<HTML> <HEAD>   <META NAME="GENERATOR" CONTENT="Adobe PageMill 3.0 Win">   <TITLE>UdeM:Forum/Napol&eacute;on a appauvri la for&ecirc;t laurentienne! Andr&eacute; Bouchard et H&eacute;l&egrave;ne Simard reconstituent la for&ecirc;t pr&eacute;coloniale</TITLE> </HEAD> <BODY BACKGROUND="images/ForumBackgrnd.gif">  <P><NOBR><A HREF="http://www.umontreal.ca/"><IMG SRC="images/Budem.gif" WIDTH="40" HEIGHT="47" ALIGN="BOTTOM" NATURALSIZEFLAG="3" BORDER="0" ALT="[page U de M]"></A><A HREF="index.html"><IMG SRC="images/Bforum.gif" WIDTH="67" HEIGHT="47" ALIGN="BOTTOM" NATURALSIZEFLAG="3" BORDER="0" ALT="[Accueil Forum]"></A><IMG SRC="images/Benbref.gif" WIDTH="54" HEIGHT="47" ALIGN="BOTTOM" NATURALSIZEFLAG="3" BORDER="0" ALT="[En bref]"><IMG SRC="images/Bcalendrier.gif" WIDTH="74" HEIGHT="47" ALIGN="BOTTOM" NATURALSIZEFLAG="3" BORDER="0" ALT="[Calendrier]"><A HREF="livres.html"><IMG SRC="images/Blivres.gif" WIDTH="60" HEIGHT="47" ALIGN="BOTTOM" NATURALSIZEFLAG="3" BORDER="0" ALT="[Vient de paraitre]"></A><IMG SRC="images/Betudiants.gif" WIDTH="97" HEIGHT="47" ALIGN="BOTTOM" NATURALSIZEFLAG="3" BORDER="0" ALT="[Etudiants]"><IMG SRC="images/Bopinions.gif" WIDTH="65" HEIGHT="47" ALIGN="BOTTOM" NATURALSIZEFLAG="3" BORDER="0" ALT="[Opinions]"><IMG SRC="images/Bbout.gif" WIDTH="12" HEIGHT="47" ALIGN="BOTTOM" NATURALSIZEFLAG="3" BORDER="0"></NOBR><BR> <HR ALIGN="LEFT" NOSHADE SIZE="1"></P>  <H1><NOBR>Napol&eacute;on a appauvri la for&ecirc;t laurentienne!</NOBR></H1>  <P><I><NOBR>Andr&eacute; Bouchard et H&eacute;l&egrave;ne Simard reconstituent la for&ecirc;t pr&eacute;coloniale.</NOBR></I><BR> <BR> <IMG SRC="photos/bouchard2.gif" WIDTH="234" HEIGHT="253" ALIGN="LEFT" NATURALSIZEFLAG="3" hspace="5" vspace="5">Autrefois, on trouvait autour de Montr&eacute;al de grands ch&ecirc;nes, des pins blancs, des h&ecirc;tres, des pruches et des merisiers dans de vastes &eacute;rabli&egrave;res indig&egrave;nes. Des arbres qui sont pratiquement disparus de la r&eacute;gion. L'activit&eacute; humaine est directement responsable de cette modification observ&eacute;e partout dans le Haut-Saint-Laurent.<BR> <BR> &laquo;On sait que les meilleures essences ont &eacute;t&eacute; coup&eacute;es les premi&egrave;res, jusqu'&agrave; &eacute;puisement&raquo;, explique Andr&eacute; Bouchard, professeur &agrave; l'Institut de recherche en biologie v&eacute;g&eacute;tale (IRBV). Avec son &eacute;tudiante H&eacute;l&egrave;ne Simard, qui en a fait son sujet de ma&icirc;trise, il vient de publier un article sur cette question dans le Canadian Journal on Forestry Research. &laquo;La grande le&ccedil;on que nous tirons de cette &eacute;tude, confie-t-il, c'est qu'il y avait autrefois, dans le sud du Qu&eacute;bec, une for&ecirc;t tr&egrave;s riche, sur les plans commercial et &eacute;cologique. C'est aujourd'hui une for&ecirc;t appauvrie.&raquo;<BR> <BR> Le d&eacute;frichage de grands territoires &agrave; des fins agricoles a bien s&ucirc;r contribu&eacute; &agrave; cet appauvrissement, mais les ventes de bois pour le chauffage et la construction y ont jou&eacute; un r&ocirc;le d&eacute;terminant. On trouve au Qu&eacute;bec des donn&eacute;es pr&eacute;cises sur ce sujet, car les transactions &eacute;taient souvent faites devant notaire. Et comme le droit notarial d&eacute;fend aux professionnels de d&eacute;truire leurs archives, une mine d'information sommeillait aux Archives nationales du Qu&eacute;bec jusqu'&agrave; ce que Mme Simard les parcourt.<BR> <BR> Elle a consacr&eacute; un an et demi &agrave; ce travail de moine.<BR> <BR> &laquo;J'ai trouv&eacute; de tout. M&ecirc;me des preuves de la vente d'esclaves, relate-t-elle. Probablement &agrave; cause de leur analphab&eacute;tisme, nos anc&ecirc;tres avaient tr&egrave;s souvent recours au notaire. Cela nous a permis de savoir quelles essences de bois &eacute;taient exploit&eacute;es dans la r&eacute;gion.&raquo;<BR> <BR> <B>La botanique m&egrave;ne &agrave; tout<BR> </B><BR> <IMG SRC="photos/parc.gif" WIDTH="234" HEIGHT="376" ALIGN="RIGHT" NATURALSIZEFLAG="3" hspace="5" vspace="5">Au d&eacute;but du 19e si&egrave;cle, Napol&eacute;on impose un blocus sur les ventes de bois dans le nord de l'Europe, o&ugrave; s'approvisionnait l'Angleterre. Comme les &Eacute;tats-Unis sont ind&eacute;pendants depuis 1783, l'Empire se tourne du c&ocirc;t&eacute; de ses colonies, car la construction navale et residentielle bat son plein. &laquo;Entre 1806 et 1810, on sait que des bateaux repartaient d'ici avec des madriers de ch&ecirc;ne et de pin blanc&raquo;, explique la chercheuse de l'IRBV.<BR> <BR> C'est tout de m&ecirc;me le bois de chauffage qui a &eacute;t&eacute; le plus exploit&eacute;. &laquo;C'&eacute;taient les puits de p&eacute;trole de cette p&eacute;riode&raquo;, rappelle M. Bouchard. L'&eacute;rable &agrave; sucre, le merisier et le h&ecirc;tre &eacute;taient particuli&egrave;rement appr&eacute;ci&eacute;s. Mais selon les registres consult&eacute;s, leur abondance diminue progressivement avec le temps. &laquo;Les essences les plus dispendieuses ont donc &eacute;t&eacute; exploit&eacute;es les premi&egrave;res et, au fur et &agrave; mesure qu'elles ont &eacute;t&eacute; &eacute;puis&eacute;es, elles ont &eacute;t&eacute; remplac&eacute;es par d'autres, de moindre valeur&raquo;, conclut l'&eacute;tude.<BR> <B><BR> Recherches biographiques ou botaniques?<BR> </B><BR> C'est par un hasard typique de l'histoire des sciences que le botaniste a d&eacute;couvert cette source inusit&eacute;e d'information que constituent les archives notariales. M. Bouchard suivait les traces d'un de ses anc&ecirc;tres du village de Saint-Anisset, Luc Hyacinthe Masson, d&eacute;port&eacute; aux Bermudes pour avoir particip&eacute; &agrave; la r&eacute;bellion des Patriotes, en 1837. &laquo;Je cherchais &agrave; savoir &agrave; quel moment il &eacute;tait arriv&eacute; l&agrave;, quelles propri&eacute;t&eacute;s il avait acquises, etc. En fouillant, j'ai compris que nos anc&ecirc;tres utilisaient le notaire pour toutes sortes de transactions.&raquo;<BR> <BR> Comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, ces archives cessent d'&ecirc;tre confidentielles apr&egrave;s un si&egrave;cle. Or, on sait que l'essentiel du d&eacute;frichage a eu lieu entre 1800 et 1880, p&eacute;riode o&ugrave; tous les livres sont ouverts. Ne restait plus qu'&agrave; parcourir les actes de la centaine de notaires qui ont pratiqu&eacute; dans la r&eacute;gion du Haut-Saint-Laurent &agrave; cette &eacute;poque. H&eacute;l&egrave;ne Simard a relev&eacute; 448 transactions de bois sur quelque 500 000 actes.<BR> <BR> Le plus dr&ocirc;le, l&agrave;-dedans, signalent les chercheurs, c'est que l'on ne peut pas faire de telles recherches ailleurs dans le monde puisque nulle part ces conditions ne sont r&eacute;unies: d&eacute;frichage sur une p&eacute;riode bien d&eacute;limit&eacute;e, utilisation massive des actes notari&eacute;s, archivage...<BR> <BR> Cela dit, l'&eacute;tude compte tout de m&ecirc;me des biais dont les auteurs ne sont pas dupes. Les transactions des anglophones, par exemple, ne donnaient presque jamais lieu &agrave; des actes notari&eacute;s, de m&ecirc;me que l'utilisation du bois &agrave; des fins domestiques: on a &eacute;mond&eacute; d'innombrables thuyas, par exemple, pour fa&ccedil;onner des piquets de cl&ocirc;ture. Mais l'&eacute;volution des ventes de nos for&ecirc;ts en cordes, madriers, bardeaux, bois &eacute;quarri, planches, etc., n'en donne pas moins une id&eacute;e des essences disponibles &agrave; l'&eacute;poque.<BR> <BR> Une seule for&ecirc;t, actuellement, permet de se faire une id&eacute;e de la v&eacute;g&eacute;tation dominante &agrave; l'&eacute;poque de la colonisation. Elle appartient &agrave; la famille Muir, &agrave; l'est de Huntington, dont les anc&ecirc;tres ont eu l'id&eacute;e r&eacute;volutionnaire et fantaisiste d'en interdire l'acc&egrave;s aux b&ucirc;cherons. Un &eacute;tudiant de M. Bouchard en a fait la d&eacute;couverte il y a quelques ann&eacute;es.<BR> <BR> M&ecirc;me les espaces en apparence inviol&eacute;s de la r&eacute;gion de Montr&eacute;al, par exemple le mont Royal, ont subi d'importants outrages. L'id&eacute;e d'en faire un parc municipal, au milieu du 19e si&egrave;cle, a d'ailleurs jailli &agrave; la suite de la d&eacute;cision d'un propri&eacute;taire de proc&eacute;der &agrave; une coupe &agrave; blanc qui &eacute;tait visible depuis le centre-ville comme une large plaie sur son flanc.<BR> <B><I><BR> Mathieu-Robert Sauv&eacute;<BR> </I></B><HR ALIGN="LEFT" NOSHADE SIZE="1"><NOBR><A HREF="http://www.umontreal.ca/"><IMG SRC="images/Budem.gif" WIDTH="40" HEIGHT="47" ALIGN="BOTTOM" NATURALSIZEFLAG="3" BORDER="0" ALT="[page U de M]"></A><A HREF="index.html"><IMG SRC="images/Bforum.gif" WIDTH="67" HEIGHT="47" ALIGN="BOTTOM" NATURALSIZEFLAG="3" BORDER="0" ALT="[Accueil Forum]"></A><IMG SRC="images/Benbref.gif" WIDTH="54" HEIGHT="47" ALIGN="BOTTOM" NATURALSIZEFLAG="3" BORDER="0" ALT="[En bref]"><IMG SRC="images/Bcalendrier.gif" WIDTH="74" HEIGHT="47" ALIGN="BOTTOM" NATURALSIZEFLAG="3" BORDER="0" ALT="[Calendrier]"><A HREF="livres.html"><IMG SRC="images/Blivres.gif" WIDTH="60" HEIGHT="47" ALIGN="BOTTOM" NATURALSIZEFLAG="3" BORDER="0" ALT="[Vient de paraitre]"></A><IMG SRC="images/Betudiants.gif" WIDTH="97" HEIGHT="47" ALIGN="BOTTOM" NATURALSIZEFLAG="3" BORDER="0" ALT="[Etudiants]"><IMG SRC="images/Bopinions.gif" WIDTH="65" HEIGHT="47" ALIGN="BOTTOM" NATURALSIZEFLAG="3" BORDER="0" ALT="[Opinions]"><IMG SRC="images/Bbout.gif" WIDTH="12" HEIGHT="47" ALIGN="BOTTOM" NATURALSIZEFLAG="3" BORDER="0"></NOBR>  </BODY> </HTML> 
