<HTML> <HEAD> <META HTTP-EQUIV="Content-Type" CONTENT="text/html; charset=windows-1252"> <META NAME="Generator" CONTENT="Microsoft Word 97"> <TITLE>Napolon</TITLE> <META NAME="Template" CONTENT="C:\PROGRAM FILES\MICROSOFT OFFICE\OFFICE\html.dot"> </HEAD> <BODY LINK="#0000ff" VLINK="#800080">  <B><P>Napol&eacute;on</B><BR> Ou lhyperactif g&eacute;nial au destin malheureux.</P> <P>Individu remarquable qui nous laisse des traces encore fra&icirc;ches de son passage, et histoire dune force inou&iuml;e et dune vuln&eacute;rabilit&eacute; consid&eacute;rable qui se manifesta comme un passage de com&egrave;te sur une courte p&eacute;riode de 22 ans, du chef de brigade &agrave; lempereur d&eacute;chu. "Vivant, il a manqu&eacute; le monde, mort il le poss&egrave;de (5). Il appartient si fort &agrave; la domination absolue qu'apr&egrave;s avoir subi le despotisme de sa personne, il nous faut subir le despotisme de sa m&eacute;moire" (5).<BR> Figure de controverses sil est une, lib&eacute;rateur pour les uns mais usurpateur et tyran pour les autres. Vie sous le sceau de laction intr&eacute;pide, du g&eacute;nie militaire, du despotisme, de la fatalit&eacute; tragique. Comme C&eacute;sar, son idole, il semblait souffrir d&eacute;pilepsie, souvent mise au compte de la fatigue, de la nourriture, du poison. Lors dune punition, enfant, " tout &agrave; coup, il se contorsionne, crie, se roule sur le sol, vomissant tout ce quil a aval&eacute; ", ou en Italie, " il chancelle, p&acirc;le, s&eacute;vanouit ", et en Russie, &agrave; cheval, " son front se couvre de sueurs. Il tombe en avant. Il vomit. Il ferme les yeux, on le soutient, on le porte"(1). ou "Le hasard avait voulu que Napol&eacute;on se f&ucirc;t &eacute;vanoui, comme cela lui arrivait, et se f&ucirc;t trouv&eacute; &agrave; la merci du duc" (6).<BR> <B><BR> Le "Rabulione"</B>:<BR> D&egrave;s son jeune &acirc;ge, on le surnommait " Rabulione " celui qui touche &agrave; tout, dans sa Corse natale. Il excellait dans les chiffres, le calcul, lalg&egrave;bre, la g&eacute;om&eacute;trie, " Cest un enfant qui ne sera propre qu&agrave; la g&eacute;om&eacute;trie ", dit le p&egrave;re Patrault de l&eacute;cole militaire de Brienne o&ugrave; il se trouve &agrave; partir de 9 ans. II est souvent solitaire et se r&eacute;fugie dans les livres historiques comme Les Vies illustres de Plutarque. Le professeur laccusait souvent dinattention. Son &eacute;criture restera toujours ind&eacute;chiffrable. Il refusait " de pactiser " avec les pairs ou aimait confronter, " il est raisonneur et grand parleur", selon le prof. "J'&eacute;tais un enfant curieux et obstin&eacute;", se souvient-il lui-m&ecirc;me. On lorienta vers lartillerie, d&egrave;s quil r&eacute;ussit lexploit surprenant de compl&eacute;ter en 10 mois le cours math&eacute;matique de 3 ans. <BR> <B><BR> Le sens de lurgence, r&eacute;elle ou fictive</B>:<BR> Napol&eacute;on sest toujours servi de lurgence ambiante pour saffirmer davantage ou cr&eacute;er plus d'urgence encore autour de lui. Il sortit du rang, pendant la R&eacute;volution fran&ccedil;aise, en facilitant la prise de Toulon assi&eacute;g&eacute;, avec son sens de la tactique, devenant vite chef de brigade &agrave; 24 ans, " &agrave; cause du z&egrave;le et de lintelligence dont il a fait preuve". La tactique militaire, cest un simple calcul, " Le secret des grandes batailles consiste &agrave; savoir s&eacute;tendre et se concentrer &agrave; propos " et " ce sont les axes qui doivent servir &agrave; tracer la courbe". Il passe des heures &agrave; " m&eacute;diter " ses calculs, pench&eacute; sur les cartes. Il fit la campagne dItalie avec un succ&egrave;s inesp&eacute;r&eacute;. Puis il nh&eacute;site pas, malgr&eacute; la r&eacute;ticence des autres militaires, &agrave; se servir du canon pour m&acirc;ter la foute de Paris en r&eacute;volte. Puis vint la conqu&ecirc;te d&Eacute;gypte, presque dans le d&eacute;nuement, sans eau, ni cavalerie suffisante, for&ccedil;ant la marche, attaquant par surprise, poussant la troupe dans le chemin du non-retour, battant lennemi souvent trois fois plus fort. " La strat&eacute;gie, affirme-t-il, est la science de lemploi du temps et de lespace. Je suis pour mon compte moins avare de lespace que du temps. Pour lespace, nous pouvons toujours le regagner. Le temps perdu, jamais". Puis retour non autoris&eacute; o&ugrave; il se rend indispensable au Parlement de Paris, capable dutiliser la moindre fissure du syst&egrave;me politique pour sy infiltrer. D&eacute;magogue hors pair, aim&eacute; des soldats et de la foule, sensible aux besoins vitaux de la masse populaire. <BR> <BR> <B>Accomplissements et mis&egrave;res</B>:<BR> Quoique aimant le luxe, les plaisirs de la Cour, il nh&eacute;sitait pas un seul instant &agrave; partir en guerre, &agrave; la fois pour conqu&eacute;rir ou d&eacute;fendre le territoire. Il croyait r&eacute;unir toute lEurope sous sa gouverne, surtout par la force, convaincu dam&eacute;liorer le sort des peuples. Il aura con&ccedil;u le Lyc&eacute;e, la Com&eacute;die fran&ccedil;aise, la Banque de France, l'&Eacute;cole militaire sp&eacute;ciale de St-Cyr, la L&eacute;gion d'Honneur, le nouveau code civile qui consacrait la propri&eacute;t&eacute; priv&eacute;e, l&eacute;galit&eacute; des chances en autant qu'il fut le premier. Il favorisait la science, la rigueur du raisonnement. Il ne lui d&eacute;plaisait par dargumenter avec les scientifiques, les grands juristes, soucieux du sens commun, comme la tol&eacute;rance &agrave; la libert&eacute; religieuse, la diversit&eacute; ethnique. Il avait pourtant horreur de l&eacute;galit&eacute; absolue telle que voulaient la pr&ocirc;ner les id&eacute;alistes de la R&eacute;volution, " mais Dieu est juste et mis&eacute;ricordieux pour le peupleTous les hommes sont &eacute;gaux devant Dieu. Lintelligence, les vertus et la science mettent seules la diff&eacute;rence entre eux".<BR> Toutes ses victoires, il les doit &agrave; la rapidit&eacute; de son action dans lorganisation spontan&eacute;e. Peu danticipation &agrave; long terme. Visualisation du terrain, motivation extr&ecirc;me des troupes, par la harangue, &agrave; la veille du combat. Mais autant il pouvait surprendre lennemi, autant il se trouvait mal pr&eacute;par&eacute; pour les impr&eacute;vus. Absence de gourdes deau pour les soldats en l&Eacute;gypte, sous le soleil du d&eacute;sert et destruction totale de la marine mal-prot&eacute;g&eacute;e &agrave; Aboukir, sans possibilit&eacute; de retour. Perte de 90% de son arm&eacute;e, et de la cavalerie enti&egrave;re, au retour de Russie, en raison du froid pr&eacute;coce et des villages incendi&eacute;s. Insensible &agrave; son corps comme &agrave; celui des autres, il ne dormait souvent que quelques heures, franchissait des distances peu communes, &agrave; cheval ou voiture, parfois jusqu&agrave; 100 heures daffil&eacute;e. Intr&eacute;pide, il saffichait au premier rang, passait les ponts dans les bataillons de pointe, insouciant au danger. Le cheval mour&ucirc;t sous lui &agrave; plusieurs reprises ou il re&ccedil;ut des balles dans la botte ou le pied. Il avait peu souci de la mort en situation de d&eacute;fiance, "Un homme comme moi se soucie peu de la vie".<BR> <BR> <B>Ambitions</B>:<BR> Mais Napol&eacute;on navait pas conscience du prix quil demandait &agrave; son peuple. "Vous n'avez pas appris &agrave; m&eacute;priser la vie d'autrui et la v&ocirc;tre quand il le faut", dit-il &agrave; l'ambassadeur d'Autriche. Pour traverser le pont d'Arcole, n'avait-il par perdu 10,000 fantassins. Mais il d&eacute;truisit quatre arm&eacute;es autrichiennes en un an, dans cette premi&egrave;re campagne d'Italie. Ou encore "Un homme comme moi se soucie peu de la mort de deux cent mille hommes". Il a fait p&eacute;rir sans doute plus dun million dhommes, ne comptant que les militaires des deux camps. Il navait pas de limites dambition. Il se couronn&acirc;t lui-m&ecirc;me, &agrave; 33 ans, posant sur sa t&ecirc;te lembl&egrave;me du pouvoir royal qui venait d&ecirc;tre aboli, quelques ann&eacute;es auparavant, par la pendaison de Louis XVI, mais non plus au service de la noblesse h&eacute;r&eacute;ditaire mais plut&ocirc;t de celle quil cr&eacute;a &agrave; travers parents, amis et collaborateurs fid&egrave;les. Car tout cet espace &eacute;tait le sien propre. Il devint despote. Il &eacute;tait lultime limite. Apr&egrave;s la premi&egrave;re catastrophe majeure de Russie, le Parlement le d&eacute;mit de ses fonctions, lui empereur &agrave; vie. Apr&egrave;s une tentative de suicide, il reprit go&ucirc;t &agrave; la vie, accepta l'exil &agrave; l&Icirc;le dElbe do&ugrave; il senfuit apr&egrave;s 11 mois de r&eacute;sidence surveill&eacute;e. Malgr&eacute; tous les obstacles, il retrouva le pouvoir perdu, refit une arm&eacute;e de 500,000 hommes en trois mois et sattaqua &agrave; la deuxi&egrave;me coalition europ&eacute;enne. Mais arriva Waterloo qui devait sauver la Belgique dont les troupes combattaient d&eacute;j&agrave; avec Wellington et il s'en suivit une seconde d&eacute;ch&eacute;ance du Parlement et une r&eacute;clusion de 6 ans &agrave; l'&Icirc;le Sainte-H&eacute;l&egrave;ne avant sa longue agonie finale. Il laissera la France plus petite qu'il l'avait prise.<BR> Napol&eacute;on repr&eacute;sente lhyperactif surdou&eacute;, finalement malheureux, par manque de structure externe suffisante. Son ambition impulsive lemp&ecirc;chait de profiter des alarmes qui sonnaient autour de lui, &agrave; travers ses conseillers. Il avait le sens de la d&eacute;mesure en tout, jamais au repos; jamais rassasi&eacute;, toujours &agrave; laff&ucirc;t. Trop intelligent pour pardonner la b&ecirc;tise humaine, mais devenu suffisant et imbu de lui-m&ecirc;me, aussi incapable de reconna&icirc;tre lattachement des peuples &agrave; leurs libert&eacute;s, il senfon&ccedil;a dans un pouvoir artificiel o&ugrave; seule la force d&eacute;cidait de tout. Il voulait assumer le sort de lhumanit&eacute;, malgr&eacute; elle. Il se voulait Charlemagne, au temps d'une R&eacute;publique vid&eacute;e de sa substance r&eacute;elle comme le suffrage universel et un Parlement libre d'entraves. Il inventa plut&ocirc;t la police politique et musela l'opposition. Il dirigeait par pl&eacute;biscite, appel direct au peuple, meilleur moyen de manipuler l'opinion, en contr&ocirc;lant la presse ou intimidant l'adversaire. Il aurait fallu qu'il rencontre une limite, une autorit&eacute; stable et comp&eacute;tente pour se maintenir dans sa comp&eacute;tence r&eacute;elle, tacticien militaire de premier ordre, artilleur avant tout, pour qu'il contienne et canalise son &eacute;nergie, mais avec moins d'honneurs peut-&ecirc;tre. Jamais le premier ni responsable d'hommes. Il pouvait &eacute;galement exceller comme &eacute;crivain, selon Chateaubriand, Ste-Beuve ou Stendhal, puisque ses &eacute;crits forment 32 volumes, dans un style toujours vivant et incisif. Napol&eacute;on ne peut &ecirc;tre que le produit de son temps. <BR> D'un point de vue m&eacute;dical, l'&eacute;pilepsie &eacute;pisodique reste un facteur aggravant et permet de mieux comprendre l'absence de jugement en situations critiques, o&ugrave; l'instinct de survie semblait dispara&icirc;tre malgr&eacute; une intelligence sup&eacute;rieure. Cette condition sp&eacute;ciale nous &eacute;loigne beaucoup de l'hyperactivit&eacute; commune de type plus g&eacute;n&eacute;tique, plus maturationnelle que traumatique. </P> <P>R&eacute;f&eacute;rences:<BR> 1 - "Napol&eacute;on", tomes 1-4, Max Gallo, Robert Laffont, 1997.<BR> 2 - Correspondances personnelles de Napol&eacute;on.<BR> 3 - "M&eacute;morial de Sainte-H&eacute;l&egrave;ne", de Napol&eacute;on" par Las Cases, 1848.<BR> 4 - "Napol&eacute;on, le pouvoir, la nation, la l&eacute;gende", par Jean Tulard, Librairie G&eacute;n&eacute;rale fran&ccedil;aise, 1997.<BR> 5 - "Vie de Napol&eacute;on", de M&eacute;moires d'Outre-tombe, 1840, Fran&ccedil;ois-Ren&eacute; de Chateaubriand, &Eacute;ditions de Fallois, 1999, avec Marc Fumaroli.<BR> 6 - "La Guerre et la Paix", L&eacute;on Tolsto&iuml;, 1865-69, La Guilde du Livre, 1953, pp. 25</P> <P>&nbsp;</P> <P>&nbsp;</P> <P>&nbsp;</P> <P>&nbsp;</P> <P>Claude Jolicoeur, p&eacute;dopsychiatre,<BR> Montr&eacute;al, 1999.</P> <P>&nbsp;</P> <P>&nbsp;</P> <P>Droits r&eacute;serv&eacute;s</P></BODY> </HTML> 
