<HTML> <HEAD> <TITLE>AMD 90 :  Nuclaire et dmocratie</TITLE> </HEAD> <BODY LINK="#0000ff" VLINK="#800080">  <B><FONT SIZE=+1><P>Nucl&eacute;aire et d&eacute;mocratie</P> </FONT><I><FONT SIZE=+0><P>Contribution dAnnie Griffon, lors de la r&eacute;union-d&eacute;bat du 24.04.2002</P> </B></I><P ALIGN="CENTER">&nbsp;</P> <I><P ALIGN="JUSTIFY">Le recours au nucl&eacute;aire sest impos&eacute; comme fin apocalyptique de la 2<SUP>&egrave;me</SUP> guerre mondiale, avant de se transmuer en &eacute;quilibre de la terreur pendant la guerre froide. La confrontation plan&eacute;taire entre les deux superpuissances a favoris&eacute; la prolif&eacute;ration du nucl&eacute;aire, surtout par les Etats-Unis qui y ont vu un moyen commode de containment du communisme. Quant aux puissances secondaires alli&eacute;es des Etats-Unis, utilis&eacute;es par eux, elles ont affirm&eacute; &agrave; bon compte un nationalisme de bon aloi tout en occultant les risques. Le peuple a &eacute;t&eacute; tenu &agrave; l&eacute;cart des choix strat&eacute;giques. La volont&eacute; dind&eacute;pendance &eacute;nerg&eacute;tique reposant sur la base dune vision productiviste du progr&egrave;s de soci&eacute;t&eacute;s a suscit&eacute; le d&eacute;veloppement de l&eacute;nergie nucl&eacute;aire &agrave; des fins civiles et la possession de bombes est extr&ecirc;mement facile Les trait&eacute;s de non prolif&eacute;ration des armes atomiques nont &eacute;t&eacute; quun leurre, destin&eacute; &agrave; abuser les peuples.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Laccident de Tchernobyl a fait appara&icirc;tre les dangers que repr&eacute;sente lutilisation de latome &agrave; des fins dites pacifiques. En France, le "&nbsp;</I>mensonge dEtat<I>&nbsp;" na fait que r&eacute;v&eacute;ler lincompatibilit&eacute; entre production nucl&eacute;aire et d&eacute;mocratie. Les structures bureaucratiques mises en place, les interconnexions entre les nucl&eacute;ocrates issus des grandes &eacute;coles et les experts, le conformisme des &eacute;lus mal inspir&eacute;s et surtout d&eacute;pendants de lh&eacute;g&eacute;monie am&eacute;ricaine, agissent de concert pour &eacute;viter le d&eacute;bat public. Quimportent les risques pour la sant&eacute; publique pour les populations daujourdhui, quimporte latteinte potentielle &agrave; la vie des g&eacute;n&eacute;rations futures, anim&eacute;s de leur foi irraisonn&eacute;e dans les possibilit&eacute;s de la science de demain, les pollueurs-r&eacute;gulateurs sont bien d&eacute;cid&eacute;s &agrave; acheter les consciences comme &agrave; Bure, dans la Meuse, pour &eacute;viter toute contestation de leur politique. Cette attitude scientiste, se conjuguant avec le refus de la d&eacute;mocratie, porte en son sein les possibilit&eacute;s d&eacute;mergence dun nouveau totalitarisme. La mobilisation des populations est dautant plus n&eacute;cessaire.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">G&eacute;rard Deneux</P> <P ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</P> </I><P>&nbsp;</P> <B><P>1/ Nucl&eacute;aire civil et nucl&eacute;aire militaire</P> </B><P ALIGN="JUSTIFY">Le 6 ao&ucirc;t 1945, explose la premi&egrave;re bombe atomique &agrave; Hiroshima, arme de d&eacute;vastation massive dune puissance mille fois sup&eacute;rieure aux bombes pr&eacute;c&eacute;dentes, provocant la capitulation du Japon. Le 9 ao&ucirc;t, le largage dune deuxi&egrave;me bombe sur Nagasaki na pour justification que lexp&eacute;rimentation r&eacute;elle&nbsp;: <B>un essai nucl&eacute;aire sur population vivante&nbsp;!</B> Cette exp&eacute;rimentation a &eacute;t&eacute; effectu&eacute;e par la plus grande d&eacute;mocratie du monde, provoquant la mort de dizaines de milliers de personnes, et encore de milliers de personnes aujourdhui, car il faut toujours garder &agrave; lesprit que les cons&eacute;quences de la radioactivit&eacute; sur la sant&eacute; des populations concernent plusieurs g&eacute;n&eacute;rations, quil existe des ph&eacute;nom&egrave;nes de mutation g&eacute;n&eacute;tique sur tous les milieux vivants contamin&eacute;s. </P> <P ALIGN="JUSTIFY">Les technologies de latome sont duales&nbsp;: elles concernent inextricablement lutilisation civile de l&eacute;nergie atomique et la fabrication darmes nucl&eacute;aires. </P> <P ALIGN="JUSTIFY">Sur notre plan&egrave;te aujourdhui, selon un recensement de lONU, parmi les presque 200 Etats, 44 doivent &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;s, &agrave; des degr&eacute;s divers, comme possesseurs de la bombe atomique. Ils ont en leur </P> <P ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</P> <P ALIGN="JUSTIFY">possession les connaissances technologiques, les &eacute;quipements, le mat&eacute;riel et les combustibles, et la plupart sont dot&eacute;s de moyens balistiques. </P> <P ALIGN="JUSTIFY">Les pays reconnus comme d&eacute;tenant la bombe, consid&eacute;r&eacute;s comme des puissances nucl&eacute;aires, sont au nombre de cinq&nbsp;; ce sont dailleurs les cinq membres permanents du conseil de s&eacute;curit&eacute; de lONU&nbsp;: les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la Grande Bretagne et la France. Deux pays ont le savoir-faire, ne sont pas des puissances nucl&eacute;aires, mais ont pratiqu&eacute; des essais r&eacute;els&nbsp;: lInde et le Pakistan. LEtat dIsra&euml;l est aussi d&eacute;tenteur de la bombe atomique, sans &ecirc;tre une grande puissance nucl&eacute;aire. Trente-six Etats sont soup&ccedil;onn&eacute;s de pouvoir d&eacute;ployer des armes nucl&eacute;aires op&eacute;rationnelles, sans avoir pratiqu&eacute; dessai au vu et au su de tous&nbsp;: parmi eux, lAlg&eacute;rie, la Syrie, la Libye, lIran, le Br&eacute;sil, lArgentine, lAfrique du Sud, lAllemagne, le Japon.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Pourtant, en <B>1968</B>, fut sign&eacute; le <B>trait&eacute; de non-prolif&eacute;ration nucl&eacute;aire</B>. Ce trait&eacute; a, en fait, l&eacute;gitim&eacute; les coop&eacute;rations nucl&eacute;aires et <B>pr&eacute;serv&eacute; le monopole des deux superpuissances&nbsp;:</B> lURSS et surtout les Etats-Unis. Si le trait&eacute; de non-prolif&eacute;ration interdisait la possession darmes nucl&eacute;aires, il nemp&ecirc;chait pas de parcourir tout le chemin qui y menait. En 1950, les superpuissances saper&ccedil;oivent quon ne peut verrouiller un espace infini, la dissuasion nest tout simplement pas cr&eacute;dible &agrave; cause des territoires nationaux &agrave; franchir. Une discr&egrave;te strat&eacute;gie de prolif&eacute;ration va permettre &agrave; certains alli&eacute;s de poss&eacute;der des moyens nucl&eacute;aires de base. La <B>coop&eacute;ration nucl&eacute;aire</B>, sous pr&eacute;texte d&eacute;quipement civil, et avec des syst&egrave;mes triangulaires pour d&eacute;tourner les l&eacute;gislations nationales, va uvrer &agrave; la <B>prolif&eacute;ration de la bombe atomique.</P> </B><P ALIGN="JUSTIFY">Prenons lexemple de lAfrique du Sud. Entre 1970 et 1980, elle produit six armes nucl&eacute;aires, interrompt son programme en 1990, et adh&egrave;re en 1991 au trait&eacute; de non-prolif&eacute;ration en d&eacute;truisant ses armes et des documents. Elle a cependant gard&eacute; ses ing&eacute;nieurs, son r&eacute;acteur de recherche &agrave; Valindaba, et son centre de retraitement des combustibles, pour &ecirc;tre plus clair&nbsp;: son centre de fabrication de plutonium.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Les Etats-Unis ont &eacute;troitement collabor&eacute; avec la France&nbsp;; la r&eacute;v&eacute;lation de cette collaboration brise <B>deux mythes</B>&nbsp;: celui de lind&eacute;pendance de la nation fran&ccedil;aise, et celui de la non-divulgation des technologies nucl&eacute;aires militaires am&eacute;ricaines.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Le programme nucl&eacute;aire am&eacute;ricain a &eacute;t&eacute; initi&eacute; et men&eacute; &agrave; terme par des physiciens juifs&nbsp;: lAllemand L&eacute;o Szilard, lItalien Enrico Fermi, le Danois Niels Bohr, lAm&eacute;ricain Robert Oppenheimer. En 1949, alors que sont men&eacute;es des &eacute;tudes pour la mise au point de la bombe H, les Etats-Unis entretiennent des rapports privil&eacute;gi&eacute;s avec le jeune Etat dIsra&euml;l auquel ils vendent un r&eacute;acteur de recherche. En 1950, les Etats-Unis poss&egrave;dent 300 bombes de 40 kilotonnes, mais aucun moyen balistique. Do&ugrave; la n&eacute;cessit&eacute; de proposer &agrave; lEurope une aide militaire (poste dassistance et de d&eacute;fense mutuelle en f&eacute;vrier 1950) pour se pr&eacute;munir dune offensive sovi&eacute;tique. LAllemagne de lOuest &eacute;tant priv&eacute;e de son arm&eacute;e, cest la France, sa proche voisine, qui sera charg&eacute;e de sa d&eacute;fense. </P> <B><P ALIGN="JUSTIFY">La France</B>, membre permanent du conseil de s&eacute;curit&eacute; de lONU &eacute;tait destin&eacute;e &agrave; devenir une grande puissance nucl&eacute;aire, lacc&egrave;s dIsra&euml;l &agrave; la bombe atomique avait en revanche un caract&egrave;re officieux. Les physiciens fran&ccedil;ais &agrave; Saclay en &eacute;taient encore &agrave; leurs balbutiements, depuis la cr&eacute;ation du Commissariat de lEnergie Atomique en octobre 1945 par le g&eacute;n&eacute;ral de Gaulle. </P> <P ALIGN="JUSTIFY">La loi Mac Mahon, vot&eacute;e au Congr&egrave;s am&eacute;ricain en 1946, stipulait que "&nbsp;<I>la communication &agrave; un autre pays de toute indication concernant la mise en uvre de l&eacute;nergie atomique serait punie de la peine de mort</I>".</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Les Isra&eacute;liens apporteront leurs connaissances aux Fran&ccedil;ais, tandis que les Fran&ccedil;ais offriront leurs structures pour la cr&eacute;ation dune bombe franco-isra&eacute;lienne. Le budget fran&ccedil;ais de d&eacute;fense, sous pression am&eacute;ricaine, augmente en 1952, au d&eacute;triment du d&eacute;veloppement &eacute;conomique&nbsp;: 44 milliards de francs sont destin&eacute;s au d&eacute;partement de l&eacute;nergie nucl&eacute;aire, pour la construction de deux r&eacute;acteurs plutonig&egrave;nes et dune usine dextraction du plutonium. Les seuls &eacute;trangers admis dans les &eacute;quipes de recherche sont des <B>physiciens isra&eacute;liens</B>, qui circulent librement &agrave; Marcoule et &agrave; Saclay, et peuvent ainsi transmettre leurs connaissances. En 1953, le Congr&egrave;s approuve le versement dune aide dun montant dun milliard de dollars pour les d&eacute;penses militaires de la France. Un accord de <B>coop&eacute;ration nucl&eacute;aire</B> est sign&eacute; <B>entre Isra&euml;l et la France</B> cette m&ecirc;me ann&eacute;e.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">La France est le principal <B>fournisseur darmes</B> <B>pour Isra&euml;l</B> en 1954. En d&eacute;cembre 54, de retour des Etats-Unis, Mend&egrave;s France d&eacute;clare&nbsp;: "&nbsp;<I>sans la bombe, pas de voix au chapitre&nbsp;</I>", et il annonce lexamen dun programme secret de la bombe. Le budget du programme nucl&eacute;aire passe de 44 milliards &agrave; 100 milliards de francs. Le r&eacute;acteur de Marcoule est mis en service en 1956, produisant 10 kilos de plutonium par an. En octobre 1956, la France vend une installation &agrave; Isra&euml;l. La l&eacute;gende dit que la France a fourni la bombe atomique &agrave; Isra&euml;l, alors quil y eut quatre ann&eacute;es de coop&eacute;ration.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Un chantier de construction d&eacute;marre dans le d&eacute;sert du Neguev, sous pr&eacute;texte de la construction dune usine textile. La coop&eacute;ration en recherche se poursuit, une antenne du CEA (Commissariat &agrave; l&eacute;nergie atomique)) isra&eacute;lien sinstalle m&ecirc;me &agrave; Paris en 1957. </P> <P ALIGN="JUSTIFY">La France installe un site dessais nucl&eacute;aires &agrave; Reggane, dans le Sahara alg&eacute;rien. Les &eacute;quipes fran&ccedil;aises, accompagn&eacute;es de physiciens isra&eacute;liens effectuent leur premier essai nucl&eacute;aire le 13 f&eacute;vrier 1960, &agrave; laide dordinateurs isra&eacute;liens Weizmann, de conception am&eacute;ricaine. Le g&eacute;n&eacute;ral de Gaulle sexclame dans un t&eacute;l&eacute;gramme envoy&eacute; aux atomistes fran&ccedil;ais&nbsp;: " <I>Hourra pour la France, depuis ce matin, elle est plus forte et plus fi&egrave;re</I>.&nbsp;" Il d&eacute;clare un peu plus tard&nbsp;: "&nbsp;<I>la France doit avoir des alli&eacute;s et des amis, mais elle na pas besoin de protecteurs</I>&nbsp;".</P> <P ALIGN="JUSTIFY">En Afrique du Sud se met en place en 1957 une coop&eacute;ration nucl&eacute;aire franco-isra&eacute;lo-allemande, les Etats-Unis &eacute;tant dans limpossibilit&eacute; de vendre des armes au r&eacute;gime de lapartheid &agrave; cause de son opinion publique. Le Cap est un endroit strat&eacute;gique dans le climat de la guerre froide, lANC &eacute;tant soutenue par les Sovi&eacute;tiques. Il sagit de construire une usine denrichissement de luranium en vue de la fabrication de la bombe H. Et cest ainsi que des Allemands, des Isra&eacute;liens et des Fran&ccedil;ais ont <B>arm&eacute; danciens nazis. </P> </B><P ALIGN="JUSTIFY">Les Etats-Unis ont &eacute;quip&eacute; lInde contre la Chine, le Pakistan contre lAfghanistan, puis la Chine face &agrave; lURSS, Ta&iuml;wan pour temporiser la Chine, le Japon pour se prot&eacute;ger de la Chine, la Cor&eacute;e du Sud face &agrave; la Cor&eacute;e du Nord etc. Or il y a un risque non n&eacute;gligeable dutilisation des armes nucl&eacute;aires pour r&eacute;gler des diff&eacute;rents r&eacute;gionaux et non pas pour servir les int&eacute;r&ecirc;ts am&eacute;ricains.. La logique &eacute;tait que tout pays tent&eacute; de lancer une bombe fut assur&eacute; de repr&eacute;sailles nucl&eacute;aires&nbsp;: cest le fondement de la dissuasion. <B>Cet &eacute;quilibre de la terreur</B> n&eacute;cessite que tout pays susceptible de se battre soit muni de la bombe. <B>La prolif&eacute;ration nucl&eacute;aire</B> est donc le <B>corollaire de la dissuasion. </P> <P ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</B>La nation fran&ccedil;aise a estim&eacute; que son destin lappelait &agrave; se doter de la bombe atomique, au m&eacute;pris de la vie des mineurs duranium, des travailleurs du nucl&eacute;aire, des soldats de premi&egrave;re ligne, du peuple dAlg&eacute;rie du sud, des Polyn&eacute;siens, de leurs descendants.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Pierre Guillaumat qui dirigea le Commissariat &agrave; lEnergie Atomique (CEA) de 1951 &agrave; 1956, en le faisant passer du stade de laboratoire de recherche &agrave; celui dentreprise industrielle, d&eacute;clare &agrave; des journalistes allemands en 1986&nbsp;: "&nbsp; <I>Il ny a eu aucune discussion parlementaire, &agrave; quoi servent les discussions parlementaires&nbsp;? (...) <B>Nous navions pas besoin du Parlement.</B> Lobjet du CEA &eacute;tait toute lutilisation de l&eacute;nergie atomique. A partir du moment o&ugrave; r&eacute;glementairement apparaissait dans le budget un chapitre qui me donnait les moyens pour des &eacute;tudes militaires, je faisais des &eacute;tudes militaires. Ce nest pas hypocrite ce que je dis l&agrave;. D&egrave;s que vous faites quelque chose de nouveau, tout le monde est contre. Et si vous laissez faire la d&eacute;mocratie, quel est celui qui va plaider la cause pour cinq ans&nbsp;?</I>&nbsp;"</P> <P ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</P> <B><P>2/ Tchernobyl, mensonge d&eacute;tat</P> </B><P ALIGN="JUSTIFY">La radioactivit&eacute; (sauf &agrave; tr&egrave;s haute dose) est ind&eacute;tectable par nos sens, ce qui ne signifie pas quelle soit sans danger pour notre organisme. </P> <P ALIGN="JUSTIFY">Quelle soit accidentelle, l&eacute;gale ou ill&eacute;gale, la <B>contamination de la terre</B> nous am&egrave;ne &agrave; nous poser la question essentielle&nbsp;: quel risque y a-t-il pour la population&nbsp;expos&eacute;e&nbsp;? Cette &eacute;valuation est fondamentale.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Dans la nuit du 25 au 26 avril <B>1986</B>, lun des quatre r&eacute;acteurs de la centrale nucl&eacute;aire de <B>Tchernobyl</B> explose. Des d&eacute;bris hautement radioactifs sont projet&eacute;s &agrave; 200m daltitude, des rejets importants se poursuivront pendant dix jours. Tout lh&eacute;misph&egrave;re nord est touch&eacute;, les Etats-Unis seront atteints simultan&eacute;ment par leurs c&ocirc;tes Atlantique et Pacifique, le 5 mai. En France, la contamination arrive le 29 avril, de gravit&eacute; tr&egrave;s variable suivant les al&eacute;as m&eacute;t&eacute;orologiques locaux. Un communiqu&eacute; du 6 mai 1986 du Minist&egrave;re de lAgriculture affirme&nbsp;: "&nbsp;<I>Le territoire fran&ccedil;ais, en raison de son &eacute;loignement, a &eacute;t&eacute; totalement &eacute;pargn&eacute; par les retomb&eacute;es de radionucl&eacute;ides cons&eacute;cutives &agrave; laccident de Tchernobyl&nbsp;</I>". Or, des pr&eacute;l&egrave;vements deau, de terre et de lait sur les hauteurs de Mont&eacute;limar sont analys&eacute;s par le professeur B&eacute;raud, physicien &agrave; lUniversit&eacute; de Lyon. Ses conclusions sont sid&eacute;rantes&nbsp;: tous les radio&eacute;l&eacute;ments du cur de r&eacute;acteur de Tchernobyl se retrouvent dans leau. M&ecirc;mes r&eacute;sultats pour les pr&eacute;l&egrave;vements de pelouse &agrave; Lyon. Conf&eacute;rences de presse, r&eacute;unions publiques se suivent et m&egrave;nent &agrave; la cr&eacute;ation de la CRIIRAD, laboratoire ind&eacute;pendant, qui pourra acqu&eacute;rir un spectrom&egrave;tre gr&acirc;ce &agrave; une &eacute;mission "&nbsp;droit de r&eacute;ponse&nbsp;" de Michel Polac. De 1987 &agrave; 1992, de petits forages dans le sol, appel&eacute;s carottages sont effectu&eacute;s par la CRIIRAD, &agrave; la demande des Conseils r&eacute;gionaux dAlsace et du Nord Pas de Calais, afin d&eacute;valuer et de cartographier les quantit&eacute;s de C&eacute;sium 137 d&eacute;pos&eacute;es par le nuage de Tchernobyl. </P> <P ALIGN="JUSTIFY">Le <B>C&eacute;sium 137</B> est un radionucl&eacute;ide persistant, &agrave; partir duquel on peut facilement calculer les d&eacute;p&ocirc;ts initiaux et &eacute;valuer les reconcentrations.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Le <B>mensonge</B> <B>des repr&eacute;sentants de notre d&eacute;mocratie</B> pourra ainsi &ecirc;tre d&eacute;couvert. Roger Belbeoch, ancien chercheur au CNRS, &eacute;crit&nbsp;: "&nbsp;<I>Lignorance massive est n&eacute;cessaire pour une gestion "&nbsp;douce&nbsp;" des crises nucl&eacute;aires. Comme les responsables ne peuvent pas &ecirc;tre s&ucirc;rs de maintenir cette ignorance pendant longtemps, ils doivent et devront de plus en plus mettre en place des structures dencadrement incompatibles avec les concepts fondamentaux de la d&eacute;mocratie</I>&nbsp;". Il aura fallu dix ans pour r&eacute;aliser que les fronti&egrave;res narr&ecirc;tent pas les nuages radioactifs.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;Aujourdhui, seize ann&eacute;es apr&egrave;s laccident, des malades de la thyro&iuml;de portent plainte contre lEtat fran&ccedil;ais, pour ne pas avoir &eacute;t&eacute; invit&eacute;s &agrave; prendre des mesures de pr&eacute;caution, notamment en mati&egrave;re de consommation de produits frais, dans les jours et les semaines qui ont suivi la catastrophe de Tchernobyl.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Les pathologies thyro&iuml;diennes ne sont que la partie &eacute;merg&eacute;e de liceberg. Les fameuses pastilles diode, permettant si on les prend au bon moment de saturer la glande thyro&iuml;dienne afin quelle nabsorbe pas diode radioactif, sont un moyen pour les autorit&eacute;s de sattacher lob&eacute;issance des populations. </P> <P ALIGN="JUSTIFY">Combien de victimes a provoqu&eacute; laccident de Tchernobyl&nbsp;?</P> <P ALIGN="JUSTIFY">A la suite de la catastrophe de Tchernobyl, au Belarus, pays mitoyen de l'Ukraine, les professeurs Youri Bandasjevski (actuellement en prison), Vassili Nesterenko, Michel Fernex et Pierre Flor-Henry ont mis en &eacute;vidence une multitude de maladies li&eacute;es &agrave; l'iode 131, au c&eacute;sium 137 et au c&eacute;sium 134.<BR> Le cancer de la thyro&iuml;de, d&ucirc; &agrave; l'iode 131, n'est qu'une partie infime des probl&egrave;mes de sant&eacute; rencontr&eacute;s par les habitants des territoires contamin&eacute;s (plus de 2 millions de personnes.) Pourtant l'OMS et autres organismes officiels ne veulent voir que cette maladie, car, malgr&eacute; les grandes souffrances et les s&eacute;quelles qu'elle engendre, elle est r&eacute;put&eacute;e " gu&eacute;rissable ". Le c&eacute;sium agit diff&eacute;remment selon les organes - y compris sur la thyro&iuml;de - et comme la population continue &agrave; se nourrir de produits contamin&eacute;s, l'intoxication &agrave; faibles doses est constante et permanente. La pathologie du c&eacute;sium touche tous les organes. Dans les zones contamin&eacute;es, 100% des enfants ont des probl&egrave;mes de thyro&iuml;de ( cancers, hyper ou hypothyro&iuml;dies, Hashimoto, etc.), 80% des enfants ont une maladie cardiaque, beaucoup d'enfants souffrent des yeux (cataracte des enfants.) 140 000 enfants ont &eacute;t&eacute; " mesur&eacute;s " sur un fauteuil anthropo-gammam&eacute;trique sp&eacute;cialement con&ccedil;u et adapt&eacute;. Leur taux de radioactivit&eacute; peut atteindre 2 000 &agrave; 7 000 becquerels/kg de poids du corps. </P> <P ALIGN="JUSTIFY"><BR> L'ONU (par le truchement de l'AIEA (1) dont l'objectif officiel est la promotion du nucl&eacute;aire) parle cyniquement du stress de l'&eacute;vacuation comme une des causes les plus importantes de toutes les maladies, jetant aux oubliettes la contamination permanente par la radioactivit&eacute; des aliments, du bois, de l'environnement. Or il est reconnu que les enfants ne ressentent pas ce stress de la m&ecirc;me mani&egrave;re que les adultes, dont les plus &acirc;g&eacute;s perdent tous leurs rep&egrave;res en dehors de leur cadre de vie habituel. Mais au B&eacute;larus, les enfants sont particuli&egrave;rement malades. Au moins autant que les personnes &acirc;g&eacute;es, sinon plus. Le stress n'y est pour rien du tout.</P> <P ALIGN="JUSTIFY"><BR> <B>Depuis 7 ans, la d&eacute;mographie du B&eacute;larus est devenue n&eacute;gative</B>. Il y a 7 naissances pour 14 d&eacute;c&egrave;s. L'esp&eacute;rance de vie est pass&eacute;e de 68 ans pour les hommes avant 1986 &agrave; moins de 60 ans aujourd'hui. Depuis 5 ans, 300 villages n'ont enregistr&eacute; aucune naissance.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">L'effet Tchernobyl s'ajoute aux r&eacute;sultats calamiteux des essais nucl&eacute;aires atmosph&eacute;riques et autres g&acirc;teries radioactives. Il a &eacute;t&eacute; d&eacute;montr&eacute; que le c&eacute;sium a un effet contraceptif chez la jeune femme, &agrave; cause d'une inversion du cycle hormonal qui emp&ecirc;che la nidation de l'ovule. De m&ecirc;me, la production hormonale du placenta, qui accumule du c&eacute;sium pour prot&eacute;ger le foetus, peut subir des anomalies. Plusieurs auteurs ont mis en &eacute;vidence, tant dans les zones contamin&eacute;es que chez les liquidateurs russes, qu'aux Etats-Unis (apr&egrave;s les essais nucl&eacute;aires atmosph&eacute;riques) et qu'au Japon (apr&egrave;s Hiroshima et Nagasaki), le cerveau gauche est particuli&egrave;rement sensible aux radiations. Cela entra&icirc;ne, selon les cas, une r&eacute;duction de l'intelligence verbale et globale, mais pas de l'intelligence non verbale (cerveau droit), des troubles psychologiques, des crises &eacute;pileptiques intermittentes, des exc&egrave;s de schizophr&eacute;nie (survivants de Nagasaki : 6%, reste du Japon : 0,2-0,8%), des anomalies &agrave; l'&eacute;lectroenc&eacute;phalogramme, des syndromes de fatigue chronique. La membrane cellulaire des cellules de l'h&eacute;misph&egrave;re gauche du cerveau est d&eacute;truite de mani&egrave;re 4 000 fois plus importante &agrave; faible dose qu'&agrave; haute dose. </P> <P ALIGN="JUSTIFY">Ce ph&eacute;nom&egrave;ne est d&ucirc; &agrave; l'effet Petkau. Tout cela <B>remet donc en cause la philosophie des scientifiques</B> qui <B>pr&ocirc;nent le "recyclage" des d&eacute;chets</B> faiblement radioactifs <B>dans les casseroles ou les carrosseries</B> de voiture, ou qui pr&eacute;tendent que les rejets liquides ou gazeux dits " contr&ocirc;l&eacute;s " des installations nucl&eacute;aires sont sans danger pour la faune, la flore et l'&ecirc;tre humain.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Une parade &agrave; la contamination permanente a &eacute;t&eacute; trouv&eacute;e &agrave; partir de la pectine de pomme, qui a la propri&eacute;t&eacute; d'absorber et d'&eacute;liminer les m&eacute;taux lourds. Actuellement 45 000 enfants sur 500 000 ont &eacute;t&eacute; trait&eacute;s par l'Institut Belrad. La plupart des 370 centres de d&eacute;tection et de soins du professeur Nesterenko ont &eacute;t&eacute; supprim&eacute;s&nbsp;; il n'en reste que 85, dont 25 gr&acirc;ce &agrave; des ONG allemandes. </P> <P ALIGN="JUSTIFY">Sur un plan plus g&eacute;n&eacute;ral, il faut savoir qu'en 1958, l'ONU a impos&eacute; un accord entre toutes les agences, dont l'OMS (Organisation Mondiale de la Sant&eacute;), avec son agence destin&eacute;e &agrave; faire la promotion de l'&eacute;nergie nucl&eacute;aire, l'AIEA (1). Cet accord stipule que tous les travaux pouvant g&ecirc;ner la promotion du nucl&eacute;aire doivent &ecirc;tre soumis &agrave; l'accord pr&eacute;alable de l'AIEA. <B>Tant que cet accord ne sera pas amend&eacute; dans le sens d'une r&eacute;elle transparence, le monde entier vivra dans le mensonge du nucl&eacute;aire</B>.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">La responsabilit&eacute; dun accident nucl&eacute;aire incombe &agrave; lexploitant, qui a exig&eacute; un plafonnement &agrave; 600 millions de francs. LEtat pr&eacute;voit une participation de 2500 millions de francs. A titre de comparaison, pour la catastrophe de Tchernobyl, les d&eacute;g&acirc;ts se chiffrent &agrave; 250 milliards de dollars.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Les 800 000 liquidateurs du r&eacute;acteur de Tchernobyl sont soit morts, soit gravement malades. Qui assumerait cette t&acirc;che "&nbsp;h&eacute;ro&iuml;que&nbsp;" pour la nation si un accident se produisait en France&nbsp;?</P> <P>&nbsp;</P> <B><P>3/ Les faibles doses ou la mort normative</P> </B><P ALIGN="JUSTIFY">La radioactivit&eacute; est partout, les promoteurs du nucl&eacute;aire nh&eacute;sitent pas &agrave; nous le rappeler&nbsp;: les roches en &eacute;mettent, leau de source en contient, nos maisons en d&eacute;gagent, le ciel en est rempli. Georges Charpak na pas h&eacute;sit&eacute; &agrave; apporter un caillou qui faisait "&nbsp;cracher&nbsp;" un radiom&egrave;tre sur un plateau de t&eacute;l&eacute;vision. Si la radioactivit&eacute; naturelle existe, cela ne signifie pas quelle soit inoffensive pour notre sant&eacute;, et si lon y ajoute les effets de radionucl&eacute;ides artificiels, il faut faire la somme des doses pour conna&icirc;tre limpact sur le corps humain.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Au d&eacute;but du si&egrave;cle, on saper&ccedil;ut que les br&ucirc;lures de la peau dues aux radiations pouvaient d&eacute;g&eacute;n&eacute;rer en cancer. Les principaux effets nocifs de lirradiation &eacute;taient mis en &eacute;vidence&nbsp;: mort cellulaire, canc&eacute;risation, mutations ( cest &agrave; dire modification brutale et irr&eacute;versible des caract&egrave;res h&eacute;r&eacute;ditaires, anomalies du d&eacute;veloppement embryonnaire.) Roengten est mort dun cancer des os, Marie et Ir&egrave;ne Curie sont mortes dan&eacute;mie pernicieuse. De nombreux radiologues ont subi des amputations des doigts ou des mains. De graves maladies &eacute;pid&eacute;miques se sont d&eacute;clar&eacute;es chez des travailleuses de lindustrie horlog&egrave;re qui employaient de la peinture luminescente, contenant du radium.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Mais la v&eacute;ritable prise de conscience des effets nocifs des rayonnements ionisants sest produite apr&egrave;s Hiroshima et Nagasaki. Une grande &eacute;tude &eacute;pid&eacute;miologique a &eacute;t&eacute; entreprise, un obstacle important &eacute;tant que lon a surestim&eacute; au d&eacute;but les doses dexposition. </P> <P ALIGN="JUSTIFY">Les &eacute;tudes scientifiques ont amen&eacute; &agrave; la r&eacute;vision r&eacute;guli&egrave;re &agrave; la baisse des normes dexposition des travailleurs. La gravit&eacute; des d&eacute;g&acirc;ts provoqu&eacute;s sur le corps provient de lintensit&eacute; du rayonnement, mais aussi de leur nature. Les radionucl&eacute;ides, en se d&eacute;sint&eacute;grant &eacute;mettent des rayonnements alpha, b&ecirc;ta ou gamma ou neutroniques qui nont pas les m&ecirc;mes propri&eacute;t&eacute;s physiques, cest pourquoi on a introduit un coefficient, suivant la dangerosit&eacute; des rayonnements. Lunit&eacute; actuelle est le sievert, qui mesure leffet biologique provoqu&eacute; par le rayonnement.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Outre les &eacute;tudes &eacute;pid&eacute;miologiques, on peut &eacute;tudier les effets de rayonnements ionisants en exp&eacute;rimentant sur les animaux et les plantes, et sur des cellules vivantes.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Dans la mati&egrave;re vivante, le choc des particules exerce un puissant pouvoir d&eacute;stabilisateur, auquel sajoute l&eacute;mission de chaleur et lenclenchement de r&eacute;action en cha&icirc;ne. Le m&eacute;tabolisme est d&eacute;sorganis&eacute; par la formation de protons H+ dans leau mol&eacute;culaire. Il y a alt&eacute;ration des pr&eacute;curseurs des prot&eacute;ines, les constituants des g&egrave;nes (ad&eacute;nine, thymine), perturbation des enzymes etc. Une modification tr&egrave;s modeste de la structure dune certaine prot&eacute;ine peut, &agrave; elle seule, provoquer une maladie grave, telle lan&eacute;mie falciforme.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Sous leffet de faibles radiations, une accumulation de mutations somatiques spontan&eacute;es peut provoquer un vieillissement pr&eacute;coce ou la mort. </P> <P ALIGN="JUSTIFY">Les effets du traitement par irradiation &agrave; faible dose de malades ont &eacute;galement permis de mettre en &eacute;vidence les effets de la radioactivit&eacute;&nbsp;: par exemple, des malades trait&eacute;s au radium 124 ont d&eacute;velopp&eacute; des cataractes.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">La leuc&eacute;mie appara&icirc;t en moyenne dix ans apr&egrave;s lexposition aux radiations, elle touche particuli&egrave;rement des personnes soumises &agrave; des radioth&eacute;rapies successives.&nbsp;</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Selon les normes internationales, il est recommand&eacute; de ne pas d&eacute;passer la dose de 1 millisievert par an.. <B>La norme pour les travailleurs du nucl&eacute;aire est de 20 fois plus &eacute;lev&eacute;e</B>. En 1991, Pierre Pellerin a fait pression pour que les normes ne baissent pas, afin que les normes de rejets des installations restent inchang&eacute;es. Pierre Pellerin est &eacute;galement le d&eacute;fenseur de la th&eacute;orie de lhorm&eacute;sis, th&eacute;orie selon laquelle de petites doses r&eacute;p&eacute;t&eacute;es dirradiation seraient b&eacute;n&eacute;fiques pour la sant&eacute;.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Un <B>nouveau d&eacute;cret</B> sur la radioprotection des personnes a &eacute;t&eacute; adopt&eacute; <B>d&eacute;but avril 2002</B>. <I>"&nbsp;Le conseil des ministres a adopt&eacute; un d&eacute;cret qui transpose la circulaire europ&eacute;enne de <B>1996</B> sur la radioprotection des personnes. Les rayonnements utilis&eacute;s &agrave; des fins m&eacute;dicales feront quant &agrave; elle l'objet d'un texte ult&eacute;rieur</I>.&nbsp;" Cela signifie, qu&agrave; ce jour, les expositions m&eacute;dicales ne sont pas comptabilis&eacute;es. Quand on sait que les doses re&ccedil;ues par chaque individu sajoutent entre elles, il y a de quoi sinqui&eacute;ter. La radioprotection dans les milieux m&eacute;dicaux a encore d&eacute;normes progr&egrave;s &agrave; faire.<BR> "&nbsp;<I>Gr&acirc;ce au nouveau d&eacute;cret pr&eacute;sent&eacute; par Bernard Kouchner en Conseil des ministres, toute addition de radionucl&eacute;ides artificiels et naturels devient prohib&eacute;e dans la totalit&eacute; des biens de consommation. Pr&eacute;c&eacute;demment, cette interdiction ne s'appliquait qu'aux produits de cosm&eacute;tique, de pu&eacute;riculture et de parure. Des possibilit&eacute;s de d&eacute;rogation restent ouvertes, mais elles devront faire l'objet d'un examen, au cas par cas, par le Conseil sup&eacute;rieur d'hygi&egrave;ne publique de France (CSHPF.)</I>&nbsp;" En clair, cela signifie que jusqu'&agrave; aujourdhui, on pouvait trouver de la radioactivit&eacute; artificielle dans nos voitures, nos v&eacute;los, nos casseroles etc.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">"&nbsp;<I>En ce qui concerne les limites annuelles d'exposition, elles sont maintenues au niveau o&ugrave; elles avaient &eacute;t&eacute; abaiss&eacute;es l'an dernier, la somme maximale des doses efficaces re&ccedil;ues par une personne demeurant &agrave; 1 millisievert, contre 5 pr&eacute;c&eacute;demment&nbsp;" </I>(" le Quotidien<I> " </I>du 3 avril 2001<I>).</I> Cela signifie que <B>de 1996 &agrave; 2001</B>, <B>nos normes dexposition </B>en France &eacute;taient <B>cinq fois sup&eacute;rieures aux normes internationales</B> pr&eacute;conis&eacute;es par la CIPR.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">"&nbsp;<I>Cette limite s'applique d&eacute;sormais &agrave; toute activit&eacute; professionnelle en prenant en compte, pour la premi&egrave;re fois, les expositions aux rayonnements d'origine naturelle, comme le radon pr&eacute;sent dans certains mat&eacute;riaux de construction. Le nouveau d&eacute;cret instaure encore un r&eacute;seau national de collecte des mesures de radioactivit&eacute; de l'environnement. Les associations agr&eacute;&eacute;es seront invit&eacute;es &agrave; y participer. A terme, les r&eacute;sultats des mesures ainsi r&eacute;unies devraient faire l'objet d'une communication au public en &eacute;tant mises en ligne sur un site Internet.&nbsp;"</I> On peut s&eacute;tonner de la <B>mise en place pour le moins tardive de ce r&eacute;seau national</B> de collecte. </P> <I><P ALIGN="JUSTIFY">"&nbsp;Le dispositif de surveillance, de contr&ocirc;le est actualis&eacute;, enfin, avec la prise en compte des organismes ad hoc qui viennent de voir le jour : Institut de radioprotection et de s&ucirc;ret&eacute; nucl&eacute;aire (IRSN), qui reprend les comp&eacute;tences de lOPRI, Office de protection contre les rayonnements ionisants et de l'IPSN, (Institut de protection et de s&ucirc;ret&eacute; nucl&eacute;aire), en charge de l'expertise et de la recherche et la direction g&eacute;n&eacute;rale de la S&ucirc;ret&eacute; nucl&eacute;aire et de la Radioprotection (DGSNR), plac&eacute;e sous la tutelle des minist&egrave;res de la Sant&eacute;, de l'Environnement et de l 'Industrie&nbsp;".</I> La CRIIRAD conteste le fait que la protection des populations contre les rayonnements ionisants soit entre autres sous la tutelle du Minist&egrave;re de lindustrie. </P> <P ALIGN="JUSTIFY">"&nbsp;<B><I>Un autre d&eacute;cret reste encore &agrave; venir</B>, qui transposera quant &agrave; lui une autre directive EURATOM, <B>celle du 30 juin 1997,</B> une r&eacute;glementation qui int&eacute;resse plus particuli&egrave;rement les professionnels de sant&eacute;, puisqu'elle porte sur l'utilisation des rayonnements ionisants pour la m&eacute;decine, l'art dentaire, la biologie humaine et la recherche biom&eacute;dicale. Ce d&eacute;cret, pr&eacute;cise-t-on Avenue de S&eacute;gur, fait actuellement l'objet d'un examen devant le Conseil d'Etat. Il sera adopt&eacute; par le conseil des ministres et publi&eacute; au Journal officiel aussit&ocirc;t qu'il aura &eacute;t&eacute; valid&eacute;.</I>&nbsp;" (&nbsp;!)</P> <P ALIGN="JUSTIFY">A quoi correspondent ces normes officielles de doses acceptables pour une personne pendant une ann&eacute;e&nbsp;? Pourquoi lunique r&eacute;f&eacute;rence est-elle ladulte alors que les enfants sont plus vuln&eacute;rables&nbsp;?</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Certains dommages, comme les troubles de la circulation, la cataracte, ou la r&eacute;duction de la fertilit&eacute; nappara&icirc;traient qu&agrave; partir dune certaine dose critique. Au-dessous dun certain seuil, les effets, appel&eacute;s non al&eacute;atoires ne seraient pas observ&eacute;s. Mais pour dautres <B>effets</B>, <B>qualifi&eacute;s dal&eacute;atoires</B>, comme lapparition de cancers, danomalies du d&eacute;veloppement ou de maladies h&eacute;r&eacute;ditaires, il nexiste pas de seuil en de&ccedil;&agrave; duquel il ny a aucun risque. En outre, les moyennes ne refl&egrave;tent absolument pas les ph&eacute;nom&egrave;nes de concentration, le mode de contamination est &eacute;galement extr&ecirc;mement important pour &eacute;valuer la gravit&eacute; dune exposition&nbsp;: externe ou interne, ainsi que les parties du corps atteint. </P> <P ALIGN="JUSTIFY">Si pour certaines maladies graves, voire mortelles, il nexiste pas de seuil dinnocuit&eacute;, cela signifie quune norme dexposition est un nombre de mal form&eacute;s, de malades et de morts admis, cest pourquoi jai intitul&eacute; cette partie la <B>mort normative</B>. Une augmentation de charge radioactive de 1 sievert par an sur toute une vie correspond &agrave; 52 cancers par an pour 10 000 habitants. <B>Une norme</B> est le r&eacute;sultat de <B>compromis entre les contraintes &eacute;conomiques et les imp&eacute;ratifs sanitaires. </P> </B><P ALIGN="JUSTIFY">Lors de la fission nucl&eacute;aire (atome duranium bris&eacute; &agrave; coup de neutrons) qui se produit dans une centrale, des dizaines de nouveau radio&eacute;l&eacute;ments apparaissent&nbsp;: iode, c&eacute;sium, krypton, strontium, zirconium etc., qui restent th&eacute;oriquement &agrave; lint&eacute;rieur des sites, dans la limite des normes de rejets autoris&eacute;es, des fuites dues &agrave; des incidents et des contaminations cons&eacute;cutives aux accidents.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Le plutonium, au rayonnement alpha, est un radionucl&eacute;ide extr&ecirc;mement toxique. Sa d&eacute;sint&eacute;gration produit des d&eacute;g&acirc;ts consid&eacute;rables dans les tissus vivants. Cest un descendant de luranium apr&egrave;s le passage de celui-ci dans un r&eacute;acteur. Les essais darmes atomiques, les 450 r&eacute;acteurs, les <B>rejets de fabrication</B> et les <B>produits du retraitement</B> ont <B>contamin&eacute; lenvironnement depuis plus de cinquante ans</B>. Les sous-marins et les engins spatiaux sont dot&eacute;s de charges de plutonium. Des vaisseaux spatiaux am&eacute;ricains charg&eacute;s de plutonium passent au-dessus de nos t&ecirc;tes, risquant &agrave; chaque instant la catastrophe dune propagation de milliards de becquerels. Pourtant des accidents se sont d&eacute;j&agrave; produits : en 1986, une capsule exp&eacute;rimentale a pris feu en rentrant dans latmosph&egrave;re et sest consum&eacute;e &agrave; la verticale au-dessus de loc&eacute;an indien en rejetant 80% de son plutonium. Un tir am&eacute;ricain manqu&eacute; sest &eacute;cras&eacute; &agrave; Thul&eacute; au Groenland, quatre missiles du Pacifique ont par erreur contamin&eacute; une partie du Pacifique etc. Le plutonium, et son descendant lam&eacute;ricium, se concentrent particuli&egrave;rement dans les fruits de mer, les c&eacute;r&eacute;ales, les fruits et les l&eacute;gumes frais. Dans le corps humain, il sattaque &agrave; tous les tissus et se concentre particuli&egrave;rement dans les os, les poumons et le foie. </P> <P ALIGN="JUSTIFY">Ce nest pas hier que le professeur <B>Hermann M&uuml;ller</B> recevait le <B>prix Nobel</B> pour <B>ses travaux sur les effets g&eacute;n&eacute;tiques des radiations</B>, mais en <B>1943</B>. Ses &eacute;tudes portaient sur des drosophiles. En 1964, il publie un ouvrage qui d&eacute;montre clairement les effets des radiations sur le potentiel de reproduction de lesp&egrave;ce humaine&nbsp;: <I>Radiations and Heredity</I>. Aujourdhui, dans les documents officiels sur la radioprotection, les dommages g&eacute;n&eacute;tiques figurent sous la rubrique des <I>"&nbsp;mutations b&eacute;nignes, mais ne sont pas comptabilis&eacute;es. Ces mutations sont provoqu&eacute;es par le d&eacute;placement de fragments dADN, et lalt&eacute;ration de la structure chimique &eacute;l&eacute;mentaire de lADN</I>&nbsp;". </P> <P ALIGN="JUSTIFY">Tout accroissement, aussi faible soit-il, de la radioactivit&eacute; dans lenvironnement est susceptible daugmenter lincidence de cancers ou de maladies h&eacute;r&eacute;ditaires. L&eacute;pid&eacute;miologie sur les effets des faibles doses est quasiment inexistante en France, ce qui est plut&ocirc;t paradoxal &eacute;tant donn&eacute; le d&eacute;veloppement de lindustrie nucl&eacute;aire fran&ccedil;aise depuis cinquante ans, (19 centrales nucl&eacute;aires, 56 r&eacute;acteurs, 16 r&eacute;acteurs de recherche, 132 installations nucl&eacute;aires de base, sans compter les mines duranium). <B>Sil y a un pays au monde qui aurait d&ucirc; d&eacute;velopper l&eacute;pid&eacute;miologie m&eacute;dicale</B>, au moins appliqu&eacute;e aux cons&eacute;quences du nucl&eacute;aire, <B>cest bien la France</B>. Or en 1998, seuls huit d&eacute;partements collectent des informations sur les nouveaux cas de cancers. A <B>La Hague</B>, o&ugrave; il y a un centre de stockage et un centre dextraction du plutonium (car cest ainsi quil faut appeler le centre de retraitement), les <B>autorisations de</B> <B>rejets sont 850 fois sup&eacute;rieures </B>aux rejets autoris&eacute;s dune centrale nucl&eacute;aire. Les autorisations de rejets sont propos&eacute;es par les exploitants et <B>accept&eacute;es par les pouvoirs publics. </P> </B><P ALIGN="JUSTIFY">Combien de victimes humaines de la radioactivit&eacute; depuis 1945&nbsp;? Une estimation de 1990 l&eacute;valuait &agrave; 16 millions. </P> <P ALIGN="JUSTIFY">Il ne faut pas oublier ceux qui sont peu ou pas du tout suivis m&eacute;dicalement, surnomm&eacute;s <B><I>"&nbsp;viande &agrave; rem</B></I>&nbsp;", ce sont les travailleurs int&eacute;rimaires, au nombre de 29000 en 1997, dont 22000 pour EDF. Afin de ne pas &ecirc;tre mis &agrave; l&eacute;cart, il est fr&eacute;quent que ces <B>esclaves-nomades du nucl&eacute;aire</B> dissimulent leur dosim&egrave;tre l&agrave; o&ugrave; "&ccedil;a crache." Les calorifugeurs et les chaudronniers sont les plus expos&eacute;s. Il nexiste <B>aucune convention collective adapt&eacute;e</B> aux intermittents du nucl&eacute;aire, il y a sept conventions collectives diff&eacute;rentes. Alors que la r&egrave;gle internationale impose une exposition maximale de 20 msv/an (millisievert), la France autorise une dose de 15 msv pour six mois. Cela permet demployer deux int&eacute;rimaires, chacun six mois. Pour le d&eacute;mant&egrave;lement des centrales, le recours aux sous-traitants des b&acirc;timents et travaux publics sera n&eacute;cessaire, les soci&eacute;t&eacute;s sp&eacute;cialis&eacute;es dans la d&eacute;contamination &eacute;tant trop peu nombreuses. </P> <P ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</P> <B><P>4/ le probl&egrave;me irr&eacute;solu des d&eacute;chets radioactifs</P> </B><P ALIGN="JUSTIFY">EDF, compagnie nationalis&eacute;e depuis 1946, de taille moyenne &agrave; lorigine, est devenue, gr&acirc;ce au nucl&eacute;aire, une grosse entreprise avec des activit&eacute;s connexes r&eacute;mun&eacute;ratrices, comme la vente de chauffage &eacute;lectrique, aberration &eacute;cologique, &eacute;conomique et sociale. Le monopole dEDF(2) et du CEA sur le nucl&eacute;aire pr&eacute;sente de nombreux avantages&nbsp;: permettre le rep&eacute;rage de d&eacute;fauts g&eacute;n&eacute;riques dans la conception des centrales, poss&eacute;der une puissance de recherche, avoir une capacit&eacute; dexpertise, offrir un prix relativement bas du kW/h (bien que ce prix soit bien en de&ccedil;&agrave; du co&ucirc;t r&eacute;el de production), et proposer une m&ecirc;me tarification dans toutes les r&eacute;gions, selon une conception louable du service public. Les revers de cette politique &eacute;nerg&eacute;tique sont que tous les efforts de la recherche ont &eacute;t&eacute; port&eacute;s sur le nucl&eacute;aire, au d&eacute;triment de lefficacit&eacute; &eacute;nerg&eacute;tique et dautres sources d&eacute;nergie, le manque dinvestissements ailleurs (&eacute;olien, solaires, biomasse, etc.), lopacit&eacute; totale et le culte du secret, et le probl&egrave;me non r&eacute;solu des d&eacute;chets radioactifs, sous forme de rejets (r&eacute;solution en morts, malformations et maladies) et sous forme de d&eacute;chets stock&eacute;s. </P> <P ALIGN="JUSTIFY">Raymond Barre, en 1979, affirmait &agrave; des journalistes am&eacute;ricains que le probl&egrave;me des d&eacute;chets radioactifs &eacute;tait r&eacute;solu sans que cela ne provoque de drame. "&nbsp;<I>Et o&ugrave; les mettez-vous&nbsp;?</I>&nbsp;" demanda un journaliste. "&nbsp;<I>en divers endroits</I>&nbsp;" r&eacute;pondit le Premier Ministre de la R&eacute;publique fran&ccedil;aise.</P> <B><P ALIGN="JUSTIFY">Jusquen 1969</B>, les <B>d&eacute;chets</B> nucl&eacute;aires ont &eacute;t&eacute; <B>immerg&eacute;s</B>. En 1983, un moratoire de 10 ans a &eacute;t&eacute; sign&eacute;, avec un arr&ecirc;t total en 1993. Limmersion a &eacute;t&eacute; poursuivie en Russie en mer de Barents Les id&eacute;es les plus lumineuses ont &eacute;t&eacute; avanc&eacute;es&nbsp;: torpillage dans les fonds sous-marins, &eacute;vacuation spatiale etc. (zones de subduction des plaques tectoniques). En France, les d&eacute;chets nucl&eacute;aires sont class&eacute;s en quatre cat&eacute;gories&nbsp;: TFA, cat&eacute;gorie A, B, et C, ces derniers &eacute;tant les plus toxiques et durables. Les d&eacute;chets miniers sont oubli&eacute;s, ainsi que les d&eacute;chets de tritium qui sentassent autour de Valduc, le professeur Pellerin a tout simplement propos&eacute; de d&eacute;clarer le tritium inoffensif&nbsp;! Pour les d&eacute;chets nucl&eacute;aires militaires <B>r&egrave;gne la plus grande opacit&eacute;</B>. Quatre sous-marins nucl&eacute;aires reposent en piscine &agrave; Cherbourg.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Les d&eacute;chets de cat&eacute;gories A sont stock&eacute;s &agrave; La Hague, et &agrave; Soulaines dans lAube </P> <P ALIGN="JUSTIFY">En 1990, des sites sont pressentis pour un stockage en profondeur, dans lAisne, les Deux-S&egrave;vres, lAin, et en Anjou. Ces projets suscitent de telles protestations des populations quils sont abandonn&eacute;s. Une loi parlementaire sav&egrave;re n&eacute;cessaire. Le premier projet de loi sur les d&eacute;chets nucl&eacute;aire est d&eacute;pos&eacute; le 15 mai 1991, par le d&eacute;put&eacute; socialiste Christian Bataille. Cette loi relative &agrave; la recherche sur la gestion des d&eacute;chets radioactifs est adopt&eacute;e le 30 d&eacute;cembre 1991.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">En <B>2006,</B> la Commission nationale d&eacute;valuation rendra son <B>rapport au Parlement</B>, qui statuera d&eacute;finitivement sur le sort des d&eacute;chets de cat&eacute;gorie B et C. Trois voies sont explor&eacute;es&nbsp;: &eacute;tude dun stockage en profondeur, r&eacute;versible ou non&nbsp;; diminution forc&eacute;e de la radioactivit&eacute; par s&eacute;paration et transmutation et s&eacute;paration&nbsp;; stockage en surface. De <B>gros b&eacute;n&eacute;fices financiers</B> sont pr&eacute;vus par la loi <B>pour les communes</B> consentant &agrave; accueillir un laboratoire de recherche denfouissement en profondeur. Actuellement, un seul laboratoire en site argileux est en chantier, <B>&agrave; Bure</B>, dans la Meuse &agrave; la limite de la Haute-Marne, ce choix en site g&eacute;ologique argileux ayant toute lapparence dun choix avant tout sociologique, la densit&eacute; de la population y &eacute;tant tr&egrave;s faible, la moyenne d&acirc;ge &eacute;lev&eacute;e, et l&eacute;conomie locale peu d&eacute;velopp&eacute;e. Prime au courage, selon les &eacute;lus qui ont accept&eacute; limplantation de ce centre denfouissement, achat des consciences selon les opposants, <B>larrosage financier</B> a &eacute;t&eacute; consid&eacute;rable&nbsp;: r&eacute;fections de monuments, de salles des f&ecirc;tes, construction de casernes de pompiers, sponsoring sportif etc.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">15 millions de francs sont distribu&eacute;s par lANDRA(3) dans la r&eacute;gion. Dans la Manche, o&ugrave; il y a un centre de stockage, une usine de retraitement et une centrale nucl&eacute;aire (&agrave; Flammanville), <B>70% du budget des communes</B> provient de COGEMA(4) ou dEDF.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">La&nbsp; "mission Granit&nbsp;", qui consistait &agrave; trouver un deuxi&egrave;me site dimplantation dun laboratoire denfouissement en profondeur, a &eacute;chou&eacute; gr&acirc;ce &agrave; une <B>mobilisation remarquable de la population</B>. Un grand nombre dopposants ont rejoint la r&eacute;sistance au laboratoire de Bure.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Le projet insens&eacute; et criminel de lenfouissement dans des couches g&eacute;ologiques profondes de d&eacute;chets hautement radioactifs ne trouve sa justification que dans la n&eacute;cessit&eacute; pour les industriels du nucl&eacute;aire d&nbsp;avoir solutionn&eacute; le probl&egrave;me des d&eacute;chets, afin de pouvoir relancer un nouveau programme. Ils nh&eacute;sitent pas &agrave; faire dispara&icirc;tre des failles g&eacute;ologiques des cartes, et sous pr&eacute;texte de recherche, leur travail &agrave; Bure consiste en une caract&eacute;risation de site en vue de lenfouissement en grande profondeur. Largile sera cens&eacute;e stopper la radioactivit&eacute; une fois les containers devenus poreux. Rappelons <B>l&eacute;chelle de la dur&eacute;e de vie des d&eacute;chets</B> que lon veut enfouir&nbsp;: <B>plusieurs dizaines de milliers dann&eacute;es</B>. Le centre de stockage de La Hague a d&eacute;j&agrave; des fuites, irr&eacute;parables tant lexposition des travailleurs serait grave lors d&eacute;ventuels travaux. </P> <P ALIGN="JUSTIFY">Pour les recherches sur la transmutation, la centrale Ph&eacute;nix a red&eacute;marr&eacute;, cette m&eacute;thode tr&egrave;s co&ucirc;teuse, qui consisterait &agrave; r&eacute;duire la dur&eacute;e de vie de d&eacute;chets hautement radioactifs de millions dann&eacute;es &agrave; quelques milliers dann&eacute;es, para&icirc;t &agrave; ce jour tr&egrave;s al&eacute;atoire et n&eacute;cessite plusieurs dizaines d&nbsp;ann&eacute;es de recherche. Les <B>nucl&eacute;ocrates</B> les plus optimistes sopposent pour cette raison &agrave; lenfouissement en grande profondeur, pleinement confiants dans la science et la technique de demain, comme l&eacute;taient les promoteurs de l&eacute;nergie nucl&eacute;aire dans les ann&eacute;es soixante-dix, quand ils imaginaient que les d&eacute;chets nucl&eacute;aires seraient facilement envoy&eacute;s dans lespace.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Il est urgent <B>darr&ecirc;ter cette fuite en avant</B>, il est urgent darr&ecirc;ter la production de d&eacute;chets nucl&eacute;aires, <B>cadeau empoisonn&eacute; pour les g&eacute;n&eacute;rations &agrave; venir. </P> <P ALIGN="CENTER">&nbsp;</P> <P>5 / La caste dirigeante</P> </B><P ALIGN="JUSTIFY">Parmi les 500 ing&eacute;nieurs de lEcole des Mines, 200 choisissent de faire carri&egrave;re dans lindustrie, dont une centaine soriente vers la prestigieuse fili&egrave;re du nucl&eacute;aire. Le Conseil G&eacute;n&eacute;ral des Mines dirige, pr&eacute;sid&eacute; par le ministre de lindustrie, le v&eacute;ritable pouvoir &eacute;tant exerc&eacute; par le vice-pr&eacute;sident&nbsp;; Jean Syrota a exerc&eacute; ce pouvoir jusquen 1997. PDG de la COGEMA, cest lui qui a &eacute;t&eacute; le ma&icirc;tre des carri&egrave;res des responsables de la S&ucirc;ret&eacute; nucl&eacute;aire&nbsp;: les ing&eacute;nieurs de la DRIRE, charg&eacute;s du contr&ocirc;le de COGEMA, sont nomm&eacute;s par le PDG de la COGEMA, qui contr&ocirc;le leur carri&egrave;re&nbsp;! Son successeur, Rodolphe Greif, &eacute;tait &agrave; la direction des constructions de sous-marins atomiques, un homme du nucl&eacute;aire civil a &eacute;t&eacute; remplac&eacute; par un homme du nucl&eacute;aire militaire. Alors quen 1945, le pouvoir politique avait bascul&eacute; en faveur des &eacute;narques, le nucl&eacute;aire va redonner du pouvoir aux "&nbsp;mineurs&nbsp;" qui vont cr&eacute;er une <B>sorte de caste</B>. Mais comment en aurait-il pu &ecirc;tre autrement&nbsp;? Comment organiser un contr&ocirc;le qui ne soit pas effectu&eacute; par ceux qui savent&nbsp;?</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Loffice parlementaire des choix scientifiques a pour mission dexercer un contr&ocirc;le politique sur lindustrie nucl&eacute;aire. Il est compos&eacute; de d&eacute;l&eacute;gu&eacute;s du Parlement et du S&eacute;nat. Son pr&eacute;sident a &eacute;t&eacute; Robert Galley, ancien directeur du CEA. (aujourdhui, Jean-Yves Le D&eacute;aut).</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Au comit&eacute; scientifique des rayonnements ionisants de lONU, les repr&eacute;sentants fran&ccedil;ais sont des m&eacute;decins du CEA&nbsp;: <B>les pollueurs sont les r&eacute;gulateurs&nbsp;!</P> </B><P ALIGN="JUSTIFY">Les <B>d&eacute;put&eacute;s </B>sont assaillis de demandes, d&eacute;bord&eacute;s de travail et manquent de comp&eacute;tences, ils sen remettent donc aux sp&eacute;cialistes, avec un <B>conformisme ahurissant</B>, &agrave; Droite comme &agrave; Gauche, puisque mettre en doute la science, cest sopposer au progr&egrave;s, alors que la sant&eacute; et lenvironnement devraient &ecirc;tre au centre de leurs pr&eacute;occupations. Largument de leffet de serre (qui na pas &eacute;t&eacute; reconnu &agrave; la conf&eacute;rence de Bonn) permet de ne pas diminuer le trafic routier. Les exemples dentorse aux r&egrave;gles de s&eacute;curit&eacute;, les mensonges de certains responsables font que par exemple des enfants ont pratiqu&eacute; le v&eacute;locross sur un terrain de d&eacute;chets radioactifs, que lon trouve par hasard des r&eacute;sidus hautement radioactifs en zone urbaine (Saclay). A Nogent sur Marne, une &eacute;cole fut construite sur une ancienne usine dextraction due radium. Le 30 avril 98, la DSIN (Direction de la s&ucirc;ret&eacute; des installations nucl&eacute;aires, qui a fusionn&eacute; avec lIPSN- Institut de protection et de s&ucirc;ret&eacute; nucl&eacute;aire, d&eacute;partement du CEA)) r&eacute;v&egrave;le quun tiers des convois ferroviaires sont contamin&eacute;s, certains &eacute;tant recouverts de particules d&eacute;passant 500 fois la norme admise, la COGEMA et EDF &eacute;taient au courant, seuls les agents de la SNCF lignoraient.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Si les responsables du nucl&eacute;aire ne sont pas capables dassurer des transports de routine en toute s&eacute;curit&eacute;, comment leur faire confiance en cas daccident&nbsp;?</P> <P ALIGN="JUSTIFY">En 1997, la campagne publicitaire dEDF pour le chauffage &eacute;lectrique et la communication a co&ucirc;t&eacute; 2,5 milliards de francs, alors que le budget de lAdeme s&eacute;levait &agrave; 1,5 milliard de francs. EDF a depuis longtemps opt&eacute; pour le fonctionnement dentreprise lib&eacute;rale, en incitant &agrave; la consommation. On peut lire dans le rapport dactivit&eacute; de la R&eacute;gion bordelaise&nbsp;en 1970 : " <I>il ne sagit plus de fournir&nbsp;; mais de vendre, de suivre la demande, mais de la susciter&nbsp;: la rapidit&eacute; de la croissance d&eacute;pendra alors de laptitude du fournisseur &agrave; relancer le d&eacute;fi de la concurrence</I>&nbsp;".&nbsp;</P> <P ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</P> </FONT><B><P>En conclusion</P> </B><P ALIGN="JUSTIFY">Si le nucl&eacute;aire pr&eacute;sente quelques avantages, il ne faut pas oublier ni cacher ses &eacute;normes inconv&eacute;nients qui doivent &ecirc;tre port&eacute;s &agrave; la connaissance de tous&nbsp;: risque daccident majeur pouvant rayer de la carte une r&eacute;gion enti&egrave;re, risque terroriste dattentat, rejets en fonctionnement normal exposant gravement la sant&eacute; de la population et des travailleurs, manque de transparence, contr&ocirc;les sanitaires non ind&eacute;pendants, et surtout imbrication inextricable des technologies civiles et militaires. </P> <B><P ALIGN="JUSTIFY">Les luttes pour plus de d&eacute;mocratie</B> avancent gr&acirc;ce &agrave; des citoyens qui essaient de comprendre, qui interpellent les responsables, les &eacute;lus, les experts, mais nous avons &eacute;galement besoin de scientifiques, de m&eacute;decins, de biologistes qui nh&eacute;siteront pas &agrave; peut-&ecirc;tre briser leur carri&egrave;re pour d&eacute;noncer des choix criminels, <B>briser la loi du silence</B>, mettre au grand jour des mensonges, alors que les institutions de contr&ocirc;le demeurent intimement li&eacute;s au CEA.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Ne nous laissons pas bercer par une confiance inconsid&eacute;r&eacute;e envers ceux qui savent. Il est faux de penser que <I>"&nbsp;si le risque &eacute;tait grand, on nous le dirait&nbsp;</I>" La dissonance cognitive consiste &agrave; se mettre la t&ecirc;te dans le sable&nbsp;: plus on a peur en pensant quon ne peut rien faire contre lobjet de cette anxi&eacute;t&eacute;, moins on se lavoue.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Le GSIEN est un groupe&nbsp; de chercheurs qui d&eacute;cortiquent linformation disponible et publient un journal&nbsp;: la gazette nucl&eacute;aire. Fin 1997 est n&eacute; le R&eacute;seau Sortir du nucl&eacute;aire, issu des Europ&eacute;ens contre Superph&eacute;nix.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Dans notre d&eacute;partement du Territoire de Belfort, il ny a ni centrale nucl&eacute;aire, ni centre de stockage. Les missiles au plutonium ont quitt&eacute; le centre militaire de Bourogne. Nous sommes environ &agrave; 40 kilom&egrave;tres &agrave; vol doiseau de la centrale de Fessenheim, la plus vieille centrale de France, dont les g&eacute;n&eacute;rateurs vapeur vont &ecirc;tre remplac&eacute;s, ce qui va repr&eacute;senter une d&eacute;pense denviron 105 millions deuros. Deux convois de d&eacute;chets hautement radioactifs sont pass&eacute;s par Belfort, en d&eacute;cembre 2001 et f&eacute;vrier 2002. </P> <P ALIGN="JUSTIFY">Le nucl&eacute;aire met en jeu dans le temps et dans lespace une puissance destructive dont les dimensions nous d&eacute;passent, il exige une s&eacute;curit&eacute; &agrave; 100% qui nexiste pas et qui n&eacute;cessite, pour sen approcher, <B>des structures organisationnelles de la soci&eacute;t&eacute; en contradiction avec la d&eacute;mocratie</B>. En cinquante ans ont &eacute;t&eacute; r&eacute;pandus sur notre plan&egrave;te des milliards disotopes artificiels, dont la dur&eacute;e de vie peut atteindre des milliers, voire des millions dann&eacute;es, provoquant des mutations g&eacute;n&eacute;tiques et des d&eacute;g&eacute;n&eacute;rescences, qui vont agir sur les g&eacute;n&eacute;rations &agrave; venir. Comment peut-on accepter de continuer dans cette voie quand on a pris conscience quil y va de notre survie&nbsp;? <B>Le nucl&eacute;aire engendre </B>le<B> totalitarisme</B>, le <B>corporatisme</B> et le <B>nationalisme</B>. Exiger la d&eacute;mocratie, cest r&eacute;sister au nucl&eacute;aire.</P> <P ALIGN="JUSTIFY">Hubert REEVES&nbsp; a dit&nbsp;: "&nbsp;<I>Le nucl&eacute;aire na pas davenir&nbsp;" "&nbsp; Le nucl&eacute;aire est un mauvais moment &agrave; passer dans lhistoire&nbsp;"</I>&nbsp;</P> <P ALIGN="JUSTIFY">H&eacute;las, ce moment sera long, et tragique de cons&eacute;quences. </P> <I><P ALIGN="JUSTIFY">Annie Griffon</P> </I><P ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</P> <P ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;(1) AIEA  Agence internationale de l&eacute;nergie atomique</P> <P ALIGN="JUSTIFY"> (2) entreprise nationale &agrave; vocation commerciale, productrice d&eacute;lectricit&eacute;. Le nucl&eacute;aire (78 % de la production d&eacute;lectricit&eacute;) est un moyen parmi dautres (charbon, gaz, hydraulique, &eacute;olien)</P> <P ALIGN="JUSTIFY"> (3) ANDRA  Agence des d&eacute;chets radioactifs, autrefois filiale du CEA. Aujourdhui, &eacute;tablissement public, responsable des stockages des d&eacute;chets nucl&eacute;aires fran&ccedil;ais</P> <P ALIGN="JUSTIFY">(4) COGEMA  Compagnie g&eacute;n&eacute;rale des mati&egrave;res nucl&eacute;aires, filiale commerciale du CEA, vend ses services &agrave; EDF et &agrave; des compagnies &eacute;trang&egrave;res  extraction duranium dans les mines "&nbsp;retraitement de combustible us&eacute;&nbsp;".</P> <P ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</P> <P ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</P> <P ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</P> <P ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</P> <P ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</P> <B><U><P ALIGN="JUSTIFY">Bibliographie</P>  <UL> </B></U><P ALIGN="JUSTIFY"><LI>Dominique Lorentz "&nbsp;<I>Affaires atomiques</I>&nbsp;" - les Ar&egrave;nes - 2001</LI></P> <P ALIGN="JUSTIFY"><LI>Mich&egrave;le Rivasi et H&eacute;l&egrave;ne Cri&eacute; "&nbsp;<I>Ce nucl&eacute;aire quon nous cache&nbsp;</I>" - Albin Michel  1998</LI></P> <P ALIGN="JUSTIFY"><LI>Perline "&nbsp;<I>Tout nucl&eacute;aire, une exception fran&ccedil;aise</I>&nbsp;" - lEsprit frappeur  1997</LI></P> <P ALIGN="JUSTIFY"><LI>Henri Paul Deshusses <I>"&nbsp;La radioactivit&eacute; dans tous ses &eacute;tats&nbsp;</I>" dossiers de lenvironement  Georg Eshel  1990</LI></P> <P ALIGN="JUSTIFY"><LI>Criirad et Andr&eacute; Paris <I>"&nbsp;Contaminations radioactives</I>&nbsp;" Atlas France et Europe  &eacute;ditions Yves Michel</LI></P></UL>  </FONT></FONT></BODY> </HTML> 
