<html><head><title>La Maison de l'islam</title></head><body bgcolor="#ffffff" text="#000000"><link rel="stylesheet" type="text/css" href="themes/fast/style/style.css"><center><table border="0"><tr><td><table border="0" width="640" cellpadding="0" cellspacing="1" bgcolor=""><tr><td><table border="0" width="640" cellpadding="20" cellspacing="1" bgcolor="FFFFFF"><tr><td align="center"><img src="images/maison-islam.gif" border="0" alt=""><br><br><font class="pn-title">La paix est ce que nous souhaitons</font><br><font class="pn-sub">Date Mercredi, 19 mars @ 06:29:43<br>Sujet Questions classiques ou actuelles</font><br><br></td></tr><tr><td><font class="pn-normal"><b>Question (pose par mail) :</b><br /><br />Il y a beaucoup de musulmans qui disent que l'islam c'est la paix. Pourtant, mme si, comme vous l'crivez, le jihad n'est pas spcifiquement militaire, pourriez-vous nier que le Coran contient des versets qui parlent de combats ? Et auriez-vous oubli toutes ces rgions que les musulmans ont conquises  l'poque des califes et qui sont musulmanes aujourd'hui ? Je pense notamment  l'Irak,  la Syrie,  l'Egypte, au Maghreb,  l'Iran&#8230;<br /><br><b>Rponse :</b><br /><br />Tout d'abord il faut savoir que dans le Coran il y a deux types de versets qui sont lis  la question que vous posez :<br /><br /><b><u>Premirement) Deux types de versets prsents  ce sujet : </b></u><br /><br /><b>A) Les versets qui exhortent  la paix :</b><br /><br /><i>"Et s'ils inclinent vers la paix, incline toi aussi vers elle, et remets-toi  Dieu&#8230;"</i> (Coran 8/61) ; <i>"&#8230; jusqu' ce que la guerre dpose ses fardeaux"</i> (Coran 47/4). <br /><br /><b>B) Les versets qui parlent de cas de belligrance : </b><br /><br /><b><i>B1) La lgitime dfense :</b></i><br /><br /><i>"Permission (de se dfendre) a t donne  ceux qui sont combattus, parle fait qu'ils ont subi des injustices &#8211; et Dieu est capable de les aider &#8211;, ceux qui ont t expulss de chez eux sans raison si ce n'est qu'ils ont dit "Notre Seigneur est Dieu"</i> (Coran 22/39-40). <i>"Et combattez dans le chemin de Dieu ceux qui vous combattent. Et n'agressez pas, Dieu n'aime pas ceux qui agressent"</i> (Coran 2/190).<br /><br /><b><i>B2) La riposte suite  ce qui constitue une dclaration de guerre de la part d'un Etat :</b></i><br /><br />Il s'agit par exemple du fait que l'Etat d'en face rompt unilatralement le trait de paix qu'il avait conclu avec l'Etat musulman (ce fut le cas des Quraysh en l'an 8 de l'hgire), ou qu'il soit tabli qu'il prpare une attaque de l'Etat musulman (ce fut le cas des Banu-l-mustaliq en l'an 5 de l'hgire), ou autres cas reconnus comme constituant une authentique dclaration de guerre&#8230; <i>"Ne combattrez-vous pas un peuple qui a rompu son pacte ?"</i> (Coran 9/13). <i>"Et si tu crains vraiment une tratrise de la part d'un peuple, alors rsilie (le trait) de faon quitable. Dieu n'aime pas les tratres"</i> (Coran 8/58).<br /><br /><b><i>B3) Le droit d'ingrence suite  des massacres ou  une perscution sur la scne intrieure :</b></i><br /><br /><i>"Et qu'avez-vous  ne pas combattre dans la voie de Dieu et pour (aider) ceux qui sont considrs comme faibles &#8211; hommes, femmes et enfants &#8211;, qui disent "Seigneur, fais-nous pouvoir quitter cette cit dont les gens sont injustes"</i> (Coran 4/75). <i>"Et s'ils vous demandent l'aide pour la cause de la religion, vous devez la leur apporter, sauf si c'est contre un peuple avec qui vous tes lis par un pacte"</i> (Coran 8/72). <br /><br /><b><i>B4) Le cas cit dans les versets coraniques 9/29 et 2/191 :</b></i><br /><br />S'il est clair que les versets cits jusqu' prsent (cas B1, B2 et B3) circonscrivent l'tat de belligrance aux cas relevant d'une rponse  l'hostilit consquente d'un Etat, deux versets existent  propos desquels la question se pose de savoir  quelle situation ils se rfrent. Le premier de ces versets est le 9/29, qui dit de combattre <i>"ceux qui ne croient pas en Dieu et au jour dernier, qui ne considrent pas interdit ce que Dieu et Son messager ont dclar interdit et qui ne professent pas la vraie religion parmi ceux qui ont reu l'criture avant vous, jusqu' ce qu'ils donnent la jizya en ayant les moyens de le faire et en acceptant [le cadre du droit]"</i>. L'autre de ces versets dit : <i>"Et combattez-les jusqu' ce qu'il n'y ait plus de "fitna" et que le "dn" soit  Dieu"</i> (Coran 2/191 ; voir aussi Coran 8/39). La question qui se pose ici est : ces deux versets autoriseraient-ils l'tat de belligrance vis--vis de tout Etat non-musulman pour la seule raison qu'il est non-musulman ? ou bien ne se rfreraient-ils eux aussi qu' un cas d'hostilit vrifie de la part d'un Etat non-musulman ?<br />Selon les crits de Sad Ramadan al-Bt et de Wahba az-Zuhayl, deux avis ont t proposs ici&#8230; Le premier avis, relat de certains shfi'ites et de certains zhirites, dit que le fait qu'un pays ne soit pas musulman constitue  lui seul un facteur autorisant un pays musulman  entrer en tat de belligrance avec lui ; selon cet avis, le terme <i>"fitna"</i> employ dans le verset ci-dessus dsignerait le "non-islam" (<i>"kufr"</i>) (voir <i>Ahkm ul-qur'n</i>, tome 2 p. 400) (attention : mme cet avis ne parle que d'un Etat, pas des individus). Cependant, poursuivent Sad Ramadan al-Bt et Az-Zuhayl, le second avis est celui de la majorit des savants, selon qui le seul fait qu'un Etat ne soit pas musulman n'est pas un motif autorisant  lui dclarer la guerre et il faut qu'un Etat ait fait preuve d'hostilits consquentes (<i>i'tid'</i>) pour que l'tat de belligrance puisse lui tre dclar (voir <i>Al-jihd fil-islm</i>, Sad Ramadan al-Bt, pp. 94-107, <i>Athr ul-harb fil-fiqh il-islm</i>, Wahba az-Zuhayl). Pour ce qui est du verset 9/29, il ne peut pas tre pris de faon inconditionnelle (<i>mutlaq</i>, <i>zhir</i>), car le Prophte (sur lui la paix) a dit : <i>"Dlaissez les Abyssiniens tant qu'il vous dlaissent. Et dlaissez les Turcs tant qu'ils vous dlaissent"</i> (rapport par Ab Dod, n 4302, An-Nassa, n 3176). Or les Abyssiniens taient chrtiens (d'obdience monophysite) et les Turcs taient ou allaient devenir un peuple pour partie chrtien (d'obdience nestorienne), pour partie bouddhiste. Voyez : ce Hadth prouve  l'vidence que le verset 9/29 ne peut pas tre pris inconditionnellement  propos de tout peuple non-musulman (<i>yuhmal al-mutlaq 'ala-muqayyad</i>, voir <i>Awn ul-ma'bd</i>, commentaire de ce Hadth). Ds lors, dans l'autre verset, le 2/191, le terme "<i>fitna</i>" dsigne forcment autre chose que le "<i>kufr</i>" ; que dsigne-t-il donc et, partant, quelle circonstance est concerne par ces versets ? Sur ce point ce second avis se subdivise ensuite en deux avis diffrents ; nous les verrons plus bas (en "<i>Troisimement</i>", dans le point e). <br /><br /><br /><b><u>Deuximement) Comment concilier ces deux types de versets ?</b></u><br /><br />Il y a des savants qui considrent que les versets parlant des cas de guerre dessinent ce qui fait la rgle gnrale, et l'tat normal des relations internationales est donc l'antagonisme ; la paix, dont parlent les autres versets, fait exception par rapport  la rgle gnrale. Mais un certain nombre d'autres savants considrent que ce sont les versets exhortant  la paix qui tracent en fait ce qui fait la rgle, et que c'est la paix qui est donc l'tat normal des relations internationales ; quant aux cas de guerre voqus dans les autres versets, ils constituent un cas exceptionnel et temporaire par rapport  l'tat normal, qui est la paix. Ath-Thawr et Al-Awz' sont de cet avis (<i>Al-'alqt ad-duwaliyya fil-islm</i>, Wahba az-Zuhayl, p. 94). Voici donc, concernant l'tat normal des relations internationales, deux lectures totalement divergentes de plusieurs textes du Coran et de la Sunna&#8230;<br /><br /><br /><b><u>Troisimement) Ces deux lectures divergentes vont avoir, en aval, un effet consquent sur plusieurs conceptions : </b></u><br /><br /><b>Elles vont ainsi influer sur : </b><br /><br /><b>a) &#8230; la conception des relations  tablir avec un pays avec lequel on n'est ni en tat de belligrance ni li  un trait de paix : </b><br />&#8211; pour ceux qui sont d'avis que l'tat naturel des relations inter-tatiques est l'antagonisme, l'tat de belligrance peut tre dclar aprs en avoir inform un tel pays (<i>ba'da bulgh id-da'wa</i>), un pays avec lequel on n'est ni en tat de belligrance ni li  un trait de paix ;<br />&#8211; pour ceux qui sont d'avis que l'tat naturel des relations inter-tatiques est la paix, il importe de conclure un trait de paix avec un tel pays, lequel trait ne fera qu'entriner l'tat normal des choses (voir <i>Al-'alqt ad-duwaliyya fil-islm</i>, Ab Zahra, p. 79) ;<br /><br /><b>b) &#8230; la conception du trait de paix que l'on conclut avec un pays : ce trait sera-t-il permanent ou bien forcment temporaire ?</b><br />&#8211; pour ceux qui sont d'avis que l'tat naturel des relations inter-tatiques est l'antagonisme, le trait de paix est forcment temporaire (sa dure ne peut excder une priode de dix ans selon les shafi'ites, alors que pour les autres savants il n'y a pas de limitation  sa dure) (voir <i>Al-'alqt ad-duwaliyya fil-islm</i>, Wahba az-Zuhayl, pp. 147-148, pp. 181-182 ; <i>Al-fiqh al-islm wa adillatuh</i>, tome 8 p. 5876) ;<br />&#8211; pour ceux qui sont d'avis que l'tat naturel des relations inter-tatiques est la paix, le trait de paix peut tre permanent (<i>Al-'alqt ad-duwaliyya fil-islm</i>, Wahba az-Zuhayl, p. 139) ;<br /><br /><b>c) &#8230; la comprhension du cas autorisant de rsilier un trait de paix :</b><br />&#8211; pour certains de ceux qui sont d'avis que l'tat naturel des relations inter-tatiques est l'antagonisme, le trait de paix peut tre rsili suite  une nouvelle tournure des vnements (<i>mas'laha</i>), mais il faut au pralable informer clairement et quitablement le pays d'en face que le trait est rsili et que l'tat de belligrance est dsormais de vigueur (voir <i>Al-Hidya</i>, tome 2 p. 543) ;<br />&#8211; pour ceux qui sont d'avis que l'tat naturel des relations inter-tatiques est la paix (et galement pour certains de ceux qui sont d'avis que l'tat naturel des relations inter-tatiques est l'antagonisme), le trait de paix ne peut pas tre rsili pour une simple nouvelle tournure des vnements ; il faut, pour rsilier un trait de paix, qu'il y ait une vraie ncessit, base sur des preuves indniables, et que cela entre dans le cadre d'une cause reconnue comme valable pour dclarer l'tat de belligrance ; c'est bien ce que le verset coranique qui parle de la rsiliation du trait de paix dit : <i>"Et si tu crains vraiment une tratrise de la part d'un peuple, alors rsilie (le trait) de faon quitable"</i> (voir <i>Al-'alqt ad-duwaliyya fil-islm</i>, Ab Zahra, p. 85 ; <i>Al-'alqt ad-duwaliyya fil-islm</i>, Wahba az-Zuhayl, p. 186 ; <i>Al-fiqh al-islm wa adillatuh</i>, tome 8 pp. 5874-5875) ;<br /><br /><b>d) &#8230; la comprhension du cas o le droit d'ingrence est applicable (cas cit plus haut sous le n B3) :</b><br />&#8211; pour certains de ceux qui sont d'avis que l'tat naturel des relations inter-tatiques est l'antagonisme, le droit d'ingrence peut tre une cause de belligrance mme s'il s'agit d'un pays avec qui on est li par un trait de paix ; ce trait de paix sera alors rsili, et le pays sera inform clairement &#8211; et suffisamment de temps  l'avance &#8211; que, pour cause de crimes ou de perscutions contre des minorits, le droit d'ingrence est applicable, le trait de paix est rsili  partir de telle date et qu'ensuite l'tat de belligrance sera de vigueur ; <i>"... vous devez la leur apporter, sauf si c'est contre un peuple avec qui vous tes lis par un pacte"</i> (Coran 8/72) : l'exception signifie que dans ce cas il s'agit au pralable de rsilier le pacte (voir <i>Ahkm ul-qur'n</i>, tome 2 p. 439) ;<br />&#8211; pour d'autres, parmi ceux qui sont d'avis que l'tat naturel des relations inter-tatiques est la paix (et aussi pour certains de ceux qui sont d'avis que l'tat naturel des relations inter-tatiques est l'antagonisme), les abus dont il est prouv qu'un pays se rend coupable sur certaines de ses minorits sont une cause rendant possible le droit d'ingrence s'il s'agit d'un pays avec qui on n'est pas li par un trait de paix, mais non pas s'il s'agit d'un pays avec qui on est li par un trait de paix ; dans ce dernier cas, de tels abus ne constituent pas une cause autorisant la rsiliation du trait de paix ; <i>"... vous devez la leur apporter, sauf si c'est contre un peuple avec qui vous tes lis par un pacte"</i> (Coran 8/72) : l'exception est absolue (<i>mutlaq</i>) (voir <i>Islm aur jadd ma'sh mass'l</i>, p. 70) ;<br /><br /><b>e) &#8230; la comprhension des versets et du hadth cits plus haut en B4 :</b><br />&#8211; pour certains de ceux qui sont d'avis que l'tat naturel des relations inter-tatiques est l'antagonisme, ces versets concernent le cas o un pays a une puissance qui en fait une menace (voir <i>Islm aur jiddat passand</i>, Muft Taq Uthmn, pp. 105-107). Selon cette interprtation, le terme "fitna" employ dans le verset 2/191 signifie "puissance perue comme hostile", "<i>ghalabat ul-kufr</i>" (<i>Islm aur jiddat passand</i>, p. 104), comme c'est ce que ce terme signifie lorsqu'employ dans le verset 8/73 (voir <i>Ahkm ul-qur'n</i>, tome 2 p. 441). Toujours selon cette interprtation, le Hadth disant de dlaisser les Abyssiniens et les Turcs est d au fait qu'il s'agissait de deux peuples ne relevant pas de ce cas (voir <i>Hujjatullh il-bligha</i>, tome 1 pp. 343-344) ;<br />&#8211; cependant, pour ceux qui sont d'avis que l'tat naturel des relations inter-tatiques est la paix, ces versets parlent des pays qui n'accordent pas  leurs populations la libert de se convertir  l'islam et d'en pratiquer les principes (<i>Al-ussus ash-shar'iyya lil-'alqt bayn al-muslimn wa ghayr il-muslimn</i>, Faysal al-Mawlaw, pp. 71-72, p. 25, p. 84). Le terme "<i>fitna</i>" employ dans le verset 2/191 veut donc dire "<i>perscution</i>" (voir <i>Ahkm ul-qur'n</i>, tome 2 p. 400), et c'est d'ailleurs l'interprtation qu'Ibn Omar en a donne (rapport par Al-Bukhr, n 4373) ; quant au passage coranique <i>"jusqu' ce que le dn soit  Dieu"</i>, il signifie : <i>"jusqu' ce que soit tabli, pour toute personne qui le dsire, le droit de choisir l'islam sincrement pour Dieu"</i> (<i>Al-ussus ash-shar'iyya</i>, p. 72). Faysal al-Mawlaw crit que si un pays offre la libert de croyance et de pratique par rapport  l'islam, alors l'objectif vis par cette cause lgitimant le recours  la belligrance tant dj obtenu, la belligrance n'a pas de raison d'tre pour cette cause-l [la cause B4] (<i>Ibid.</i>, p. 84). <br /><br /><b>Concernant la conqute,  l'poque des califes, des espaces aujourd'hui majoritairement musulmans :</b><br /><br />Faysal al-Mawlaw crit que si les musulmans ont conquis une partie de l'empire Byzantin et l'empire Perse, c'est bien parce qu'il s'agissait d'offrir aux populations de ces empires la libert de se convertir  l'islam, une libert qu'elles ne possdaient pas ; comment l'auraient-elles possde alors que mme les chrtiens n'adhrant pas  la doctrine officielle de l'empire Byzantin y taient opprims, et alors que chez les Perses les minorits religieuses taient oppresses (<i>Al-ussus ash-shar'iyya</i>, pp. 92-98) ; on connat  ce sujet le tmoignage de Michel le Syrien : <i>"Le Dieu des vengeances (...) voyant la mchancet des Romains qui, partout o ils dominaient, pillaient cruellement nos glises et nos monastres et nous condamnaient sans pitit, amena du Sud les fils d'Ismal pour nous dlivrer d'eux (...). Ce ne fut pas un lger avantage, pour nous, d'tre dlivrs de la cruaut des Romains, de leur mchancet et de leur colre, de leur cruelle jalousie et de nous trouver en repos"</i> (cit dans <i>Promesses de l'Islam</i>, Seuil, 1981, p. 37). <br /><br />De plus, toujours selon Al-Mawlaw et aussi selon Wahba az-Zuhayl, une autre cause [la cause B2] s'tait trouve prsente  propos de ces deux empires, dans la mesure o l'ambassadeur du Prophte avait t tu par les allis des Byzantins, ce qui avait provoqu le combat de Mta, o des forces byzantines avaient guerroy contre les forces musulmanes ; et, par rapport aux Perses, dans la mesure o l'empereur perse avait fait envoyer deux  personnes saisir le Prophte  Mdine (<i>Al-ussus ash-shar'iyya</i>, pp. 94-95 ; <i>Al-'alqt ad-duwaliyya fil-islm</i>, Wahba az-Zuhayl, p. 100). <br /><br />Voil pour les causes ayant conduit au passage de ces rgions sous administration musulmane. Maintenant, pour ce qui est de la conversion de la majorit de leurs populations  l'islam, c'est une seconde chose, totalement distincte de la premire. Voyez plutt&#8230; Jean et Andr Sellier crivent : <i>"A l'poque o la puissance abbasside s'croule, la majorit de la population du Croissant fertile et de l'Egypte a adopt la langue arabe. En dehors de la pninsule arabique, l'islam demeure en revanche minoritaire, sauf sans doute en Irak (o subsiste une forte proportion de nestoriens). En haute Msopotamie et en Syrie [passes sous administration musulmane au VIIme sicle], la population restera en grande partie chrtienne jusqu'au XIIIme sicle. En Egypte [galement passe sous administration musulmane au VIIme sicle], l'islam ne deviendra majoritaire qu'au XIme sicle. Pas plus que les Omeyyades, les Abbassides n'ont men une politique de conversions"</i> (<i>Atlas des peuples d'Orient</i>, p. 52). Voyez : c'est au bout de respectivement quatre et six sicles que l'islam est devenu majoritaire en Egypte, en Msopotamie et en Syrie ! <br /><br />Nous avons vu les causes et les effets. Concernant maintenant le fait mme que ces rgions soient passes sous administration musulmane, je suis dsol, mais il ne faudrait pas oublier que d'autres pays ont eux aussi fait passer sous leur administration des rgions entires, et pour des causes bien diffrentes de celles que nous avons vues ici. Vous me parlez de l'poque des califes, du VIIme sicle, je pourrais vous parler du XIXme sicle, mais, allez, je me contenterai du XVIIme sicle. Voici ce que dit l'ouvrage <i>Histoire de la France</i> : <i>"Comme beaucoup de souverains de l'poque, Louis XIV voit dans la guerre l'activit ordinaire d'un grand roi. Il cherche  agrandir le royaume sans jamais tre prisonnier d'une quelconque thorie des frontires naturelles. Il pense principalement tirer profit de l'affaiblissement des Habsbourg. (&#8230;) Colbert, impressionn par la puissance marchande des Hollandais, pousse le roi  rompre l'alliance avec les Provinces-Unies [= Hollande] et  tenter un moment d'annexer ce pays. De 1661  1684, le roi engage deux guerres, multiplie les actes de grandeur et d'intimidation et exerce sur l'Europe une prpondrance qui se heurte cependant  de vives rsistances. Ce sont les belles annes de gloire militaire et diplomatique de Louis le Grand (titre dcern au roi en 1679). (&#8230;) Les Franais s'emparent de la Franche-Comt (printemps 1674). (&#8230;) On ngocie au trait de Nimgue (aot 1678-fvrier 1679). Les Provinces-Unies sauvegardent intgralement leur territoire. C'est le pays le plus faible, l'Espagne, qui fait les frais de la guerre. La France reoit la Franche-Comt et une srie de villes du Nord : Valenciennes, Maubeuge, Saint-Omer, Cassel. Dans les annes qui suivent, Louis XIV exploite l'imprcision des traits pour annexer les domaines environnant les nouvelles possessions. Ainsi, Strasbourg est occup en septembre 1681. Ces "runions"  la couronne de France inquitent les Etats europens. L'Espagne entre en guerre en 1683 et en 1684. La riposte franaise est brutale : prise de Luxembourg, bombardement de Gnes, allie de l'Espagne. Pour empcher une nouvelle guerre europenne, les princes allemands offrent leur mdiation. La trve de Ratisbonne (15 aot 1684) laisse  la France ses dernires annexions. Louis XIV atteint alors le sommet de sa puissance"</i> (<i>Histoire de la France</i>, Daniel Rivire, Hachette, 1995, pp. 174-176).<br /><br /><br /><b><u>Quatrimement) Lequel des deux avis que nous avons vus est juste ?</b></u><br /><br />Des savants tels que Wahba az-Zuhayl, Ab Zahra, Faysal al-Mawlaw, Sad Ramadan al-Bt ont crit que l'avis qui est juste est celui selon lequel l'tat naturel des relations internationales est la paix (<i>Al-'alqt ad-duwaliyya fil-islm</i>, Wahba az-Zuhayl, p. 94 ; <i>Al-'alqt ad-duwaliyya fil-islm</i>, Ab Zahra, pp. 50-51 ; <i>As-ussus ash-shar'iyya lil-'alqt bayn al-muslimn wa ghayr il-muslimn</i>, Faysal al-Mawlaw, p. 13 ; <i>Al-jihd fil-islm</i>, Sad Ramadan al-Bt, p. 227). <br /><br />Faysal Al-Mawlaw rappelle que l'objectif des musulmans par rapport  ceux qui ne sont pas musulmans est de leur faire connatre l'islam (<i>da'wa</i>) sans jamais les contraindre  l'embrasser. Or, crit-il, <b>la paix constitue la situation o cette prsentation (<i>da'wa</i>) est la plus efficace</b>. Preuve en est le fait qu'en l'an 6 de l'hgire, le nombre des musulmans accompagnant le Prophte tait seulement d'un peu plus que 1400 [alors qu'il y avait eu mobilisation, puisque le Coran reproche  des bdouins de ne pas avoir rpondu prsent : voir <i>sourah Al-Fath'</i>] ; cependant, le trait de paix sign cette mme anne  Hudaybiyya entre les Musulmans et les Mecquois permit  ces derniers de mieux connatre l'islam ; et deux ans plus tard, en l'an 8 de l'hgire, alors que les Mecquois avaient viol le trait, les musulmans partis avec le Prophte  la Mecque furent au nombre de 10 000 (<i>As-ussus ash-shar'iyya</i>, pp. 23-31). Ce fut d'ailleurs pendant ces deux ans de paix avec leur cit que des personnages mecquois qui avaient jusqu'alors combattu l'islam (comme Khlid ibn Al-Wald et Amr ibn al-'As) se convertirent  l'islam. La raison en est vidente : c'est lorsqu'ils sont en paix avec les musulmans que les non-musulmans d'un pays donn peroivent de faon plus pose l'islam, rflchissent sereinement et en toute quit  ses principes et sont davantage susceptibles de choisir de l'adopter comme leur religion. <br />Ibn Qayyim crit : <i>"Cette trve [de Hudaybiyya] tait une des plus grandes ouvertures. En effet, les gens furent en scurit les uns par rapport aux autres, les musulmans se mlangrent aux non-musulmans, leur firent la da'wa, leur firent couter le Coran et discutrent publiquement et en scurit avec eux de l'islam ; celui qui cachait sa conversion la dclara publiquement ; et entrrent en islam pendant la priode de cette trve ceux dont Dieu voulut qu'ils entrent ; c'est pourquoi Dieu a appel cela une ouverture claire"</i> (<i>Zd ul-ma'd</i>, tome 3 pp. 309-310). Aboul-Hassan Al an-Nadw crit pour sa part : <i>"La paix institue  Hudaybiyya fut une conqute des coeurs"</i>. Il cite la conversion des deux personnages sus-mentionns, Khlid ibn Al-Wald et Amr ibn al-'As, avant de poursuivre : <i>"Cette paix rendit possibles les occasions de contact entre les musulmans et les polythistes ; ces derniers purent prendre connaissance des beauts de l'islam et des manires des musulmans ; et une anne ne s'coula pas qu'un grand nombre de personnes s'taient converties  l'islam"</i>. Il crit galement que ce fut juste aprs cette paix sur la scne intrieure de l'Arabie que, <i>"la situation s'tant calme, le Prophte crivit des lettres aux rois de la terre et aux roitelets arabes, les invitant  l'islam..."</i> (<i>Qassas un-nabiyyn</i>, tome 5 pp. 225-227). <br /><br />D'un autre ct, ces dernires cinquante annes, les Etats du monde &#8211; dont les pays musulmans &#8211; ont sign la charte des Nations Unies, qui stipule qu'ils ne se combattront pas les uns les autres ; comme l'a crit Mann' al-Qattn, ceci tend donc  faire d'eux des Etats ayant sign des traits de paix (<i>Iqmat ul-muslim f balad ghayri islm</i>,  pp. 20-23). <br />Il est vrai que l'Etat d'Isral ne respecte pas ce trait, puisqu'il occupe illgitimement &#8211; du point de vue du droit international mme &#8211; une terre qui appartient  un autre peuple, ce qui fait que la rsistance palestinienne est totalement lgitime. De mme, la position des Etats-Unis parat inquitante, qui entendent mener une guerre contre l'Irak, "avec ou sans autorisation de l'ONU" et bien qu'aucune preuve claire n'ait t apporte par rapport  la menace que constituerait ce pays ; il s'agirait &#8211; si cela tait men &#8211; clairement d'une guerre d'agression motive par des intrts purement gostratgiques ; les Etats-Unis risquent de dclencher dans le monde entier une vague d'anti-amricanisme, et certains groupuscules pourraient en profiter pour mener des attentats contre des civils amricains, arguant que "les Etats-Unis ont pass outre le droit international, ils ont bombard des populations civiles d'Irak, et ce sont eux qui ont commenc". Les consquences en seraient incalculables. Et tout le monde sera perdant. "Que Dieu bnisse l'Amrique" clame Georges W. Bush ; on serait tent de dire plutt : "Que Dieu fasse sortir les actuels dirigeants de l'Amrique de leur aveuglement".<br /><br /><i>Wallhu A'lam</i> (Dieu sait mieux).<br /><br><br></font></td></tr><tr><td align="center"><font class="pn-normal">Cet article provient de La Maison de l'islam<br><a class="pn-normal" href="http://www.maison-islam.com">http://www.maison-islam.com</a><br><br>L'URL de cet article est:<br><a class="pn-normal" href="http://www.maison-islam.com/article.php?sid=327">http://www.maison-islam.com/article.php?sid=327</a></font></td></tr></table></td></tr></table></td></tr></table></center></body></html> 
