<!doctype html public "-//w3c//dtd html 4.0 transitional//en"> <html> <head>    <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1">    <meta name="Generator" content="Microsoft Word 97">    <meta name="subject" content="Print version 99-05-18">    <meta name="keywords" content="07f">    <meta name="doccomm" content="Original was 07mous.wpd; Print version 99-05-18">    <meta name="GENERATOR" content="Mozilla/4.5 [en]C-CCK-MCD {IDRC-CA}  (Win95; I) [Netscape]">    <title>Agriculture urbaine en Afrique de l'Ouest - Compl&eacute;mentarit&eacute; entre agriculture urbaine et&nbsp;agriculture&nbsp;rurale La compl&eacute;mentarit&eacute; entre agriculture urbaine et agriculture rurale</title> </head> <body bgcolor="#FFFFFF" link="#196666" vlink="#004080" alink="#FF0000"> &nbsp; <center><table BORDER=0 CELLSPACING=0 CELLPADDING=0 WIDTH="600" > <caption> <center><TBODY></center> </caption>  <tr> <td WIDTH="400" HEIGHT="75"></td>  <td ALIGN=RIGHT VALIGN=TOP WIDTH="200"><a NAME="Top07a"></a><a href="/bil_search"><img SRC="icon_bil_find.gif" ALT="Search and Table of Contents" BORDER=0 NATURALSIZEFLAG="0" height=63 width=48></a><a href="/bil_help.html"><img SRC="icon_bil_help.gif" ALT="Help and Site Guide" BORDER=0 NATURALSIZEFLAG="0" height=63 width=48></a><a href="/"><img SRC="icon_bil_home.gif" ALT="IDRC Home Page" BORDER=0 NATURALSIZEFLAG="0" height=63 width=48></a></td> </tr>  <tr> <td><font face="Arial,Helvetica"><font size=+1><a href="/index_e.html">IDRC</a>/ <a href="/index_f.html">CRDI</a>: <a href="/resources/index_e.html">Resources</a>/ <a href="/resources/index_f.html">Ressources</a>: <a href="../../index.html">Books</a>/ <a href="../../findex.html">&Eacute;ditions</a>: <a href="../../inprint.html">Catalogue</a>&nbsp;&nbsp; Agriculture urbaine en Afrique de l'Ouest / Urban Agriculture in West Africa</font></font> <hr align=left SIZE=1></td> </tr>  <tr> <td WIDTH="200"></td>  <td> <center></TBODY></center> </td> </tr> </table></center>  <center><table BORDER=0 CELLSPACING=0 CELLPADDING=0 COLS=1 WIDTH="600" > <caption></TBODY></caption>  <tr> <td><!-Main body of article starts below here > <h1> Compl&eacute;mentarit&eacute; entre agriculture urbaine et agriculture rurale</h1> <b><i>Paule Moustier</i></b> <br><b><i>Centre International en Recherche Agronomique pour le D&eacute;veloppement ( CIRAD )</i></b> <br><b><i>D&eacute;partement des Productions Fruiti&egrave;res et Horticoles ( FLHOR )</i></b> <center> <p> <hr></center>  <h2> R&eacute;sum&eacute;</h2> Dans un contexte d'urbanisation croissante, les d&eacute;cideurs politiques sont interpell&eacute;s pour prot&eacute;ger et promouvoir l'agriculture urbaine ( AU ), parce qu'elle r&eacute;pond &agrave; la fois aux besoins d'alimentation, d'emploi, et de traitement des d&eacute;chets. Cependant, face &agrave; la demande croissante des urbains pour le foncier, il est l&eacute;gitime de se poser la question de l'efficacit&eacute; et de la p&eacute;rennit&eacute; de l'agriculture urbaine par rapport &agrave; l'agriculture rurale ( AR ). Des &eacute;tudes de cas men&eacute;es par l'auteur en Afrique sur les syst&egrave;mes d'approvisionnement des m&eacute;nages urbains en produits vivriers permettent d'&eacute;valuer la place relative de l'agriculture urbaine et de l'agriculture rurale. Ces &eacute;tudes mettent en &eacute;vidence la forte compl&eacute;mentarit&eacute; de ces deux provenances, en termes de produits et de p&eacute;riodes. Ces observations sont mises en relation avec les diff&eacute;rences dans les syst&egrave;mes de production et de mise en march&eacute;. Afin de rendre l'offre alimentaire des urbains plus stable en quantit&eacute; et qualit&eacute;, les programmes d'appui aux agriculteurs et commer&ccedil;ants doivent toucher &agrave; la fois les zones urbaines/p&eacute;riurbaines et rurales, de mani&egrave;re diff&eacute;renci&eacute;e mais articul&eacute;e. <h2> Abstract</h2> In the face of growing urbanization, the protection and promotion of urban agriculture (UA) is a priority for policy makers because it meets the demand for food, employment and urban waste management. Nevertheless, given the increasing demand for land by city dwellers, a scrutiny of the efficiency and sustainability of UA relative to rural agriculture becomes rather pressing and legitimate. The relative value of urban and rural agriculture was the focus of recent case studies carried out by the author on food supply systems in urban households in Africa. These studies showed a strong complementarity between the two, in terms of products and seasonal variation. Our observations were interpreted in terms of production and marketing systems. In order to make urban food supply quantitatively and qualitatively more stable, support programs for both producers and traders should target urban, periurban and rural areas in different but complimentary ways. <h2> Enjeux politiques</h2> L'enjeu de l'AU en termes d'alimentation, de revenus et d'environnement, dans un contexte d'urbanisation croissante, est attest&eacute; par un nombre de plus en plus grand de travaux. Sont rappel&eacute;s ici des traits importants du contexte d'urbanisation en Afrique qui conf&egrave;re &agrave; l'agriculture pratiqu&eacute;e en ville un enjeu particulier : <ul> <li> La croissance d&eacute;mographique urbaine est une tendance lourde, m&ecirc;me dans une hypoth&egrave;se de frein de l'exode rural, car il s'agit essentiellement d'une croissance endog&egrave;ne. En 2020, la majorit&eacute; des urbains sera n&eacute;e en ville. La population urbaine en Afrique de l'Ouest passera de 40 % de la population totale en 1990 &agrave; 50 ou 60 % en 2020 ( elle &eacute;tait seulement de 4 % en 1930 ! ). La croissance d&eacute;mographique porte &agrave; la fois sur des villes de petite taille et de grande taille. Pr&egrave;s de la moiti&eacute; des urbains africains r&eacute;sidait dans des villes de plus de 500 000 habitants en 1994 ( Snrech, 1997 ; Nations Unies, 1994 ).&nbsp;</li>  <li> L'urbanisation s'accompagne d'une paup&eacute;risation et d'&eacute;carts croissants entre les revenus. La notion de biais urbain est de moins en moins pertinente en Afrique. Alors qu'en 1988, un tiers de la population au-dessous du seuil de la pauvret&eacute; vivait en milieu urbain, cette proportion devrait atteindre 57 % en l'an 2 000 ( Hussain, 1990 ).</li> </ul> La n&eacute;cessit&eacute; de cibler de mani&egrave;re prioritaire les besoins d'alimentation, d'emploi et de recyclage de d&eacute;chets des populations urbaines est de plus en plus consensuelle parmi les analystes et les d&eacute;cideurs. L'AU r&eacute;pondant &agrave; ces trois besoins, un nombre croissant d'analystes d&eacute;signent la responsabilit&eacute; des pouvoirs politiques pour conduire une action volontariste en termes de protection et de promotion de l'AU : garanties de s&eacute;curit&eacute; fonci&egrave;re, programmes d'appui technique ( PDNU, 1996 ). <p>Cependant, la protection et la promotion de l'AU soul&egrave;vent plusieurs questions au plan politique. Il convient d'apporter des arguments face aux discours, encore nombreux, qui pr&eacute;sentent l'AU comme irr&eacute;m&eacute;diablement soumise au d&eacute;clin par des forces du march&eacute; sur lesquelles les politiques n'auraient pas de prise directe : foncier b&acirc;ti beaucoup plus lucratif que le foncier agricole, substitution de l'AU par l'AR d&egrave;s que les infrastructures de transport se d&eacute;veloppent. L'int&eacute;r&ecirc;t des urbains &agrave; utiliser l'espace pour le b&acirc;ti est si fort que l'on peut se demander s'il ne serait pas &eacute;conomiquement plus justifi&eacute; : ( i ) de consid&eacute;rer ces utilisations du sol comme forc&eacute;ment transitoires et ne procurant que des revenus d'appoint ; ( ii ) d'approvisionner les urbains &agrave; partir de sources d'approvisionnement sp&eacute;cialis&eacute;es plus lointaines aux contraintes fonci&egrave;res moindres, en s'inspirant de l'exemple des zones de production de grande culture des pays europ&eacute;ens. Certes, il est justifi&eacute; de soutenir l'AU pour des raisons autres qu'&eacute;conomiques, en particulier sociales et environnementales. Mais un cadre politique rigoureux et tr&egrave;s contraint sur le plan budg&eacute;taire se doit d'arbitrer entre les secteurs pour l'allocation de ressources rares, surtout dans un contexte de pression vers le lib&eacute;ralisme. <h2> Apport de la recherche en &eacute;conomie</h2> Des &eacute;l&eacute;ments de mise en perspective de l'AU par rapport &agrave; l'ensemble des sources de revenus et d'alimentation des urbains font souvent d&eacute;faut pour ce type de questionnement. La recherche en &eacute;conomie a un r&ocirc;le important &agrave; jouer pour apporter ces &eacute;l&eacute;ments d'&eacute;valuation de mani&egrave;re rigoureuse, en interaction avec d'autres disciplines. La rigueur est n&eacute;cessaire dans l'analyse et dans les techniques de collecte de donn&eacute;es. Trop souvent les donn&eacute;es sur l'AU, sur l'AR et sur l'approvisionnement des villes sont issues de travaux ponctuels conduits sur une p&eacute;riode de quelques mois. Or, seules des observations r&eacute;p&eacute;t&eacute;es sur une longue p&eacute;riode permettent : ( i ) l'immersion dans le milieu n&eacute;cessaire &agrave; l'obtention de donn&eacute;es souvent d&eacute;licates sur les flux et les revenus ; ( ii ) la prise en compte de la variabilit&eacute; saisonni&egrave;re des productions ; ( iii ) la possibilit&eacute; de tirer des conclusions sur les tendances d'&eacute;volution - d&eacute;clin ou expansion - de l'AU par rapport &agrave; l'AR. <p>Outre le d&eacute;faut de continuit&eacute; des donn&eacute;es, il convient de souligner &eacute;galement que les donn&eacute;es collect&eacute;es sont parfois limit&eacute;es &agrave; certaines zones g&eacute;ographiques, comme un quartier de la ville qui fait l'objet d'&eacute;tudes approfondies. Pour obtenir des &eacute;l&eacute;ments d'&eacute;valuation rigoureux de l'AU par rapport &agrave; l'AR, nous recommandons une analyse centr&eacute;e sur les syst&egrave;mes d'approvisionnement alimentaire des urbains avec les &eacute;tapes suivantes : <h3> Diagnostic de consommation</h3> L'efficacit&eacute; des syst&egrave;mes d'approvisionnement ne doit pas se borner &agrave; des confrontations de quantit&eacute;s produites et de quantit&eacute;s consomm&eacute;es, mais doit &eacute;galement int&eacute;grer les crit&egrave;res suivants : <ul> <li> la diversit&eacute; des produits disponibles. Chaque produit joue un r&ocirc;le sp&eacute;cifique dans la consommation selon ses attributs ( Bricas, 1996 ). La distinction est n&eacute;cessaire pour capter la place de l'AU, dont l'importance est tr&egrave;s variable selon les produits, et peut &eacute;chapper &agrave; l'analyste qui ne consid&eacute;rerait que quelques produits strat&eacute;giques comme les c&eacute;r&eacute;ales ;&nbsp;</li>  <li> pour les diff&eacute;rents produits consid&eacute;r&eacute;s : l'acc&egrave;s au produit ; la qualit&eacute; et la disponibilit&eacute; r&eacute;guli&egrave;re ; ainsi que les prix des produits achet&eacute;s au march&eacute;.</li> </ul> L'analyse doit appr&eacute;hender les d&eacute;fauts d'approvisionnement des consommateurs en termes de prix, qualit&eacute; et disponibilit&eacute; continue des produits locaux, se refl&eacute;tant par variations de consommation et recours aux importations. L'analyse doit int&eacute;grer la consommation &agrave; domicile, et la restauration, de rue ou en &eacute;tablissement ferm&eacute;, pour lesquels l'AU peut jouer un r&ocirc;le important d'approvisionnement. <h3> Rep&eacute;rage des flux de produits et des cha&icirc;nes de vente : lieux, p&eacute;riodes et acteurs de l'&eacute;change</h3> Les consommateurs connaissent mal l'origine des produits achet&eacute;s sur les march&eacute;s de d&eacute;tail. Par contre, les d&eacute;taillantes la connaissent, m&ecirc;me si le produit est pass&eacute; par un stade grossiste. Pour estimer le poids relatif des diff&eacute;rentes origines dans l'approvisionnement des consommateurs urbains, nous utilisons un indicateur indirect, le pourcentage de d&eacute;taillantes commercialisant les produits de diff&eacute;rentes origines. Cette enqu&ecirc;te implique un &eacute;chantillon repr&eacute;sentatif de d&eacute;taillantes, interrog&eacute;es &agrave; diff&eacute;rentes p&eacute;riodes de l'ann&eacute;e pour prendre en compte les variations saisonni&egrave;res. <p><b>Diagnostic des syst&egrave;mes d'approvisionnement des consommateurs</b> ( production, commerce et services associ&eacute;s - que l'on peut qualifier de postr&eacute;colte ou SADA [ syst&egrave;me d'approvisionnement et de distribution alimentaire ] selon la terminologie FAO ) <ul> <li> Analyse des contraintes, strat&eacute;gies et r&eacute;sultats des acteurs ( d&eacute;marche syst&eacute;mique ) ;&nbsp;</li>  <li> Analyse des formes d'organisation entre acteurs : pouvoirs de n&eacute;gociation et concurrence, formes de coordination horizontales et verticales ;&nbsp;</li>  <li> Analyse de la formation des prix et marges sur les fili&egrave;res.</li> </ul> Les contraintes et objectifs doivent &ecirc;tre analys&eacute;s individuellement pour chaque acteur. Puis la mani&egrave;re dont ils se confrontent et/ou s'harmonisent entre acteurs doit &ecirc;tre &eacute;tudi&eacute;e. Ces relations sont d&eacute;terminantes pour comprendre la formation des prix et des revenus sur la fili&egrave;re ainsi que la qualit&eacute; et la disponibilit&eacute; des produits au niveau du consommateur. <p>Les commer&ccedil;ants sont analys&eacute;s en tant qu'agents &eacute;conomiques &agrave; part enti&egrave;re, comme les agriculteurs, avec des contraintes et des strat&eacute;gies d'exploitation, un r&ocirc;le de production de services, et des revenus qui doivent non seulement couvrir des co&ucirc;ts mais &eacute;galement r&eacute;tribuer des agents avec des objectifs de tr&eacute;sorerie. Les acteurs de la production et de l'interm&eacute;diation ont des int&eacute;r&ecirc;ts parfois contradictoires mais toujours interd&eacute;pendants. L'analyse des comportements, choix et contraintes des acteurs de l'interm&eacute;diation est essentielle pour &eacute;valuer l'efficacit&eacute; de l'AU, en consid&eacute;rant le point de vue des commer&ccedil;ants, trop souvent n&eacute;glig&eacute; dans les analyses au profit des producteurs. <h3> Bilan en termes d'efficacit&eacute; compar&eacute;e des diff&eacute;rents syst&egrave;mes d'approvisionnement</h3> L'analyse historique de l'approvisionnement de la ville permet de mieux cerner les variables qui ont d&eacute;termin&eacute; l'organisation et le fonctionnement du syst&egrave;me d'approvisionnement actuel par l'AU, l'AR et les importations, et ses tendances possibles d'&eacute;volution dans le futur. L'analyse doit privil&eacute;gier les tendances &eacute;volutives effectivement observ&eacute;es dans le pass&eacute; et le pr&eacute;sent, car c'est sur ce dernier que nous avons une prise directe, et les incertitudes sur l'&eacute;volution des param&egrave;tres &eacute;conomiques des pays africains sont fortes. Ce type d'analyse permet de remettre en question des visions trop lin&eacute;aires d'&eacute;volution de l'AU et de l'AR qui ne seraient soumises qu'aux seules forces de croissance d&eacute;mographique et d'int&eacute;grer d'autres variables - &eacute;volution des infrastructures et modes de transport, &eacute;volution de la nature des communaut&eacute;s urbaines et rurales et de leur pouvoir d'achat, caract&eacute;ristiques physiques des diff&eacute;rentes zones possibles d'approvisionnement. Ces diff&eacute;rentes forces peuvent avoir des effets contradictoires sur l'&eacute;volution de l'AU. <p>L'ensemble de ces analyses se fonde sur une collecte rigoureuse de donn&eacute;es de terrain, dans un contexte de forte p&eacute;nurie de donn&eacute;es statistiques disponibles. Ce type d'analyse doit &ecirc;tre r&eacute;p&eacute;t&eacute;e &agrave; diff&eacute;rentes &eacute;chelles de temps sur la base de donn&eacute;es collect&eacute;es en continu. Par ailleurs, elles doivent &ecirc;tre mises &agrave; la disposition des op&eacute;rateurs, priv&eacute;s et publics, pour aboutir &agrave; un diagnostic partag&eacute; de l'approvisionnement par l'AU. C'est cet outil de collecte ou d'&eacute;change, d'analyse et de diffusion r&eacute;guliers de donn&eacute;es pertinentes pour la d&eacute;cision, que nous qualifions d'observatoire ou MICS ( Market Information and Consultation System ). Un tel outil p&eacute;renne et dynamique a &eacute;t&eacute; mis en place au Congo et c'est le souhait du CIRAD et du r&eacute;seau de cultures mara&icirc;ch&egrave;res de la CORAF ( Conf&eacute;rence des responsables de recherche agricole en Afrique de l'Ouest et du Centre ) de syst&eacute;matiser ce type d'exp&eacute;riences ( Inter-R&eacute;seaux, 1998 ). <p>Nous donnons ci-dessous des r&eacute;sultats sur la compl&eacute;mentarit&eacute; entre l'AU et l'AR issus de travaux men&eacute;e au CIRAD ( Centre international en recherche agronomique pour le d&eacute;veloppement ) en partenariat avec des organismes de recherche et d&eacute;veloppement africains, principalement au Congo, en Guin&eacute;e-Bissau, au Cameroun, en Centrafrique et en Guin&eacute;e. <h2> Importance compar&eacute;e de l'AU et de l'AR dans l'approvisionnement urbain</h2>  <h3> Importance de l'AU en termes d'autoconsommation</h3> Nous indiquons ci-dessous des &eacute;l&eacute;ments issus du suivi de la consommation des m&eacute;nages de quelques villes africaines dans un panel de quartiers. <ul> <li> Si l'on consid&egrave;re l'approvisionnement quotidien et r&eacute;gulier des m&eacute;nag&egrave;res, l'autoconsommation ne porte pas sur tous les produits ; ainsi, on ne la capte pas lorsqu'on consid&egrave;re le riz et l'oignon &agrave; Conakry, m&ecirc;me pour les m&eacute;nages pauvres, comme pour la banane plantain, la tomate, le manioc, l'oignon &agrave; Yaound&eacute; ( Bricas, Moustier, Temple, &agrave; para&icirc;tre ; Chal&eacute;ard, Leplaideur, Moustier, &agrave; para&icirc;tre ) ;&nbsp;</li>  <li> Pour l'essentiel des m&eacute;nages urbains, l'autoproduction, pratiqu&eacute;e autour des maisons ou sur des terrains plus &eacute;loign&eacute;s, procure un apport limit&eacute; dans le temps, compl&eacute;t&eacute; par le march&eacute; de d&eacute;tail. Il s'agit cependant d'un apport important, qui autonomise les urbains du march&eacute; pendant une partie de l'ann&eacute;e, ce qui est particuli&egrave;rement crucial pour les m&eacute;nages d&eacute;favoris&eacute;s. Notons que l'autoconsommation touche toutes les cat&eacute;gories de revenus, m&ecirc;me si l'autoconsommation est plus strat&eacute;gique pour les d&eacute;favoris&eacute;s, les urbains favoris&eacute;s ayant un acc&egrave;s plus facile &agrave; des terres cultivables que les urbains d&eacute;favoris&eacute;s ( Moustier et David 1997 ).</li> </ul> A Brazzaville, le pourcentage de m&eacute;nages poss&eacute;dant un champ est de 25 %, et l'&eacute;quivalent en valeur mon&eacute;taire de l'autoconsommation repr&eacute;sente de 1 &agrave; 40 % selon les m&eacute;nages. &Agrave; Bissau, 30 % des m&eacute;nages cultivent des l&eacute;gumes dont 40 % seulement en saison des pluies. &Agrave; Garoua et Maroua, l'autoconsommation touche 10 % des m&eacute;nages. Elle concerne les l&eacute;gumes-feuilles locaux et se pratique essentiellement en saison des pluies. &Agrave; Antananarivo, la moiti&eacute; des m&eacute;nages d&eacute;clarent cultiver des l&eacute;gumes, mais c'est seulement pour 25 % d'entre eux que l'activit&eacute; procure plus d'un mois d'approvisionnement. <h3> Importance de l'AU, de l'AR et des importations dans les flux marchands</h3> La part relative de l'AU, de l'AR et des importations dans les flux marchands est tr&egrave;s variable selon les produits et les p&eacute;riodes de l'ann&eacute;e. <h4> Compl&eacute;mentarit&eacute; AU/AR en termes de produits</h4> Pour les produits animaux, la diff&eacute;rentiation des produits entre zones urbaines et rurales est tr&egrave;s marqu&eacute;e : <ul> <li> ainsi &agrave; Addis Abeba ( Bonnet et Duteurtre,1998 ), les 20 litres de lait cru proviennent des &eacute;levages intra-urbains d'arri&egrave;re-cour ( vente directe du producteur au consommateur ). Par contre, le beurre provient de zones rurales, jusqu'&agrave; 650 kilom&egrave;tres de la ville ;&nbsp;</li>  <li> d'une mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, les poulets de chair de race am&eacute;lior&eacute;e, le lait et les ufs proviennent d'exploitations situ&eacute;es dans la ville ou &agrave; sa proche p&eacute;riph&eacute;rie, g&eacute;r&eacute;es par des r&eacute;sidants urbains, tandis que la viande de buf local, consomm&eacute;e en ville provient des &eacute;levages ruraux traditionnels, pastoraux et agropastoraux. L'approvisionnement des villes en produits animaux s'effectue &eacute;galement par des importations en provenance d'Europe de bas morceaux &agrave; tr&egrave;s bas prix qui concurrencent s&eacute;v&egrave;rement certaines productions locales comme le poulet, m&ecirc;me si les qualit&eacute;s diff&egrave;rent ( Gu&eacute;rin, 1998 ).</li> </ul> Pour les produits mara&icirc;chers, le march&eacute; de d&eacute;tail est le mode dominant d'acc&egrave;s &agrave; l'alimentation, m&ecirc;me pour les m&eacute;nages d&eacute;munis. En reconstituant les flux d'approvisionnement des march&eacute;s de d&eacute;tail, l'importance de l'AU dans les flux appara&icirc;t particuli&egrave;rement pour les l&eacute;gumes-feuilles - produits tr&egrave;s p&eacute;rissables et tr&egrave;s importants dans la consommation ( amaranthes, oseilles, morelles, choux, salades et ciboules sont en t&ecirc;te des l&eacute;gumes consomm&eacute;s avec l'oignon et la tomate ). <p>La part de jardins situ&eacute;s dans la ville et dans la p&eacute;riph&eacute;rie proche repr&eacute;sente 80 % de l'approvisionnement en l&eacute;gumes-feuilles pour Brazzaville ; 100 % pour Bangui ; 90 % pour Bissau et Antananarivo. Le reste de l'approvisionnement est assur&eacute; par train ou camion par des zones plus &eacute;loign&eacute;es ( Moustier et David, 1997 ). <p>Pour les autres l&eacute;gumes, les zones rurales jouent un r&ocirc;le important dans l'approvisionnement, m&ecirc;me pour un produit p&eacute;rissable comme la tomate. La part des champs villageois dans l'approvisionnement en tomate ( zones situ&eacute;es &agrave; plus de 50 kilom&egrave;tres du centre urbain ) est de 80 % &agrave; Brazzaville, 60 % &agrave; Bangui et 50 % &agrave; Bissau. Ces pourcentages concernent &agrave; la fois la tomate sauce et la tomate europ&eacute;enne. &Agrave; Abidjan, des premiers relev&eacute;s d'origine des flux indiquent &eacute;galement que la tomate provient de zones rurales situ&eacute;es &agrave; plus d'une centaine de kilom&egrave;tres d'Abidjan. <p>L'approvisionnement en oignons et en pommes de terre provient principalement des importations et de zones rurales sp&eacute;cialis&eacute;es. L'oignon et la pomme de terre constituent la majorit&eacute; des flux d'importation en l&eacute;gumes - plus des trois-quarts. Le reste des flux est constitu&eacute; de l&eacute;gumes de type temp&eacute;r&eacute;, principalement &agrave; destination de clients sp&eacute;cifiques, comme les supermarch&eacute;s, les h&ocirc;tels, les d&eacute;taillantes des centres ville, qui ont des exigences particuli&egrave;res en termes de qualit&eacute; et de r&eacute;gularit&eacute; de leur approvisionnement. <h4> Compl&eacute;mentarit&eacute;s AU/AR en termes de p&eacute;riodes</h4> Les flux de l'approvisionnement des march&eacute;s urbains en l&eacute;gumes sont marqu&eacute;s par leur forte variabilit&eacute; dans le temps. Pour l'ensemble des l&eacute;gumes import&eacute;s, il est tr&egrave;s important de noter que les importations n'ont pas lieu toute l'ann&eacute;e : elles r&eacute;gressent dans les p&eacute;riodes de plus forte disponibilit&eacute; de la production locale. <p>Pour l'ensemble des l&eacute;gumes, pendant les p&eacute;riodes d'indisponibilit&eacute; de la production locale, les prix sont fortement sup&eacute;rieurs - parfois, plus du double - aux prix des p&eacute;riodes de production locale maximale, m&ecirc;me lorsqu'il existe des flux d'importation. D'o&ugrave; l'enjeu crucial d'allongement de la p&eacute;riode de disponibilit&eacute; des produits locaux. L'analyse des d&eacute;fauts d'approvisionnement en termes de p&eacute;nuries et d'importations doit &ecirc;tre p&eacute;riodis&eacute;. L'augmentation des ventes aux p&eacute;riodes actuelles de production locale maximale a peu d'impact en termes de d&eacute;bouch&eacute;s, car la consommation des m&eacute;nages est faiblement &eacute;lastique &agrave; partir d'un certain seuil de prix. <p>Par ailleurs, la r&eacute;gularisation de la production locale r&eacute;pond aux objectifs des producteurs et commer&ccedil;ants d'acc&eacute;der &agrave; des revenus continus. Enfin, l'instabilit&eacute; actuelle est d&eacute;favorable &agrave; la croissance de l'&eacute;chelle des activit&eacute;s commerciales. La r&eacute;gularisation dans le temps de l'offre locale est donc un enjeucl&eacute;, pour lequel on peut s'appuyer sur les compl&eacute;mentarit&eacute;s identifi&eacute;es entre zones rurales et zones urbaines. En effet, l'AU, &agrave; certaines p&eacute;riodes de l'ann&eacute;e, ne permet pas de couvrir les besoins des consommateurs, ce qui se refl&egrave;te par des fortes hausses de prix et des importations. Le compl&eacute;ment par l'AR est alors crucial, d'autant plus que l'AR peut avoir des avantages comparatifs sp&eacute;cifiques de productions &agrave; certaines p&eacute;riodes. <p>L'importance relative des flux de l'AU et de l'AR diff&egrave;re selon les saisons. Ce point est fondamental &agrave; prendre en compte pour favoriser la r&eacute;gularit&eacute; de l'approvisionnement des consommateurs. &Agrave; Bangui, la part des champs villageois dans l'approvisionnement en tomate passe de 40 &agrave; 50 % entre la saison s&egrave;che et la saison des pluies ( David, 1992 ). Pour Bissau, cette part augmente de 10 &agrave; 20 % ( David et Moustier, 1993 ). L'acc&egrave;s &agrave; des terrains non inondables est plus ais&eacute; en milieu rural, d'o&ugrave; une possibilit&eacute; de relais en saison des pluies. Pour Nouakchott, Margiotta ( 1997 ) indique &eacute;galement une compl&eacute;mentarit&eacute; saisonni&egrave;re entre l'AU et l'AR, avec des flux en provenance du milieu rural qui restent beaucoup plus importants que ceux de l'AU ( 20 000 tonnes et 6 000 tonnes respectivement ), mais une p&eacute;riode d'approvisionnement plus longue pour l'AU que pour l'AR ( 9 mois sur 12 au lieu de 3 mois sur 12 ). Les compl&eacute;mentarit&eacute;s entre l'AU et l'AR r&eacute;sultent surtout des sp&eacute;cificit&eacute;s de leurs syst&egrave;mes de production et de commercialisation. <h2> Comparaison des syst&egrave;mes de production et de commercialisation AU/AR</h2>  <h3> Comparaison des syst&egrave;mes de production AU/AR</h3> Les exploitations rurales sont souvent d&eacute;crites en opposition aux exploitations urbaines et p&eacute;riurbaines comme des exploitations traditionnelles, o&ugrave; domineraient les strat&eacute;gies d'autoconsommation, peu intensifi&eacute;es, l'intensification faisant r&eacute;f&eacute;rence &agrave; l'apport de capital, intrants et main-d'uvre par unit&eacute; de surface. En fait, moins que le niveau d'intensification, les traits distinctifs de l'AU seraient plut&ocirc;t situ&eacute;s au niveau de la sp&eacute;cialisation en termes de sp&eacute;culations p&eacute;rissables, &agrave; forte valeur ajout&eacute;e/hectare, et une plus forte continuit&eacute; dans le temps de l'activit&eacute;. Les principaux types de syst&egrave;mes de production approvisionnant les villes en l&eacute;gumes sont pr&eacute;sent&eacute;s ci-dessous ( Moustier et Z&eacute;bus, 1997 ). <h4> Syst&egrave;mes ruraux de polyculture vivri&egrave;re pluviale</h4> Ces syst&egrave;mes sont surtout rencontr&eacute;s en Afrique Centrale ( C&ocirc;te d'Ivoire, Congo, Centrafrique, Cameroun ), o&ugrave; les l&eacute;gumes sont cultiv&eacute;s par les femmes en association avec des cultures vivri&egrave;res de base - manioc, plantain, ignames, arachides, sans apport d'intrants ni d'irrigation. Les l&eacute;gumes sont cultiv&eacute;s pour l'autoconsommation de la famille et la vente pour les besoins mon&eacute;taires non alimentaires du m&eacute;nage - en compl&eacute;ment aux ventes de productions vivri&egrave;res de base. <p>Ce type de syst&egrave;me de culture procure l'essentiel des l&eacute;gumes et des fruits locaux aux urbains : tomate locale, mais &eacute;galement gombo, piment et aubergine am&egrave;re en Afrique Centrale. Ces l&eacute;gumes sont peu p&eacute;rissables ou, dans le cas de la tomate locale, la d&eacute;gradation caus&eacute;e par le transport pose peu de probl&egrave;mes au consommateur. Pour ces l&eacute;gumes, la possibilit&eacute; d'une culture extensive, &agrave; co&ucirc;t quasiment nul, dans un milieu &agrave; faible pression fonci&egrave;re, est le principal avantage comparatif par rapport &agrave; l'AU ( Moustier,1995 ). <h4> Syst&egrave;mes ruraux irrigu&eacute;s et sp&eacute;cialis&eacute;s</h4> Dans les zones rurales, les l&eacute;gumes sont &eacute;galement cultiv&eacute;s par des hommes et des femmes sur des parcelles sp&eacute;cialis&eacute;es o&ugrave; l'eau est disponible : bas-fonds, bas de pente, le long de cours d'eau, ou dans des zones qui b&eacute;n&eacute;ficient de syst&egrave;mes d'irrigation g&eacute;n&eacute;ralement introduits par des interventions de l'&Eacute;tat ou d'ONG. Il s'agit essentiellement de l&eacute;gumes de type temp&eacute;r&eacute; comme la tomate europ&eacute;enne ainsi que l'oignon, pour lesquels les producteurs ach&egrave;tent des intrants ( semences, engrais ). Ce type de production peut attirer des jeunes gens ou des fonctionnaires originaires du milieu urbain. On peut parler pour ces productions de v&eacute;ritables territoires sp&eacute;cialis&eacute;s en termes de savoir-faire : la r&eacute;gion de Boko au Congo, la r&eacute;gion de C&ocirc; en Guin&eacute;e-Bissau, l'ouest du Cameroun, le centre est de la C&ocirc;te d'Ivoire, avec des ethnies dominantes dans la production, et, souvent, une diffusion ancienne des techniques mara&icirc;ch&egrave;res par des populations &eacute;trang&egrave;res ( missionnaires, colons, migrants asiatiques, migrants africains, et, plus r&eacute;cemment, expatri&eacute;s de projets de d&eacute;veloppement ). <p>Ces productions se d&eacute;veloppent fortement depuis les ann&eacute;es 1980 &agrave; cause de diff&eacute;rents facteurs : ( i ) accroissement de la demande urbaine ; ( ii ) chute des revenus des cultures d'exportation ; ( iii ) multiplication des projets d'irrigation apr&egrave;s les s&eacute;cheresses des ann&eacute;es 1970 ( Autissier, 1992 ). La production est concentr&eacute;e en saison s&egrave;che, mais il existe des tentatives d'&eacute;talement des productions par mise en culture de terres de coteaux ( cas de la Guin&eacute;e-Bissau ). <p>Dans les zones rurales, les exploitants tirent l'essentiel de leur alimentation des cultures vivri&egrave;res de base - c&eacute;r&eacute;ales, tubercules et/ou plantain cultiv&eacute;s en saison des pluies, et la vente de l&eacute;gumes procure la tr&eacute;sorerie n&eacute;cessaire &agrave; l'achat d'aliments compl&eacute;mentaires et des autres besoins de tr&eacute;sorerie. L'acc&egrave;s au foncier est peu contraignant. <h4> Syst&egrave;mes de production urbaine et familiale</h4> Dans les villes et &agrave; leur proche p&eacute;riph&eacute;rie, la production mara&icirc;ch&egrave;re a &eacute;t&eacute; introduite par les expatri&eacute;s pendant la colonisation et s'est d&eacute;velopp&eacute;e en r&eacute;ponse &agrave; des besoins d'emploi et de croissance de plus en plus manifestes. Dans le cas du mara&icirc;chage, lorsque l'on consid&egrave;re le poids effectif des diff&eacute;rents types de producteurs dans l'approvisionnement des villes en l&eacute;gumes, il en ressort que le type dominant est celui de professionnels sp&eacute;cialis&eacute;s pour lesquels le mara&icirc;chage repr&eacute;sente la source principale de revenus, et dont le niveau de capital initial est faible. Le mara&icirc;chage succ&egrave;de souvent &agrave; des probl&egrave;mes d'emploi dans le milieu urbain. La motivation pour obtenir de l'activit&eacute; agricole des revenus mon&eacute;taires r&eacute;guliers est tr&egrave;s forte et engendre une sp&eacute;cificit&eacute; par rapport aux agriculteurs ruraux : les agriculteurs urbains utilisent les revenus mon&eacute;taires pour se procurer leur alimentation, la possibilit&eacute; d'acc&egrave;s au terrain pour des cultures vivri&egrave;res de base &eacute;tant plus difficile. Les producteurs urbains sont fortement motiv&eacute;s pour une production en continu toute l'ann&eacute;e, et ils se d&eacute;placent au cours de l'ann&eacute;e d'un terrain &agrave; l'autre, selon l'acc&egrave;s &agrave; l'eau ( Berton, 1991 ; David et Moustier, 1993 ). La continuit&eacute; de l'activit&eacute; n'est pas toujours visible pour l'observateur ext&eacute;rieur du fait de ces d&eacute;placements. Les l&eacute;gumes-feuilles de cycle court procurent une tr&eacute;sorerie r&eacute;guli&egrave;re dans ces syst&egrave;mes. <h4> Syst&egrave;mes de production urbaine de type entrepreneurial</h4> Des entrepreneurs urbains, souvent fonctionnaires, investissent &eacute;galement dans l'agriculture, en combinant souvent diff&eacute;rents types d'activit&eacute;s - mara&icirc;chage, &eacute;levage, arboriculture, et en recourant &agrave; une main-d'uvre salari&eacute;e. Les l&eacute;gumes de type temp&eacute;r&eacute;, les volailles et les fruits sont dominants dans ces syst&egrave;mes. <h3> Comparaison des syst&egrave;mes de commercialisation AU/AR</h3> En termes de circuits commerciaux, les produits de l'urbain et du p&eacute;riurbain font l'objet de cha&icirc;nes de vente tr&egrave;s courtes. Entre le producteur et le consommateur, on trouve de z&eacute;ro &agrave; trois interm&eacute;diaires, selon la distance du lieu de production au march&eacute; urbain. Le pourcentage de d&eacute;taillants-producteurs est de 20 &aacute; 30 %, de 70 % &agrave; Bissau. Hormis le cas de Bissau, la cha&icirc;ne de vente majoritaire correspond &agrave; un stade interm&eacute;diaire entre le producteur et le consommateur Producteur <font face="Wingdings">&eth;</font> D&eacute;taillant <font face="Wingdings">&eth;</font> Consommateur. Une fonction sp&eacute;cialis&eacute;e de collecte &eacute;merge difficilement dans le commerce de l'AU et les quantit&eacute;s commercialis&eacute;es sont tr&egrave;s faibles : entre 5 et 10 kilos de produits collect&eacute;s et vendus chaque jour par les d&eacute;taillantes/collectrices &agrave; Brazzaville. Cette atomisation des transactions est &agrave; mettre en rapport avec : le caract&egrave;re dispers&eacute; de la production ; les risques dus &agrave; la variabilit&eacute; de l'offre et de la demande ; le manque d'infrastructures de stockage ; les probl&egrave;mes d'acc&egrave;s au cr&eacute;dit par les commer&ccedil;ants. <p>Pour les productions de l'AR, le stade de grossiste/collecteur est beaucoup plus syst&eacute;matique. Les volumes collect&eacute;s en zone rurale sont sup&eacute;rieurs aux volumes collect&eacute;s dans les jardins de l'AU. Les taux de marge sont beaucoup plus &eacute;lev&eacute;s au stade de d&eacute;tail en milieu urbain qu'au stade de collecte en milieu rural. Quant aux co&ucirc;ts de transports, ils sont tr&egrave;s variables selon les pays ; d'une mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, ils p&eacute;nalisent plus les productions rurales que les productions urbaines, surtout dans les pays d'Afrique tropicale humide. Au Congo, alors que pour les productions urbaines/p&eacute;riurbaines les prix passent de 1 &agrave; 2 entre production et consommation, ils passent de 1 &agrave; 3 pour les l&eacute;gumes du village, 20 &agrave; 80 % de la marge commerciale &eacute;tant absorb&eacute;e dans les co&ucirc;ts de transport. Les pouvoirs de n&eacute;gociation entre producteurs et commer&ccedil;ants d&eacute;pendent &eacute;troitement de la distance du lieu de production au march&eacute; urbain. Ils sont donc de mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale plus &eacute;quilibr&eacute;s pour l'AU que pour l'AR, mais, dans tous les cas, des liens &eacute;troits de fid&eacute;lisation existent entre fournisseurs et redistributeurs. <h2> Dynamiques d'&eacute;volution AU/AR</h2> Les analyses historiques permettent de relativiser les discours tendant &agrave; pr&eacute;senter l'AU comme irr&eacute;m&eacute;diablement galopante ou au contraire vou&eacute;e au d&eacute;clin. Les tendances d'&eacute;volution de l'AU par rapport &agrave; l'AR ne constituent des mouvements ni lin&eacute;aires ni irr&eacute;versibles. <p>On peut mettre en relation l'importance de l'AU dans l'approvisionnement avec la densit&eacute; urbaine, avec une importance beaucoup plus forte dans les villes &agrave; faible densit&eacute; fonci&egrave;re ( Bangui ) que dans les villes &agrave; forte pression fonci&egrave;re ( Antananarivo ). Cependant, la pr&eacute;carit&eacute; de l'emploi en ville peut conduire &agrave; un d&eacute;veloppement du p&eacute;riurbain malgr&eacute; une pression fonci&egrave;re forte ( cas de Yaound&eacute; ). Mais ce d&eacute;veloppement peut se heurter au faible pouvoir d'achat des consommateurs. &Agrave; Bangui, le nombre de producteurs de l&eacute;gumes n'avait pas augment&eacute; entre 1989 et 1996 du fait de la restriction du pouvoir d'achat des consommateurs. &Agrave; Madagascar, le d&eacute;veloppement des infrastructures de transport reliant la ville &agrave; sa plaine, en sus de la pression fonci&egrave;re urbaine, a conduit &agrave; la r&eacute;gression de l'AU et du p&eacute;riurbain dans les ann&eacute;es 1950 au profit des productions rurales ( Douessin, 1974 ). &Agrave; l'heure actuelle, la production mara&icirc;ch&egrave;re intra-urbaine se limite &agrave; une centaine de producteurs de cresson, sur des parcelles d'une centaine de m&egrave;tres carr&eacute;s. Cependant, le p&eacute;riurbain proche ( 20 kilom&egrave;tres des limites de la ville ) approvisionne toujours l'essentiel du march&eacute; des l&eacute;gumes-feuilles. Au Congo, les perturbations du chemin de fer de 1992 et 1993 ont incit&eacute; des producteurs du sud du pays &agrave; se d&eacute;placer dans les environs de Pointe-Noire pour cultiver ( exp&eacute;rience d'un groupement de producteurs de Lout&eacute;t&eacute; ). <p>M&ecirc;me en Europe ces agricultures demeurent en se recomposant et en profitant des avantages comparatifs du contact avec les urbains, notamment par la vente directe au consommateur de fruits et l&eacute;gumes cultiv&eacute;s avec peu d'intrants chimiques. <p>Si dans certaines villes, des organisations publiques, des groupements de producteurs et des associations de commer&ccedil;ants ont permis un maintien et un d&eacute;veloppement harmonieux de l'AU ( cas de Brazzaville, Bissau ), dans d'autres situations ( Dakar, Pointe-Noire ), l'absence de r&eacute;gulation institutionnelle a conduit &agrave; des situations de crises, &agrave; des conflits et &agrave; des tensions sociales ( sur l'acc&egrave;s &agrave; l'eau et &agrave; la terre surtout ) dommageables pour l'approvisionnement des consommateurs. Ces comparaisons indiquent les cons&eacute;quences n&eacute;gatives d'un &laquo; laisser-faire &raquo;. Il ne s'agit pas de cr&eacute;er <i>ex nihilo</i> ou de conserver de mani&egrave;re fig&eacute;e des activit&eacute;s qui se d&eacute;veloppent et s'adaptent avec une grande souplesse, mais plut&ocirc;t d'accompagner les dynamiques existantes en s'inspirant des exp&eacute;riences r&eacute;ussies ( Margiotta et Moustier, 1997 ). <h2> Conclusions et recommandations : Comment utiliser l'AU et l'AR de mani&egrave;re compl&eacute;mentaire pour un meilleur approvisionnement des consommateurs en production locale ?</h2> Notre argument principal est que l'AU et l'AR ne sont ni concurrentes ni totalement ind&eacute;pendantes, et que les programmes d'appui &agrave; l'AU doivent &ecirc;tre articul&eacute;s aux programmes d'appui &agrave; l'AR pour les produits issus des deux sources. Ainsi, pour am&eacute;liorer l'approvisionnement en l&eacute;gumes en saison des pluies en Guin&eacute;e-Bissau est-il pertinent de jouer &agrave; la fois sur les contraintes de l'AU : au premier rang, les probl&egrave;mes d'acc&egrave;s &agrave; des terrains non inondables ; et sur les contraintes de la production des zones rurales d'approvisionnement : r&eacute;gions de l'Est et du Nord, par la constitution d'un r&eacute;seau fiable de fourniture de semences adapt&eacute;es &agrave; la saison des pluies et &agrave; la ma&icirc;trise des p&eacute;pini&egrave;res ( David et Moustier, 1993 ). <p>Des &eacute;changes de savoir-faire entre producteurs de l'AU et de l'AR peuvent &eacute;galement &ecirc;tre b&eacute;n&eacute;fiques &agrave; la d&eacute;saisonnalisation des productions, tout particuli&egrave;rement pour les l&eacute;gumes de type temp&eacute;r&eacute; qui demandent une bonne ma&icirc;trise technique ( connaissance de vari&eacute;t&eacute;s adapt&eacute;es, des p&eacute;riodes cl&eacute;s pour les op&eacute;rations culturales ). Ces actions doivent s'appuyer sur un objectif et un diagnostic partag&eacute; entre l'ensemble des op&eacute;rateurs de la production, du commerce et des structures d'appui. Les int&eacute;r&ecirc;ts des op&eacute;rateurs, m&ecirc;me s'ils diff&egrave;rent, peuvent converger vers un objectif commun : celui d'augmenter la quantit&eacute; et la qualit&eacute; de l'offre locale durant les p&eacute;riodes actuelles d'indisponibilit&eacute; et de prix maximums. <p>Les producteurs et commer&ccedil;ants des zones rurales et urbaines peuvent constituer une force de pression politique plus grande pour aboutir &agrave; la lev&eacute;e des contraintes de mise en march&eacute;. Ainsi, est-il important de coupler des organisations d'op&eacute;rateurs de l'AU autour d'un espace bien d&eacute;fini qui pose des probl&egrave;mes particuliers de gestion des ressources naturelles, et des organisations d'op&eacute;rateurs autour de la gestion du march&eacute; d'un m&ecirc;me produit qui peuvent d&eacute;border l'espace de l'AU. Les bases de ces organisations professionnelles, cadres d'&eacute;change d'informations, et de concertation, ont &eacute;t&eacute; jet&eacute;es dans certains pays : observatoire des fili&egrave;res mara&icirc;ch&egrave;res &agrave; Brazzaville ( Congo ) ; r&eacute;unions de restitution et de discussion sur le diagnostic du mara&icirc;chage p&eacute;riurbain &agrave; Bissau ( Inter-R&eacute;seaux, 1998 ). <h2> R&eacute;f&eacute;rences</h2> Autissier, V., 1992, <i>Jardins des villes, jardins des champs,</i> GRET. <p>Berton, S., 1991, &laquo; Espaces agricoles et activit&eacute; mara&icirc;ch&egrave;re &agrave; Brazzaville &raquo; <i>Fili&egrave;res mara&icirc;ch&egrave;res &agrave; Brazzaville : Premiers &eacute;l&eacute;ments</i>, CIRAD/AGRICONGO. <p>Bonnet, P. et Duteurtre, G., 1998, <i>Diagnostic et dynamique de la fili&egrave;re laiti&egrave;re bovine du bassin d'approvisionnement de la ville d'Addis Abeba</i> ( &Eacute;thiopie - Afrique de l'Est ), bilan sur les composantes p&eacute;riurbaine et urbaine, communication &agrave; l'atelier CIRAD/CORAF Agriculture p&eacute;riurbaine en Afrique sub-saharienne, Montpellier, 20-24 avril 1998, 19 p. <p>Bricas, N., 1996, <i>Cadre conceptuel sur l'analyse de la dynamique de la consommation alimentaire urbaine en Afrique</i>, FAO/GCP/RAF/309/BEL-FRA. <p>Bricas, N., Moustier, P., Temple, L., ed. &agrave; para&icirc;tre, <i>Approvisionnement vivrier de Yaound&eacute; et Douala : les organisations au cur de l'instabilit&eacute;</i>, Montpellier, CIRAD. <p>Chal&eacute;ard, J. L., Leplaideur, A., Moustier, P., ed. &agrave; para&icirc;tre, <i>Approvisionnement vivrier des villes de Guin&eacute;e : les organisations au cur de l'instabilit&eacute;</i>, Montpellier, CIRAD. <p>David, O., 1992, <i>Diagnostic de l'approvisionnement de Bangui en l&eacute;gumes</i>, NEARC/AFVP/IRAT, Documentation CNEARC, Montpellier, 162 p. <p>David, O., et Moustier, P., 1993, <i>Syst&egrave;mes mara&icirc;chers approvisionnant Bissau : r&eacute;sultats des enqu&ecirc;tes</i>, Montpellier, CIRAD/UR ECO-FIL, n<sup>o</sup> 7. <p>Douessin, R., 1974, &laquo; G&eacute;ographie agraire des plaines de Tananarive &raquo; <i>Revue de g&eacute;ographie</i>, XXV, p. 13-148. <p>Gu&eacute;rin, H., 1998, <i>Projet de collaboration sur les &eacute;levages p&eacute;riurbains</i>, Communication &agrave; l'atelier CIRAD/CORAF Agriculture p&eacute;riurbaine en Afrique sub-saharienne, Montpellier 20-24 avril 1998, 19 p. <p>Hussain, M.A., 1990, <i>Nutrition policy and the urban poor in developing countries</i>, Food Policy, 15( 3 ). <p>Inter-R&eacute;seaux, 1998, <i>Contrats et concertation entre acteurs des fili&egrave;res vivri&egrave;res</i>, dossiers de l'Inter-R&eacute;seaux. <p>Margiotta, M., 1997, <i>D&eacute;veloppement de la production mara&icirc;ch&egrave;re dans les p&eacute;rim&egrave;tres urbains et p&eacute;riurbains de Nouakchott</i>, Mauritanie, Minist&egrave;re du d&eacute;veloppement rural et de l'environnement, Rapport FAO. <p>Margiotta, M. et Moustier, P., 1997, Rapport du groupe de travail Agriculture p&eacute;riurbaine, <i>Approvisionnement et distribution alimentaires des villes de l'Afrique francophone</i>, Actes du s&eacute;minaire sous-r&eacute;gional, FAO-ISRA. <p>Moustier, P., 1995, &laquo; Champs et jardins : des espaces compl&eacute;mentaires pour les march&eacute;s urbains &raquo; <i>Fertilit&eacute; du milieu et strat&eacute;gies paysannes sous les tropiques humides</i><u>,</u> CIRAD-Colloques, p. 536-543. <p>Moustier, P., et David, O., 1997, <i>&Eacute;tudes de cas de la dynamique du mara&icirc;chage p&eacute;riurbain en Afrique sub-saharienne,</i> document FAO, Programme approvisionnement et distribution alimentaire des villes d'Afrique francophone. <p>Moustier, P. et Z&eacute;bus, M.F., 1997, <i>Vegetable commodity systems in tropical countries : a comparative perspective</i>, Paper submitted for the Mini-Conference of Research Committee on Agriculture and Food, International Sociological Association, Toronto, Canada, 16-17 ao&ucirc;t 1997. <p>Nations Unies, 1994, World Urbanization Prospects. <p>PDNU, 1996, Urban agriculture. 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