<HTML> <HEAD> <!-- #BeginEditable "doctitle" --> <TITLE>La renaissance de l'islam en Russie</TITLE> <!-- #EndEditable -->  <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset="> </HEAD>  <BODY BGCOLOR="#FFFFFF"> <h2><font color="#000066">CHRIS KUTSCHERA 30 ANS DE REPORTAGE (Textes et Photos)    </font></h2> <h2>www.Chris-Kutschera.com</h2> <hr> <div align="center">    <h1 align="center"><b><font size="5" color="#000033">RUSSIE: La Renaissance      de l'Islam au Tatarstan</font></b></h1>   </div> <table width="102%" border="1" height="688">   <tr>      <td width="100" valign="top" align="center">        <table width="100" border="1">         <tr align="center">            <th width="84">Sommaire</th>         </tr>       </table>       <p><a href="Afrique-sommaire.htm">AFRIQUE</a></p>       <p><a href="Amerique-sommaire.htm">AMERIQUE</a></p>       <p><a href="Asie-sommaire.htm">ASIE</a></p>       <p><a href="Europe-sommaire.htm">EUROPE</a></p>       <p><a href="France-sommaire.htm">FRANCE</a></p>       <p><a href="Kurdistan-sommaire.htm">KURDISTAN</a></p>       <p><a href="Moyen-Orient-sommaire.htm">MOYEN-ORIENT</a></p>       <p><a href="Archives%20Photos.htm">ARCHIVES PHOTOS</a></p>       <p><a href="Galerie%20Photo%20Chris%20Kutschera/index.htm"><img src="Photos/Russie%20village/vKirievo.jpg" width="85" height="56" alt="La gare de Kirievo" border="0"></a></p>       <p><a href="galeries%20photos.htm%20">Galerie Photos</a></p>       <p>&nbsp;</p>       <p><a href="20%20ans%20Iran.htm"><img src="Photos/20%20ans%20en%20Iran/v99445-19.jpg" width="88" height="132" alt="Jeune fille se voilant devant sa glace" border="0"></a></p>       <p>20 ans en Iran</p>       <p>&nbsp;</p>       <p><a href="Gilles%20Perrault.htm"><img src="Photos/Gilles%20Perrault/v97901-08.jpg" width="89" height="68" alt="Portrait de Gilles Perrault" border="0"></a></p>       <p>Gilles Perrault</p>       <p>&nbsp;</p>       <p><a href="opposition%20PKK.htm"><img src="Photos/Ocalan/v99901-08.jpg" width="88" height="59" alt="Derni&egrave;re photo d'Ocalan libre, Rome, 3 janvier 1.999" border="0"></a></p>       <p>A.Ocalan</p>       <p>&nbsp;</p>       <p><a href="Derniers%20Chretiens%20Turquie.htm"><img src="Photos/Chretiens%20Turquie/v99721-20.jpg" width="91" height="63" alt="Jeune syriaque apprenant sa langue dans un monast&egrave;re" border="0"></a></p>       <p>Turquie</p>     </td>     <td width="395" valign="top" align="left">        <div class=Section1>          <div class=Section1>            <div class=Section1>              <div class=Section1>                <div class=Section1>                  <div class=Section1>                    <div class=Section1>                      <div class=Section1>                        <div class=Section1>                          <p><img src="Photos/Russie/g10-26.jpg" width="240" height="161" align="right" vspace="10" hspace="10">&#8220;Pour                            nous, la Foi est dans le sang et dans les os... On peut                            enlever &agrave; un homme ses v&ecirc;tements, on peut                            le jeter en prison, mais on ne peut pas supprimer une                            foi pratiqu&eacute;e depuis mille ans&#8221;, affirme                            Gousman Iskhakov, le mufti du Tatarstan. &#8220;Apr&egrave;s                            avoir v&eacute;cu pendant trois g&eacute;n&eacute;rations                            sous le r&eacute;gime sovi&eacute;tique, les gens ne                            sont pas ath&eacute;es, conclut-il, mais ils connaissent                            mal leur religion... Et aujourd&#8217;hui beaucoup de                            gens s&#8217;int&eacute;ressent &agrave; l&#8217;Islam&#8221;...</p>                         <p>Cette renaissance de l&#8217;Islam au Tatarstan, r&eacute;publique                            autonome de la F&eacute;d&eacute;ration de Russie, dont                            la moiti&eacute; de la population est compos&eacute;e                            de Tatars, un peuple musulman depuis qu&#8217;il a adopt&eacute;                            l&#8217;Islam en 922, six cents ans avant la conqu&ecirc;te                            de Kazan par Ivan le terrible en 1552. est visible &agrave;                            l&#8217;oeil nu. En 1990, &agrave; l&#8217;&eacute;poque                            de la perestro&iuml;ka, il ne restait plus qu&#8217;une                            mosqu&eacute;e &agrave; Kazan: il y en a aujourd&#8217;hui                            une cinquantaine, et l&#8217;on construit m&ecirc;me                            une grande mosqu&eacute;e, la mosqu&eacute;e &#8220;Kol                            Cherif&#8221;, &agrave; l&#8217;int&eacute;rieur des                            murs du Kremlin de Kazan, &agrave; deux pas de la cath&eacute;drale                            orthodoxe en cours de restauration. Et l&#8217;on compte                            environ un millier de mosqu&eacute;es pour toute la                            r&eacute;publique, pour une population de deux millions                            de musulmans. </p>                         <p><img src="Photos/Russie/g12-18.jpg" width="240" height="161" align="left" vspace="10" hspace="10">Plus                            difficile &agrave; &eacute;valuer, la r&eacute;-islamisation                            de la population n&#8217;en est pas moins frappante:                            partout, dans les mosqu&eacute;es et dans les &#8220;madrassas&#8221;                            (&eacute;coles religieuses traditionnelles), des centaines,                            des milliers de Tatars r&eacute;apprennent les fondements                            de l&#8217;Islam. La madrassa Mohammedia, l&#8217;un                            des dix centres d&#8217;enseignements de l&#8217;Islam                            fonctionnant &agrave; Kazan avec l&#8217;autorisation                            des autorit&eacute;s, forme ainsi plusieurs centaines                            de personnes dans le cadre de trois cycles de cours:                            un cycle de 200 jeunes &eacute;tudiants &acirc;g&eacute;s                            de moins de 25 ans, suivant les cours pendant la journ&eacute;e.                            Un cours du soir, suivi par environ 300 personnes. Et                            un troisi&egrave;me cycle suivi par 300 adultes, hommes                            et femmes, qui, apr&egrave;s avoir suivi pendant trois                            ans des cours &agrave; la mosqu&eacute;e de leur village                            ou de leur ville, continuent leurs &eacute;tudes chez                            eux et viennent pendant dix jours, deux fois par an,                            passer des examens &agrave; la madrassa. </p>                         <p><img src="Photos/Russie/g11-35.jpg" width="240" height="166" align="right" vspace="10" hspace="10">Ce                            qui frappe, c&#8217;est la diversit&eacute; sociale                            de ces gens qui red&eacute;couvrent l&#8217;Islam dans                            cette madrassa:&nbsp; Fayz, n&eacute; en 1947, est chauffagiste;                            Damir, n&eacute; en 1952, est ouvrier &agrave; Oulianovsk;                            alim, n&eacute; en 1960, originaire du Kazakhstan, est                            employ&eacute; au d&eacute;partement des affaires religieuses;                            Garipov, environ 70 ans, &eacute;tait professeur de                            biologie; Nadir, n&eacute; en 1953, est r&eacute;gisseur                            de th&eacute;&acirc;tre en Oudmourtie; Hassan, n&eacute;                            en 1956, est ing&eacute;nieur p&eacute;trolier; Yasmina,                            n&eacute;e en 1961, est contrema&icirc;tre dans le b&acirc;timent;                            Elfia, 62 ans, est biblioth&eacute;caire; Gulnaz, n&eacute;e                            en 1981, est styliste; Zelia, n&eacute;e en 1954, travaille                            dans le secteur &eacute;nerg&eacute;tique: tous sont                            en deuxi&egrave;me ou en troisi&egrave;me ann&eacute;e                            de cours &agrave; la madrassa, et parall&egrave;lement                            &agrave; leur vie professionnelle, ils ont d&eacute;j&agrave;                            une activit&eacute; religieuse: Fayz enseigne l&#8217;islam                            aux 70 enfants de la madrassa de la mosqu&eacute;e de                            son quartier; Damir est l&#8217;adjoint de son imam,                            et le remplace quand il s&#8217;absente; Yasmina apprend                            le Coran &agrave; 18 enfants chez elle et &agrave; des                            adultes &agrave; la mosqu&eacute;e...&nbsp; Gulnaz,                            elle, a ouvert un atelier de mode islamique dans son                            village: lle fait d&eacute;couper par des jeunes filles                            de son village des costumes qu&#8217;elle a dessin&eacute;s                            en s&#8217;inspirant d&#8217;un magazine de mode islamique                            publi&eacute; en Turquie.</p>                         <p>De nombreuses mosqu&eacute;es abritent des cours informels,                            comme la mosqu&eacute;e Nouroulla, &agrave; Kazan, o&ugrave;                            Rachida Hanum, la m&egrave;re du mufti, donne des cours                            tous les matins &agrave; des femmes trop &acirc;g&eacute;es                            pour aller dans une madrassa ou &agrave; l&#8217;universit&eacute;                            -- la plupart ont atteint la soixantaine. Un jour par                            semaine elles vont &agrave; la mosqu&eacute;e &eacute;tudier                            avec Rachida Hanum les versets les plus importants du                            Coran en langue tatare et apprendre &agrave; faire leur                            pri&egrave;re. &Agrave; 77 ans, Rachida Hanum fait preuve                            d&#8217;une &eacute;nergie peu ordinaire, et elle est                            la m&eacute;moire de la r&eacute;sistance des musulmans                            &agrave; l&#8217;&eacute;poque de l&#8217;ath&eacute;isme                            triomphant, sous Staline: n&eacute;e en 1924, juste                            apr&egrave;s la mort de L&eacute;nine, dans une famille                            de 12 enfants, fille d&#8217;un paysan tr&egrave;s croyant,                            elle apprend &agrave; faire la pri&egrave;re &agrave;                            quatre ans, et le ramadan &agrave; huit ans. La r&eacute;pression                            bat alors son plein: son p&egrave;re est condamn&eacute;                            &agrave; dix ans de prison comme koulak (riche paysan),                            les livres en arabe sont br&ucirc;l&eacute;s, les minarets                            de la mosqu&eacute;e sont d&eacute;truits et la mosqu&eacute;e                            est transform&eacute;e en club...&nbsp; Mais Rachida                            avait appris l&#8217;arabe, et elle ne l&#8217;oubliera                            pas. &Agrave; 19 ans, elle &eacute;pouse un employ&eacute;                            de banque qui est &agrave; son tour condamn&eacute;                            &agrave; 16 ans de prison: lib&eacute;r&eacute; par                            amnistie apr&egrave;s la mort de Staline, en 1953, il                            meurt 2 mois apr&egrave;s: Rachida se remarie, et profitant                            de la relative lib&eacute;ralisation qui suit l&#8217;arriv&eacute;e                            au pouvoir de Kroutchev, elle commence &agrave; enseigner                            l&#8217;Arabe et les principes de base de l&#8217;Islam,                            en secret, chez elle et chez des particuliers: &#8220;J&#8217;utilisais                            de vieux livres qu&#8217;on avait cach&eacute;s dans                            le grenier; je n&#8217;&eacute;tais pas une professionnelle,                            mais je donnais ce que ma m&egrave;re m&#8217;avait                            transmis; j&#8217;enseignais les caract&egrave;res arabes                            sur une ardoise, et j&#8217;apprenais comment on doit                            prier&#8221;. Rokia, une de ses &eacute;l&egrave;ves                            &agrave; la mosqu&eacute;e Nouroulla, raconte: &#8220;Mes                            parents &eacute;taient croyants et ils priaient; mais                            ils ne m&#8217;ont pas appris la religion parce qu&#8217;ils                            avaient peur...&nbsp; Et j&#8217;&eacute;tais ignorante,                            je ne savais rien sur l&#8217;Islam. Il y a 26 ans,                            je travaillais &agrave; l&#8217;&eacute;poque dans une                            usine, et il y avait alors un bruit qui courait: il                            y avait une femme qui enseignait la religion. J&#8217;ai                            rencontr&eacute; Rachida Hanum par hasard dans la rue,                            et au cours de la conversation, elle m&#8217;a dit que                            c&#8217;&eacute;tait elle; je suis all&eacute;e une                            fois par semaine &agrave; ses cours: on apprenait &agrave;                            faire les pri&egrave;res, on apprenait &agrave; lire                            en Arabe, on apprenait le Coran: c&#8217;&eacute;tait                            dur, mais elle &eacute;tait un professeur tr&egrave;s                            patient&#8221;... </p>                         <p>Presque tous les Tatars qui ont retrouv&eacute; le                            chemin de l&#8217;Islam pratiquant font &agrave; peu                            pr&egrave;s le m&ecirc;me r&eacute;cit: leurs grands                            parents, leurs grands m&egrave;res surtout, n&#8217;avaient                            jamais cess&eacute; de croire et de prier. Et ils ne                            font que renouer avec une religion &agrave; laquelle                            ils n&#8217;ont jamais eux-m&ecirc;mes cess&eacute;                            de croire: &#8220;Moi, j&#8217;ai toujours cru en Dieu&#8221;,                            dit une femme qui enseigne dans une &eacute;cole tatare                            de Kazan, &#8220;certes, j&#8217;&eacute;tais une enfant                            du syst&egrave;me, je suis pass&eacute;e par le moule                            de l&#8217;&eacute;cole, je suis all&eacute;e aux komsomols                            (jeunesses communistes), mais je n&#8217;ai pas &eacute;t&eacute;                            membre du parti communiste; au village, il n&#8217;y                            avait que des femmes -- mon p&egrave;re et beaucoup                            d&#8217;autres ont &eacute;t&eacute; envoy&eacute;s                            en Sib&eacute;rie en revenant de la guerre -- et ma                            m&egrave;re, mes tantes, ma grand m&egrave;re faisaient                            leurs pri&egrave;res; et il y a toujours eu la flamme                            en moi: secr&egrave;tement, je croyais en Allah&#8221;.                            Mais ce n&#8217;est qu&#8217;en 1994 qu&#8217;elle a                            commenc&eacute; &agrave; prier, apr&egrave;s avoir lu                            un livre qui expliquait comment il fallait faire ses                            ablutions, et faire la pri&egrave;re.</p>                         <p>Beaucoup disent que l&#8217;Islam avait &eacute;t&eacute;                            pr&eacute;serv&eacute; dans les campagnes, mais selon                            Rafik Moukhametshin, directeur du Centre de recherches                            islamiques de Kazan, &#8220;il n&#8217;y avait plus,                            en 1989, dans tout le Tatarstan, que 18 communaut&eacute;s                            (&#8220;mahalla&#8221;) musulmanes &agrave; l&#8217;&eacute;chelle                            du district, qui pratiquaient une forme tr&egrave;s                            primitive de l&#8217;islam, sans moullas: on c&eacute;l&eacute;brait                            le mariage musulman (nikah) avec quelqu&#8217;un qui                            jouait le r&ocirc;le d&#8217;un moulla et disait une                            pri&egrave;re; et aussit&ocirc;t apr&egrave;s son d&eacute;part,                            on sortait les bouteilles de vodka. Et pour les enterrements                            dans le cimeti&egrave;re musulman, un ancien r&eacute;citait                            la pri&egrave;re des morts (la Fatiha)&#8221;.</p>                         <p>Curieusement, ces retrouvailles avec un Islam qui aurait                            toujours fait partie de l&#8217;h&eacute;ritage des                            Tatars se font en gommant certains aspects de la politique                            syst&eacute;matiquement anti-religieuse du r&eacute;gime                            sovi&eacute;tique -- une politique qui allait jusqu&#8217;&agrave;                            ouvrir des &#8220;mus&eacute;es de l&#8217;ath&eacute;isme&#8221;                            dans de nombreuses villes. La plupart des Tatars croyants                            d&#8217;aujourd&#8217;hui reconnaissent que les mosqu&eacute;es                            avaient &eacute;t&eacute; d&eacute;truites -- les minarets                            ras&eacute;s, et les salles de pri&egrave;re transform&eacute;es                            en garages ou en clubs -- mais ils ne se souviennent                            pas des cons&eacute;quences que pouvait avoir une pratique                            religieuse affich&eacute;e:&nbsp; sans doute parce qu&#8217;en                            admettant que passer pour un croyant entra&icirc;nait                            la perte du travail, ils seraient oblig&eacute;s de                            reconna&icirc;tre qu&#8217;ils n&#8217;avaient pas couru                            ce risque -- et donc que leur foi est toute nouvelle,                            qu&#8217;ils ont bel et bien &eacute;t&eacute; de purs                            ath&eacute;es comme les formait le syst&egrave;me.</p>                         <p>Quelques-uns -- ils ne sont pas nombreux -- admettent                            franchement qu&#8217;ils &eacute;taient membres du parti                            communiste. Rosa Tufitulova, d&eacute;put&eacute;e au                            parlement du Tatarstan, et pr&eacute;sidente de l&#8217;association                            des &#8220;T&ecirc;tes Blanches&#8221;, une association                            de d&eacute;fense des traditions et de la culture des                            femmes tatares, est l&#8217;une des rares &agrave; reconna&icirc;tre                            qu&#8217;on ne pouvait pas afficher sa foi impun&eacute;ment                            : &#8220;Oui, j&#8217;&eacute;tais communiste, dit-elle                            franchement, mais je croyais en Dieu, parce que ma grand                            m&egrave;re paternelle &eacute;tait tr&egrave;s croyante.                            Dans mon coeur, il n&#8217;y avait pas de conflit entre                            l&#8217;Islam et le communisme; c&#8217;est pas notre                            faute, c&#8217;est notre malheur, j&#8217;ai &eacute;t&eacute;                            ainsi &eacute;duqu&eacute;e: je croyais sinc&egrave;rement                            au communisme&#8221;. Et elle commence par affirmer                            qu&#8217;il n&#8217;y avait pas de cons&eacute;quence                            n&eacute;gative pour ceux qui pratiquaient leur religion.                            Puis, au cours de la conversation, elle raconte qu&#8217;en                            1978, r&eacute;dactrice en chef d&#8217;un magazine                            de jeunes, elle a fait partie d&#8217;une d&eacute;l&eacute;gation                            qui est all&eacute;e en Allemagne. Au cours de ce voyage,                            elle est entr&eacute;e dans une mosqu&eacute;e, &agrave;                            Br&ecirc;me, et a pri&eacute; en pr&eacute;sence du                            chef de la d&eacute;l&eacute;gation: sid&eacute;r&eacute;,                            celui-ci lui a dit qu&#8217;il ferait un rapport en                            rentrant &agrave; Kazan. &#8220;Mais c&#8217;&eacute;tait                            un brave homme, et finalement il n&#8217;a rien dit&#8221;,                            raconte Rosa Tufitulova; &#8220;heureusement, car s&#8217;il                            avait fait un rapport, j&#8217;aurais perdu mon travail,                            toute ma carri&egrave;re &eacute;tait termin&eacute;e&#8221;...</p>                         <p>Dans un village, &agrave; quelques dizaines de kilom&egrave;tres                            de Kazan, Rawil, militant du PC depuis son service militaire,                            a &eacute;t&eacute; secr&eacute;taire du parti dans                            son kolkhoze de 1987 &agrave; 1989. Aujourd&#8217;hui                            il suit les cours de la madrassa Mohammedia, et il remplace                            l&#8217;imam de son village quand celui-ci est absent.                            Il ne r&eacute;pond pas clairement &agrave; la question                            sur les sanctions contre la pratique religieuse &agrave;                            l&#8217;&eacute;poque sovi&eacute;tique, disant: &#8220;Apr&egrave;s                            la R&eacute;volution, les deux mosqu&eacute;es du village                            avaient &eacute;t&eacute; transform&eacute;es en garage                            et en club, et puis elles avaient &eacute;t&eacute;                            d&eacute;truites en 1932. A cause de &ccedil;a on avait                            peur de prier... C&#8217;&eacute;tait interdit de prier...                            On ne pouvait pas lutter contre l&#8217;Etat&#8221;.                            Quand on lui demande s&#8217;il croyait au communisme                            quand il a adh&eacute;r&eacute; au parti, il r&eacute;pond:                            &#8220;Oui, tout le monde y croyait&#8221;...&nbsp;                            Et d&#8217;ajouter avec candeur: &#8220;Quand il y a                            eu le socialisme, on a cru que ce serait mieux... Quand                            il y a eu la perestro&iuml;ka, on a cru que ce serait                            mieux... C&#8217;est l&#8217;Etat qui d&eacute;cide&#8221;...&nbsp;                            Et l&#8217;on peut se demander dans quelle mesure son                            adh&eacute;sion &agrave; l&#8217;Islam est profond&eacute;ment                            motiv&eacute;e -- ou si cet ancien apparatchik ne suit                            pas l&#8217;id&eacute;ologie aujourd&#8217;hui dominante,                            ou en tout cas porteuse... </p>                         <p>Pratiquer sa religion,&nbsp; aujourd&#8217;hui, &agrave;                            Kazan et dans les campagnes, c&#8217;est en effet s&#8217;int&eacute;grer                            &agrave; un courant qui m&ecirc;le la renaissance d&#8217;un                            certain nationalisme tatar et celle de l&#8217;Islam,                            et qui regroupe des gens plut&ocirc;t instruits, mais                            aussi des gens tr&egrave;s simples, en qu&ecirc;te de                            spiritualit&eacute;. Mais il ne faut pas croire que                            ce courant est majoritaire. Il se heurte &agrave; la                            profonde fragmentation de la soci&eacute;t&eacute; du                            Tatarstan et &agrave; la difficult&eacute; de d&eacute;finir                            une identit&eacute; tatare: selon les statistiques officielles,                            les 4 millions d&#8217;habitants du Tatarstan sont divis&eacute;s                            &agrave; parts &eacute;gales entre Russes et Tatars;                            et les 2 millions de Tatars sont eux-m&ecirc;mes tr&egrave;s                            &#8220;m&eacute;lang&eacute;s&#8221;: peu fr&eacute;quents                            autrefois dans les campagnes, les mariages &#8220;mixtes&#8221;,                            entre Russes et Tatars, &eacute;taient par contre courants                            dans les villes d&egrave;s les ann&eacute;es 1960-70.&nbsp;                            Aujourd&#8217;hui, ils sont fr&eacute;quents. &Agrave;                            l&#8217;&eacute;poque sovi&eacute;tique, le probl&egrave;me                            de la nationalit&eacute; et celui de la religion ne                            se posaient pas &agrave; l&#8221;homo sovieticus&#8221;.                            Aujourd&#8217;hui, les enfants de ces familles mixtes                            &#8220;restent au milieu&#8221;, comme le dit une femme                            qui enseigne dans une &eacute;cole tatare, &#8220;ils                            ne sont ni Russes, ni Tatars, ils n&#8217;ont pas de                            nationalit&eacute;&#8221;. Et s&#8217;ils vont &agrave;                            la mosqu&eacute;e, ils continuent de boire de la vodka...                            L&#8217;attitude d&#8217;une soci&eacute;t&eacute; marqu&eacute;e                            par des dizaines d&#8217;ann&eacute;es de propagande                            anti-religieuse contribue aussi &agrave; maintenir beaucoup                            de gens &agrave; l&#8217;&eacute;cart de la mosqu&eacute;e.                            Fayz, un homme d&#8217;une cinquantaine d&#8217;ann&eacute;es                            qui suit les cours de la madrassa Mohammedia, raconte                            que le plus dur, pour retrouver le chemin de l&#8217;islam,                            cela n&#8217;a pas &eacute;t&eacute; d&#8217;apprendre                            les caract&egrave;res arabes, ou de m&eacute;moriser                            les versets du Coran; &#8220;Non, le plus dur, pour                            moi, cela a &eacute;t&eacute; d&#8217;aller &agrave;                            la mosqu&eacute;e la premi&egrave;re fois: je me disais:                            &#8220;Qu&#8217;est-ce que les gens vont dire?&#8221;&nbsp;                            Je vis dans un district qui &eacute;tait totalement                            russe autrefois; il n&#8217;y avait pas de mosqu&eacute;e                            jusqu&#8217;&agrave; ce qu&#8217;on en construise une                            il y a six ans. Et qu&#8217;est-ce que les gens ont                            dit? &#8220;Alors, tu es devenu un moulla! Tu veux te                            s&eacute;parer de nous!&#8221;. C&#8217;&eacute;tait                            surtout les Tatars qui faisaient ces remarques&#8221;...                            Dans son village, Hassan, un v&eacute;t&eacute;rinaire,                            raconte que lorsqu&#8217;il est all&eacute; &agrave;                            la mosqu&eacute;e avec son fils Azat en 1995, les amis                            de son fils se sont moqu&eacute;s de lui, et lui ont                            dit: &#8220;Si tu vas &agrave; la mosqu&eacute;e, tu                            n&#8217;es plus des n&ocirc;tres&#8221;. Et Azat a l&acirc;ch&eacute;:                            &#8220;C&#8217;est plus int&eacute;ressant pour lui                            d&#8217;aller &agrave; la discoth&egrave;que&#8221;,                            conclut son p&egrave;re, r&eacute;sign&eacute;! En semaine,                            &agrave; la pri&egrave;re de midi, &agrave; la mosqu&eacute;e                            de ce village, il y a quatre fid&egrave;les en plus                            de l&#8217;imam. Le vendredi, il y aurait, selon Hassan,                            45 fid&egrave;les. Mais peu de jeunes. &Agrave; Kazan,                            &agrave; la pri&egrave;re du vendredi &agrave; la mosqu&eacute;e                            Marjani, qui sert de grande mosqu&eacute;e en attendant                            la fin de la construction de la nouvelle mosqu&eacute;e                            &#8220;Kol Cherif&#8221; au Kremlin, plusieurs centaines                            de fid&egrave;les suivent la pri&egrave;re dirig&eacute;e                            par le mufti. Et parmi eux un certain nombre de jeunes.                          </p>                         <p>Selon une enqu&ecirc;te faite l&#8217;ann&eacute;e                            derni&egrave;re aupr&egrave;s de 1.500 jeunes Tatars                            de moins de 30 ans, en ville et dans les campagnes du                            Tatarstan, 80 pour cent de ces jeunes d&eacute;clarent                            qu&#8217;ils se consid&egrave;rent comme &#8220;musulmans&#8221;.                            Mais seulement 5 pour cent seulement affirment &#8220;conna&icirc;tre                            et respecter la religion&#8221;. Et quand on demande                            aux 95 pour cent qui ne pratiquent pas pourquoi ils                            se d&eacute;clarent musulmans, ils r&eacute;pondent                            &#8220;parce que c&#8217;est la religion de nos anc&ecirc;tres&#8221;&#8221;.&nbsp;                            &#8220;Ils connaissent les r&egrave;gles de l&#8217;Islam,                            mais ils ne les respectent pas&#8221;, explique Rafik                            Moukhametshin, directeur du Centre de recherches islamiques                            de Kazan: &#8220;Ils disent: on le fera quand on sera                            vieux&#8221;! </p>                         <p>Malgr&eacute; ses faiblesses -- malgr&eacute; le fait                            qu&#8217;elle concerne surtout une majorit&eacute; de                            personnes relativement &acirc;g&eacute;es -- la renaissance                            de l&#8217;Islam au Tatarstan, au coeur de la Russie,                            a &eacute;t&eacute; jug&eacute;e suffisamment importante                            pour susciter&nbsp; l&#8217;attention des autorit&eacute;s                            qui ont multipli&eacute; les initiatives pour l&#8217;encadrer                            et la contr&ocirc;ler. Le pr&eacute;sident Chamiyev                            a mis en place une &#8220;Conseil des affaires religieuses&#8221;                            dirig&eacute; par Rinat Nabiev, un historien, et directement                            rattach&eacute; au conseil des ministres du Tatarstan,                            et un &#8220;Conseil des affaires religieuses musulmanes&#8221;                            dirig&eacute; par le mufti Gousman Ishakov, &eacute;lu                            par le congr&egrave;s des musulmans du Tatarstan. Les                            dirigeants du Tatarstan ne cessent d&#8217;afficher                            leur volont&eacute;&nbsp; de reconna&icirc;tre la renaissance                            des deux grandes religions du Tatarstan -- l&#8217;Orthodoxie                            et l&#8217;Islam -- et de les traiter sur un pied d&#8217;&eacute;galit&eacute;:                            &#8220;Nous avons un Etat la&iuml;c, mais l&#8217;Etat                            ne peut rester indiff&eacute;rent &agrave; la religion                            de ses citoyens&#8221;, d&eacute;clare une collaboratrice                            de Rinat Nabiev, &#8220;et c&#8217;est pour cela qu&#8217;&agrave;                            l&#8217;int&eacute;rieur des murs du Kremlin de Kazan,                            nous finan&ccedil;ons la restauration de la cath&eacute;drale                            et la reconstruction de la grande mosqu&eacute;e, avec                            des fonds provenant de la R&eacute;publique du Tatarstan                            et de sources priv&eacute;es&#8221;. &Agrave; plusieurs                            reprises, Rinat Nabiev soulignera la volont&eacute;                            du pr&eacute;sident Chamiyev de mener &#8220;une politique                            d&#8217;&eacute;quilibre&#8221; entre les deux religions,                            et le fait que &#8220;toutes les religions sont &eacute;gales                            devant la loi&#8221;.&nbsp; Affirmant que l&#8221;Islam                            tatar est un Islam tol&eacute;rant&#8221;, Rinat Nabiev                            pr&eacute;cise &#8220;qu&#8217;il n&#8217;y a pas de                            conflit actuellement&#8221; entre les fid&egrave;les                            des deux grandes religions, &#8220;bien que les relations                            n&#8217;aient pas toujours &eacute;t&eacute; simples&#8221;.                            C&#8217;est un euph&eacute;misme, en ce qui concerne                            l&#8217;histoire. Et aussi en ce qui concerne la p&eacute;riode                            contemporaine: le retour de l&#8217;Islam apr&egrave;s                            1990 a donn&eacute; lieu &agrave; l&#8217;&eacute;mergence                            de nombreux courants incontr&ocirc;l&eacute;s: en l&#8217;absence                            de cadres religieux autochtones, les musulmans tatars                            ont fait venir des moullas et des professeurs arabes                            et turcs qui ont import&eacute; avec eux les diverses                            tendances qui traversent le monde musulman: le Tabligh,                            les Noursi, les Qadiri et Naqshbandi, l&#8217;Ahmadia...                            et des courants plus extr&eacute;mistes, pr&ocirc;nant                            le Djihad... La diffusion par certaines madrassas, comme                            la madrassa &#8220;Youldouz&#8221;, et des mosqu&eacute;es                            comme la &#8220;mosqu&eacute;e bulgare&#8221;, d&#8217;un                            enseignement jug&eacute; &#8220;fondamentaliste&#8221;,                            et la capture en Tch&eacute;tch&eacute;nie de combattants                            pass&eacute;s par les madrassas de Kazan ont alarm&eacute;                            les autorit&eacute;s du Tatarstan qui ont r&eacute;agi                            en expulsant un certain nombre de religieux arabes et                            d&eacute;cid&eacute; de superviser de tr&egrave;s pr&egrave;s                            la formation des cadres religieux musulmans.</p>                         <p>&#8220;Nous souffrons d&#8217;un manque de personnel                            qualifi&eacute;... La solution du probl&egrave;me de                            l&#8217;enseignement religieux d&eacute;cidera du destin                            de l&#8217;Islam, pas seulement ici au Tatarstan, mais                            en Russie en g&eacute;n&eacute;ral&#8221;, affirme une                            collaboratrice de Rinat Nabiev, au &#8220;Conseil des                            affaires religieuses&#8221;.&nbsp; &#8220;La question                            des cadres est la plus douloureuse pour nous&#8221;,                            dit de son c&ocirc;t&eacute; le mufti Gousma Ishakov;                            &#8220;On ne peut pas r&eacute;tablir en 7 ans ce qui                            a &eacute;t&eacute; oubli&eacute; pendant 70 ans...                            70 pour cent de nos imams sont &acirc;g&eacute;s; nous                            travaillons pour remplacer ces vieux imams. Pour qu&#8217;il                            n&#8217;y ait pas de fanatisme, il faut un bon enseignement&#8221;.</p>                         <p>Parall&egrave;lement aux &#8220;madrassas&#8221;, centres                            d&#8217;enseignement religieux traditionnels qui doivent                            s&#8217;enregistrer aupr&egrave;s du mufti pour avoir                            le droit de poursuivre leurs activit&eacute;s, les autorit&eacute;s                            ont cr&eacute;&eacute; &agrave; Kazan en 1998 une &#8220;Universit&eacute;                            islamique de Russie&#8221;, dont la construction a &eacute;t&eacute;                            financ&eacute;e &agrave; la hauteur de 340.000 dollars                            par la Banque islamique, et pour 250.000 dollars par                            la R&eacute;publique du Tatarstan.&nbsp; Le but de cette                            universit&eacute;, affirme Souleiman Zaripov, son vice-recteur,                            est d&#8217;emp&ecirc;cher les jeunes Tatars et musulmans                            de Russie d&#8217;aller se former &agrave; l&#8217;&eacute;tranger                            en leur fournissant sur place un enseignement de qualit&eacute;.                            Et aussi de leur donner un enseignement moderne, en                            donnant, parall&egrave;lement aux cours de sciences                            religieuses, des cours de sciences humaines (histoire,                            sociologie, p&eacute;dagogie, psychologie, langues)                            qui ne sont pas dispens&eacute;s dans les madrassas                            traditionnelles. Cette universit&eacute;, qui accueille                            actuellement 140 &eacute;tudiants pour un cursus de                            quatre ans, doit breveter cette ann&eacute;e sa premi&egrave;re                            promotion de dipl&ocirc;m&eacute;s. Souleiman Zaripov                            ne cache pas que cette universit&eacute; qui doit former                            les nouveaux cadres musulmans de Russie souffre elle-m&ecirc;me                            d&#8217;un grave... manque de cadres: &#8220;Malheureusement,                            explique-t-il, la guerre en Tch&eacute;tch&egrave;nie                            a bris&eacute; beaucoup de nos r&ecirc;ve: l&#8217;Etat                            a commenc&eacute; &agrave; accuser les Arabes... A tort,                            ajoute-t-il, car les Arabes n&#8217;ont aucun lien avec                            cette guerre...Mais les gens disaient que la guerre                            en Tch&eacute;tch&egrave;nie &eacute;tait financ&eacute;e                            par les Arabes, et qu&#8217;il y avait des mercenaires                            arabes qui se battaient en Tch&eacute;tch&egrave;nie.                            C&#8217;est vrai, il y a des Arabes, mais 15 pour cent                            des combattants tch&eacute;tch&egrave;nes qui se battent                            contre les forces f&eacute;d&eacute;rales sont des ...                            Russes!&nbsp; Il y a aussi des mercenaires estoniens                            et des Ukrainiens. Mais qui est coupable?: les Musulmans.                            Et toute la campagne a &eacute;t&eacute; dirig&eacute;e                            contre les Arabes.&#8221;...&nbsp;&nbsp; Le r&eacute;sultat,                            c&#8217;est que trois professeurs arabes ont d&ucirc;                            repartir, et huit professeurs d&#8217;El Azhar (Egypte)                            et de Jordanie qui devaient venir enseigner &agrave;                            l&#8217;Universit&eacute; islamique de Kazan n&#8217;ont                            pas obtenu leurs visas...&nbsp; Sur les 20 professeurs                            qui enseignent aujourd&#8217;hui &agrave; l&#8217;universit&eacute;                            islamique, 8 sont attach&eacute;s &agrave; l&#8217;universit&eacute;;                            les 12 autres d&eacute;pendent d&#8217;autres institutions...                            Cette universit&eacute; dispense aussi un enseignement                            pr&eacute;paratoire de deux ans &agrave; des &eacute;tudiants                            qui ne savent pas l&#8217;Arabe, et qui, apr&egrave;s                            avoir obtenu un premier dipl&ocirc;me &agrave; la fin                            de ce cycle pr&eacute;paratoire, peuvent officier comme                            imams dans des mosqu&eacute;es de villages ou dans de                            petites mosqu&eacute;es en ville. Le syst&egrave;me                            semble parfaitement verrouill&eacute;. Permettra-t-il                            d&#8217;&eacute;viter l&#8217;apparition d&#8217;un                            courant radical?</p>                         <p>&#8220;Il n&#8217;y a pas de probl&egrave;me de fondamentalisme                            au Tatarstan&#8221;, conclut Raphael Khakimov, conseiller                            du pr&eacute;sident Chamiyev pour les affaires politiques,                            ajoutant: &#8220;Ici, nous produisons des avions, des                            h&eacute;licopt&egrave;res, du mat&eacute;riel &eacute;lectronique                            tr&egrave;s perfectionn&eacute;; nous avons des &eacute;coles                            et des instituts technologiques, alors que les pays                            arabes se bornent &agrave; extraire le p&eacute;trole;                            nous avons un h&eacute;ritage th&eacute;ologique tr&egrave;s                            riche; l&#8217;autorit&eacute; de nos th&eacute;ologiens                            est telle que la pens&eacute;e arabe nous semble tr&egrave;s                            primitive... Quel int&eacute;r&ecirc;t pourrions-nous                            avoir pour cette culture? Ici, on ne peut pas &ecirc;tre                            de simples musulmans, parce que si l&#8217;ouvrier qui                            va &agrave; l&#8217;usine prie 5 fois par jour, on perdra                            face &agrave; la concurrence... Notre leitmotiv, c&#8217;est                            d&#8217;&ecirc;tre plus proches de l&#8217;Europe.&nbsp;                            Nous n&#8217;avons pas peur de l&#8217;apparition du                            radicalisme musulman... mais nous le surveillons&#8221;.</p>                       </div>                       <p align="center">(Al Wasat, 25 march 2.002; Internazionale,                          3 mai 2.002, The Middle East magazine, June 2.002))</p>                       </div> </div>                   <p>&nbsp; </p>                   <div class=Section1>                     <p>&nbsp;</p>                     </div> </div>                 <p>&nbsp;</p>                 <p>&nbsp;</p>               </div>             </div>           </div>         </div>       </div>       <div class=Section1>         <div class=Section1>           <div class=Section1>             <div class=Section1>               <div class=Section1></div>             </div>             <p style='text-align:justify'>&nbsp;</p>           </div>           <p>&nbsp;</p>         </div>         <p>&nbsp;</p>         <p>&nbsp;</p>         <p>&nbsp;</p>         <p>&nbsp;</p>         <p align="center">postmaster@chris-kutschera.com </p>         <hr>         <p align="center">Droits de Reproduction strictement r&eacute;serv&eacute;s            &copy; Chris Kutschera 2002 </p>       </div>     </td>     <td width="96" valign="top" align="center">        <table width="100%" border="1">         <tr>            <th>ENGLISH</th>         </tr>       </table>       <p>&nbsp;</p>       <p>&nbsp;</p>       <p><a href="%20A/Africa-Asia%20summary.htm">AFRICA-ASIA</a></p>       <p><a href="%20A/Europe-summary.htm">EUROPE</a></p>       <p><a href="%20A/Kurdistan-summary.htm%20">KURDISTAN</a></p>       <p><a href="%20A/Middle-East%20summary.htm">MIDDLE-EAST</a></p>       <p>&nbsp;</p>       <p>&nbsp;</p>       <p>&nbsp;</p>       <p><img src="Photos/Russie/v05-20.jpg" width="88" height="132"></p>       <p>Gousman Iskhakov, Mufti de Kazan</p>       <p>&nbsp;</p>       <p><a href="Refugies%20afghans%20oublies.htm"><img src="Photos/Afghans-Iran/v98614-14.jpg" width="91" height="61" alt="Femme afghane avec ses enfants dans un camp de transit" border="0"></a></p>       <p>R&eacute;fugi&eacute;s afghans, Iran</p>       <p><a href="chasse%20a%20courre.htm"><img src="Photos/chasse%20a%20courre/v97737-08.jpg" width="91" height="61" alt="Sonneur de l'&eacute;quipage de Cheverny" border="0"></a></p>       <p>Chasse &agrave; courre, France</p>       <p>&nbsp;</p>       <p><a href="torture.Chili.htm"><img src="Photos/Chili/v97602-06.jpg" width="83" height="124" alt="Le g&eacute;n&eacute;ral Pinocher en uniforme blanc avec Videla" border="0"></a></p>       <p>Videla et Pinochet</p>     </td>   </tr> </table> <h2>&nbsp;</h2> <h2>&nbsp;</h2> </BODY> </HTML> 
