<html>  <head> <meta HTTP-EQUIV="Content-Type" CONTENT="text/html; charset=windows-1252"> <meta NAME="GENERATOR" CONTENT="Microsoft FrontPage 3.0"> <title>CAMON OU L'EXEGETE DE NAPOLEON*</title>   <meta name="Microsoft Theme" content="iscihcc 101, default"> <meta name="Microsoft Border" content="tb, default"> </head>  <body background="../_themes/iscihcc/_globe_gray_pale_petit.gif" bgcolor="#FFFFFF" text="#000000" link="#0000FF" vlink="#CC0000" alink="#00CC33"><table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="100%"><tr><td>  <dl>            <div align="center">                <dt><a href="../isc_adhs.htm" target="_top"><img border="0" src="../publicite/publi_anim.gif" width="472" height="61"></a></dt>                <dt>Vous tes sur <a href="http://www.stratisc.org/"><b>WWW.STRATISC.ORG </b></a><i><b>le</b></i><b><i> site de la stratgie dans l'histoire</i></b></dt>              </div> </dl>  </font></td></tr></table><table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="100%"><tr><td valign="top">  <blockquote>   <p align="center"><small><!--webbot bot="Navigation" endspan i-checksum="0" --></small></p>   <p><a NAME="Home"></a></p>   <font FACE="Times New Roman" SIZE="6"><b><p ALIGN="CENTER">Bruno COLSON</p>   <p ALIGN="CENTER">CAMON OU L'EXEGETE DE NAPOLEON*</b></p>   <p>&nbsp;</p>   <blockquote>     <p></font><small>* Ce texte servira de prface  la rdition de <em>La guerre     napolonienne. Les systmes d&#146;oprations</em>, conomica, Bibliothque     stratgique, 1996.</small><font FACE="Arial" SIZE="4"></p>     <p>&nbsp;</p>   </blockquote>   </font><font FACE="Times New Roman" SIZE="6"><p ALIGN="JUSTIFY"></font><font face="Arial" size="3">Le gnral Hubert Camon naquit  Dieuze dans la Meurthe, le   19&nbsp;mai&nbsp;1855. Il fit Polytechnique, suivit les cours de l&#146;Ecole   d&#146;application de Fontainebleau et sortit dans l&#146;artillerie. Capitaine en 1884,   il passa par l&#146;Ecole de guerre, devint chef d&#146;escadron en 1898, puis enseigna   l&#146;art militaire  l&#146;Ecole d&#146;application de l&#146;artillerie et du gnie    partir de dcembre 1900. Nomm lieutenant-colonel, il dirigea l&#146;Ecole   d&#146;artillerie du 10e corps en 1905. Il retrouva l&#146;cole Polytechnique en   dcembre de l&#146;anne suivante pour y exercer les fonctions de commandant en second.   En mars 1909, il devint colonel, en juin 1913 gnral de brigade. Il alla prendre le   commandement de l&#146;artillerie du 14e corps. La Premire guerre mondiale lui vit   confier la surveillance de la fabrication des matriels et projectiles de   l&#146;artillerie lourde. Le 15&nbsp;fvrier&nbsp;1917, il fut admis au cadre de   rserve. Il mourut  <a NAME="page2"></a>Paris le 13&nbsp;novembre 1942<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note1"><sup>1</sup></a>.   Comme beaucoup de penseurs militaires, Camon n&#146;exera pas de grand commandement en   campagne. Il fit une carrire de technicien et d&#146;enseignant. Son appartenance aux   &quot;armes savantes&quot; le rattachait  une grande tradition intellectuelle de   l&#146;Arme franaise qui avait donn Vauban, du Teil, Bourcet, Carnot, Rogniat, Foy,   etc. Camon a laiss une &#156;uvre crite considrable.</p>   </font></font><table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="100%">     <tr><td valign="top" width="42"><img src="../_themes/iscihcc/blbull1.gif" width="17" height="17" hspace="12"></td><td valign="top" width="100%"><font face="Arial" size="3">Premires tudes et discours de la mthode</font></font></td></tr>     <font face="Arial" size="3"><p>Les premiers crits de Camon furent des tudes techniques      propos de la tlphonie militaire et de l&#146;organisation du commandement,     publies chez Berger-Levrault<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note2"><sup>2</sup></a>. A partir de 1890, il     donna ses premires pages sur la guerre napolonienne et la bataille<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note3"><sup>3</sup></a>.     A l&#146;Ecole de guerre, il avait suivi les confrences du commandant Cardot qui     enseignait la guerre napolonienne d&#146;aprs Clausewitz. Au sortir de l&#146;Ecole,     il se mit en tte d&#146;approfondir la question. Un jour, flnant le long des quais, il     trouva  un prix drisoire les 32 volumes de la <i>Correspondance</i> de Napolon.     &quot;<i>Leur lecture,</i> dit-il, <i>me rvla bientt qu&#146;il y avait dans les     campagnes de l&#146;Empereur d&#146;autres enseignements que ceux que Clausewitz y avait     vus&quot;&nbsp;</i><a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note4"><sup>4</sup></a>. A cette poque, Camon se     complaisait dans l&#146;tude des thories volutionnistes par lesquelles les lves     de Lamarck, de Geoffroy-Saint-Hilaire et de Darwin cherchaient  fixer les lois qui     rgissent les rapports entre les tres organiss. Appliquant aux tudes militaires les     mthodes des naturalistes, Camon fut amen  <a NAME="page3"></a></p>     <p>remarquer que les principales entres en campagne de Napolon reproduisaient un mme     schma. Il fit la mme remarque pour ses principales batailles. Il avait ds lors les     lments d&#146;une thorie de la guerre napolonienne. Camon voulait arriver      connatre les mthodes, les systmes qui avaient assur le succs des grands     capitaines. Il tait convaincu qu&#146;il fallait partir de cette connaissance pour     induire les mthodes qui convenaient  la guerre du XXe sicle. Pour cela, il lui     fallait comparer les man&#156;uvres et les batailles afin d&#146;extraire ce qu&#146;elles     avaient de commun. C&#146;est ce qu&#146;il entreprit,  la lumire des ordres et des     bulletins de Napolon. L&#146;tude compare lui facilita la comprhension des     man&#156;uvres et des batailles dont, au dpart, il s&#146;expliquait mal le plan, faute     de documents suffisants. Elles s&#146;clairaient par le rapprochement avec telle autre     man&#156;uvre ou bataille dont le systme tait nettement accus ou qui avait t     explique par Napolon lui-mme. Pour l&#146;tude des man&#156;uvres, Camon pouvait     utiliser de nombreux ordres crits, souvent trs dvelopps, qui gnralement     donnaient une vue complte des systmes. Pour les batailles, les ordres crits de     Napolon taient plus rares&nbsp;; les instructions avaient t le plus souvent     verbales. La veille d&#146;une bataille, l&#146;Empereur runissait ses gnraux et     leur expliquait son plan. Au cours de l&#146;engagement, c&#146;est encore par des ordres     verbaux, ports par des officiers d&#146;ordonnance ou des aides de camp, qu&#146;il     prescrivait les mouvements qu&#146;exigeaient les circonstances. <i>&quot;Mais,</i> dit     Camon, <i>si Napolon n&#146;a pas fait un expos complet de ses systmes de bataille,     s&#146;il n&#146;a pas livr formellement son secret, ce secret on peut le surprendre     dans les conseils qu&#146;il a adresss au Prince Eugne,  Murat,  Marmont,  tel     ou tel de ses marchaux et aussi dans ses critiques aprs une bataille perdue par     eux&nbsp;; mieux encore dans ses bulletins de bataille crits le soir mme de la lutte,     tout chauds des proccupations qui l&#146;ont agit dans la journe&quot;</i>&nbsp;<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note5"><sup>5</sup></a>. Camon put constater que Napolon n&#146;avait eu que deux     systmes de man&#156;uvre et deux systmes correspondants de bataille. Comparant alors     les plans  ces systmes abstraits, il rechercha dans quelle mesure et comment ils en     diffraient. Il arriva  dcouvrir les raisons des modifications apportes dans les     diffrents cas au systme normal et <i>&quot;ainsi l&#146;exception confirmait la     rgle&quot;. </p>     </i><p>Avant de mettre au point les analyses de campagnes par lesquelles il y tait     arriv, Camon publia le rsultat de ses recherches en 1899 dans une courte brochure     in-8 de 59 pages&nbsp;: <i>La bataille napolonienne.</i> Les crivains militaires la     reurent sans indulgence. Ils critiqurent la comparaison avec les organismes vivants     qui, par accident, ne se dveloppent pas toujours normalement. Camon attribua une partie     de ces critiques au fait qu&#146;il avait raccourci son tude pour la publier au plus     vite. Aussi, nomm en dcembre 1900 professeur du cours d&#146;art militaire      l&#146;Ecole d&#146;application de l&#146;artillerie et du gnie, il reprit ses     dcouvertes et les taya par une analyse plus approfondie des campagnes napoloniennes.     Entre-temps, avant de publier une tude dfinitive sur Napolon, il dut rgler son     compte  Clausewitz.</p>     </font>     <tr><td valign="baseline" width="42"><img src="../_themes/iscihcc/blbull1.gif" width="17" height="17" hspace="12"></td><td valign="top" width="100%"><font face="Arial" size="3">La critique de Clausewitz</font></font></td></tr>     <font face="Arial" size="3"><p>Camon plaait Clausewitz au premier rang des classiques de     la littrature militaire et considrait que son <i>De la guerre</i> et ses tudes de     campagnes devaient tre les livres de chevet de tous les chefs d&#146;arme. Le premier     apport de Clausewitz tait sa prise en compte des &quot;forces morales&quot;. Il avait eu     raison d&#146;crire que la guerre n&#146;tait qu&#146;une continuation de la politique     par d&#146;autres moyens&nbsp;<i>: &quot;On comprend,</i> crivait Camon, <i>que les     guerres doivent changer de caractre, suivant le but poursuivi et la trempe de     l&#146;adversaire, et qu&#146;il est inutile de pousser la guerre jusqu&#146; sa limite     logique&nbsp;: la destruction des forces ennemies, si l&#146;adversaire cde auparavant     ou si les sacrifices  faire pour arriver  cette fin sont hors de proportion avec le     but poursuivi&quot;</i>&nbsp;<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note6"><sup>6</sup></a>. Le chapitre consacr par     Clausewitz  la guerre comme instrument de la politique tait d&#146;aprs Camon <i>&quot;de     tout premier ordre&quot;</i> et devait tre mdit par les hommes de gouvernement aussi     bien que les gnraux<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note7"><sup>7</sup></a>.</p>     <p>Mais <i>De la guerre</i> n&#146;tait pas d&#146;un abord facile. Sa forme <i>&quot;teuto-philosophique&quot;</i>     dcourageait le lecteur franais et, de plus, l&#146;ouvrage tait inachev.     Impressionn par la campagne de 1812, Clausewitz avait conu, selon Camon, <i>&quot;une     malsaine inclination&quot;</i> pour une forme de guerre qu&#146;il appelait <i>&quot;dfensive-offensive&quot;.</i>     Clausewitz avait bien saisi le caractre de vigueur et de dcision imprim par     Napolon  la guerre. Mais il n&#146;avait pas compris le procd si simple par lequel     Napolon obtenait la dmoralisation de l&#146;ennemi&nbsp;: l&#146;attaque enveloppante.     Partisan du coup droit sur l&#146;adversaire, Clausewitz aurait mconnu la part     primordiale de la man&#156;uvre chez Napolon. Camon tait particulirement du par     le &quot;tableau d&#146;une bataille moderne&quot; de Clausewitz, o tout semblait se     rduire  une affaire d&#146;usure. <i>&quot;Depuis quand, </i>lanait Camon,<i> la     thorie propose-t-elle en exemple les &#156;uvres malvenues&quot;</i><a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note8"><sup>8</sup></a><i>&nbsp;</i>?     Pour lui, Clausewitz tait rest ferm aux admirables procds de l&#146;Empereur. La     man&#156;uvre, toujours la mme, sur les derrires de l&#146;adversaire, <i>&quot;qui     crve les yeux&quot;,</i> Clausewitz ne l&#146;a pas vue<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note9"><sup>9</sup></a>.     Il n&#146;a pas compris le principe essentiel de Napolon,  savoir la marche initiale     vers un point fixe choisi <i>a priori</i> sur la ligne de retraite de l&#146;ennemi. Parmi     les causes qui ont empch Clausewitz de voir clair dans la stratgie napolonienne,     il y avait sa haine pour Napolon. <i>&quot;La haine est une pauvre lumire pour voir     clair dans les &#156;uvres d&#146;un gnie&quot;</i>&nbsp;<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note10"><sup>10</sup></a>.</p>     <p>Camon avait ragi contre l&#146;engouement dont avait bnfici Clausewitz en     France aprs 1870. Il n&#146;acceptait pas l&#146;ide que Clausewitz n&#146;avait fait     que rdiger la doctrine de guerre de Napolon. D&#146;ailleurs, dit-il, Clausewitz     n&#146;avait  sa disposition ni les ordres, ni les instructions de l&#146;Empereur<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note11"><sup>11</sup></a>. Pourtant Camon fut certainement un des meilleurs     interprtes franais de Clausewitz. Il avait voulu ragir contre une assimilation un     peu trop htive entre celui-ci et Napolon. En ce sens, son <i>Essai sur Clausewitz</i>     avait t une &#156;uvre de combat. Lorsqu&#146;il runira ses articles en un livre en     1911, son intention aura chang car,  ce moment, l&#146;engouement pour le stratgiste     prussien aura cess. Camon voudra alors inciter les officiers franais  lire     Clausewitz<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note12"><sup>12</sup></a>.</p>     </font>     <tr><td valign="baseline" width="42"><img src="../_themes/iscihcc/blbull1.gif" width="17" height="17" hspace="12"></td><td valign="top" width="100%"><font face="Arial" size="3">L&#146;analyse mthodique de la guerre <br>       napolonienne</font></font></td></tr>     <font face="Arial" size="3"><p>A l&#146;Ecole d&#146;application de l&#146;artillerie et     du gnie, Camon eut le temps de perfectionner son tude de la guerre napolonienne. En     toute logique, il commena par tablir un <i>Prcis des campagnes</i>, qui constituait     son cours et qu&#146;il publia en 1903. <i>&quot;Rechercher les</i> <b>ides     fondamentales</b> <i>sur lesquelles reposent les man&#156;uvres et les batailles de     Napolon&nbsp;; indiquer les procds techniques par lesquels il les a ralises, en     un mot, faire la</i> <b>thorie de la guerre</b> <b>napolonienne</b>, <i>tels sont les     objets de cet ouvrage&quot;</i>&nbsp;<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note13"><sup>13</sup></a>. Napolon avait     song  crire une telle thorie mais les crits de Sainte-Hlne ne contiennent     que quelques commentaires de ses campagnes ou de celles de Csar, Turenne, Frdric,     ainsi que des observations sur les ouvrages de Jomini et de Rogniat. La thorie de     l&#146;Empereur est donc  extraire des 32 volumes de sa correspondance. La publication     de celle-ci avait t termine en 1869. Camon disposa aussi des documents mis  jour     par la Section historique de l&#146;Etat-Major de l&#146;arme. Son <i>Prcis des     campagnes</i> ne veut pas faire &#156;uvre historique&nbsp;: on n&#146;y trouvera pas le     rcit le plus minutieux et le plus complet sur les man&#156;uvres et les combats. Camon     voulait donner <i>&quot;l&#146;ide absolument exacte de ce que Napolon avait voulu     faire&quot;</i>&nbsp;<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note14"><sup>14</sup></a>. <i>&quot;Dgager le systme     d&#146;une man&#156;uvre, d&#146;une bataille, c&#146;est tout autre chose que d&#146;en     faire la critique historique. Pour la critique historique, il faut vrifier les tats     d&#146;effectifs, comparer les relations adverses, fouiller les archives&quot;</i>&nbsp;<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note15"><sup>15</sup></a>. Camon n&#146;avait en vue que de caractriser la     stratgie et la tactique de Napolon. Son travail le passionna. Il entrait <i>&quot;dans     des terres que nul encore n&#146;avait foules&quot;</i>&nbsp;<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note16"><sup>16</sup></a>.     Le dieu de la guerre lui rvlait son secret. </p>     <p>Le <i>Prcis</i> de Camon se dcompose en campagnes, en priodes et en actes.     Ceux-ci correspondent gnralement  des man&#156;uvres. Le plan est annonc au dbut     de chaque campagne, aprs un expos de la situation politique, de la situation militaire     et des plans des adversaires. A l&#146;intrieur de chaque priode et de chaque acte,     les vnements sont alors dcrits et analyss jour par jour. L&#146;excution est     toujours rapporte  la conception. Un rsum clt chaque campagne et reprend les     procds utiliss par Napolon. Camon n&#146;aborde ni la campagne d&#146;Egypte ni     celle d&#146;Espagne&nbsp;: le point est  noter&nbsp;; Camon n&#146;tudie que la     &quot;grande guerre&quot;. Aprs le rappel des campagnes, sont dvelopps, dans un     deuxime volume de <i>La guerre napolonienne,</i> les systmes d&#146;oprations<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note17"><sup>17</sup></a>. Ce volume, s&#146;il consacrait le plus grand nombre de     pages aux grandes campagnes de l&#146;Empereur, abordait aussi les thtres secondaires     comme l&#146;Italie en 1805 et 1809, le Portugal, la Dalmatie, o opraient, seuls,     certains lieutenants de Napolon. Ensuite viennent les batailles. Camon dit s&#146;tre     efforc de faire court et raffirme son souhait d&#146;tre lu <i>&quot;afin de ramener     le plus possible de camarades  l&#146;tude trop nglige des batailles de     Napolon&quot;</i>&nbsp;<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note18"><sup>18</sup></a>. </p>     <p>L&#146;essentiel de l&#146;ouvrage se ramne  cette constatation&nbsp;: de mme que     Napolon a seulement deux systmes de man&#156;uvre, la man&#156;uvre sur les derrires     et la man&#156;uvre sur position centrale, il n&#146;a aussi que deux systmes de     bataille, la bataille avec attaque tournante et la bataille sur position centrale&nbsp;;     la premire est sa bataille favorite, comme la man&#156;uvre sur les derrires est sa     man&#156;uvre favorite<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note19"><sup>19</sup></a>. Napolon avait un systme     favori de bataille, un plan idal qu&#146;il regardait comme le plus sr et le plus     conomique pour arriver  la victoire. Aucune de ses batailles ne l&#146;a peut-tre     entirement ralis, mais toutes en procdaient et quelques unes s&#146;en     approchrent de trs prs. Ce plan idal figure dans presque tous les ouvrages de     Camon. Chez Napolon, prcise Camon, la bataille tait <i>stratgique</i>&nbsp;: il ne     visait pas seulement  gagner la bataille mais entendait, par elle, remplir un but     stratgique qui tait de dcider la campagne en fermant toute retraite  l&#146;ennemi<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note20"><sup>20</sup></a>. Il savait que toute bataille tait chanceuse et, pour     ne pas s&#146;y exposer, il prfrait adopter la man&#156;uvre sur les derrires dont     l&#146;objet tait de se dbarrasser de l&#146;ennemi sans affaire gnrale<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note21"><sup>21</sup></a>. </p>     </font>     <tr><td valign="baseline" width="42"><img src="../_themes/iscihcc/blbull1.gif" width="17" height="17" hspace="12"></td><td valign="top" width="100%"><font face="Arial" size="3">Synthse et applications  la Premire Guerre mondiale</font></font></td></tr>     <font face="Arial" size="3"><p>Camon publia une synthse de ses dcouvertes sur la     guerre napolonienne en 1923, avec <i>Le systme de guerre de Napolon.</i> Aprs     avoir tudi les dtails, il avait voulu<i> &quot;n&#146;en conserver pour ainsi dire     que les Formes pour donner aux lves stratges un rpertoire copieux, facile      retenir, qui aidera, le cas chant, leur imagination&quot;</i>&nbsp;<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note22"><sup>22</sup></a>.     Dans sa conclusion, il dfendait le principe de son approche <i>&quot;systmatique&quot;.     &quot;Cette simplicit extrme des conceptions stratgiques et tactiques chez Napolon     peut tonner,</i> crit-il, <i>ceux qui croient que le gnie n&#146;a pas de systmes     et qu&#146;il invente pour chaque situation une solution particulire. Il n&#146;en est     pas ainsi, et Napolon lui-mme a reproch  Moreau de n&#146;avoir pas de     systme&quot;</i>&nbsp;<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note23"><sup>23</sup></a>. Tout gnral, selon Camon,     a besoin de se faire un <i>systme</i> car il est toujours oblig d&#146;improviser une     solution sur des renseignements incertains et souvent contradictoires. <i>&quot;On peut     aller plus loin,</i> poursuit-il, <i>et se demander si l&#146;audace qui caractrise les     grands capitaines ne vient pas justement de ce qu&#146;ils se sentent en possession     d&#146;un systme d&#146;oprations et de bataille labor avec soin, longuement mri     et dont ils attendent avec confiance la victoire&quot;</i>&nbsp;<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note24"><sup>24</sup></a>.     Camon s&#146;appliquera  retrouver comment Napolon avait labor son systme. </p>     <p>En attendant, la Premire guerre mondiale, qui venait de se terminer, le contraignait      montrer que le systme de Napolon prsentait encore quelque intrt. Sur le front     occidental, la guerre de tranches ne s&#146;tait tablie qu&#146;aprs l&#146;chec     de la man&#156;uvre initiale allemande, man&#156;uvre qui, d&#146;aprs Camon, rappelait     l&#146;entre en campagne de Napolon en 1812. Si cette man&#156;uvre avait chou, ce     n&#146;tait pas que les moyens de guerre de 1914 eussent rendu caduc le systme     napolonien, mais parce que l&#146;excution avait t dfectueuse. Sur le front     russe, o la guerre de mouvement se prolongea au-del de 1915, les man&#156;uvres de     Ludendorff furent des man&#156;uvres napoloniennes. En 1918, le mouvement rapparut sur     le front occidental. L&#146;offensive de Ludendorff, au mois de mars, s&#146;inspirait de     l&#146;entre en campagne de Napolon en Belgique en 1815. Sur le front bulgare, la     perce de Franchet d&#146;Esperey fut aussi une man&#156;uvre napolonienne, destine      atteindre les grands dpts et les lignes de retraite de l&#146;arme ennemie. Au     niveau des batailles, celle de la Marne en 1914 ne fut que partiellement napolonienne.     Il lui manqua seulement la pice capitale&nbsp;: la masse de rupture<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note25"><sup>25</sup></a>.     </p>     <p>En 1925, Camon dveloppa son analyse de la Grande Guerre. Imbu de Clausewitz, Moltke     n&#146;avait pas compris la man&#156;uvre napolonienne prvue par Schlieffen et     l&#146;avait abandonne en cours d&#146;excution. Camon faisait une trs bonne analyse     des origines intellectuelles du plan Schlieffen, qu&#146;il reliait  toute une tradition     de pense militaire allemande. Il avouait que l&#146;intrt didactique du combat     napolonien tait nul dsormais&nbsp;: les moyens taient trop diffrents. Par contre     les systmes d&#146;oprations et les systmes de bataille prsentaient encore de     l&#146;intrt car il s&#146;agissait de systmes de forces et, comme tels, ceux-ci     taient indpendants, dans une certaine mesure, de l&#146;ordre de grandeur de ces     forces<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note26"><sup>26</sup></a>. En tudiant Ludendorff, qui constamment avait     cherch  appliquer la man&#156;uvre napolonienne sur les derrires, Camon souligna     que celui-ci pourrait encore jouer un rle dans une guerre de revanche et que ses     oprations taient certainement tudies en Allemagne<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note27"><sup>27</sup></a>.     </p>     <p>Peut-tre Camon avait-il en tte les tueries de la Grande Guerre lorsqu&#146;il     insista en 1928 <i>&quot;sur la ncessit pour un gouvernement et son gnral en chef     de ne pas perdre de vue que la guerre est l&#146;ultime argument de la politique&nbsp;;     qu&#146;il s&#146;agit avant tout de dmoraliser les gouvernants adverses pour les amener      se plier  nos conditions ou  abandonner les leurs. L&#146;anantissement de toutes     les forces adverses n&#146;est pas pour cela ncessaire&quot;</i>&nbsp;<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note28"><sup>28</sup></a>.     </p>     </font>     <tr><td valign="baseline" width="42"><img src="../_themes/iscihcc/blbull1.gif" width="17" height="17" hspace="12"></td><td valign="top" width="100%"><font face="Arial" size="3">Bilan d&#146;une &#140;uvre </font></font></td></tr>     <font face="Arial" size="3"><p>Les annes 1930 voient Camon rechercher les origines du     gnie et du mtier chez Napolon<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note29"><sup>29</sup></a>. Il dcouvre que     celui-ci s&#146;est form son systme vers 1788-1789 <i>&quot;par des tudes     acharnes&quot;</i> sur les ouvrages militaires de Frdric II, Guibert, Bosroger, si     bien qu&#146;au dbut de la premire campagne d&#146;Italie, en mars 1796, il tait     dj en pleine possession de son systme<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note30"><sup>30</sup></a>. Constatant     que l&#146;Empereur,  Sainte-Hlne, a prn la lecture des campagnes des grands     capitaines qui l&#146;ont prcd, Camon s&#146;y applique, esprant dtecter les     modles que Napolon a pu trouver. Il aborde ainsi Cond et Turenne, Luxembourg,     Maurice de Saxe<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note31"><sup>31</sup></a>. Camon a t un crivain militaire     trs fcond et ces quelques pages n&#146;ont pas la prtention de faire un relev     exhaustif de ses publications<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note32"><sup>32</sup></a>. Celles-ci comportent de     nombreuses rptitions et reprises. Elles refltent l&#146;enrichissement continu     d&#146;une rflexion qui s&#146;est tenue fidlement  son objet. Mais la lecture de     Camon est toujours aise. Le style est simple, lapidaire et vivant. Il traduit     remarquablement la volont du chef, l&#146;ordre impos par Napolon aux vnements.     Camon a rationalis la manire napolonienne. Raymond Aron estime qu&#146;il donnait      celle-ci <i>&quot;un caractre plus systmatique qu&#146;elle n&#146;en possdait,     commettant une erreur de sens contraire  celle de Clausewitz selon lequel Napolon     choisissait, selon les circonstances, tel ou tel mouvement stratgique, tel ou tel point     de rupture du front ennemi&quot;</i>&nbsp;<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note33"><sup>33</sup></a>. Camon, nous     l&#146;avons vu, a justifi son approche <i>&quot;systmatique&quot;.</i> En jouant sur     l&#146;expression <i>&quot;forces armes&quot;,</i> il voquait la mcanique, o <i>l&#146;on     &quot;cherche  combiner les forces en</i> systmes <i>susceptibles de les utiliser pour     le mieux&quot;.</i> De mme en art militaire, il estimait qu&#146;il y avait lieu <i>&quot;de     combiner les forces armes suivant des systmes qui assurent leur maximum de rendement.     Par suite de l&#146;volution des moyens de guerre, la forme gnrale des systmes     peut voluer&nbsp;; mais elle doit satisfaire  des principes permanents. Pourquoi, ds     lors, ne pas admettre que du jour o Napolon et trouv les</i> systmes <i>d&#146;oprations     et les</i> systmes de bataille <i>qui convenaient le mieux  la mise en &#156;uvre des     forces armes de son poque, il n&#146;ait pas cherch  les raliser toutes les fois     que les circonstances le permettaient et dans la mesure o elles le permettaient&quot;</i>&nbsp;?<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note34"><sup>34</sup></a> Camon, ne l&#146;oublions pas, tait un Polytechnicien.     De plus, il voulait faire &#156;uvre didactique. Il crivait principalement pour ses     &quot;camarades&quot; dont il esprait contribuer  former le jugement stratgique et     tactique.</p>     </font>     <tr><td valign="baseline" width="42"><img src="../_themes/iscihcc/blbull1.gif" width="17" height="17" hspace="12"></td><td valign="top" width="100%"><font face="Arial" size="3">L&#146;influence de Camon</font></font></td></tr>     <font face="Arial" size="3"><p>Comme il le laisse entendre  quelques reprises dans ses     ouvrages, Camon a dvelopp une approche qui s&#146;opposait  celle qui rgnait avant     1914  l&#146;Ecole de guerre, o dominait le gnral Bonnal. Celui-ci dduisait la     stratgie de l&#146;tude dtaille d&#146;une seule campagne et l&#146;art des     batailles de l&#146;tude dtaille d&#146;une seule bataille. Pour Camon,     c&#146;tait une erreur car cela ne permettait pas d&#146;tablir une thorie     gnrale<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note35"><sup>35</sup></a>. Camon reprochait aussi  Bonnal et  ses     disciples &#151;&nbsp;dont le gnral Buat&nbsp;&#151; d&#146;avoir suivi Clausewitz     dans sa mconnaissance de la man&#156;uvre au profit d&#146;une approche directe de     l&#146;ennemi. D&#146;aprs Camon, Bonnal ne tenait pas Napolon en trs haute estime. <i>&quot;Pour     notre malheur en 1914,</i> ajoute-t-il, <i>ce mpris et cette animosit du gnral     Bonnal pour Napolon avaient empch de nombreuses gnrations de l&#146;Ecole de     guerre d&#146;tudier comme il et t ncessaire les mthodes du &quot;dieu de la     guerre&quot;. Souhaitons qu&#146;entre Bonnal et Napolon, notre Ecole de guerre     choisisse dsormais Napolon&quot;</i>&nbsp;<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note36"><sup>36</sup></a>. Avant     1914, Camon enseignait  l&#146;Ecole d&#146;application de l&#146;artillerie et du     gnie  Fontainebleau et c&#146;est dans ce cadre qu&#146;il dveloppa son analyse de     la guerre napolonienne. Il n&#146;eut donc pas la possibilit d&#146;exercer une     influence comparable  celle de Bonnal, qui enseignait  l&#146;Ecole de guerre. Il     reconnat d&#146;ailleurs que celle-ci, avant 1914, n&#146;avait jamais accept dans son     enseignement les formes stratgiques et tactiques qu&#146;il avait trouves. Cette <i>&quot;horreur     des schmas&quot;,</i> d&#146;aprs Camon, aurait port prjudice aux officiers     franais durant la Grande Guerre<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note37"><sup>37</sup></a>. </p>     <p>Comme tous les officiers stagiaires de l&#146;Ecole de guerre, Charles De Gaulle a     t form par la mthode de Bonnal, entre 1922 et 1924. Il n&#146;voque pas Camon     dans ses crits, alors qu&#146;il mentionne Cardot, Maillard, Gilbert, Grouard, Bonnal,     Colin<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note38"><sup>38</sup></a>. Pourtant, dans les confrences d&#146;histoire     qu&#146;il donne  Saint-Cyr en 1921, son expos des campagnes de 1805 et de 1813     s&#146;inspire visiblement de Camon<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note39"><sup>39</sup></a>. La lecture de     Camon est perceptible chez le gnral de Cugnac, qui publia dans la <i>Revue de Paris</i>     un article o il se demandait ce qu&#146;aurait fait Napolon  la bataille de la     Marne. Cugnac rappelait que l&#146;Empereur avait remport nombre de ses victoires en     provoquant lui-mme l&#146;allongement, et, partant, l&#146;affaiblissement de la ligne     de bataille de l&#146;adversaire  l&#146;endroit choisi par lui, pour ensuite y lancer     sa masse de rupture. Sur la Marne, Joffre avait eu la chance extraordinaire de voir     l&#146;adversaire crer volontairement un vide dans son front. Or, rien ne fut pouss     dans la brche et Cugnac en accusait d&#146;abord le commandant du 2e corps de cavalerie,     le gnral Conneau. Dans sa dmonstration, Cugnac s&#146;appuyait sur un ouvrage de     Camon paru en 1935&nbsp;: <i>Quand et comment Napolon a conu son systme de     bataille&nbsp;</i><a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note40"><sup>40</sup></a>. Dans les annes 1930, les ides     de Camon sur la guerre de mouvement rejoignaient celles de Charles De Gaulle. Camon     dsapprouvait en effet les orientations prises par l&#146;arme franaise au cours de     ces annes. <i>&quot;On ne forme plus d&#146;mes militaires,</i> se plaignait-il, <i>et     pourtant notre pays en aura toujours grand besoin&quot;</i>&nbsp;<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note41"><sup>41</sup></a>.     D&#146;aprs lui, on consignait les officiers dans des besognes insignifiantes. </p>     <p>Dans ce qui, semble-t-il, fut sa dernire publication, Camon revenait au point de     dpart de sa momumentale tude de la guerre napolonienne&nbsp;: la premire     man&#156;uvre de Napolon, celle de Turin (12-28 avril 1796). Camon piloguait avec     nostalgie sur la jeunesse de Bonaparte et des gnraux de l&#146;Arme d&#146;Italie.     La jeunesse, quelle force pour un stratge&nbsp;! <i>&quot;Or,  notre poque,</i>     disait-il, <i>on n&#146;arrive au commandement des armes que vers soixante     ans&quot;&nbsp;</i><a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note42"><sup>42</sup></a>. Mais, surtout, il entendait     montrer la supriorit de l&#146;offensive sur la dfensive pour la dfense d&#146;une     frontire. Il y avait une leon  tirer <i>&quot;pour aujourd&#146;hui&quot;</i>&nbsp;:     la dfense passive sur une barrire n&#146;est pas le meilleur systme de dfense<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note43"><sup>43</sup></a>. </p>     <p>Les crits de Camon ne sont pas rests inaperus aux Etats-Unis. En 1939, le colonel     Charles Andrew Willoughby reprenait ses analyses<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note44"><sup>44</sup></a>. Dans     sa conclusion, il montrait que le titre de son ouvrage, <i>Maneuver in War,</i> venait     d&#146;tre amplement justifi par la <i>Blitzkrieg</i> allemande en Pologne&nbsp;<i>:     &quot;Toute la campagne  l&#146;Est a t une campagne de maneuvre - en cho aux     grandes campagnes de l&#146;histoire, celles d&#146;Ulm, de Bautzen, de Kniggratz - et     une fois de plus l&#146;histoire a point son doigt, pour ceux qui prennent soin     d&#146;ouvrir les yeux&quot;</i>&nbsp;<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note45"><sup>45</sup></a>&nbsp;! Bel     hommage rendu  Camon, dont toute l&#146;&#156;uvre tait base sur la     man&#156;uvre&nbsp;! Willoughby, pendant la guerre du Pacifique, devint gnral et fut     mis  la tte de tout le service de renseignements de MacArthur. Il y exera un pouvoir     considrable et joua un rle dterminant dans la conception des oprations<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note46"><sup>46</sup></a>. Or, celles-ci consistrent  plusieurs reprises en de     gigantesques &quot;man&#156;uvres sur les derrires&quot;, dont la plus spectaculaire fut     celle d&#146;Hollandia en avril 1944. En fvrier 1991, c&#146;est en recourant au mme     type de man&#156;uvre enveloppante que le gnral Schwarzkopf entreprendra de librer     le Koweit et de dtruire l&#146;arme irakienne. Or si l&#146;arme amricaine a su,      cette occasion, renouer avec sa tradition de man&#156;uvre, c&#146;est d en grande     partie  de nombreuses tudes doctrinales menes dans les annes 1980, o certains     officiers se sont efforcs de retrouver les grands principes de l&#146;art oprationnel<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note47"><sup>47</sup></a>. L&#146;un de ces officiers s&#146;est largement inspir     de Willoughby et a mme reproduit le schma de la bataille napolonienne idale que     celui-ci avait repris&#133;  Camon<a HREF="strat_060_colson_camon%20Napoleon.html#Note48"><sup>48</sup></a>. </p>     <p>&nbsp;</p>     <p>&nbsp;</p>     <p>&nbsp;</p>     <p>&nbsp;</p>     <b><p>&nbsp;</p>     <p align="center"></font><font face="Arial" size="2"><!--webbot bot="Navigation" endspan i-checksum="0" --></font><font face="Arial" size="3"></p>     <p>&nbsp;</p>     <p></font><font face="Times New Roman" size="3">________</p>     <p><b>Notes:</b></p>     </b><sup><p><a NAME="Note1"></a>1 </sup><i>Dictionnaire de biographie franaise,</i> sous     la dir. de M. Prvost et R.&nbsp;d&#146;Amat, Paris, Latouzey et An, 1956, tome VII,     p.&nbsp;983, d&#146;aprs les Archives de la Guerre.</p>     <sup><p><a NAME="Note2"></a>2 </sup><i>Nouveaux appareils de tlphonie militaire,</i>     1885, in-8, 19 p. (extrait de la <i>Revue d&#146;artillerie,</i> fvrier 1885)&nbsp;; <i>Le     grand tat-major et les tats-majors d&#146;arme,</i> 1889, brochure in-8&nbsp;; <i>Le     commandement et ses auxiliaires,</i> 1893, brochure in-8.</p>     <sup><p><a NAME="Note3"></a>3 </sup><i>Prparation stratgique des actions dcisives.     Analyse de la campagne de 1809 en Italie et en Allemagne,</i> Paris, Berger-Levrault,     1890, 1 vol. in-8 de 191 pages&nbsp;; <i>Indications sommaires sur la bataille,</i>     1891, brochure in-12&nbsp;; <i>Campagne de 1813 en Allemagne,</i> 1892, 1 vol. in-8 de     136 pages avec cartes&nbsp;; <i>Guerre de 1870. Discussion du plan d&#146;oprations     franais,</i> 1893, 1 vol. in-8 (repris sous le titre <i>Le plan de campagne franais,</i>     1911, 104 pages). </p>     <sup><p><a NAME="Note4"></a>4 </sup>Hubert Camon, <i>Le systme de guerre de Napolon,</i>     Paris, Berger-Levrault, 1923, p.&nbsp;9.</p>     <sup><p><a NAME="Note5"></a>5 </sup><i>Ibid.,</i> pp.&nbsp;10-11.</p>     <sup><p><a NAME="Note6"></a>6 </sup>Hubert Camon, &quot;Essai sur Clausewitz&quot;, <i>Journal     des sciences militaires,</i> 1900, VII-VIII, p.&nbsp;128.</p>     <sup><p><a NAME="Note7"></a>7 </sup><i>Ibid.,</i> p.&nbsp;229.</p>     <sup><p><a NAME="Note8"></a>8 </sup><i>Ibid.,</i> pp.&nbsp;134-135.</p>     <sup><p><a NAME="Note9"></a>9 </sup><i>Ibid.,</i> p.&nbsp;357.</p>     <sup><p><a NAME="Note10"></a>10 </sup>H. Camon, &quot;Essai sur Clausewitz. Deuxime     partie. Etudes critiques des campagnes&quot;, <i>Journal des sciences militaires,</i>     1901, IX, p.&nbsp;37.</p>     <sup><p><a NAME="Note11"></a>11 </sup>H. Camon, <i>Le systme&#133;,</i> pp.&nbsp;6-7.</p>     <sup><p><a NAME="Note12"></a>12 </sup>H. Camon, <i>Clausewitz,</i> Paris, Chapelot, 1911,     p.&nbsp;VI.</p>     <sup><p><a NAME="Note13"></a>13 </sup>H. Camon, <i>La guerre napolonienne. Prcis des     campagnes,</i> 2e d., 2&nbsp;vol., Paris, Chapelot, 1911, I, p.&nbsp;V.</p>     <sup><p><a NAME="Note14"></a>14 </sup><i>Ibid.,</i> pp.&nbsp;VI-XI.</p>     <sup><p><a NAME="Note15"></a>15 </sup>H. Camon, <i>Le systme&#133;,</i> p.&nbsp;13.</p>     <sup><p><a NAME="Note16"></a>16 </sup><i>Ibid.,</i> p.&nbsp;12.</p>     <sup><p><a NAME="Note17"></a>17 </sup><i>La guerre napolonienne. Les systmes     d&#146;oprations. Thorie et technique,</i> Paris, Chapelot, 1907. Le prsent article     constitue la prface  la rdition de ce volume.</p>     <sup><p><a NAME="Note18"></a>18 </sup>H. Camon, <i>La guerre napolonienne. Les     batailles,</i> Paris, Chapelot, 1910, p.&nbsp;X.</p>     <sup><p><a NAME="Note19"></a>19 </sup><i>Ibid.,</i> pp.&nbsp;V-VI.</p>     <sup><p><a NAME="Note20"></a>20 </sup><i>Ibid.,</i> p.&nbsp;5.</p>     <sup><p><a NAME="Note21"></a>21 </sup><i>Ibid.,</i> p.&nbsp;9.</p>     <sup><p><a NAME="Note22"></a>22 </sup>H. Camon, <i>Le systme&#133;,</i> p.&nbsp;15.</p>     <sup><p><a NAME="Note23"></a>23 </sup><i>Ibid.,</i> p.&nbsp;137.</p>     <sup><p><a NAME="Note24"></a>24 </sup><i>Idem.</p>     </i><sup><p><a NAME="Note25"></a>25 </sup><i>Ibid.,</i> pp.&nbsp;1-3.</p>     <sup><p><a NAME="Note26"></a>26 </sup>H. Camon, <i>L&#146;effondrement du plan allemand en     septembre 1914. Etude stratgique</i>, Berger-Levrault, 1925, pp.&nbsp;VIII, IX et 156.</p>     <sup><p><a NAME="Note27"></a>27 </sup>H. Camon, <i>Ludendorff sur le front russe,     1914-1915. Man&#156;uvres et batailles,</i> Paris, Berger-Levrault, 1925, p.&nbsp;VI.</p>     <sup><p><a NAME="Note28"></a>28 </sup>H. Camon, <i>Pour apprendre l&#146;art de la guerre,</i>     Paris, Berger-Levrault, 1928, p.&nbsp;VI.</p>     <sup><p><a NAME="Note29"></a>29 </sup>H. Camon, <i>Gnie et mtier chez Napolon,</i>     Paris, Berger-Levrault, 1930. Il s&#146;agissait d&#146;une reprise de cinq articles parus     dans la <i>Revue militaire franaise.</p>     </i><sup><p><a NAME="Note30"></a>30 </sup>H. Camon, <i>Quand et comment Napolon a conu     son systme de man&#156;uvre,</i> Paris, Berger-Levrault, 1931. Un volume correspondant     relatif au systme de bataille sera publi en 1935.</p>     <sup><p><a NAME="Note31"></a>31 </sup>Ouvrages parus chez Berger-Levrault en 1933, 1936 et     1934.</p>     <sup><p><a NAME="Note32"></a>32 </sup>Signalons encore les publications suivantes, toutes     chez Berger-Levrault&nbsp;: <i>La man&#156;uvre napolonienne dans le combat de     cavalerie,</i> 1912, brochure in-12&nbsp;; <i>La fortification dans la guerre     napolonienne,</i> 1914, vol. in-8 de 92 pages&nbsp;; <i>La motorisation de     l&#146;arme et la man&#156;uvre stratgique,</i> 1926, in-8, 132 pages&nbsp;; <i>La     campagne de 1866 en Bohme,</i> 1929, in-8, 100 pages. Chez Flix Alcan&nbsp;: <i>La     man&#156;uvre libratrice du marchal Pilsudski contre les Bolcheviks, aot 1920. Etude     stratgique,</i> 1929.</p>     <sup><p><a NAME="Note33"></a>33 </sup>Raymond Aron, <i>Penser la guerre, Clausewitz,</i> 2     vol., Paris, Gallimard, 1976, II, p.&nbsp;317.</p>     <sup><p><a NAME="Note34"></a>34 </sup>H. Camon, <i>Le systme&#133;,</i> pp.&nbsp;8-9.</p>     <sup><p><a NAME="Note35"></a>35 </sup>H. Camon, <i>Pour apprendre&#133;,</i> p.&nbsp;11.</p>     <sup><p><a NAME="Note36"></a>36 </sup>H. Camon, <i>La man&#156;uvre de Wagram,</i> Paris,     Berger-Levrault, 1926, p.&nbsp;73.</p>     <sup><p><a NAME="Note37"></a>37 </sup>H. Camon, <i>Ludendorff&#133;,</i> p.&nbsp;VII. </p>     <sup><p><a NAME="Note38"></a>38 </sup>Pierre Messmer et Alain Larcan, <i>Les crits     militaires de Charles De Gaulle. Essai d&#146;analyse thmatique,</i> Paris, Presses     universitaires de France, 1985, p.&nbsp;362.</p>     <sup><p><a NAME="Note39"></a>39 </sup>Charles De Gaulle, <i>Lettres, notes et carnets,</i>     2 vol., Paris, Plon, 1980, II, pp.&nbsp;111-135.</p>     <sup><p><a NAME="Note40"></a>40 </sup>Gnral Chambe, <i>Adieu, cavalerie&nbsp;! La     Marne, bataille gagne&#133; victoire perdue,</i> Paris, Plon, 1979, pp.&nbsp;112-118.</p>     <sup><p><a NAME="Note41"></a>41 </sup>H. Camon, <i>Le marchal de Luxembourg (1628-1695),</i>     Paris, Berger-Levrault, 1936, p.&nbsp;199.</p>     <sup><p><a NAME="Note42"></a>42 </sup><i>La premire man&#156;uvre de Napolon.     Man&#156;uvre de Turin, 12-28 avril 1796,</i> Paris, Berger-Levrault, 1937, p.&nbsp;126.</p>     <sup><p><a NAME="Note43"></a>43 </sup><i>Ibid.,</i> pp. V et 123.</p>     <sup><p><a NAME="Note44"></a>44 </sup>Charles A. Willoughby, <i>Maneuver in War,</i>     Harrisburg, Pa., Military Service Publishing Co., 1939, pp.&nbsp;136-171. Les cartes de     Camon taient littralement recopies&nbsp;: voir par exemple la carte de la rgion     d&#146;Ulm  la p.&nbsp;154 dans Willoughby et celle de la p.&nbsp;95 dans <i>Le     systme&#133;</i> de Camon.</p>     <sup><p><a NAME="Note45"></a>45 </sup>C. A. Willoughby, <i>op. cit.,</i> p.&nbsp;286.</p>     <sup><p><a NAME="Note46"></a>46 </sup>Ronald Spector, <i>Eagle Against the Sun. The     American War with Japan,</i> New York, Free Press, 1984&nbsp;; Londres, Penguin Books,     1987, pp.&nbsp;188, 281, 455, 458, 459.</p>     <sup><p><a NAME="Note47"></a>47 </sup>Voir mon ouvrage sur <i>La culture stratgique     amricaine. L&#146;influence de Jomini,</i> Paris, FEDN-Economica, 1993. </p>     <sup><p><a NAME="Note48"></a>48 </sup>Wallace P.&nbsp;Franz, &quot;Grand Tactics&quot;, <i>Military     Review,</i> vol. 61, 1981, 12, pp.&nbsp;32-39 et &quot;Maneuver&nbsp;: The Dynamic Element     of Combat&quot;, <i>Military Review,</i> vol. 63, 1983, 5, pp.&nbsp;2-12. Le schma de la     bataille napolonienne, qui figure dans les conclusions du prsent ouvrage, se trouve      la p.&nbsp;11 de ce dernier article et  la p.&nbsp;155 chez Willoughby. Je l&#146;ai     reproduit dans <i>La culture stratgique amricaine&#133;,</i> p.&nbsp;267, car ce     schma correspondait aussi au plan de bataille idal selon Jomini.</p>     <p></font>&nbsp;</p>   </table msthemelist msthemelist> </blockquote> &nbsp;</font></td></tr></table><table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="100%"><tr><td>  <dl>   <dl>     <div align="center"><center>     <form action="/E:/frigidaire/stratisc_020720/_search/phpdig/index.php3" method="post">       <input type="hidden" name="site" value><input type="hidden" name="path" value><input type="hidden" name="result_page" value="index.php3">       </font><table border="0" cellspacing="1" cellpadding="2" bgcolor="#000000">         <tr>           <td align="left" bgcolor="#CCCCCC"><input type="text" name="query_string" size="24" value>             <input type="submit" name="search" value="Rechercher">&nbsp;</font></td>         </tr>       </table>     </form>     <dt>&nbsp;</dt>       </center></div>     <div align="center"><center>     <dt><small>Contenu du site <a href="/copyright.htm" target="_top">Copyright</a>        1998-2002 Institut de Stratgie Compare</small></dt>       </center></div><div align="center"><center>     <dt><strong><small>&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="/isc_intro.htm" target="_top">A propos de l'Institut</a><img src="../_borders/IscLogo.gif" alt="IscLogo.gif (1164 octets)" width="48" height="49"> <a href="/isc_intro.htm" target="_top">de       Stratgie Compare</a></small></strong></dt>     </center></div>     <dd>       <p align="center">&nbsp;</dd>     <div align="center"><center>     <dt><small>ISC - Ecole pratique des Hautes Etudes / Sciences historiques et       philologiques&nbsp; - Sorbonne - 45-47 rue des Ecoles - 75005 PARIS</small></dt>       </center></div><div align="center"><center>     <dt><small>tl: 01 44 42 43 58 - fax : 01 44 42 54 95</small></dt>     </center></div><div align="center"><center>     <dt><small>________</small></dt>     </center></div>   <div align="center">     <center>     <dt><small>&nbsp; Pour toute question ou remarque</small> <small>concernant ce site       Web, envoyez un email  <a href="mailto:webmaster@stratisc.org">webmaster@stratisc.org</a>&nbsp;&nbsp;- Conception et   ralisation <a href="/act/act_BDegoy.htm" target="_top">Bertrand Degoy</a>.</small>.</dt>     </center>   </div>   </dl> </dl> </font></td></tr></table></body> </html> 
