<html> <Head><title>  Chanon Manquant </title> <meta name="Cline Lannier et Eve Gros"     description=keywords="chainon manquant, anthropologie, prhistoire,confrences, visites, association, culture"                  description="site de l'association des tudiants en Anthropologie et Prhistoire de Bordeaux 1 - le bureau - les sorties passes et futures - les confrences - la journe prhistoire"   </meta> <style type="text/css"><!-- #beau {text-decoration: none} a:hover {text-decoration: none; color : ivory} a:visited.suivprec {color: olive} a:hover.suivprec {color: olive} .combo { 	BACKGROUND-COLOR: #FFFFFF; FONT-SIZE: 14px ;BORDER-BOTTOM: #000000 1px solid; BORDER-LEFT: #ffcccc 1px solid; BORDER-RIGHT: #000000 1px solid; BORDER-TOP: #ffcccc 1px solid; COLOR: #000099; } .boutons { 	BACKGROUND-COLOR: #ff6600; BORDER-BOTTOM: #000000 1px solid; BORDER-LEFT: #ffcccc 1px solid; BORDER-RIGHT: #000000 1px solid; BORDER-TOP: #ffcccc 1px solid; COLOR: #ffffff; } --></style> </head>  <BODY BGCOLOR="gray" vlink="olive" link="olive" alink="khaki"> <center>   <table bgcolor="silver" cellpadding="15"> <tr><td><font color="maroon"> <h2> Rsum des confrences</h2></font></center> <br><hr>   <a name="rob"> <h1>Le 23 mai 2002</h1>  <center> <h1><font color="maroon">Les recherches paloanthropologiques en Erythre</font><br></h1></center> <h2>par Roberto MACHIARELLI  </h2> (Professeur d'anthropologie, Universit de Poitiers)   <br><br>  <i> Dans les annes 1990, Roberto Macchiarelli a fait des recherches gologiques en Somalie. Des problmes d'instabilit dans ce pays l'ont conduit en Erythre. L encore, il s'est consacr  la gologie, notamment aux formations volcaniques. </i>  <p>L'Erythre se trouve au nord-est du Grand Rift africain, dans la rgion de l'Afar. Cette rgion est un bassin sdimentaire, et prsente une dnivellation de 2500m, en dessous du plateau. Les couches sdimentaires s'y succdent; les couches plistocnes s'tendent sur 600m. Les formations sont datables radiomtriquement grce  une importante activit volcanique. </p>  <p>Deux grandes missions ont t organises afin de prospecter la surface de faon systmatique. 40km de terrain ont ainsi t explors. 200 sites affleurants, de structure complexe, ont t mis au jour. Le matriel trouv comprend de la faune (mammifres, reptiles), une industrie riche en bifaces et hachereaux, clats de choppers taills dans diffrents calcaires (quartzite, dolomite). Certains ossements, associs  de l'industrie, prsentent des "cut marks" ou marques de dcoupe, notamment des restes d'hippopotames et de crocodiles.</p>  <p>L'analyse stratigraphique a donn un ge d'environ 1 million d'anne pour ces sites. Les analyses biochronologique, radiomtrique et gomagntique ont confirm ce rsultat. La squence s'tend de 1.3 millions d'annes  700 mille ans. Durant cette priode, des expansions fluviatiles alternent avec des retraits et des phases de marais, phases auxquelles sont associes les industries. Le taux de sdimentation a t estim  10 cm/an, ce qui est considrable. De plus, des analyses de l'isotope Oxygne 18 ont donn des rsultats intressants</p>  <pDu point de vue palontologique, la faune retrouve est une faune de savane. Parmi les ossements, des restes humains ont t dcouvert  Buia. Il s'agit d'un crne adulte, d'un os de la hanche et de 2 dents. Ces restes ont t attribus  l'espce Homo erectus sensu lacto, c'est  dire un groupe comprenant les Homo erectus asiatiques, les Homo ergaster africains et les spcimens europens. Ces dcouvertes ont conduit  l'laboration du projet Buia, qui a permis la cration d'un muse en Erythre prsentant les industries et ossements trouvs. Ce muse a entre autre pour rle de sensibiliser la population au patrimoine et de conserver les pices dans leur pays d'origine. </p>  <p> L'ischion de Buia s'est vu attribu un sexe, par comparaison avec les spcimens OH28 et ER32xx: il aurait appartenu  un individu fminin. Des marques sur la face interne de l'ischion ont laiss supposer  des pratiques cannibales, mais l'analyse de ces marques par microscopie lectronique a rvle qu'il ne s'agissait pas de cut marks. Elles ne sont pas issues d'un dcharnement.</p>  <p>Le crne de Buia a t dcouvert  500km seulement d'un autre site, fouill par des chercheurs de l'universit de Berkeley, et ayant galement livr un crne. Le crne de Buia a t bien reconstruit. Il est troit, avec un largissement postrieur. Ce serait un crne masculin, dat d'environ 1.4 million d'annes. Bien que ce spcimen est t class Homo erectus sensu lacto, il est difficile de dceler dans son anatomie des caractres d'Homo erectus.  Alors que les H. erectus, par exemple les spcimens de Sangiran, prsentent une forte paisseur des parois crniennes, une capacit endocrnienne d'environ 800cm et une architecture du crne en vue postrieure en tente avec des parois divergentes vers le bas,  les parois crniennes de Buia sont subverticales, convergentes vers le bas, avec une ouverture sub-coronale post-bregmatique. De plus, l'paisseur de ces parois est faible.</p>  <p>Les chercheurs ont essay de comparer le crne de Buia  d'autres fossiles du mme ge. La morphologie compare est cependant difficile avec ce fossile, car il prsente une mosaque de caractres plus ou moins volus. Sa classification est donc dlicate. </p>  <div align="justify">   <h3><a href="mailto:celinelannier@hotmail.com">Cline LANNIER</a></h3> <br> <br> <hr>  <a name="mdg"> <h1>Le 8 fvrier 2002</h1>  <center> <h1><font color="maroon">L'origine des Hommes Modernes en Europe: questions, piges et rponses</font><br></h1></center> <h2>par Maria Dolores GARRALDA</h2> Professeur  la Facult de biologie, Universit Complutense, Madrid <br><br> <div align="justify"> Les questions que nous allons nous poser engendrent plus de problmes et de piges que de rponses    <H3> LES QUESTIONS</h3> De - 180 000 ans  - 30 000 ans BP (Before Present, c'est  dire avant 1950), les hommes de Nandertal ont occup le sol europen. Mais  partir de  - 30 000 ans BP, seuls des hommes de morphologie modernes, des <i>Homo sapiens</i>, taient prsents. Que s'est-il pass entre - 40 000 et - 30 000 ans BP? Les hommes modernes taient-ils autochtones, europens? La plupart des chercheurs pensent que non. Alors, d'o sont-ils venus? Quand? Pourquoi? Nous allons apporter des lments de rponses aux deux premires interrogations, mais nous n'aborderons pas la question "pourquoi?" Cela ne rlve pas strictement de l'anthropologie, mais plutt de l'tude des dplacements des populations et des causes de ces dplacements.   <h3>LES PIEGES</h3> Nombreux sont les piges  viter lorsque l'on essaie de rpondre  ces questions<br>  <ul>  <li> Nous sommes souvent tents d'interprter l'arrive (ou les arrives) des hommes modernes en Europe d'aprs des exemples contemporains de colonisation de territoires "vierges" par les explorateurs occidentaux (par exemple, l'arrive des Anglais en Australie). Or, le contexte est trs diffrent. On ne peut comparer les dplacements des hommes du Palolithique suprieur avec le dbarquement des conquistadors arms jusqu'aux dents en Amrique latine!!! </li>  <li>Nous avons tendance  considrer l'Homme moderne comme un "HERO", le vainqueur d'une longue histoire volutive...</li>  <li>Les fossiles sont rares et trs incomplets, ce qui ne facilite pas le travail de reconstitution des vnements passs.</li>  </ul>   <h3>LES REPONSES</h3> Les rponses que nous allons apportes sont fonction des donnes anthropologiques, des restes culturels et fossiles trouvs dans les diffrentes rgions europennes. <br><br>   Plusieurs cultures sont reconnues pour la priode qui nous concerne, entre - 40 000 et - 30 000 ans BP. La culture la plus rpandue est le Moustrien. On retrouve cette culture en Europe occidentale,  La Ferrassie, Pech de l'Az, Le Moustier, Marillac, Feldhofer, El Salt, El Castillo (le niveau 20 est dat  - 40 000 ans BP environ), Devil's Tower, Figuiera Brava; et en Europe orientale,  Kulna, Sipka, Vindja.  <br><br> Suite au Moustrien, plusieurs industries de "transition" entre le Palolithique moyen et le Palolithique suprieur ont t dfinies. Ces industries ont un caractre local plus prononc que le Moustrien.   <br><br> Le Chtelperronien se trouve uniquement (ou presque) en France et dans le nord de l'Espagne. Chacun des sites chtelperroniens, tels Arcy-sur-Cure et St Csaire, a livr des restes osseux humains.   <br><br> L'Uluzzien caractrise le sud de l'Italie: dans le gisement de Il Cavallo, des dents de lait humaines ont t mises au jour. Cette culture est peut-tre galement prsente en Grce.   <br><br> L'Aurignacien archaque, encore appel Aurignacien ancien ou Aurignacien de transition selon les sites, a une rpartition gographique un peu plus rpandue que les deux cultures prcdentes. On le retrouve en Europe orientale, en  Bulgarie  Bacho Kiro, en Rpublique Tchque  Mladec et  Zlaty Kun, en Hongrie  Szleta et en Croatie  Vindja; ce dernier site suscite cependant beaucoup de discussions. En Europe occidentale, le site allemand de Vogelhred, fouill au dbut du 20me sicle pose problme: les circonstances des dcouvertes sont peu claires, et l'appartenance des outils trouvs  l'Aurignacien archaque n'est pas sr. S'ajoutent galement les sites de La Ferrassie (Grand Abri), Font de Gaume, les Rois, Fontchevade (en France) et El Castillo (dans le nord de l'Espagne).    <br><br>  Les restes humains dont nous allons parler  prsent sont issues de sites aurignaciens archaques.  <br><br> A Bacho Kiro, dans le niveau II/I dat de - 38 000 ans BP, a t mis au jour un petit fragment de corps mandibulaire gauche, contenant la premire molaire, et appartenant  un enfant d'environ 7 ans. L'os est pais, la dent est norme cet enfant tait probablement nandertalien. Cependant, la trs petite taille du fragment ne permet aucune certitude. D'autres restes humains fragmentaires ont t trouvs dans d'autres niveaux ; ces fossiles sont tudis par une quipe polonaise.  <br><br> A Mladec, plusieurs individus ont t mis au jour. D'un point de vue gologique, le gisement de Mladec se trouve dans un complexe karstique, avec 2 entres chenimes. Comme pour le site de Bacho Kiro, la fouille date du dbut du 20me sicle, peu de dtails sur le contexte des dcouverte sont donc disponibles. Les individus dcouverts prsentent une grande variabilit. Des individus sont robustes, alors que d'autres sont plus graciles. Ils ont t classs respectivement comme homme et femme. Mladec 1 et 2 sont des crnes dont le contour gnral, les parois verticales en vue postrieure, la glabelle peu prononce et la fosse canine traduise une morphologie moderne. Mladec 5 est  l'inverse beaucoup plus archaque. Seul le neurocrne, trs rond, a t prserv. Une constriction post-orbitaire marque, une fosse sus-iniaque et un torus sus-orbitaire sont prsents. Des restes de traumatismes sont galement observables.  <br><br> Le gisement de Zlaty Kun a livr des squelettes incomplets, dont les crnes robustes sont tout de mme moins primitifs que Mladec 5, mais prsentent un torus, une fosse sus-iniaque, et des processus mastodes trs petits. Le contexte gologique, karstique, est similaire  celui de Mladec.  <br><br> Le site de Volgerhed (ou Stteten) a t fouill par Riek, dans les annes 1930. Le niveau aurignacien a t dat 3 fois au carbone 14, avec un rsultat de 30 000 ans BP. Il est surmont d'un niveau magdalnien. Quatre individus ont t mis au jour, mais leur niveau d'appartenance est incertain. Stteten 1 est le plus complet, trs fin, typiquement moderne. L'occipital est saillant, aucune formation sus-orbitaire n'est observable. Bien que la mandibule soit peu robuste,  un espace rtro-mandibulaire est prsent. Sttenten 2 est un neurocrne moins complet mais tout aussi moderne. Ces 2 individus sont dolichocphales les formes brachicphales n'arrivant qu'au Magdalnien, sans que l'on sache pourquoi. Stteten 3 est un humrus, morphologiquement comparable  un humrus moderne (selon les statistiques) bien que trs robuste.   <br><br> Le Grand Abri de la Ferrassie a livr une dent isole, de grande dimension,  morphologie en pelle.  <br><br> A Fontchevade ont t mis au jour un fragment de radius trs robuste prsentant des anthsopathies, un parital isol peu courb et une petite mandibule juche d'une premire molaire. Cette mandibule appartenait  un enfant d'environ 7 ans, et est trs robuste pour cet ge.  <br><br> Le gisement des Rois a livr beaucoup d'individus, mais nombreux sont ceux qui ne sont reprsents que par des dents. Les dents isoles ont une morphologie en pelle. La mandibule d'un enfant d'environ 7 ans (cette fois encore, la premire molaire est sur arcade) prsente des caractristiques archaques bien qu'appartenant au Palolithique suprieur: sa robustesse est trs importante notamment dans la partie infrieure, ses dents sont normes, le menton n'est pas saillant. Ct lingual, un planum alvolaire fait de cette mandibule un fossile trs particulier.   <br><br>             Le site d'Isturitz soulve beaucoup d'interrogations. Plusieurs restes humains ont tout d'abord t attribus  l'Aurignacien. Puis, la plupart des fragments sont "devenus" magdalnien ; seule une mandibule incomplte restait associe  l'Aurignacien. Cependant, selon M-D Garralda, cette mandibule  une morphologie beaucoup plus rcente  <br><br>             La grotte d'El Castillo est la plus grande de tout un ensemble de cavits. Certaines, dont El Castillo, sont ornes. Les niveaux 17 et 19 d'El Castillo sont striles. Le niveau 20 contient du moustrien et une prmolaire de nandertalien. Le niveau 18c a t dat d'environ - 40 000 ans BP, d'aprs les 5 datations au carbone 14 ralises par 3 laboratoires diffrents et une datation ER. Le niveau 18b a t dat d'environ - 38 500 ans BP, d'aprs 5 datations au carbone 14 galement. L'homognit de ces 11 datations pour ces niveaux est remarquable. Le matriel lithique, trouv au cours de fouilles modernes, rvle des caractristiques en mosaque, en rapport avec le Moustrien (pour ce qui est de la technologie) et avec de nombreux outils aurignaciens. En plus de ces outils, des ciseaux prsentant des marques de chasse, des plaquettes lithiques ornes de gravures, des restes de cervids ont t mis au jour. Une mandibule et des molaires appartenant  un adulte ont t tudies par Vallois, avant d'tre perdues. Vallois en avait soulign la morphologie archaque, la robustesse, le planum alvolaire, le menton non saillant et la grandeur des dents. Les dernires fouilles ont permis la dcouverte de 3 dents : une incisive dciduale trs use, trs grande, avec un tubercule lingual (c'est  dire une morphologie en pelle) ; une deuxime molaire mandibulaire dciduale, trs grande, trs use, similaire celle de Pech de l'Az appartenant  un nandertalien; une molaire suprieure.   <br><br>             Les dents d'El Castillo, comme celles des Rois et de la Ferrassie, sont comparables avec les dents nandertaliennes, mais aussi avec celles de beaucoup de populations modernes : tous les hommes de l'Aurignacien archaque rentraient dans l'ellipse de variation des nandertaliens.  <br><br>               Le fossile de Hahnfersand (Allemagne), trouv hors de tout contexte, en surface, est prsent par certains auteurs comme tant le rsultat d'un mtissage entre homme moderne et nandertalien. Le sinus frontal trs grand et le torus sus-orbitaire en serait les "preuves". Cependant, le contexte de ce fossile est inconnu et les datations, faites par la mthode des amino-acides, sont trs controverses. Ce fossile serait trs ancien: entre - 33 000 et - 36 000 ans BP. Un torus sus-orbitaire marqu associ  un crne globalement moderne dans sa morphologie est souvent interprt comme le rsultat d'un mtissage. Il faut cependant rest trs vigilant : la variabilit inter- et intra- populationnelle est trs importante ; certains hommes modernes ont une formation sus-orbitaire puissante.  <br><br>  <h3>CONCLUSIONS PROVISOIRES</h3> Entre - 40 000 et - 30 000 ans BP :  <ul> <li>les sites nandertaliens sont : Figuiera Brava, El Salt, Abric Agut, Devil's Tower, Arcy-sur-Cure, St Csaire, le Moustier, la Ferrassie, Feldhofer, Cavallo, Kulna, Sipka, Vinja.  </li>  <li> les sites dont les restes fossiles ne sont pas assigns de faon certaine  un taxon sont : El Castillo 18b, le Grand Abri de la Ferrassie, Font de Gaume, les Rois, A. de Cawin, Szeleta, Bacho Kiro, et avec encore plus d'interrogations pour Hafnfersand.  </li>  <li> les sites ayant livr des hommes modernes sont tous  considrer avec prudence: Mladec?, Stteten?; Isturitz? </li> </ul>   <p> Il est difficile de conclure dans l'tat actuel des dcouvertes. Les conclusions ne peuvent qu'tre provisoires. En effet, avant - 30 000 ans BP, aucun des restes "modernes" n'est  la fois bien identifiable et bien dat. La provenance des ces hommes modernes est inconnue ; la question "d'o?" reste sans rponse. Il est souvent crit que les hommes modernes viennent du Proche Orient, car depuis le Nolithique, le croissant fertile a t le point de dpart de nombreuses populations. Mais en ralit, nous ne savons rien sur l'Asie Centrale ! Les distances de temps et d'espace sont trop importantes pour faire de telles extrapolations. Quand ces hommes modernes sont-ils arrivs ? Leur prsence est possible  partir de - 40 000 ans BP, mais les datations tant mauvaises, aucune preuve n'est disponible. Nous ne connaissons rien des modalits d'arrive de ces hommes. Sont-ils arrivs par petits groupes? par groupes plus larges? dans un dplacement lent? rapide? avec des va et vient?  </p>  <p>La coexistence avec les nandertaliens ne fait pas grand doute mais pendant combien de temps? 2 000 ans? 3 000 ans? 10 000 ans? Le niveau de coexistence est difficilement apprciable. A-t-elle t jusqu'au mtissage? Il est trs difficile d'estimer le degr de mtissage, de le prouver ou de le nier. </p> <p>Aucun restes humains de cette poque n'a t trouv dans des spultures,  l'exception de quelques nandertaliens. On a parl de rituels  Mladec et Szalty Kun : les cadavres auraient t jets dans les chemines du karst ce pourrait tre un rituel. Cependant, dans les 2 cas, les conditions de fouilles sont trop mauvaises pour affirmer quoi que ce soit. Dans le gisement des Rois, des traces, ralises avec un instrument en silex ont t dceles sur un individu. Mais le fragment est si petit (c'est un morceau d'arcade dentaire de la largeur des 2 prmolaires qu'elle contient), qu'il est difficile d'en tirer des conclusions. Ces marques de silex sont bien l, mais sont-elles des traces de dcharnement? de rituel? de cannibalisme? </p>  <p>Selon certains auteurs, les artisans du plus ancien Aurignacien et des autres industries de "transition" pourraient trs bien avoir t des nandertaliens, plutt que des hommes modernes.</p>   <h3><a href="mailto:celinelannier@hotmail.com">Cline LANNIER</a></h3> <br> <br> <hr> <a name="pd">  <h1>Le 19 dcembre 2001</h1>   <h1><font color="maroon"><div align="center">Regards croiss sur l'espce de Linn  aujourd'hui </font><br></h1> <h2><div align="justify"><a href="http://www.episteme.u-bordeaux.fr/pduris.htm" target="_blank">par Pascal Duris</a></h2> Matre de confrence, Universit Bordeaux 1, chercheur au <a href="http://www.episteme.u-bordeaux.fr" target="_blank">laboratoire PISTM (EA 2971)</a> <br> <br>  Voici un sujet sur l'histoire des sciences (pistmologie, pour les amateurs de grec) Mais au fait, qu'est-ce que l'histoire des sciences, en quoi cela nous concerne-t-il? N'est-ce pas un sujet trop loign de nos proccupations quotidiennes, les "sciences dures"?<br> Ce soir l, Pascal Duris a tent de convertir les plus sceptiques en nous exposant avec brio les ides des plus grands penseurs (Linn, Lamarck, Darwin...) sur la notion d'espce, concept au coeur de la discipline anthropologique et prhistorique. <br> L'histoire des ides en sciences est un sujet peu abord, voire totalement dlaiss par la scolarit. Mais la science, comme l'histoire, est avant tout faite par des hommes qui, au cours des sicles, dbattent, laborent des thories, dtruisent celles des autres...<br> Nous sommes donc loin d'une marche linaire vers le perfectionnement des connaissances o des hommes chauves en blouse blanche ne seraient guids que par la plus froide des objectivits. <br> En effet, les ides d'une poque ne sont que le reflet de la personnalit de leur auteur et du contexte social, conomique et religieux dans lequel elles sont nes. Ainsi pour bien comprendre les enjeux d'aujourd'hui sur des questions fondamentales, comme la notion d'espce, encore faut-il se donner la peine de regarder le travail de nos prdcesseurs, et d'en comprendre le sens. <br> La question de l'existence mme de l'espce en tant qu'entit naturelle fut et est encore de nos jours un problme majeur pour la biologie et les disciplines connexes.  Pourtant la notion d'espce parle  chacun d'entre nous. Tout le monde s'accorde pour diffrencier un chat d'un chien, et dire qu'ils appartiennent  deux espces diffrentes ; mais personne ne saurait dfinir exactement ce qu'il entend par-l. <br> En voici un exemple : c'est un terme dont la dfinition nous est trs confuse mais pourtant, chacun met du sens derrire ce mot. La preuve en est des indignes australiens dont le rpertoire faunistique est en accord parfait avec celui des plus minents spcialistes : tous deux reconnaissent et diffrencient le mme nombre d'espces bien que se basant sur une approche trs diffrente. <br> Le nombre d'espces existant  la surface de la terre se situerait entre 3 et 30 millions, une moyenne de 8  12 millions tant communment admise. Sur ces quelques millions, seules 170  000 sont connues et dcrites (10  15 %). La plupart appartiennent au rgne animal (70%) et plus prcisment au monde des invertbrs. Il n'y a en effet qu'environ 47 000 espces de vertbrs dont 1  2 nouvellement dcrites par an.  Tous ces chiffres attestent implicitement de la ralit biologique de l'espce, en tant qu'lment discontinu de la nature. Mais cette prsupposition est-elle fonde? <br> Ds le XVIII sicle, cette question a divis le monde scientifique, trois coles coexistant :<br>  <ul> <li>Pour les fixistes, les espces sont immuables, cres indpendamment par Dieu il y a 6000 ans (cadre chronologique impos par la bible) L'objectif principal des partisans de cette thologie naturelle sera de dcouvrir le dessein du crateur en tudiant ses oeuvres. Ils entreprirent pour cela d'immenses oeuvres classificatoires afin de rvler au monde le degr de l'chelle le long de laquelle Dieu avait dispos la vie. Linn et Cuvier furent parmi les fixistes les plus clbres de leur temps.  </li> <li> Les transformistes sortirent du cadre temporel impos par la bible en prtendant que les espces se transforment au cours du temps. L'espce en tant qu'lment naturel tait alors intgre dans les thories volutives alors naissantes (celles de Lamarck et de Darwin pour les plus clbres)</li> <li> Enfin les nominalistes nient l'existence de l'espce en affirmant qu'il ne s'agit que d'une commodit de langage</li></ul>  <b>Car Von Linn (1707-1778) </b> naturaliste sudois, pre de la taxinomie moderne (science de la classification) fut certainement le fixiste le pus influent. Il entreprit la plus gigantesque oeuvre classificatoire jamais ralise par un seul homme. Linn se mit en qute de l'ordre qui prsidait  la diversit du vivant "pour la plus grande gloire de Dieu" A ses yeux cependant, le regroupement des espces en catgories ne rvlait nulle parent volutive. Partisan de la thologie naturelle, il tait convaincu que les espces taient des crations permanentes et son travail de classification ne visait qu' dvoiler l'oeuvre sublime du crateur. Linn se croyait donc investi par Dieu, comme l'atteste cette gravure o il nomme les espces au paradis en hommage  Dieu : "Dieu cre, Linn dispose" Il publie ses rsultats dans son clbre "Systeme Naturae" : rpertoire plutt austre de tableaux classificatoire du monde animal mais aussi vgtal et minral.<br> Dans la premire dition (1735), il regroupe les plantes en 24 classes d'aprs l'examen de leurs organes sexuels. L'homme, lui,   fait parti des quadrupdes anthropomorphes aux cts des singes (Simia) et du paresseux (Bradypus) Au fil des ditions, Linn tient compte des critiques et remplace le terme de "quadrupde anthropomorphe" par celui plus respectable de "mammifre primate". C'est aussi dans cette dernire dition (1758) qu'il cre la nomenclature binomiale, toujours d'actualit, o chaque organisme est dsign par son nom de genre et d'espce (lanis lupus pour le loup par exemple) <br><br> <b>Raumur</b> (1683-1757) et Buffon (1707-1788), naturaliste franais, s'opposrent fortement aux ides de Linn. Pour eux, "ces systmes ne sont que des chafaudages pour arriver  la science et non la science elle-mme" Buffon s'efforce de donner des animaux une dfinition de l'espce base sur le critre d'interfcondit, dfinition qui aujourd'hui est encore en vigueur. <br> Mais son plus grand apport  sur la question est issu de ses tudes sur la formation de la terre et des poques gologiques. Il fait clater la chronologie et propose un ge de 75 000 ans, peut-tre mme de 3 millions d'annes!<br> Cet largissement du cadre  temporel rigide impos par la bible l'a convaincu que le monde est n d'une lente transformation. La fixit des espces lui semble discutable. Ainsi, se fondant plus sur l'intuition que sur l'exprience, ouvre-t-il la voie aux thories de l'volution. <br><br> Il faut attendre Lamarck (1744-1829), naturaliste franais, pour que le concept d'espce s'intgre dans un schma transformiste fond sur des arguments naturalistes et biologistes solides. Il se fit connatre par la publication en 1778 d'une "flore franaise"<br> A cette poque, le jeune Lamarck, alors exclusivement vers dans les choses de la botanique, est convaincu que les espces sont fixes et existent rellement. Les autres catgories ne sont pour lui que fabulation et commodit. La Convention nationale lui confia en 1893, la chaire "des animaux  sang blanc" (invertbrs) au Musum. Il tudia 5 annes durant la richissime collection d'invertbrs mise  sa disposition. Il fut le premier  distinguer les crustacs des insectes,  dfinir les arachnides et les annlids. Face  cette exubrance de forme et cette diversit dconcertante, Lamarck changea d'avis et niant la ralit de l'espce. "Seuls les individus existent" Mais peu  peu, il cra un modle qui rendait compte de cette diversit, rhabilitant par l-mme le statut naturel de l'espce. C'est ainsi qu'il vira de bord une dernire fois avant sa mort : l'espce existe et s'intgre dans une thorie transformiste. Il nona pour la premire fois une thorie de l'volution des espces : l'exercice constant d'une fonction biologique cre, ou tout au moins dveloppe et perfectionne, l'organe qui exerce cette fonction, et l'adaptation ainsi acquise se transmet dans la suite des gnrations. <br> Cette conception est aujourd'hui abandonne mais a cependant ouvert largement la voie de toutes les recherches ultrieures, y compris celles de Darwin. <br<br>  On aurait pu croire que Darwin, clbre naturaliste britannique (1809-1882) dont la version moderne de sa thorie volutionniste est toujours d'actualit, allait nous fournir la cl du mystre par la publication en 1859 de "l'Origine des espces" Mais  aucun moment l'auteur ne dfinit le terme d'espce, peut-tre simplement parce qu'il considre que cette notion ne se fonde sur aucun argument scientifique valable. <br<br Aujourd'hui l'existence, donc la ralit de l'espce, semble consensuelle au sein de la communaut scientifique, mais ne prend tout son sens qu'au sein de thories plus vastes sur les questions de leurs origine et des modalits de leur transformation.<br>  <h3><a href="mailto:spinabifida37@hotmail.com">Bruno WISNIEWSKI </h3></a>  P. DURIS et G. GOHAU, "Histoirie de sciences de la vie" Edition Nathan Universit (1997) <br><br> <a href="http://www.episteme.u-bordeaux.fr">Le site Internet du laboratoire PISTM (EA 2971), Universit Bordeaux 1 </a>    <br><br> <hr>   <a name="cv">  <h1>Le 28 novembre 2001	</h1>   <h1><font color="maroon"><div align="center">Ouvertures professionnelles dans le tourisme  vocation pdagogique <br> Le site archologique de La Madeleine (Dordogne)</font><br></h1> <h2><div align="justify">par Christophe Vigerie, conservateur du site de La Madeleine</h2> <center><br> <img src="../Images/mad3.JPG"  ALT="Village troglodytique de la Madeleine - Tursac"></center> <br>  <p>Est-il encore besoin de prsenter la Dordogne et ses principaux sites archologiques et touristiques? Probablement pas. De nombreux sites sont toutefois mconnus, car moins "grandioses", ou tout simplement car ils ne sont pas (encore) ouverts au public. Est-il possible de rendre ces sites plus accessibles  tous? Comment un site archologique se gre-t-il, d'un point de vue commercial, en ayant constamment  l'esprit le souci de sa conservation? Christophe Vigerie a trouv une rponse  ces questions, en ouvrant au public le site de La Madeleine.</p>  <a name="ma"> <p>La concentration de sites "archo-touristiques" en Dordogne est impressionnante, que l'on considre les sites rels (Laugerie, Rouffignac, La Madeleine, ...), ou les sites construits de toutes pices autour de l'archologie...  tel point que la valle de la Vzre est classe "Patrimoine de l'Humanit", et ses gisements "Patrimoine National". Pour trouver le site de La Madeleine, il faut longer la rive droite de la Vzre, dans sa moyenne valle, jusqu'au village de Tursac. Dcouvert en 1863, le <b>site de La Madeleine</b> est le site ponyme de la culture magdalnienne (dernire culture majeure du Palolithique Suprieur). Les niveaux palolithiques sont recouverts par les vestiges d'un habitat troglodytique mdival ayant t occup jusqu'au dbut du 20me sicle, et par ceux d'un chteau fort construit au 13me sicle. De nombreuses fouilles, plus ou moins lgales, ont t entreprises sur ce site depuis son invention, le dernier fouilleur tant J.M. Bouvier.</p> <center> <img src="../Images/mad.jpg"  ALT="Woolly Mammoth engraved on a plate of ivory found in the cavern of La Madelaine, Perigord Photo: C. Lyell 'The Antiquity of Man' (1873)"></center> <p>La Madeleine est un site archologique priv, qui ouvre la partie mdivale de son histoire au public, la priode prhistorique tant accessible par le biais d'un muse de site. Ce gisement n'a toutefois pas toujours t priv. Dans les annes 1960, les propritaires ont t contacts par l'Etat, dsireux d'ouvrir le site au public. En 1975, le site a finalement t lou par le dpartement de la Dordogne, pour un bail de 25 ans. Cependant, le dpartement n'a pas respect les "rgles du jeu": le site et la fort avoisinante n'ont pas t entretenus, la priode d'ouverture du site au public tait trs courte Les propritaires ont donc dcid de ne pas renouveler le bail et de changer de locataire. Un appel d'offre national a t lanc au dbut des annes 1990. Les offres de l'Etat ont t refuses: la fonction du Ministre de la Culture tant la conservation et non la communication sa politique visait plutt  <i>fermer</i> le site au public, ou tout du moins  limiter au maximum le nombre de visites, alors que les propritaires avaient t initialement contacts pour <i>ouvrir</i> le site. Les offres du dpartement, essayant de reconqurir le gisement, et de propritaires d'autres sites privs ont galement t rejetes. En 1994, C. Vigerie et son collgue ont propos un projet qui a retenu l'attention des propritaires. Le 15 fvrier 1998, ils ont sign le bail; le site de La Madeleine est devenu priv et ouvert au public.</p>   <a name="eco"> <p>C. Vigerie et son collgue, Jean-Philippe Alibert,  ont cr une SARL, une conomie de march, plutt qu'une association, afin d'viter toute ambigut vis--vis de la rentabilit et du ct commercial du site. Souvent, la frontire entre les socits  vocation commerciale, dont le but est de gagner un maximum d'argent en un minimum de temps, et les conservateurs, qui permettent l'accs  la culture,  l'art, sans que la notion d'argent ne soit concerne, est trs nette. Il y a une rupture marque entre argent et culture. Le but de C. Vigerie a justement t d'aller au del de cette frontire et de concilier rentabilit et accs  la culture. Son dfi a t d'ouvrir un site et de communiquer des vraies informations sur ce site, sans exploiter visiteurs ou employs. </p>  <a name="guide"> <p>Ds la premire anne, le site a doucement t remis en tat, le rythme des travaux tant adapt  la conservation du site. Il a t ouvert  des stagiaires universitaires afin qu'un change s'tablisse entre ceux "qui ont la connaissance" (les universitaires) et ceux qui savent transmettre une information (les employs du site).  Les employs permanents n'ont pas le temps de se tenir informs de tout ce qui est crit au sujet du site de La Madeleine, ou au sujet de gisements  de mme poque,  afin d'tre au top niveau des connaissances Les tudiants leur transmettent ces connaissances thoriques, leur communiquent les publications, les nouvelles interprtations. En contrepartie, ces tudiants apprennent  s'exprimer,  communiquer leur passion  un public,  intresser les visiteurs quel que soit le niveau social dont ils sont issus. Un lien entre le travail d'quipe et le travail conomique, c'est  dire entre le milieu universitaire et le milieu conomique, se cre alors. Travailler sur un site archologique ouvert au tourisme permet de faire de la science applique. Le lien direct avec les visiteurs et leurs questions est galement une source d'expriences enrichissantes. </p>   <p>D'aprs C. Vigerie, communiquer une vraie information aux visiteurs est essentiel. Etre guide, ce n'est pas seulement faire traverser le site, en donnant un minimum d'informations. Il faut au contraire donner le plus d'information possible, tout en se mettant au niveau des visiteurs, mme (et surtout) ceux qui n'ont aucune base en archologie. Il faut replacer ces informations dans leur contexte historique ou prhistorique, autour de l'homme. Il faut tirer le niveau de culture gnrale des visiteurs vers le haut, sans mpris. Guider, c'est raconter un conte, raconter une histoire, plus ou moins plausible. Selon C. Vigerie, mieux vaut mettre des hypothses que de ne rien dire!!! </p>  <p>Mais pour pouvoir effectivement faire passer un message, il faut que la dure mme de la visite s'y prte Celle de La Madeleine dure 1h30. Le nombre de visiteurs par groupe de visite doit galement tre limit (environ 40), afin d'optimiser la communication, d'augmenter la disponibilit du guide, et prserver le site. Ces donnes restreignent de faon considrable le nombre de visiteurs par jour, et donc la rentabilit du site. C'est pour cela qu'au dpart, nombreux sont ceux qui ont pens que cette entreprise ne pouvait pas fonctionner. La conciliation qualit/rentabilit semblait impossible aux yeux de la concurrence. En effet, le nombre de visites doit pouvoir couvrir les frais d'ordre gnral (lectricit, location du site), et le cot des guides  la journe(en pleine saison, le site de La Madeleine compte 7 guides). Et pourtant, a a march!! La qualit de la visite, la disponibilit des guides, leur accessibilit ont attir les visiteurs. Leur nombre a augment de 18 000 en 1998  30 000 en 2001, grce notamment au bouche  oreille. Sans faire de bnfices, l'entreprise tourne, sans nuire au site,  la qualit, au respect du visiteur. C. Vigerie le dit lui-mme: <i>"avec ce mtier, on ne fait pas fortune, mais il est trs enrichissant"!</i></p>  <p>Depuis une dizaine d'annes, C. Vigerie a remarqu une augmentation gnrale du niveau culturel des visiteurs. Si, dans les annes 1980, les visiteurs visitaient pour passer le temps, ils ont maintenant de vraies attentes, des questions auxquelles ils esprent trouver une rponse grce notamment aux visites de sites. Actuellement, la mode est aux "vacances intelligentes". Les entreprises comme celle de C. Vigerie surfent sur cette mode du patrimoine, sans oubli que les visiteurs sont tout de mme en vacances et q'ils ne sont pas l pour entreprendre de grandes rflexions. Les guides doivent donc communiquer leur savoir sans en avoir l'air, sans ennuyer. D'o la ncessit d'engager des guides forms et motivs, qui savent rellement de quoi ils parlent et retenir l'attention.</p>  <p>Faire partager une passion n'est pas si facile. Cela s'apprend au contact du public. Les visites thtrales lassent rapidement les visiteurs et le guide lui-mme. Seule la relle comptence des guides et leur enthousiasme leur permettent de partager leur savoir et de s'adapter  leur public. L'histoire raconte ne peut tre la mme selon que l'on s'adresse  des enfants, des adolescents, des familles en vacances ou des groupes de retraits En tout cas, les visiteurs doivent repartir en ayant appris quelque chose. La frquentation des sites construits a considrablement diminu, au profit des sites rels, car les visiteurs veulent "toucher" le patrimoine, veulent voir de vraies constructions, mme s'il n'en reste que des vestiges. Le guide doit alors profiter de cet attrait pour les sites rels pour attirer l'attention sur la ncessit de prserver ce patrimoine. Si les visiteurs ont saisi cette notion de patrimoine, s'ils ont compris que tout notre quotidien, et mme notre futur, sont entirement bass sur notre pass, que l'on ne peut pas continuer  avancer si on ignore le trajet dj parcouru, alors le but ultime de la visite est atteint. Car la prservation du patrimoine, et C. Vigerie est avant tout <i>conservateur</i> du site de La Madeleine, sera favorise par l'accs  la connaissance, par le recul de l'ignorance et des ides reues.</p>  <p>Au del de l'activit professionnelle qui doit tre rentable, C. Vigerie souligne que les conservateurs ont aussi une action politique de sensibilisation des visiteurs  leurs origines. Beaucoup de gens se basent encore sur le modle crationniste de l'origine de l'homme. Au travers des visites de sites archologiques, l'volution des socits peut tre comprise. C'est une volution non linaire, qui se fait par phases successives.</p>  <p>Le nombre de sites inscrits  la liste du patrimoine dans le Sud-Ouest est de 24 000 et le nombre de touristes en France est de 70 millions par an (300 000 entres / an pour Lascaux II). Actuellement, 40% des sites archologiques franais sont grs par des entreprises prives. Le nombre de sites ferms mais pouvant tre ouverts au public, en Dordogne ou ailleurs, n'est pas ngligeable. Peut-tre forment-ils une nouvelle ouverture du monde du travail en archologie, autre que l'Education Nationale, l'Etat, les organismes de recherches? Quoi qu'il en soit, il n'y a pas de formule magique pour que a marche. A chaque conservateur de promouvoir son site, dans le respect du site et des visiteurs!</p> <a href="mailto:celinelannier@hotmail.com">Cline Lannier</a> <br><br>  <a name="rw"> <h1>Le 24/10/2001</h1>   <h1><font color="maroon"><div align="center">Les statuettes fminines gravettiennes et pigravettiennes<br> perspectives technologiques et contextuelles</font><br></h1> <h2><div align="justify">par Randall White (Professeur au Dpartement d'anthropologie de New York, Universit de Manhattan)</h2> <center> <img src="../Images/damebrass.bmp" ALT="La Dame  la Capuche, dcouverte en 1894 sur le site de Brassempouy (Landes)"></center> <br> <font size="3"><i><div align="justify">Pour la 1re confrence de l'anne 2001 / 2002, Randall White, Professeur d'Anthropologie (au sens anglo-saxon du terme!)  New-York, nous fait dcouvrir l'un des sommets de l'art figuratif palolithique: les statuettes fminines gravettiennes et pigravettiennes.  Directeur de l'Institute for Ice Studies  New York, il a soutenu sa thse de doctorat (Universit de Toronto, Canada) en 1980. Il est l'auteur de plus d'une centaine d'ouvrages scientifiques et de vulgarisation, dont une moiti en franais. <br> Il est spcialiste de la parure palolithique et des statuettes dites "Vnus". Il a tudi et publi les importantes collections d'art palolithique du Prigord qui se trouvent dans les muses amricains. Co-directeur du chantier de Castanet  Sergeac (Dordogne), il lui a t confi la responsabilit de l'analyse de la parure de 4 sites aurignaciens franais: Abri Castanet, Grotte des Hynes  Brassempouy, la Grotte du Rennes  Arcy-sur-Cure et la Grotte d'Isturitz.  Montignacois une bonne partie de l'anne, Randall White dirige les fouilles annuelles du chantier de Sergeac (Dordogne). </i> <br><br> <p> Les manifestations cultuelles des civilisations gravettienne et pigravettienne se rpartissent principalement en deux grands foyers: l'Europe centrale et orientale d'une part (29 Ka - 22 ka), et l'Europe occidentale d'autre part (28 Ka - 22 Ka), avec pour chaque rgion une approche techno-culturelle particulire. Si ces statues prouvent l'origine commune et l'unit de la civilisation gravettienne, il existe cependant de nombreux facis culturels diffrents. Une bonne interprtation de cet art mobilier doit donc prendre en compte les diffrences technologiques dans leur fabrication mais aussi leur contexte socio-culturel.   <a name="para">  <h2>Le paradoxe du terme "Venus"</h2> Qui n'a jamais entendu parler de la "Vnus de Brassempouy" si souvent reprsente dans les manuels de prhistoire? Si cette fameuse "Dame  la capuche" est connue de tous, l'origine du terme est lui bien plus mystrieux. Et c'est vers l'histoire des sciences qu'il faut se tourner pour en comprendre l'origine. <br>  Le terme "Vnus" est aujourd'hui couramment employ pour qualifier ces oeuvres d'art, mais il n'en a pas toujours t ainsi. De plus, ce terme n'a jamais fait rfrence  la sculpturale desse grecque ou  ses soeurs de marbre blanc. La Vnus en question, c'est Saartjie Baartman. Pendant quatre ans, celle qu'on surnommait la "Vnus Hottentote" fut exhibe comme objet de curiosit en raison d'organes gnitaux protubrants et de son postrieur saillant (statopygie), traits morphologiques de certains Khosan.  <br><br> <center> <table bgcolor="ivory" cellpadding="10"> <tr> <td><img src="../Images/sarje.jpg"> <td><h2>La "Vnus Hottentot"</h2><div align="justify"> Saartjie Baartman tait une sud-africaine, originaire du peuple Khoi. Elle avait 21 ans quand elle fut persuade en 1810 par un mdecin de marine anglais, William Dunlop, de voyager en Angleterre : on lui avait laiss esprer qu'elle pourrait faire fortune en montrant son corps. Pendant quatre ans, la malheureuse fut exhibe comme objet de curiosit dans les cirques, les muses, les bars et les universits.  Londres, elle fit sensation et fut surnomme avec ironie et perversion "la Vnus Hottentote". Ses exhibitions firent fureur dans les milieux progressistes anglais, nourrissant le dbat sur l'abolition de l'esclavage. Elle fut ensuite transfre en France et remise  un cirque itinrant qui l'utilisa comme bte de foire. Elle termina sa courte vie entre misre et prostitution  Paris, jusqu' sa mort en 1816. </td> </tr> </table> </center> <br> En effet, au 19me sicle, dans un contexte social passablement raciste, la suprmatie occidentale se prend de curiosit pour certaines peuplades indignes,  la morphologie souvent dconcertante aux yeux de l'orthodoxie europenne. C'est dans ces conditions qu'est exhibe Saartjie Baartman. Puis, lorsque la spulture double de la Grotte des Enfants  Grimaldi (Italie) est mise au jour, quelques prhistoriens veulent voir dans certains caractres des ossements la preuve morphologique d'une origine africaine. Les squelettes furent baptiss les "ngrodes de Grimaldi".<br> Les quelques statuettes retrouves  proximit, supposes sculptes par les premiers reprsentants noirs, reurent le qualificatif de "Vnus", en rfrence  la Vnus Hottentot, alors exhibe en Europe. Le terme de Vnus n'est donc pas le reflet d'une vision idale de la beaut fminine mais le souvenir lointain de l'arrogante et peu glorieuse suprmatie occidentale. <br> Aprs la 1re Guerre mondiale, les dcouvertes des Vnus s'enchanent. Et s'ensuit le besoin d'intgrer tout ce matriel dans un systme interprtatif. <br>  <a name="trois"><h2> Les trois grands courants interprtatifs des statuettes </h2> Pour certains (Duhart, Rice), il tait clair que la morphologie de ces statuettes refltait bien celle des femmes prhistoriques. Ces auteurs s'inscrivaient donc dans un <b>courant raliste</b>. Certains affirmaient mme pouvoir dduire leur ge ou leur nombre de grossesse d'aprs leur degr de statopygie!<br>  Pour d'autres, tel A. Leroi-Gouran, il s'agissait <b>d'art figuratif</b> certes, mais avec une composante abstraite non ngligeable. Les caractristiques morphologiques des statuettes s'expliquaient par un souci d'esthtique gomtrique de la part du sculpteur, et en aucun cas ne refltait la ralit. <br> Entre ces deux expriences, se positionnent aujourd'hui la plupart des prhistoriens. Les formes observes sont un <b>compromis entre ralisme et art abstrait</b>. Les attributs fminins sont ici simplement exagrs comme pour souligner leur importance au sein du groupe.  <br>Aujourd'hui, le dbat reste ouvert. Mais si l'ubiquit de ces statuettes gravettiennes militent en faveur d'une origine commune, Randall White ne manque pas de nous faire remarquer qu'il existe diffrents facis avec ses particularits technologiques et contextuelles propres. <center> <img src="../Images/venus1.gif" alt="Vnus de Lespugue - poque Gravettienne (environ 21 000 av. JC) - Catalogue des reproductions des Muses de France, Chantilly"> </center>  <a name="fac"> <h2> Le facis Gravettien </h2>  <h3> Gravettien d'Europe centrale et orientale </h3>  La partie centrale et occidentale de l'Europe s'est rvle trs riche en statuettes fminines. Parmi les nombreux sites, deux se distinguent par l'abondance du mobilier et par la conservation des structures d'habitats, restituant par l-mme, la fonction de ces statuettes  l'intrieur du groupe social. Il s'agit des sites de Dolni Vestonice (Moravie) et Kostienki (Russie). Certaines figurines de Dolni Vestonice prsentent des dtails tonnants: reliefs des clavicules, traces de parures ou de vtements... alors que trs souvent, le visage reste vierge de toute trace. <br> A l'inverse, toujours  Dolni, lorsque la tte est seule reprsente, les dtails des visages sont prsents. Il est donc raisonnable de penser qu'il s'agit d'un choix intentionnel de la part du tailleur ; reste  dcouvrir le sens.  Kostienki est certainement le site le plus riche en statuette de cette poque. Elles prsentent toutes les mmes caractristiques : genoux semi-flchis, statopygie, avant-bras sous les seins et mains sur le ventre, absence de dtails du triangle pubien. <br> Mais Randall White remarque qu'en position allonge, ces statuettes rappellent parfaitement l'acte d'accouchement, nous mettant ainsi en garde contre les conventions de reprsentation: l'interprtation de l'objet change selon qu'on le regarde debout ou couch!<br> Fait intressant, les statuettes de Kostienki sont souvent insres dans une structure d'habitat conserve, leur rendant ainsi une part de leur dynamique au sein du groupe prhistorique.   <h3> Gravettien occidental </h3> Contrairement  l'Europe centrale et orientale, les bas-reliefs sont parfois mis  contribution pour la ralisation des oeuvres ("Femme  la corne" de Luasse, France). Mais la diffrence sans doute primordiale est l'absence totale d'attention porte  la structure de l'ivoire pour ce qui est des ralisations occidentales. Le sculpteur les a tailles en oblique, transversalement et parfois dans le coeur de l'ivoire, partie la plus difficile. Ce fait contraste bien avec la technique utilise pour le Gravettien oriental o les statuettes sont toujours tailles dans le sens de la fibre et dans la partie superficielle de l'ivoire. Mais ce laxisme apparent ne doit pas cacher l'aspect artistique des statuettes d'Europe occidentale. <br> La fameuse Vnus de Brassempouy (Landes) est un chef-d'oeuvre du genre o les aspects techniques sont entrevus grce aux apports de la tracologie et de l'exprimentation. On peut estimer le temps de travail  une trentaine d'heures, comprenant le cislement minutieux de la capuche (sans doute au burin) jusqu'au polissage final  l'ocre rouge.  <br> Reste  prsent le problme de la signification de ces statuettes : que reprsentaient-elles aux yeux de leurs crateurs? A une poque o la notion d'art pour l'art est peu crdible, ces statues taient-elles des objets de rites, avaient-elles une signification mystique ?  Face  cette variabilit des approches technologiques et culturelles, il est inconcevable qu'une seule thorie permette d'expliquer la raison d'tre de ces oeuvres. <br> Randall White insiste sur le fait que tous ces aspects techno-culturels doivent tre pris en compte dans une thorie qui, plutt que de cacher la variabilit, doit l'intgrer et la comprendre. <br><br> <center><img src="../Images/venus2.jpg" alt="Vnus de Vestonice"></center> <a href="mailto:spinabifida37@hotmail.com">Bruno Wisniewki</a> <br><br>    </td> </tr> </table>  <br> <center><a href="page1.html" target="_top"><br> <img src="../Images/siglep.gif" alt="Retour"></a></center> </td></tr> </table>  </body> </html> 
