<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.01 Transitional//EN"> <html> <head> <title>L'Hotel d'Avaray</title> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> <meta name="keywords" content="ambassade des pays-bas, paris, france, holland, hollande, pays-bas, nerlandais, nerlandaise, hollandais, hollandaise, nederland, nederlands, nederlandse, parijs, frans, franse, franco-nerlandais, franco-nerlandaise, franco-nerlandaises, nerlandaises, hollandaises, royaume, koninkrijk, nederlanden, frankrijk, franais, francophone, ambassade"> <meta name="description" content="Ambassade des Pays-Bas  Paris, France, Nederlandse ambassade te Parijs,  Frankrijk, Institut nerlandais  Paris"> <meta name="robots" content="index,follow"> <meta name="author" content="Michiel van Harten - Sites and Such Ltd - www.sitesandsuch.com"> <link rel="stylesheet" href="../style.css" type="text/css"> </head>  <body> <a name="top"></a> <img src="../images/amb_red.gif" width="750" height="40" alt="Ambassade van het Koninkrijk der Nederlanden"><br> <table width="750" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" bgcolor="#000066">   <tr>      <td width="597" bgcolor="#000066"><img src="../images/spacer.gif" width="1" height="1" alt=""></td>     <td width="28" bgcolor="#ffffff" onMouseOver="this.bgColor='#cc0000'" onMouseOut="this.bgColor='#ffffff'"><a href="../index_uk.htm"><img src="../images/icn_flag_british.gif" width="28" height="20" alt="English version" border="0"></a></td>     <td width="28" bgcolor="#ffffff" onMouseOver="this.bgColor='#cc0000'" onMouseOut="this.bgColor='#ffffff'"><a href="../index_nl.htm"><img src="../images/icn_flag_dutch.gif" width="28" height="20" alt="Dutch version" border="0"></a></td>     <td width="28" bgcolor="#ffffff" onMouseOver="this.bgColor='#cc0000'" onMouseOut="this.bgColor='#ffffff'"><a href="../recherche.htm"><img src="../images/icn_search.gif" width="28" height="20" border="0" alt="Recherche"></a></td>     <td width="28" bgcolor="#ffffff" onMouseOver="this.bgColor='#cc0000'" onMouseOut="this.bgColor='#ffffff'"><a href="mailto:ambassade@amb-pays-bas.fr"><img src="../images/icn_mail.gif" width="28" height="20" alt="Nous contacter" border="0"></a></td>     <td width="28" bgcolor="#ffffff" onMouseOver="this.bgColor='#cc0000'" onMouseOut="this.bgColor='#ffffff'"><a href="../index.htm"><img src="../images/icn_home.gif" width="28" height="20" alt="Accueil" border="0"></a></td>     <td width="13" bgcolor="#000066"><img src="../images/spacer.gif" width="13" height="20" alt=""></td>   </tr> </table> <img src="../images/beeld1.jpg" width="750" height="70" alt=""><br> <table width="750" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">   <tr>      <td width="15">&nbsp;</td>     <td width="185" bgcolor="#666699" align="left" valign="top">        <table width="100%" border="0" cellspacing="8" cellpadding="0" align="center">         <tr align="left" valign="top">            <td width="185" class="mainnav">              Navigation<br>             <a href="../index.htm">Accueil</a><br>             <a href="index.htm">L'Ambassade</a><br>             <a href="../cons/index.htm">Service consulaire</a><br>             <a href="../detail/index.htm">Les Pays-Bas</a><br>             <a href="../actualites/index.htm">Actualit&eacute;s</a><br>             <a href="../faq.htm">Questions fr&eacute;quentes</a><br>             <a href="../actualites/nouveau.htm">Nouveau sur le site</a><br>             <a href="../liens/index.htm">Liens</a><br>             <a href="../recherche.htm">Recherche</a><br><br>             <a href="http://www.institutneerlandais.com/" target="_blank">Institut N&eacute;erlandais</a><br>             <a href="http://www.holland.com/fr/" target="_blank">Informations touristiques</a><br>           </td>         </tr>       </table>     </td>         <td width="550" align="left" valign="top">        <table width="99%" border="0" cellspacing="8" cellpadding="5">         <tr>            <td>              <!--START - Content -->             <h1>L'HTEL D'AVARAY - rsidence de l'Ambassadeur                des Pays-Bas</h1>             <p align="center" class="bodyNormal"><img src="../images/avaray.jpg" alt="Avaray.jpg (17423 bytes)" width="300" height="216"></p>             <p>Extraits de &quot;L'HTEL                D'AVARAY&quot; par Sadi de Gorter</p>             <p>Table                des matires</p>             <ul>               <li><a href="#La mystrieuse aeule">La                  mystrieuse aeule: l'htel des Ambassadeurs de Hollande au Marais</a></li>               <li><a href="#Cinq arpents de terre">Cinq                  arpents de terre: le lieu</a></li>               <li><a href="#L'architecte Le Roux">L'architecte                  Le Roux</a></li>               <li><a href="#Au lieu dit Prs la justice Saint-Germain">Au                  lieu dit &quot;Prs la justice Saint-Germain&quot;: la construction</a></li>               <li><a href="#Les Bsiade d'Avaray en leur Htel">Les                  Bsiade d'Avaray et leur Htel: les propritaires</a></li>               <li><a href="#Rsurrection de la vieille demeure">Rsurrection                  de la vieille demeure: la rnovation de 1920</a></li>               <li><a href="#Rsidence officielle">Rsidence                  officielle: l'intrieur</a></li>               <li><a href="#Un jardin nerlandais de Paris">Un                  jardin nerlandais  Paris: le jardin</a></li>               <li><a href="#Une oeuvre d'architecture">Une                  oeuvre d'architecture: l'extrieur</a></li>             </ul>             <h2><a name="La mystrieuse aeule">La                mystrieuse aeule</a></h2>             <p>Paris connat un htel des Ambassadeurs                de Hollande, au mme du Marais, qui porte le numro 47 de la rue                Vielle-du-Temple. Class monument historique en 1924, ce gracieux                immeuble avait t construit au XVIle sicle  l'emplacement de                l'htel de Rieux devant lequel fut assassin en 1407 Louis, duc                d'Orlans, frre de Charles VI, par les partisans du fougueux duc                de Bourgogne, Jean sans Peur. Quelques-uns des plus grands artistes                du XVIle sicle franais, anims par Pierre Cottart, architecte                de Louis XIV, crrent pour le compte de Jean-Baptiste Amelot, vicomte                de Bisseuil, Matre des Requtes, cette noble btisse, qui, de nos                jours, dgage par une opportune restauration de sa gangue vtuste,                reste une des belles parures du vieux Paris. Mais qu'ont  voir                les ambassadeurs de Hollande avec cet htel qui porte leur nom?                A vrai dire, rien. L'htel Amelot de Bisseuil qui prte si imprativement                son nom aux envoys de ce pays n'a vraisemblablement hberg aucun                d'entre eux. Les Etats-Gnraux ne disposaient pas  Paris d'un                htel particulier; les ambassadeurs taient des locataires de maisons                meubles disperses aux quatre coins de Paris. L'un d'eux, Gideon                van Boetzelaer, seigneur de Langerak, vcut de 1614  1634 jouxte                le Luxembourg. (...) </p>             <p>M. Van Riemsdijk, archiviste gnral                du ministre nerlandais des Affaires trangres, retrouva en 1905                l'adresse parisienne de la plupart des envoys plnipotentiaires                hollandais. C'est ainsi que Pierre de Groot, fils du clbre Grotius,                rsida pendant deux ans rue de l'Universit (1670-1672); un autre,                Willem van Wassenaer, demeura de 1680  1689 au coin de la rue des                Saints-Pres, dans la rue Taranne, aujourd'hui englobe dans le                boulevard Saint-Germain. De 1689  1718, plusieurs envoys extraordinaires                sjournrent  l'htel de la reine Marguerite, sis rue de Seine.                Du fait de la guerre, la Hollande n'entretenait pas  Paris d'ambassadeurs                ordinaires. Coenraedt van Heemskerck et Maurits van Nassau vcurent                dans cette rsidence luxueuse transforme en un mirifique htel                meubl. Cornelis Hop avait son domicile au faubourg Saint-Honor                (1718  1725), Willem Borel qui lui succda alla s'installer au                bout du faubourg Saint-Germain, qui  l'poque s'arrtait prs de                l'glise de Saint-Germain-des-Prs, tandis que la rsidence du successeur                de cet ambassadeur phmre fut reporte au milieu du mme faubourg.                Nous savons que ce nouvel envoy plnipotentiaire avait d'abord                lou un appartement dans un htel meubl o il payait un loyer de                425 francs par mois. Abraham van Hoey qui le remplaa prs la Cour                vcut rue Richelieu jusqu'en novembre 1743.</p>             <p>Or, c'est prcisment  cette poque                que l'htel de&nbsp; Bisseuil devient, dans un acte d'adjudication,                l'htel de Hollande. Bien qu'aucun document ne fasse mention de                la prsence d'un ambassadeur hollandais dans cet htel de la rue                Vieille-du-Temple qu'Amelot de Bisseuil avait fait construire au                grand plaisir de La Bruyre qui dit de lui, croit-on, dans ses Caractres:                un bourgeois aime les btiments, il se fait btir un htel si beau                si riche et si orn, qu'il est inhabitable, il faut tenter nanmoins                d'excuser cette identit usurpe, pourtant conserve  travers les                sicles, en dpit du fait que Beaumarchais devint locataire des                lieux et y crivit ses principales oeuvres dont son clbre Mariage                de Figaro. Etant donn qu'on ne connat pas les noms de tous les                locataires de l'htel  partir de la mort d'Amelot de Bisseuil (1688)                jusqu'en 1737, c est pendant cette priode qu'il faut trouver la                clef de l'nigme. Il semble bien que derrire cette belle porte                ait vcu de 1720  1727 le chapelain de l'ambassade de Hollande,                Marcus Guitton. S'il prchait dans la maison de l'ambassadeur Cornelis                Hop, il y a tout lieu de croire qu'il conviait  la clbration                chez lui du culte rform les Franais qui, nombreux, ne pouvaient                trouver place dans la petite chapelle du faubourg Saint-Honor proche                de la rue d'Anjou. Dans cette rue s'ouvrait le jardin de l'ambassade                qui servait de cimetire pour les protestants. Une des pices donnant                sur le jardin faisait office de chapelle. Du fait de la rvocation                de l'Edit de Nantes, les chapelles des ambassades protestantes                furent les seuls lieux o l'on tolrait l'exercice du culte. A l'ambassade                de Hollande, les services taient suivis par de nombreux fidles                franais; Cornelis Hop faisait d'ailleurs clbrer le culte dans                leur langue. Aprs la Paix d'Utrecht (1713) et surtout la mort de                Louis XIV survenue deux ans plus tard, le chapelain Marcus Guitton                clbrait jusqu' trois services dominicaux dans cette pice exigu.                Les jours de semaine, les protestants franais se rendaient rue                Vieille-du-Temple. </p>             <p>Le va-et-vient quotidien d'une centaine de fidles                en ces lieux ddis  la Hollande parat bien tre  l'origine                de l'appellation nouvelle<b>. </b>Quelle qu'ait t en dfinitive                la raison du changement d'identit de cette demeure, la troublante                certitude n'en subsiste pas moins que la Maison des Ambassadeurs                de Hollande a t, de la guerre de Cent Ans  la Rvolution, intimement                lie  l'histoire de France. (...)</p>             <h2><a name="Cinq arpents de terre">Cinq arpents                de terre</a></h2>             <p>Le 25 octobre 1629 comparurent par devant                les notaires et garde nottes du Roy, notre Sire en son Chatelet                de Paris, reprsents par Franois Lemoyne, les prtres et religieux                profs de l'glise et abbaye de Saint Germain des Prez les Paris                capitulairement assembls au chapitre de la ditte abbaye, au son                de la cloche, en la manire accoustume d'une part et l'honorable                homme Michel Lemire, matre jardinier, demeurant es faux bourgs                Saint Germain des Prez ver le foss de l'abbaye, paroisse Saint                Sulpice, d'autre part, en vue de signer le contrat de cession                 titre de rente annuelle et perptuelle de cinq arpents de terre                environ  l'emplacement d'un lieu dit prs la justice de Saint                Germain. Sur cette pice de terre, de trs petit rapport, du fait                qu'elle tait sablonneuse et caillouteuse, Michel Lemire dsirait                construire quelque logement et entendait transformer en jardins                les arpents qui ne lui seraient pas utiles. </p>             <p>Tenant d'une part aux proprits d'Antoine                Le Riche, matre-orfvre, bourgeois de Paris, et Bertin Fierabras,                maon, de l'autre aux terres de l'abbaye de Saint-Germain, la limite                septentrionale de l'acquisition tait forme par la rue de Grenelle,                chausse empierre de bon roulage. L'acqureur construisit une fort                modeste demeure au beau milieu de cette terre inculte et transforma                le reste du terrain en un assez coquet jardin. L'endroit tait trs                campagne encore et devait ressembler quelque peu  certains coins                de la banlieue parisienne d'aujourd'hui.</p>             <p>Les descendants de Michel Lemire vendirent                le terrain moins d'un sicle plus tard, pour la somme de 31.200                livres. Ce fut le 23 aot 1718 que l'architecte Jean-Baptiste Le                Roux charg de construire  cet endroit pour le compte de Claude                Thophile de Bsiade, marquis d'Avaray, une somptueuse rsidence,                se rendit acqureur des six cent soixante toises et quatre pieds                de terre qui provenaient de l'hritage du matre jardinier Lemire,                dont les actes notariaux successifs avaient fait un Lemior. </p>             <p>En moins de cent ans, le terrain sablonneux                tait devenu un marais ou une certaine Marguerite de Bray, veuve                d'un sieur Louis Regnoux, cultivait des lgumes et quelques primeurs.                La modeste habitation que l'aeul Lemire y avait construite aux                environs de 1635 avec beaucoup de soins n'tait plus dsigne dans                l'acte de vente que sous le nom de Petit difice. L'esprit du                XVIIe sicle soufflait aussi dans les tudes de notaire. </p>             <p>La terre,  prsent, est entoure d'un                mur d'enclos. Le notaire Bapteste constate dans le contrat d'acquisition                que celui donnant sur la rue de Grenelle est en pril imminent.                Derrire ce mur menaant ruine, le matre maon Bossery, sous la                direction claire de l'architecte Le Roux, allait construire trois                ans plus tard le bel htel que les descendants en ligne directe                des Avaray cdrent en 1920 au gouvernement des Pays-Bas. (...)</p>             <h2><a name="L'architecte Le Roux">L'architecte                Le Roux</a></h2>             <p>JEAN BAPTISTE LE ROUX, architecte bourgeois                de Paris, naquit en l'an 1677, au moment o le Roi Soleil allait                dicter ses lois  'Europe assemble au Congrs de Nimgue,  une                heure o la fivre de construction secouait le royaume, et en particulier                Paris et Versailles. Btir  Versailles, note Lavisse dans son Histoire                de France, devint une faon de faire sa cour. </p>             <p>Elve d'Orbay, lui-mme lve de Le Vau,                Le Roux dans sa prime jeunesse se place ainsi sous le signe de travaux                passionns. Son matre avait dbut dans la fonction d'architecte                par la construction de l'glise du collge des Quatre-Nations, devenu                l'Institut, dont la prestigieuse coupole enchsse dans des btiments                en quart de cercle domine, par del les frontons sombres, la mouvante                diversit de la rive gauche de la Seine. Cet endroit devait tre                le lieu de prdilection du jeune Jean-Baptiste.</p>             <p>Franois d'Orbay mort, l'inexpriment                Le Roux se trouve jet en pleine querelle des partisans et adversaires                du retour aux traditions classiques. Peu doctrinaire dans son art,                Le Roux penche vers le nouveau style en matire de dcoration, mais                dans les valeurs architectoniques qu'il entend dvelopper, il se                rattache  l'esprit des Quatre Grands de l'poque, c'est--dire                Gabriel, Boffrand, Robert de Cotte et Blondel.</p>             <p>Cet homme prudent et gnralement bien                avis est g de plus de quarante ans lorsque le marquis d'Avaray                le charge de btir son htel. Admis depuis peu  l'acadmie royale                d'architecture (1720), J. B. Le Roux n'est donc pas un inconnu pour                Claude Thophile de Bsiade.</p>             <p>A l'chelle des petits btisseurs, il                jouit d'une solide rputation de bon ouvrier; nullement  genoux                devant l'art de Louis XIV, avec sa pompe et sa solennit, il prconise                des volumes moins rigides et entend dfendre un assouplissement                de la matire.</p>             <p>Outre l'htel d'Avaray,                Le Roux construisit d'ailleurs de fort belles demeures, entre autres                l'htel de Villeroy, 78 rue de Varenne, commenc en 1724 et dont                l'admirable faade sur jardin est une heureuse rplique de l'htel                de la rue de Grenelle. Sous un mme fronton triangulaire s'talent                cependant deux faades diffrentes - l'avant corps central tant                reprsentatif d'une facture plus robuste dans l'htel construit                en second lieu - mais les proccupations de l'artiste dans le domaine                de la recherche esthtique s'y retrouvent majestueusement semblables,                comme dans les autres oeuvres qu'on lui doit ou qu'on lui attribue.                L'htel de Villeroy, dont les lignes harmonieuses sont aujourd'hui                caches par les faades robustes du ministre de l'Agriculture,                offrait jadis un air de parent avec l'htel de Rohan-Chabot - remplac                en 1888 par la cit Vaneau - une des constructions dont Le Roux                semble avoir t le plus satisfait. La postrit, en sacrifiant                cet htel, n'a heureusement pas interrompu le songe de pierre de                cet architecte, bien que la disparition ou la mutilation de l'htel                de Montbazon, rue de l'Universit, de l'htel de Serre de Rieux,                ancienne place St Michel, et de l'htel d'Anne Pinon, rue de la                Culture-Ste-Catherine, aient lourdement hypothqu l'hritage architectural                de Le Roux.</p>             <p>Mais on retrouve encore                son toucher dans l'imposant htel de Roquelaure, 246, boulevard                Saint-Germain, qui, commence par Lassurance en 1722, fut achev                par lui pour le compte du marchal de Roquelaure. Ce btiment, affect                depuis plus d'un sicle au ministre des Travaux publics, a gard                une bonne partie de sa dcoration d'poque. Georges Pillement, dans                sa description des htels du faubourg Saint-Germain, note au sujet                des travaux d'intrieur de Le Roux: On remarquera particulirement                le petit salon rouge, un grand salon aux panneaux orns de corbeilles                de fleurs, un salon  lambris brods et, surtout, un petit boudoir                qui est une des oeuvres les plus exquises de ce dcorateur. Enfin,                l'antichambre avec ses pilastres et ses trophes, est d'un style                excellent. S'chelonnant sur une dizaine d'annes, cette dcoration                permet de suivre l'volution du got de l'artiste, qui passe du                style Rgence au style Louis XV. </p>             <p>Cette volution, nulle                part elle ne semble avoir t mieux perceptible que dans les dcorations                faites par Jean-Baptiste Le Roux  l'htel de Villars, construit                par Lelion, devenu en 1865 la mairie du Vlle arrondissement, dont                Champeaux dit: Le Roux avait t charg de disposer une galerie                longue de soixante-douze pieds et haute de vingt-quatre s'tendant                sur le jardin. C'tait son travail le plus important et la galerie                passait pour tre la plus belle de Paris ... . Cette clbre galerie                de Le Roux a disparu et on ne sait, dit Pillement, si elle a t                dtruite ou garde par un ancien propritaire.</p>             <p>Le Roux est,  vrai dire,                un spcialiste du style faubourg SaintGermain. On lui doit en effet                encore l'htel du marquis de Gamaches, 5 rue de l'Universit, la                transformation de l'htel de laTour-Maubourg, 59 rue de Varenne,                et la dcoration des htels de Maisons, 51 rue de Varenne, et de                Brissac, 116 rue de Grenelle.</p>             <p>L'oeuvre multiple mais                dsormais tronque de ce beau reprsentant de l'architecture du                dbut du XVIlle sicle continue heureusement  vivre dans la belle                masse de pierre de l'htel d'Avaray, amput lui mme d'ailleurs                de sa dcoration intrieure primitive.</p>             <h2><a name="Au lieu dit Prs la justice Saint-Germain">Au                lieu dit Prs la justice Saint-Germain</a></h2>             <p>Ce n'est pas par hasard que Claude Thophile                de Bsiade confia  Le Roux la mission de btir sa demeure en cet                endroit. Depuis 1702, Paris avait, par dcret, t divis en vingt                quartiers, abritant au total six cent mille habitants. La nouvelle                division administrative, patronne par le lieutenant de police d'Argenson,                ne correspond gure  celle des vingt arrondissements du Paris d'aujourd'hui.                La rive gauche comprenait en ce temps cinq quartiers, dont celui                de Saint-Germain-des-Prs qui, prcisment, tait le vingtime et                dernier. Cet endroit de la capitale, crit Ren Hron de Villefosse                dans Construction de Paris, est  l'poque en pleine effervescence                et connat des transformations presque quotidiennes. Il y a dj                52 rues, 1215 maisons et 393 lanternes. A l'entre de la plaine                de Grenelle, Louis XIV dcide d'difier l'htel de Mars, que la                tradition appellera l'htel des Invalides, et cet ensemble architectural                unique est la vritable apothose de pierre du Grand Sicle. Entre                le dme tout reluisant neuf et l'estimable abbaye de Saint-Germain,                le faubourg se couvre d'htels et de demeures seigneuriales. L'ombre                de jules Hardouin-Mansart continue  planer sur les travaux des                petits matres  btir qui vont donner, aprs la mort de Louis XIV,                leur caractre architectural si particulier aux deux faubourgs                 la mode: Saint-Germain et Saint-Honor. Ce n'est pas vers le Marais,                dit encore Hron de Villefosse, que les amateurs, les enrichis et                les courtisans revenus de Versailles aprs la disparition du Roi                Soleil tournent leurs regards, mais vers ces deux faubourgs, vritables                rivaux de vitesse de chaque ct de la Seine en matire de construction,                trs nettement spars, non seulement par le fleuve, mais par leur                condition, rcente  droite, antique  gauche. </p>             <p>C'est donc  gauche                que s'installeront Claude Thophile de Bsiade, d'abord chevalier                seigneur puis marquis d'Avaray, descendant d'une vieille famille                barnaise de bonne noblesse d'pe, et son pouse, ne Catherine                Anglique Foucault.</p>             <p>Jean-Baptiste Le Roux                prend en mains la direction des travaux confis au matre-maon                Bossery pour la somme de 75.000 livres. Lui-mme touchera des honoraires                de l'ordre de 6.000 livres, montant fort modeste, qui ne reprsente                pas 4 % du cot total des travaux, mais relativement lev si l'on                songe que plus de vingt ans plus tard Le Roux n'obtient que 1.200                livres pour l'excution des plans d'un rservoir d'eau command                par la ville de Lyon.</p>             <p>Le                budget de construction de l'htel d'Avaray a pu tre reconstitu                grce aux recherches effectues en 1866 par le comte Audric de                Moustier, poux d'Antonie d'Avaray. Les sommes payes aux divers                ouvriers, dont le montant a t relev, sont les suivantes:</p>             <table border="0" width="45%" cellspacing="1" cellpadding="2">               <tr>                  <td width="50%">Maon</td>                 <td width="50%" align="right">75.000                    livres</td>               </tr>               <tr>                  <td width="50%">Charpentier</td>                 <td width="50%" align="right">--</td>               </tr>               <tr>                  <td width="50%">Menuisier</td>                 <td width="50%" align="right">20.000                    livres</td>               </tr>               <tr>                  <td width="50%">Serrurier</td>                 <td width="50%" align="right">18.000                    livres</td>               </tr>               <tr>                  <td width="50%">Couvreur</td>                 <td width="50%" align="right">5.000&nbsp;                    livres </td>               </tr>               <tr>                  <td width="50%">Miroitier</td>                 <td width="50%" align="right">8.500                    livres</td>               </tr>               <tr>                  <td width="50%">Sculpteur</td>                 <td width="50%" align="right">5.000                    livres</td>               </tr>               <tr>                  <td width="50%">Vitrier, Marbrier</td>                 <td width="50%" align="right">--</td>               </tr>               <tr>                  <td width="50%">Plombier, Paveur</td>                 <td width="50%" align="right">--</td>               </tr>               <tr>                  <td width="50%">Architecte</td>                 <td width="50%" align="right">6.000                    livres</td>               </tr>               <tr>                  <td width="50%"></td>                 <td width="50%" align="right"></td>               </tr>               <tr>                  <td width="50%">total</td>                 <td width="50%" align="right">137.500                    livres</td>               </tr>             </table>             <p>En comblant les lacunes - au prorata                des prix en vigueur - avec la somme de 25.500 livres et en ajoutant                le prix du terrain, soit 31.000 livres on obtient un montant global                de 194.000 livres.</p>             <p>Les travaux durrent environ deux ans.                Dans ses grandes lignes, l'htel n'a pas subi extrieurement de                modifications sensibles. L'intrieur, par contre, a volu comme                volue toute chose, mme lorsqu'elle est faite de pierre. </p>             <h2><a name="Les Bsiade d'Avaray en leur Htel">Les                Bsiade d'Avaray et leur Htel</a></h2>             <p>Les Bsiade sont originaires du Barn.                Ds le Xlle sicle, la famille est connue; la filiation suivie remonte                 Amamieu de Bsiade auquel Louis X, peu avant qu'il devint roi                de France - et fit, accessoirement, trangler sa femme, Marguerite                de Bourgogne - accorda, le 5 janvier 1314, une donation de trente                livres tournoi en rcompense de ses services militaires.</p>             <p>Au dbut du XVIle sicle,                le nom d'Avaray, emprunt  une petite seigneurie de l'Orlanais,                fut joint  celui de Bsiade. Les membres de cette famille comptrent                parmi les plus chauds partisans d'Henri IV, et l'un d'entre eux,                premier marquis d'Avaray, fut grand bailli d'pe d'Orlans, fonction                dsormais hrditaire de la famille.</p>             <p>Ce fut Claude Thophile                de Bsiade, chevalier seigneur, puis second marquis d'Avaray, qui                fit construire la demeure de la rue de Grenelle. N en 1655, lieutenant-gnral                et chevalier des ordres, le marquis fit les guerres de Hollande                et d'Espagne. Il commandait en 1707 l'aile gauche de l'arme du                marchal de Berwick  la bataille d'Almanza, et la victoire qui                assura le trne d'Espagne  Philippe V, petit-fils de Louis XIV,                lui fut due en grande partie.</p>             <p>Cette belle carrire                militaire ne fut point rcompense du bton de marchal auquel,                dit Saint Simon, il avait des prtentions et peut-tre des droits,                mais il fut nomm gouverneur de Flandre et du Hainaut, ce qui explique                sans doute la prsence dans la plupart des pices de son htel,                achev vers 1723, de lourdes tapisseries de Bruxelles. Celles-ci                reprsentaient les saisons, les mois de l'anne et, chose courante                 l'poque, des sujets emprunts  la mythologie. Ce furent des                tisserands de Flandre qui lui fournirent galement les tentures                des fentres et la garniture des siges en damas cramoisi.</p>             <p>A peine install, le                marquis - sans doute absorb par son gouvernement - loue l'htel                d'Avaray  Horace Walpole, ambassadeur d'Angleterre en France de                1724  1727. Moins clbre que son frre Robert, premier ministre,                que son neveu Horace, littrateur, et que son fils, galant ami de                la marquise du Deffand - cette vive intelligence du XVIlle sicle                dont la correspondance avec Voltaire, la duchesse de Choiseul et                Walpole reste un des plus beaux crits de l'poque, tant par les                jugements que par le style - Walpole fit connatre, avant les Avaray                eux-mmes, grce  ses brillantes rceptions, le got trs sr qui                avait prsid  l'installation du nouvel htel du faubourg SaintGermain.                Par une de ces curieuses rencontres de l'Histoire, ce premier locataire                de l'htel d'Avaray avait t ambassadeur en Hollande avant que                l'Angleterre ne dcidt de le nommer en France.</p>             <p>En 1727, le marquis et                la marquise d'Avaray s'installent dfinitivement  l'htel avec                trois de leurs quatre enfants. La marquise y meurt l'anne suivante                 l'ge de cinquante-cinq ans. Son fils an, jean Thophile, succombe                en Italie en 1735  l'ge de trente-neuf ans des suites de blessures                reues  la bataille de Guastella  laquelle il avait pris part                comme brigadier d'infanterie.</p>             <p>Vers la fin de 1742,                la femme de son fils cadet, Charles Thophile, meurt au camp devant                Cambrai o elle avait t rendre visite  son mari. Elle avait                 peine trente ans. En 1745, le vieux marquis disparat  son tour;                il venait d'atteindre l'ge respectable de quatre-vingt-dix ans.                Un portrait du marquis, peint par Rigaud en 1716, figurait  la                place d'honneur dans les salons de la rue de Grenelle jusqu'au dbut                de la guerre de 1914. Le peintre dans son Livre de Raison avait                not: M. le marquis d'Avar, lieutenant-gnral, ambassadeur en                Suisse, habillment rpt: 300 livres. Patrice Boussel rvle                 ce propos que cette formule habillement rpt indique que le                peintre Hyacinthe Rigaud, ayant consenti un prix modique, avait                fait copier par un de ses lves un ancien portrait. Le tte seule                tait de la main de Rigaud. Un nomm Laperraye, pour avoir habill                le buste d'Avaray toucha la modique somme de 12 livres.</p>             <p>L'htel que Claude Thophile                avait cr demeura indivis entre Charles, dsormais marquis d'Avaray,                et sa soeur ane, Mme d'Aubercourt. La petite vrole contracte                 Anvers o il faisait partie de l'arme des Flandres avec le grade                de marchal des camps et armes du Roi, emporta le marquis le 30                mai 1746. Il laissait deux fils de dix et six ans. Jusqu'en 1776,                l'indivision entre la tante et le cadet des enfants, Claude Antoine                (le frre an, colonel des Grenadiers tant mort  21 ans), se                poursuivit. Mme d'Aubercourt tant morte sans avoir eu d'enfant,                le marquis d'Avaray entra en 1776 en pleine jouissance de l'htel.</p>             <p>Quatrime marquis d'Avaray,                Claude Antoine de Bsiade (1740-1829) eut un destin particulirement                tourment. Homme d'pe comme ses anctres, il tait capitaine de                cavalerie pendant la guerre de Sept Ans. Bless  Minden, marchal                de camp en 1781, il fut envoy par la noblesse orlanaise  l'Assemble                Constituante. Hostile aux ides nouvelles, sigeant  la droite                des Etats-Gnraux, il eut son heure de clbrit. Lorsque fut prsente                au vote de l'Assemble la dclaration des Droits de l'homme et du                citoyen, d'Avaray, trs matre de lui, se leva et prsenta  ses                collgues une dclaration des Devoirs de l'homme et du citoyen,                en vue de faire suite  la premire.</p>             <p>Une hostilit si marque                au nouveau rgime tait partage par sa famille. Fin 1791, ses trois                fils et ses deux gendres migrrent. Mais  l'encontre des nombreux                artistocrates qui, tout en ayant fait des avances au nouveau rgime                tombaient victimes de la Terreur, l'irrductible marquis d'Avaray                lui chappa. Il ne fut arrt avec sa femme, ne Mailly-Nesle que                vers la fin de la Terreur - exactement le 17 frimaire de l'an Il                - et il fut sauv par le 9 thermidor.</p>             <p>L'htel d'Avaray, devenu                proprit nationale, figure au sommier tabli par la Rvolution,                sous le numro 371 avec la mention suivante: A Bsiade d'Avaray,                pre d'migrs: valeur 45.000 livres, estime 2.500 livres par la                dotation faite  divers.</p>             <p>Confin pendant plus                de six ans sous l'Empire dans son chteau d'Avaray, par mesure de                haute police, le marquis se tint  l'cart des affaires publiques                jusqu' la chute de Napolon.</p>             <p>Pendant plus de vingt                ans l'htel de la rue de Grenelle tait rest  peu prs constamment                inhabit. Dans les annes qui suivirent 1814, il fut l'objet de                restaurations multiples qui, par la grce du mauvais got de l'poque,                enlevrent  la plupart des pices leur style primitif et les privrent                de surcrot de leurs belles tapisseries de Bruxelles. </p>             <p>Le marquis qui avait                t accueilli par Louis XVIII, encore en Angleterre, avec une faveur                marque se vit accorder le titre de duc en 1817. En ralit l'an                de ses fils, Antoine Louis Franois (1759-1811) avait reu avant                lui ce titre lev. Matre de la garde-robe de Monsieur, le jeune                d'Avaray parvint  organiser et mener  bonne fin l'vasion du Luxembourg                du frre du roi. Dans l'exil commun, la reconnaissance du prince                ne se dmentit pas. Ayant pris le titre de roi, Louis XVIII nomma                d'Avaray capitaine de ses gardes et lui accorda la singulire faveur                de placer dans les armes de sa famille l'cusson des lis de France                ainsi que la flatteuse devise: VICIT ITER DURUM PIETAS. </p>             <p>Celui que le roi appelait                son cher d'Avaray aida son matre  sortir de Vrone et  rattacher                aux princes l'arme de Cond campe sur la rive droite du Rhin.                Ayant opr l'union des royalistes, d'Avaray ngocia la libration                de la fille de Louis XVI et obtint l'assentiment des Puissances                 son mariage avec le duc d'Angoulme, son cousin. Le jour de cette                union, Louis XVIII rigea en sa faveur le comt de l'Isle Jourdain                en duch - pairie, sous le nom d'Avaray. Antoine fut ainsi en 1799                le premier duc de la clbre ligne des Bsiade. Il mourut  Madre                le 4 juin 1811, sa sant ayant gravement souffert du climat londonien.                Fidle  son souvenir, Louis XVIII ramena, ds qu'il en eut le pouvoir,                ses cendres en France et reporta sur son pre, ainsi que l'on sait,                le titre ducal. Le frre puin, Armand Louis Thophile, pass                 l'arme des Princes, ayant t fusill en 1795 aprs l'affaire de                Quibron, l'htel d'Avaray devint la proprit du troisime frre                Joseph Thophile Parfait (1770-1859) lieutenant-gnral sous la                Restauration, qui y vcut jusqu' sa mort.</p>             <p>A partir de cette poque,                les hritiers en ligne directe se partagent les appartements de                l'htel qui subit de profondes retouches. La cage du grand escalier                d'honneur voit disparatre les dernires traces de ses dcorations,                jadis si brillantes, et est orne de panneaux figurs. L'appartement                situ dans l'aile et dans la partie entre rue et cour est remani                de fond en comble.</p>             <p>Une spacieuse salle                 manger est construite  l'emplacement d'une petite cour intrieure                qui prenait naissance sous l'aile unique du btiment. Ainsi fut-il                possible de diviser l'immeuble en appartements distincts jouissant                chacun d'une entire autonomie.</p>             <p>En fait, ds 1825, le                premier tage au fond de l'htel avait t successivement lou                 de nombreux locataires, parmi lesquels figurent les ducs de Caraman                et de Vallombroza.</p>             <p>Parmi les autres locataires                d'un ou de plusieurs autres appartements de l'htel on note, au                sicle dernier, la marquise de Courtomer, le marquis Durazzo,le                comte Audric de Moustier,poux d'Antonie d'Avaray, fille d'Edouard,                duc d'Avaray (1802-1859). A la mort de ce dernier, le rez-de-chausse                de l'htel est galement lou successivement  la comtesse de Choiseul                d'Aillecourt et  M. Foucher-Lepelletier, dput de la Seine.</p>             <p>A cette poque, le rez-de-chausse,                le premier et le second tages de l'htel taient installs en appartements                indpendants. Madame de Mercy Argenteau, princesse de Montglyon,                note dans un livre de mmoires que la maison la terrifiait, qu'elle                fuyait aussi souvent que possible ce lieu qui lui enlevait joie                et jeunesse par sa nudit et sa dsolation.</p>             <p>Le 31 octobre 1894, dcdait                au chteau de Mareil l'unique propritaire de l'htel de la rue                de Grenelle, Jules Victor Camille de Bsiade, duc d'Avaray. L'immeuble                fut vendu par ses deux fils au gouvernement des Pays-Bas par un                acte en date du 1er avril 1920.</p>             <p>Pendant deux sicles,                le vieux logis tait donc rest aux mains d'une mme famille et                cette particularit, qui n'a peut-tre pas t suffisante pour maintenir                intgralement la remarquable disposition des lieux du dbut du XVIlle,                a cependant permis de garder intacts les hauts portails, le fronton                lgant et d'une manire gnrale la ferme et simple architecture                de cette belle demeure historique.</p>             <h2><a name="Rsurrection de la vieille demeure">Rsurrection                de la vieille demeure</a></h2>             <p>Lorsque le consulat des                Pays-Bas descendit d'un second tage de la rue Boissire vers la                plaine de Grenelle, au lendemain de la premire guerre mondiale,                le vieil immeuble construit par Le Roux portait, bien que glorieusement,                les rides de son ge. L'intrieur de l'htel avait perdu sa grce                et, pour rparer des ans l'irrparable outrage, il fallut innover,                moderniser, tout en recourant aux sources du XVIlle sicle pour                disposer, dans le fond de la maison, autour d'un escalier monumental                de fort gnreuse vole, l'ordonnance des pices de rception, que                M.J.Loudon, ministre des Pays-Bas en France, qui fut entre les deux                guerres mondiales non seulement le vigilant chef de poste mais encore                le serviteur de la lgation des PaysBas  Paris, allait habiller                et habiter avec clat.</p>             <p>Avant lui, le chevalier                de Stuers tait domicili avenue Klber o il avait tabli galement                le sige de la lgation qui fut, immdiatement aprs la guerre de                1914-1918, transfr provisoirement dans un appartement de l'avenue                Victor-Hugo o M. Loudon s'tait install.</p>             <p>Parure des jours heureux,                la rampe forge rgne toujours sur l'escalier d'honneur du grand                vestibule o elle retient ses dlicats motifs dans une prison artisanale                trs stricte, chaque motif reprsentant la cellule autonome qui                ne progresse pas, comme il en va gnralement, dans une direction                dtermine, mais s'lve lentement pour s'vaser en garde-fou demi-circulaire                du balcon du premier tage. De la vote descend, suspendue  sa                chane, une jolie lanterne Louis XV en bronze. Sur la masse blanche                des murs nus se dtachent dans le mme style, deux appliques galement                en bronze. </p>             <p>La svrit de ce blanc                vestibule est accuse encore par des dalles blanches et noires tendues                au pied de l'escalier et qui se perdent de chaque ct de celui-ci                devant une porte drobe. Si les motifs noir et or de la rampe rappellent                toujours l'habile et artistique apport du matre-ferronnier du XVIlle                sicle, ils constituent le seul tmoignage, pour ainsi dire, tactile,                du travail d'artisan effectu dans la demeure  l'poque de sa construction.                Tous les autres apports dcoratifs d'origine sont d'ordre architectural                et mettent d'ailleurs admirablement en valeur le sens plastique                qu'avait eu Jean-Baptiste Le Roux.</p>             <p>Situ entre l'htel de                Beauffremont et l'htel de Curel, l'htel d'Avaray connut donc                 partir de 1920 une seconde jeunesse. En quittant le vestibule par                la double porte de gauche qui donne sur la bibliothque, l'on peut                prendre toutes les pices de rception en enfilade pour aboutir                 la spacieuse salle  manger dont les fentres donnent sur la cour                intrieure. Ce rapide itinraire permet au visiteur de vrifier                les intentions de l'architecte qui, faute d'espace sur rue, traa                son plan de telle sorte qu'il fut possible de construire, de faon                inaccoutume, au fond de la grande cour, une aile en retour d'querre,                plutt que de s'ingnier  faire tenir le corps du btiment entre                les deux saillants classiques.</p>             <p>Ces pices que nous allons                parcourir portent l'estampille des nouveaux propritaires. Rien,                en effet, ne subsistait de la glorieuse poque o Walpole y recevait                la socit parisienne, gens de cour, de robe et de plume.</p>             <p>Des cloisons improvises                furent abattues, des staffs sans originalit furent loigns, l'curie,                elle-mme installation de fortune, disparut. Le nouvel amnagement                permit de ressusciter un intrieur en lthargie depuis un sicle,                de lui restituer une me, de lui donner en somme, pour citer le                beau mot de Marthe Gagne, charge des confrences de l'Ecole du                Louvre dans les Muses nationaux, le charme tout nouveau d'une                intimit vivante.</p>             <p>Grce  la comptence                des restaurateurs et au got qui prside  ces travaux, l'Htel                d'Avaray est aujourd'hui l'une des rares demeures officielles o                les splendeurs d'un fastueux pass ont pu tre coules dans le moule                d'un classicisme harmonieux et j'aimerais ajouter tonifiant parce                qu'il donne de la chaleur spontane  un intrieur vritablement                habitable, qui vit de sa vie propre et ne ressortit en rien  la                vie si peu humaine des muses.</p>             <h2><a name="Rsidence officielle">Rsidence                officielle</a></h2>             <p>En quittant le clair                vestibule par la porte latrale, face  l'escalier d'honneur, les                boiseries en chne de la bibliothque reposent immdiatement le                regard. De style Louis XIV, ce revtement de bois sans vaine ornementation                abrite, au devant de la porte d'entre, la bibliothque proprement                dite et fait place, au milieu du mme mur,  une fort belle chemine                en chne sculpt de mme style. Le lustre d'poque comme les appliques                en cuivre jettent une note gaie dans cet ensemble grave. De larges                fentres donnant sur la cour intrieure et une vaste baie ouvrant                sur le jardin renvoient la lumire vers un intressant parquet en                chne de Versailles dispos par panneaux.</p>             <p>Ensemble grave donc,                mais non solennel car il est pourvu d'objets personnels et de tableaux                anciens et vivifi par ces riens quotidiens qui donnent une alerte                prsence  l'lment un peu fig d'un dcor de boiseries cires.</p>             <p>En cette pice spacieuse,                les ambassadeurs reoivent ses visiteurs, dont le regard finira                par se perdre plusieurs fois dans le feuillage des sycomores qui                dominent le jardin, ce coin de nature si gracieusement entretenu                 l'abri des hauts murs environnants.</p>             <p>En entrant dans le                petit salon Louis XVI on ne peut tre que frapp par l'aimable clart                du lieu. Ouvert sur le jardin comme le grand salon qui lui fait                suite, la pice constitue un ensemble homogne. La permanence de                la dcoration murale rside tout d'abord en quatre dessus de porte                en camaeu sur le thme de la musique et de la peinture. Le petit                salon se prte admirablement  l'optimisme, jusqu' la chemine                Louis XVI en marbre blanc  laquelle on s'accoude qui, dans sa simplicit                de lignes et de volume, tend  crer l'ambiance. Des lambris de                bois appliqus sur pltre ornent les murs blancs o sont accrochs                quelques tableaux de juste rputation. Dans le grand salon l'atmosphre                est autre,  la fois, comme il sied, plus ample, et plus majestueuse.                Bien qu'elle ne recle plus rien de sa dcoration d'poque, cette                pice est vraisemblablement celle o l'architecte Le Roux aurait                retrouv jusqu' ses plus secrtes intentions. Sa dmarche esthtique                passant du Louis XIV  la Rgence est ici prserve avec bonheur                comme si par une malicieuse leon d'histoire on avait choisi de                caractriser l'esprit du talentueux architecte et dcorateur.</p>             <p>En s'avanant sur un                parquet de Versailles aux bois entrelacs dans des bandes disposes                en panneaux symtriques vers la chemine en marbre du Languedoc,                la lumire du jardin claire la gracile peinture verte des boiseries                 motifs dors qui forment le cadre de ce salon. D'poque Rgence,                ces boiseries proviennent d'une maison dtruite lors du percement                du boulevard Raspail et, avec la fine dorure de leurs bas reliefs,                elles sont l'loquent tmoignage d'un sicle vou  cette noble                matire.</p>             <p>Ici aussi, quatre dessus                de portes agrmentent les coins du salon. Ils reprsentent des scnes                de jardin et sont traits avec bonne humeur. Attribues  Boucher,                ces peintures attestent le sens de l'quilibre subjectif en honneur                au XVIlle sicle. Elles forment comme le complment indispensable,                dans l'espace qui leur est rserv, des tapisseries d'poque Louis                XIV disposes au mur frontal du salon, lointain cho, par la fte                champtre et la fort belle scne de chasse qu'elles reprsentent,                des lourdes tapisseries que Claude Thophile de Bsiade marquis                d'Avaray y avait jadis suspendues.</p>             <p>Le mobilier ancien                et les oeuvres d'art qui compltent le salon s'harmonisent judicieusement                avec cet amnagement d'une relle grandeur, o s'affirment la mesure                et la comptence. On quitte le grand salon par une petite galerie                 toit vitr. Cette verrire est le dernier vestige de la cour intrieure                qui y avait t trace il y a deux sicles. L'actuelle galerie est                un petit hall d'accs  la salle  manger construite  l'emplacement                des anciennes curies. Les fentres s'ouvrent sur la grande cour                intrieure  l'extrmit du haut mur mitoyen tapiss de lierre.                Cette masse verte tachete de tons roux fait pendant aux remarquables                tapisseries qui dcorent la pice. Disposes entre des pilastres                d'une heureuse simplicit, ces tapisseries anciennes proviennent                de la famille de M. Loudon. Reprsentant des sous-bois et un jardin                 la franaise, les trois pices sont remarquablement conserves.                Les taches rouges de fleurs et d'oiseaux exaltent la posie des                tissus o la clart beige d'un ciel charg de nuages claire les                motifs bleus-verts tantt tendres, tantt appuys mais trs homognes                de facture et d'excution. Les quatre dessus de porte sont, dans                cette salle aussi, assez intressants, en particulier les deux tableaux                peints en hauteur. Une chemine Rgence en marbre de Sainte-Anne,                ainsi qu'un trumeau de bois sculpt avec glace surmonte d'un camaeu                reprsentant la trinit de l'enfant, de l'amour et du forgeron,                compltent le dcor de cette merveilleuse salle  manger dont les                proportions, malgr sa cration rcente, font honneur  la structure                architecturale de l'htel tout entier. L'histoire des chambres d'habitation                du premier et du second tage appartient  la vie de famille des                ambassadeurs des PaysBas  Paris. Les appartements privs ne reclent                 notre connaissance aucun dcor artistique immuable; tout au plus                connaissent-ils la marque imprgne par ses habitants successifs                et actuels, ce qui est encore la meilleure faon de rendre vivante,                de doter d'une me, la pierre qui connat l'preuve du temps.</p>             <h2><a name="Un jardin nerlandais de Paris">Un                jardin nerlandais de Paris</a></h2>             <p>Au printemps, le coin                de terre nerlandaise qui s'tend en rectangle derrire l'ambassade                se couvre de tulipes.Certes, l'image ainsi offerte ne ressemble                en rien  ces tendues multicolores qui flamboient entre Haarlem                et Leyde. Mais on n'oserait pas parler non plus d'chantillonnage                quand on comtemple, ravi, l'encadrement des pelouses centrales o                la tulipe, ordonne, droite, revendiquant de toute sa hauteur sa                nationalit propre, s'panouit avec cette grce ornementale, hlas                fugace, qui a fait d'elle le commis-voyageur de la floriculture.</p>             <p>Ainsi rajeuni par les                vives couleurs des tulipes, le jardin resplendit d'un authentique                printemps. Mais son ge cach est de toutes les saisons et la permanence                mme de sa ronde pelouse centrale, o l'on aperoit une sphre solaire                en fer forg dor, flanque de deux pelouses ciseles, celles, prcisment,                encadres de tulipes, du plus heureux effet dcoratif, atteste le                soin apport  cette chappe sur la nature au coeur du Vlle arrondissement.</p>             <p>Des bancs de pierre                se trouvent dans les taches d'ombre des sycomores. Au fond du jardin,                contre le vaste mur recouvert de lierre, une fontaine du XVIlle                sicle occupe un instant l'attention. Un jeune garon chevauche                un triton dont il tient la gueule ouverte. On retient le joli mouvement                du bras et de l'paule de l'enfant, son sourire nigmatique. Les                alles de gravier crissent sous le pas; tout invite ici  la mditation,                mais le regard du flneur est irrsistiblement attir vers la faade                sud de l'htel d'Avaray baigne de lumire. Un prtexte, en somme,                que ce jardin destin  fournir le recul ncessaire pour l'examen                du plus beau fleuron de l'ambassade des Pays-Bas. Un prtexte, mais                galement un havre de fracheur au milieu d'un quartier de Paris                qui connat lui aussi la trpidante activit de la vie d'aujourd'hui.                C'est avec un sourire amus qu'on lit sous la plume de la princesse                de Montglyon que ce jardin est terne et de triste aspect. Je frmis                en y pensant, ajoutait-elle. C'est l le seul tmoignage qui nous                reste de ce que fut ce jardin dans les annes 1880. Moins d'un demi-sicle                plus tard, rajeuni, rnov, dbroussaill, il tait devenu le charmant                complment d'une maison non moins agrable, que la princesse, jadis,                avait fini par dtester comme une prison.</p>             <h2><a name="Une oeuvre d'architecture">Une                oeuvre d'architecture</a></h2>             <p>Si les fastueux appartements                de l'htel ont subi la loi des nouveaux matres quant au got qui                a prsid  leur agencement - un got de stylistes en matire de                mobilier, de cuivres, de porcelaines, de faences et de tableaux                -ce tmoignage porte le cachet d'affinits personnelles autant nerlandaises                que franaises. Par contre, la marque indlbile de l'architecte                imprgne toujours fidlement l'extrieur de l'htel et c'est par                sa description - contrairement  l'usage - que nous terminerons                cette monographie.</p>             <p>L'crivain Jean des                Brosses disait de cette maison: Voici un htel de belle allure,                aux lignes sobres, aux proportions heureuses, une de ces demeures                de haute distinction et de grce  la fois, tels que notre dix-huitime                en dtint l'harmonieux secret, et dont l'histoire est,  l'envi                noble, glorieuse et simple aussi.</p>             <p>Construit,  la mode                du temps, entre cour et jardin derrire de hauts portails, l'htel                d'Avaray, comme il en allait toujours, offre du ct du jardin ses                traits les plus fins. La faade intime est de loin la plus belle                et la pierre grise, patine de-ci de-l de tons jaunes, voire dors,                rehausse l'clat, accentue l'expression des lignes et du volume                d'une grande simplicit.</p>             <p>Un fronton triangulaire                parfait o, cte  cte, les lettres B.A. rappellent en un beau                relief le nom glorieux des premiers matres, domine l'avant corps                central  trois fentres par tage. Un gracieux balcon forg nuanc                de notes d'or, suspend sa dentelle de ferronnerie au premier tage.                Une jolie coquille de pierre, rpte sous chaque fentre tmoigne                avec discrtion de classiques proccupations esthtiques. Au rez-de-chausse,                les fentres droites sont aimablement arrondies dans leur partie                suprieure, celles des tages, par contre, se terminent en une ligne                 peine moule. La plastique architecturale de Le Roux puise en                somme sa force dans la disposition de la pierre et la rpartition                des valeurs lmentaires sur la surface totale de la faade. C'est                le secret du classicisme de ce dbut de XVIlle sicle. Un toit mansard                chevauche la demeure. Ct jardin, le temps lui a donn une couleur                rouille, comparable  l'corce d'un arbre trs g.</p>             <p>Sur la spacieuse cour                intrieure, le btiment prsente l'querre de ses flancs nord et                ouest. La faade et l'aile aux pierres patines par les ans sont                d'une parfaite simplicit. Le premier corps du btiment ajuste ses                lignes autour d'une entre cochre rebondie. Et l'on sort de ces                lieux par la rue de Grenelle. La faade sur rue est d'anonyme conception.                Rien ne permet de dceler de l'extrieur la grandeur intacte de                la belle construction de Le Roux. Sauf peut-tre une porte d'entre                de haute carrure en bois clair, qui est venue remplacer l'huis de                bronze cisel qui existait encore au sicle dernier.</p>             <p>Sur le fronton de la                porte monumentale le lion du royaume des PaysBas veille  la prennit                de cette belle demeure, place dsormais sous le signe de la devise                de la maison d'Orange-Nassau taille dans la pierre: Je maintiendrai.</p>             <!--END - Content -->             <!--START - Footer --><p class=footer>&copy; 1998-2003 Ambassade du Royaume des Pays-Bas &agrave; Paris<br>7-9 rue &Eacute;BL&Eacute;, 75007 PARIS, t&eacute;l.: 01.40.62.33.00, fax: 01.40.62.34.56, <a href="http://www.amb-pays-bas.fr/ambassade/email.htm">Nous contacter<br></a>Il ne peut &ecirc;tre tir&eacute; aucun droit de ces informations<br><br><a href="#top"><img src="http://www.amb-pays-bas.fr/images/topofpag.gif" width=8 height=11 border=0 alt="Top of page"></a><br></p><!--END - Footer -->                         </td>         </tr>       </table>     </td>   </tr> </table> <div id="search" style="position:absolute; left:525px; top:78px; width:177px; height:52px; z-index:1">    <form method="get" action="http://search.atomz.com/search/">   <table border="0" cellspacing="4" cellpadding="0">      <tr>          <td>            <input type=hidden name="sp-a" value="sp10025cf7"> 		  <input type=hidden name="sp-p" value="all"> 		  <input type=hidden name="sp-f" value="ISO-8859-1">           <input maxlength="30" size="10" name="sp-q">         </td>         <td>            <input type="image" alt="Recherche" src="http://www.amb-pays-bas.fr/images/searchbtn.gif" value="Search" class="button" width="65" height="18">         </td>      </tr>   </table>   </form> </div> </body> </html> 
