<html> <head> <title>EPHE - L'aniconisme en Islam</title> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> </head> <body bgcolor="#ffffff"> <blockquote>    <p> <font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="#9E3626"><b>L'aniconisme      en Islam</b></font></p>   <blockquote>      <p><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><br>       Les quelques r&eacute;flexions pr&eacute;sent&eacute;es ici portent sur        l'absence de repr&eacute;sentations figur&eacute;es dans l'art islamique,        ph&eacute;nom&egrave;ne que nous appellerons aniconisme, de pr&eacute;f&eacute;rence        aux termes d'&quot;iconoclasme&quot; ou d&quot;'interdiction de l'image&quot;,        trop n&eacute;gatifs et agressifs, ne correspondant pas &agrave; l'intention        impliqu&eacute;e ici.<br>       Une observation m&ecirc;me rapide et superficielle des diverses formes de        l'art musulman, permet d'y trouver un cachet tout &agrave; fait sp&eacute;cifique,        et de rattacher sans h&eacute;sitations possibles des &eacute;l&eacute;ments        architecturaux marocains par exemple &agrave; d'autres situ&eacute;s en        Iran, en Inde, etc. Car malgr&eacute; d'ind&eacute;niables et naturelles        diff&eacute;rences r&eacute;gionales et des variations historiques, l'esprit        de l'lslam a imprim&eacute; &agrave; la vie artistique de la zone o&ugrave;        il s'est r&eacute;pandu une unit&eacute; tout &agrave; fait remarquable.        Il est hors de doute que l'absence de motifs d&eacute;coratifs et le recours        &agrave; des th&egrave;mes g&eacute;om&eacute;triques est l'un des facteurs        essentiels de cette homog&eacute;n&eacute;it&eacute;.<br>       Un autre trait caract&eacute;ristique de l'art musulman que l'on doit relever        ici, est son &eacute;tonnante pr&eacute;cocit&eacute;. Le proph&egrave;te        Muhammad meurt en 632 apr&egrave;s avoir gagn&eacute; l'ensemble de la p&eacute;ninsule        arabique &agrave; l'autorit&eacute; de la nouvelle religion et de son ordre        politique. En 633, les arm&eacute;es musulmanes commencent leurs incursions        en territoire byzantin et perse. Vingt ans plus tard, l'empire comprend        l'ensemble du Croissant Fertile, l'Egypte et l'lran. Au d&eacute;but du        Vlll&egrave;me si&egrave;cle, il s'&eacute;tend depuis l'Espagne jusqu'&agrave;        la plaine de l'lndus. Or ces Arabes nomades, ne poss&eacute;dant apparemment        qu'un patrimoine tr&egrave;s r&eacute;duit dans le domaine des arts et des        techniques, se mettent &agrave; faire construire des monuments qui d&egrave;s        le d&eacute;part apparaissent comme de v&eacute;ritables chefs-d'oeuvres        originaux: le D&ocirc;me du Rocher, &agrave; J&eacute;rusalem, est achev&eacute;        en 692, et la grande mosqu&eacute;e de Damas dite &quot;des Omeyyades&quot;,        l'est en 715. Ces deux constructions surgissent comme des manifestations        d'un art sp&eacute;cifiquement musulman d&eacute;j&agrave; parvenu &agrave;        un stade de maturit&eacute;, sans que l'on puisse vraiment d&eacute;celer        d'&eacute;tapes interm&eacute;diaires. Ses &eacute;l&eacute;ments d&eacute;coratifs        et proc&eacute;d&eacute;s techniques pris isol&eacute;ment sont bien s&ucirc;r        tous emprunt&eacute;s &agrave; l'art byzantin ou perse sassanide. Mais la        synth&egrave;se islamique est, elle, &eacute;vidente d&egrave;s le premier        regard. Dans la diachronie comme dans la synchronie, l'art islamique correspond        donc &agrave; l'apparition d'arch&eacute;types &eacute;trangement permanents.        C'est cette id&eacute;e de stabilit&eacute; arch&eacute;typale qui guidera        les quelques remarques qui vont suivre.<br>       Qu'en est-il en fait des prescriptions religieuses concernant la reproduction        de figures en Islam&nbsp;? Le Coran lui m&ecirc;me n'y fait pas allusion,        m&ecirc;me si les violentes diatribes qu'il contient contre la religion        arabe pa&iuml;enne impliquent bien entendu la destruction des idoles (<a href="#1">1</a>).        Ce sont en fait les dires et les instructions &eacute;dict&eacute;es par        le proph&egrave;te Muhammad, les hadiths, qui en ont fait &eacute;tat, et        ont suscit&eacute; la jurisprudence dans ce domaine. Le proph&egrave;te        a en effet d&eacute;conseill&eacute; l'utilisation de tout objet d&eacute;cor&eacute;        d'un quelconque motif figuratif. La tradition rapporte qu'il demanda &agrave;        l'une de ses femmes d'enlever une &eacute;toffe d&eacute;cor&eacute;e de        la </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2">pi&egrave;ce </font></font><font size="2">o&ugrave;        </font><font size="2">il s'appr&ecirc;tait &agrave; accomplir la pri&egrave;re,        afin de ne pas risquer d'&ecirc;tre distrait. Ailleurs, Muhammad affirme        que l'Ange de la R&eacute;v&eacute;lation refusait de s'approcher de sa        demeure si elle abritait une quelconque image. Enfin, il mena&ccedil;a les        artistes d'avoir &agrave; compara&icirc;tre devant Dieu au Jour du Jugement,        d'&ecirc;tre mis en demeure de donner vie &agrave; leurs oeuvres et, devant        leur incapacit&eacute; &agrave; le faire, d'&ecirc;tre confondus et pr&eacute;cipit&eacute;s        dans les tourments de l'enfer. Ces quelques traditions, et d'autres encore,        ont amen&eacute; les musulmans d&egrave;s les g&eacute;n&eacute;rations        les plus anciennes, &agrave; consid&eacute;rer la reproduction figurative        comme condamnable (<a href="#2">2</a>) et &agrave; pr&eacute;f&eacute;rer        les motifs stylis&eacute;s, du moins s'agissant d'art religieux.<br>       Cette attitude est d'ailleurs traduite par l'anecdote mettant en sc&egrave;ne        un artiste persan nouvellement converti &agrave; l'lslam. Peintre-sculpteur        d'idoles de son m&eacute;tier, il alla consulter Ibn'Abb&acirc;s (<a href="#3">3</a>)        sur son sort: ne poss&eacute;dant que ce seul savoir-faire pour vivre, mais        d&eacute;sireux de respecter les prescriptions de sa religion, que pouvait-il        faire d&eacute;sormais&nbsp;? Ibn 'Abb&acirc;s lui conseilla de continuer        &agrave; exercer son art, mais en pratiquant une rigoureuse stylisation        des formes: &quot;coupe la t&ecirc;te (aux personnes et animaux) et fais-les        ressembler &agrave; des fleurs&quot;. Historique ou non, ce r&eacute;cit        r&eacute;sume en tout cas clairement l'option fondamentale prise par l'art        musulman: refus de repr&eacute;senter le monde humain ou animal, stylisation        des motifs v&eacute;g&eacute;taux, pr&eacute;sents encore &agrave; l'&eacute;poque        omeyyade dans l'art religieux (<a href="#4">4</a>), puis faisant progressivement        place &agrave; une d&eacute;coration de plus en plus g&eacute;om&eacute;trique        (<a href="#5">5</a>).<br>       Cette position refl&egrave;te l'attitude spontan&eacute;e des musulmans        cherchant &agrave; prot&eacute;ger l'absolue transcendance divine de toute        trace d'anthropomorphisme ou de risque idol&acirc;trique. Elle ne r&eacute;sulte        pas, notons-le, d'une interdiction scripturaire ou politique explicite,        qui aurait &eacute;t&eacute; impos&eacute;e par force et r&eacute;pression.        Nulle Eglise ne s'est constitu&eacute;e en Islam, ni aucune autorit&eacute;        centrale statuant sur les questions d'ordre culturel et th&eacute;ologique.        Le pouvoir politique, responsable en principe de l'application de la loi        religieuse, n'est pas intervenu directement, &agrave; ce que l'historien        peut observer (<a href="#6">6</a>). Il est hors de doute que l'aniconisme        est en Islam le r&eacute;sultat d'un consensus de toute la communaut&eacute;,        au point que la question n'a jamais fait l'objet d'un d&eacute;bat digne        de ce nom, ni parmi les th&eacute;ologiens, ni parmi les artistes (<a href="#7">7</a>).        D&egrave;s lors, la fonction de l'image en terme d'lslam ne pourra pas &ecirc;tre        analys&eacute;e simplement en terme de &quot;refoulement&quot;; elle devra        &ecirc;tre situ&eacute;e dans une vision du monde et de l'art original,        proprement islamique.<br>       L'id&eacute;e que nous voudrions illustrer ici, &agrave; titre d'hypoth&egrave;se,        car les penseurs musulmans n'ont pas trait&eacute; de front cette question,        est que l'image n'a pas &eacute;t&eacute; rejet&eacute;e dans cet art parce        que futile, impie ou dangereuse mais au contraire, parce qu'elle renvoie        &agrave; une r&eacute;alit&eacute; trop sacrc&eacute;e pour &ecirc;tre mat&eacute;rialis&eacute;e.        C'est ce que sugg&egrave;re une comparaison entre le r&ocirc;le de l'image        mentale et de l'image visuelle au sein de la culture arabo-musulmane.<br>       L'image mentale est v&eacute;hicul&eacute;e par la langue arabe, et il est        impossible ici d'&eacute;viter de souligner la fonction axiale du discours        coranique. Le Coran regroupe l'ensemble des r&eacute;v&eacute;lations que        le proph&egrave;te Muhammad a re&ccedil;ues par fragments depuis l'ann&eacute;e        610 jusqu'&agrave; sa mort en 632. Ces quelques 6 232 versets regroup&eacute;s        en 114 chapitres (&quot;sourates&quot;), sont consid&eacute;r&eacute;es        par les croyants comme parole m&ecirc;me de Dieu, comme une sorte de dict&eacute;e        dont Muhammad n'a &eacute;t&eacute; qu'un transmetteur, sans intervenir        lui-m&ecirc;me en quoi que ce soit dans sa formulation. Aussi le texte coranique        est-il non seulement parole, mais pr&eacute;sence divine, et sa r&eacute;citation        est comparable &agrave; un rite sacramentel. Car m&ecirc;me si l'orant ne        comprend pas le sens des versets qu'il r&eacute;cite, ne poss&eacute;dant        pas le bagage culturel suffisant, il re-produit cependant le verbe divin,        s'en approprie la force et la vertu. De plus, la plupart des musulmans verront        dans le livre sacr&eacute; le r&eacute;cipient de la science divine transmise        aux hommes, comme un r&eacute;sum&eacute; de cette Sagesse qui anime l'univers.        Les sp&eacute;culations de type cabalistique ou divinatoire &agrave; partir        des lettres et des versets du Coran se sont multipli&eacute;es. Les &eacute;sot&eacute;ristes        y voyant un acc&egrave;s &agrave; une science divine secr&egrave;te, une        cl&eacute; du myst&egrave;re du monde, per&ccedil;urent bient&ocirc;t l'univers        entier comme un grand Coran d&eacute;ployant ses versets-signes (<a href="#8">8</a>)        devant les yeux humains.<br>       L'art musulman se d&eacute;veloppera donc naturellement autour de la manifestation        de ce verbe, principalement par le biais de la calligraphie. Depuis les        motifs &eacute;pigraphiques monumentaux jusqu'aux plus humbles affiches        autocollantes contemporaines, la calligraphie conna&icirc;tra une fortune        inouie. Sa complexit&eacute; (ramification en styles et &eacute;coles tr&egrave;s        diverses), son extension territoriale (jusqu'en Chine) n'ont d'&eacute;gal        que son extraordinaire popularit&eacute;. Chaque maison, en pays musulman,        d&eacute;core ses murs essentiellement &agrave; l'aide de versets coraniques        calligraphi&eacute;s, &agrave; l'instar d'ailleurs des b&acirc;timents publics        ou de beaucoup d'objets d'usage courant. Les images proprement dites ont        exist&eacute; en fait, depuis le Moyen Age jusqu'&agrave; nos jours, mais        leur importance reste tr&egrave;s marginale. Certaines cr&eacute;ations        suscitent un genre interm&eacute;diaire: un verset calligraphi&eacute; prendra        la forme d'un animal, d'un homme, d'un bateau, d'un b&acirc;timent, etc...        Mais cela reste fort &eacute;loign&eacute; d'un v&eacute;ritable dessin,        a fortiori d'une repr&eacute;sentation naturaliste.<br>       Cette pr&eacute;dominance de l'&eacute;crit et du verbal correspond ici        &agrave; un choix de civilisation tr&egrave;s net. Non seulement les techniques        de peinture, sculpture, mosa&iuml;que, etc... &eacute;taient &agrave; la        disposition des commanditaires musulmans d'oeuvres d'art, mais les th&egrave;mes        coraniques auraient tr&egrave;s bien pu se pr&ecirc;ter &agrave; des repr&eacute;sentations        figur&eacute;es. Le Coran relate par exemple de nombreux r&eacute;cits relatifs        &agrave; la vie et &agrave; l'action des proph&egrave;tes des temps anciens,        depuis la cr&eacute;ation d'Adam jusqu'aux miracles de J&eacute;sus en passant        par le d&eacute;luge au temps de No&eacute; ou la fuite des H&eacute;breux        hors d'Egypte sous la conduite de Mo&iuml;se. Ces th&egrave;mes n'ont pas        tent&eacute; les artistes musulmans, &agrave; l'exception de certains miniaturistes        persans, pas plus d'ailleurs que les r&eacute;cits aff&eacute;rents &agrave;        la vie de Muhammad lui m&ecirc;me ou de ses principaux disciples.<br>       Mais il y a plus: le langage m&ecirc;me du Coran est en fait tr&egrave;s        imag&eacute;. Il raconte comment Dieu cr&eacute;a Adam de ses deux mains        (<a href="#9">9</a>), s'assit sur son Tr&ocirc;ne (<a href="#10">10</a>),        ou parle des yeux de Dieu ou de son visage (<a href="#11">11</a>), etc...        Ses expressions anthropomorphiques pos&egrave;rent pr&eacute;cis&eacute;ment        un redoutable probl&egrave;me th&eacute;ologique. Fallait-il y voir de simples        all&eacute;gories, mais o&ugrave; s'arr&ecirc;terait alors une telle interpr&eacute;tation        du texte sacr&eacute;, et pourquoi Dieu aurait-il prof&eacute;r&eacute;        de pareils d&eacute;tours de langage&nbsp;? Fallait-il y comprendre des        r&eacute;alit&eacute;s, selon le sens litt&eacute;ral, mais au risque alors        de tomber dans un r&eacute;alisme anthropomorphique des plus grossiers&nbsp;?        La r&eacute;ponse apport&eacute;e par une majorit&eacute; de th&eacute;ologiens        &quot;orthodoxes&quot; (<a href="#12">12</a>) &agrave; cette question est        bien repr&eacute;sentative de leur attitude g&eacute;n&eacute;rale face        &agrave; la manifestation sensible du noum&eacute;nal; ces expressions,        &quot;mains&quot;, &quot;visage&quot; ou &quot;Tr&ocirc;ne&quot; de Dieu,        traduisent bel et bien une forme de r&eacute;alit&eacute;, mais celle-ci        n'est pas assimilable &agrave; une main ou &agrave; un Tr&ocirc;ne mat&eacute;riel,        terrestre. Son mode d'&ecirc;tre est impensable pour les hommes.<br>       Ce refus, chez les Musulmans, de repr&eacute;senter visuellement les donn&eacute;es        d&eacute;crites par le Coran est d'autant plus paradoxal que la vision m&ecirc;me        d'entit&eacute;s surnaturelles est admis par la tradition musulmane. Le        proph&egrave;te Muhammad a bien vu l'ange de la R&eacute;v&eacute;lation        (<a href="#13">13</a>), et innombrables sont les mystiques qui ont &eacute;galement        rencontr&eacute; des entit&eacute;s ang&eacute;liques et ont convers&eacute;        avec elles. Qui plus est, Muhammad a affirm&eacute; avoir contempl&eacute;        Dieu lui-m&ecirc;me, lors de son ascension c&eacute;leste, le mi'r&acirc;j,        au-del&agrave; du 7&egrave;me ciel (<a href="#14">14</a>). Il dit &eacute;galement,        &agrave; propos d'une vision re&ccedil;ue lors d'un r&ecirc;ve: &quot;J'ai        vu mon Seigneur sous la plus belle des formes. Il posa sa main au milieu        de ma poitrine, au point que je sentis la fra&icirc;cheur de ses doigts        entre mes seins&quot;. Lors d'une autre vision, &quot;son Seigneur&quot;        lui apparut sous la forme d'un jeune homme (<a href="#15">15</a>). Or ces        visions dont Muhammad a b&eacute;n&eacute;fici&eacute; de son vivant seraient        &eacute;galement le lot des bienheureux au Paradis, ainsi que le d&eacute;clare        le Coran: &quot;Ce jour-l&agrave;, des visages seront rayonnants, regardant        leur Seigneur&quot; (<a href="#16">16</a>)? De nombreux hadiths viennent        appuyer ces versets. Et c'est pr&eacute;cis&eacute;ment ce qu'une telle        vision a de profond&eacute;ment sacr&eacute; qui peut nous mettre sur la        piste de l'attitude des Musulmans face &agrave; l'art: qu'est-ce donc que        l'image pourrait profaner, et que le langage sert, simultan&eacute;ment,        &agrave; traduire et &agrave; voiler&nbsp;?<br>       Il nous faut ici introduire une dimension essentielle aux yeux des penseurs        musulmans, celle du '&acirc;lam al-mith&acirc;l, que Henri Corbin a propos&eacute;        de traduire par monde imaginal pour &eacute;viter de parler d&quot;'imaginaire&quot;        au sens contemporain du terme (<a href="#17">17</a>). Les spirituels musulmans        consid&egrave;rent globalement trois plans, trois dimensions dans la r&eacute;alit&eacute;        universelle, et humaine en particulier:<br>       - le monde des arch&eacute;types, pures id&eacute;es des ph&eacute;nom&egrave;nes        possibles tels qu'elles apparaissent dans l'&quot;esprit&quot; de Dieu,<br>       - le monde mat&eacute;riel dense, o&ugrave; chaque r&eacute;alit&eacute;        appara&icirc;t dans le temps et dans l'espace,<br>       - le monde imaginal, qui est la zone existentielle interm&eacute;diaire        entre les deux pr&eacute;c&eacute;dentes. En elle, les arch&eacute;types        se particularisent, prennent une forme, bien que subtile et non dense, et        p&eacute;n&egrave;trent dans un &quot;temps&quot; et un &quot;espace&quot;        &eacute;galement d'ordre imaginal.<br>       Chaque &ecirc;tre humain participe &agrave; la fois &agrave; ces trois dimensions.        La possibilit&eacute; pour lui de percevoir le monde imaginal et d'y agir        est d'une importance toute particuli&egrave;re, puisqu'elle lui permet d'acc&eacute;der        au plan divin des arch&eacute;types. D'o&ugrave; le r&ocirc;le des visions        notamment, &agrave; l'&eacute;tat de veille ou de sommeil, venant informer        le sujet sur les niveaux sup&eacute;rieurs de son &ecirc;tre et de son destin.        Tr&egrave;s nombreux sont les mystiques musulmans rapportant l'enseignement,        voire l'initiation que leur a conf&eacute;r&eacute; l'apparition &quot;imaginale&quot;        d'un ange, d'un proph&egrave;te, d'un im&acirc;m, d'un sage du temps pass&eacute;        ou d'un grand saint musulman. Sohravardi (<a href="#18">18</a>) relate combien        une apparition d'Aristote et un entretien avec lui l'a &eacute;clair&eacute;        sur sa voie. Ibn Arabi (<a href="#19">19</a>) affirme avoir compos&eacute;        plusieurs de ses ouvrages principaux sous l'inspiration du proph&egrave;te        Muhammad lui-m&ecirc;me. Nous ne pouvons, &agrave; ce sujet, que renvoyer        aux riches &eacute;tudes que Henri Corbin a consacr&eacute;es &agrave; cette        question pr&eacute;cise et &agrave; ses implications philosophiques et spirituelles        (<a href="#20">20</a>).<br>       D&egrave;s lors, ne peut-on pas supposer que l'image r&eacute;elle, c'est-&agrave;-dire        la forme imaginale, qui r&eacute;v&egrave;le &agrave; l'homme les myst&egrave;res        de son propre &ecirc;tre, assume une fonction tellement essentielle, sacr&eacute;e,        que l'artiste musulman h&eacute;site &agrave; la re-pr&eacute;senter&nbsp;?        Car vouloir projeter, dans un moule mat&eacute;riel, des formes qui se manifestent        d'abord dans l'&acirc;me du sujet, n'est ce pas risquer de d&eacute;naturer        leur mission m&ecirc;me, aplatir, voire adult&eacute;rer leur message, et        annuler en d&eacute;finitif leur raison d'&ecirc;tre profonde qui est, r&eacute;p&eacute;tons-le,        de r&eacute;v&eacute;ler &agrave; l'intimit&eacute; de chaque personne particuli&egrave;re        sa r&eacute;alit&eacute; perdurante, l'lc&ocirc;ne pr&eacute;&eacute;ternelle        dont son &ecirc;tre physique n'est qu'une projection transitoire&nbsp;?        Le r&ocirc;le de l'art ne serait point alors de se substituer &agrave; la        vision imaginale, qui demeure le principal lieu l&eacute;gitime de la perception        du sacr&eacute;, mais de pr&eacute;parer le mental humain &agrave; acqu&eacute;rir        la simplicit&eacute; et le d&eacute;pouillement n&eacute;cessaires &agrave;        une telle &eacute;piphanie. Ce d&eacute;pouillement aniconique prend une        forme nettement pythagoricienne; que ce soit dans l'architecture, la miniature,        les arts d&eacute;coratifs ou la calligraphie, les &eacute;l&eacute;ments        esth&eacute;tiques y ob&eacute;issent toujours &agrave; des r&egrave;gles        de proportion math&eacute;matiques d'une extr&ecirc;me rigueur et pr&eacute;cision.        Cette r&eacute;p&eacute;tition de motifs semblables (mais non identiques)        d&eacute;note une volont&eacute; de traduire des rythmes vitaux, une vibration        premi&egrave;re susceptible de mettre l'&acirc;me du croyant en r&eacute;sonance        avec les abstraites harmonies du monde arch&eacute;typal.<br>       Reprenant le th&egrave;me biblique fondateur (<a href="#21">21</a>), un        hadith affirme que &quot;Dieu cr&eacute;a Adam selon son image&quot;. Si        nous passons sur l'interpr&eacute;tation platement tautologique de certains        th&eacute;ologiens (Dieu cr&eacute;a Adam suivant son image, celle d'Adam),        cette tradition nous renvoie &agrave; ce myst&egrave;re de la &quot;forme        m&eacute;taphysique&quot; commune &agrave; l'homme et &agrave; son Cr&eacute;ateur.        C'est peut-&ecirc;tre ce myst&egrave;re essentiel que l'artiste musulman        a voulu prot&eacute;ger d'une interpr&eacute;tation figur&eacute;e forc&eacute;ment        r&eacute;ductrice, voire profanatrice. Ce n'est pas un hasard si la racine        arabe exprimant le sacr&eacute;, signifie simultan&eacute;ment le tabou        et l'interdit religieux et moral (<a href="#22">22</a>).<br>       Non que la tradition musulmane rejette compl&egrave;tement la validit&eacute;        m&ecirc;me de l'ic&ocirc;ne. Lorsqu'apr&egrave;s la reconqu&ecirc;te de        la Mecque en 630, Muhammad purifia le sanctuaire de la Kaaba en faisant        d&eacute;truire les idoles pa&iuml;ennes qui y &eacute;taient expos&eacute;es,        il fit &eacute;pargner une vierge &agrave; l'enfant qui s'y trouvait. <br>       Et le grand mystique Ibn Arabi justifie, pour les seuls chr&eacute;tiens,        l'usage des ic&ocirc;nes; la th&eacute;ophanie supr&ecirc;me, pour eux,        s'&eacute;tant produite sous une forme humaine (<a href="#23">23</a>). Simplement,        telle n'est pas l'attitude propos&eacute;e en Islam, o&ugrave; le contact        avec le sacr&eacute; &quot;prend forme&quot; dans le lieu le plus intime        de la conscience du croyant. Sans entrer dans d'abstraites consid&eacute;rations        th&eacute;ologiques ici, bornons-nous &agrave; mentionner l'impression tr&egrave;s        particuli&egrave;re qui surgit lors d'une visite prolong&eacute;e d'une        mosqu&eacute;e par exemple. Ses d&eacute;cors compos&eacute;s de calligraphies,        d'arabesques, de motifs g&eacute;om&eacute;triques, joints &agrave; l'absence        d'objets de culte ou d'images, au vide centr&eacute; de la cour comme de        la salle de pri&egrave;re, suscite un &eacute;tat de l&eacute;g&egrave;ret&eacute;        mentale tr&egrave;s sp&eacute;cifique (<a href="#24">24</a>). L'esprit n'est        ni distrait ou &quot;accroch&eacute;&quot; par une profusion de formes,        ni suppos&eacute; se concentrer sur un objet particulier. Le m&eacute;ditant        est invit&eacute; &agrave; une sorte de vigilance d&eacute;tendue, &agrave;        une disponibilit&eacute; &quot;f&eacute;minine&quot; de l'esprit, une attente        de l'apparition des images-germes venant l'&eacute;veiller &agrave; sa propre        &eacute;nergie int&eacute;rieure et lui enseigner le myst&egrave;re de sa        propre forme humaine, celle pr&eacute;cis&eacute;ment qu'il a &agrave; charge        d'actualiser dans ce monde.</font></font></p>     <p>&nbsp;</p>     <p><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><br>       <b>NOTES</b><br>       </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><a name="1"></a></font></font><font size="2"><b>1).</b>        Cf. par exemple, le passage du Coran XXI, 51 s. racontant comment Abraham        brisa les idoles qu'adorait son entourage.</font></font></p>     <p><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><br>       </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><a name="2"></a></font></font></font><font size="2"><b>2).</b>        Cette affirmation doit &ecirc;tre nuanc&eacute;e en fait. Il a bel et bien        exist&eacute; &agrave; l'&eacute;poque omeyyade (660 750), des peintures,        fresques, sculptures d'inspiration franchement naturaliste, suivant le mod&egrave;le        hell&eacute;nistique, et dont on trouve des t&eacute;moignages m&ecirc;me        &agrave; des &eacute;poques post&eacute;rieures. Mais d'une part ces repr&eacute;sentations        ne se trouvent qu'en des lieux compl&egrave;tement profanes (ch&acirc;teaux        de plaisance, bains), et n'ont rien d'islamique dans leur facture; d'autre        part, elles tendirent elles-m&ecirc;mes, au fil des temps, &agrave; une        stylisation de plus en plus nette, &agrave; une disparition des d&eacute;tails        r&eacute;alistes au profit de compositions g&eacute;om&eacute;triques d'ensemble.</font></font></p>     <p><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><br>       </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><a name="3"></a></font></font></font></font><font size="2"><b>3).</b>        Jeune cousin de Muhammad, Abd All&acirc;h Ibn 'Abb&acirc;s fut probablement        la plus grande figure intellectuelle et religieuse de la g&eacute;n&eacute;ration        ayant suivi imm&eacute;diatement la disparition du proph&egrave;te. Son        autorit&eacute; en mati&egrave;re de science du Coran et des divers savoirs        aff&eacute;rents fut telle, qu'une quantit&eacute; &eacute;norme de dires        apocryphes lui ont &eacute;t&eacute; attribu&eacute;s, qu'il est souvent        impossible de distinguer des paroles plus vraisemblablement authentiques.        Une autre version de la pr&eacute;sente anecdote donne d'ailleurs le calife        Omar ler, et non Ibn 'Abh&acirc;s, comme interlocuteur de l'artiste persan.</font></font></p>     <p><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><br>       </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><a name="4"></a></font></font></font></font><font size="2"><b>4).</b>        Ainsi par exemple sur des fa&ccedil;ades internes de la mosqu&egrave;e des        Omeyyades &agrave; Damas.</font></font></p>     <p><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><br>       </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><a name="5"></a></font></font></font></font><font size="2"><b>5).</b>        Ceci vaut bien s&ucirc;r avant tout pour l'art religieux, mais aussi, bien        que dans une mesure moindre, pour l'art strictement profane. Sans nier l'importance        des peintures murales d'&eacute;poque abbasside et post&eacute;rieures,        ou des miniatures persanes, post&eacute;rieures, pour les plus raffin&eacute;es        d'entre elles, aux invasions mongoles du Xlll&egrave;me si&egrave;cle et        &agrave; l'influence chinoise cons&eacute;cutive, on doit toutefois constater        qu'il s'agit de formes d'art assez secondaire dans l'ensemble de la production        islamique, eu &eacute;gard &agrave; la consid&eacute;ration dont elles sont        l'objet.</font></font></p>     <p><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><br>       </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><a name="6"></a></font></font></font></font></font><font size="2"><b>6).</b>        En gardant en m&eacute;moire toutefois que ce sont les princes qui furent        de loin les plus importants commanditaires d'oeuvres d'art, dans tous les        domaines, et qui impos&egrave;rent par cons&eacute;quent leurs go&ucirc;ts,        sans r&eacute;el contrepoids &agrave; leurs options.</font></font></p>     <p><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><br>       </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><a name="7"></a></font></font></font></font></font><font size="2"><b>7).</b>        Le monde musulman connut tout au cours de son histoire de tr&egrave;s vives        pol&eacute;miques d'ordre th&eacute;ologique notamment, mais la question        des images ne repr&eacute;sentera jamais un enjeu quelconque. Il n'y eut        pas, en terre d'lslam, l'inverse de la crise iconoclaste que connut le monde        byzantin au Vlll&egrave;me si&egrave;cle.</font></font></p>     <p><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><br>       </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><a name="8"></a></font></font></font></font></font><font size="2"><b>8).</b>        Le terme arabe d&eacute;signant les versets coraniques, &Acirc;y&acirc;t,        signifie &eacute;galement &quot;signe&quot; ou &quot;miracle&quot;.</font></font></p>     <p><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><br>       </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><a name="9"></a></font></font></font></font></font><font size="2"><b>9).</b>        Par exemple, Coran XXXVIII, 75: &quot;O Ibl&icirc;s (= Satan) qu'est-ce        qui t'emp&ecirc;che de te prosterner devant ce que mes deux mains ont cr&eacute;&eacute;&nbsp;?&quot;,        ou encore, XXVI, 71; ou XXIII, 88: &quot;Gloire &agrave; Celui qui a dans        sa main la royaut&eacute; de toute chose&quot;, et aussi: LXVII, 1.</font></font></p>     <p><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><br>       </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><a name="10"></a></font></font></font></font></font><font size="2"><b>10).</b>        Cf. Coran Vll, 54; X, 3; XIII, 2; XX, 5; XXV, 59; XXXII, 4; LVII, 4.</font></font></p>     <p><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><br>       </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><a name="11"></a></font></font></font></font></font><font size="2"><b>11).</b>        Sur le visage de Dieu, v. Coran II,115, 272; XIII, 22; XXX, 38 39; LV, 27;        LXXII, 9.</font></font></p>     <p><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><br>       </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><a name="12"></a></font></font></font></font></font><font size="2"><b>12).</b>        Il n'existe pas d'Eglise ou d'instance quelconque en Islam pour d&eacute;signer        comme &quot;h&eacute;r&eacute;tique&quot; telle ou telle tendance ou formation.        Tout au plus peut-on parler d'lslam &quot;majoritaire&quot;, c'est-&agrave;-dire        du sunnisme g&eacute;n&eacute;ralement de tendance ach'arite qui s'est impos&eacute;        au consensus de la majeure partie du monde musulman.</font></font></p>     <p><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><br>       </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><a name="13"></a></font></font></font></font></font></font><font size="2"><b>13).</b>        Notamment lors de la r&eacute;v&eacute;lation initiale, vers 610, dans la        grotte de Hira. Il s'agissait d'une vision lors d'un r&ecirc;ve; d'autres        apparitions ont eu lieu &agrave; l'&eacute;tat de veille, d'autres encore        sur un mode purement auditif. &quot;Tant&ocirc;t (la r&eacute;v&eacute;lation)        me vient comme le retentissement de la cloche, et c'est pour moi le plus        p&eacute;nible; tant&ocirc;t l'Ange prend une fomme humaine pour me parler        et je retiens ce qu'il dit&quot; (hadith).</font></font></p>     <p><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><br>       </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><a name="14"></a></font></font></font></font></font></font><font size="2"><b>14).</b>        Le hadith raconte comment le Poph&egrave;te, guid&eacute; par l'ange Gabriel,        a &eacute;t&eacute; emmen&eacute; une nuit jusqu'au sanctuaire de J&eacute;rusalem,        port&eacute; par une monture fabuleuse. De l&agrave;, il aurait accompli        une ascension au travers des sept cieux, d&eacute;passant les stations qu'y        occupaient les autres proph&egrave;tes. Il aurait enfin approch&eacute;        Dieu en &quot;face &agrave; face&quot;, dans une telle proximit&eacute;        que Cabriel n'aurait pu le suivre alors.</font></font></p>     <p><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><br>       </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><a name="1215"></a></font></font></font></font></font></font><font size="2"><b>15).</b>        &quot;J'ai vu mon Seigneur sous une forme de la plus grande beaut&eacute;,        comme un jouvenceau &agrave; l'abondante chevelure, si&eacute;geant sur        le Tr&ocirc;ne de la gr&acirc;ce; il &eacute;tait rev&ecirc;tu d'une robe        d'or; sur sa chevelure, une mitre en or; &agrave; ses pieds, des sandales        d'or&quot; (hadith, trad. H. Corbin dans L'imagination cr&eacute;atrice        dans le soufisme d'lbn Arabi, Flammarion, 1958, p. 209).</font></font></p>     <p><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><br>       </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><a name="16"></a></font></font></font></font></font></font><font size="2"><b>16).</b>        Coran LXXV, 23.</font></font></p>     <p><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><br>       </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><a name="17"></a></font></font></font></font></font></font><font size="2"><b>17).</b>        Pour les soufis en effet, les formes du '&acirc;lam al-mith&acirc;l sont        r&eacute;elles, vivantes et efficientes, et n'ont rien &agrave; voir avec        la &quot;fantaisie&quot; ou m&ecirc;me l'imagination symbolique au sens        courant.</font></font></p>     <p><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><br>       </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><a name="18"></a></font></font></font></font></font></font><font size="2"><b>18).</b>        Mystique et th&eacute;osophe iranien, ex&eacute;cut&eacute; &agrave; Alep        en 1191, Sobravardi est consid&eacute;r&eacute; comme le ma&icirc;tre incontest&eacute;        de la &quot;Sagesse illuminative&quot; (ishr&acirc;q). Sur le r&eacute;cit        de cette vision d'Aristote, cf 11. H.&nbsp;Corbin, L' Islam iranien, Gallimard,        1971, vol. II, p.&nbsp;62-5.</font></font></p>     <p><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><br>       </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><a name="19"></a></font></font></font></font></font></font><font size="2"><b>19).</b>        Ibn Arabi (m. &agrave; Damas en 1240) est sans conteste le plus grand doctrinaire        de toute l'histoire du soufisme, celui qui a le plus marqu&eacute; l'&eacute;volution        de la mystique musulmane tardive et contemporaine. Sur l'inspiration sacr&eacute;e        de ses oeuvres, v. Corbin, L'imagination cr&eacute;atrice.</font></font></p>     <p><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><br>       </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><a name="20"></a></font></font></font></font></font></font><font size="2"><b>20).</b>        Cf. en particulier L'imagination cr&eacute;atrice... et Corps spirituel        et terre c&eacute;leste, Buchet-Chastel, 1979.</font></font></p>     <p><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><br>       </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><a name="21"></a></font></font></font></font></font></font><font size="2"><b>21).</b>        Gen&egrave;se I, 26-27.</font></font></p>     <p><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><br>       </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><a name="22"></a></font></font></font></font></font></font><font size="2"><b>22).</b>        Racine HRM, d'o&ugrave; d&eacute;rivent par exemple har&acirc;m &quot;illicite,        interdit&quot; et &quot;sacr&eacute;, saint&quot;; ou &quot;haram lieu sacr&eacute;,        sanctuaire&quot;, &quot;tabou&quot;, &quot;gyn&eacute;c&eacute;e, harem&quot;.</font></font></p>     <p><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><br>       </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><a name="23"></a></font></font></font></font></font></font><font size="2"><b>23).</b>        Les Byzantins ont d&eacute;velopp&eacute; l'art de la peinture &agrave;        la perfection parce que pour eux, la nature singuli&egrave;re de notre Seigneur        J&eacute;sus, telle qu'elle est exprim&eacute;e dans son image, est le support        par excellence de la concentration sur l'Unit&eacute; divine&quot; (cit&eacute;        par Titus Burckhardt, L'art de l'lslam, Sindbad, 1985, p. 69).</font></font></p>     <p><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><br>       </font><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3" color="black"><font size="2"><a name="24"></a></font></font></font></font></font></font><font size="2"><b>24).</b>        &quot;L'aniconisme n'amoindrit pas cette qualit&eacute; (de contemplation        dans l'art), bien au contraire, car en excluant toute image qui invite l'homme        &agrave; fixer son esprit sur quelque chose en-dehors de lui-m&ecirc;me,        &agrave; projeter son &acirc;me en une forme &quot;individualisante&quot;,        il cr&eacute;e un vide&quot; (T. Burckhardt, op. cit., p. 67)<br>       </font></font></p>     <p>&nbsp;</p>     <p><font color="black" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><b>Pierre        Lory</b></font></p>     <p><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="black">Article        paru dans <i>Discours psychanalytique </i> 2, octobre 1989.</font></p>     <p>&nbsp;</p>     <table width="96%" border="0" height="60">       <tr>          <td width="203" bgcolor="#DDDDDD" height="16"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="black">&#169;            Copyright Discours psychanalytique et Pierre Lory. Tous droits r&eacute;serv&eacute;s.</font></td>         <td width="467" bgcolor="#DDDDDD" height="16">            <div align="center"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="black">              Avec l'aimable autorisation de l'auteur et du Discours psychanalytique.</font></div>         </td>       </tr>     </table>   </blockquote> </blockquote> </body> </html>  
