<html>  <head> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=windows-1252"> <meta name="GENERATOR" content="Microsoft FrontPage 4.0"> <meta name="ProgId" content="FrontPage.Editor.Document"> <title>arthur_imbaud</title> </head>  <body background="fondrimbaud.jpg">  <p align="center"><b><font color="#000080" size="5"><a href="dixn.htm" style>ARTHUR RIMBAUD</a></font></b></p> <table border="0" cellspacing="1" width="100%">   <tr>     <td width="56%"><b><font color="#FFFFFF">Au cours de cette promenade avec Arthur Rimbaud vous       rencontrerez des textes parfaits - Les Voyelles, Ma Bohme, Le Bateau       Ivre, mais aussi des &quot;derniers crits&quot; jets l comme une       poigne de terre dans sa propre tombe au seul bnfice du gnie et       pour notre plus grand plaisir. Robert.</font></b></td>     <td width="44%"><b><font color="#FF0000">L'orthographe d'Arthur Rimbaud a       t respect.</font></b>&nbsp;</td>   </tr> </table> <p><font color="#000080"><b><font size="4">Honte<br> </font><br> Tant que la lame n'aura&nbsp;<br> Pas coup cette cervelle,&nbsp;<br> Ce paquet blanc, vert et gras,<br> A vapeur jamais nouvelle,<br> (Ah ! Lui, devrait couper son&nbsp;<br> Nez, sa lvre, ses oreilles,&nbsp;<br> Son ventre ! et faire abandon&nbsp;<br> De ses jambes !  merveille !)<br> Mais, non ; vrai, je crois que tant&nbsp;<br> Que pour sa tte la lame,&nbsp;<br> Que les cailloux pour son flanc,<br> Que pour ses boyaux la flamme,&nbsp;<br>  N'auront pas agi, l'enfant&nbsp;<br> Gneur, la si sotte bte,<br> Ne doit cesser un instant&nbsp;<br> De ruser et d'tre tratre,&nbsp;<br>  Comme un chat des Monts-Rocheux,&nbsp;<br> D'empuantir toutes sphres !<br> - Qu' sa mort pourtant,  mon Dieu !<br> S'lve quelque prire !&nbsp;<br> <br> <br> <br> <br> Tandis que les crachats rouges de la mitraille<br> Sifflent tout le jour par l'infini du ciel bleu;<br> Qu'carlates ou verts, prs du Roi qui les raille,&nbsp;<br> Croulent les bataillons en masse dans le feu;<br> Tandis qu'une folie pouvantable broie&nbsp;<br> Et fait de cent milliers d'hommes un tas fumant;<br> - Pauvres morts dans l't, dans l'herbe, dans ta joie,&nbsp;<br> Nature,  toi qui fis ces hommes saintement !...<br> Il est un Dieu qui rit aux nappes damasses<br> Des autels,  l'encens, aux grands calices d'or,&nbsp;<br> Qui dans le bercement des hosanna s'endort,<br> Et se rveille quand des mres, ramasses&nbsp;<br> Dans l'angoisse et pleurant sous leur vieux bonnet noir,<br> Lui donnent un gros sou li dans leur mouchoir!&nbsp;<br> </b><br> </font><br> </p> <p><font color="#000080"><b><font size="4">Chanson du soleil<br> </font> <br> Le Soleil, le foyer de tendresse et de vie,<br> Verse l'amour brlant  la terre ravie,<br> Et, quand on est couch sur la valle, on sent<br> Que la terre est nubile et dborde de sang ;<br> Que son immense sein, soulev par une me,<br> Est d'amour comme Dieu, de chair comme la femme,<br> Et qu'il renferme, gros de sve et de rayons,<br> Le grand fourmillement de tous les embryons !<br> <br> </b><font size="2"><b> extrait de "Soleil et chair"</b></font><b><br> <br> <br> <font size="4"> Sensation<br> </font> <br> Par les soirs bleus d't, j'irai dans les sentiers<br> Picot par les bls, fouler l'herbe menue :<br> Rveur, j'en sentirai la fracheur  mes pieds.<br> Je laisserai le vent baigner ma tte nue.<br> Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :<br> Mais l'amour infini me montera dans l'me,<br> Et j'irai loin, bien loin, comme un bohmien,<br> Par la Nature, - heureux comme avec une femme.<br> <br> <br> <font size="4"> A la musique</font></b> </font> </p>  <p><b> <font color="#000080"> Place de la Gare,  Charleville.<br> <br> Sur la place taille en mesquines pelouses,&nbsp;<br> Square o tout est correct, les arbres et les fleurs,&nbsp;<br> Tous les bourgeois poussifs qu'tranglent les chaleurs&nbsp;<br> Portent, les jeudis soirs, leurs btises jalouses.<br> <br> - L'orchestre militaire, au milieu du jardin,&nbsp;<br> Balance ses schakos dans la Valse des fifres :&nbsp;<br> Autour, aux premiers rangs, parade le gandin ;&nbsp;<br> Le notaire pend  ses breloques  chiffres.<br> <br> Des rentiers  lorgnons soulignent tous les couacs :<br> Les gros bureaux bouffis tranant leurs grosses dames&nbsp;<br> Auprs desquelles vont, officieux cornacs,&nbsp;<br> Celles dont les volants ont des airs de rclames ;<br> <br> Sur les bancs verts, des clubs d'piciers retraits&nbsp;<br> Qui tisonnent le sable avec leur canne  pomme,&nbsp;<br> Fort srieusement discutent les traits,&nbsp;<br> Puis prisent en argent, et reprennent : " En somme !... "<br> <br> patant sur son banc les rondeurs de ses reins,&nbsp;<br> Un bourgeois  boutons clairs, bedaine flamande,&nbsp;<br> Savoure son Onnaing d'o le tabac par brins&nbsp;<br> Dborde - vous savez, c'est de la contrebande ; -<br> <br> Le long des gazons verts ricanent les voyous ;&nbsp;<br> Et, rendus amoureux par le chant des trombones,&nbsp;<br> Trs nafs, et fumant des roses, les pioupious&nbsp;<br> Caressent les bbs pour enjler les bonnes...<br> <br> - Moi, je suis, dbraill comme un tudiant,&nbsp;<br> Sous les marronniers verts les alertes fillettes :<br> Elles le savent bien ; et tournent en riant,&nbsp;<br> Vers moi, leurs yeux tout pleins de choses indiscrtes.<br> <br> Je ne dis pas un mot : je regarde toujours&nbsp;<br> La chair de leurs cous blancs brods de mches folles :<br> Je suis, sous le corsage et les frles atours,&nbsp;<br> Le dos divin aprs la courbe des paules.<br> <br> J'ai bientt dnich la bottine, le bas...&nbsp;<br> - Je reconstruis les corps, brl de belles fivres.&nbsp;<br> Elles me trouvent drle et se parlent tout bas...&nbsp;<br> - Et je sens les baisers qui me viennent aux lvres... </font> </b> </p>  <p><b><font color="#000080">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ...........<br> <br> </font></b> </p>  <b><font face="Times New Roman" color="#000080" size="4">Le Bateau Ivre<br> </font><font face="Times New Roman" size="3" color="#000080"><br> <br> Comme je descendais des Fleuves impassibles,<br> Je ne me sentais plus tir par les haleurs :<br> Des Peaux-rouges criards les avaient pris pour cibles<br> Les ayant clous nus aux poteaux de couleurs.<br> <br> J'tais insoucieux de tous les quipages,<br> Porteur de bls flamands et de cotons anglais.<br> Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages<br> Les Fleuves m'ont laiss descendre o je voulais.<br> <br> Dans les clapotements furieux des mares,<br> Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,<br> Je courus ! Et les Pninsules dmarres<br> N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.<br> <br> La tempte a bni mes veils maritimes.<br> Plus lger qu'un bouchon j'ai dans sur les flots<br> Qu'on appelle rouleurs ternels de victimes,<br> Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !<br> <br> Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sres,<br> L'eau verte pntra ma coque de sapin<br> Et des taches de vins bleus et des vomissures<br> Me lava, dispersant gouvernail et grappin.<br> <br> Et ds lors, je me suis baign dans le Pome<br> De la Mer, infus d'astres, et lactescent,<br> Dvorant les azurs verts ; o, flottaison blme<br> Et ravie, un noy pensif parfois descend ;<br> <br> O, teignant tout  coup les bleuits, dlires<br> Et rythmes lents sous les rutilements du jour,<br> Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,<br> Fermentent les rousseurs amres de l'amour !<br> <br> Je sais les cieux crevant en clairs, et les trombes<br> Et les ressacs et les courants : Je sais le soir,<br> L'aube exalte ainsi qu'un peuple de colombes,<br> Et j'ai vu quelques fois ce que l'homme a cru voir !<br> <br> J'ai vu le soleil bas, tach d'horreurs mystiques,<br> Illuminant de longs figements violets,<br> Pareils  des acteurs de drames trs-antiques<br> Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !<br> <br> J'ai rv la nuit verte aux neiges blouies,<br> Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,<br> La circulation des sves inoues<br> Et l'veil jaune et bleu des phosphores chanteurs !<br> <br> J'ai suivi, des mois pleins, pareilles aux vacheries<br> Hystriques, la houle  l'assaut des rcifs,<br> Sans songer que les pieds lumineux des Maries<br> Pussent forcer le mufle aux Ocans poussifs !<br> <br> J'ai heurt, savez-vous, d'incroyables Florides<br> Mlant aux fleurs des yeux des panthres  peaux<br> D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides<br> Sous l'horizon des mers,  de glauques troupeaux !<br> <br> J'ai vu fermenter les marais normes, nasses<br> O pourrit dans les joncs tout un Lviathan !<br> Des croulement d'eau au milieu des bonacees,<br> Et les lointains vers les gouffres cataractant !<br> <br> Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !<br> chouages hideux au fond des golfes bruns<br> O les serpents gants dvors de punaises<br> Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !<br> <br> J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades<br> Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.<br> - Des cumes de fleurs ont berc mes drades<br> Et d'ineffables vents m'ont ail par instant.<br> <br> Parfois, martyr lass des ples et des zones,<br> La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux<br> Montait vers moi ses fleurs d'ombres aux ventouses jaunes<br> Et je restais, ainsi qu'une femme  genoux...<br> <br> Presque le, ballottant sur mes bords les querelles<br> Et les fientes d'oiseaux claboteurs aux yeux blonds.<br> Et je voguais lorsqu' travers mes liens frles<br> Des noys descendaient dormir  reculons !<br> <br> Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,<br> Jet par l'ouragan dans l'ther sans oiseau,<br> Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses<br> N'auraient pas repch la carcasse ivre d'eau ;<br> <br> Libre, fumant, mont de brumes violettes,<br> Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur<br> Qui porte, confiture exquise aux bons potes,<br> Des lichens de soleil et des morves d'azur ;<br> <br> Qui courais, tach de lunules lectriques,<br> Planche folle, escort des hippocampes noirs,<br> Quand les juillets faisaient couler  coups de trique<br> Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;<br> <br> Moi qui tremblais, sentant geindre  cinquante lieues<br> Le rut des Bhmonts et les Maelstrms pais,<br> Fileur ternel des immobilits bleues,<br> Je regrette l'Europe aux anciens parapets !<br> <br> J'ai vu des archipels sidraux ! et des les<br> Dont les cieux dlirants sont ouverts au vogueur :<br> - Est-ce en ces nuits sans fond que tu dors et t'exiles,<br> Million d'oiseaux d'or,  future vigueur ? -<br> <br> Mais, vrai, j'ai trop pleur ! Les Aubes sont navrantes.<br> Toute lune est atroce et tout soleil amer :<br> L'cre amour m'a gonfl de torpeurs enivrantes.<br>  que ma quille clate !  que j'aille  la mer !<br> <br> Si je dsire une eau d'Europe, c'est la flache<br> Noire et froide o vers le crpuscule embaum<br> Un enfant accroupi plein de tristesses, lche<br> Un bateau frle comme un papillon de mai.<br> <br> Je ne puis plus, baign de vos langueurs,  lames,<br> Enlever leurs sillages aux porteurs de cotons,<br> Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,<br> Ni nager sous les yeux horribles des pontons.</font></b> <p><font size="2" face="arial,helvetica"><font color="#000080"><b>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ...........</b><br> </font><br> <br> </font><font color="#000080"><b> <font size="4">Bal des pendus<br> </font><br> Au gibet noir, manchot aimable,&nbsp;<br> Dansent, dansent les paladins,&nbsp;<br> Les maigres paladins du diable,&nbsp;<br> Les squelettes de Saladins.<br> <br> Messire Belzbuth tire par la cravate&nbsp;<br> Ses petits pantins noirs grimaant sur le ciel,&nbsp;<br> Et, leur claquant au front un revers de savate,&nbsp;<br> Les fait danser, danser aux sons d'un vieux Nol !<br> <br> Et les pantins choqus enlacent leurs bras grles&nbsp;<br> Comme des orgues noirs, les poitrines  jour<br> Que serraient autrefois les gentes damoiselles<br> Se heurtent longuement dans un hideux amour.<br> <br> Hurrah ! les gais danseurs, qui n'avez plus de panse !<br> On peut cabrioler, les trteaux sont si longs !<br> Hop ! qu'on ne sache plus si c'est bataille ou danse !&nbsp;<br> Belzbuth enrag racle ses violons !&nbsp;<br> <br>  durs talons, jamais on n'use sa sandale !<br> Presque tous ont quitt la chemise de peau ;<br> Le reste est peu gnant et se voit sans scandale.<br> Sur les crnes, la neige applique un blanc chapeau :<br> <br> Le corbeau fait panache  ces ttes fles,&nbsp;<br> Un morceau de chair tremble  leur maigre menton :<br> On dirait, tournoyant dans les sombres mles,&nbsp;<br> Des preux, raides, heurtant armures de carton.<br> <br> Hurrah ! la bise siffle au grand bal des squelettes !&nbsp;<br> Le gibet noir mugit comme un orgue de fer !&nbsp;<br> Les loups vont rpondant des forts violettes :<br> A l'horizon, le ciel est d'un rouge d'enfer...<br> <br> Hol, secouez-moi ces capitans funbres&nbsp;<br> Qui dfilent, sournois, de leurs gros doigts casss&nbsp;<br> Un chapelet d'amour sur leurs ples vertbres :<br> Ce n'est pas un moustier ici, les trpasss !<br> <br> Oh ! voil qu'au milieu de la danse macabre<br> Bondit dans le ciel rouge un grand squelette fou<br> Emport par l'lan, comme un cheval se cabre :<br> Et, se sentant encor la corde raide au cou,<br> <br> Crispe ses petits doigts sur son fmur qui craque&nbsp;<br> Avec des cris pareils  des ricanements,&nbsp;<br> Et, comme un baladin rentre dans la baraque,&nbsp;<br> Rebondit dans le bal au chant des ossements.<br> <br> Au gibet noir, manchot aimable,<br> Dansent, dansent les paladins,&nbsp;<br> Les maigres paladins du diable,&nbsp;<br> Les squelettes de Saladins.<br> <br> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ........... </b> </font> </p>  <p><font color="#000080"><b><font size="4">Le dormeur du val<br> </font></b><br> <br> <b>C'est un trou de verdure o chante une rivire,<br> Accrochant follement aux herbes des haillons<br> D'argent ; o le soleil, de la montagne fire,<br> Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.<br> <br> Un soldat jeune, bouche ouverte, tte nue,<br> Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,<br> Dort ; il est tendu dans l'herbe, sous la nue,<br> Ple dans son lit vert o la lumire pleut.<br> <br> Les pieds dans les glaeuls, il dort. Souriant comme<br> Sourirait un enfant malade, il fait un somme :<br> Nature, berce-le chaudement : il a froid.<br> <br> Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;<br> Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,<br> Tranquille. Il a deux trous rouges au ct droit.<br> <br> </b></font><br> <font color="#000080"><b> <font size="4"> Age d'or<br> </font> <br> Quelqu'une des voix<br> Toujours anglique<br> - Il s'agit de moi, -<br> Vertement s'explique :<br> <br> Ces mille questions<br> Qui se ramifient<br> N'amnent, au fond,<br> Qu'ivresse et folie ;<br> <br> Reconnais ce tour<br> Si gai, si facile :<br> Ce n'est qu'onde, flore,<br> Et c'est ta famille !<br> <br> Puis elle chante. <br> Si gai, si facile,<br> Et visible  l'il nu...<br> - Je chante avec elle, -<br> <br> Reconnais ce tour<br> Si gai, si facile,<br> Ce n'est qu'onde, flore,<br> Et c'est ta famille !... etc...<br> <br> Et puis une voix<br> - Est-elle anglique ! -<br> Il s'agit de moi,<br> Vertement s'explique ;<br> <br> Et chante  l'instant<br> En sur des haleines :<br> D'un ton Allemand,<br> Mais ardente et pleine :<br> <br> Le monde est vicieux ;<br> Si cela t'tonne !<br> Vis et laisse au feu<br> L'obscure infortune.<br> <br>  ! joli chteau !<br> Que ta vie est claire !<br> De quel Age es-tu,<br> Nature princire<br> De notre grand frre ! etc...<br> <br> Je chante aussi, moi :<br> Multiples surs ! voix<br> Pas du tout publiques !<br> Environnez-moi<br> De gloire pudique... etc...<br> <br> <br> <font size="4"> Aube<br> <br> </font> J'ai embrass l'aube d't.<br> <br> Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau tait morte.&nbsp;<br>  Les camps d'ombres ne quittaient pas la route&nbsp;du bois.&nbsp;<br>  J'ai march, rveillant les haleines vives et tides, et les pierreries regardrent,&nbsp;<br>  et les ailes&nbsp;se levrent sans bruit. <br> La premire entreprise fut, dans le sentier dj empli de frais et blmes clats,&nbsp;<br>  une fleur qui me dit son nom. <br> Je ris au wasserfall blond qui s'chevela  travers les sapins :&nbsp;<br>   la cime argente je reconnus la desse. <br> Alors je levai un  un les voiles. Dans l'alle, en agitant les bras.&nbsp;<br>  Par la plaine, o je l'ai dnonce au coq.&nbsp;<br> A la grand'ville elle fuyait parmi les clochers et les dmes,&nbsp;<br>  et courant comme un mendiant sur les quais de marbre,<br> je la chassais. <br> En haut de la route, prs d'un bois de lauriers, je l'ai entoure avec ses voiles amasss,&nbsp;<br>  et j'ai senti un peu son immense corps. L'aube et l'enfant tombrent au bas du bois. <br> Au rveil il tait midi.<br> <br> <br> <font size="4"> Bannires de mai<br> <br> </font> Aux branches claires des tilleuls<br> Meurt un maladif hallali.<br> Mais des chansons spirituelles<br> Voltigent parmi les groseilles.<br> Que notre sang rie en nos veines,<br> Voici s'enchevtrer les vignes.<br> Le ciel est joli comme un ange.<br> L'azur et l'onde communient.<br> Je sors. Si un rayon me blesse<br> Je succomberai sur la mousse.<br> <br> Qu'on patiente et qu'on s'ennuie<br> C'est trop simple. Fi de mes peines.<br> je veux que l't dramatique<br> Me lie  son char de fortunes<br> Que par toi beaucoup,  Nature,<br> - Ah moins seul et moins nul ! - je meure.<br> Au lieu que les Bergers, c'est drle,<br> Meurent  peu prs par le monde.<br> <br> Je veux bien que les saisons m'usent.<br> A toi, Nature, je me rends ;<br> Et ma faim et toute ma soif.<br> Et, s'il te plat, nourris, abreuve.<br> Rien de rien ne m'illusionne ;<br> C'est rire aux parents, qu'au soleil,<br> Mais moi je ne veux rire  rien ;<br> Et libre soit cette infortune.<br> <br> <br> <br> <font size="4"> Chanson de la plus haute tour<br> <br> </font> Oisive jeunesse<br> A tout asservie,<br> Par dlicatesse<br> J'ai perdu ma vie.<br> Ah ! Que le temps vienne<br> O les curs s'prennent.<br> <br> Je me suis dit : laisse,<br> Et qu'on ne te voie :<br> Et sans la promesse<br> De plus hautes joies.<br> Que rien ne t'arrte,<br> Auguste retraite.<br> <br> J'ai tant fait patience<br> Qu' jamais j'oublie ;<br> Craintes et souffrances<br> Aux cieux sont parties.<br> Et la soif malsaine<br> Obscurcit mes veines.<br> <br> Ainsi la prairie<br> A l'oubli livre,<br> Grandie, et fleurie<br> D'encens et d'ivraies<br> Au bourdon farouche<br> De cent sales mouches.<br> <br> Ah ! Mille veuvages<br> De la si pauvre me<br> Qui n'a que l'image<br> De la NOTRE-DAME !<br> Est-ce que l'on prie<br> La Vierge Marie ?<br> <br> Oisive jeunesse<br> A tout asservie,<br> Par dlicatesse<br> J'ai perdu ma vie.<br> Ah ! Que le temps vienne<br> O les curs s'prennent !<br> <br> <br> <font size="4"> Chant de guerre parisien<br> <br> </font> Le Printemps est vident, car<br> Du cur des Proprits vertes,<br> Le vol de Thiers et de Picard<br> Tient ses splendeurs grandes ouvertes !<br> <br>  Mai ! quels dlirants culs-nus !<br> Svres, Meudon, Bagneux, Asnires,<br> coutez donc les bienvenus<br> Semer les choses printanires !<br> <br> Ils ont shako, sabre et tam-tam,<br> Non la vieille bote  bougies,<br> Et des yoles qui n'ont jam, jam...<br> Fendent le lac aux eaux rougies !<br> <br> Plus que jamais nous bambochons<br> Quand arrivent sur nos tanires<br> Crouler les jaunes cabochons<br> Dans des aubes particulires !<br> <br> Thiers et Picard sont des Eros,<br> Des enleveurs d'hliotropes ;<br> Au ptrole ils font des Corots :<br> Voici hannetonner leurs tropes...<br> <br> Ils sont familiers du Grand Truc !...<br> Et couch dans les glaeuls, Favre<br> Fait son cillement aqueduc,<br> Et ses reniflements  poivre !<br> <br> La grand ville a le pav chaud<br> Malgr vos douches de ptrole,<br> Et dcidment, il nous faut<br> Vous secouer dans votre rle...<br> <br> Et les Ruraux qui se prlassent<br> Dans de longs accroupissements,<br> Entendront des rameaux qui cassent<br> Parmi les rouges froissements !<br> <br> <br> <br> <font size="4"> Dpart<br> <br> </font> Assez vu. La vision s'est rencontre  tous les airs.<br> Assez eu. Rumeurs des villes, le soir, et au soleil, et toujours.<br> Assez connu. Les arrts de la vie. -  Rumeurs et Visions !<br> Dpart dans l'affection et le bruit neufs !<br> <br> <br> <br> <font size="4"> Entends comme brame<br> <br> </font> Entends comme brame<br> prs des acacias<br> en avril la rame<br> viride du pois !<br> <br> Dans sa vapeur nette,<br> vers Phoeb ! tu vois<br> s'agiter la tte<br> de saints d'autrefois...<br> <br> Loin des claires meules<br> des caps, des beaux toits,<br> ces chers Anciens veulent<br> ce philtre sournois...<br> <br> Or ni friale<br> ni astrale ! n'est<br> la brume qu'exhale<br> ce nocturne effet.<br> <br> Nanmoins ils restent,<br> - Sicile, Allemagne,<br> dans ce brouillard triste<br> et blmi, justement !<br> <br> <br> <br> <font size="4"> Est-elle alme ?<br> <br> </font> Est-elle alme ?... aux premires heures bleues<br> Se dtruira-t-elle comme les fleurs feues...<br> Devant la splendide tendue o l'on sente<br> Souffler la ville normment florissante !<br> <br> C'est trop beau ! c'est trop beau ! mais c'est ncessaire<br> - Pour la Pcheuse et la chanson du Corsaire,<br> Et aussi puisque les derniers masques crurent<br> Encore aux ftes de nuit sur la mer pure !<br> <br> <br> <br> <font size="4"> Ftes de la faim<br> <br> </font> Ma faim, Anne, Anne,<br> Fuis sur ton ne.<br> <br> Si j'ai du got, ce n'est gures<br> Que pour la terre et les pierres.<br> Dinn ! dinn ! dinn ! dinn ! Mangeons l'air,<br> Le roc, les charbons, le fer.<br> <br> Mes faims, tournez. Paissez, faims,<br> Le pr des sons !<br> Attirez le gai venin<br> Des liserons ;<br> <br> Mangez<br> Les cailloux qu'un pauvre brise,<br> Les vieilles pierres d'glise,<br> Les galets, fils des dluges,<br> Pains couchs aux valles grises !<br> <br> Mes faims, c'est les bouts d'air noir ;<br> L'azur sonneur ;<br> - C'est l'estomac qui me tire.<br> C'est le malheur.<br> <br> Sur terre ont paru les feuilles !<br> Je vais aux chairs de fruit blettes.<br> Au sein du sillon je cueille<br> La doucette et la violette.<br> <br> Ma faim, Anne, Anne !<br> Fuis sur ton ne.<br> <br> <br> <br> <font size="4"> Jeune mnage<br> <br> </font> La chambre est ouverte au ciel bleu-turquin ;<br> Pas de place : des coffrets et des huches !<br> Dehors le mur est plein d'aristoloches<br> O vibrent les gencives des lutins.<br> <br> Que ce sont bien intrigues de gnies<br> Cette dpense et ces dsordres vains !<br> C'est la fe africaine qui fournit<br> La mre, et les rsilles dans les coins.<br> <br> Plusieurs entrent, marraines mcontentes,<br> En pans de lumire dans les buffets,<br> Puis y restent ! le mnage s'absente<br> Peu srieusement, et rien ne se fait.<br> <br> Le mari a le vent qui le floue<br> Pendant son absence, ici, tout le temps.<br> Mme des esprits des eaux, malfaisants<br> Entrent vaguer aux sphres de l'alcve.<br> <br> La nuit, l'amie oh ! la lune de miel<br> Cueillera leur sourire et remplira<br> De mille bandeaux de cuivre le ciel.<br> Puis ils auront affaire au malin rat.<br> <br> - S'il n'arrive pas un feu follet blme,<br> Comme un coup de fusil, aprs des vpres.<br> -  spectres saints et blancs de Bethlem,<br> Charmez plutt le bleu de leur fentre !<br> <br> <br> <br> <font size="4">L'ternit<br> <br> </font> Elle est retrouve.<br> Quoi ? - L'ternit.<br> C'est la mer alle<br> Avec le soleil.<br> <br> me sentinelle,<br> Murmurons l'aveu<br> De la nuit si nulle<br> Et du jour en feu.<br> <br> Des humains suffrages,<br> Des communs lans<br> L tu te dgages<br> Et voles selon.<br> <br> Puisque de vous seules,<br> Braises de satin,<br> Le Devoir s'exhale<br> Sans qu'on dise : enfin.<br> <br> L pas d'esprance,<br> Nul orietur.<br> Science avec patience,<br> Le supplice est sr.<br> <br> Elle est retrouve.<br> Quoi ? - L'ternit.<br> C'est la mer alle<br> Avec le soleil.<br> <br> <br> <br> <font size="4"> L'toile a pleur rose ...<br> <br> </font> L'toile a pleur rose au cur de tes oreilles,<br> L'infini roul blanc de ta nuque  tes reins ;<br> La mer a perl rousse  tes mammes vermeilles<br> Et l'Homme saign noir  ton flanc souverain.<br> <br> <br> <br> <font size="4"> L'orgie parisienne ou Paris se repeuple<br> <br> </font>  lches, la voil ! Dgorgez dans les gares !<br> Le soleil essuya de ses poumons ardents<br> Les boulevards qu'un soir comblrent les Barbares.<br> Voil la Cit sainte, assise  l'occident !<br> <br> Allez ! on prviendra les reflux d'incendie,<br> Voil les quais, voil les boulevards, voil<br> Les maisons sur l'azur lger qui s'irradie<br> Et qu'un soir la rougeur des bombes toila !<br> <br> Cachez les palais morts dans des niches de planches !<br> L'ancien jour effar rafrachit vos regards.<br> Voici le troupeau roux des tordeuses de hanches :<br> Soyez fous, vous serez drles, tant hagards !<br> <br> Tas de chiennes en rut mangeant des cataplasmes,<br> Le cri des maisons d'or vous rclame. Volez !<br> Mangez ! Voici la nuit de joie aux profonds spasmes<br> Qui descend dans la rue.  buveurs dsols,<br> <br> Buvez ! Quand la lumire arrive intense et folle,<br> Fouillant  vos cts les luxes ruisselants,<br> Vous n'allez pas baver, sans geste, sans parole,<br> Dans vos verres, les yeux perdus aux lointains blancs ?<br> <br> Avalez, pour la Reine aux fesses cascadantes !<br> coutez l'action des stupides hoquets<br> Dchirants ! coutez sauter aux nuits ardentes<br> Les idiots rleux, vieillards, pantins, laquais !<br> <br>  curs de salet, bouches pouvantables,<br> Fonctionnez plus fort, bouches de puanteurs !<br> Un vin pour ces torpeurs ignobles, sur ces tables...<br> Vos ventres sont fondus de hontes,  Vainqueurs !<br> <br> Ouvrez votre narine aux superbes nauses !<br> Trempez de poisons forts les cordes de vos cous !<br> Sur vos nuques d'enfants baissant ses mains croises<br> Le Pote vous dit : "  lches, soyez fous !<br> <br> Parce que vous fouillez le ventre de la Femme,<br> Vous craignez d'elle encore une convulsion<br> Qui crie, asphyxiant votre niche infme<br> Sur sa poitrine, en une horrible pression.<br> <br> Syphilitiques, fous, rois, pantins, ventriloques,<br> Qu'est-ce que a peut faire  la putain Paris,<br> Vos mes et vos corps, vos poisons et vos loques ?<br> Elle se secouera de vous, hargneux pourris !<br> <br> Et quand vous serez bas, geignant sur vos entrailles,<br> Les flancs morts, rclamant votre argent, perdus,<br> La rouge courtisane aux seins gros de batailles<br> Loin de votre stupeur tordra ses poings ardus !<br> <br> Quand tes pieds ont dans si fort dans les colres,<br> Paris ! quand tu reus tant de coups de couteau,<br> Quand tu gis, retenant dans tes prunelles claires<br> Un peu de la bont du fauve renouveau,<br> <br>  cit douloureuse,  cit quasi morte,<br> La tte et les deux seins jets vers l'Avenir<br> Ouvrant sur ta pleur ses milliards de portes,<br> Cit que le Pass sombre pourrait bnir :<br> <br> Corps re magntis pour les normes peines,<br> Tu rebois donc la vie effroyable ! tu sens<br> Sourdre le flux des vers livides en tes veines,<br> Et sur ton clair amour rder les doigts glaants !<br> <br> Et ce n'est pas mauvais. Les vers, les vers livides<br> Ne gneront pas plus ton souffle de Progrs<br> Que les Strix n'teignaient l'il des Cariatides<br> O des pleurs d'or astral tombaient des bleus degrs. "<br> <br> Quoique ce soit affreux de te revoir couverte,&nbsp;<br> Ainsi ; quoiqu'on n'ait fait jamais d'une cit<br> Ulcre plus puant  la Nature verte,<br> Le Pote te dit : " Splendide est ta Beaut ! "<br> <br> L'orage t'a sacre suprme posie ;<br> L'immense remuement des forces te secourt ;<br> Ton oeuvre bout, la mort gronde, Cit choisie !<br> Amasse les strideurs au cur du clairon sourd.<br> <br> Le Pote prendra le sanglot des Infmes,<br> La haine des Forats, la clameur des Maudits ;<br> Et ses rayons d'amour flagelleront les Femmes.<br> Ses strophes bondiront : Voil ! voil ! bandits !<br> <br> - Socit, tout est rtabli : - les orgies<br> Pleurent leur ancien rle aux anciens lupanars :<br> Et les gaz en dlire, aux murailles rougies,<br> Flambent sinistrement vers les azurs blafards !<br> <br> <br> <br> <font size="4"> La maline<br> <br> </font> Dans la salle  manger brune, que parfumait<br> Une odeur de vernis et de fruits,  mon aise<br> Je ramassais un plat de je ne sais quel met<br> Belge, et je m'patais dans mon immense chaise.<br> <br> En mangeant, j'coutais l'horloge, - heureux et coi.<br> La cuisine s'ouvrit avec une bouffe,<br> - Et la servante vint, je ne sais pas pourquoi,<br> Fichu moiti dfait, malinement coiffe<br> <br> Et, tout en promenant son petit doigt tremblant<br> Sur sa joue, un velours de pche rose et blanc,<br> En faisant, de sa lvre enfantine, une moue,<br> <br> Elle arrangeait les plats, prs de moi, pour m'aiser ;<br> - Puis, comme a, - bien sr, pour avoir un baiser, -<br> Tout bas : " Sens donc, j'ai pris 'une' froid sur la joue... "<br> <br> <br> <br> <font size="4"> Larme<br> <br> </font> Loin des oiseaux, des troupeaux, des villageoises,<br> Je buvais, accroupi dans quelque bruyre<br> Entoure de tendres bois de noisetiers,<br> Par un brouillard d'aprs-midi tide et vert.<br> <br> Que pouvais-je boire dans cette jeune Oise,<br> Ormeaux sans voix, gazon sans fleurs, ciel couvert.<br> Que tirais-je  la gourde de colocase ?<br> Quelque liqueur d'or, fade et qui fait suer.<br> <br> Tel, j'eusse t mauvaise enseigne d'auberge.<br> Puis l'orage changea le ciel, jusqu'au soir.<br> Ce furent des pays noirs, des lacs, des perches,<br> Des colonnades sous la nuit bleue, des gares.<br> <br> L'eau des bois se perdait sur des sables vierges,<br> Le vent, du ciel, jetait des glaons aux mares...<br> Or ! tel qu'un pcheur d'or ou de coquillages,<br> Dire que je n'ai pas eu souci de boire !<br> <br> <br> <br> <font size="4"> Le bateau ivre<br> <br> </font> Comme je descendais des Fleuves impassibles,<br> Je ne me sentis plus guid par les haleurs :<br> Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,<br> Les ayant clous nus aux poteaux de couleurs.<br> <br> J'tais insoucieux de tous les quipages,<br> Porteur de bls flamands ou de cotons anglais.<br> Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,<br> Les Fleuves m'ont laiss descendre o je voulais.<br> <br> Dans les clapotements furieux des mares,<br> Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,<br> Je courus ! Et les Pninsules dmarres<br> N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.<br> <br> La tempte a bni mes veils maritimes.<br> Plus lger qu'un bouchon j'ai dans sur les flots<br> Qu'on appelle rouleurs ternels de victimes,<br> Dix nuits, sans regretter l'il niais des falots !<br> <br> Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sres,<br> L'eau verte pntra ma coque de sapin<br> Et des taches de vins bleus et des vomissures<br> Me lava, dispersant gouvernail et grappin.<br> <br> Et ds lors, je me suis baign dans le Pome<br> De la Mer, infus d'astres, et lactescent,<br> Dvorant les azurs verts ; o, flottaison blme<br> Et ravie, un noy pensif parfois descend ;<br> <br> O, teignant tout  coup les bleuits, dlires<br> Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,<br> Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,<br> Fermentent les rousseurs amres de l'amour !<br> <br> Je sais les cieux crevant en clairs, et les trombes<br> Et les ressacs et les courants : je sais le soir,<br> L'Aube exalte ainsi qu'un peuple de colombes,<br> Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !<br> <br> J'ai vu le soleil bas, tach d'horreurs mystiques,<br> Illuminant de longs figements violets,<br> Pareils  des acteurs de drames trs antiques<br> Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !<br> <br> J'ai rv la nuit verte aux neiges blouies,<br> Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,<br> La circulation des sves inoues,<br> Et l'veil jaune et bleu des phosphores chanteurs !<br> <br> J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries<br> Hystriques, la houle  l'assaut des rcifs,<br> Sans songer que les pieds lumineux des Maries<br> Pussent forcer le mufle aux Ocans poussifs !<br> <br> J'ai heurt, savez-vous, d'incroyables Florides<br> Mlant aux fleurs des yeux de panthres  peaux<br> D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides<br> Sous l'horizon des mers,  de glauques troupeaux !<br> <br> J'ai vu fermenter les marais normes, nasses<br> O pourrit dans les joncs tout un Lviathan !<br> Des croulements d'eaux au milieu des bonaces,<br> Et les lointains vers les gouffres cataractant !<br> <br> Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !<br> chouages hideux au fond des golfes bruns<br> O les serpents gants dvors des punaises<br> Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !<br> <br> J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades<br> Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.<br> - Des cumes de fleurs ont berc mes drades<br> Et d'ineffables vents m'ont ail par instants.<br> <br> Parfois, martyr lass des ples et des zones,<br> La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux<br> Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes<br> Et je restais, ainsi qu'une femme  genoux...<br> <br> Presque le, ballottant sur mes bords les querelles<br> Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.<br> Et je voguais, lorsqu' travers mes liens frles<br> Des noys descendaient dormir,  reculons !<br> <br> Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,<br> Jet par l'ouragan dans l'ther sans oiseau,<br> Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses<br> N'auraient pas repch la carcasse ivre d'eau ;<br> <br> Libre, fumant, mont de brumes violettes,<br> Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur<br> Qui porte, confiture exquise aux bons potes,<br> Des lichens de soleil et des morves d'azur ;<br> <br> Qui courais, tach de lunules lectriques,<br> Planche folle, escort des hippocampes noirs,<br> Quand les juillets faisaient crouler  coups de triques<br> Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;<br> <br> Moi qui tremblais, sentant geindre  cinquante lieues<br> Le rut des Bhmots et les Maelstroms pais,<br> Fileur ternel des immobilits bleues,<br> Je regrette l'Europe aux anciens parapets !<br> <br> J'ai vu des archipels sidraux ! et des les<br> Dont les cieux dlirants sont ouverts au vogueur :<br> - Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,<br> Million d'oiseaux d'or,  future Vigueur ?<br> <br> Mais, vrai, j'ai trop pleur ! Les Aubes sont navrantes.&nbsp;<br> Toute lune est atroce et tout soleil amer :<br> L'cre amour m'a gonfl de torpeurs enivrantes.<br>  que ma quille clate !  que j'aille  la mer !<br> <br> Si je dsire une eau d'Europe, c'est la flache<br> Noire et froide o vers le crpuscule embaum<br> Un enfant accroupi plein de tristesse, lche<br> Un bateau frle comme un papillon de mai.<br> <br> Je ne puis plus, baign de vos langueurs,  lames,<br> Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,<br> Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,<br> Ni nager sous les yeux horribles des pontons.<br> <br> <br> <br> <font size="4"> Le buffet<br> <br> </font> C'est un large buffet sculpt ; le chne sombre,<br> Trs vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens ;<br> Le buffet est ouvert, et verse dans son ombre<br> Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants ;<br> <br> Tout plein, c'est un fouillis de vieilles vieilleries,<br> De linges odorants et jaunes, de chiffons<br> De femmes ou d'enfants, de dentelles fltries,<br> De fichus de grand'mre o sont peints des griffons ;<br> <br> - C'est l qu'on trouverait les mdaillons, les mches<br> De cheveux blancs ou blonds, les portraits, les fleurs sches<br> Dont le parfum se mle  des parfums de fruits.&nbsp;<br> <br> -  buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires,<br> Et tu voudrais conter tes contes, et tu bruis<br> Quand s'ouvrent lentement tes grandes portes noires.<br> <br> <br> <br> <font size="4"> Le dormeur du val<br> <br> </font> C'est un trou de verdure o chante une rivire,<br> Accrochant follement aux herbes des haillons<br> D'argent ; o le soleil, de la montagne fire,<br> Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.<br> <br> Un soldat jeune, bouche ouverte, tte nue,<br> Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,<br> Dort ; il est tendu dans l'herbe, sous la nue,<br> Ple dans son lit vert o la lumire pleut.<br> <br> Les pieds dans les glaeuls, il dort. Souriant comme<br> Sourirait un enfant malade, il fait un somme :<br> Nature, berce-le chaudement : il a froid.<br> <br> Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;<br> Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,<br> Tranquille. Il a deux trous rouges au ct droit.<br> <br> <br> <br> <font size="4"> Le loup criait&nbsp;<br> <br> </font> Le loup criait sous les feuilles<br> En crachant les belles plumes<br> De son repas de volailles :<br> Comme lui je me consume.<br> <br> Les salades, les fruits<br> N'attendent que la cueillette ;<br> Mais l'araigne de la haie<br> Ne mange que des violettes.<br> <br> Que je dorme ! que je bouille<br> Aux autels de Salomon.<br> Le bouillon court sur la rouille,<br> Et se mle au Cdron.<br> <br> <br> <br> <font size="4"> Les corbeaux<br> <br> </font> Seigneur, quand froide est la prairie,<br> Quand dans les hameaux abattus,<br> Les longs angelus se sont tus...<br> Sur la nature dfleurie<br> Faites s'abattre des grands cieux<br> Les chers corbeaux dlicieux.<br> <br> Arme trange aux cris svres,<br> Les vents froids attaquent vos nids !<br> Vous, le long des fleuves jaunis,<br> Sur les routes aux vieux calvaires,<br> Sur les fosss et sur les trous<br> Dispersez-vous, ralliez-vous !<br> <br> Par milliers, sur les champs de France,<br> O dorment des morts d'avant-hier,<br> Tournoyez, n'est-ce pas, l'hiver,<br> Pour que chaque passant repense !<br> Sois donc le crieur du devoir,<br>  notre funbre oiseau noir !<br> <br> Mais, saints du ciel, en haut du chne,<br> Mt perdu dans le soir charm,<br> Laissez les fauvettes de mai<br> Pour ceux qu'au fond du bois enchane,<br> Dans l'herbe d'o l'on ne peut fuir,<br> La dfaite sans avenir.<br> <br> <br> <br> <font size="4"> Les trennes des orphelins<br> </font> I<br> <br> La chambre est pleine d'ombre ; on entend vaguement<br> De deux enfants le triste et doux chuchotement.<br> Leur front se penche, encore alourdi par le rve,<br> Sous le long rideau blanc qui tremble et se soulve...<br> - Au dehors les oiseaux se rapprochent frileux ;<br> Leur aile s'engourdit sous le ton gris des cieux ;<br> Et la nouvelle Anne,  la suite brumeuse,<br> Laissant traner les plis de sa robe neigeuse,<br> Sourit avec des pleurs, et chante en grelottant...<br> <br> II<br> <br> Or les petits enfants, sous le rideau flottant,&nbsp;<br> Parlent bas comme on fait dans une nuit obscure.&nbsp;<br> Ils coutent, pensifs, comme un lointain murmure...&nbsp;<br> Ils tressaillent souvent  la claire voix d'or&nbsp;<br> Du timbre matinal, qui frappe et frappe encor&nbsp;<br> Son refrain mtallique en son globe de verre...<br> - Puis, la chambre est glace... on voit traner  terre,&nbsp;<br> pars autour des lits, des vtements de deuil&nbsp;<br> L'pre bise d'hiver qui se lamente au seuil&nbsp;<br> Souffle dans le logis son haleine morose !&nbsp;<br> On sent, dans tout cela, qu'il manque quelque chose...&nbsp;<br> - Il n'est donc point de mre  ces petits enfants,&nbsp;<br> De mre au frais sourire, aux regards triomphants ?&nbsp;<br> Elle a donc oubli, le soir, seule et penche,&nbsp;<br> D'exciter une flamme  la cendre arrache,&nbsp;<br> D'amonceler sur eux la laine et l'dredon&nbsp;<br> Avant de les quitter en leur criant : pardon.<br> Elle n'a point prvu la froideur matinale,<br> Ni bien ferm le seuil  la bise hivernale ?...<br> - Le rve maternel, c'est le tide tapis,<br> C'est le nid cotonneux o les enfants tapis,<br> Comme de beaux oiseaux que balancent les branches,<br> Dorment leur doux sommeil plein de visions blanches !...<br> - Et l, - c'est comme un nid sans plumes, sans chaleur,<br> O les petits ont froid, ne dorment pas, ont peur ;<br> Un nid que doit avoir glac la bise amre...<br> <br> III<br> <br> Votre cur l'a compris : - ces enfants sont sans mre.<br> Plus de mre au logis ! - et le pre est bien loin !...<br> - Une vieille servante, alors, en a pris soin.<br> Les petits sont tout seuls en la maison glace ;<br> Orphelins de quatre ans, voil qu'en leur pense<br> S'veille, par degrs, un souvenir riant...<br> C'est comme un chapelet qu'on grne en priant :<br> - Ah ! quel beau matin, que ce matin des trennes !<br> Chacun, pendant la nuit, avait rv des siennes<br> Dans quelque songe trange o l'on voyait joujoux,<br> Bonbons habills d'or, tincelants bijoux,<br> Tourbillonner, danser une danse sonore,<br> Puis fuir sous les rideaux, puis reparatre encore !<br> On s'veillait matin, on se levait joyeux,<br> La lvre affriande, en se frottant les yeux...<br> On allait, les cheveux emmls sur la tte,<br> Les yeux tout rayonnants, comme aux grands jours de fte,<br> Et les petits pieds nus effleurant le plancher,<br> Aux portes des parents tout doucement toucher...<br> On entrait !... Puis alors les souhaits... en chemise,<br> Les baisers rpts, et la gat permise !<br> <br> IV<br> <br> Ah ! c'tait si charmant, ces mots dits tant de fois !&nbsp;<br> - Mais comme il est chang, le logis d'autrefois :<br> Un grand feu ptillait, clair, dans la chemine,<br> Toute la vieille chambre tait illumine ;<br> Et les reflets vermeils, sortis du grand foyer,<br> Sur les meubles vernis aimaient  tournoyer...<br> - L'armoire tait sans clefs !... sans clefs, la grande armoire !<br> On regardait souvent sa porte brune et noire...<br> Sans clefs !... c'tait trange !... on rvait bien des fois<br> Aux mystres dormant entre ses flancs de bois,<br> Et l'on croyait our, au fond de la serrure<br> Bante, un bruit lointain, vague et joyeux murmure...<br> - La chambre des parents est bien vide, aujourd'hui<br> Aucun reflet vermeil sous la porte n'a lui ;<br> Il n'est point de parents, de foyer, de clefs prises :<br> Partant, point de baisers, point de douces surprises !<br> Oh ! que le jour de l'an sera triste pour eux !<br> - Et, tout pensifs, tandis que de leurs grands yeux bleus,<br> Silencieusement tombe une larme amre,<br> Ils murmurent : " Quand donc reviendra notre mre ? "<br> <br> V<br> <br> Maintenant, les petits sommeillent tristement :<br> Vous diriez,  les voir, qu'ils pleurent en dormant,<br> Tant leurs yeux sont gonfls et leur souffle pnible !<br> Les tout petits enfants ont le cur si sensible !<br> - Mais l'ange des berceaux vient essuyer leurs yeux,<br> Et dans ce lourd sommeil met un rve joyeux,<br> Un rve si joyeux, que leur lvre mi-close,<br> Souriante, semblait murmurer quelque chose...<br> - Ils rvent que, penchs sur leur petit bras rond,<br> Doux geste du rveil, ils avancent le front,<br> Et leur vague regard tout autour d'eux se pose...<br> Ils se croient endormis dans un paradis rose...<br> Au foyer plein d'clairs chante gament le feu...<br> Par la fentre on voit l-bas un beau ciel bleu ;<br> La nature s'veille et de rayons s'enivre...<br> La terre, demi-nue, heureuse de revivre,<br> A des frissons de joie aux baisers du soleil...<br> Et dans le vieux logis tout est tide et vermeil<br> Les sombres vtements ne jonchent plus la terre,<br> La bise sous le seuil a fini par se taire ...<br> On dirait qu'une fe a pass dans cela ! ...<br> - Les enfants, tout joyeux, ont jet deux cris... L,<br> Prs du lit maternel, sous un beau rayon rose,<br> L, sur le grand tapis, resplendit quelque chose...<br> Ce sont des mdaillons argents, noirs et blancs,<br> De la nacre et du jais aux reflets scintillants ;<br> Des petits cadres noirs, des couronnes de verre,<br> Ayant trois mots gravs en or : " A NOTRE MRE ! "<br> <br> <br> <br> <font size="4"> Voyelles<br> <br> </font> A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,<br> Je dirai quelque jour vos naissances latentes :<br> A, noir corset velu des mouches clatantes<br> Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,<br> <br> Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,<br> Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;<br> I, pourpres, sang crach, rire des lvres belles<br> Dans la colre ou les ivresses pnitentes ;<br> <br> U, cycles, vibrements divins des mers virides,<br> Paix des ptis sems d'animaux, paix des rides<br> Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;<br> <br> O, suprme Clairon plein des strideurs tranges,<br> Silences traverss des Mondes et des Anges ;<br> - O l'Omga, rayon violet de Ses Yeux !<br> <br> <br> <br> <font size="4"> Ma bohme<br> <br> </font> Je m'en allais, les poings dans mes poches creves ;<br> Mon paletot aussi devenait idal ;<br> J'allais sous le ciel, Muse ! et j'tais ton fal ;<br> Oh ! l ! l ! que d'amours splendides j'ai rves !<br> <br> Mon unique culotte avait un large trou.<br> - Petit-Poucet rveur, j'grenais dans ma course<br> Des rimes. Mon auberge tait  la Grande-Ourse.<br> - Mes toiles au ciel avaient un doux frou-frou<br> <br> Et je les coutais, assis au bord des routes,<br> Ces bons soirs de septembre o je sentais des gouttes<br> De rose  mon front, comme un vin de vigueur ;<br> <br> O, rimant au milieu des ombres fantastiques,<br> Comme des lyres, je tirais les lastiques<br> De mes souliers blesss, un pied prs de mon cur !<br> </b> <br> <br> </font> </p>  <p><b><font size="4" color="#000080">Arthur Rimbaud</font></b></p> <p align="center"><b><font size="3" color="#000080"><a href="dixn.htm">Retour XIX e Sicle</a></font></b></p>  <p align="center">&nbsp;</p>  <p align="center">&nbsp;</p> <p align="center">&nbsp;</p> <p align="center">&nbsp;</p> <p align="center">&nbsp;</p> <p align="center">&nbsp;</p> <p align="left"><FONT FACE="Bradley Hand ITC" COLOR="#FF0000"><IMG SRC="http://www.compteur.com/cgi-bin/compteur.cpt?ID=78139&amp;num=1" X-CLARIS-USEIMAGEWIDTH X-CLARIS-USEIMAGEHEIGHT ALIGN=bottom> </FONT></p> <P><FONT COLOR="#660000"><SCRIPT LANGUAGE=javascript>WEBO_ZONE=1;   WEBO_PAGE=1;  webogold_ok=0;</SCRIPT> <SCRIPT LANGUAGE=javascript src="http://script.weborama.fr/gold.js"></SCRIPT> <SCRIPT LANGUAGE="">if(webogold_ok==1){webogold_zpi(WEBO_ZONE,WEBO_PAGE,41536);}</SCRIPT> <NOSCRIPT> </FONT><A HREF="http://www.weborama.com"><FONT COLOR="#660000">Mesure d'audience et statistiques</FONT></A><FONT COLOR="#660000"><BR> </FONT><A HREF="http://www.weborama.fr"><FONT COLOR="#660000">Classement des meilleurs sites, chat, sondage</FONT></A></P>  <!-- Start of BelStat.be Counter --> <script type="text/javascript" language="JavaScript"> 		<!-- 		d=document; 		col="";scr=0;b=navigator.appName; 		scr=screen.width+"*"+screen.height; 		ref=escape(document.referrer); 		pag=escape(document.URL); 		if (b != "Netscape") {col=screen.colorDepth} 		else {col=screen.pixelDepth} 		if(col=="undefined"){col="";} 		d.write("<a href=http://www.belstat.be/viewstat.asp?UserID=rlauret target=_blank><img border=0 src=\"http://www.belstat.be/regstat.asp?"); 		d.write("UserID=rlauret&BColor=red&refer=" + ref + "&pag=" + pag + "&b=" + b + "&col=" + col + "&scr=" + scr); 		d.write("\" align=center width=16 height=16 alt=\"Monitored by Belgium Statistics\"></a>"); 		// --> </script> <!-- End of BelStat.be Counter --> <p align="center">&nbsp;</p>  </body>  </html> 
