<!doctype html public "-//w3c//dtd html 4.0 transitional//en"> <HTML> <HEAD>   <META http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1">   <META name="GENERATOR" content="Microsoft FrontPage 5.0">   <META name="Author" content="accademiacorsa.org">   <!-- Generated by the Home Page Wizard -- CompuServe Inc. --  Last Updated   : Jul 17, 1997  12:19 ->    <html>   <!-- The following HTML tags are the header and title tags.  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Tout chercheur doit s'&eacute;lever, avec force, contre la d&eacute;rive historique qui sp&eacute;cule sur le sensationnel afin de susciter un int&eacute;r&ecirc;t lucratif. Or, quel &eacute;v&eacute;nement se pr&ecirc;te mieux au sensationnel que la mort de la derni&egrave;re figure &eacute;pique de l'histoire contemporaine ?</BIG> <P ALIGN=Justify> <P ALIGN=Justify> <BIG>La comparaison de la multitude des travaux rigoureux inspir&eacute;s par la mort de Napol&eacute;on avec la frange de sp&eacute;culations fantaisistes sur les causes de sa mort, devrait inciter au m&eacute;pris. Il en serait all&eacute; ainsi mais, de nos jours, le sensationnel fait de plus en plus des incursions dans des domaines o&ugrave; il n'avait pas eu encore acc&egrave;s. R&eacute;cemment, par exemple, un &eacute;crivain en renom, dans une d&eacute;rive teint&eacute;e de terrorisme intellectuel, confond sans se poser l'ombre d'un cas de conscience, la nation d'un Maurras et celle d'un P&eacute;guy. De ce m&ecirc;me P&eacute;guy, qui certes, ha&iuml;ssait Jaur&egrave;s au point de l'accuser de "d&eacute;niveler Dieu, l'Eglise, l'arm&eacute;e, les m&#156;urs, les lois " mais qui, n'en d&eacute;plaise &agrave; l'auteur de l'amalgame, n'aurait pas davantage pactis&eacute;, s'il avait surv&eacute;cu, avec les assassins du po&egrave;te Max Jacob et de l'historien Marcel Bloch, qu'il ne le fit avec les tout-puissants tourmenteurs du Capitaine Dreyfus. Ernest Psichari a beaucoup de chance, l'auteur en question ne l'a pas lu. Il convient, en effet, de fr&eacute;mir &agrave; l'id&eacute;e de l'acception qu'il aurait conf&eacute;r&eacute;e &agrave; ces lignes tir&eacute;es du "Voyage du Centurion" : "Devant l'arabe, il est un Franc, tenant la certitude de sa race &agrave; jamais consacr&eacute;e" alors que Psichari ne fait qu'exprimer sa "fiert&eacute; catholique" en appelant de ses v&#156;ux une Eglise "gardienne absolue de la v&eacute;rit&eacute;&#133;"</BIG> <P ALIGN=Justify> <P ALIGN=Justify> <BIG>D&egrave;s que l'on &eacute;voque la mort de Napol&eacute;on, le fait que le sensationnel table sur des consid&eacute;rations mettant en cause l'arsenic, justifie d&eacute;j&agrave;, en soi, la plus extr&ecirc;me circonspection. L'incursion de la petite histoire dans cet expos&eacute; risque de surprendre mais qui ne se souvient pas de cette r&eacute;plique de pr&eacute;toire : "Il y a de l'arsenic jusque dans le bras de votre fauteuil". Comment ne pas &eacute;voquer la controverse suscit&eacute;e, d&egrave;s 1840, par la condamnation de Madame Lafarge aux travaux forc&eacute;s &agrave; perp&eacute;tuit&eacute;, alors que dans "M&eacute;moire d'Homme", une &eacute;mission de t&eacute;l&eacute;vision trop rigoureuse pour subsister, de nos jours, &agrave; une heure de grande &eacute;coute, des intervenants hautement qualifi&eacute;s conclurent &agrave; la mort de Charles Lafarge &agrave; la suite d'une typho&iuml;de. Qui n'a pas en m&eacute;moire enfin, la subtilit&eacute; de l'avocat de Marie Besnard sp&eacute;culant sur la suffisance d'un expert afin de discr&eacute;diter ses conclusions toxicologiques.</BIG> <P ALIGN=Justify> <P ALIGN=Justify> <BIG>Il convient, d&egrave;s cet instant, d'examiner comment se pr&eacute;sente l'&#156;uvre qui, en 1961, soit cent quarante ans apr&egrave;s la mort de l'Empereur, recourt au sensationnel afin d'accr&eacute;diter son empoisonnement par l'arsenic (Docteur Forshufvud - Napol&eacute;on a-t-il &eacute;t&eacute; empoisonn&eacute; ?) .</BIG> <P ALIGN=Justify> <BIG>Son auteur, un dentiste su&eacute;dois, n'avait suscit&eacute;, &agrave; l'origine, aucun &eacute;cho en France. Quatre ans apr&egrave;s, en 1965, le "Sunday Telegraph", consacre un article &agrave; sa th&eacute;orie. La r&eacute;action de la presse fran&ccedil;aise est imm&eacute;diate et Ren&eacute; Maine, Directeur du "Journal du Dimanche" s'en ouvre &agrave; Alain Decaux qui, &agrave; sa demande, &eacute;crit un article dont la teneur est abondamment comment&eacute;e, d&egrave;s le lundi, par l'ensemble des quotidiens. "France-Soir", &agrave; l'aff&ucirc;t de tout sensationnel, donne le ton et n'h&eacute;site pas &agrave; &eacute;crire : "Le r&eacute;sultat de l'expertise de Harwell (Centre de recherches atomiques) d&eacute;montre d'une fa&ccedil;on indiscutable que Napol&eacute;on a &eacute;t&eacute; empoisonn&eacute;"!!</BIG> <P ALIGN=Justify> <P ALIGN=Justify> <BIG>L'affaire suit d&eacute;sormais son cours, en d&eacute;pit du ton dubitatif d'une analyse ult&eacute;rieure d'Alain Decaux (l'Enigme de la mort de Napol&eacute;on - Historama N&#176;244, Mars 1972), des avis contradictoires exprim&eacute;s par des toxicologues et des constatations objectives de chercheurs dont le Docteur Paul Gani&egrave;re, auteur d'un "Napol&eacute;on &agrave; Sainte-H&eacute;l&egrave;ne", qui &eacute;crit : "L'affirmation &eacute;mise par un dentiste su&eacute;dois, selon laquelle Napol&eacute;on aurait &eacute;t&eacute; soumis &agrave; un empoisonnement criminel, ne r&eacute;siste pas &agrave; un examen tant soi peu approfondi" (Napol&eacute;on &agrave; Sainte-H&eacute;l&egrave;ne. Perrin, 1964, p. 472). </BIG> <P ALIGN=Justify> <P ALIGN=Justify> <BIG>Sans pousser l'outrecuidance jusqu'&agrave; s'immiscer dans un commentaire m&eacute;dical, il est permis d'affirmer que ce dentiste septentrional ne recule pas devant les d&eacute;ductions p&eacute;remptoires. Une simple analyse objective permet de r&eacute;duire &agrave; n&eacute;ant deux de ses assertions. Il d&eacute;clare, en effet, que Napol&eacute;on ne pouvait &ecirc;tre mort d'un cancer, car il ne "portait pas la marque d'un amaigrissement total". En fait l'Empereur avait beaucoup maigri. Il suffit pour s'en convaincre de comparer un croquis fait le 6 mars 1821 et le gisant sur le lit d'Austerlitz, ex&eacute;cut&eacute; par le graveur Marryat. Mieux encore, Adolphe Thiers &eacute;crit en &eacute;voquant Napol&eacute;on mort : "Cette figure d'une rare beaut&eacute;, revenue &agrave; la maigreur de sa jeunesse et rev&ecirc;tue du manteau de Marengo, semblait avoir rendu &agrave; ceux qui le contemplaient, le G&eacute;n&eacute;ral Bonaparte dans toute sa gloire" (Histoire du Consulat et de l'Empire. T.20 Paris, Lheureux et Cie, Libraires Editeurs, 1862, p. 814). </BIG> <P ALIGN=Justify> <BIG>Par ailleurs, le dentiste attribue la parfaite conservation du corps lors de l'ouverture des cercueils en 1840, &agrave; l'absorption de l'arsenic. Il est facile de lui opposer la conservation du corps d'Henri IV. Un moulage du visage du monarque apr&egrave;s son exhumation, pendant la R&eacute;volution, permet m&ecirc;me de percevoir une apparence de malice sur ses traits. Il convient &eacute;galement de se souvenir que Napol&eacute;on avait &eacute;t&eacute; &eacute;visc&eacute;r&eacute; par le Docteur Antomarchi et qu'il reposait "en une quadruple bi&egrave;re d'acajou, de plomb, d'acajou et encore de fer blanc". Enfin, jusqu'&agrave; quel point, la d&eacute;sint&eacute;gration du tissu recouvrant l'int&eacute;rieur du premier cercueil n'a-t-elle pas ralenti l'action des n&eacute;crobies en recouvrant le corps d'un nuage vaporeux.</BIG> <P ALIGN=Justify> <P ALIGN=Justify> <BIG>L'auteur incrimin&eacute; ne s'en tient pas l&agrave;. Il accuse, et, selon lui, le coupable serait Montholon, stipendi&eacute; des Bourbons. Fr&eacute;d&eacute;ric Masson tient Montholon en pi&egrave;tre estime et l'encensement m&ecirc;me de sa fid&eacute;lit&eacute; par Alain Decaux para&icirc;t d'autant plus candide que Montholon semble avoir &eacute;t&eacute; tenu &agrave; l'&eacute;cart des pr&eacute;paratifs de l'&eacute;vasion de Ham par le Docteur Conneau et le futur Napol&eacute;on III. Une telle accusation ne m&eacute;rite pas n&eacute;anmoins qu'on s'y arr&ecirc;te, eu &eacute;gard &agrave; la pr&eacute;sence constante du d&eacute;vou&eacute; Marchand au chevet de l'Empereur. </BIG> <P ALIGN=Justify> <P ALIGN=Justify> <BIG>Le Docteur Paul Gani&egrave;re rappelle que "la diff&eacute;renciation entre cancer et ulc&egrave;re n'a &eacute;t&eacute; &eacute;tablie par Cruveilhier qu'en 1830". Il convient de noter que le Docteur Antomarchi a proc&eacute;d&eacute; &agrave; l'autopsie en pr&eacute;sence de plusieurs m&eacute;decins anglais et que ces praticiens expriment tous la m&ecirc;me certitude : "l'estomac est la seule cause de la mort alors que l'intestin semblait normal". M&ecirc;me si l'on se refuse &agrave; conf&eacute;rer un r&ocirc;le absolu &agrave; l'h&eacute;r&eacute;dit&eacute;, l'opinion &eacute;mise par Octave Aubry, m&eacute;rite d'&ecirc;tre prise en consid&eacute;ration. "L'Empereur a p&eacute;ri du m&ecirc;me mal que son p&egrave;re , dont l'&eacute;volution longtemps insoup&ccedil;onn&eacute;e, s'est pr&eacute;cipit&eacute;e sur la fin" (Sainte-H&eacute;l&egrave;ne - L'histoire Flammarion, 1935, p. 637). Cette assertion est loin d'&ecirc;tre simpliste, d&egrave;s l'instant o&ugrave; l'on se r&eacute;f&egrave;re au "courage de deux heures du matin" de Napol&eacute;on c&eacute;l&eacute;br&eacute; par Andr&eacute; Malraux (Vie de Napol&eacute;on par lui-m&ecirc;me. NRF, Gallimard, 1930, p. 410).Ce courage, dont, selon Malraux, "ses contemporains, m&ecirc;me les plus &eacute;nergiques seraient d&eacute;pourvus" et qui "est &agrave; l'origine de sa sup&eacute;riorit&eacute;". Or, rien ne favorise plus le d&eacute;labrement de l'estomac que la fr&eacute;n&eacute;sie d'activit&eacute;. Surtout si cette fr&eacute;n&eacute;sie est entrecoup&eacute;e de brefs repas, au cours desquels Napol&eacute;on engloutissait des morceaux de volaille, avant de se replonger, au grand d&eacute;sespoir de ses collaborateurs surmen&eacute;s, dans la v&eacute;rification "du nombre des chaussures de la 72&egrave;me Brigade" ou dans la liquidation d'une pension de grognard "car l'homme voit tout, contr&ocirc;le tout".</BIG> <P ALIGN=Justify> <P ALIGN=Justify> <BIG>L'incomp&eacute;tence du Docteur Antomarchi, la responsabilit&eacute; qui p&egrave;se sur le Cardinal Fesch et Madame M&egrave;re quant au choix de ce m&eacute;decin, sont autant de consid&eacute;rations que l'on peut &eacute;carter. M&ecirc;me si l'on admet comme l'affirme Fr&eacute;d&eacute;ric Masson (Autour de Sainte-H&eacute;l&egrave;ne. Paris, Libraire Paul Ollendorf, 1912, p. 322) que le Docteur Faureau de Beauregard a &eacute;t&eacute; effectivement d&eacute;courag&eacute; par les tergiversations du Cardinal Fesch, il demeure que Napol&eacute;on, eu &eacute;gard &agrave; l'&eacute;tat de la science m&eacute;dicale de l'&eacute;poque, aurait connu les m&ecirc;mes affres de la mort, assist&eacute; par cet &eacute;minent praticien que par le pi&egrave;tre Antomarchi.</BIG> <P ALIGN=Justify> <P ALIGN=Justify> <BIG>Il semble donc &eacute;tabli que le dentiste su&eacute;dois appartient &agrave; ces plumitifs qui tirent les profits du pauvre en balayant les miettes de la m&eacute;moire des hommes illustres. Leur r&eacute;colte, d&egrave;s qu'il s'agit de Napol&eacute;on, est d'autant plus abondante que l'Empereur a consacr&eacute; les derni&egrave;res ann&eacute;es de sa vie &agrave; sa propre propagande. Genre dans lequel, si l'on s'en r&eacute;f&egrave;re &agrave; Jacques Bainville (Napol&eacute;on. Paris, Arth&egrave;me Fayard, 1931, p. 592), il "est devenu ma&icirc;tre" car "l'&#156;uvre de Sainte-H&eacute;l&egrave;ne a r&eacute;ussi". R&eacute;ussite qui, longtemps apr&egrave;s la mort de Napol&eacute;on, permet encore &agrave; des &ecirc;tres aspirant une notori&eacute;t&eacute; de mauvais aloi, de tirer parti des ultimes vicissitudes de son destin.</BIG> <P ALIGN=Justify> <P ALIGN=Justify> <P ALIGN=Right> <BIG> Jacques CHARBONNIER</BIG> <P ALIGN=Right> <BIG> Pour L&#146;Accademia Corsa </BIG> <P ALIGN=Right> <BIG> Novembre 2000</BIG> <P ALIGN=Justify> <P ALIGN=Center> <A HREF="mailto:poli@accademiacorsa.org"><IMG SRC="images/3demail43.gif"     ALT="Email to the association" NOSAVE BORDER=0 height=60 width=55 align=ABSCENTER></A> <CENTER>   <P ALIGN=Center>   <a Bulletin-Text="Retour  la page gnrale" Bulletin-Date="Tue, 08-Feb-00 22:26:51" href="index.htm"><IMG SRC="images/logo.gif" NOSAVE       HEIGHT="68" WIDTH="36" BORDER="0"></a> </CENTER> </BODY></HTML> <!-- The following HTML tag is the body tag.  This defines the body portion of this page or document. --> 
