<html>  <head> <meta name="GENERATOR" content="Microsoft FrontPage 4.0"> <meta name="ProgId" content="FrontPage.Editor.Document"> <title>La maladie de l'Islam</title> </head>  <body>  <p><b><font color="#008000" size="2" face="Arial">Commentaire sur :</font></b></p> <p><b><font size="2" face="Arial">Abdelwahab Meddeb, <i> La maladie de l'Islam</i>, Seuil 2002</font></b></p> <p><font face="Arial" size="2">Il est enrichissant de se plonger dans la culture des autres. On y gagne d'largir la reprsentation que l'on se fait de sa propre culture. La lecture d'Abdelwahab Meddeb et de Mohammed Harbi, ct musulman, complte utilement celle d'Elie Benamozegh et de Yeshayahou Leibowitz, ct juif (voir &quot;<a href="../opinion/theologal.htm">Le cur thologal</a>&quot;).</font></p> <p><b><font face="Arial" size="2">A propos de la civilisation arabe&nbsp;</font></b></p> <p><font size="2" face="Arial">Meddeb est un spcialiste de la culture islamique : il connat sa grandeur passe et dplore sa dcadence actuelle. Dans le pass, l'Islam fut tolrant, curieux, ouvert, cratif ; il a contribu  l'mergence de la civilisation en Occident. A la langue arabe, nous autres Franais avons emprunt entre autres les mots sucre, savon, chiffre : le got, la propret, la science du calcul. Les Arabes taient urbains, polics, tolrants, alors que les Occidentaux, chez qui l'hritage grco-romain avait t recouvert par les invasions barbares, taient des rustauds fanatiques.&nbsp;</font></p> <p><font size="2" face="Arial">L'rudition de Meddeb nous fait redcouvrir les potes qui ont clbr le vin, l'amour et la joie de vivre bien avant notre posie courtoise. On respire,  lire ses citations, des parfums dlicats ; on&nbsp;admire l'lgance du costume arabe,&nbsp;l'architecture raffine des villes du Moyen-Orient au sommet de leur splendeur, ces villes qui ont tant bloui les croiss.&nbsp;</font></p> <p><b><font size="2" face="Arial">Les semi-lettrs</font></b></p> <p><font size="2" face="Arial">L'Islam a des savants, des lettrs  la vaste culture. Mais l'enseignement a t &quot;dmocratis&quot; (Meddeb distingue, de faon trs fine, la &quot;dmocratisation&quot; et la &quot;dmocratie&quot; : la seconde est une exigence alors que la premire est une solution de facilit). Les personnes font des tudes non par amour du savoir, mais pour atteindre un statut social. La slection a disparu, les tudiants sont forms  la va-vite, les diplmes ne correspondent plus  un niveau de connaissances mais  la dure des tudes. Leibowitz constatait : &quot;aujourd'hui, en fait, seuls ceux qui ne le souhaitent pas n'tudient pas  l'Universit&quot; (<i>Isral et le Judasme</i>, Descle de Brouwer 1996, p. 205) ; cette remarque s'applique certes  Isral, mais elle relve d'une analyse analogue  celle de Meddeb.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</font></p> <p><font face="Arial" size="2">Ce systme produit non des lettrs, mais des &quot;semi-lettrs&quot;. Ils n'ont pas lu les textes originaux, mais seulement des manuels. Ils ne comprennent ni leur propre culture, ni moins encore la culture occidentale qu'ils ne voient qu' travers les mdias. Incapables de concevoir les ressorts de la pense scientifique, ils sont de purs utilisateurs de la technique. Ils ont abandonn l'lgance arabe pour adopter une architecture et un habillement galement hideux.&nbsp;</font></p> <p><font face="Arial" size="2">Les islamistes, dit Meddeb, se recrutent parmi ces &quot;semi-lettrs&quot; qui ruminent leur impuissance en cultivant la haine de l'Autre. Alors que la lecture traditionnelle du Coran, qu'ils ignorent, a t attentive aux contradictions que le texte comporte, ils adhrent  une interprtation qui ne veut retenir de la &quot;lettre&quot; que les passages les plus coercitifs ou les plus violents envers la Femme et les autres religions. Ils cultivent une &quot;vision radicale et terrifiante (qui) instaure une table rase et transforme le monde en dsert postatomique&quot; (p. 121) et qui n'a rien  voir avec la gnrosit, l'ouverture de l'Islam historique.&nbsp;</font></p> <p><b><font size="2" face="Arial">Le ressentiment</font></b></p> <p><font size="2" face="Arial">Meddeb dit que le souvenir de la grandeur passe, la frustration, l'impuissance, l'ignorance, suscitent le ressentiment : haine de l'autre, apitoiement sur soi-mme. Nietzsche avait diagnostiqu le ressentiment chez les Allemands : &quot;au lieu de faire effort sur eux-mmes pour se tirer d'affaire, dit-il, ils prfrent attribuer  d'autres la responsabilit de leurs maux&quot;.&nbsp;</font></p> <p><font size="2" face="Arial">Les islamistes prouvent du ressentiment envers l'Occident, et plus spcialement envers l'Amrique. En lisant Meddeb, je me suis demand si son analyse ne pouvait pas s'appliquer aussi  nous, Franais. Nous aussi, nous portons le deuil de notre grandeur passe. Par manque d'esprit d'entreprise, nous avons dsert le territoire des nouvelles technologies (o nous sommes de simples utilisateurs, et encore souvent maladroits), nous laissons agoniser interminablement une entreprise de comptence comme Bull, nous sous-utilisons un potentiel de recherche comme France Telecom R&amp;D, et nous rejetons sur l'Amrique la responsabilit de nos lacunes. Incapables de comprendre ce qu'elle a de meilleur, nous copions ce qu'elle a de pire (conformisme, &quot;mal bouffe&quot;, banalit du spectacle audiovisuel, violence).</font></p>  <p><font size="2" face="Arial">Source : Michel Volle <span lang="fr">cf. <a href="../divers/copyright.htm">copyright</a> 12 juillet 2002 </span>; messagerie : <a href="mailto:michel@volle.com">michel@volle.com</a> ; serveur : <a href="http://www.volle.com">http://www.volle.com</a></font></p>  </body>  </html> 
