<html> <head> <META HTTP-EQUIV="Content-Type" CONTENT="Text/HTML; charset=ISO-8859-1"> </head> <body bgcolor=#FFFFFF link="#110187">  <table align=center width=430> <tr> <td valign=top align=left width=450 colspan=2><a href="/francais/osobnosti/historie.phtml"><img src="/img/francais/histnap.gif" alt="Retour" border=0></a></td> </tr> <tr> <td> <br><br> <font face=Times>  <b> </b></font> </td> </tr> </table>  <table align=center width=450> <tr> <td align=left valign=top> <font face=Times> <B>Les troupes napoloniennes en Moravie du sud </B> <BR><BR> Par  Astrid Hofmanova <BR><BR>                            L'arrive de l'arme napolonienne en Moravie ne reprsentait pas seulement un conflit militaire mais c'tait galement une rencontre de deux mondes diffrents: la monarchie habsbourgeoise multinationale, conservatrice, catholique et absolutiste, d'un ct, et le nouveau type d'un Etat national qui, malgr une apparence impriale et des tendences absolutistes, respectait certains acquis rvolutionnaires et s'appuyait, dans sa politique intrieure ainsi qu'extrieure, sur la grande bourgeoisie. <BR><BR>         Intressante est aussi la rencontre au niveau des souverains, car l, il s'agissait de l'affrontement entre un Corse pragmatique, trs dynamique sur le plan politique, et un bureaucrate sclros, partisan du calme et de l'ordre et, en plus, membre de l'une des plus vieilles dynasties europennes. Il s'avre que les vnements historiques refltent la vie politique et conomique du pays. Nanmoins, ils sont souvent influencs, dans leur rsultat, par les phnomnes, je dirais, secondaires, dont la mentalit du peuple et la tradition. Quelle fut donc la rencontre de ces deux mentalits: tchque et franaise.      <BR><BR>                                             Pour comprendre la raction tchque  l'arrive en Moravie du sud de l'arme napolonienne, il faut tout d'abord connatre quel tait le niveau des connaissances entre ces deux peuples. Il faut dire que les Tchques ont t beaucoup mieux informs sur la France que les Franais sur la Bohme, car c'tait un petit peuple, et c'est valable mme aujourd'hui, qui avait le besoin vital de mieux connatre les grands peuples d'Europe.  <br><br> Quelle tait donc l'image de la France en Bohme? Pour les tmoins des guerres de l'Hritage autrichien, le Franais tait avant tout un soldat qui, par son comportement et par sa mine, diffrait sensiblement du soldat centreuropen. Mais, les tmoins de cette poque thrsienne tant peu nombreux, les expriences concrtes se transformaient peu  peu en tradition nourrie par de nouvelles rencontres avec les soldats franais qui avaient, selon une chanson foraine, "une cartouche, des fleurs et des rubans au chapeau...". C'tait donc un soldat qui tenait  son extrieur, tant lgant, mme pendant la campagne. C'est peut- tre la raison galement pour laquelle persistait l'ide de la galanterie et de l'apptit rotique des soldats franais, mme si cela ne correspondait pas tout  fait  la ralit de la moiti du XIXme sicle. On a cre donc l'image du Franais qui fut libertin et d'une grande lgret. Curieusement, ce mythe avait survcu mme si le commandement plbien des armes napoloniennes tait loin du brocart et des boucles du marchal Belle-Isle et autres cavaliers du XVIIIme sicle.  <br><br> Une autre source qui contribua  la cration de l'image du soldat franais tait la propagande officielle hostile  la France. Aprs la cration de l'empire franais, les pays tchques figuraient parmi ceux qui acceptaient le mieux cette propagande appuye avant tout par l'Autriche. Ne restant pas de ct, l'intelligentsia tchque, elle aussi participait activement  cette politique anti-napolonienne. Malgr tout, nous devons les ractions les plus intressantes au phnomne franais  des contacts directs raliss non seulement sur le territoire tchque mais partout o le soldat - plbien, noble ou agriculteur tchque, rencontrait l'arme franaise. Diffrentes couches sociales ragissaient  cette rencontre diffrement. Voyons un peu comment.                                 <br><br> Commenons par la raction de l'lite, la noblesse et la bureaucratie. La raction des nobles fut trs rationnelle, car ces derniers taient trs instruits et bien informs sur la situation en France. Comme les nobles avaient l'habitude de voyager beaucoup  l'poque, leurs contacts avec la France taient trs troits. De ces riches connaissances de la culture franaise tmoignent, par exemple, les bibliothques des nobles o ne manquaient pas les livres franais, y compris la littrature des Lumires. N'oublions pas, en effet, qu'avant l'clatement de la rvolution, les nobles tchques furent d'une certaines manire trs francophiles: ils parlaient, crivaient les lettres et la posie en franais, imitaient le style de vie aristocratique  la franaise et vous n'auriez pas trouv une seule famille noble qui, avant la rvolution, n'aurait pas eu un prcepteur, une ducatrice ou un valet d'origine franaise.  <br><br> Nanmoins, les nobles tchques, sauf quelques exceptions, condamnrent la Rvolution franaise et devinrent anti- napoloniens. Certains eurent l'occasion de passer une partie de leur vie en France, le plus souvent comme prisonniers de guerre. Le comte Petr Prokop Morzin a vcu quinze ans en captivit franaise. Il fut fait prisonnier au dbut du conflit avec la France pour se retrouver  Eperneil en Champagne, bastion des jacobins. Ceux-ci lui montrrent, dans la pratique, ce que c'tait l'galit, la fraternit et la libert.  La plus francophile fut la noblesse dont les biens risquaient d'tre confisqus par les Franais. A titre d'exemple, la duchesse Zahanska, se sentant menace de cette faon, pousa le comte Rohan.  <br><br> Les nobles tchques n'acceptaient pas non plus l'esprit dmocratique qui rgnait au sein de l'arme franaise, o les officiers, y compris les gnraux ou les marchaux, taient issus de familles d'artisans et taient, en gnral, trs jeunes.   <br><br> En dpit de la guerre, Prague fut pleine d'artistes trangers que la guerre ou la rvolution avait chasss de leurs domiciles. Ceux-ci faisaient de la propagande contre Napolon et nous pouvons constater qu'ils gagnrent  cette ide pratiquement toute la noblesse tchque. Prague devint ainsi un centre important de l'opposition anti- napolonienne.  <br><br> Pour tudier la raction des campagnards et des habitants de petites villes, nous avons consult diffrentes sources historiques: chroniques, chansons foraines, en majorit hostiles aux Franais car elles les traitaient le plus souvent, je cite, " de rvolts et d'hommes moches qui mangeaient le pain entier et le btail...". Les chroniques,  leur tour, critiquaient les exigences franaises en matire d'hbergement et de nourriture. Les soldats qui, conformment  l'accord de paix, occupaient le territoire  l'est de la ville de Tabor en Bohme du sud, rclamaient partout o ils mettaient les pieds une bonne nourriture, du vin et du caf. Ils ne mangeaient que du pain blanc et certains voulaient manger de la viande deux fois par jour. Ils se plaignaient de l'absence de lgumes dans les plats tchques, ils ne voulaient pas dormir sur la paille mais dans le lit et quant au vin, ils se plaignaient tout le temps. Ils ne pouvaient, en effet, s'adonner  la boisson de ce nectar qu'en Moravie du sud, car en Bohme il tait beaucoup plus difficile de s'en procurer. Le comportement des Franais aux yeux des habitants centre-europens tait trs libertin, sans oublier de mentionner l'hrosme des vivandires qui, lors de la bataille d'Austerlitz, distribuaient de l'eau de vie directement sur le champs de bataille en disant: "Tu me paiera demain..." <BR><BR> Les chansons foraines n'oubliaient pas non plus le personnage de Napolon. Les guerres napoloniennes offraient, en effet, un sujet dramatique trs riche et les souffrances qui accompagnaient la guerre ont donn lieu  une moralit. Leur contenu oscille donc entre une condamnation totale de Napolon et le respect  l'gard de cette personnalit historique qui tait non seulement un grand homme et soldat mais surtout homme qui a russi  faire la carrire militaire malgr ses origines modestes. La majorit des chansons affichant ouvertement leur orientation anti-napolonienne ont t composes aprs la bataille des nations  Leipzig et l'occupation de Paris par les armes allies. Leurs compositeurs ont t convaincus que seul Dieu pourrait vaincre le grand Napolon.  <BR><BR> Les guerres finies, les gens vont s'intresser de plus en plus  la personnalit de Napolon. Ainsi toute une srie de lgendes ont t cres qui racontent dans quelle auberge dormait Napolon, on fabriquait des pipes avec la tte de Napolon et les pintes elle aussi portaient sa tte.                                    <BR><BR> Jusqu'ici, nous nous sommes penchs sur des ractions tchques au phnomne franais, mais pour tre juste, il faut laisser la parole aussi  la partie adverse. Il faut avouer tout d'abord que nous n'avons  notre disposition que des informations sporadiques et souvent inexactes. Les commandants, hommes politiques ainsi que Napolon ne savaient presque rien des pays tchques. Les guerres napoloniennes inspiraient l'intrt des Franais pour le monde slave, mais les rsultats concrets de cet intrt ne se manifestaient en France qu'aprs la priode napolonienne. Nanmoins, encore sous le rgne de Napolon, la thmatique slave a apparu sur la scne de thtres franais. On y jouait des pices comme "Olga o l'orphelin moscovite" d'un auteur russe inconu et, en 1804, on pouvait mme voir  Paris une pice avec un thme tchque du dramaturge franais Adrien Duval. Le titre de cette pice "Les Hussites" est digne d'attention mme si, en dpit de son titre, les hussites n'apparaissent sur la scne que lors du dernier acte et en tant que guerriers sauvages. Souvent, les Franais confondaient les Tchques avec les Allemands. La bataille d'Austerlitz a t fte  Paris comme une grande victoire sans que les Parisiens ordinaires aient su o se trouvait, en effet, cette Austerlitz. <BR><BR> En 1812, une traduction franaise du livre de l'auteur allemand, Friedrich Schlegel, "Tableau des peuples de l'Europe", sort en France et la Bohme y est mentionne comme un pays disparu de la carte europenne. C'taient donc des informations sporadiques et fausses sur la Bohme que l'on pouvait trouver dans des dictionnaires de biographies, des manuels de gographie et d'histoire et dans des guides touristiques.                                 <BR><BR> Les contacts des Franais avec la Bohme taient plutt rares. A titre d'exemple, Mme de Stal, lors de son voyage en Bohme, en 1808, s'intressait peu au prsent, son attention tant attire avant tout par la priode de la Rforme, par les personnalits de Jean Hus et de Jeronym de Prague. En 1812, Mme de Stal a visit la capitale morave Brno et d'autres villes de cette rgion pour faire connaissance des frres moraves et de leur doctrine. Dans ses "Lettres", elle parle des villes de Novy Jicin, de Zenklava, et d'autres qu'elle avait visites, mais on n'y trouve aucune mention sur l'objectif de sa visite - les frres moraves. Nous n'y trouvons pas non plus une seule phrase qui donnerait une caractristique de la Moravie, ou du milieu tchque ou morave qu'elle avait frquent. Il en est de mme, d'ailleurs, avec Joseph Fouch - ministre de la police - install  Prague en 1816 et qui essayait de traduire l'atmosphre de la socit tchque qui, selon lui, tait trs rserve et toute pleine de prjugs. Fouch ne s'est pas intgr  la socit pragoise et c'est pourquoi il dcida bientt de la quitter.  </font> <BR><BR>   </td> </tr> </table>    <hr noshade width=450> <center><b>Rfrences correspondantes:</b></center><br> <table widht=400 cellspacing=0 cellpadding=0 border=0 align=center> <tr><td width=200 align=left><a href="./"><b>Personnalits</b></a>:</td><td width=200 align=left><a href="guide.phtml"><b>Villes</b></a></td></tr> <tr> <td align=left valign=top> Sans rfrence</td><td align=left valign=top> <a href="ulice.phtml?cislo=2">Slavkov - Austerlitz</a> </td></tr></table> <table align=center width=500> <tr> <td colspan=2><hr noshade></td> </tr> <tr> <td valign=middle height=100 align=center colspan=2> <font face=Times> <font size=-1> &#169;  <A HREF="/copyright.html">Copyright 2000</A>  Radio Prague All Rights Reserved  </font> <br><br> <b>S'il vous plat, envoyez nous vos <a href="mailto:cr@radio.cz">opinions</a>.</b> </font> </td> </tr> </table> </body> </html> 
