<html>  <head> <meta HTTP-EQUIV="Content-Type" CONTENT="text/html; charset=windows-1252"> <meta NAME="GENERATOR" CONTENT="Microsoft FrontPage 3.0"> <title>Islam et dmocratie. Edgar Weber</title> </head>  <body bgcolor="#C8C88B" link="#0080C0" vlink="#000000" alink="#000000">  <p ALIGN="left">&nbsp;</p> <font FACE="New York,Times New Roman" SIZE="6">  <table border="0" width="100%" cellspacing="0" cellpadding="0">   <tr>     </font><font face="New York,Times New Roman" size="3"><td width="12%"></font></td>     <td width="76%"><table border="0" width="100%" bgcolor="#FFFFFF" cellspacing="0"     cellpadding="3">       <tr>         <td width="80%" align="left"><font face="Verdana" size="1"><strong>Islam et dmocratie</strong><br>         Edgard Weber<br>         Professeur de Langue et Culture Arabes. Universit Toulouse-Le Mirail</font></td>       </tr>     </table>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><img     src="../../../iconos/portafers43-44.jpg" width="130" height="184"     alt="portafers43-44.jpg (23945 bytes)" align="right" hspace="20" vspace="10"></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify">&nbsp;</p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Les cultures,     hier comme aujourd&#146;hui, n&#146;accordent pas le mme statut  l&#146;individu dans     sa socit; elles n&#146;en font pas le mme <i>homo politicus</i> ni le mme <i>homo     socialis</i>. Pour illustrer notre propos nous exposerons le cas de la culture     arabo-musulmane qui rserve  l&#146;individu et  la socit un statut diffrent de     celui des cultures occidentales, profondment marques par le judo-christianisme.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">A en croire     le dictionnaire, la dmocratie est un rgime politique dans lequel le peuple exerce sa     souverainet lui-mme, soit directement soit par ses reprsentants vots par lui. Ce     rgime suppose un ensemble de citoyens ayant les mmes droits et les mmes devoirs. Les     lois qui gouvernent l&#146;tat dans lequel se reconnaissent les citoyens ne sont pas     considres comme &#147;rvles&#148;, mais sont proposes, votes et admises par     les reprsentants du peuple qui, alors, doivent les appliquer. Ce rappel extrmement     rsum montre dj combien une conception de l&#146;tat et de l&#146;individu est     diffrente en islam.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify">&nbsp;</p>     <p style="text-align: justify"><strong><font face="Verdana" size="1">L&#146;islam comme     systme religieux et culturel  la fois</font></strong></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">L&#146;islam,     en revanche, se dfinit  la fois comme un systme complexe et comme une pratique     individuelle et collective. Cette pratique s&#146;inscrit dans des structures culturelles     et civiques prcises et dtermines depuis des sicles. Le changement de ces     structures entrane immanquablement un changement de l&#146;islam lui-mme. Elles     peuvent tre dveloppes, consolides, appropries  un espace et un temps prcis.     Cette flexibilit assure alors, et  cette condition seulement,  l&#146;islam une     relle adaptabilit aux circonstances historiques conjoncturelles.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Notons     immdiatement que la lgislation en islam ne saurait tre comprise que si l&#146;on     tient compte de l&#146;importance capitale de l&#146;unicit divine qui commande toute la     rflexion religieuse et culturelle. Ce fut vrai dans le pass et le reste dans le     prsent. Cette unicit est inscrite au coeur d&#146;un message prophtique, runi dans     le Coran, dont Mahomet a t charg  La Mecque entre 612 et 622 et  Mdine entre     622 et 632, l&#146;anne de sa mort. Cette prdication runie dans le Coran, se veut     d&#146;inspiration divine; et le lgislateur, plus tard, soit  partir du VIIe sicle,     codifiera,  partir d&#146;elle, toute la vie sociale et intellectuelle du croyant. Cette     codification appele <i>shari&#146;a</i> est en ralit la seule ralit     traditionnelle qu&#146;un islam traditionnel reconnaisse. Les lois qui doivent rgir la     vie du citoyen sont, contrairement aux dmocraties modernes, l&#146;expression d&#146;une     volont divine inscrite dans le Coran. Si le Coran est muet sur telle ou telle solution      trouver, le lgislateur musulman puise dans l&#146;arsenal des <i>hadths</i>     prophtiques. Certaines coles juridiques permettent le recours  l&#146;opinion     personnelle (<i>ra&#146;y</i>), mais celle-ci ne peut jamais contredire une position     coranique.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Certains pays     arabes et musulmans modernes cherchent  revenir  cette tradition de la <i>shari&#146;a</i>,     d&#146;une part pour marquer la continuit entre le pass et le prsent et d&#146;autre     part pour nier ou du moins mettre entre parenthse l&#146;influence &#147;occidentale ou     occidentaliste&#148; qui s&#146;est impose dans le monde arabe (la <i>umma</i>) depuis     la fin de la Premire Guerre mondiale et notamment  la priode coloniale. En effet,     beaucoup de pays arabes ont adopt un code civil de compromis entre la <i>shari&#146;a</i>     musulmane, qui est le droit musulman traditionnel, et certains codes europens.     C&#146;est le cas de l&#146;gypte (1948), de la Syrie (1949), de l&#146;Irak (1951),     etc., qui s&#146;inspirent essentiellement du droit suisse pour rpondre aux exigences de     la vie moderne . Mais il faut bien reconnatre aujourd&#146;hui que ce compromis engendre     dans bien des cas des tensions et des crises que le renouveau islamique met  profit.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">La     communaut musulmane s&#146;est donc consolide autour du point central de la foi en     Allah, Dieu Unique, Crateur et Lgislateur, Rmunrateur et garant d&#146;un ordre     social et moral. Pour les codificateurs de la religion, cette foi, qui historiquement est     une variante du monothisme smite moyen-oriental, dont le judasme est une premire     forme depuis plus de trente sicles et le christianisme une autre relecture depuis vingt     sicles, est considre comme un appel  l&#146;humanit tout entire. Le message     coranique est peru comme n&#146;tant pas seulement adress aux Arabes de     l&#146;Arabie du VIIe sicle, mais  tous les hommes, qui doivent dsormais obir      la mme lgislation dont les principes sont noncs dans le Texte rvl      Mahomet.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Le Coran     stipule en effet : &#147;Votre communaut que voici est une, je suis votre Seigneur.     Rvrez-moi&#148; (Coran 23,54).</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Ainsi la <i>umma</i>     doit tre, dans ses fondations, dans ses principes, Unique et Une comme Allah est Unique     et <i>un</i>. Elle forme alors le <i>dr al-islam </i>(la maison de la paix), disons:     l&#146;espace de la paix entre musulmans, de ceux qui ont fait allgeance  Allah et qui     ne portent plus les armes contre eux-mmes. Ceci est l&#146;idal. Le reste du monde     forme le <i>dr al-harb</i> (la maison de la guerre), disons le territoire o     l&#146;islam doit tre annonc. Dans ce monde, non encore islamis, on distingue le <i>dr     al-sulh</i> (la maison de la rconciliation) qui dsigne le territoire des trves     signes avec les Gens du Livre,  savoir les Juifs, les Chrtiens et les Sabens ou     Zoroastriens.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Cette     catgorisation du monde, divis selon l&#146;appartenance religieuse, n&#146;est pas le     meilleur exemple d&#146;une galit absolue entre les hommes, telle que les Droits de     l&#146;Homme le stipulent. Si l&#146;on regarde d&#146;ailleurs certains traits de     jurisprudence, on voit que les juristes (<i>fuqaha&#146;</i>) se sont prononcs sur le     statut du croyant et de l&#146;incroyant. Ibn Taymiyya (m.1328), dont l&#146;importance     est capitale dans les mouvements islamistes actuels, crit  ce propos :     &#147;L&#146;galit de sang [dont nous venons de parler] existe entre un musulman de     condition libre et un autre musulman galement libre. Quant au &#147;protg     indigne&#148; (<i>dhimmi</i>), les jurisconsultes, pour la plupart, pensent qu&#146;on     ne saurait le considrer comme l&#146;gal d&#146;un musulman. De mme, le     &#147;protg tranger&#148; (<i>musta&#146;min</i>) qui vient d&#146;un pays     d&#146;infidles, en qualit d&#146;ambassadeur, de commerant, etc., n&#146;est pas     l&#146;gal du musulman par le sang, ainsi qu&#146;on l&#146;admet communment&#148; .</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Si l&#146;on     connat l&#146;importance d&#146;Ibn Taymiyya chez les thologiens et juristes     wahhabites et islamistes actuels d&#146;une manire gnrale, ce genre de dclaration     peut toujours tre invoqu, mme dans les temps modernes et devenir une source de     difficults entre musulmans et non-musulmans. Une dmocratie moderne ne peut absolument     pas signer une telle distinction si elle respecte l&#146;galit des droits et des     devoirs de chacun.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">On ne peut     comprendre rellement ce point de vue que si l&#146;on sort de sa propre vision     d&#146;occidental moderne. Car le Moyen ge tait sensiblement proche de la <i>Weltanschauung</i>     musulmane, lorsque chrtient et christianisme se confondaient en une mme ralit     socio-politique. Hussein Amine rsume bien la situation en crivant: &#147;C&#146;est     que l&#146;islam, dans sa forme originelle, ne distinguait pas entre autorit civile et     religieuse, entre loi civile et loi religieuse. La communaut des croyants,<i> umma</i>,     tait... politique et religieuse: le Prophte avait fond en mme temps une religion     et un tat nouveaux, qu&#146;il incombait  ses successeurs, les califes, de dfendre     et de consolider. L&#146;institution califale devait protger la <i>shari&#146;a</i>, qui     avait pour objet d&#146;organiser l&#146;ensemble de la vie humaine dans son double aspect     social et individuel. La relation entre la <i>umma</i> et l&#146;imam, c&#146;est--dire     son guide,... est donc indissolublement politique et religieuse, profondment diffrente     des relations politiques telles que nous les connaissons aujourd&#146;hui&#148;.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify">&nbsp;</p>     <p style="text-align: justify"><strong><font face="Verdana" size="1">Les membres de la <i>umma</font></strong></p>     </i><p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">La     fraternit musulmane dans le <i>dr al-islam</i> doit tre une ralit, non seulement     formelle, mais de principe qui a sa rpercussion dans la pratique sociale. Elle affirme     l&#146;galit des croyants devant le crateur. Mais cette galit, dans la foi, dans     les droits et devoirs en tant que croyant, ne s&#146;tend pas automatiquement aux hommes     et aux femmes ds lors qu&#146;il s&#146;agit du plan social prcis, comme cela se     vrifie dans le droit au divorce, la part de l&#146;hritage, la garde des enfants,     l&#146;indpendance individuelle, etc., bref le statut individuel. En Occident, ceci a,     en fait, t l&#146;expression d&#146;une lutte mene par une ou des socits     modernes qui voulaient rsolument imposer l&#146;galit entre hommes et femmes. La     lgislation de la <i>shari&#146;a</i> s&#146;enracine dans des temps bien antrieurs      la modernit et reflte, naturellement, une situation sociale o le statut de la femme     tait trs diffrent de celui des temps modernes. Il serait anachronique de vouloir     exiger de la <i>shari&#146;a</i> une vision de la femme ou de l&#146;individu telle que la     modernit l&#146;a faonne depuis deux sicles  peine. La <i>shari&#146;a</i>     remonte au VIIIe sicle et tmoigne d&#146;une conception sociale d&#146;il y a plus     d&#146;un millnaire. Cette lgislation peut paratre archaque sur certains points,     mais dans ce cas, ne compare-t-on pas ce qui n&#146;est pas comparable ?</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Les codes     civils modernes de l&#146;Europe ou de l&#146;Occident en gnral, adopts     d&#146;ailleurs par le plus grand nombre de pays du Tiers monde, ne se donnent pas comme     l&#146;expression d&#146;une volont divine. Ils refltent une socit civile qui,     elle, est matresse de ses lois et de ses adaptations. La <i>shari&#146;a</i> est moins     souple ds l&#146;instant qu&#146;elle est perue comme la volont de Dieu, mise en     application par des hommes croyant au Message divin.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Cependant,     cette Loi divine ne se rsume pas au statut de la femme que l&#146;Europe a mis des     sicles  faire voluer. Elle demande aussi le dveloppement et la fructification de     la terre, l&#146;panouissement de l&#146;esprit et du corps de chaque croyant.     L&#146;homme est essentiellement le vicaire d&#146;Allah sur terre. Une terre qu&#146;il     peut utiliser mais dont il ne doit jamais abuser. Contrairement  la lgislation     romaine, il n&#146;a pas le droit d&#146;en disposer  sa seule guise, selon son caprice     et sa bonne ou mauvaise volont. Il reste soumis  une volont qui le dpasse, la     volont de Dieu qui s&#146;impose  lui comme un bien. Mme si l&#146;homme ne     dcrypte pas du premier coup le bien que Dieu lui rserve.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify">&nbsp;</p>     <p style="text-align: justify"><strong><font face="Verdana" size="1">La question du     pouvoir</font></strong></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Dans ce     contexte, le concept de pouvoir et d&#146;autorit prend un sens trs diffrent de ceux     d&#146;un monde &#147;dmocratique&#148; qui se construit  partir d&#146;un consensus     individuel librement choisi.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Le terme de     pouvoir (<i>sultan</i>) en arabe ou gouvernement (<i>hukma</i>) implique     l&#146;autorit. Gouverner ne veut pas dire exercer un pouvoir absolu, mais suppose     l&#146;arbitrage d&#146;un droit juste cherchant l&#146;quilibre entre tous les sujets.     Le droit que chacun peut rclamer est celui que dlivre le Coran.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Dans la     tradition classique, le gouvernement ou, si l&#146;on veut encore, l&#146;exercice de     l&#146;autorit suprme, est toujours accompagn de l&#146;approbation des autorits     religieuses, capables de vrifier si les moyens mis en oeuvre pour exercer le pouvoir     sont en harmonie ou pas avec les lois coraniques.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Les     spcialiste du Coran, du <i>hadth</i> et de la lgislation (<i>fuqah&#146;</i> ou     oulma) peuvent contredire le prince et mme le faire tomber. Le prince devient     illgitime  partir du moment o sa direction gouvernementale ne correspond plus aux     principes de la shari&#146;a, lorsqu&#146;il s&#146;en loigne ou la met en danger. Le     droit musulman exige de son autorit politique et sociale (englobant aussi     l&#146;autorit religieuse et morale) qu&#146;il ne manque jamais de faiblesse pour     assurer les principes de la Loi rvle. Il doit se garder de tout excs et de toute     injustice. Le pouvoir est donc vritablement musulman lorsqu&#146;il maintient la justice     (<i>al-&#146;adl</i>) entre ses membres et quand il place au-dessus de tout le droit     annonc dans le Coran. Le devoir de toute autorit en islam est de promouvoir les vertus     du Coran. Al-Qayrawni, le clbre juriste malkite (mort  la fin du Xe sicle)     rsume cette doctrine en quelques phrases : &#147;C&#146;est une obligation     d&#146;institution divine  tous ceux qui exercent le pouvoir sur la terre et qui     dtiennent quelque autorit, d&#146;ordonner ce qui est recommand et de dfendre ce     qui est rprouv. Si on n&#146;est en mesure de le faire par les actes, on le fera par     la parole, si on ne peut le faire par la parole, on le fera par le coeur&#148; .</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Quand le     pouvoir s&#146;exerce dans ce sens, il maintient alors la cohrence du groupe et assure     l&#146;Unit si prcieuse de la communaut. Le danger suprme reste en effet la     division, aux yeux du lgislateur. Ibn Taymiyya met tellement ce point en avant     qu&#146;il crit mme : &#147;Le Sultan est l&#146;ombre de Dieu sur la terre et     soixante ans avec un imm injuste valent mieux qu&#146;une nuit sans sultan&#148; . Quand     la communaut se divise, l&#146;erreur (religieuse) peut se glisser partout et les     principes de la <i>shari&#146;a</i> peuvent clater en semence de sectes et de guerre.     Pour la tradition classique, gouverner, c&#146;est donc maintenir la socit dans un     quilibre qui lui assure le bien-tre.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">L&#146;exercice     du pouvoir selon Ibn Taymiyya est entirement dirig en fonction de la religion :     &#147;C&#146;est donc un devoir que de considrer l&#146;exercice du pouvoir comme une     des formes de la religion, comme un des actes par lesquels l&#146;homme se rapproche de     Dieu. Se rapprocher de Dieu, en l&#146;exerant, en obissant  Dieu et  son     Prophte, constitue l&#146;une des formes les plus leves du culte&#148;.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Pour     atteindre ce but, il est clair que les gouvernants doivent pralablement se faire le     champions de la foi authentique. C&#146;est pourquoi le gouvernant doit d&#146;abord et     avant tout tre un bon musulman, soucieux de prserver l&#146;orthodoxie et son     application. Le pouvoir et l&#146;argent sont fondamentalement les servants de la     religion: &#147;La loi implique donc de mettre le pouvoir et la fortune au service de     Dieu. Lorsque le but assign  la fortune et au pouvoir est de se rapprocher de Dieu, de     faire respecter sa religion, lorsque la fortune et le pouvoir sont uniquement utiliss     dans ce but, une parfaite prosprit rgne aussi bien dans le domaine spirituel que     temporel. Mais, lorsque le pouvoir se spare de la religion, ou lorsque la religion se     spare du pouvoir, le dsordre se met dans l&#146;tat&#148;.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">La     prosprit dpend de cette soumission de l&#146;tat  la religion. Ibn Taymiyya en     est grandement persuad : &#147;Les jurisconsultes ont souvent dvelopp cette ide :     quand les gouvernants s&#146;efforcent d&#146;amliorer la situation religieuse de leurs     sujets, gouvernants et gouverns ont, pour lot commun, une double prosprit,     spirituelle et matrielle ; quand ils n&#146;en font rien, le dsordre se met dans     l&#146;tat pour leur commun malheur&#148;.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Il est clair     qu&#146;Ibn Taymiyya n&#146;envisageait jamais une socit ou un tat o     l&#146;individu pourrait ne pas avoir de religion. La pense du jurisconsulte conoit un     monde dans lequel la foi est et demeure le pivot central de toutes les institutions. Les     socits modernes dplacent la religion  la priphrie, laissant l&#146;individu     libre de choisir telle ou telle religion.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Dans les     socits modernes qui mettent en avant la libert et surtout la sparation du     politique et du religieux, l&#146;imposition d&#146;une religion quivaudrait  une     injustice notoire. Dans aucun pays musulman, le prsident ou l&#146;autorit suprme ne     peut tre un <br>     non-musulman. Dans la logique de la <i>shari&#146;a</i>, cela se comprend, car le devoir     du prince est de favoriser la foi musulmane et elle seule. Dans les lgislation moderne,     il n&#146;est pas question pour un prsident de favoriser telle ou telle religion. Nous     sommes l dans deux logiques diffrentes. Vouloir les comparer quivaut souvent      comparer l&#146;incomparable.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify">&nbsp;</p>     <p style="text-align: justify"><strong><font face="Verdana" size="1">L&#146;galit     thorique des membres de la <i>umma</font></strong></p>     </i><p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Dans     l&#146;idal, la <i>umma</i> insiste sur l&#146;galit des croyants; elle     n&#146;abolit pas les classes sociales mais elle veille qu&#146;aucune classe sociale ne     s&#146;empare conomiquement ou politiquement d&#146;une autre classe. L encore, un     principe d&#146;galit est maintenu. Le pauvre a droit  la gnrosit du riche qui     est riche par la volont d&#146;Allah. Et le riche doit, au nom de la <i>zakt,</i> un     des piliers de l&#146;islam, subvenir au besoin du plus dmuni. Une vision religieuse     spcifique peut expliquer ce fait. Dans l&#146;islam traditionnel, l&#146;homme est riche     ou pauvre selon la volont de Dieu. Certes, l&#146;homme demeure responsable de son sort.     Il peut se ruiner par ngligence ou abus, mais il peut aussi changer de statut si Dieu le     veut. La <i>shari&#146;a</i> n&#146;ignore pas que le destin de l&#146;homme, dans son     ensemble, n&#146;chappe pas  la volont divine. On commettrait une erreur grave en     considrant cette attitude comme un prdterminisme aveugle. Il n&#146;y a pas de     fatalit, comme parfois la caricature le prsente, qui gouverne l&#146;homme; mais un     destin dans lequel se joue l&#146;harmonisation entre une volont divine et une volont     humaine. Ces deux volonts peuvent parfois s&#146;opposer mais aussi entrer en parfaite     coordination et ainsi aboutir  une unit productrice et positive. Le problme que     soulvent ces propos est que nous sommes dans deux imaginaires diffrents, celui de la <i>shari&#146;a</i>     et celui de la modernit. Chacun a sa logique, son expression, ses limites et ses     intuitions. On tombe dans la caricature lorsqu&#146;on juge l&#146;une des logiques      partir de l&#146;autre, sans tenir compte de son environnement et surtout de son     imaginaire lointain.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Quelle place     occupe donc le citoyen dans cette logique de la <i>shari&#146;a</i>?</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Redisons que     la <i>shari&#146;a</i> rend compte d&#146;un type de socit dans laquelle la notion de     citoyen est anachronique. Citoyen appartient  la socit occidentale, ne de la     Rvolution de 1789, tablissant une galit entre les hommes non pas au nom de Dieu     mais au nom de la dmocratie, c&#146;est--dire d&#146;un systme de gouvernement qui     n&#146;a rien  voir avec aucune rvlation divine.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Les lois sont     dsormais acceptes et faites par les hommes et non plus par Dieu. Le prince n&#146;est     plus le reprsentant d&#146;une volont divine ou d&#146;un ordre fond sur une     volont divine, il n&#146;est pas le &#147;vicaire&#148; de Dieu mais l&#146;expression     d&#146;un consensus librement choisi. Il n&#146;a pas  assurer une cohrence     religieuse, une morale fonde sur une rvlation, il doit assurer le respect des lois     acceptes par tous. La religion est une affaire prive et non plus publique, aucune     religion ne peut prendre le dessus sur une autre ou exiger la soumission  une autre.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify">&nbsp;</p>     <p style="text-align: justify"><strong><font face="Verdana" size="1">Le statut du citoyen</font></strong></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">La personne     humaine, dans son ensemble, reoit en fait une autre dfinition dans un Occident lac     et dans le monde musulman. Dans la <i>shari&#146;a</i>, la personne humaine est avant tout     une personne croyante et donc lie  un code trs prcis qui lui demande la soumission     (islam)  une autorit savante qui peut la guider dans ses droits et ses devoirs de     croyant. Elle suppose un Crateur absolu, capable de faire connatre sa pense et sa     volont par l&#146;intermdiaire du Prophte qui s&#146;adresse  l&#146;humanit.     Cette vision des choses est propre  un univers imaginaire trs prcis : le     monothisme moyen oriental. Elle n&#146;est pas l&#146;expression d&#146;un universalisme     de fait. Elle est appele  devenir universelle en ce sens que les croyants doivent     rpandre l&#146;islam jusqu&#146; ce que le monde entier devienne musulman. Mais au     dpart, il y a une communaut prcise, expression d&#146;une culture et d&#146;un     imaginaire prcis.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">En revanche,     dans une lgislation laque, la personne humaine est une entit libre, inalinable,     qui accepte la libert de l&#146;autre et forme avec lui un consensus de vie garanti par     des lois dont il reste le seul matre. Il ne s&#146;agit pas d&#146;une autorit qui     viendrait de l&#146;extrieur, mais d&#146;un accord librement consenti de     l&#146;intrieur. Mais cet ordre social ainsi fond a galement la vocation de     conqurir le monde, non pas au nom d&#146;un ordre divin, mais au nom de la libert     humaine, de l&#146;galit humaine et de la fraternit humaine. Dans cette charte du     citoyen qui se veut si peu divine, il y a de l&#146;universalit que revendique aussi la <i>shari&#146;a</i>.     On comprend mieux pourquoi deux systmes peuvent s&#146;opposer si farouchement ds     l&#146;instant o l&#146;un et l&#146;autre se donnent une vocation d&#146;universalit     et cherchent  conqurir le monde.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Au     commencement de la fondation de la <i>umma</i>, Mahomet faisait la diffrence entre les     Gens du Livre : les juifs et les chrtiens et les autres qui n&#146;avaient pas de Livres     rvls (mme si les juifs et les chrtiens avaient entre-temps falsifi leurs     Livres rvls). Ces autres sont en premier lieux les Arabes qui refusent son message,     puis les civilisations en dehors du Moyen-Orient (l&#146;Afrique et l&#146;Asie) qui ne     connaissent ni l&#146;islam ni le christianisme. Le lgislateur de la <i>shari&#146;a</i>     a gard cette distinction et inscrit nettement dans son systme cette diffrence. Pour     lui, le croyant reste au-dessus du non-croyant. Le musulman reste au-dessus des Gens du     Livre qui ont falsifi les Textes, et  plus forte raison au-dessus des poly-thistes,     ne parlons pas des athes qui sont pires que les polythistes!</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Le     lgislateur lac, ds l&#146;instant qu&#146;il rduit le religieux  une affaire     prive, ne tient pas compte de l&#146;engagement personnel en matire religieuse.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">La libert     du citoyen est ainsi, sur ce plan, totale. On ne demande mme pas au citoyen s&#146;il     est croyant ou incroyant. On lui demande d&#146;adhrer librement  la socit dans     laquelle il veut vivre. Le principe coranique selon lequel &#147;un esclave croyant est     meilleur qu&#146;un Associateur&#148; (2,220) n&#146;a aucun sens.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">La <i>shari&#146;a</i>     tablit une hirarchie entre les hommes dans le sens : musulmans, gens du Livre,     polythistes, athes, etcc. Le lgislateur laque supprime cette hirarchie au nom     d&#146;un galit sociale et culturelle.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Le discours     coranique est un discours situ dans un temps et un lieu prcis, et il faut ajouter,     dans un imaginaire prcis. Dans ce discours l&#146;homme est appel  faire, non pas un     choix de socit, au sens moderne, mais un choix de vie qui oriente sa destine vers un     au-del bien prcis. Dans cet imaginaire, dont on ne comprend la spcificit que si on     le replace dans l&#146;espace moyen-oriental et la tradition monothiste antrieure      l&#146;islam, l&#146;homme est faible devant Dieu (4,32), il ignore les desseins de Dieu     (20,109), il est ingrat envers Dieu (110,6; 36,35; 17,69; 10,61; etc.), il est sduit par     les richesses (10,13 : ; 3,12), il est versatile (70,19; 41,49; 31,31, ; etc.),     rfractaire  la vraie foi (17,91; 12,103; 40,61; etc.).</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">A ct de     toutes ces notations qui pourraient conduire un esprit moderne  conclure que cette     vision de l&#146;homme est quelque peu pessimiste, il existe tout un ensemble de versets     du Coran selon lesquels Dieu prend soin de la crature humaine dont la valeur est telle     que mme les Anges doivent se plier devant elle. Seul Iblis (le dmon) a refus de     s&#146;incliner devant Adam.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Dans     l&#146;imaginaire traditionnel, Adam et l&#146;homme en gnral a une trs haute valeur     en tant que Serviteur d&#146;Allah, objet des bienfaits du Crateur. C&#146;est Allah qui     pourvoit  sa nourriture,  son bonheur,  sa prosprit et  son destin. Rien ne se     fait en dehors d&#146;une volont divine. Dans une formulation (coranique) devenue     incomprhensible pour un moderne, mme les actes de l&#146;homme sont l&#146;expression     d&#146;une volont divine. Dieu sauve qui il veut et gare qui il veut. La mentalit     moderne pourrait comprendre dans cette <br>     formule antithtique une forme d&#146;injustice ou du moins une prdestination abusive.     La formulation qui droute le moderne veut simplement mettre en avant la grandeur     incommensurable du divin, d&#146;Allah en comparaison de la petitesse de l&#146;homme,     dont l&#146;origine est  chercher entre les mains de Dieu comme une poterie entre les     mains du potier.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify">&nbsp;</p>     <p style="text-align: justify"><strong><font face="Verdana" size="1">L&#146;homme et le     devoir de soumission</font></strong></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">L&#146;homme     de la lacit occidentale veut assumer son destin tout seul, tel Promthe qui, depuis     qu&#146;il a drob le feu aux dieux, ne leur demande plus rien. L&#146;homme dans     l&#146;islam doit tout  Dieu et le sens de sa vie est li  la volont bienfaitrice     de Dieu. L&#146;homme de la lacit assume son destin  la manire d&#146;un Sisyphe,     dans le recommencement ternel. Rien ne se fait donc sans la volont de l&#146;individu.     A la formule <i>in sh&#146;a Allah</i> (si Dieu veut) s&#146;oppose le principe : qui     veut peut ! Son origine est  chercher dans l&#146;extraordinaire volution de la     Nature, vieille de 15 milliards d&#146;annes et qui a engendr l&#146;homme moderne     (l&#146;<i>homo sapiens sapiens</i>) il y a  peine un million d&#146;annes.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Nous voyons     l, nous devinons l, combien l&#146;imaginaire du Coran et l&#146;imaginaire de la     lacit occidentale diffrent radicalement l&#146;un de l&#146;autre. Dans le premier,     l&#146;homme ne peut rien si Dieu n&#146;a pas voulu qu&#146;il accomplisse ceci ou     cela... dans le second, l&#146;homme seul est responsable de ses actes car il est le seul      les poser librement.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Il ne faut     pas penser que dans l&#146;islam l&#146;homme n&#146;est pas responsable. Il l&#146;est     entirement au jour du jugement et ce jour-l aucune intercession, aucune excuse ne sera     accepte. Mme si Dieu est l&#146;acteur suprme de tout l&#146;univers et de tout ce     qui s&#146;y passe, l&#146;homme est responsable de son refus d&#146;adhrer au vrai     message, il est responsable du bien et du mal qu&#146;il fait, mais d&#146;un bien et     d&#146;un mal mesurs  l&#146;aune de la prdication coranique.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Bref, en tant     que crature, l&#146;homme ne peut se passer du lien qui le relie au Crateur. Ce lien     se concrtise avant tout dans la profession de l&#146;Unicit divine, dans l&#146;acte     d&#146;adoration du Dieu Un et Unique, dans le respect de la volont divine comprise dans     le Coran et explicit par la <i>shari&#146;a</i>. L&#146;homme est libre dans un     environnement de foi librement accepte.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Un peu comme     l&#146;amoureux est libre dans la relation ou le lien qui le lie  l&#146;objet de son     amour.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Dans     l&#146;imaginaire laque, il n&#146;est pas question d&#146;une instance mtaphysique.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Dieu     n&#146;est pas ni, Dieu n&#146;est pas ignor. Il est simplement laiss  une     conviction personnelle et individuelle et soustrait au plan social et politique. Son     statut ontologique n&#146;est pas li  une religion particulire, sa libert     n&#146;est pas un tat de fait une fois pour toutes, mais une entreprise perfectible et     susceptible d&#146;tre continue en tous temps et en tous lieux.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Si le croyant     cherche  tablir des rapports harmonieux dans sa communaut au nom d&#146;une volont     divine, le laque cherche  tablir la meilleure cohrence sociale au nom de toutes     les volonts individuelles qui composent la socit.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify">&nbsp;</p>     <p style="text-align: justify"><strong><font face="Verdana" size="1">Conclusion</font></strong></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Que     pouvons-nous dire en conclusion de ce bref aperu ? Nous avons expos deux logiques,     esquiss deux imaginaires diffrents. Il n&#146;y aurait pas de mal, si les deux     imaginaires et les deux logiques restaient chacun dans sa cohrence interne. Le problme     ou plutt la ralit veut que ces deux systmes de pense et d&#146;agir soient     aujourd&#146;hui en contact permanent, grce aux systmes de communication modernes : la     tl, les paraboles, l&#146;lectronique, les banques de donnes etc.,  tel point     que les frontires gographiques n&#146;ont plus beaucoup de sens et d&#146;efficacit.     Ce contact engendre la confrontation, les revendications de toutes sortes, la peur de     perdre son authenticit, la crainte d&#146;tre domin par l&#146;autre,     l&#146;apprhension d&#146;tre dpass et d&#146;tre laiss pour compte, etc.     Toutes ces peurs engendrent des rflexes de repli sur soi, projettent parfois     l&#146;individu vers le pass considr comme paradis perdu, etc. L&#146;avenir fait     peur parce que des rapports de force sont tablis entre les donnes du prsent (la     modernit) et les reprsentations du pass (la tradition). Seule une rflexion     interculturelle peut faire prendre conscience de l&#146;enjeu des deux stratgies et la     prise de conscience chasse les dmons destructeurs. Il ne s&#146;agit pas pour nous     d&#146;affirmer une supriorit d&#146;un systme sur l&#146;autre. Il s&#146;agit     avant tout de comprendre le fonctionnement de l&#146;un et de l&#146;autre. Et de     comprendre comment l&#146;un ou l&#146;autre, l&#146;un et l&#146;autre, peut entrer le     mieux dans le sicle qui vient, peut entraner l&#146;homme tel qu&#146;il est et non     pas tel que l&#146;on voudrait qu&#146;il soit, vers une dimension plus universel-le afin     que les dmons du racisme, de l&#146;exclusion et de la guerre soient rduits  nant.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">Croyant en un     Dieu unique ou citoyen d&#146;une lacit librement btie, l&#146;homme du XXIe sicle     devra sans doute rpondre  des questions dont ni la lacit ni la foi ne possdent     la solution en soi. Ces questions sont celles du fanatisme religieux et politique, de la     violence sociale et culturelle, des maladies nouvelles, de la pauvret et de la famine      l&#146;chelle des continents, etc. Bref, plus que jamais l&#146;homme doit se souvenir     de Promthe sans peut-tre oublier qu&#146;il peut tre promis  un autre destin.</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY" style="text-align: justify">&nbsp;</p>     <p ALIGN="left" style="text-align: justify"><strong><font face="Verdana" size="1">Notes</font></strong></p>     <p ALIGN="left" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">1. Voir  ce     sujet Al-Katifi, A.H. &#147;Quelques aspects du modernisme juridique en Orient arabe&#148;     in Berques J. et Charnay J.-P. (1966) <i>Normes et valeurs dans l&#146;islam contemporain</i>.     Paris: Payot, p.302.</font></p>     <p ALIGN="left" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">2. Ibn Taymiyya     (1948) <i>Le trait de droit public. Beyrouth</i>, p.145 (traduction Laoust).</font></p>     <p ALIGN="left" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">3. Amin Hussein     (1992) <i>Le livre du musulman dsempar, pour entrer dans le troisime millnaire</i>.     Paris: La Dcouverte, pp.107-108.</font></p>     <p ALIGN="left" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">4. Al-Qayrawani     (1975) <i>Le risla, ou ptre sur les lments du dogme et de la loi de l&#146;Islam     selon le rite malkite</i>. Alger: Editions populaires de l&#146;Arme, p.303     (traduction Bercher).</font></p>     <p ALIGN="left" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">5. Ibn Taymiyya,     <i>op.cit, </i>p.173.</font></p>     <p ALIGN="left" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">6. Ibn Taymiyya,     <i>op.cit, </i>p.174.</font></p>     <p ALIGN="left" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">7. Ibn Taymiyya,     <i>op.cit, </i>p. 177</font></p>     <p ALIGN="left" style="text-align: justify"><font face="Verdana" size="1">8. Ibn Taymiyya,     <i>op.cit, </i>p. 136</font></p>     <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</p>     <p ALIGN="center"><strong><font face="Verdana" size="1">revista cidob d'afers     internacionals, 43-44, diciembre 1998-enero 1999</font><font color="#8C946B"     face="Verdana" size="1">&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;     &nbsp;&nbsp;&nbsp; </font><a href="43-44-fr.html"><font face="Verdana" size="1"     color="#6C7353">sumario afers 43-44</font></a></strong></td>     <td width="12%"></td>     <font FACE="New York,Times New Roman" SIZE="6">   </tr> </table> </font>  <p align="center"><img src="../../../iconos/peu.GIF" width="600" height="30" alt="peu.GIF (996 bytes)"></p> </body> </html> 
