<html> <head> <title>Prcis d'histoire juive</title> <link REL="ToC" HREF="/html/etudes/synthese/histjud/httoc.htm"> <link REL="Index" HREF="/html"> <link REL="Next" HREF="/html/etudes/synthese/histjud/judhis43.htm"> <link REL="Previous" HREF="/html/etudes/synthese/histjud/judhis41.htm"> </head> <body LINK="#000080" VLINK="#800000" BGCOLOR="FFF2C2"> <a NAME="I0"></a> <h2 ALIGN="CENTER"> <center> <font FACE="Verdana" SIZE="6" COLOR="#000080">Prcis d'histoire juive</font></center></h2> <br> <p ALIGN="LEFT"> <a HREF="/html/etudes/synthese/histjud/judhis41.htm" TARGET="_self"><img SRC="/images/navigation/bout_prec.jpg" WIDTH="32" HEIGHT="32" BORDER="0" ALT="Previous Page"></a>    <a HREF="/html/etudes/synthese/histjud/judhis43.htm" TARGET="_self"><img SRC="/images/navigation/bout_suiv.jpg" WIDTH="32" HEIGHT="32" BORDER="0" ALT="Next Page"></a>    <a NAME="E10E41"></a>  <h2> <font SIZE="5" COLOR="#004080"><b>L'ALLEMAGNE DEPUIS LA RFORME, JUSQU' LA FIN DU XVIIIe SIECLE</b></font></h2> <br> <a NAME="E7E14"></a> <p>Au XVIe sicle, alors que la Rforme de Martin Luther avait affaibli en Allemagne le pouvoir de l'glise catholique, on pouvait esprer que la situation des Juifs allait s'amliorer ; mais cet espoir disparut bien vite. Luther qui affermit l'autorit de 1' &quot; Ancien Testament &quot;, du Tanach juif, se fit dans les premires annes de son activit le dfenseur des Juifs. Dans son livre : <i>Jesus</i><i>-</i><i>Christ, Juif de </i><i>naissance </i>(1523), il crivait : &quot; Ces bents, Papes, vques et moines, avec leurs grosses ttes d'nes se sont conduits envers les Juifs comme envers des chiens, les injuriant et prenant leurs biens. Les Juifs sont pourtant frres de notre Sauveur ; Dieu les a distingus plus que tous les peuples et leur a donn les Saintes critures. &quot; <a NAME="E7E14"></a> <p>Luther voulait par ces paroles attirer les Juifs  la Rforme et montrer ainsi aux Catholiques que le peuple des Saintes critures s'alliait  lui. Mais les Juifs ne pouvaient adhrer  une glise, mme rforme ; aussi Luther en fut-il dpit, et, dans ses oeuvres postrieures, il les reprsenta comme les pires ennemis du Christ. Quand il devint lui-mme une sorte de Pape protestant, il prcha la ncessit de les perscuter, de dtruire leurs synagogues et de les chasser comme on les avait chasss d'Espagne. Les disciples de Luther, lui obirent volontiers, non point tant par pit que par intrt matriel : le commerant allemand, le boutiquier et l'artisan de la ville, taient tout disposs  se dbarrasser du concurrent juif et  lui enlever son gagne-pain. <a NAME="E7E14"></a> <p>Dans la premire moiti du XVIe sicle, les municipalits bourgeoises luttaient encore contre les communauts juives. Lorsqu'un conflit aigu survenait, les sujets chrtiens obtenaient du roi que les Juifs fussent chasss de telle ou telle ville. Si besoin tait, on inventait une calomnie, un &quot; meurtre rituel &quot;, on organisait un procs au cours duquel plusieurs Juifs &quot; coupables &quot; taient condamns et les autres chasss. C'est ainsi qu'on bannit les Juifs des provinces de Mecklembourg et de Brandebourg, des villes de Nuremberg et de Regensbourg. Les communauts juives combattaient pour leur droit par l'intermdiaire d'un de leurs avocats, qui venait souvent auprs de l'empereur et des princes, plaider en faveur de son peuple. Le plus grand <i>plaideur </i>de cette poque fut <i>Josil de Rossheim, </i>familier de la cour de l'empereur Charles-Quint, qui maintes fois pargna aux Juifs de rudes preuves (1520-1550). <a NAME="E7E14"></a> <p>Dans quelques villes comptant d'importantes communauts juives, ces conflits avec les bourgeois dgnrrent en pogromes. A Francfort-sur-le-Main, o des milliers de Juifs vivaient enferms dans leur ghetto, des bandes d'artisans chrtiens se rurent sur eux, conduits par un boulanger nomm Fettmilch, les frapprent, les pillrent et les chassrent de la ville ; un fait semblable eut lieu aussi dans la vieille ville de Worms. Cependant, l'empereur Mathias prit fait et cause pour les Juifs et les rappela deux ans plus tard. Fettmilch et ses comparses furent dcapits (1616).  la suite de ces vnements, la communaut de Francfort dcida de fter chaque anne le 20 Adar, jour du chtiment subi par 1' &quot; Aman allemand &quot; ; cette fte s'appelait &quot; Pourim-Vincent &quot; (du nom de Fettmilch). <a NAME="E7E14"></a> <p>Vers cette poque, Vienne devint la rsidence des empereurs germaniques. Au moyen ge, les habitants juifs en avaient t chasss, mais dans le courant du XVIe sicle une nouvelle communaut s'y constitua peu  peu. Les empereurs autorisrent les Juifs  venir habiter leur ville catholique, car parmi eux se trouvaient plusieurs hommes trs riches qui aidrent le gouvernement par de l'argent et du crdit. Lors dc la guerre de Trente Ans (jusqu' 1648), les financiers juifs jourent un rle important  la Cour impriale<b> </b>viennoise. Mais aprs la guerre, les bourgeois chrtiens dcidrent le Trs Catholique Empereur Lopold I<sup>er</sup>  expulser de Vienne tous les Juifs (1670). Toute une communaut fut ainsi disperse. Une partie migra  <i>Berlin ; </i>d'autres s'tablirent en Bohme,  <i>Prague </i>qui appartenait  l'Autriche. Seulement, quelques annes aprs, quand l'Empereur dut de nouveau recourir aux bailleurs de fonds, il autorisa les Juifs riches, &quot; facteurs impriaux &quot;, ou banquiers de la cour,  rentrer  Vienne. Ceux-ci amenrent leurs familles, employs et domestiques, de sorte qu'une nouvelle agglomration se constitua  Vienne. Deux riches familles, les <i>Oppenheimer </i>et les <i>Wertheimer, </i>se trouvaient  la tte de la communaut viennoise. <a NAME="E7E14"></a> <p>Quant aux ngociants peu fortuns et aux non-commerants, c&#146;est  grand-peine s&#146;ils avaient accs  Vienne et pour des sjours trs limits. <a NAME="E7E14"></a> <p>La plus grande communaut juive d&#146;Autriche rsidait  Prague. Son ghetto tait une vraie &quot; ville juive &quot; de quinze mille habitants, possdant sa propre magistrature et toutes sortes d'institutions. Cette communaut jouissait depuis longtemps d'une grande rputation grce  ses chefs, ses rabbins, ses coles et ses imprimeries. De nombreuses communauts moins importantes s'taient constitues dans d'autres villes de Bohme. Cet tat de choses finit par importuner les matres de l&#146;Autriche qui cherchrent  empcher l&#146;expansion des Juifs. Un dit fut publi selon lequel, seul, le fils an de chaque famille juive avait le droit de se marier et de fonder un foyer. Les autres enfants, s'ils se mariaient, ne devaient pas rester dans le pays. C'tait une sorte de dcret de Pharaon visant  draciner les familles juives. Mais de pires vnements allaient survenir. <a NAME="E7E14"></a> <p>Au cours de la guerre entre l'Autriche et la Prusse, le roi de Prusse, Frdric Il, s'empara de la Silsie, province autrichienne. Son arme pntra  Prague. La police crut constater que la population juive manifestait de la sympathie pour la Prusse. L'impratrice d'Autriche, Marie-Thrse, en fut irrite et ordonna qu'en l'espace d'un mois, avant la fin de janvier 1745, les Juifs fussent chasss de Prague et de toute la Bohme. Une panique s'ensuivit : on fuyait Prague pour se rfugier dans les villages environnants, on errait dans les champs par le froid rigoureux. Durant quatre annes, des centaines de familles se trouvrent rduites  cette extrmit. Enfin, Marie-Thrse, sur les instances de grands courtisans et de diplomates, autorisa les malheureux  retourner chez eux. C'est ainsi que l'on se comportait envers les Juifs en une poque relativement &quot; moderne &quot;, au XVIIIe sicle ! <a NAME="E7E14"></a> <p>Par contre, les Juifs qui avaient autrefois t chasss de Vienne, eurent plus de chance  Berlin et dans d'autres villes de Prusse. Le Grand Duc de Brandebourg, Frdric-Guillaume, avait autoris quelques familles aises  s'installer  Berlin, pour y dvelopper le commerce et l'industriel (1671). Elles s'en acquittrent au mieux. Des enrichis, des commerants juifs, occuprent une place importante dans la vie conomique de la Prusse. Leurs affaires prosprrent, surtout sous le &quot; roi-philosophe &quot; Frdric-le-Grand (1740-1786). Celui-ci, bien qu'il n'aimt gure les Juifs et qu'il et promulgu un dit pour diminuer leur nombre, fit leur fortune malgr lui : pendant les guerres qu'il livra  l'Autriche et  la France, surtout pendant la <i>Guerre de</i> <i>Sept ans, </i>un grand nombre de Juifs berlinois qui ravitaillaient l'arme s'enrichirent considrablement et se lirent  l'aristocratie et  l'lite allemande. Dans tous les pays, les Juifs commenaient  s'adapter au nouveau rgime capitaliste qui s'tablissait alors en Europe, au profit du Tiers-tat -- la bourgeoisie. <a NAME="E7E14"></a> <p>Pendant la seconde moiti du XVIIIe sicle, un mouvement d'mancipation se produisit en Europe occidentale, tendant  librer l'esprit des traditions primes et des opinions fausses. En France, des crivains clbres (Voltaire, Montesquieu, les Encyclopdistes), revendiquaient pour chacun la libert de penser et de parler selon ses convictions. En Allemagne apparurent des crivains tels que Lessing qui rclama les droits gaux pour les hommes de toutes les religions et la justice pour le Juif perscut.  eux se joignit le penseur juif Mose Mendelssohn, ami de Lessing, et d'autres crivains libraux allemands. Mendelssohn tait n dans la ville de Dessau. Son pre, Mendel le scribe, tait un pauvre copiste de rouleaux de la Torah. Le jeune Mendelssohn reut l'ancienne instruction juive : bible, Talmud et commentaires rabbiniques. Les oeuvres philosophiques de Mamonide veillrent chez ce garon intelligent le sens critique. Aussi vint-il  Berlin pour y tudier les sciences profanes et la philosophie. Il tudiera mme si intensment et lut tant de livres dans sa pauvre petite chambre, que cette vie sdentaire le rendit bossu. Mais ce ne fut pas en vain qu'il consacra toutes ses forces au travail de l'esprit : bientt il se rvla penseur profond et crivain de talent. Un  jour, Mendelssohn composa en allemand un article intitul : <i>Causerie philosophiqu</i>e et le montra  Lessing ; celui-ci le fit imprimer  l'insu de l'auteur (1755). C'est ainsi que Mendelssohn entra dans la littrature allemande. Il crivit des ouvrages philosophiques dont le plus populaire est son <i>Phdon</i>, sur l'immortalit de l'me. Mais il mditait aussi sur les possibilits de renouveler la vie spirituelle juive et d'adapter son peuple au progrs europen. Mendelssohn inaugura une rforme juive (comme Luther autrefois la Rforme allemande) au moyen d'une nouvelle traduction allemande de la bible. Jusqu'alors, on avait tudi les critures avec des commentaires rabbiniques qui ne rendaient pas exactement le contenu des livres antiques au sens profond : les femmes lisaient la Torah en langue populaire juive, dans une version intitule <i>Tsena Ourena</i> (Allez et voyez !). L, la parole biblique tait voile, par une foule de beaux apologues tirs de l'Agada talmudique et d'exhortations morales trs touchantes, mais trs loignes du texte primitif. Mendelssohn voulait d'une part donner une traduction exacte des livres sacrs, et d'autre part, habituer les juifs  la langue allemande pure, au lieu du &quot;yiddisch-allemand&quot; qu'ils parlaient  cette poque. Outre une traduction allemande, il ajouta au texte hbreu du Tanach un commentaire grammatical pur (<i>Biour</i>) qu'il avait compos en collaboration avec ses savants amis juifs, telles que <i>Nephtali-Herz Weizel, </i><i>Salomon Doubno</i> et autres.  la fin de sa vie, Mendelssohn crivit un opuscule de philosophie religieuse : Jrusalem, pour dmontrer que la religion juive n'exige pas la foi aveugle, mais la comprhension, car ses commandements ont un seul but : rendre l'homme plus pur, le spiritualiser, btir la socit humaine sur une base de justice et de paix. Les ides de Mendelssohn enthousiasmrent ses amis allemands. Dans son drame <i>Natham le sage</i>, Lessing reprsenta Mendelssohn comme le type du sage qui aime tous les hommes sans diffrence de nationalit, ni de confession.  <a NAME="E7E14"></a> <p>  <a NAME="E7E14"></a> <p>Les disciples de Mendelssohn allrent bien plus loin dans la voie de l'adaptation de la vie juive  la nouvelle culture europenne. Le matre mourut en 1786, trois ans avant la Rvolution franaise, qui apporta de grands changements dans la vie sociale de l'Europe occidentale. La jeune gnration juive entrait dans des voies nouvelles. <p> <address> ditions du Cerf</address> <p><a HREF="MAILTO:webmaster@editionsducerf.fr">Dernire mise  jour le 20 juillet 1997</a> <p ALIGN="LEFT"> <a HREF="/html/etudes/synthese/histjud/judhis41.htm" TARGET="_self"><img SRC="/images/navigation/bout_prec.jpg" WIDTH="32" HEIGHT="32" BORDER="0" ALT="Previous Page"></a>    <a HREF="#I0" TARGET="_self"><img SRC="/images/navigation/bout_top.jpg" WIDTH="32" HEIGHT="32" BORDER="0" ALT="Page Top"></a>    <a HREF="/html/etudes/synthese/histjud/judhis43.htm" TARGET="_self"><img SRC="/images/navigation/bout_suiv.jpg" WIDTH="32" HEIGHT="32" BORDER="0" ALT="Next Page"></a>  </body></html>     
