lui envoya un h&eacute;ros pour lui repr&eacute;senter qu'il n'&eacute;tait pas digne d'un chevalier brave, galant et g&eacute;n&eacute;reux, d'attaquer une femme. Le g&eacute;n&eacute;ral arabe se retira aussit&ocirc;t demandant pour toute faveur l'honneur de saluer la reine" (La civilisation des arabes.286)</center>  <p>(3) T.XII. d'Ed- Daw Ellahim <p>(4) Moojam Yacout, t. 5 p. 140 <p>(5) &agrave; i- Mizan III.p 395. <p>(6) Le Journal 1930. p. 50. <p>(7) Arib dans son annexe &agrave; l'histoire de Tabari, p. 7 1 . <p>(8) Le port du voile fut, un certain temps &agrave; la mode en Sicile. Les femmes chr&eacute;tiennes &eacute;taient voil&eacute;es aux couleurs vari&eacute;es... Elles se pavanent en se rendant &agrave; leurs &eacute;glises ou plut&ocirc;t &agrave; leurs g&icirc;tes ; elles portent, en somme toute la parure des femmes des musulmans, y compris les bijoux, les teintures, et les parfums". (Ibn Jobeir Demombynes, p. 391 ). <p>(9) Parlant de la femme marocaine, Mouli&egrave;ras dit en 1895 " La musulmane est encore la reine de son foyer comme au temps des abbassides et des Arabes ant&eacute;-islamiques". (Le Maroc Inconnu. p.736). <p>(10) Eddorar Essaniah p. 8. <p>(11) Les dames maures de F&egrave;s trouvaient de bon ton au XVI&Egrave; si&egrave;cle d'&ecirc;tre v&ecirc;tues &agrave; l'espagnole ; celles de la haute soci&eacute;t&eacute; parlaient le portugais. (Desmazi&egrave;res, p. 27). <p>(12) Citant une femme de F&egrave;s, El Aliya, fille de Taib ben Kirane, qui donnait des cours de logique &agrave; la mosqu&eacute;e andalouse, Moulieras (fit: "Une femme arabe professeur de logique ! Qu'en pensent nos g&eacute;ographes et nos sociologues qui ont r&eacute;p&eacute;t&eacute;, sur les tons les plus lugubres. que le Maroc est plong&eacute; dans les t&eacute;n&egrave;bres d'une barbarie sans nom, dans l'oc&eacute;an d'une ignorance incurable ? Une intelligente marocaine plane dans les r&eacute;gions &eacute;lev&eacute;es de la sciences". (Le Maroc Inconnu. t. 2. p. 742). <br>&nbsp; <br>&nbsp; </body> </html> 
