<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.01 Transitional//EN"> <html> <head>   <title>Document sans titre</title>      <meta http-equiv="Content-Type"  content="text/html; charset=iso-8859-1"> </head>   <body bgcolor="#000000" text="#ffffff">   <blockquote><font color="#00ffff" size="4"  face="Arial, Helvetica, sans-serif"> </font><br>   <font color="#00ffff" size="4" face="Arial, Helvetica, sans-serif">   <div align="center">   <strong>Q U E S T E S</strong></div>  </font>    <div align="center"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Bulletin    des jeunes chercheurs m&eacute;di&eacute;vistes en Sorbonne.<br>    Num&eacute;ro 2 - d&eacute;cembre 2002. </font> </div>     <p><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><br>    </font></p>     <p align="center"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><font  color="#00ffff" size="5">Paysages    de la m&eacute;moire</font></font></p>     <p align="center">&nbsp;</p>     <p align="center"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">"<em>Eveiller    celui qui dort<br>    est un acte ordinaire et quotidien<br>    qui pourrait nous faire fr&eacute;mir.<br>    Eveiller celui qui dort,<br>    c&#8217;est imposer &agrave; l&#8217;autre<br>    l&#8217;interminable prison de l&#8217;univers,<br>    de son temps sans d&eacute;clin ni aurore,<br>    lui r&eacute;v&eacute;ler qu&#8217;il est quelqu&#8217;un ou quelque chose,<br>    soumis au nom qui le d&eacute;voile<br>    et l&#8217;amoncellement des hiers.<br>    C&#8217;est enfreindre son &eacute;ternit&eacute;.<br>    C&#8217;est l&#8217;accabler de si&egrave;cles et d&#8217;&eacute;toiles.<br>    C&#8217;est rendre au temps un autre Lazare<br>    charg&eacute; de souvenirs.<br>    C&#8217;est faire injure &agrave; l&#8217;eau du L&eacute;th&eacute;</em>".<br>    J. L. Borges, Revers.<br>    </font></p>     <p align="right">&nbsp;</p>     <p align="right"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><br>    "Prendre la peine d&#8217;entrer en contact les uns avec les autres, d&#8217;organiser    un s&eacute;minaire, de publier un bulletin : voil&agrave;, de la part de jeunes    doctorants qui pourraient avoir chacun pour seul souci de boucler sa th&egrave;se    au plus vite dans son coin, le signe le plus s&ucirc;r d&#8217;un enthousiasme    g&eacute;n&eacute;reux et vrai pour l&#8217;objet de nos &eacute;tudes, le Moyen    Age. Une universit&eacute;, celle de Paris-Sorbonne, qui est la plus importante    de France pour les disciplines de la m&eacute;moire ; des ma&icirc;tres illustres    dirigeant des th&egrave;ses nombreuses dans tous les domaines des &eacute;tudes    m&eacute;di&eacute;vales : voil&agrave; qui donne &agrave; l&#8217;entreprise    les meilleures chances de succ&egrave;s. Enfin, le premier th&egrave;me retenu    ne pouvait &ecirc;tre mieux choisi. Il n&#8217;est pas d&#8217;enjeu plus important,    s&#8217;agissant d&#8217;une &eacute;poque r&eacute;trospectivement d&eacute;sign&eacute;e    comme un &acirc;ge interm&eacute;diaire, que son inscription dans la m&eacute;moire    et ses repr&eacute;sentations du temps. Il n&#8217;est pas de sujet o&ugrave;   se rencontrent aussi naturellement l&#8217;histoire elle-m&ecirc;me et celle    des id&eacute;es, l&#8217;&eacute;tude de la langue et celle des textes, celle    de l&#8217;imaginaire et des sensibilit&eacute;s.<br>    Puisque les jeunes coll&egrave;gues qui ont pris cette heureuse initiative m&#8217;ont    fait l&#8217;honneur de me demander ma b&eacute;n&eacute;diction, qu&#8217;ils    me permettent, par une indulgence due au grand &acirc;ge, de la faire suivre    d&#8217;une br&egrave;ve hom&eacute;lie, depuis l&#8217;autre rive de la rue    Saint-Jacques comme depuis l&#8217;autre monde. Leurs rencontres seront f&eacute;condes    si elles sont l&#8217;occasion, non seulement d&#8217;&eacute;changer leurs    id&eacute;es et de parler de leurs travaux, mais aussi d&#8217;accro&icirc;tre    leurs comp&eacute;tences. Rappelons-le une fois de plus : on ne peut se pr&eacute;tendre    m&eacute;di&eacute;viste sans connaissance suffisante du latin et sans reconnaissance    du r&ocirc;le fondamental &laquo; des disciplines chartistes &raquo;, comme    on les appelle parfois. L&#8217;&eacute;rudition ne doit pas, certes, st&eacute;riliser    la pens&eacute;e, mais toute pens&eacute;e est faible sans l&#8217;appui de    l&#8217;&eacute;rudition".<br>    </font></p>     <p align="right"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Michel Zink<br>    </font></p>     <p>&nbsp;</p>     <p>&nbsp;</p>     <p>&nbsp;</p>     <p align="center"><font color="#00ffff" size="5"  face="Arial, Helvetica, sans-serif">Paysages    de la m&eacute;moire</font><font  size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><br>    </font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Compte rendu du S&eacute;minaire    des doctorants m&eacute;di&eacute;vistes en Sorbonne<br>    18 novembre 2002<br>    Centre Raspail, Biblioth&egrave;que des M&eacute;di&eacute;vistes, Paris.<br>    </font></p>     <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"> Le terme    de &laquo; m&eacute;moire &raquo; appara&icirc;t comme le r&eacute;ceptacle    et le catalyseur de nombreuses interrogations sur le rapport de l&#8217;homme    avec le temps, temps per&ccedil;u dans une histoire personnelle ou collective,    mais toujours en rapport avec un questionnement sur le sens. R&eacute;v&eacute;latrice    est la dichotomie observ&eacute;e entre les emplois masculins, f&eacute;minins    ou pluriels du terme de &laquo; m&eacute;moire &raquo; : si le m&eacute;moire    d&eacute;signe une mat&eacute;rialit&eacute; (&eacute;crits, comptes,&#8230;)    et si la m&eacute;moire renvoie aux exp&eacute;riences du ressenti (comme processus    psychique de perception des &eacute;v&eacute;nements dans le temps), les m&eacute;moires    - par la neutralisation du masculin et du f&eacute;minin &agrave; travers une    pluralit&eacute; g&eacute;n&eacute;rique - rassemblent la bipartition en proposant    la jonction de la mise par &eacute;crit de ce ressenti.<br>    De nombreuses expressions sont pr&eacute;sentes en ancien fran&ccedil;ais et    en fran&ccedil;ais pour dire ce rapport de l&#8217;&ecirc;tre au temps :   <em>faire    m&eacute;moire de, avoir m&eacute;moire de/en, estre en m&eacute;moire, &agrave;   m&eacute;moire de, depuis/doue m&eacute;moire des hommes, rafra&icirc;chir la    m&eacute;moire, de bonne m&eacute;moire, en m&eacute;moire de, &agrave; la m&eacute;moire    de, avoir une m&eacute;moire de li&egrave;vre, de m&eacute;moire, m&eacute;moire    locale,&#8230;</em> Elles ont toutes pour point commun de figurer la tension    entre pass&eacute;, pr&eacute;sent et futur&#8230; le livre &eacute;tant le    r&eacute;ceptacle, la matrice et le t&eacute;moin de cette tension. Signes de    la difficult&eacute; de joindre m&eacute;moire, histoire et Histoire :<br>    </font></p>     <p align="right"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"> "M&eacute;moire,    histoire : loin d&#8217;&ecirc;tre synonymes, nous prenons conscience que tout    les oppose. La m&eacute;moire est la vie, toujours port&eacute;e par des groupes    vivants et &agrave; ce titre, elle est en &eacute;volution permanente, ouverte    &agrave; la dialectique du souvenir et de l&#8217;amn&eacute;sie, inconsciente    de ses d&eacute;formations successives, vuln&eacute;rable &agrave; toutes les    utilisations et manipulations, susceptible de longues latences et de soudaines    revitalisations. L&#8217;histoire est la reconstruction toujours probl&eacute;matique    et incompl&egrave;te de ce qui n&#8217;est plus. La m&eacute;moire est un ph&eacute;nom&egrave;ne    toujours actuel, un lien v&eacute;cu au pr&eacute;sent &eacute;ternel ; l&#8217;histoire,    une repr&eacute;sentation du pass&eacute;. Parce qu&#8217;elle est affective    et magique, la m&eacute;moire ne s&#8217;accommode que des d&eacute;tails qui    la confortent ; elle se nourrit de souvenirs flous, t&eacute;l&eacute;scopants,    globaux ou flottants, particuliers ou symboliques, sensible &agrave; tous les    transferts, &eacute;crans, censure ou projections. L&#8217;histoire, parce que    op&eacute;ration intellectuelle et la&iuml;cisante, appelle analyse et discours    critique. La m&eacute;moire installe le souvenir dans le sacr&eacute;, l&#8217;histoire    l&#8217;en d&eacute;busque, elle prosa&iuml;se toujours[&#8230;] La m&eacute;moire    s&#8217;enracine dans le concret, dans l&#8217;espace, le geste, l&#8217;image    et l&#8217;objet. L&#8217;histoire ne s&#8217;attache qu&#8217;aux continuit&eacute;s    temporelles, aux &eacute;volutions et aux rapports des choses. La m&eacute;moire    est un absolu et l&#8217;histoire ne conna&icirc;t que le relatif".<br>    P.Nora, <em>Les lieux de m&eacute;moire. La R&eacute;publique</em>, Paris, Gallimard,    1984<br>    cit&eacute; par E. Kattan, <em>Penser le devoir de m&eacute;moire</em>, Paris,    Puf, 2002, p. 145.<br>    </font></p>     <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">C&#8217;est    en ce sens que les pratiques mn&eacute;motechniques dans le domaine musical,    la m&eacute;moire des jongleurs dans les ensenhamens, l&#8217;invention d&#8217;un    nom &laquo; m&eacute;moriel &raquo; pour les princes par les historiographes    m&eacute;di&eacute;vaux, l&#8217;angoisse de l&#8217;oubli dans le cycle arthurien,    la r&eacute;flexion sur la &laquo; fresche m&eacute;moire &raquo; comme enjeu    g&eacute;n&eacute;rique, la construction de la m&eacute;moire &agrave; travers    les fondations pieuses, les r&eacute;flexions autour de deux ouvrages de Mary    Carruthers, ont &eacute;t&eacute;, &agrave; l&#8217;occasion de cette rencontre    autour des &laquo; Paysages de la m&eacute;moire &raquo;, l&#8217;enjeu de questionnements    propices &agrave; mettre en lumi&egrave;re le rapport entre l&#8217;&ecirc;tre    et le temps.</font></p>     <p align="justify">&nbsp;</p>     <p align="justify">&nbsp;</p>     <p align="center"><font color="#00ffff" size="3"  face="Arial, Helvetica, sans-serif"><br>    Musique et m&eacute;moire : quelques pistes de r&eacute;flexion</font><font  size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><br>    Agathe SULTAN</font></p>     <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><br>    La musique entretient des rapports &eacute;troits, tout au long du Moyen Age,    avec la m&eacute;moire. On se rappelle le lien de parent&eacute; entre les Muses    et Mn&eacute;mosyn&eacute; ; on sait aussi que dans la tradition d&#8217;Augustin    et de Bo&egrave;ce, la musique est r&eacute;miniscence du Nombre divin. Si nous    connaissons les implications philosophiques de la notion de musique pour les    m&eacute;di&eacute;vaux, nous avons cependant perdu jusqu&#8217;au souvenir    de la mn&eacute;motechnie musicale telle qu&#8217;elle pouvait &ecirc;tre pratiqu&eacute;e    par les interpr&egrave;tes. <br>    Pens&eacute;e d&egrave;s l&#8217;antiquit&eacute; tardive en termes de rh&eacute;torique,    la musique devrait trouver sa place au sein des arts de m&eacute;moire. Or ceux-ci    semblent privil&eacute;gier les aspects visuels de la mn&eacute;motechnie (imagines    agentes, insistance sur la luminosit&eacute; des lieux). Si la m&eacute;moire    textuelle de l&#8217;orateur passe essentiellement par des images, que dire    de la m&eacute;moire musicale ?<br>    L&#8217;Eglise, elle aussi, forme ses &laquo; orateurs &raquo;. Mais dans cet    enseignement, la m&eacute;moire dite artificielle tient apparemment peu de place    ; du moins n&#8217;est-elle pas explicitement th&eacute;oris&eacute;e. Reste    que la transmission des textes liturgiques par les chantres suppose une discipline    hypermn&eacute;sique, presque enti&egrave;rement orale. Le moine chante par    c&#339;ur le psautier ; le chantre chante par c&#339;ur les offices. La notation    musicale n&#8217;appara&icirc;tra qu&#8217;au IXe si&egrave;cle, mais elle reste    adiast&eacute;matique, c&#8217;est-&agrave;-dire qu&#8217;elle ne pr&eacute;cise    pas les hauteurs des notes. Si le manuscrit peut soutenir la m&eacute;moire    (indiquant les inflexions de la voix par une sorte de ponctuation suscrite &#8211;   les neumes), il ne la suppl&eacute;e pas. <br>    L&#8217;apprentissage du r&eacute;pertoire liturgique s&#8217;op&egrave;re sans    doute en grande partie gr&acirc;ce &agrave; la m&eacute;moire naturelle. La    pratique des declamationes (attest&eacute;e par Augustin) avait pu contribuer    &agrave; la constitution d&#8217;automatismes de pens&eacute;e. Cantillation    et psalmodie montrent l&#8217;importance primordiale de la ponctuation. Pas    de m&eacute;moire sans articulation : &agrave; l&#8217;ordre hi&eacute;rarchis&eacute;   des loci propos&eacute; par le pseudo-Tullius r&eacute;pond l&#8217;ordonnancement    plus lin&eacute;aire des phrases musicales dans la m&eacute;moire du chantre.    Par son r&ocirc;le structurant, le texte permet de retenir une musique tr&egrave;s    orn&eacute;e : ainsi des s&eacute;quences invent&eacute;es par Notker Balbulus    pour r&eacute;soudre le probl&egrave;me de la m&eacute;morisation des longissimae    melodiae de l&#8217;All&eacute;luia. Dans les tonaires, les modes sont class&eacute;s    par ordre et par incipit : on retiendra la m&eacute;lodie caract&eacute;ristique    du premier mode en chantant la formule &laquo; Primum quaerite Regnum Dei &raquo;,    celle du troisi&egrave;me gr&acirc;ce &agrave; &laquo; Tertia die est quod haec    facta sunt &raquo;. Pensons &eacute;galement aux notes de la gamme (Ut, r&eacute;,    mi, fa, sol, la) que l&#8217;apprenti cantor pouvait m&eacute;moriser gr&acirc;ce    &agrave; l&#8217;hymne &agrave; Saint Jean Baptiste. <br>    La diffusion viva voce du r&eacute;pertoire gr&eacute;gorien, ainsi que la technique    de la centonisation (qui revient &agrave; inventer une pi&egrave;ce nouvelle    &agrave; partir de diverses cellules pr&eacute;existantes) impliquent une m&eacute;moire    extr&ecirc;mement dynamique, o&ugrave; transmission, improvisation et cr&eacute;ation    s&#8217;interp&eacute;n&egrave;trent. Une telle m&eacute;moire ne pouvait &ecirc;tre    que prot&eacute;iforme, faisant appel &agrave; l&#8217;ou&iuml;e (m&eacute;moire    naturelle, jeux d&#8217;incipit, de rimes et d&#8217;assonances), &agrave; la    vue (l&#8217;architecture des &eacute;glises et des abbayes, leur d&eacute;coration,    en fait des lieux de r&eacute;manence m&eacute;morielle autant que de r&eacute;sonance    acoustique), voire au toucher (solmisation dite &laquo; guidonienne &raquo;,    chironomie). Ce qui rend le mieux l&#8217;aspect synesth&eacute;sique de cette    m&eacute;moire m&eacute;di&eacute;vale est en d&eacute;finitive le geste musical,    geste re&ccedil;u comme une &eacute;criture int&eacute;rieure. <br>    <br>    </font></p>     <p align="justify">&nbsp;</p>     <p align="center"><font color="#00ffff" size="3"  face="Arial, Helvetica, sans-serif">Le    surnom du prince : la construction de la m&eacute;moire historique par un Rh&eacute;toriqueur<br>    </font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Estelle DOUDET</font></p>     <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><br>    La pratique du surnom donn&eacute; au prince tend &agrave; s&#8217;intensifier    et &agrave; se diversifier dans l&#8217;historiographie des derniers si&egrave;cles    m&eacute;di&eacute;vaux. Les indiciaires bourguignons aiment &agrave; gloser    le nom de leur commanditaire ducal, consonnes et voyelles qui forment comme    l&#8217;alphabet des vertus. George Chastelain (1415-1475), premier d&#8217;entre    eux, pr&eacute;f&egrave;re inventer pour la post&eacute;rit&eacute; des surnoms    qui constitueront le prince en figure litt&eacute;raire.<br>    Le chapitre 41 du Livre II de la Chronique (&eacute;dition Kervyn de Lettenhove,    Bruxelles, 1866-1869, tome II, pp.148-151) se pr&eacute;sente comme un texte    habilement construit dans ce but. La narration &eacute;v&eacute;nementielle    se transforme, gr&acirc;ce &agrave; l&#8217;insertion ironique d&#8217;une vox    populi incongrue (les quenouilles des vieilles), en exploration de l&#8217;adage    que c&#8217;est dans les al&eacute;as de Fortune que resplendit le mieux la    gloire du prince. Chastelain glisse vers l&#8217;invention d&#8217;un premier    surnom pour Philippe le Bon : &laquo; Auguste &raquo;. Le choix est motiv&eacute;   par des raisons historiques (Philippe II &laquo; Auguste &raquo; de Bourgogne    est le digne descendant de Philippe II &laquo; Auguste &raquo; de France), rh&eacute;toriques    (Chastelain, historiographe de la Bourgogne du XVe si&egrave;cle concurrence    Rigord et l&#8217;historiographie dyonisienne officielle du XIIe si&egrave;cle),    symboliques (le signe astrologique de Philippe est le lion, qui est aussi son    symbole h&eacute;raldique et sa principale m&eacute;taphore dans l&#8217;&#339;uvre    de Chastelain&#8230;).<br>    Mais le travail du Rh&eacute;toriqueur ne s&#8217;arr&ecirc;te pas &agrave;   ce r&eacute;sultat d&eacute;j&agrave; satisfaisant. Chastelain ajoute une autre    vox populi inattendue, &laquo; les sarrazines voix &raquo; qui &laquo; clament    [Philippe] le grand duc du Ponant &raquo;. L&#8217;Orient est convoqu&eacute;   pour parer le duc d&#8217;un second surnom, dont le prestige efface cette fois    la puissance cap&eacute;tienne et le lignage &#8211; surnom naturellement invent&eacute;   de toute pi&egrave;ce par Chastelain lui-m&ecirc;me. Ainsi la rh&eacute;torique    &laquo; auguste &raquo; de l&#8217;historiographe augmente la gloire de l&#8217;Auguste    duc, en soulignant la singularit&eacute; d&#8217;un prince, unique en son temps.    L&#8217;&eacute;criture se constitue, dans le m&ecirc;me mouvement, en source    d&#8217;elle-m&ecirc;me : le lion de Bourgogne, le grand duc d&#8217;Occident    renvoient, en fait, &agrave; l&#8217;&eacute;criture de Chastelain et participent    &agrave; sa gloire. Le nom du prince est remplac&eacute; par le surnom litt&eacute;raire    dans la m&eacute;moire des hommes, signe de la complicit&eacute; de l&#8217;&eacute;crivain    et de son commanditaire qui caract&eacute;rise l&#8217;&#339;uvre des premiers    Rh&eacute;toriqueurs.<br>    </font></p>     <p align="justify">&nbsp;</p>     <p align="justify">&nbsp;</p>     <p align="center"><font color="#00ffff" size="3"  face="Arial, Helvetica, sans-serif">Les    fondations pieuses et la construction de la m&eacute;moire. Le cas de Jean Rose,    bourgeois de Meaux du XIVe si&egrave;cle<br>    </font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Micka&euml;l WILMART<br>    </font></p>     <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Au del&agrave;   de l'aspect religieux refl&eacute;tant la pi&eacute;t&eacute; du bienfaiteur,    doter une &eacute;glise ou un &eacute;tablissement eccl&eacute;siastique, fonder    une messe ou mieux une institution de charit&eacute; sont des actions qui s'inscrivent    dans un ph&eacute;nom&egrave;ne plus vaste de construction de la m&eacute;moire    de l'individu. Sa g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; assure, outre le salut de    son &acirc;me, la post&eacute;rit&eacute; d'une bonne r&eacute;putation. Cette    m&eacute;moire prend en premier lieu la forme de l'&eacute;crit : les obituaires    dressent la liste des offices pour les donateurs, conservant ainsi leurs noms    que les g&eacute;n&eacute;rations suivantes continueront &agrave; honorer pour    leurs bienfaits.<br>    Il arrive parfois que la richesse d'un homme l'aide &agrave; d&eacute;passer    la m&eacute;moire &eacute;crite pour une m&eacute;moire de la pierre se dessinant    dans le paysage urbain. Ainsi, Jean Rose, bourgeois de Meaux (Seine-et-Marne)    mort en 1364, est devenu &agrave; travers les si&egrave;cles le h&eacute;ros    de toute une ville. A la mort de son p&egrave;re, Jean Rose h&eacute;rite de    la plus grande fortune de Meaux. Au XIIIe si&egrave;cle, ses anc&ecirc;tres    &eacute;taient des drapiers et c'est sans doute dans cette activit&eacute; qu'il    faut en chercher l'origine. Cette richesse, apparemment largement sup&eacute;rieure    &agrave; celles de ses concitoyens, permet &agrave; Jean Rose de faire de nombreuses    fondations pieuses. Surtout, elle va faire de lui un b&acirc;tisseur.<br>    Son &eacute;pouse Jeanne meurt en 1328. A partir de cette date, il accumule    des biens en vue de fonder une chapelle dans la cath&eacute;drale. Alors que    dans la plupart des villes, les bourgeois fondent l'office de la chapelle ou/et    financent les ornements ou les vitraux, Jean Rose donne l'argent n&eacute;cessaire    &agrave; sa construction. En 1331, la nouvelle chapelle collat&eacute;rale de    la cath&eacute;drale est achev&eacute;e et on y installe l'autel du Saint-Sacrement.    Cette installation n'est sans doute pas anodine dans la construction d'une m&eacute;moire    si on prend en consid&eacute;ration l'importance de la d&eacute;votion des fid&egrave;les    au Saint-Sacrement. Or, Jean Rose fait de cette chapelle &laquo; sa &raquo;   chapelle. Dans un premier temps il y place la s&eacute;pulture de son &eacute;pouse    d&eacute;c&eacute;d&eacute;e et y pr&eacute;voit la sienne. A cette fin, on    r&eacute;alise la pierre tombale du couple, toujours conserv&eacute;e dans la    cath&eacute;drale, qui fait appara&icirc;tre un raffinement sup&eacute;rieur    &agrave; celui des tombes eccl&eacute;siastiques du sanctuaire. La dalle se    caract&eacute;rise par sa polychromie compos&eacute;e d'un calcaire carbonif&egrave;re    noir incrust&eacute; de marbre blanc et d'un mastic color&eacute; dessinant    le relief des v&ecirc;tements. L'analyse de ces divers &eacute;l&eacute;ments    a conduit les historiens de l'art &agrave; rattacher cette tombe aux ateliers    de Tournai. L'empreinte de Jean Rose sur la chapelle est renforc&eacute;e par    la r&eacute;alisation d'une fresque (encore visible au XIXe si&egrave;cle) le    repr&eacute;sentant avec sa femme sur l'un des murs. Aussi, le souvenir de Jean    Rose frappait le fid&egrave;le &agrave; chaque fois qu'il passait devant la    chapelle du Saint-Sacrement.<br>    Cette pr&eacute;sence dans le d&eacute;cor int&eacute;rieur de la cath&eacute;drale    va se doubler d'une autre construction, pr&egrave;s de la porte orientale de    la ville (une des plus passantes) : l'h&ocirc;pital de la Passion fond&eacute;   par Jean Rose en 1356. A cette date, il fait &eacute;difier un &eacute;tablissement    permettant l'accueil de vingt-cinq aveugles et de douze pauvres. Il y ajoute    une &eacute;cole pour dix enfants pauvres de la ville &laquo; habiles &agrave;   apprendre &raquo;. D&egrave;s lors, cet h&ocirc;pital et Jean Rose ne font qu'un    dans l'imaginaire meldois. L'amalgame trouve d'abord son origine dans les actes    touchant les biens de l'&eacute;tablissement. Quand un bien lui est vendu, il    l'est &laquo; &agrave; Jean Rose et aux pauvres de l'h&ocirc;pital de la Passion    &raquo;, montrant le soutien financier du bourgeois. Quand il s'agit d'une donation,    elle est faite &laquo; &agrave; l'h&ocirc;pital de la Passion fond&eacute; par    Jean Rose (ou feu Jean Rose apr&egrave;s son d&eacute;c&egrave;s) &raquo;. L'entourage    du fondateur fait rapidement de la chapelle de l'h&ocirc;pital son sanctuaire.    Dans un premier temps, son fils, avocat au Parlement de Paris, s'y fait inhumer.    Puis vient Guillaume de Marchi&egrave;res en 1376 qui demande &agrave; &eacute;lire    sa &laquo; sepulture ou moustier dudit hospital pres de feu vaillant homme et    sage maistre Jehan Rose fil dudit fondeur &raquo;. Auparavant, il a rappel&eacute;   dans son testament sa d&eacute;votion &laquo; en l'onneur et remembrance de    la tres glorieuse Passion de notre tres douls glorieuls dieu Iehu Crist, de    laquelle noble Passion feu vaillant homme et sage de bonne memoire sire Jehan    Rose jadis bourgeois de Meaulx de son temps &agrave; l'aide la Sainte Trinit&eacute;   fonda l'ospital seant &agrave; Meaulx l&egrave;s la porte Saint Remy &raquo;.    En 1415, Simon Rose, petit-fils du fondateur, se fait &eacute;galement enterrer    dans la chapelle. Quelques ann&eacute;es plus tard, lors de la r&eacute;novation    de celle-ci, on place les armes de Jean Rose au dessus du portail donnant sur    la rue. Enfin, dans les derni&egrave;res d&eacute;cennies du XVe si&egrave;cle    et au cours du XVIe si&egrave;cle, l'h&ocirc;pital de la Passion change progressivement    de nom, devenant pour tous l'h&ocirc;pital Jean Rose.   <br>    L'historiographie de la ville du XVIe au XXe si&egrave;cle se charge alors de    finir de construire la m&eacute;moire d'un &laquo; bienfaiteur de Meaux &raquo;   en ne retenant que la fondation de cet h&ocirc;pital, pourtant le quatri&egrave;me    &eacute;tablissement du genre dans la cit&eacute; apr&egrave;s le Grand H&ocirc;tel-Dieu,    la l&eacute;proserie Saint-Lazare et l'h&ocirc;tel-Dieu Cornillon. Sa qualit&eacute;   de bourgeois fait sans aucun doute de Jean Rose le symbole d'une bourgeoisie    locale prosp&egrave;re et surtout charitable. En 1819, Pierre Navarre, ancien    maire, &eacute;crit dans son Essai historique sur la ville de Meaux : <br>    </font></p>     <p align="right"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Sous le r&egrave;gne    de Jean, fils de Philippe de Valois, la ville de Meaux offroit un homme remarquable    par sa philantropie et le pieux usage de ses richesses. Jean Roze, suivant la    tradition, en avoit acquis de consid&eacute;rables, en achetant des bl&eacute;s    au-dessus du cours, lorsqu'ils &eacute;toient chers ; de mani&egrave;re que    ses greniers &eacute;toient comme autant de magasins pour les temps de disette.    Aussi, loin que le commerce de cette denr&eacute;e ait terni sa m&eacute;moire,    elle est encore aujourd'hui en v&eacute;n&eacute;ration &agrave; Meaux, comme    celle d'un bienfaiteur de cette ville. Entre autres oeuvres pies, il y a fond&eacute;   un h&ocirc;pital, longtemps appel&eacute; de son nom.<br>    </font></p>     <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Cette tradition    de l'origine philanthropique de la fortune de Jean Rose est alors r&eacute;cente    (les historiographes du XVIIIe si&egrave;cle n'en parlent pas) et n'est surtout    fond&eacute;e sur aucun document. Elle est le fruit de l'amalgame de Jean Rose,    plus ancien bourgeois connu de tous et fondateur d'un h&ocirc;pital, et de Nicolas    Tronchon qui sauva la ville de Meaux de la disette en 1789 en ouvrant ses greniers    et vendant son grain &agrave; bon prix. Nicolas Tronchon &eacute;tait alors    devenu le symbole de la solidarit&eacute; et fut d&eacute;cor&eacute; par la    municipalit&eacute;. Il fallait trouver &agrave; cette g&eacute;n&eacute;rosit&eacute;   de l'&eacute;lite briarde une anciennet&eacute; remontant &agrave; des temps    imm&eacute;moriaux. Le fondateur d'un h&ocirc;pital au Moyen Age ne pouvait-il    pas jouer ce r&ocirc;le ? La bourgeoisie du XIXe si&egrave;cle fait donc de    cet &laquo; anc&ecirc;tre &raquo; son h&eacute;ros. Apr&egrave;s avoir envisag&eacute;   de lui &eacute;riger une statue, la municipalit&eacute; donne son nom, en 1846,    &agrave; l'une des art&egrave;res de la ville. Les &eacute;rudits des soci&eacute;t&eacute;s    savantes naissantes, toujours sans consulter des archives pourtant existantes,    se chargent &agrave; leur tour d'entretenir sa m&eacute;moire en insistant uniquement    sur sa g&eacute;n&eacute;rosit&eacute;. Dans les ann&eacute;es 1930, le journal    Le Courrier de Seine-et-Marne cr&eacute;e une rubrique rapportant les opinions    du meldois moyen intitul&eacute;e &laquo; Les propos du bonhomme Jean Rose &raquo;   assimilant l'ensemble de la population de Meaux &agrave; son bienfaiteur. Dans    le m&ecirc;me temps, sa pierre tombale est redress&eacute;e et scell&eacute;e    au mur de la chapelle fond&eacute;e en 1331 pour assurer sa conservation. Les    quelques autres dalles m&eacute;di&eacute;vales sont remis&eacute;es dans les    r&eacute;serves du mus&eacute;e municipal. Seule celle de Jean Rose suscite    encore l'admiration des visiteurs, sous les commentaires bienveillants qui perp&eacute;tuent    la tradition d'une m&eacute;moire reconstruite &agrave; travers les si&egrave;cles.<br>    </font></p>     <p align="justify">&nbsp;</p>     <p align="justify">&nbsp;</p>     <p align="center"><font color="#00ffff" size="3"  face="Arial, Helvetica, sans-serif">&laquo;   La fresche m&eacute;moire &raquo; : g&eacute;n&eacute;ration et r&eacute;g&eacute;n&eacute;ration    dans les Cent Nouvelles Nouvelles<br>    </font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Nelly LABERE<br>    </font></p>     <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Les   <em>Cent    Nouvelles Nouvelles</em> constituent le premier recueil de langue fran&ccedil;aise    &agrave; revendiquer le terme de &laquo; nouvelles &raquo; pour qualifier leur    production narrative. Mais cette primaut&eacute; ne va pas sans un jeu sur le    temps et la m&eacute;moire, y compris sur le mode de la rupture. En effet, employer    le terme de &laquo; nouvelle &raquo; n&#8217;est pas sans implications. <br>    Le substantif &laquo; nouvelle &raquo; inscrit en creux la figure de Boccace    et dessine un rapport de filiation complexe &agrave; travers une m&eacute;moire    auctoriale. Ce sont bien des Cent Nouvelles mais des <em>Cent Nouvelles nouvelles</em>.    De l&#8217;imitation &agrave; l&#8217;&eacute;cart, le jeu r&eacute;f&eacute;rentiel    induit des choix narratifs qui peuvent &ecirc;tre lourds de sens. En effet,    le recueil bourguignon proc&egrave;de &agrave; une modification de poids : il    op&egrave;re le passage entre le terme &laquo; d&eacute;cam&eacute;ron &raquo;   et celui de &laquo; cent nouvelles &raquo; pour d&eacute;signer une production    narrative. Les &laquo; cent nouvelles &raquo; du contenu boccacien deviennent    ainsi dans le recueil bourguignon un marquage g&eacute;n&eacute;rique. Cette    transformation d&#8217;un recueil &agrave; l&#8217;autre engage des enjeux esth&eacute;tiques    qui d&eacute;passeraient le simple jeu sur l&#8217;attestation r&eacute;f&eacute;rentielle    et contiendraient les germes d&#8217;un nouvel art po&eacute;tique. Celui-ci    se fonderait alors sur une exigence : la probl&eacute;matique alliance de la    nouvelle et de la nouveaut&eacute;.<br>    La d&eacute;dicace adress&eacute;e au duc de Bourgogne poursuit le paradoxe,    en faisant appel aux termes de &laquo; fresche memoire &raquo;, pour qualifier    une mati&egrave;re puis&eacute;e essentiellement dans un fonds commun constitu&eacute;   par la circulation de r&eacute;cits anciens. L&agrave; encore, semble-t-il,    la relation de filiation s&#8217;efface au profit d&#8217;une revendication    de &laquo; fra&icirc;cheur &raquo; et de nouveaut&eacute;, de prime abord, probl&eacute;matiques.    Car, interroger la m&eacute;moire, aussi &laquo; fresche &raquo; soit-elle,    c&#8217;est d&eacute;j&agrave; inscrire au c&#339;ur de la nouvelle la question    de la temporalit&eacute;. La mati&egrave;re narrative des Cent Nouvelles Nouvelles    s&#8217;&eacute;labore entre ces deux p&ocirc;les : le &laquo; ja long temps    a &raquo; que le narrateur emploie dans sa d&eacute;dicace pour qualifier les    <em>Cent Nouvelles</em> de Boccace ; et le topos du &laquo; n&#8217;a pas long    temps &raquo; qui rythme l&#8217;ensemble du recueil. C&#8217;est dans cet exc&egrave;s    ou ce d&eacute;faut de temps que se jouerait un des aspects constitutifs de    cette nouveaut&eacute; hautement revendiqu&eacute;e. <br>    Les <em>Cent Nouvelles Nouvelles</em> r&eacute;soudraient ainsi le paradoxe    entre &laquo; fresche memoire &raquo; et reprise de r&eacute;cits anciens par    le recours &agrave; la figure de la g&eacute;n&eacute;ration. Ce choix, sur    le plan de la fiction, pourrait alors s&#8217;offrir comme l&#8217;un des enjeux    de l&#8217;art po&eacute;tique des <em>Cent Nouvelles Nouvelles</em>. Si la    garantie du recours, m&ecirc;me fictif, &agrave; la g&eacute;n&eacute;ration    joue &agrave; plein dans les <em>Cent Nouvelles Nouvelles</em>, c&#8217;est    peut-&ecirc;tre pour que la &laquo; fresche memoire &raquo; devienne, par la    g&eacute;n&eacute;ration, un processus de r&eacute;g&eacute;n&eacute;ration.<br>    </font></p>     <p align="right"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">(Article &agrave;   para&icirc;tre dans le recueil consacr&eacute; &agrave; la &laquo; Circulation    des nouvelles &raquo;, <br>    Journ&eacute;e d&#8217;&eacute;tudes du 24 janvier 2002 de l&#8217;Universit&eacute;   de Zurich, &eacute;tudes r&eacute;unies par Luciano Rossi).<br>    </font></p>     <p align="right">&nbsp;</p>     <p align="right">&nbsp;</p>     <p align="center">&nbsp;</p>     <p align="center"><font color="#00ffff" size="3"  face="Arial, Helvetica, sans-serif">La    m&eacute;moire du jongleur dans les sirventes-ensenhamens occitans</font><font size="2"  face="Arial, Helvetica, sans-serif"><br>    Silv&egrave;re MENEGALDO</font></p>     <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><br>    Dans les trois sirventes-ensenhamens &eacute;dit&eacute;s par F. Pirot, l&#8217;&eacute;nonciateur,    un troubadour, s&#8217;adresse &agrave; un jongleur auquel il reproche, sur    le mode plaisant, son incomp&eacute;tence ou son ignorance, en particulier dans    le domaine de la fiction narrative. D&#8217;o&ugrave; de longues listes d&#8217;oeuvres    (chansons de geste, romans etc.) ou plus exactement de noms de personnages,    dont le jongleur devrait conna&icirc;tre l&#8217;histoire.   <br>    De ces textes occitans on peut rapprocher un monologue dramatique d&#8217;o&iuml;l,    Des deux bordeors ribauz (dans Le Recueil g&eacute;n&eacute;ral des fabliaux    d&#8217;A. de Montaiglon et G. Raynaud) : il s&#8217;agit cette fois d&#8217;un    jongleur invectivant, toujours sur le mode burlesque, un autre jongleur, dont    il stigmatise, entre autres, l&#8217;ignorance, tout en mettant en avant ses    propres connaissances. On retrouve, quoiqu&#8217;abr&eacute;g&eacute;e, le m&ecirc;me    proc&eacute;d&eacute; de la liste de noms personnages, qui joue en outre de    confusions comiques.<br>    Avec de telles listes, ces textes sont susceptibles de poser diverses questions    concernant la m&eacute;moire, si l&#8217;on consid&egrave;re du moins que le    proc&eacute;d&eacute; d&#8217;accumulation n&#8217;est pas purement burlesque,    mais peut, au moins indirectement, constituer un t&eacute;moignage sur le m&eacute;tier    de jongleur. Parmi ces questions, celle d&#8217;abord qui concerne la capacit&eacute;   m&eacute;morielle des jongleurs, que nos textes laissent supposer tr&egrave;s    importante ; ensuite le type de m&eacute;moire impliqu&eacute; (s&#8217;agit-il    vraiment d&#8217;apprendre des textes &laquo; par cuer &raquo;, comme le pr&eacute;tend    un des bordeors, ou bien de retenir un canevas, sur lequel improviser ensuite,    selon les techniques propres &agrave; la performance orale) ; enfin l&#8217;existence    d&#8217;une mn&eacute;motechnie ou le r&ocirc;le d&#8217;&eacute;ventuels supports    &eacute;crits, tels les fameux &laquo; manuscrits de jongleurs &raquo;.<br>    Autant de questions aux quelles nos textes ne permettent pas de r&eacute;pondre,    mais qu&#8217;ils nous invitent, au-del&agrave; de l&#8217;exag&eacute;ration    qui leur est propre, &agrave; nous poser.<br>    </font></p>     <p align="justify">&nbsp;</p>     <p align="justify">&nbsp;</p>     <p align="center"><font color="#00ffff" size="3"  face="Arial, Helvetica, sans-serif">M&eacute;moire    et oubli dans quelques romans arthuriens<br>    </font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Pierre LEVRON   <br>    </font></p>     <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Si les interventions    pr&eacute;c&eacute;dentes se sont attach&eacute;es &agrave; l&#8217;&eacute;tude    de l'invention et de la conservation de la m&eacute;moire, il s&#8217;agissait    de s&#8217;int&eacute;resser ici au ph&eacute;nom&egrave;ne inverse : la perte    de la m&eacute;moire et ce, dans un genre litt&eacute;raire centr&eacute; paradoxalement    sur sa conservation, le roman arthurien. Il appara&icirc;t, &agrave; la lecture    de quelques textes arthuriens, que la perte de m&eacute;moire est intimement    li&eacute;e &agrave; une crise intellectuelle capitale, la m&eacute;lancolie    - &agrave; consid&eacute;rer au sens d'un accident psychique et non comme temp&eacute;rament    qui conserve - qui est un &eacute;tat qui inverse les propri&eacute;t&eacute;s    intellectuelles de ceux qu'il touche. <br>    La perte de la m&eacute;moire poss&egrave;de trois grandes cat&eacute;gories    de manifestations : le d&eacute;lire, tout d'abord. Les exemples d'Yvain (dans    le roman &eacute;ponyme) de Tristan (dans le Tristan en Prose), et de Lancelot    (dans le Lancelot en Prose) montrent que les comportements instinctifs se substituent    aux donn&eacute;es conscientes, y compris le souvenir des rep&egrave;res les    plus &eacute;l&eacute;mentaires. Les personnages ne sortent de ce type de crise    qu'&agrave; l'aide d'une intervention ext&eacute;rieure, parfois magique. Le    second type important de perte de m&eacute;moire concerne des effondrements    intellectuels dus &agrave; ce que j'appelle la diversion m&eacute;lancolique,    soit un moment o&ugrave; l'esprit est envahi par une pens&eacute;e obsessionnelle    violente qui dissout toute conscience actuelle. Les romanciers la mettent parfois    en sc&egrave;ne en montrant leur h&eacute;ros qui perd le contr&ocirc;le de    son cheval ; ce dernier, toujours las et assoiff&eacute; en pareil cas, saute    dans un cours d'eau! Une pens&eacute;e amoureuse peut causer ce genre de p&eacute;rip&eacute;ties    (Lancelot dans le Chevalier de la Charette et dans le Lancelot en Prose), mais    la col&egrave;re peut aussi la motiver (Palam&egrave;de dans le Tristan en Prose).    L&agrave; encore, l'intervention ext&eacute;rieure imm&eacute;diate est la r&egrave;gle    g&eacute;n&eacute;rale pour l'issue de la crise - hormis pour Palam&egrave;de,    qui retourne &agrave; la conscience et parvient &agrave; sortir de la rivi&egrave;re    (en perdant toutefois son cheval). Je n'ai rencontr&eacute; l'oubli de Dieu    que dans le Conte du Graal. Perceval y accomplit des actes tr&egrave;s conscients    en surface (une carri&egrave;re chevaleresque brillante) mais exclut Dieu de    sa m&eacute;moire, et se trouve donc en &eacute;tat de damnation (Gautier de    Coinci l'affirme aussi dans un registre tr&egrave;s diff&eacute;rent, &agrave;   propos des religieux renon&ccedil;ant temporairement &agrave; leur vocation).    Ici aussi, l'intervention ext&eacute;rieure est de mise : le chevalier rencontre,    lors d'un vendredi saint, un groupe de p&eacute;nitents qui l'enverra vers son    oncle, l'ermite. Ici, l'effondrement th&eacute;ologique est intimement li&eacute;   au &laquo; p&eacute;ch&eacute; originel &raquo; de Perceval quittant sa m&egrave;re    et ne pouvant satisfaire &agrave; la vocation biblique de son lignage.   <br>    Nous avons donc un ph&eacute;nom&egrave;ne polyvalent et important d&egrave;s    lors qu'il met en cause les liens &eacute;thiques entre l'homme et le monde    sensible ou divin, la m&eacute;lancolie &eacute;tant justement une crise qui    abstrait l'individu de ce qui l'entoure. <br>    </font></p>     <p align="justify">&nbsp;</p>     <p align="justify">&nbsp;</p>     <p align="center"><font color="#00ffff" size="3"  face="Arial, Helvetica, sans-serif">&laquo;   La machine de la m&eacute;moire &raquo;. Autour du r&eacute;cent livre de Mary    Carruthers.</font><font  size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><br>    Andrea MARTIGNONI</font></p>     <p align="right"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><br>    &laquo; Ce mythe &#8211; celui de Mn&eacute;mosyne &#8211; place la m&eacute;moire    au commencement, fait d&#8217;elle la matrice o&ugrave; s&#8217;inventent tous    les arts humains, o&ugrave; prennent naissance toutes les fabriques de l&#8217;homme,    y compris la fabrique des id&eacute;es &raquo;. <br>    Mary Carruthers, &laquo; Machina memorialis &raquo;, p. 13.<br>    </font></p>     <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">La m&eacute;moire    a bien une histoire, une longue histoire qui se d&eacute;ploie dans le temps    entre ruptures et continuit&eacute;s. Les enqu&ecirc;tes de la linguiste anglaise    Mary Carruthers s&#8217;inscrivent justement dans cette histoire et plus particuli&egrave;rement    dans ses pulsations et ses visages &agrave; l&#8217;&eacute;poque m&eacute;di&eacute;vale.    Un long Moyen Age qu&#8217;elle a sillonn&eacute; &#8211; en deux temps &#8211;   &eacute;claircissant les m&eacute;canismes qui lui sont propres et qui en font    un v&eacute;ritable laboratoire o&ugrave; pens&eacute;e antique et cr&eacute;ativit&eacute;   innovatrice se fr&ocirc;lent, dansent ensemble, se s&eacute;parent, se confrontent,    et se nourrissent l&#8217;une et l&#8217;autre. Il est une heureuse &eacute;piphanie    pour le public francophone : la traduction du deuxi&egrave;me temps de la r&eacute;flexion    de Carruthers qui a &eacute;t&eacute; suivie tout r&eacute;cemment &#8211; &eacute;trange    destin &#8211; par la publication, cette fois-ci chez Macula, de son premier    livre The Book of Memory. Si dans son premier essai, l&#8217;auteur s&#8217;&eacute;tait    int&eacute;ress&eacute; de pr&egrave;s &agrave; l&#8217;univers de la m&eacute;moire    au cours de la p&eacute;riode scolastique, elle se r&eacute;f&egrave;re dans    son Machina memorialis surtout &agrave; la culture monastique. <br>    Un livre dense, &agrave; travers lequel le lecteur p&eacute;n&egrave;tre dans    les rouages, les strat&eacute;gies, et les alchimies d&#8217;une ars memoriae    qui se veut technique mn&eacute;monique aux multiples facettes. Un travail de    et sur la m&eacute;moire, accompli par la pens&eacute;e monastique qui vise    &agrave; &eacute;laborer un &laquo; savoir-faire &raquo;, une machine &agrave;   penser, une machine &agrave; souvenirs, et par l&agrave; une machine d&#8217;inventivit&eacute;   et de cr&eacute;ation. C&#8217;est alors que la meditatio monastica est envisag&eacute;e    avant tout comme processus et produit rh&eacute;toriques &agrave; travers lesquels    se fabriquent et se fa&ccedil;onnent les &laquo; pens&eacute;es relatives &agrave;   Dieu &raquo;. Il s&#8217;agit donc de mieux d&eacute;finir, comme le rappelle    l&#8217;auteur d&egrave;s les premi&egrave;res pages, une orthopraxie cr&eacute;atrice    de pens&eacute;e et de langage, entre rem&eacute;moration et inventivit&eacute;,    qui fonde et qui structure la pratique monastique de la m&eacute;ditation. C&#8217;est    alors que le lecteur est invit&eacute; &agrave; penser la memoria m&eacute;di&eacute;vale    comme une &laquo; universelle machine &agrave; penser, &agrave; la fois le moulin    o&ugrave; chacun broie le grain de son exp&eacute;rience pour produire une farine    mentale qui, boulang&eacute;e, donnera un nouveau pain de qualit&eacute;, et    le palan ou le treuil que tout ma&icirc;tre ma&ccedil;on avis&eacute; apprend    fabriquer et &agrave; utiliser dans la construction de nouveaux agencements    &raquo; (p. 13). C&#8217;est au c&#339;ur cette m&eacute;taphore farineuse que    r&eacute;side toute la tension r&eacute;fl&eacute;chissante du livre de Carruthers    qui, &agrave; travers visions oniriques, techniques de m&eacute;ditation, pri&egrave;res,    images, s&#8217;interroge sur le lien entre m&eacute;ditation et m&eacute;moire.    <br>    La publication, encore toute r&eacute;cente, de son premier ouvrage sur la m&eacute;moire,    invite v&eacute;ritablement &agrave; s&#8217;approcher de la complexit&eacute;   et de la vari&eacute;t&eacute;, parfois d&eacute;routantes, des paysages de    la m&eacute;moire et de ses techniques au Moyen Age. Pour Machina memorialis,    il convient de remarquer quelques absences, signal&eacute;es entre autres lors    du s&eacute;minaire de Jean-Claude Schmitt &agrave; l&#8217;EHESS, qui peuvent    surprendre les lecteurs les plus avis&eacute;s. La premi&egrave;re concerne    ce qu&#8217;au Moyen Age on d&eacute;finit par le terme de memoria lui-m&ecirc;me,    c&#8217;est-&agrave;-dire le langage et les rituels liturgiques qui tissent    le dialogue entre les vivants et les morts. Pensons &agrave; l&#8217;importance    par exemple des libri memoriales. L&#8217;autre absence regrettable se trouve    dans la bibliographie. Celle-ci, notamment &#8211; juste pour citer un exemple    &#8211; dans l&#8217;absence de r&eacute;f&eacute;rences &agrave; Pierre Nora,    est essentiellement anglo-saxonne. Cela para&icirc;t encore plus &eacute;tonnant    dans une &eacute;poque historiographique qui doit et qui devrait se nourrir    d&#8217;interdisciplinarit&eacute; et de dialogue entre les diff&eacute;rentes    &eacute;coles de pens&eacute;e. <br>    Conscients de cela, ouvrons l&eacute;g&egrave;rement la premi&egrave;re page    et, dans la sacralit&eacute; du silence, abandonnons-nous, au fil des mots,    &agrave; un voyage passionnant et enrichissant dans les m&eacute;andres des    multiples visages de la &laquo; m&eacute;moire &raquo; que Mary Carruthers sort    de l&#8217;oubli. <br>    </font></p>     <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Pour les    r&eacute;f&eacute;rences exactes de l&#8217;ouvrage de Mary CARRUTHERS :<br>    &laquo; Machina memorialis &raquo;. M&eacute;ditation, rh&eacute;torique et    fabrication des images au MoyenAge, trad. fran&ccedil;aise de The Craft of Thought.    Meditation, Rhetoric, and the Making of Images (400-1200) par F. Durand-Bogaert,    Paris, Gallimard, Biblioth&egrave;que des Histoires, 2002 (1998).<br>    </font></p>     <p align="justify">&nbsp;</p>     <p align="justify">&nbsp;</p>     <p align="center"><font color="#00ffff" size="3"  face="Arial, Helvetica, sans-serif">In    Memoriam.<br>    Compte-rendu du Livre de la M&eacute;moire. La m&eacute;moire dans la culture    m&eacute;di&eacute;vale de Mary Carruthers (Paris, Macula, &laquo; Argo &raquo;,    2002, 428 p.)</font><font size="2"  face="Arial, Helvetica, sans-serif"><br>    Craig BAKER<br>    </font></p>     <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">On attendait    de tout jeune moine qu'il apprenne par c&#339;ur les psaumes en entier ; cet    apprentissage prenait en moyenne deux &agrave; trois ans, mais un &eacute;tudiant    dou&eacute; pouvait l'accomplir en six mois. Augustin raconte d'un de ses condisciples    qu'on pouvait lui demander le dernier, ou l'avant dernier vers de chaque chant    de l'Eneide, et qu'il les r&eacute;citait dans l'ordre sans h&eacute;sitation.    Des proches de saint Thomas d'Aquin racontent qu'il a compos&eacute; mentalement    la Catena aurea et la Summa theologica et qu'il les a ensuite dict&eacute;es    de m&eacute;moire aux copistes. Dans tous les cas, il faut se rappeler qu'il    s'agit l&agrave; non d'une m&eacute;moire &laquo; naturelle &raquo;, mais d'une    m&eacute;moire entra&icirc;n&eacute;e, form&eacute;e selon les principes de    la mn&eacute;motechnie.<br>    La valorisation de la m&eacute;moire doit &ecirc;tre soigneusement distingu&eacute;e    de l'opposition culture orale/ culture &eacute;crite. On ne constate aucun changement    important apr&egrave;s l'invention de l'imprimerie. Le livre n'est pas con&ccedil;u    au Moyen Age comme un instrument qui &laquo; remplace &raquo; la m&eacute;moire,    mais plut&ocirc;t comme un aide-m&eacute;moire. D'ailleurs, tous les textes    qui parlent de m&eacute;moire et de mn&eacute;motechnie ont &eacute;t&eacute;   &eacute;labor&eacute;s dans des cercles d'intellectuels lettr&eacute;s (culture    &laquo; &eacute;crite &raquo;). <br>    Une des techniques pour apprendre par c&#339;ur un texte consiste &agrave; le    diviser en segments et d'associer chaque segment &agrave; un num&eacute;ro.    Le fait doit &ecirc;tre rappel&eacute; quand on consid&egrave;re l'organisation    des textes dans les manuscrits. Une structure apparente, avec divisions et sous-divisions    (comme pour la Bible) n'indique pas forc&eacute;ment le passage &agrave; une    culture de l'&eacute;crit, o&ugrave; le livre serait devenu un simple ouvrage    de r&eacute;f&eacute;rence. Les chiffres rel&egrave;vent bien plus de la mn&eacute;motechnie.    Parlant des divisions du texte biblique, Langton d&eacute;clare qu'il faut les    respecter scrupuleusement dans la copie, car elles sont pr&eacute;cieuses &laquo;   pour d&eacute;couvrir ce que tu cherches et pour le confier &agrave; la m&eacute;moire    &raquo; [ad inveniendum quod volueris et ad tenendum memoraliter].<br>    D'autres mises en pages rel&egrave;vent aussi de la mn&eacute;motechnie. La    vue est consid&eacute;r&eacute;e comme le sens le plus noble, parce qu'on se    souvient mieux de ce qu'on a vu que de ce qu'on a entendu, senti, go&ucirc;t&eacute;,    etc. Les th&eacute;oriciens de la m&eacute;moire conseillent d'associer une    image &agrave; ce qu'on veut retenir. Dans le cas d'un texte &eacute;crit, ils    conseillent d'utiliser toujours le m&ecirc;me manuscrits et d'en fixer les caract&eacute;ristiques    de chaque page. D'o&ugrave; l'alternance d'initiales de couleurs diff&eacute;rentes,    de lettrines qui se ressemblent &laquo; sans &ecirc;tre identiques &raquo;.    D'o&ugrave; aussi les tables dans certains manuscrits latins : division en colonnes,    puis par unit&eacute;s de quatre ou cinq, propres &agrave; &ecirc;tre regroup&eacute;es    et m&eacute;moris&eacute;es ensemble.<br>    La pr&eacute;sence de rubriques qui r&eacute;sument le contenu ou l'argumentation    d'une partie peut &eacute;galement &ecirc;tre mise en rapport avec la mn&eacute;motechnie.    On distingue la memoria ad verbum et la memoria ad res : la premi&egrave;re    est un apprentissage mot-&agrave;-mot, la seconde une m&eacute;morisation de    l'encha&icirc;nement des id&eacute;es. Ce que l'on consid&egrave;re comme le    signe d'une plus grande d&eacute;pendance sur l'&eacute;crit (pour pouvoir trouver    rapidement un passage), n'est souvent que la mise en &eacute;vidence d'une technique    destin&eacute;e &agrave; faciliter la m&eacute;morisation.<br>    </font></p>     <p align="justify">&nbsp;</p>     <p align="justify">&nbsp;</p>     <p align="justify">&nbsp;</p>     <p align="center"><font color="#00ffff" size="3"  face="Arial, Helvetica, sans-serif">Paysages    de la m&eacute;moire au Moyen Age : choix bibliographique<br>    </font><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><br>    </font></p>     <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">   <br>    &laquo; Memoria &raquo;, in <em>Les tendances actuelles de l&#8217;histoire    du Moyen Age en France et en Allemagne</em>, sous la direction de J.-C. SCHMITT    et O. G. OEXLE, Paris, Publications de la Sorbonne, 2002, pp. 53-126.<br>    ANTOINE (J.-Ph.), &laquo; Ad perpetuam memoriam. Les nouvelles fonctions de    l&#8217;image peinte en Italie : 1250-1400 &raquo;, in <em>M&eacute;langes de    l&#8217;Ecole Fran&ccedil;aise de Rome</em>, C, 1988, 2, pp. 541-615.<br>    BOLZONI (L.), &laquo; Allegorie e immagini della memoria : il Colloquio spirituale    e il ciclo della Torre della Sapienza &raquo;, in EAD., <em>La rete delle immagini.    Predicazione in volgare dalle origini a Bernardino da Siena</em>, Torino, Einaudi,    2002, pp. 47-102.<br>    BORDONE (R.), <em>Memoria del tempo e comportamento cittadino nel Medioevo italiano</em>,    Torino, Scriptorium, 1997, 133 p.<br>    CARRUTHERS (M.), <em>Machina memorialis. M&eacute;ditation, rh&eacute;torique    et fabrication des images au Moyen Age</em>, trad. de l&#8217;anglais par F.    DURAND-BOGUERT, Paris, Gallimard, 2002 (1998), 463 p.<br>    CARRUTHERS (M.), <em>The Book of Memory. A Study of Memory in Medieval Culture</em>,    Cambridge, Cambridge University Press, 1992, 393 p. (traduction fran&ccedil;aise    chez Macula)<br>    CLANCHY (M. T.), <em>From Memory to Written Records (1066-1300)</em>, 2e &eacute;d.,    Oxford, Blackwell, 1993, 407 p.<br>    COLMAN (J.), <em>Ancient and Medieval Memories. Studies in the Reconstruction    of the Past</em>, Cambridge, Cambridge University Press, 1992, 646 p.<br>    DECK (P.), &laquo; M&eacute;moire &raquo;, in <em>Dictionnaire du Moyen Age</em>,    sous la direction de C. GAUVARD, A. DE LIBERA et M. ZINK, Paris, Puf, 2002,    pp. 900-901.<br>    <em>Faire m&eacute;moire. Souvenir et comm&eacute;moration au Moyen Age</em>,    sous la direction de C. CAROZZI,, et H. TAVIANI-CAROZZI, Aix-en-Provence, Publications    de l&#8217;Universit&eacute; de Provence, 1999, 368 p.<br>    GEARY (P. J.), &laquo; M&eacute;moire &raquo;, in <em>Dictionnaire raisonn&eacute;   de l&#8217;Occident m&eacute;di&eacute;val</em>, sous la direction de J. LE    GOFF et J.-C. SCHMITT, Paris, Fayard, 1999, pp. 684-698.<br>    GEARY (P. J.), <em>La m&eacute;moire et l'oubli &agrave; la fin du premier mill&eacute;naire</em>,    Paris, Aubier/Collection historique, 1996, 338 p.<br>    HALBWACHS (M.), <em>La m&eacute;moire collective</em>, 2e &eacute;d., Paris,    Puf, 1968, 204 p. <br>    HALBWACHS (M.),<em> La topographie l&eacute;gendaire des &Eacute;vangiles en    Terre sainte : &eacute;tude de m&eacute;moire collective</em>, 2e &eacute;d.,    Paris, Puf, 1971, 174 p.<br>    HALBWACHS (M.), <em>Les cadres sociaux de la m&eacute;moire</em>, Paris, F.    Alcan, 1935, 404 p.<br>    <em>Jeux de m&eacute;moire. Aspects de la mn&eacute;motechnie m&eacute;di&eacute;vale</em>,    sous la direction de B. ROY et P. ZUMTHOR, Montr&eacute;al-Paris, Vrin-Presses    de l&#8217;Universit&eacute; de Montr&eacute;al, 1985.<br>    KEMP (W.), &laquo; Visual Narratives, Memory and Medieval Esprit du Syst&egrave;me    &raquo;, in <em>Images of Memory : on Remembering and Representation</em>, sous    la direction de W. MELION et S. KUECHLER, Washington, Smithsonian Institution    Press, 1991, pp. 87-108.<br>    <em>La cultura della memoria</em>, sous la direction de L. BOLZONI et P. CORSI,    Bologna, Il Mulino, 1992, 395 p.<br>    LE GOFF (J.), <em>Histoire et m&eacute;moire</em>, Paris, Gallimard, 1988, 409    p.<br>    <em>Les lieux de m&eacute;moire</em>, sous la direction de Pierre NORA, Paris,    Gallimard, 1984, 3 voll. <br>    <em>Memoria : der geschichtliche Zeugniswert des liturgischen Gedenkens im Mittelalter,    Bestandteil des Quellenwerkes Societas et fraternitas</em>, Actes du colloque    international, 27-30 mai 1980, M&uuml;nster, sous la direction de K. SCHMID    et J. WOLLASCH, Munich, W. Fink, 1984, 786 p.<br>    OEXLE (O. G.), &laquo; Memoria und Memorial&uuml;berlieferung &raquo;, in <em>Fr&uuml;hmittelaterliche    Studien</em>, t. X, 1976, pp. 70-95.<br>    ROSSI (P.), <em>Il passato, la memoria, l&#8217;oblio : otto saggi di storia    delle idee</em>, Bologna, Il Mulino, 2001, 251 p.<br>    ROSSI (P.), <em>Arti della memoria e logica combinatoria da Lullo a Leibniz</em>,    Milano-Napoli, Ricciardi, 1960.<br>    <em>Temps, m&eacute;moire, tradition au Moyen Age</em>, Actes du XIIIe Congr&egrave;s    de la Soci&eacute;t&eacute; des historiens m&eacute;di&eacute;vistes de l&#8217;enseignement    sup&eacute;rieur public, Aix-en-Provence, 4-5 juin 1982 ; Aix-en-Provence, Universit&eacute;   de Provence, 1983, 279 p.<br>    YATES (F. A.), <em>L&#8217;Art de la m&eacute;moire</em>, trad. fran&ccedil;aise    par D. Arasse, Paris, Gallimard, 1987, 432 p.<br>    </font></p>     <p align="justify">&nbsp;</p>     <p align="center"><font color="#00ffff" size="4"  face="Arial, Helvetica, sans-serif">En    Questes<br>    </font></p>     <p align="center">&nbsp;</p>     <p align="justify"><font color="#00ffff" size="3"  face="Arial, Helvetica, sans-serif">Carnet    rose</font><font size="2"  face="Arial, Helvetica, sans-serif"><br>    </font></p>     <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Nous avons    la joie de vous informer de la soutenance de la th&egrave;se d&#8217;Estelle    DOUDET, sous la direction de Mme J. Cerquiglini-Toulet et portant sur &laquo;   Un cristal muci&eacute; en un coffre. Po&eacute;tique de George Chastelain (1415-1475)    &raquo;. Elle s&#8217;est d&eacute;roul&eacute;e &agrave; la Sorbonne le 23    novembre 2002 en pr&eacute;sence de Jean Dufournet, Claude Thiry, Jean-Claude    M&uuml;hlethaler, Dominique Boutet, Fran&ccedil;ois Cornilliat. Estelle a obtenu    le grade de docteur, mention Tr&egrave;s Honorable, avec f&eacute;licitations    du Jury &agrave; l&#8217;unanimit&eacute;.<br>    </font></p>     <p align="justify">&nbsp;</p>     <p align="justify"><font color="#00ffff" size="3"  face="Arial, Helvetica, sans-serif">Nouvelles    &eacute;ditions<br>    </font></p>     <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">* Jehan    Wauquelin, <em>La Belle H&eacute;l&egrave;ne de Constantinople</em>, mise en    prose d'une chanson de geste &eacute;dit&eacute;e par Marie-Claude de Cr&eacute;cy,    Gen&egrave;ve, Droz, 2002. <br>    C'est une &eacute;dition critique d'un roman en prose d&eacute;rim&eacute; inspir&eacute;   par une chanson de geste du XIV&egrave;me si&egrave;cle. H&eacute;l&egrave;ne    est une sainte victime des d&eacute;sirs incestueux de son p&egrave;re (peut-on    faire un rapprochement avec la Manekine de Philippe de Beaumanoir?). Les nombreuses    p&eacute;rip&eacute;ties enrichissent une perspective &eacute;difiante...<br>    </font></p>     <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">*   <em>Le    Violier des Histoires Rommaines</em>, &eacute;dit&eacute; par Geoffroy Hope,    Gen&egrave;ve, Droz, 2002. <br>    Voici la traduction de cent cinquante et un contes moralis&eacute;s des Gesta    Romanorum, anthologie d'exempla tr&egrave;s populaires au quatorzi&egrave;me    et au quinzi&egrave;me si&egrave;cle. Il est un exemple tardif (paru en 1521)    des recueils d'exempla utilis&eacute;s pour la pr&eacute;dication. Une int&eacute;ressante    traduction fran&ccedil;aise de la Disciplina Clericalis existe : Jacqueline-Lise    Genot-Bismuth, La Discipline de Clergie, Saint-P&eacute;tersbourg, Evropse&iuml;ski    Dom, Paris, Editions de Paris, 2001.<br>    </font></p>     <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">* George    Chastelain, Jean Robertet, Jean de Montferrand,<em> Les Douze Dames de Rh&eacute;torique</em>,    &eacute;dit&eacute;es par David Cowling, Gen&egrave;ve, Droz, 2002.<br>    Ce d&eacute;bat &eacute;pistolaire entre trois auteurs majeurs de la seconde    moiti&eacute; du quinzi&egrave;me si&egrave;cle fait enfin l'objet d'une &eacute;dition    int&eacute;grale contemporaine rempla&ccedil;ant celle de Louis Batissier (qui    date de 1838!). L'int&eacute;r&ecirc;t critique suscit&eacute; par cet ouvrage    fait para&icirc;tre cette &eacute;dition fort &agrave; propos. Je pense &agrave;   l'article d'Estelle Doudet &laquo; Po&eacute;tiques en mouvement: le beau 'd&eacute;bat'    des Douze Dames de Rh&eacute;thorique &raquo; publi&eacute; dans la derni&egrave;re    livraison d' Etudes de Lettres, 4, 2002, pp. 83-103. Puisse cette &eacute;tude    remarquable susciter bon nombre de &laquo; vocations &raquo; critiques...<br>    Publications r&eacute;centes<br>    </font></p>     <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">* Baumgartner    Emmanu&egrave;le, Harf-Lancner Laurence (directrices des travaux),   <em>Seuils    de l'&#339;uvre dans le texte m&eacute;di&eacute;val</em>, Paris, Presses de    la Sorbonne Nouvelle, 2002, 2 tomes.<br>    A l'occasion de la sortie du tome second de cet ouvrage consacr&eacute; &agrave;   une question importante pour l'&eacute;criture m&eacute;di&eacute;vale (il envisage    aussi bien les XIIe et XIIIe si&egrave;cles que la fin du Moyen Age : notons    les contributions de Didier Lechat, &laquo; Proximit&eacute; et silences dans    les prologues de quelques dits de Machaut et de Froissart &raquo;, t. I, pp.    131-146, de Laurence Harf-Lancner, &laquo; Les prologues des 'Chroniques' de    Froissart : de la prouesse du chevalier &agrave; la gloire du clerc &raquo;   m&ecirc;me volume, pp. 147-175, mais elles ne sont pas les seules). L&#8217;ensemble    m&eacute;rite vraiment que l'on s'y arr&ecirc;te. Il a &eacute;t&eacute; manifestement    con&ccedil;u dans la perspective d'une grande repr&eacute;sentativit&eacute;   : les deux langues romanes de la France m&eacute;di&eacute;vale y sont consid&eacute;r&eacute;es    (Fran&ccedil;oise Vieillard r&eacute;fl&eacute;chit sur &laquo; Trobar ou auzir    : les prologues dans la litt&eacute;rature occitane des XII&egrave;mes et XIII&egrave;mes    si&egrave;cles &raquo;, tome II, pp. 179-199) et les dix-neuf contributions    examinent des genres litt&eacute;raires comme le roman en prose avec Annie Combes    : &laquo; Le prologue en blanc du Lancelot en Prose &raquo; (tome I, pp. 21-52),    en vers avec Francine Mora : &laquo; Les prologues et les &eacute;pilogues de    H&uuml;e de Rotelande &raquo; (t. I, pp. 97-114), les fabliaux, les recueils    (Sylvie Lef&egrave;vre, &laquo; Prologues de recueils et mise en oeuvre des    textes : Robert de Blois, Christine de Pizan et Antoine de la Sale &raquo;,    t. II, pp. 89-125) entre autres exemples, mais aussi des &eacute;critures didactiques    (Bernard Rib&eacute;mont, &laquo; Encyclop&eacute;die et traduction : le double    prologue du Livre des Propri&eacute;t&eacute;s des Choses &raquo;, t. II, pp.    59-88). Des indications bibliographiques compl&egrave;tent cet ensemble ouvert    et riche, qui enrichit sensiblement le &laquo; mat&eacute;riel critique &raquo;   sur les entr&eacute;es en texte dans la litt&eacute;rature m&eacute;di&eacute;vale.    <br>    </font></p>     <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">*   <em>Philologie    et Subjectivit&eacute;</em>, &eacute;tudes r&eacute;unies par Dominique de Courcelles,    Gen&egrave;ve, Droz, 2002, collection &laquo; Ecole des Chartes &raquo;, 10.<br>    Ici, il s'agit d'examiner la r&eacute;organisation des savoirs induite par l'invention    de la philologie &agrave; partir de la fin du Moyen Age. La recherche philologique    permet de revendiquer une autonomie cr&eacute;atrice, et d'affirmer sa subjectivit&eacute;.    Il semble bien que l'on se trouve au sommet de l'histoire intellectuelle de    la subjectivit&eacute; au Moyen Age, explor&eacute;e par exemple par Michel    Zink pour la litt&eacute;rature du douzi&egrave;me et du treizi&egrave;me si&egrave;cle    (La Subjectivit&eacute; Litt&eacute;raire, Paris, P.U.F, 1985) et m&ecirc;me    envisag&eacute;e dans...les modes de l'&eacute;criture diplomatique! (cf. la    section &laquo; Vaincre la routine: de la cr&eacute;ativit&eacute; en diplomatique    &raquo;, actes du colloque Auctor et Auctoritas, invention et conformisme dans    l'&eacute;criture m&eacute;di&eacute;vale, Paris, Ecole des Chartes, 2001).<br>    </font></p>     <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">*   <em>Le    Livre d'Architecture, XVe-XXe si&egrave;cles</em>, &eacute;dition, repr&eacute;sentations    et biblioth&egrave;ques, journ&eacute;es internationales d'&eacute;tudes des    8 et 9 novembre 2001, sous la direction de Jean-Michel Leniaud et B&eacute;atrice    Bouvier, Gen&egrave;ve, Droz, 2002. <br>    Deux architectures se rencontrent &agrave; la fin du XVe si&egrave;cle: les    b&acirc;timents et le livre. Dans cet ouvrage, plusieurs contributions examinent    les temps modernes et l'histoire contemporaine. La conception de l'architecture    du Moyen Age central est facilit&eacute;e par les dessins du &laquo; Carnet    &raquo; de Villard de Honnecourt; le livre de Roland Bechmann, Villard de Honnecourt    : la pens&eacute;e technique au XIII&egrave;me si&egrave;cle et sa communication,    Paris, Picard, 1993, les commente abondamment (mais il faut "&ecirc;tre    du b&acirc;timent" pour bien saisir les explications!).<br>    </font></p>     <p align="justify">&nbsp;</p>     <p align="justify"><font color="#00ffff" size="3"  face="Arial, Helvetica, sans-serif">L&#8217;esplumoir    virtuel<br>    </font></p>     <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">ORB : http://150.108.2.20/halsall/sbook.html<br>    </font></p>     <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">A tout seigneur,    tout honneur. Le premier compte-rendu de site internet de Questes se devait    d&#8217;&ecirc;tre consacr&eacute; &agrave; &laquo; Online Reference Book &raquo;   de Paul Halsall et h&eacute;berg&eacute; par la prestigieuse universit&eacute;   de Fordham. Sa section m&eacute;di&eacute;vale est un vrai petit bijou pour    tout chercheur, &eacute;tudiant comme professeur.   <br>    Ce site contient des articles et diverses sources secondaires de qualit&eacute;.    Cependant, ce n&#8217;est pas cela que sont venus chercher ses d&eacute;j&agrave;   5 millions de visiteurs. Ses tr&eacute;sors sont les sources primaires dont    il abreuve ses lecteurs. Centr&eacute; sur l&#8217;Europe et le Moyen Orient,    il offre des textes traduits en anglais qui n&#8217;oublient aucun domaine de    recherche, ni aucun auteur. La religion, la politique, la soci&eacute;t&eacute;,    l&#8217;&eacute;conomie, et la litt&eacute;rature sont toutes repr&eacute;sent&eacute;es    tandis que Chr&eacute;tien de Troyes et Jean de Ruysbroeck c&ocirc;toient dans    cette biblioth&egrave;que virtuelle Chaucer, Alain de Lille et Guibert de Nogent.    <br>    La recherche de textes est des plus simples et se fait en trois temps. Tout    d&#8217;abord, par s&eacute;lection d&#8217;une section th&eacute;matique (Carolingiens,    Byzance, France, Croisades, Celtes, Vie et Economie, &#8230;) puis d&#8217;une    sous-section, elle-m&ecirc;me th&eacute;matique ou temporelle. Enfin, par une    recherche directe au sein d&#8217;un index class&eacute; par auteur ou selon    la chronologie marquant la r&eacute;daction des manuscrits. Une fois le texte    tant d&eacute;sir&eacute; trouv&eacute;, comme les d&eacute;crets du Concile    de Vienne ou la Saga des Eyrbyggja, il suffit de l&#8217;enregistrer sur son    disque dur pour le compulser tout &agrave; loisir selon ses besoins et ses envies.<br>    Nul navigateur digne de ce nom n&#8217;omettrait de mettre en favoris ce site    indispensable. Je ne saurais que trop recommander &agrave; tous de se perdre    dans ce d&eacute;dale de savoir et d&#8217;y puiser les &eacute;l&eacute;ments    qui permettront de faire avancer nos connaissances sur le monde m&eacute;di&eacute;val.<br>    </font></p>     <p align="justify">&nbsp;</p>     <p align="justify"><font color="#00ffff" size="3"  face="Arial, Helvetica, sans-serif">**Les prochaines    s&eacute;ances du s&eacute;minaire**<br>    </font></p>     <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Le S&eacute;minaire    des doctorants m&eacute;di&eacute;vistes est une r&eacute;union mensuelle interdisciplinaire,    sise au Centre Raspail de la Sorbonne, 96, bld Raspail, 75014 &#8211; Paris.    Les s&eacute;ances sont libres et toute participation y est la bienvenue.<br>    </font></p>     <p align="center"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><em>Lundi    16 d&eacute;cembre / lundi 27 janvier : Les bruits de la ville.<br>    </em></font></p>     <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Interventions    crois&eacute;es des participants : le charivari urbain dans le Roman de Fauvel    ; l&#8217;&eacute;tude d&#8217;une syntaxe de la parole urbaine chez les Rh&eacute;toriqueurs    ; la &laquo; ville folle &raquo; ou le d&eacute;lire collectif dans les textes    de langue d&#8217;oc ; &laquo; bruit &raquo; et gloire de la ville chez Eustache    Deschamps ; l&#8217;historien m&eacute;di&eacute;viste face aux &laquo; bruits    &raquo; urbains m&eacute;di&eacute;vaux (pr&eacute;sentation du r&eacute;cent    ouvrage de Bernard Guen&eacute;e, L&#8217;opinion publique, paru en 2002).<br>    </font></p>     <p align="center"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><em>F&eacute;vrier    / mars : L&#8217;arbre : images, m&eacute;taphores, fonctions.<br>    </em> </font></p>     <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Interventions    crois&eacute;es des participants : La fonction de l&#8217;arbre dans les &#339;uvres    narratives m&eacute;di&eacute;vales (fabliaux, romans) ; l&#8217;iconographie    de l&#8217;arbre dans les manuscrits ; l&#8217;arbre et l&#8217;&eacute;lagueur,    les auto-portraits de l&#8217;&eacute;crivain moraliste &agrave; la fin du Moyen    Age&#8230;<br>    </font></p>     <p align="justify">&nbsp;</p>     <p align="justify">&nbsp;</p>     <p align="justify">&nbsp;</p>      <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif"><em><font  color="#00ffff">R&eacute;daction    de Questes</font></em> : Nelly Lab&egrave;re, Andrea Martignoni, Pierre Levron.<br>    </font></p>     <p align="justify"><font size="2" face="Arial, Helvetica, sans-serif">Ont particip&eacute;   &agrave; ce num&eacute;ro Silv&egrave;re Menegaldo, Agathe Sultan, Craig Baker,    Micka&euml;l Wilmart, Estelle Doudet.<br>    Tous nos remerciements &agrave; Michel Zink, professeur au Coll&egrave;ge de    France, qui a bien voulu soutenir cette entreprise.<br>    Questes est une publication r&eacute;alis&eacute;e gr&acirc;ce au soutien financier    de l&#8217;UMR &laquo; Etudes et &eacute;ditions de textes du Moyen Age &raquo;,    dirig&eacute;e par Madame J. Cerquiglini-Toulet, et rattach&eacute;e au CNRS.    Le S&eacute;minaire des Doctorants M&eacute;di&eacute;vistes se r&eacute;unit    dans le cadre de l&#8217;Ecole Doctorale I, &laquo; Mondes Anciens et M&eacute;di&eacute;vaux    &raquo;, de l&#8217;Universit&eacute; Paris IV-Sorbonne.<br>    Responsable de Questes : Nelly Labere, labere@free.fr<br>    Secr&eacute;tariat du groupe : Estelle Doudet, edoudet@aol.com</font></p>  <br> </blockquote> </body> </html> 
