<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 3.2//EN"> <!--last modified on Sunday, April 12, 1998 01:33 PM --> <HTML>  <HEAD> 	<META HTTP-EQUIV="Content-Type" CONTENT="text/html;CHARSET=iso-8859-1"> 	<META NAME="Author" Content="TI'kawa # Jeff"> 	<TITLE>untitled</TITLE> </HEAD>  <BODY BACKGROUND="../../images/frames/Bibli-f.GIF" LINK="#CC3300">    <BLOCKQUOTE> 	<P><FONT SIZE="4"><I>Lhumanisme dans differentes cultures<BR> 	</I></FONT><FONT SIZE="2"><I>Centre Mondial dEtudes Humanistes - 1997 - Editions R&eacute;f&eacute;rence</I></FONT><BR> 	 <HR ALIGN="CENTER"> </P> 	<P><FONT SIZE="5"><B>11. SILO :<BR> 	<I>Quentendons-nous aujourdhui par humanisme universaliste ?</I><BR> 	</B></FONT> <HR ALIGN="CENTER"> <FONT SIZE="2"><I>Communaut&eacute; Emanu-El, Si&egrave;ge du juda&iuml;sme lib&eacute;ral en Argentine, Buenos 	Aires, 24 novembre 1994</I></FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4"><BR> 	Je remercie la communaut&eacute; Emanu-El et le rabbin Sergio Bergman de me donner la possibilit&eacute; de faire, 	ici et aujourdhui, cet expos&eacute;. Je remercie de leur pr&eacute;sence les membres de la communaut&eacute;, 	les intervenants de ce cycle de conf&eacute;rences et, en g&eacute;n&eacute;ral, les amis de lhumanisme.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">Le titre de la pr&eacute;sente dissertation affirme lexistence dun humanisme universel mais 	cette affirmation doit, bien entendu, &ecirc;tre d&eacute;montr&eacute;e. Pour cela, il faudra pr&eacute;ciser 	ce que lon entend par humanisme, &eacute;tant donn&eacute; quil nexiste pas de consensus g&eacute;n&eacute;ral 	sur la signification de ce mot et que, dautre part, il sera n&eacute;cessaire de d&eacute;finir si lhumanisme 	est le propre dun lieu, dune culture, ou sil appartient aux racines et au patrimoine de lhumanit&eacute; toute 	enti&egrave;re. Il conviendra, pour commencer, de pr&eacute;ciser lint&eacute;r&ecirc;t que nous portons &agrave; 	ces questions, faute de quoi on pourrait penser que nous sommes simplement motiv&eacute;s par la curiosit&eacute; 	historique ou par un type quelconque de trivialit&eacute; culturelle. Lhumanisme a, pour nous, non seulement le 	captivant m&eacute;rite d&ecirc;tre histoire mais aussi projet dun monde futur et outil daction actuel.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">Ce qui nous int&eacute;resse, cest un humanisme capable de contribuer &agrave; lam&eacute;lioration 	de la vie, un humanisme capable de faire face &agrave; la discrimination, le fanatisme, lexploitation et la violence. 	Dans un monde qui se globalise rapidement et qui montre des sympt&ocirc;mes de choc entre cultures, ethnies et 	r&eacute;gions, il doit exister un humanisme universel, pluriel et convergent. Dans un monde o&ugrave; les pays, 	les institutions et les relations humaines se d&eacute;structurent, il doit exister un humanisme capable dimpulser 	la recomposition des forces sociales. Dans un monde o&ugrave; lon a perdu le sens et la direction de la vie, il 	doit exister un humanisme apte &agrave; cr&eacute;er une nouvelle atmosph&egrave;re de r&eacute;flexion, dans laquelle 	ne sopposent pas de mani&egrave;re irr&eacute;ductible le personnel au social, ni le social au personnel. Ce qui 	nous int&eacute;resse, cest un humanisme cr&eacute;atif et non un humanisme r&eacute;p&eacute;titif. Cest-&agrave;-dire 	un nouvel humanisme qui, prenant en compte les paradoxes de l&eacute;poque, aspire &agrave; les r&eacute;soudre. 	Ces questions, apparemment contradictoires sous certains aspects, seront pr&eacute;cis&eacute;es tout au long de 	cet expos&eacute;.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">En demandant &laquo; quentendons-nous aujourdhui par humanisme ? &raquo;, nous soulevons &agrave; 	la fois lorigine et l&eacute;tat actuel de la question.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">Commen&ccedil;ons par ce qui est historiquement observable en Occident et laissons la porte ouverte 	&agrave; ce qui est survenu dans dautres parties du monde o&ugrave; lattitude humaniste &eacute;tait pr&eacute;sente 	bien avant lapparition de mots comme humanisme, humaniste et dautres du m&ecirc;me genre. A propos de cette attitude, 	qui est la position commune des humanistes des diff&eacute;rentes cultures, signalons les caract&eacute;ristiques 	suivantes : 1) emplacement de l&ecirc;tre humain comme valeur et pr&eacute;occupation centrale ; 2) affirmation 	de l&eacute;galit&eacute; de tous les &ecirc;tres humains ; 3) reconnaissance de la diversit&eacute; personnelle 	et culturelle ; 4) tendance au d&eacute;veloppement de la connaissance au-del&agrave; de ce qui est accept&eacute; 	comme v&eacute;rit&eacute; absolue ; 5) affirmation de la libert&eacute; did&eacute;es et de croyances et 6) rejet 	de la violence.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">En nous introduisant dans la culture europ&eacute;enne et particuli&egrave;rement dans la culture 	italienne de la pr&eacute;-renaissance, nous pouvons observer que le studia humanitatis (&eacute;tudes des humanit&eacute;s) 	se r&eacute;f&eacute;rait &agrave; la connaissance des langues grecques et latines en mettant une emphase toute 	sp&eacute;ciale sur les auteurs classiques. Les humanit&eacute;s comprenaient lhistoire, la po&eacute;sie, la 	rh&eacute;torique, la grammaire, la litt&eacute;rature et la philosophie morale. Elles traitaient de questions 	g&eacute;n&eacute;riquement humaines, &agrave; la diff&eacute;rence des mati&egrave;res propres aux juristes, canonistes, 	l&eacute;gistes et artistes qui &eacute;taient destin&eacute;es &agrave; une formation sp&eacute;cifiquement professionnelle. 	Evidemment, ces derni&egrave;res incluaient aussi, dans leur formation, des &eacute;l&eacute;ments propres aux 	humanit&eacute;s mais leur &eacute;tude &eacute;tait dirig&eacute;e vers des applications pratiques propres &agrave; 	leurs m&eacute;tiers respectifs. La diff&eacute;rence entre humanistes et professionnels se creusait de plus en 	plus, dans la mesure o&ugrave; les premiers mirent lemphase sur les &eacute;tudes classiques et sur la recherche 	appliqu&eacute;e &agrave; dautres cultures, en s&eacute;parant le cadre professionnel et lint&eacute;r&ecirc;t 	pour le genre humain et les choses humaines. Cette tendance continua &agrave; se d&eacute;velopper jusqu&agrave; 	investir des champs tr&egrave;s &eacute;loign&eacute;s de ce qui &eacute;tait accept&eacute; &agrave; l&eacute;poque 	comme humanit&eacute;s : cela donna lieu &agrave; la grande r&eacute;volution culturelle de la Renaissance.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">Or, lattitude humaniste avait commenc&eacute; &agrave; se d&eacute;velopper bien avant, et nous 	pouvons en retrouver la trace dans les sujets trait&eacute;s par les po&egrave;tes goliards et par les &eacute;coles 	des cath&eacute;drales fran&ccedil;aises du xiie si&egrave;cle. Mais le mot umaniste qui d&eacute;signait un certain 	type d&eacute;tudiant, ne fut utilis&eacute; en Italie quen 1538. Sur ce point, je fait r&eacute;f&eacute;rence 	aux observations de A. Campana dans son article The Origin of the World humanist, publi&eacute; en 1946. Concernant 	la remarque pr&eacute;c&eacute;dente, je souligne que les premiers humanistes ne se reconnaissaient pas eux-m&ecirc;mes 	sous cette d&eacute;signation qui, en revanche, prendra corps beaucoup plus tard. Il faudra consigner ici que des 	mots analogues comme humanistische (humanistique), en accord avec les &eacute;tudes de Walter R&uuml;egg, commencent 	&agrave; &ecirc;tre usit&eacute;s en 1784 et que humanismus (humanisme) commence &agrave; se r&eacute;pandre 	&agrave; partir des travaux de Niethammer en 1808. Cest au milieu du xixe si&egrave;cle que le terme humanisme 	commence &agrave; circuler dans toutes les langues. Par cons&eacute;quent, nous sommes en train de parler de d&eacute;signations 	r&eacute;centes et dinterpr&eacute;tations de ph&eacute;nom&egrave;nes qui furent certainement v&eacute;cus par 	leurs protagonistes de mani&egrave;re tr&egrave;s diff&eacute;rente de celle que lhistoriologie ou lhistoire 	du si&egrave;cle dernier les a consid&eacute;r&eacute;es. Ce point ne me para&icirc;t pas inutile et je voudrais 	le reprendre plus avant, en consid&eacute;rant les significations que le mot humanisme a prises jusqu&agrave; 	ce jour.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">Si vous me permettez une digression, je dirai que dans le moment actuel, nous nous trouvons encore 	en pr&eacute;sence de ce substrat historique. En effet les diff&eacute;rences persistent entre les &eacute;tudes 	des humanit&eacute;s dans les facult&eacute;s ou instituts d&eacute;tudes humanistes et la simple attitude de 	personnes, non d&eacute;finies par leur profession mais par leur position vis-&agrave;-vis de lhumain comme pr&eacute;occupation 	centrale. Quand, aujourdhui, quelquun se d&eacute;finit comme humaniste, il ne le fait pas en r&eacute;f&eacute;rence 	&agrave; ces &eacute;tudes dhumanit&eacute;s et, inversement, un &eacute;tudiant en humanit&eacute;s ne se consid&egrave;re 	pas pour autant humaniste. Lattitude humaniste est, de mani&egrave;re diffuse, comprise comme quelque chose de 	plus ample, presque totalisante, bien au-del&agrave; des sp&eacute;cialit&eacute;s universitaires.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">Dans le monde universitaire occidental, on sattache &agrave; nommer humanisme ce processus de 	transformation de la culture qui, d&eacute;butant en Italie, particuli&egrave;rement &agrave; Florence, entre la 	fin du xiie et le d&eacute;but du xiiie si&egrave;cle, sach&egrave;ve &agrave; la Renaissance par son expansion 	&agrave; toute lEurope. Ce courant apparut li&eacute; aux humanae litterae, &eacute;crits relatifs aux choses 	humaines, en opposition aux divinae litterae, qui mettaient laccent sur les choses divines. Et cest lune des 	raisons pour laquelle on appelle ses repr&eacute;sentants humanistes. Suivant cette interpr&eacute;tation, lhumanisme 	est, &agrave; lorigine, un ph&eacute;nom&egrave;ne litt&eacute;raire ayant une tendance &eacute;vidente &agrave; 	reprendre les apports de la culture gr&eacute;co-latine, asphyxi&eacute;s par la vision chr&eacute;tienne m&eacute;di&eacute;vale. 	On doit noter que lapparition de ce ph&eacute;nom&egrave;ne nest pas seulement d&ucirc; &agrave; la modification 	endog&egrave;ne des facteurs &eacute;conomiques, sociaux et politiques de la soci&eacute;t&eacute; occidentale, 	mais que celle-ci a re&ccedil;u des influences transformatrices venant dautres milieux et civilisations. Le contact 	intense avec les cultures juive et musulmane ainsi que l&eacute;largissement de lhorizon g&eacute;ographique, 	firent partie dun contexte qui stimula la pr&eacute;occupation pour le genre humain et pour les d&eacute;couvertes 	des choses humaines.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">A mon avis, S. Puledda parvient &agrave; expliquer dans ses Interpr&eacute;tations de lHumanisme, 	que le monde europ&eacute;en m&eacute;di&eacute;val pr&eacute;-humaniste &eacute;tait un milieu ferm&eacute;, du 	point de vue temporel et physique, et que ce monde avait tendance &agrave; nier limportance du contact effectif 	avec dautres cultures. Lhistoire, du point de vue m&eacute;di&eacute;val, est lhistoire du p&ecirc;ch&eacute; 	et de la r&eacute;demption dans laquelle la connaissance dautres civilisations non illumin&eacute;es par la gr&acirc;ce 	de Dieu ne rev&ecirc;t pas grand int&eacute;r&ecirc;t. Le futur pr&eacute;pare simplement lApocalypse et le jugement 	de Dieu. La Terre est immobile et se trouve au centre de lUnivers, suivant la conception de Ptol&eacute;m&eacute;e. 	Tout est entour&eacute; d&eacute;toiles fixes et les sph&egrave;res plan&eacute;taires tournent, anim&eacute;es 	par des puissances ang&eacute;liques. Ce syst&egrave;me finit dans lEmpyr&eacute;e, si&egrave;ge de Dieu, moteur 	immobile qui met tout en mouvement. Lorganisation sociale correspond &agrave; cette vision : une structure hi&eacute;rarchique 	et h&eacute;r&eacute;ditaire diff&eacute;rencie les nobles des serfs. Au sommet de la pyramide se trouvent le Pape 	et lEmpereur parfois alli&eacute;s, parfois en lutte pour la pr&eacute;&eacute;minence hi&eacute;rarchique. Le 	r&eacute;gime &eacute;conomique m&eacute;di&eacute;val, au moins jusquau xie si&egrave;cle, est un syst&egrave;me 	&eacute;conomique ferm&eacute; o&ugrave; la consommation du produit seffectue sur le lieu de production. La circulation 	mon&eacute;taire est rare. Le commerce est difficile et lent. LEurope est une puissance occidentale ferm&eacute;e, 	la mer, comme voie de trafic, &eacute;tant entre les mains des byzantins et des arabes. A cela sajoutent les voyages 	de Marco Polo et son contact avec les cultures et la technologie de lExtr&ecirc;me-Orient ; les centres denseignement 	dEspagne o&ugrave; les ma&icirc;tres juifs, arabes et chr&eacute;tiens irradient par leur connaissance ; la recherche 	de nouvelles routes commerciales qui &eacute;ludent les barri&egrave;res du conflit byzantin-musulman ; la formation 	dune couche marchande de plus en plus active ; la croissance dune bourgeoisie urbaine de plus en plus puissante 	et le d&eacute;veloppement dinstitutions politiques plus efficace tels les seigneurs dItalie. Cet ensemble va 	marquer un changement profond dans latmosph&egrave;re sociale, et ce changement va permettre le d&eacute;veloppement 	de lattitude humaniste. On ne doit pas oublier que ce d&eacute;veloppement admet nombre davanc&eacute;es et reculs, 	jusqu&agrave; ce que la nouvelle attitude devienne consciente.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">Cent ans apr&egrave;s P&eacute;trarque (1304-1374), il existe une connaissance dix fois plus 	importante des classiques que tout au long des mille ans de la p&eacute;riode pr&eacute;c&eacute;dente. P&eacute;trarque 	dirige sa recherche vers les anciens codex, dans le but de corriger</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">la m&eacute;moire d&eacute;form&eacute;e, et initie ainsi une tendance de reconstruction du pass&eacute; 	et un nouveau point de vue du courant de lhistoire, bloqu&eacute; par limmobilisme de l&eacute;poque. Un autre 	humaniste, parmi les premiers, Manetti, dans son uvre De Dignitae et Exellentia Hominis (la dignit&eacute; et 	lexcellence des hommes), revendique l&ecirc;tre humain contre le Contemplu Mundi (le m&eacute;pris du monde), 	pr&ecirc;ch&eacute; par le moine Lotaire (ult&eacute;rieurement pape, connu sous le nom dInnocent III). A partir 	de l&agrave;, Lorenzo Valla dans De Voluptate (le plaisir), attaque le concept &eacute;thique de la douleur, en 	vigueur dans la soci&eacute;t&eacute; de son temps. En loccurrence, pendant que survient le changement &eacute;conomique 	et que les structures sociales se modifient, les humanistes prennent conscience de ce processus en g&eacute;n&eacute;rant 	une cascade de productions dans lesquelles se profile ce courant qui d&eacute;passe lenceinte culturelle et finit 	par mettre en question les structures du pouvoir aux mains de lEglise et du monarque.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">De nombreux sp&eacute;cialistes mettent laccent sur lapparition pr&eacute;coce, dans lhumanisme 	de la pr&eacute;-renaissance, dune nouvelle image de lEtre Humain et de la personnalit&eacute; humaine. Celle-ci 	se construit et sexprime &agrave; travers laction et cest dans ce sens quune importance sp&eacute;ciale est 	donn&eacute;e &agrave; la volont&eacute; sur lintelligence sp&eacute;culative. Dautre part une nouvelle attitude 	&eacute;merge face &agrave; la nature. Elle nest plus une simple cr&eacute;ation de Dieu et une vall&eacute;e 	de larmes pour les mortels, mais le milieu de lEtre Humain et dans certains cas, le si&egrave;ge et le corps de 	Dieu. Enfin, ce nouveau point de vue face &agrave; lunivers physique renforce l&eacute;tude des diff&eacute;rents 	aspects du monde mat&eacute;riel, avec une tendance &agrave; lexpliquer comme un ensemble de forces immanentes 	qui ne n&eacute;cessitent pas de concepts th&eacute;ologiques pour &ecirc;tre comprises. Lorientation vers lexp&eacute;rimentation 	et la tendance &agrave; la domination des lois naturelles sont alors &eacute;videntes. Le monde est d&eacute;sormais 	le r&egrave;gne de lhomme et il doit &ecirc;tre domin&eacute; par la connaissance des sciences.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">A propos de lorientation comment&eacute;e, les &eacute;rudits du xixe si&egrave;cle circonscrivaient 	non seulement de nombreuses personnalit&eacute;s litt&eacute;raires de la Renaissance en tant quhumanistes mais 	aussi, aux c&ocirc;t&eacute;s de Nicolas de Cusa, Rodolfo Agricola, Jean Reuchlin, Erasme, Thomas More, Jacques 	Lefevre, Charles Bouill&eacute;, Juan Vives ils plac&egrave;rent Galil&eacute;e et L&eacute;onardo.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">On sait que de nombreuses id&eacute;es mises en uvre par les humanistes continuent d&eacute;voluer 	et finissent par inspirer les encyclop&eacute;distes et les r&eacute;volutionnaires du xviiie si&egrave;cle.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">Mais cest apr&egrave;s les r&eacute;volutions am&eacute;ricaine et fran&ccedil;aise que commence 	le d&eacute;clin dans lequel lattitude humaniste se trouve &eacute;touff&eacute;e. L&agrave;, lid&eacute;alisme 	critique, lid&eacute;alisme absolu et le romantisme qui, en leur temps, ont inspir&eacute; des philosophies politiques 	absolutistes, ont d&eacute;laiss&eacute; l&ecirc;tre humain comme valeur centrale pour le transformer en un &eacute;piph&eacute;nom&egrave;ne 	dautres puissances. Cette obj&eacute;tisation, ce cela au lieu dun tu comme le souligne finement Martin Buber, 	sinstalle au niveau plan&eacute;taire. Mais les trag&eacute;dies des deux guerres mondiales &eacute;meuvent profond&eacute;ment 	les soci&eacute;t&eacute;s et, face &agrave; labsurde, la question de la signification de l&ecirc;tre humain 	resurgit. Elle devient pr&eacute;sente dans les dites philosophies de lexistence. Je reviendrai sur la situation 	contemporaine de lhumanisme &agrave; la fin de cet expos&eacute;. Pour linstant, je voudrais souligner quelques 	aspects fondamentaux de lhumanisme parmi lesquels son attitude anti-discriminatoire et sa tendance &agrave; luniversalit&eacute;.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">La question de la tol&eacute;rance mutuelle et de la convergence ult&eacute;rieure est tr&egrave;s 	ch&egrave;re &agrave; lhumanisme ; aussi, je voudrais rapporter &agrave; nouveau devant vous ce quexplique le 	Dr. Bauer dans sa conf&eacute;rence du 3 novembre 1994. Il dit :</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">&laquo;  Dans la soci&eacute;t&eacute; f&eacute;odale musulmane, particuli&egrave;rement en 	Espagne, la situation des Juifs &eacute;tait bien diff&eacute;rente. On ne peut m&ecirc;me pas parler de leur marginalisation 	sociale, pas plus que de celle des chr&eacute;tiens. Et cest seulement dans des cas exceptionnels que pouvaient 	surgir des tendances que nous appellerions aujourdhui fondamentalistes. La religion dominante ne sidentifiait 	pas &agrave; lordre social comme c&eacute;tait le cas en Europe chr&eacute;tienne.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">&laquo; On ne peut m&ecirc;me pas parler de division id&eacute;ologique car diff&eacute;rents 	cultes existaient parall&egrave;lement et dans une tol&eacute;rance mutuelle. Ils allaient tous ensemble &agrave; 	l&eacute;cole ou dans les universit&eacute;s officielles, chose inconcevable dans la soci&eacute;t&eacute; m&eacute;di&eacute;vale 	chr&eacute;tienne. Le grand Maimonide &eacute;tait disciple et ami de Ibn Rushd Averro&egrave;s durant sa jeunesse. 	Et si, plus tard, les Juifs et Maimonide lui m&ecirc;me subirent des pressions et des pers&eacute;cutions de la 	part de fanatiques dorigine africaine qui s&eacute;taient empar&eacute; du pouvoir en Andalousie (Al Andalous), 	le philosophe arabe qui, pour eux, &eacute;tait un h&eacute;r&eacute;tique ne leur &eacute;chappa pas non plus.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">&laquo; Et dans une telle atmosph&egrave;re, un humanisme ample et profond venant tout aussi 	bien des musulmans que des Juifs pouvait certainement surgir. Il se manifestait sur le terrain de la philosophie 	comme sur celui de la po&eacute;sie. Des po&egrave;tes juifs &eacute;crivirent des po&egrave;mes sublimes en langue 	h&eacute;bra&iuml;que et en langue arabe ; parmi eux se d&eacute;tachaient Judah Ben Samuel Halevi, Salomon Ibn 	Gabirol et de nombreux autres. Parmi les philosophes humanistes, rationalistes et mat&eacute;rialistes nous devons 	citer, en plus de Maimonide lui-m&ecirc;me, avant tout Abraham Ibn Ezra que nous pouvons consid&eacute;rer, de 	par son panth&eacute;isme englobant et profond, comme le pr&eacute;curseur de Baruch Spinoza qui dailleurs, le 	valorisa. Ce grand esprit consid&eacute;rait que la cr&eacute;ation du monde ne s&eacute;tait pas effectu&eacute;e 	ex nihilo, cest-&agrave;-dire du n&eacute;ant, mais &agrave; partir dune substance mat&eacute;rielle &eacute;ternelle 	coexistante et consubstantielle &agrave; Dieu.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">&laquo; En Italie, la situation &eacute;tait similaire, non seulement sous le bref empire de 	lIslam sur la Sicile, mais aussi apr&egrave;s et durant longtemps sous la domination directe de la papaut&eacute;. 	Un monarque dorigine allemande, lempereur Fr&eacute;d&eacute;ric II de Hohenstaufen, r&eacute;sidant en Sicile 	et lui-m&ecirc;me po&egrave;te, eut laudace de proclamer pour son r&eacute;gime une racine id&eacute;ologique 	tripartite : chr&eacute;tienne, juive et musulmane et, y compris &agrave; travers cette derni&egrave;re, la continuit&eacute; 	avec la philosophie classique grecque. &raquo; Fin de citation.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">Pour ce qui est de lhumanisme dans les cultures juive et arabe, il ny a pas de difficult&eacute; 	majeure &agrave; le rep&eacute;rer. Je voudrais seulement rapporter quelques observations que lacad&eacute;micien 	russe Arthur Sagadeev fit lors de la conf&eacute;rence sur lHumanisme dans la pens&eacute;e classique musulmane 	&agrave; Moscou en novembre de lann&eacute;e derni&egrave;re. Il souligne :</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">&laquo; Linfrastructure de lhumanisme dans le monde musulman &eacute;tait d&eacute;termin&eacute;e 	par le d&eacute;veloppement des villes et par la culture citadine. Les chiffres qui suivent permettent d&eacute;valuer 	le degr&eacute; durbanisation de ce monde : dans les trois plus grandes villes de Savad, en M&eacute;sopotamie 	du Sud, et dans les deux plus grandes villes dEgypte, vivaient pr&egrave;s de 20% de toute la population. Avec 	une population de plus de cent mille habitants chacune, la M&eacute;sopotamie et lEgypte des viiie et xe si&egrave;cles 	comptaient un pourcentage de citadins sup&eacute;rieur &agrave; celui des pays dEurope occidentale du xixe si&egrave;cle, 	comme les Pays-Bas, lAngleterre, le Pays de Galles ou la France. Selon des calculs tr&egrave;s m&eacute;ticuleux, 	Bagdad &agrave; cette &eacute;poque avait 400.000 habitants et la population de villes comme Fustat (appel&eacute;e 	Le Caire par la suite), Cordoue, Alexandrie, Kufa et Basra &eacute;tait de cent mille &agrave; deux cent cinquante 	mille habitants chacune. La concentration dans les villes qui s&eacute;taient enrichies gr&acirc;ce au commerce 	et aux imp&ocirc;ts, d&eacute;termina, au Moyen Age, lapparition dune couche dintellectuels relativement nombreux, 	une dynamisation de la vie spirituelle, la prosp&eacute;rit&eacute; de la science, de la litt&eacute;rature et 	de lart. L&ecirc;tre humain &eacute;tait le centre dint&eacute;r&ecirc;t en tant que genre humain et en tant 	que personnalit&eacute; unique. Il faut signaler que le monde musulman m&eacute;di&eacute;val ne connaissait pas 	de division culturelle entre la culture urbaine et la culture oppos&eacute;e aux habitants des villes par ses orientations 	axiologiques, comme celle qui existaient en Europe entre les habitants des monast&egrave;res et ceux des ch&acirc;teaux 	f&eacute;odaux. Les repr&eacute;sentants de l&eacute;ducation th&eacute;ologique et les groupes sociaux comparables 	aux f&eacute;odaux dEurope vivaient, dans le monde musulman, dans les villes et exp&eacute;rimentaient la puissante 	influence de la culture form&eacute;e au sein des habitants urbains fortun&eacute;s des villes musulmanes.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">&laquo; A propos du caract&egrave;re des orientations axiologiques des habitants fortun&eacute;s 	des villes musulmanes, nous pouvons remarquer, dapr&egrave;s le groupe de r&eacute;f&eacute;rence quils voulaient 	imiter, une sorte dincarnation de traits obligatoires dune personnalit&eacute; illustre et bien &eacute;duqu&eacute;e. 	Ce groupe de r&eacute;f&eacute;rence &eacute;tait form&eacute; par les Adibs, personnes tr&egrave;s int&eacute;ress&eacute;es 	par les aspects humanitaires, ayant des connaissances et une haute morale. LAdab, ou plut&ocirc;t lensemble des 	qualit&eacute;s propres de lAdib, supposait des id&eacute;aux de conduite citadine, courtoise, raffin&eacute;e, 	avec humour et &eacute;tait par sa fonction intellectuelle et morale synonyme du mot grec paideia et du mot latin 	humanitas. Non seulement les Adibs incarnaient des id&eacute;aux dhumanisme mais &eacute;taient aussi des propagateurs 	did&eacute;es humanistes qui, parfois, prenaient la forme de sentences lapidaires : lhomme est un probl&egrave;me 	pour lhomme ; pour celui qui traverse notre mer il nexiste pas dautre rivage que lui-m&ecirc;me. Linsistance 	sur le destin terrestre de l&ecirc;tre humain est typique chez lAdib et le conduisait parfois au scepticisme 	religieux et m&ecirc;me jusqu&agrave; affirmer son ath&eacute;isme et &agrave; lapparition, parmi ces repr&eacute;sentants, 	des gens &agrave; la mode qui montraient ostensiblement leur ath&eacute;isme. Le mot Adab signifiait initialement 	l&eacute;tiquette propre aux B&eacute;douins, il acquit sa perfection humaniste parce que le Califat, pour la 	premi&egrave;re fois depuis Alexandre Le Grand, devint le centre inter-relationnel de diff&eacute;rentes traditions 	culturelles et de divers groupes confessionnels qui unissaient la M&eacute;diterran&eacute;e avec le monde Irano-Indien.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">&laquo; Dans la p&eacute;riode o&ugrave; la culture musulmane m&eacute;di&eacute;vale fut prosp&egrave;re, 	lAdab exigeait et se pr&eacute;valait dune part, de conna&icirc;tre la philosophie hell&eacute;nique ancienne 	et dautre part dassimiler les programmes d&eacute;ducation &eacute;labor&eacute;s par les scientifiques grecs. 	Les musulmans disposaient d&eacute;normes possibilit&eacute;s pour la r&eacute;alisation de ces programmes. Il 	suffit de dire que selon le calcul des sp&eacute;cialistes, il y avait plus de livres &agrave; Cordoue que dans 	toute lEurope, hormis Al-Andalous. La transformation du Califat en centre dinfluences inter-culturelles, et en 	divers groupes ethniques m&eacute;lang&eacute;s, contribuait &agrave; la formation dun nouveau trait de lhumanisme 	: luniversalisme, en tant quid&eacute;e de lunit&eacute; du genre humain. Dans la r&eacute;alit&eacute;, la 	manifestation de cette id&eacute;e correspondait au fait que les terres habit&eacute;es par les musulmans s&eacute;tendaient 	de la Volga, au nord, jusqu&agrave; Madagascar, au sud, et de la c&ocirc;te atlantique de lAfrique, en Occident, 	jusqu&agrave; la c&ocirc;te pacifique de lAsie, en Orient.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">&laquo; M&ecirc;me si avec le temps lempire musulman sest d&eacute;sint&eacute;gr&eacute; et 	que les petits Etats form&eacute;s sur ses ruines &eacute;taient compar&eacute;s aux possessions des successeurs 	dAlexandre Le Grand, les fid&egrave;les de lIslam vivaient unis par une seule religion, une seule langue litt&eacute;raire 	commune, une seule loi, une seule culture et dans la vie quotidienne ils communiquaient et &eacute;changeaient 	avec des valeurs culturelles de diff&eacute;rents groupes confessionnels tr&egrave;s vari&eacute;s. Lesprit de 	luniversalisme dominait dans les cercles scientifiques, dans les r&eacute;unions (Madjalis) qui unissaient des 	musulmans, des chr&eacute;tiens, des juifs et des ath&eacute;es partageant des int&eacute;r&ecirc;ts intellectuels 	communs de diverses r&eacute;gions du monde musulman. Cest lid&eacute;ologie de lamiti&eacute; qui les unissait, 	celle-ci ayant d&eacute;j&agrave; uni auparavant les &eacute;coles philosophiques de lAntiquit&eacute;, par exemple 	des sto&iuml;ques, des &eacute;picuriens, des n&eacute;oplatoniciens, etc. ainsi que pendant la Renaissance italienne, 	le cercle de Marsilio Ficino. Sur le plan th&eacute;orique, les principes de luniversalisme &eacute;taient d&eacute;j&agrave; 	&eacute;labor&eacute;s dans les encadrements de Kalam et ils devinrent ensuite le fondement de la conception du 	monde, aussi bien des philosophes rationalistes que des mystiques soufis. Il &eacute;tait dans la norme, dans les 	discussions organis&eacute;es par les th&eacute;ologiens Mutakallimies (les Ma&icirc;tres de lIslam) dont les 	participants repr&eacute;sentaient diff&eacute;rentes confessions, dargumenter sur lauthenticit&eacute; de leurs 	th&egrave;ses, non pas en sappuyant sur des r&eacute;f&eacute;rences aux textes sacr&eacute;s, celles-ci nayant 	pas de fondement pour les repr&eacute;sentants des autres religions mais plut&ocirc;t en sappuyant exclusivement 	sur la raison humaine. &raquo;</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">La lecture que je viens de faire de la contribution de Sagadeev ne t&eacute;moigne pas de la 	richesse descriptive de cette &eacute;tude des coutumes, de la vie quotidienne, de lart, de la religiosit&eacute;, 	du droit et de lactivit&eacute; &eacute;conomique du monde musulman &agrave; l&eacute;poque de sa splendeur humaniste. 	Je voudrais maintenant parler du travail dun autre acad&eacute;micien russe, sp&eacute;cialiste des cultures dAm&eacute;rique. 	Le professeur Serguei Semenov, dans sa monographie dao&ucirc;t de cette ann&eacute;e, intitul&eacute;e Traditions 	et innovations humanistes dans le monde ib&eacute;ro-am&eacute;ricain, effectue une mise au point totalement novatrice 	qui retrace lattitude humaniste dans les grandes cultures de lAm&eacute;rique pr&eacute;colombienne.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">Je lui laisse la parole :</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">&laquo;  quand nous parlons des tendances humanistes dans le monde ib&eacute;ro-am&eacute;ricain, 	nous pouvons les analyser, avant tout, &agrave; travers la production duvres artistiques, de luvre des masses 	et de luvre professionnelle qui se concr&eacute;tise dans les monuments de la culture et senregistre dans la 	m&eacute;moire du peuple.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">&laquo; Cette optique interdisciplinaire danalyse des manifestations concr&egrave;tes de lhumanisme 	offre de nombreuses possibilit&eacute;s dapplication au monde ib&eacute;ro-am&eacute;ricain qui est pluraliste 	par excellence et qui personnifie la synth&egrave;se culturelle se r&eacute;alisant des deux c&ocirc;t&eacute;s 	de lAtlantique, sur quatre continents.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">&laquo; Evidemment, ces principes se diff&eacute;renciaient beaucoup des traditions du monde 	eurasiatique mais ils les rapprochaient de la reconnaissance universelle de lunit&eacute; de principe de tous 	les &ecirc;tres humains, ind&eacute;pendamment de leur appartenance tribale ou sociale. Ces notions de lhumanisme, 	nous les constatons en M&eacute;soam&eacute;rique et en Am&eacute;rique du Sud dans la p&eacute;riode pr&eacute;colombienne.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">&laquo; Dans le premier cas, il sagit du mythe de Quetzalcoatl ; dans le deuxi&egrave;me, de 	la l&eacute;gende de Viracocha, deux divinit&eacute;s qui rejetaient les sacrifices humains pratiqu&eacute;s couramment 	sur des prisonniers de guerre appartenant &agrave; dautres tribus. En M&eacute;soam&eacute;rique, les sacrifices 	humains &eacute;taient courants avant la conqu&ecirc;te espagnole.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">&laquo; Cependant, les mythes et les l&eacute;gendes indig&egrave;nes, les chroniques espagnoles 	et les monuments de la culture mat&eacute;rielle d&eacute;montrent que le culte de Quetzalcoatl, qui appara&icirc;t 	dans les ann&eacute;es 1200-1100 avant notre &egrave;re, est reli&eacute;, dans la conscience des peuples de cette 	r&eacute;gion, &agrave; la lutte contre les sacrifices humains et &agrave; laffirmation dautres normes morales 	qui condamnent lassassinat, le vol et les guerres. Selon une s&eacute;rie de l&eacute;gendes, le gouverneur tolt&egrave;que 	de la ville de Tula, Topiltzin, qui adopta le nom de Quetzalcoatl et qui v&eacute;cut au xe si&egrave;cle de notre 	&egrave;re, avait les traits dun h&eacute;ros culturel. Selon ces l&eacute;gendes, il enseigna lorf&egrave;vrerie 	aux habitants de Tula, il interdit la pratique dimmolations humaines et animales, ne permettant que des fleurs, 	du pain et des parfums comme offrandes aux dieux. Topiltzin condamnait lassassinat, les guerres et le vol. Selon 	la l&eacute;gende, il avait laspect dun homme blanc, non pas blond mais brun. Certains racontent quil partit 	en mer, dautres quil senflamma en une lueur montant au ciel, laissant lespoir de son retour marqu&eacute; dans 	l&eacute;toile matinale. On attribue &agrave; ce h&eacute;ros linstauration du style de vie humaniste en M&eacute;soam&eacute;rique, 	d&eacute;nomm&eacute; toltecayotl, assimil&eacute; non seulement par les tolt&egrave;ques mais aussi par les 	peuples voisins qui h&eacute;rit&egrave;rent de la tradition tolt&egrave;que. Ce style de vie &eacute;tait fond&eacute; 	sur des principes de fraternit&eacute; de tous les &ecirc;tres humains, de perfectionnement, de v&eacute;n&eacute;ration 	du travail, dhonn&ecirc;tet&eacute;, de fid&eacute;lit&eacute; &agrave; la parole, d&eacute;tude des secrets 	de la nature et par une vision optimiste du monde.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">&laquo; Les l&eacute;gendes des peuples mayas de la m&ecirc;me p&eacute;riode t&eacute;moignent 	de lactivit&eacute; du gouverneur ou du pr&ecirc;tre de la ville de Chichen-Itza et fondateur de la ville de Mayapan, 	appel&eacute; Kukulkan, analogue au Quetzalcoatl maya.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">&laquo; Le gouverneur de la ville de Texcoco, le philosophe et po&egrave;te Metzahualcoyotl, 	qui v&eacute;cut de 1402 &agrave; 1472, fut un autre repr&eacute;sentant de la tendance humaniste en M&eacute;soam&eacute;rique. 	Ce philosophe rejetait aussi les sacrifices humains, chantait lamiti&eacute; entre les &ecirc;tres humains et 	exer&ccedil;a une profonde influence sur la culture des peuples du Mexique.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">&laquo; En Am&eacute;rique du Sud, nous observons un mouvement similaire au d&eacute;but du xve 	si&egrave;cle. Ce mouvement est reli&eacute; aux noms de Inca Cuzi Yupanqui, qui re&ccedil;ut le nom de Pachacutec 	 r&eacute;formateur  et de son fils Tupac Yupanqui, ainsi qu&agrave; lexpansion du culte du dieu Viracocha. 	De m&ecirc;me quen M&eacute;soam&eacute;rique, Pachacutec, comme son p&egrave;re Ripa Yupanqui, assuma le titre 	de dieu et sappela Viracocha. Les normes morales par lesquelles &eacute;tait r&eacute;gie officiellement la soci&eacute;t&eacute; 	de Tahuantinsuyo &eacute;taient reli&eacute;es &agrave; son culte et aux r&eacute;formes de Pachacutec qui, de 	m&ecirc;me que Topiltzin, avait des traits de h&eacute;ros culturel. &raquo; Fin de la citation dun travail &eacute;videmment 	bien plus &eacute;tendu et plus riche.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">Jai voulu, &agrave; travers la lecture de ces documents, un rapprochement de t&eacute;moignage 	de ce que nous appelons attitude humaniste dans des r&eacute;gions tr&egrave;s diff&eacute;rentes et que nous pouvons, 	bien-s&ucirc;r, rencontrer &agrave; des p&eacute;riodes pr&eacute;cises de diverses cultures. Et je dis &agrave; 	des p&eacute;riodes pr&eacute;cises parce quune telle attitude semble reculer et avancer de fa&ccedil;on intermittente 	tout au long de lhistoire jusqu&agrave; ce que, souvent, elle disparaisse d&eacute;finitivement en des moments 	sans retour qui pr&eacute;c&egrave;dent leffondrement dune civilisation. On comprendra qu&eacute;tablir des 	liens entre des civilisations &agrave; travers leurs moments humanistes est une uvre consid&eacute;rable et de 	grande port&eacute;e. Actuellement, les groupes ethniques et religieux se replient sur eux-m&ecirc;mes afin de 	parvenir &agrave; une identit&eacute; forte et il sinstaure une sorte de chauvinisme culturel ou r&eacute;gional 	dans lequel ils menacent de se heurter &agrave; dautres ethnies, cultures ou religions. Et si tout un chacun aime 	l&eacute;gitimement son peuple et sa culture, il peut comprendre aussi quen lui et dans ses racines exista ou 	existe ce moment humaniste qui le rend, par d&eacute;finition, universel et semblable &agrave; celui quil affronte. 	Il sagit donc de diversit&eacute;s qui ne pourront seffacer les unes les autres. Il sagit de diversit&eacute;s 	qui ne sont pas un obstacle, ni un d&eacute;faut, ni un retard, mais qui constituent la richesse m&ecirc;me de 	lhumanit&eacute;. En r&eacute;alit&eacute;, le probl&egrave;me ne se situe pas ici, mais dans la convergence possible 	de telles diversit&eacute;s et cest &agrave; ce moment humaniste que je fais allusion lorsque je fait r&eacute;f&eacute;rence 	aux points de convergence.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">Je voudrais, pour finir, revenir &agrave; la question de lhumanisme dans le moment actuel. Nous 	disons quapr&egrave;s les deux catastrophes mondiales, les philosophes de lexistence r&eacute;-ouvrirent le d&eacute;bat 	sur un th&egrave;me qui paraissait mort auparavant. Ce d&eacute;bat commen&ccedil;a en consid&eacute;rant lhumanisme 	comme une philosophie alors quen r&eacute;alit&eacute; il ne fut jamais une posture philosophique mais une perspective 	et une attitude face &agrave; la vie et aux choses. Si, dans le d&eacute;bat, on consid&eacute;ra la description 	du xixe si&egrave;cle comme acquise, il ne faut pas s&eacute;tonner que des penseurs comme Foucault aient accus&eacute; 	lhumanisme d&ecirc;tre inclus dans ce r&eacute;cit. Cependant Heidegger avait pr&eacute;c&eacute;demment exprim&eacute; 	son antihumanisme dans sa Lettre sur lHumanisme, consid&eacute;rant lhumanisme comme une m&eacute;taphysique 	de plus. La discussion fut peut-&ecirc;tre fond&eacute;e sur la position de lexistentialisme sartrien qui posa 	la question en termes philosophiques. Si lon regarde ces choses depuis la perspective actuelle il nous para&icirc;t 	excessif daccepter une interpr&eacute;tation sur un fait comme le fait lui-m&ecirc;me et &agrave; partir de l&agrave;, 	lui attribuer ces caract&eacute;ristiques d&eacute;termin&eacute;es. Althusser, L&eacute;vy-Strauss et de nombreux 	structuralistes ont d&eacute;clar&eacute; dans leurs uvres leur antihumanisme, de la m&ecirc;me mani&egrave;re 	que dautres ont d&eacute;fendu lhumanisme comme une m&eacute;taphysique ou pour le moins comme une anthropologie.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">En r&eacute;alit&eacute;, lhumanisme historique occidental ne fut en aucun cas une philosophie, 	ni chez Pico della Mirandola, ni chez Marsilio Ficino. Le fait que de nombreux philosophes aient &eacute;t&eacute; 	inclus dans lattitude humaniste nimplique pas que celle-ci soit une philosophie. Dautre part, si lhumanisme 	de la Renaissance sint&eacute;ressa aux th&egrave;mes de la philosophie morale, on doit comprendre cette pr&eacute;occupation 	comme un effort de plus pour faire &eacute;chouer la manipulation pratique queffectua dans ce champ la philosophie 	scolastique m&eacute;di&eacute;vale. Depuis ces erreurs dans linterpr&eacute;tation de lhumanisme, consid&eacute;r&eacute; 	comme une philosophie, il est facile de parvenir &agrave; des postures naturalistes comme celles qui sexprim&egrave;rent 	dans Le Manifeste Humaniste de 1933, ou &agrave; des positions socio-lib&eacute;rales comme dans Le Manifeste Humaniste 	II de 1974. Ainsi des auteurs comme Lamont ont d&eacute;fini leurs humanismes naturalistes et anti-id&eacute;alistes, 	affirmant lanti-surnaturel, l&eacute;volutionnisme radical, linexistence de l&acirc;me, lautosuffisance de 	lhomme, la libert&eacute; de la volont&eacute;, l&eacute;thique intra-mondaine, la valeur de lart et lhumanitarisme. 	Je crois quils ont le droit de caract&eacute;riser ainsi leurs conceptions mais il me para&icirc;t excessif de 	soutenir que lhumanisme historique sest m&ucirc; &agrave; lint&eacute;rieur de ces directions. Dautre part, 	je pense que la prolif&eacute;ration dhumanismes ces derni&egrave;res ann&eacute;es est tout &agrave; fait l&eacute;gitime 	car ils se sont toujours pr&eacute;sent&eacute;s comme des particularit&eacute;s et sans la pr&eacute;tention dabsolutiser 	lhumanisme en g&eacute;n&eacute;ral. Enfin, je crois aussi que lhumanisme est actuellement en condition de devenir 	une philosophie, une morale, un instrument daction et un style de vie. La discussion philosophique sur un humanisme 	historique, en outre localis&eacute;, a &eacute;t&eacute; mal pos&eacute;e. Cest maintenant que le nouveau d&eacute;bat 	commence. Les objections de lantihumanisme devront se justifier devant ce que propose aujourdhui le nopropose 	aujourdhui le nouvel humanisme universel. Nous devons reconna&icirc;tre que toute cette discussion a &eacute;t&eacute; 	quelque peu provinciale et que cela fait trop longtemps que se perp&eacute;tue le d&eacute;bat selon lequel lhumanisme 	na&icirc;t dans un point g&eacute;ographique, se discute dans ce point et veut peut-&ecirc;tre sexporter dans 	le monde comme un mod&egrave;le de ce point. Nous conc&eacute;dons que le copyright, le monopole du mot humanisme, 	sinscrit dans une aire g&eacute;ographique. En fait, nous avons parl&eacute; de lhumanisme occidental, europ&eacute;en, 	et dans une certaine mesure, cic&eacute;ronien. Nous avons soutenu que lhumanisme na jamais &eacute;t&eacute; 	une philosophie mais une perspective et une attitude face &agrave; la vie.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">Ne pourrons-nous pas &eacute;tendre notre recherche &agrave; dautres r&eacute;gions et reconna&icirc;tre 	que cette attitude sy manifesta de mani&egrave;re semblable ? En revanche, en figeant lhumanisme historique comme 	une philosophie et en plus comme une philosophie sp&eacute;cifique &agrave; loccident, non seulement nous nous 	&eacute;garons mais nous pla&ccedil;ons une barri&egrave;re infranchissable au dialogue sur les attitudes humanistes 	de toutes les cultures de la Terre. Je me permets dinsister sur ce point non seulement pour les cons&eacute;quences 	th&eacute;oriques que les postures cit&eacute;es pr&eacute;c&eacute;demment ont eu et ont encore, mais aussi pour 	leurs cons&eacute;quences pratiques et imm&eacute;diates.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">Il existait, dans lhumanisme historique, la forte croyance que la connaissance et le maniement 	des lois naturelles am&egrave;neraient &agrave; la lib&eacute;ration de lhumanit&eacute; ; quune telle connaissance 	se trouvait dans les diff&eacute;rentes cultures et quil fallait apprendre</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">de toutes. Mais aujourdhui, nous avons vu quil existe une manipulation du savoir, de la connaissance, 	de la science et de la technologie. Que cette connaissance a souvent servi comme instrument de domination. Le monde 	a chang&eacute; et notre exp&eacute;rience sest accrue. Certains crurent que la religiosit&eacute;</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">abrutissait la conscience et pour imposer paternellement la libert&eacute;, sattaqu&egrave;rent 	aux religions. De violentes r&eacute;actions religieuses &eacute;mergent aujourdhui et ne respectent pas la libert&eacute; 	de conscience. Le monde a chang&eacute; et notre exp&eacute;rience sest accrue. Certains pens&egrave;rent que 	toute diff&eacute;rence culturelle &eacute;tait divergente et quil fallait uniformiser les coutumes et les styles 	de vie. Aujourdhui, de violentes r&eacute;actions se manifestent et cest au moyen de celles-ci que les cultures 	essaient dimposer leurs valeurs sans respecter la diversit&eacute;. Le monde a chang&eacute; et notre exp&eacute;rience 	sest accrue.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">Aujourdhui, face &agrave; cette submersion de la raison, face &agrave; la croissance du sympt&ocirc;me 	n&eacute;o-irrationnaliste qui semble nous envahir, on entend encore les &eacute;chos dun rationalisme primitif 	dans lequel furent &eacute;duqu&eacute;es plusieurs g&eacute;n&eacute;rations. Beaucoup semblent dire : &laquo; 	Nous avions raison en voulant en finir avec les religions parce que, si nous y &eacute;tions parvenus, il ny aurait 	pas aujourdhui de luttes religieuses ; nous avions raison en essayant de liquider la diversit&eacute; parce que 	si nous avions r&eacute;ussi, le feu de la lutte inter-ethnique et culturelle ne se serait pas d&eacute;clar&eacute; 	! &raquo;. Mais ces rationalistes nont pas r&eacute;ussi &agrave; imposer leur culte philosophique unique, leur 	style de vie unique, ni leur culture unique, et cest cela qui compte. Ce qui compte cest surtout la discussion 	pour r&eacute;soudre les s&eacute;rieux conflits qui se d&eacute;veloppent aujourdhui. Combien de temps faudra-t-il 	pour comprendre quune culture et ses patrons intellectuels ou de comportement ne sont pas des mod&egrave;les que 	doit suivre lhumanit&eacute; en g&eacute;n&eacute;ral ? Je dis cela car il est peut-&ecirc;tre temps de r&eacute;fl&eacute;chir 	s&eacute;rieusement sur le changement du monde et de nous-m&ecirc;mes. Il est facile de pr&eacute;tendre que les 	autres doivent changer seulement, les autres pensent la m&ecirc;me chose. Nest-il pas lheure de commencer &agrave; 	reconna&icirc;tre lautre, la diversit&eacute; du tu ? Je crois quaujourdhui se pose avec plus durgence 	que jamais le changement du monde et que ce changement, pour &ecirc;tre positif, est indissociable de sa relation 	avec le changement personnel. Apr&egrave;s tout, ma vie a un sens si je veux la vivre et si je peux choisir les 	conditions de mon existence et de la vie en g&eacute;n&eacute;ral. Cet antagonisme entre le personnel et le social 	na pas donn&eacute; de bons r&eacute;sultats ; il faudra observer si la relation convergente entre ces deux termes 	ne donne pas un sens meilleur. Cet antagonisme entre les cultures ne nous am&egrave;ne pas vers la direction correcte 	; ce qui simpose alors, cest la r&eacute;vision de la reconnaissance d&eacute;clarative de la diversit&eacute; 	culturelle ainsi que l&eacute;tude de la possibilit&eacute; de convergence vers une nation humaine universelle.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">Enfin, les d&eacute;fauts que lon attribua aux humanistes des diff&eacute;rentes &eacute;poques 	sont nombreux. On a dit que Machiavel &eacute;tait un humaniste qui essayait de comprendre les lois r&eacute;gissant 	le pouvoir ; que Galil&eacute;e montrait une sorte de faiblesse morale face &agrave; la barbarie de lInquisition 	; que Leonardo comptait parmi ses inventions des machines de guerre avanc&eacute;es quil dessina pour le prince. 	Et en suivant la cha&icirc;ne, on a affirm&eacute; que beaucoup d&eacute;crivains, de penseurs et de scientifiques 	contemporains ont aussi montr&eacute; quelques faiblesses. Dans tout cela, il y a sans doute des v&eacute;rit&eacute;s 	mais nous devons &ecirc;tre justes dans notre appr&eacute;ciation des faits. Einstein neut rien &agrave; voir 	avec la fabrication de la bombe atomique ; son m&eacute;rite revient &agrave; la production de la cellule photo&eacute;lectrique 	gr&acirc;ce &agrave; laquelle on a tant d&eacute;velopp&eacute; lindustrie, cin&eacute;ma et t&eacute;l&eacute;vision 	inclus, mais par-dessus tout, son g&eacute;nie se manifesta dans laffirmation dune grande th&eacute;orie absolue 	: la th&eacute;orie de la Relativit&eacute;. Einstein neut pas de faiblesse morale face &agrave; la nouvelle Inquisition. 	Oppenheimer non plus, &agrave; qui lon pr&eacute;senta le projet Manhattan pour la construction dun engin qui 	donnerait fin au conflit mondial uniquement comme une arme dissuasive qui ne serait jamais utilis&eacute;e contre 	les &ecirc;tres humains. Oppenheimer fut vilement trahi et il &eacute;leva alors sa voix, en appelant fortement 	&agrave; la conscience morale des scientifiques. De ce fait, il fut destitu&eacute; et pers&eacute;cut&eacute; 	par le Maccarthysme. De nombreux d&eacute;fauts de morale attribu&eacute;s aux personnes ayant une attitude humaniste 	nont rien &agrave; voir avec leur position face &agrave; la soci&eacute;t&eacute; ou &agrave; la Science mais 	avec leur tessiture d&ecirc;tres humains confront&eacute;s &agrave; la douleur et &agrave; la souffrance. Si en 	cons&eacute;quence et par force morale, la figure de Giordano Bruno face au martyre appara&icirc;t comme le paradigme 	de lhumanisme classique, nos contemporains Einstein et Oppenheimer peuvent tout autant &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;s 	avec justesse comme humanistes &agrave; part enti&egrave;re. Et pourquoi, bien au-del&agrave; du champ de la Science, 	ne devrions-nous pas consid&eacute;rer Tolsto&iuml;, Gandhi et Luther King comme des g&eacute;nies humanistes ? 	Schweitzer nest-il pas un humaniste ? Je suis s&ucirc;r que des millions de personnes dans le monde entier soutiennent 	une attitude humaniste devant la vie, mais je ne cite que quelques personnalit&eacute;s car elles constituent des 	mod&egrave;les de la position humaniste reconnus par tous.</FONT></P> 	<P><FONT SIZE="4">Je sais que lon peut objecter &agrave; ces individus des conduites et, ponctuellement des proc&eacute;d&eacute;s, 	un sens de lopportunit&eacute;, mais nous ne pouvons nier leur engagement en faveur des autres &ecirc;tres humains. 	Dautre part, nous ne sommes pas ici pour pontifier sur qui est ou nest pas humaniste mais pour donner notre opinion, 	dans les limites imparties, &agrave; propos de lhumanisme. Mais si quelquun exigeait de nous une d&eacute;finition 	de lattitude humaniste dans le moment actuel, nous lui r&eacute;pondrions en peu de mots que humaniste est celui 	qui lutte contre la discrimination et la violence, en proposant des issues pour que puisse se manifester la libert&eacute; 	de choix de l&ecirc;tre humain.</FONT></P>  	<P><FONT SIZE="4">Rien de plus. Merci beaucoup.</FONT></P>  	<P><FONT SIZE="4"><BR> 	</FONT><FONT SIZE="2" COLOR="#CC9900">[ </FONT><A HREF="hum-cult.htm"><FONT SIZE="2"><B>Sommaire</B></FONT></A><FONT 	SIZE="2" FACE="Arial, Helvetica"> </FONT><FONT SIZE="2" COLOR="#CC9900">]</FONT>  <HR ALIGN="CENTER"> <FONT SIZE="2"> </FONT><FONT SIZE="2" COLOR="#CC9900">[ </FONT><A HREF="http://www.editions-references.com"><FONT SIZE="2">Editions 	R&eacute;f&eacute;rences</FONT></A><FONT SIZE="2" FACE="Arial, Helvetica"> </FONT><FONT SIZE="2" COLOR="#CC9900">|</FONT><FONT 	SIZE="2"> </FONT><A HREF="http://www.editions-references.com/htm/commande.htm"><FONT SIZE="2" FACE="Arial, Helvetica">Commande</FONT></A><FONT 	SIZE="2" FACE="Arial, Helvetica"> </FONT><FONT SIZE="2" COLOR="#CC9900">|</FONT><FONT SIZE="2"> </FONT><A HREF="http://www.editions-references.com/htm/auteurs.htm"><FONT 	SIZE="2" FACE="Arial, Helvetica">Les auteurs</FONT></A><FONT SIZE="2" FACE="Arial, Helvetica"> </FONT><FONT SIZE="2" 	COLOR="#CC9900">|</FONT><FONT SIZE="2"> </FONT><A HREF="biblio.htm"><FONT SIZE="2" FACE="Arial, Helvetica">Biblioth&egrave;que</FONT></A><FONT 	SIZE="2" FACE="Arial, Helvetica"> </FONT><FONT SIZE="2" COLOR="#CC9900">]</FONT> 	</BLOCKQUOTE>  </BODY>  </HTML> 
