<HTML> <HEAD><title>Hussein Al-Mursiyi : le soufisme au coeur de l'Islam</title> <meta name="Keywords" content=""><meta name="Description" content=""><meta name="Author" content=""><META http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"><STYLE type="text/css"><!-- --></STYLE> <LINK rel="stylesheet" href="../style.css"></HEAD><BODY bgcolor="#FFFFFF"  leftmargin="0" topmargin="0" marginheight="0" marginwidth="0" link="#6666FF" vlink="#6666FF" alink="#6666FF"><TABLE width="100%" border="0" height="100%" cellpadding="10" cellspacing="0"><TR><TD bgcolor="#000033" valign="top" nowrap align="center"> <body> <table border="0" cellpadding="5" cellspacing="0"> <tr align="center">     <td bgcolor="#000033" valign="top" nowrap width="185">        <center>         <table width="35%" height="112">           <tr valign="top">             <td height="106">                <center>                 <img src="http://www.tariqa.org/images/Bismil.gif" width="100" height="100" vspace="0" hspace="0" border="0" usemap="#Map4"><map name="Map4"><area shape="rect" coords="-4,3,101,97" href="http://www.tariqa.org"><area shape="rect" coords="49,81,50,97" href="#"></map>                </center>               </td> </tr> </table>         <table width="94%" cellpadding="1">           <tr valign="top">             <td height="310" nowrap>                <div align="left">                  <p align="center"><a href="http://www.tariqa.org/index.php"><img src="http://www.tariqa.org/images/im-menu.png" width="157" height="305" align="middle" border="0" usemap="#Map3"></a><map name="Map3"><area shape="rect" coords="0,8,157,27" href="http://www.tariqa.org/SidiHamza.php"><area shape="rect" coords="-3,27,158,47" href="http://www.tariqa.org/silsila.php"><area shape="rect" coords="1,45,156,67" href="http://www.tariqa.org/sentences.php"><area shape="rect" coords="2,81,161,102" href="http://www.tariqa.org/pdj/encpdj.php"><area shape="rect" coords="1,135,157,155" href="http://www.tariqa.org/revue-de-presse.php"><area shape="rect" coords="1,155,158,176" href="http://www.tariqa.org/recherche.php"><area shape="rect" coords="-1,193,164,215" href="http://www.tariqa.org/inscription.php"><area shape="rect" coords="0,216,156,235" HREF="mailto:tariqa@tariqa.org"><area shape="rect" coords="1,244,163,273" href="http://www.tariqa.org/qadiriya/index.html"><area shape="rect" coords="2,102,156,124" href="http://www.tariqa.org/hikam/h5.php"></map></p>               </div>             </td> </tr> </table>         <img src="http://www.tariqa.org/images/Logo_25blk.gif" width="75" height="32" usemap="#Map5" border="0"><map name="Map5"><area shape="RECT" coords="2,2,72,29" href="http://www.tariqa.org/recherche.php"></map>          <p><map name="Map"><area shape="rect" coords="37,5,86,23" href="http://www.tariqa.org/index.php"><area shape="rect" coords="12,65,128,78"><area shape="rect" coords="13,79,110,92"><area shape="rect" coords="14,91,127,104"><area shape="rect" coords="11,104,100,118"><area shape="rect" coords="45,222,82,235"><area shape="rect" coords="33,235,98,248"><area shape="rect" coords="37,248,99,261"><area shape="rect" coords="57,228,58,229" href="#"></map>       </center> </td> </tr> </table>  <map name="Map2"><area shape="rect" coords="49,-2,67,-1" href="#"><area shape="rect" coords="-1,71,156,89" href="http://www.tariqa.org/SidiHamza.php"><area shape="rect" coords="1,87,155,107" href="http://www.tariqa.org/silsila.php"><area shape="rect" coords="2,106,155,124" href="http://www.tariqa.org/sentences.php"><area shape="rect" coords="1,123,154,143" href="http://www.tariqa.org/pdj/encpdj.php"><area shape="rect" coords="26,273,120,292" href="mailto:tariqa@tariqa.org"><area shape="rect" coords="26,291,120,310" href="http://www.tariqa.org/inscription.php"><area shape="rect" coords="27,308,119,328" href="http://www.tariqa.org/recherche.php"></map></TD> <TD valign="top" width="99%"><div align=left><p>&nbsp;</p><table width="80%" align="center">            <tr valign="top">              <td><font face="Geneva,Arial"> </font>                <p align="center"><font face="Geneva,Arial"><b>Revue Soufisme d'Orient                  et d'Occident</b><br>                 <a href="http://www.soufisme.org"><font size="2">site de la revue                  </font></a></font></p>               <p align="center"><font face="Geneva,Arial" size="2"><b><font size="5">Le                  soufisme au coeur de lIslam</font></b></font></p>               <p align="center"><font face="Geneva,Arial" size="2">Hussein Al-Mursiyi</font></p>               <font face="Geneva,Arial">               <p>&nbsp;</p>               <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><b>De l&eacute;corce                  au noyau</b></font></p>               <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Le soufisme                  constitue le coeur de la tradition islamique. Il ne peut donc                  pr&eacute;tendre &ecirc;tre v&eacute;cu en dehors de celle-ci.                  En m&ecirc;me temps, et par-del&agrave; le cadre de la religion                  r&eacute;v&eacute;l&eacute;e, il vise &agrave; laccomplissement                  de lhomme sur cette terre, ici et maintenant. </font></p>               <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">En tant que                  r&eacute;v&eacute;lation, lIslam d&eacute;termine les r&egrave;gles                  de lactivit&eacute; humaine, et d&eacute;finit les supports rituels                  de la m&eacute;ditation; le soufisme est la science des saveurs                  et des &eacute;tats int&eacute;rieurs. Le soufisme trouvant son                  origine et sa source dans la r&eacute;v&eacute;lation islamique,                  tout ce qui peut ressembler &agrave; des divergences avec lislam                  ne peut &ecirc;tre li&eacute; qu&agrave; une diff&eacute;rence                  de point de vue sur une m&ecirc;me r&eacute;alit&eacute;. Ainsi                  lablution rituelle, qui est une obligation l&eacute;gale en Islam                  peut &ecirc;tre v&eacute;cue comme une premi&egrave;re approche                  de la purification int&eacute;rieure de l&acirc;me du disciple,                  qui en serait le but ultime. Pour le soufi, les pratiques de lislam                  constituent le prolongement dans les actes de son cheminement                  spirituel.</font></p>               <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">La relation                  entre lexot&eacute;risme et l&eacute;sot&eacute;risme est semblable                  &agrave; celle qui existe entre le corps et lesprit. Sans esprit,                  le corps est vid&eacute; de son sens, de sa source vive ; sans                  corps, lesprit est insaisissable et devient une pure abstraction.                  </font></p>               <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">&quot; Pour                  atteindre le noyau, il faut traverser l&eacute;corce &quot;,                  disait Ma&icirc;tre Eckart. Un fruit est constitu&eacute; dune                  &eacute;corce (la Loi), dune chair (la Foi) et dun noyau (lesprit).                  Mais pour atteindre le noyau, qui seul contient en germe un nouveau                  fruit, il faut dabord passer par l&eacute;corce. </font></p>               <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><b>Lenseignement                  de lArchange</b></font></p>               <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"> Un jour que                  le Proph&egrave;te Mohammad &eacute;tait avec ses compagnons,                  ces derniers virent arriver un jeune homme habill&eacute; de blanc,                  ne portant sur lui aucune trace de poussi&egrave;re du voyage.                  Cet homme sassit en face du Proph&egrave;te, pla&ccedil;a ses                  jambes entre les siennes, et lui demanda : &quot; quest-ce que                  lIslam ? (litt&eacute;ralement, ce mot signifie &quot;soumission&quot;).                  Le Proph&egrave;te r&eacute;pondit : lIslam, cest la soumission                  &agrave; Dieu, bas&eacute;e sur la pratique des cinq piliers :                  le double t&eacute;moignage de lunicit&eacute; divine et de la                  r&eacute;v&eacute;lation muhammadienne, la pri&egrave;re, laum&ocirc;ne,                  le jeune du mois de ramadan et le p&eacute;lerinage &agrave; la                  Mecque. Le jeune homme dit alors : &quot;tu as dit vrai !", ce                  qui ne manqua pas d&eacute;tonner les compagnons. Puis il demanda                  : quest-ce que liman ? (la foi). Le Proph&egrave;te r&eacute;pondit                  : liman, cest le fait de croire en Dieu, en Ses anges, en Ses                  livres, en Ses envoy&eacute;s, au Jour du jugement, et &agrave;                  la pr&eacute;destination. Ici encore, le jeune homme sexclama                  : &quot;tu as dit vrai !&quot;, puis demanda : quest-ce que lihsan                  ? (lexcellence du comportement). Le Proph&egrave;te r&eacute;pondit                  : lihsan, cest &quot;dadorer Dieu comme si tu le voyais, car                  si tu ne le vois pas, Lui te voit&quot;. Apr&egrave;s confirmation                  de ces paroles par un nouveau &quot;tu as dit vrai !&quot;, et                  quelques nouvelles questions, le jeune homme partit. Le Proph&egrave;te                  demanda alors &agrave; ses compagnons sils savaient qui &eacute;tait                  ce jeune homme. Devant leur ignorance, il leur r&eacute;v&eacute;la                  quil sagissait du Proph&egrave;te Gabriel, venu pour vous enseigner                  votre religion.</font></p>               <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"> A partir                  de ce hadith (parole du Proph&egrave;te), apparaissent trois niveaux                  de v&eacute;cu et de compr&eacute;hension de la r&eacute;alit&eacute;                  divine, qui rejoignent les trois notions &eacute;voqu&eacute;es                  par Ma&icirc;tre Eckart :</font></p>               <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">- la soumission                  &agrave; la loi, ou le respect de l&eacute;corce et de la forme                  des choses,</font></p>               <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">- la foi,                  ou la compr&eacute;hension de la chair et du contenu de la religion,</font></p>               <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">- lexcellence,                  ou le noyau central que constitue la prise de conscience de la                  pr&eacute;sence divine.</font></p>               <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Les soufis                  sappuient sur ce hadith, &agrave; la fois pour montrer la n&eacute;cessit&eacute;                  dune pratique litt&eacute;rale des obligations et des interdits                  de la religion, et pour faire ressortir la pr&eacute;&eacute;minence                  de lesprit sur la lettre, en ce qui concerne lapplication de                  ces commandements. Pour illustrer ce propos, on peut mentionner                  lhistoire de cet homme qui &eacute;tait venu prier dans la mosqu&eacute;e                  o&ugrave; se trouvait le Proph&egrave;te. Un homme terminait sa                  pri&egrave;re. Un compagnon saper&ccedil;ut que lun des mouvements                  de la pri&egrave;re navait pas &eacute;t&eacute; correctement                  ex&eacute;cut&eacute;. Il exhorta lhomme &agrave; refaire sa                  pri&egrave;re selon la lettre, et celui-ci sex&eacute;cuta. Sa                  seconde pri&egrave;re termin&eacute;e, lhomme se tourna vers                  le compagnon qui lavait apostroph&eacute; et lui demanda : </font></p>               <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">&quot;A ton                  avis, laquelle de mes pri&egrave;res &agrave; &eacute;t&eacute;                  agr&eacute;&eacute;e par Dieu ?&quot; </font></p>               <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">&quot;La seconde,                  &eacute;videmment, puisque elle seule a &eacute;t&eacute; accomplie                  selon la r&egrave;gle&quot;.</font></p>               <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">&quot;Eh bien,                  moi je crois que cest la premi&egrave;re qui a &eacute;t&eacute;                  agr&eacute;&eacute;e. Car celle-ci, je lai faite pour Dieu ;                  tandis que la seconde, je lai faite pour toi ". </font></p>               <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Le Proph&egrave;te,                  qui avait assist&eacute; &agrave; la sc&egrave;ne, confirma cette                  r&eacute;alit&eacute;.</font></p>               <p>&nbsp;</p>               <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><b>Vers lexcellence                  du comportement</b></font></p>               <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"> Lensemble                  des pratiques soufies trouvent leur source dans les versets coraniques,                  et les paroles du Messager. Il ny a donc aucune innovation du                  soufisme par rapport &agrave; la R&eacute;v&eacute;lation. &quot;La                  pri&egrave;re &eacute;loigne l'homme de la turpitude et des actions                  bl&acirc;mables. L'invocation du nom de Dieu est ce qu'il y a                  de plus grand &quot; dit le Coran, en ajoutant imm&eacute;diatement                  : &acute;Dieu sait parfaitement ce que vous faites&quot;, (XXIX,                  45). Ainsi est affirm&eacute;e toute limportance de linvocation                  du nom de Dieu, qui est une pratique centrale du soufisme. Lallusion                  au regard divin fix&eacute; sur nous, qui vient imm&eacute;diatement                  apr&egrave;s et ressemble beaucoup &agrave; la d&eacute;finition                  de lihsan donn&eacute;e par larchange Gabriel, peut &ecirc;tre                  comprise comme une indication du degr&eacute; auquel se rattache                  cette pratique. Par rapport &agrave; un tel degr&eacute;, la pratique                  de linvocation appara&icirc;t m&ecirc;me sup&eacute;rieure &agrave;                  celle de la pri&egrave;re. A linverse, si lon se situe au degr&eacute;                  minimum de la Loi, alors linvocation nest plus strictement n&eacute;cessaire,                  comme le montre le hadith qui suit. Un homme vint voir le Proph&egrave;te                  et lui demanda : &quot;Si je pratique les cinq piliers, mais que                  je naccomplis aucune oeuvre sur&eacute;rogatoire (i.e. suppl&eacute;mentaire,                  non obligatoire), pourrais-je pr&eacute;tendre entrer au paradis                  ?". Le Proph&egrave;te lui r&eacute;pondit par laffirmative.                  Ainsi, Le soufisme peut &ecirc;tre pr&eacute;sent&eacute; comme                  une dimension suppl&eacute;mentaire, un approfondissement de la                  Loi et de la Foi en vue de lExcellence du comportement, pour                  ceux qui ressentent une telle exigence int&eacute;rieure. </font></p>               <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"> Le Coran                  recommande de se souvenir de Dieu, le plus souvent possible :                  &quot;Souvenez-vous de moi, Je me souviendrai de vous&quot;, (II,                  152) ; &quot;Rappelle-toi le nom de ton Seigneur, et consacre-toi                  totalement &agrave; Lui&quot;, (LXXIII, 8) ; et encore : &quot;Invoquez                  Dieu dune fa&ccedil;on abondante et glorifiez-le, &agrave; la                  pointe du jour et &agrave; son d&eacute;clin&quot;, (XXXIII, 41                  et 42). Cette notion de rappel constant de la pr&eacute;sence                  divine se situe dans la perspective directe de lihsan. En effet,                  au-del&agrave; dune mise en conformit&eacute; l&eacute;gale,                  seule la prise de conscience de cette pr&eacute;sence peut r&eacute;ellement                  transformer lhomme, et son comportement au quotidien. Seul ce                  sentiment de pr&eacute;sence peut amener lhomme &agrave; cesser                  de se leurrer lui-m&ecirc;me, et &agrave; constater la r&eacute;alit&eacute;                  de son &eacute;tat int&eacute;rieur. Au-del&agrave; de limage                  que les autres nous renvoient de nous-m&ecirc;mes, il est un regard                  auquel on ne peut rien cacher. La sinc&eacute;rit&eacute; veut                  que lon agisse en fonction de ce regard. Pour illustrer ceci,                  le ma&icirc;tre R&ucirc;mi raconte lhistoire suivante : un instituteur                  ayant appris par la bouche dun Connaissant que lun de ses &eacute;l&egrave;ves                  &eacute;tait appel&eacute; &agrave; devenir un grand Saint, il                  organisa une exp&eacute;rience pour savoir lequel c&eacute;tait.                  Il demanda &agrave; chaque &eacute;l&egrave;ve daller acheter                  un oiseau, puis de s&eacute;loigner de la ville jusqu'&agrave;                  ce que plus personne ne le voie, et de sacrifier lanimal. Le                  lendemain, tous les &eacute;l&egrave;ves revinrent avec un oiseau                  mort, sauf un. Celui-ci expliqua quil avait &eacute;t&eacute;                  aussi loin que possible, mais que o&ugrave; quil aille, il ne                  pouvait &eacute;chapper au regard de Dieu. Bien vivant, loiseau                  quil avait amen&eacute; profita de son r&eacute;cit pour senvoler                  par la fen&ecirc;tre.</font></p>               <p>&nbsp;</p>               <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><b>La nourriture                  du Coeur</b></font></p>               <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">L'Imam Ghazali                  d&eacute;finit le dhikr (linvocation) comme une sorte de je&ucirc;ne                  du Coeur, un combat spirituel qui consiste &agrave; &quot;faire                  dispara&icirc;tre les d&eacute;fauts, &agrave; couper tous les                  liens et &agrave; s'approcher de Dieu le Tr&eacute;s-Haut par                  une parfaite application spirituelle&quot;. Et il ajoute &quot;                  qu' il est seulement au pouvoir du croyant de s'y pr&eacute;parer                  par la purification qui d&eacute;pouille...&quot;. La purification                  de toutes les fausses idoles qui nous habitent et du regard dautrui                  permet de ne sattacher quau seul regard divin. Au-del&agrave;                  des r&eacute;ponses l&eacute;gales &agrave; un certain nombre                  de probl&egrave;mes, issues du Coran ou de la coutume proph&eacute;tique,                  il sagit ici de savoir comment se comporter face aux multiples                  situations de la vie quotidienne, dans une recherche permanente                  de lattitude juste. La r&eacute;ponse ne peut alors provenir                  que du tr&eacute;fonds de notre &ecirc;tre. A un homme venu linterroger                  sur la droiture, le Proph&egrave;te r&eacute;pondit par trois                  fois : &quot;Interroge ton propre Coeur&quot;. Organe central,                  tout comme le coeur physique qui insuffle la vie &agrave; lensemble                  du corps, le Coeur dont il sagit est en fait linstrument de                  la perception spirituelle. Linvocation ne vise qu&agrave; la                  revivification de ce Coeur. Et cest cela qui explique limportance                  essentielle de cette pratique dans le cheminement soufi.</font></p>               <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Un autre hadith,                  o&ugrave; Dieu sexprime &agrave; la premi&egrave;re personne                  par la bouche du Proph&egrave;te, dit ceci : &quot;Mon serviteur                  ne cesse de sapprocher de moi par la pratique doeuvres sur&eacute;rogatoires                  jusqu'&agrave; ce que Je laime ; et lorsque Je laime, Je deviens                  lou&iuml;e par laquelle il entend, la vue par laquelle il voit,                  la langue par laquelle il parle, la main par laquelle il saisit,                  le pied par lequel il marche&quot;. Au-del&agrave; de la notion                  de Salut et de la conformit&eacute; aux commandements divins du                  bien et du mal, le soufisme vise &agrave; cette transformation                  de l&ecirc;tre, &agrave; sa D&eacute;livrance, &agrave; travers                  un recouvrement des qualit&eacute;s humaines par les qualit&eacute;s                  de lEtre divin. Pour reprendre la symbolique de la Gen&egrave;se,                  on pourrait parler de lArbre du Bien et du Mal, et de lArbre                  de Vie. Le chemin spirituel &eacute;tant pr&eacute;sent&eacute;                  comme un retour aux origines, ce retour saccomplit &agrave; lendroit                  m&ecirc;me o&ugrave; a eu lieu la chute.</font></p>               <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"> Un c&eacute;l&egrave;bre                  th&eacute;ologien musulman, Ibn Khaldun, distingue trois sortes                  de combats spirituels : le premier quil appelle &quot;le combat                  de la Pi&eacute;t&eacute;&quot;, le second &quot;le combat de                  la Rectitude&quot;, et le troisi&egrave;me &quot;le combat du                  D&eacute;voilement par intuition&quot;. Selon lui, la direction                  dun ma&icirc;tre spirituel nest pas &eacute;galement n&eacute;cessaire                  au niveau de chacun de ces trois degr&eacute;s. Au premier degr&eacute;,                  la pr&eacute;sence dun ma&icirc;tre permet au disciple un enseignement                  &quot;en acte&quot; qui est pr&eacute;f&eacute;rable &agrave;                  un enseignement livresque, comme le montre lexemple de larchange                  Gabriel apprenant au Proph&egrave;te les mouvements relatifs &agrave;                  la pri&egrave;re. Au second degr&eacute;, Ibn Khaldun montre que                  la pr&eacute;sence dun ma&icirc;tre permet une meilleure connaissance                  de la nature de l&acirc;me individuelle, facilitant ainsi la                  recherche de la Rectitude. Mais l&agrave; o&ugrave; lenseignement                  dun guide devient absolument indispensable, cest au niveau du                  troisi&egrave;me degr&eacute; : &quot; Quant au combat spirituel                  de lIntuition et de la Contemplation, dont le but est le soul&egrave;vement                  du voile du monde sensible et la connaissance du monde spirituel                  [...], elle d&eacute;pend dune fa&ccedil;on n&eacute;cessaire                  et absolue dun ma&icirc;tre de linitiation [...], sans lequel                  ce combat spirituel serait vain dans la plupart des cas&quot;.                  Pour conclure, Ibn Khadun nous dit que si le terme &quot;soufisme&quot;                  sapplique aux trois degr&eacute;s que nous venons de mentionner,                  il d&eacute;signe dune mani&egrave;re plus sp&eacute;cifique                  le dernier dentre eux.</font></p>               <p><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"> Pour terminer                  sur une image, on peut &eacute;voquer la vie spirituelle par une                  analogie avec la vie corporelle. Ici, la Loi est repr&eacute;sent&eacute;e                  par la peau, laspect visible et ext&eacute;rieur de l&ecirc;tre                  humain. La Foi est symbolis&eacute;e par la chair, la substance                  et le poids de l&ecirc;tre. Enfin, lEsprit est constitu&eacute;                  par les os, et la moelle quils contiennent. Le soufisme se veut                  cette &quot;substantifique moelle&quot;, cette source de vie qui                  nourrit et r&eacute;g&eacute;n&egrave;re le corps qui la contient.                  </font></p>               </font></td>           </tr></table></div></TD></TR></TABLE></BODY></HTML>  
