<!doctype html public "-//w3c//dtd html 4.0 transitional//en"> <html> <head>    <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1">    <meta name="GENERATOR" content="Mozilla/4.5 [en] (X11; I; Linux 2.0.18 i686) [Netscape]">    <title>L'Informatique, Science, Technique et Outil</title> </head> <body> <DIV ALIGN=RIGHT>   <A HREF="#resume"     >Rsum</A> </DIV> <center> <h2> L'Informatique :&nbsp; Science, Techniques et Outils</h2></center>  <center><i><font size=+1>Bernard Lang</font></i> <br><i><font size=+1>INRIA</font></i> <br>3 d&eacute;cembre 1998 </center>  <p>"<i>Le d&eacute;veloppement extr&ecirc;mement rapide des technologies de l'information et de la communication ouvre un formidable potentiel de croissance et de cr&eacute;ation d'emplois, m&ecirc;lant des enjeux industriels, &eacute;conomiques et&nbsp; sociaux consid&eacute;rables. Ces technologies constituent le premier secteur &eacute;conomique des prochaines ann&eacute;es&nbsp; ... </i>" [Bernard Larrouturou, <i><a href="http://www.inria.fr/Presentation/essai-prospectif-fra.html">L'INRIA dans dix ans</a></i>,&nbsp; d&eacute;cembre 1997] <p>Devant une telle analyse, devant l'importance de l'enjeu, l'on imagine ais&eacute;ment que l'une des premi&egrave;res choses &agrave; faire est de d&eacute;velopper les sciences de l'information dans l'enseignement, afin de pr&eacute;parer les &eacute;l&egrave;ves aux d&eacute;fis du prochain si&egrave;cle. C'est effectivement ce qui se passe,&nbsp; et l'on voit les USA d&eacute;penser des sommes de l'ordre de 100 milliards de francs par an pour l'informatisation des &eacute;coles. Sans &ecirc;tre du m&ecirc;me ordre, les efforts consentis par la France dans ce domaine sont &eacute;galement consid&eacute;rables. Et pourtant, selon un article de Todd Oppenheimer, <i>The Computer Delusion</i>, paru dans la revue <i>Atlantic Monthly </i>en Juillet 1997, l'introduction de l'informatique dans les &eacute;tablissements scolaires est loin de donner les r&eacute;sultats que l'on pourrait attendre de tels investissements, et l'on peut l&eacute;gitimement se demander si des investissements moindres, mais autrement employ&eacute;s, ne donneraient pas de meilleurs r&eacute;sultats. <p>O&ugrave; est l'erreur ? <p>L'une des premi&egrave;res remarques que l'on peut faire est que les plus ardents promoteurs de l'informatique &agrave; l'&eacute;cole sont les constructeurs de machines, et surtout les &eacute;diteurs de logiciels. Il s'agit donc de promotion corporatiste et commerciale, d'habituer les familles et les futurs consommateurs &agrave; ces produits, de capturer des march&eacute;s, bien plus que d'am&eacute;liorer le syst&egrave;me &eacute;ducatif. &Agrave; cet &eacute;gard l'Union Europ&eacute;enne n'est pas en reste. Si l'on analyse une document comme le&nbsp; <a href="http://www2.echo.lu/mes/fr/report796-toc.html">Rapport de la Task force <i>Logiciels &eacute;ducatifs et Multim&eacute;dia</i></a><i>&nbsp;</i> de la Commission Europ&eacute;enne, on constate que la Commission est bien plus pr&eacute;occup&eacute;e de d&eacute;velopper des march&eacute;s lucratifs que d'am&eacute;liorer le syst&egrave;me &eacute;ducatif. Devant cet assaut mercantile, beaucoup de voix s'&eacute;l&egrave;vent contre l'introduction excessive, trop vite planifi&eacute;e et mal analys&eacute;e de l'informatique &agrave; l'&eacute;cole, en se demandant si l'utilit&eacute; p&eacute;dagogique en est r&eacute;elle, si l'on n'est pas en train d'appauvrir le syst&egrave;me &eacute;ducatif, que ce soit par le choix d'innovations faussement p&eacute;dagogiques, ou simplement par une mauvaise &eacute;valuation des priorit&eacute;s d'investissement. <p>Nullement comp&eacute;tent en mati&egrave;re de th&eacute;orie p&eacute;dagogique, je me garderai bien de trancher dans un sens ou un autre. Force est cependant de constater qu'il est clair que les nouveaux outils informatiques ont d&eacute;j&agrave; montr&eacute; qu'ils pouvaient, au moins dans certaines circonstances, apporter un plus p&eacute;dagogique. Mais de l&agrave; &agrave; faire un investissement massif, sur des ressources ch&egrave;res, sans analyse s&eacute;rieuse des diff&eacute;rentes alternatives,&nbsp; sans exp&eacute;rimentation sur le long terme, simplement sous la pression des march&eacute;s et des m&eacute;dia, est-ce bien raisonnable ? <p>Mais l&agrave; n'est pas l'essentiel de notre propos. Car nous avons parl&eacute; de p&eacute;dagogie, alors que les enjeux du prochain si&egrave;cle sont d'abord, nous le disions, dans la ma&icirc;trise des nouvelles technologies, et au moins autant dans la ma&icirc;trise d'une transformation radicale de notre environnement due &agrave; l'utilisation massive des ressources informationnelles, en particulier gr&acirc;ce &agrave; l'Internet. Mais cet aspect des choses est&nbsp; curieusement tr&egrave;s largement ignor&eacute; dans l'&eacute;volution de nos programmes &eacute;ducatifs. L'attention se focalise trop sur <b>l'informatique comme support de la p&eacute;dagogie</b>, au sens le plus traditionnel du terme (m&ecirc;me si les techniques sont tr&egrave;s nouvelles dans certains cas), et l'on ignore assez syst&eacute;matiquement l'informatique en tant que discipline d'enseignement, <b>l'informatique comme sujet d'&eacute;tude</b>. <p>A cette distinction &eacute;videmment essentielle, il convient d'ajouter une troisi&egrave;me cat&eacute;gorie, <b>l'informatique comme outil dans l'enseignement</b>.&nbsp; Je pense en particulier &agrave; l'intrusion d'outils, d'interm&eacute;diaires informatiques, dans certaines disciplines. Sans vouloir m'&eacute;tendre sur ce sujet, qui rel&egrave;ve &eacute;galement de la p&eacute;dagogie, on peut se demander si la trop grande pr&eacute;sence de <i>m&eacute;diations informatiques</i>, par exemple dans la conduite d'exp&eacute;riences de physique, n'introduit pas une trop grande distanciation par rapport &agrave; l'objet &eacute;tudi&eacute;. L'&eacute;l&egrave;ve ne risque-t-il pas de prendre l'habitude de faire plus confiance &agrave; ce que lui dit l'ordinateur qu'&agrave; ses sens, son esprit critique, ses facult&eacute;s d'analyse. Combien d'&eacute;l&egrave;ves sont d&eacute;j&agrave; totalement d&eacute;pendants de leur calculette, et incapable d'un calcul mental simple sur des ordres de grandeur sans v&eacute;rifier imm&eacute;diatement sur l'&eacute;cran magique. On retrouve ce probl&egrave;me dans l'enseignement de l'informatique elle-m&ecirc;me, quand l'apprentissage passif des outils se fait dans l'ignorance de toute compr&eacute;hension des m&eacute;canismes, m&ecirc;me les plus simples, qu'ils mettent en jeu. <p><b>Si les enjeux r&eacute;els sont dans la ma&icirc;trise des sciences de l'information, ce sont ces sciences, et en particulier l'informatique, qu'il faut enseigner en tant que discipline scientifique.</b> <p>Mais comme beaucoup d'autres disciplines, l'informatique a de multiples facettes, <b>science th&eacute;orique et exp&eacute;rimentale</b> objet de recherches d'une grande diversit&eacute;, <b>technologie</b> donnant lieu &agrave; une activit&eacute; industrielle consid&eacute;rable, et <b>ensemble d'outils </b>des plus en plus int&eacute;gr&eacute;s &agrave; notre vie quotidienne, familiale ou professionnelle. Probablement en raison de la jeunesse de cette discipline, et pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; cause de son manque actuel d'int&eacute;gration dans le cursus scolaire, la distinction entre ces aspects compl&eacute;mentaires,&nbsp; mais indissociables, n'est pas faite dans les esprits. Beaucoup en sont encore &agrave; confondre les aspects fondamentaux et p&eacute;rennes avec leur expression actuelle dans des outils destin&eacute;s &agrave; &eacute;voluer rapidement. Comme mes coll&egrave;gues et moi-m&ecirc;me l'&eacute;crivions dans Le Monde, <i>les disciplines plus anciennes distinguent sans probl&egrave;me ces trois composantes, et nul ne confond la thermodynamique, la technologie des moteurs &agrave; explosion et le mode d'emploi d'un v&eacute;hicule automobile</i>. Cette confusion, encore pr&eacute;sente dans le cas de l'informatique, est en outre renforc&eacute;e par le fait que chacun pouvant s'essayer assez facilement &agrave; certains de ses aspects originaux, comme la programmation sur des probl&egrave;mes simples, on a l'illusion que c'est une discipline facile &agrave; ma&icirc;triser et sans r&eacute;elle profondeur. Mais en fait cela revient &agrave; se pr&eacute;tendre sp&eacute;cialiste du g&eacute;nie civil et de la r&eacute;sistance des mat&eacute;riaux parce que l'on sait &eacute;tablir un pont en jetant une planche sur un ruisseau. <p>Pour en revenir &agrave; l'enseignement des outils fond&eacute;s sur l'informatique, et non des outils de l'informatique, il est malheureusement fr&eacute;quent de voir appeler cours d'informatique un enseignement qui se fonde uniquement sur l'apprentissage de la mise en marche d'un ordinateur, et sur l'utilisation de quelques outils de bureautique. Mais c'est l&agrave; un cours de bureautique, et non d'informatique, aussi bien que d'apprendre &agrave; conduire et &agrave; remplir le r&eacute;servoir de sa voiture ne saurait constituer un cours de thermodynamique, ni m&ecirc;me de technologie automobile. C'est utile, certes, dans la vie courante, mais ce n'est aucunement formateur pour l'esprit des &eacute;l&egrave;ves. De plus, la technologie informatique &eacute;tant en &eacute;volution rapide, la p&eacute;rennit&eacute; de cet enseignement est tr&egrave;s al&eacute;atoire, d'autant plus que le manque de vari&eacute;t&eacute; des outils utilis&eacute;s prive les &eacute;l&egrave;ves de toute esp&egrave;ce de recul par rapport &agrave; ces outils. <p>Mais le probl&egrave;me est &agrave; mon sens beaucoup plus grave en ce qui concerne l'enseignement de la technologie informatique, que ce soit &agrave; l'&eacute;cole ou &agrave; l'universit&eacute;. Cette technologie est complexe, en &eacute;volution permanente, et tr&egrave;s largement contr&ocirc;l&eacute;e par l'industrie informatique et notamment les grands &eacute;diteurs. Or l'on constate que trop souvent, cet enseignement consiste plus &agrave; apprendre &agrave; se servir des r&eacute;alisations technologiques de ces &eacute;diteurs qu'&agrave; en comprendre les principes, &agrave; savoir les critiquer, &agrave; savoir les comparer avec d'autres approches, commerciales ou non. Sous le pretexte fallacieux de pr&eacute;parer les &eacute;tudiant &agrave; la vie active, en fait aux besoins les plus imm&eacute;diats de leurs futurs employeurs, on fait passer pour formations universitaires ce qui n'est que <i>formations kleenex, </i>destin&eacute;es &agrave; devenir obsol&egrave;tes aussi vite que les produits (souvent d&eacute;j&agrave; obsol&egrave;tes par rapport &agrave; l'&eacute;tat de l'art) sur lesquels elles se fondent. Manquant de profondeur, ces formations ne sauraient &ecirc;tre durables, et c'est ainsi que le syst&egrave;me &eacute;ducatif pr&eacute;pare de futur chomeurs et la p&eacute;nurie de professionnels comp&eacute;tents pour notre industrie. Une bonne fa&ccedil;on de garantir la qualit&eacute; et la p&eacute;rennit&eacute; d'un enseignement -- et de former l'esprit critique des &eacute;l&egrave;ves -- c'est de toujours l'asseoir sur une assez large vari&eacute;t&eacute; d'exemples, que l'on peut comparer et opposer pour en extraire les aspects les plus essentiels, en &eacute;vitant de se cantonner &agrave; l'apprentissage d'un seul type de solutions techniques. <p>Une premi&egrave;re &eacute;tape en ce sens consisterait &agrave; se d&eacute;partir du totalitarisme actuel, en mati&egrave;re de syst&egrave;mes d'exploitation, de r&eacute;seaux et de solutions bureautiques notamment, et &agrave; faire p&eacute;n&eacute;trer une plus grande diversit&eacute; de logiciels dans le syst&egrave;me &eacute;ducatif. Il est vrai que la gestion de la diversit&eacute; a un co&ucirc;t, mais le b&eacute;n&eacute;fice p&eacute;dagogique le justifie. En outre, il ne faut pas oublier que l'enseignement public a un devoir de la&iuml;cit&eacute;, d'ind&eacute;pendance, et qu'il est donc imp&eacute;ratif qu'il &eacute;vite de se faire le champion d'une marque, d'un produit ou d'une &eacute;cole de pens&eacute;e. Enfin, il ne faut pas oublier non plus que la diversit&eacute; est aussi un facteur de progr&egrave;s et de stabilit&eacute;&nbsp; "<i>&eacute;cologique </i>" qui sont essentiels pour le d&eacute;veloppement d'un secteur technologique. Introduire cette diversit&eacute; &agrave; l'&eacute;cole, quoi que puissent en dire des entreprises qui vivent par n&eacute;cessit&eacute; avec un horizon &agrave; six mois, c'est aussi garantir un meilleur &eacute;quilibre futur de notre &eacute;conomie. <p>Si l'informatique est enseign&eacute;e comme science fondamentale &agrave; l'universit&eacute;, au moins dans les enseignements les plus avanc&eacute;s, cet aspect n'est ni abord&eacute; ni m&ecirc;me &eacute;voqu&eacute; au niveau de l'enseignement g&eacute;n&eacute;ral. Cela ne peut que renforcer une attitude de passivit&eacute; vis &agrave; vis de ce qui appara&icirc;t&nbsp; alors comme une technologie ancillaire, ne m&eacute;ritant pas que l'on s'attarde sur son influence croissante, sur le pouvoir qu'elle s'octroie dans toutes nos activit&eacute;es. Ainsi une meilleure compr&eacute;hension du r&ocirc;le fondamental des m&eacute;canismes de repr&eacute;sentation et d'&eacute;change des donn&eacute;es nous rendraient certainement plus sensibles &agrave; cette forme de d&eacute;pendance qui s'&eacute;tablit insidieusement dans notre soci&eacute;t&eacute; quand tous nos modes de gestion et de communication de l'information sont peu &agrave; peu enti&egrave;rement contr&ocirc;l&eacute;s par des entreprises priv&eacute;es, dont les seuls objectifs sont de nature mercantile. <p>Outre que l'informatique a ses propres probl&egrave;mes, sa propre fa&ccedil;on de les traiter, ses propres r&eacute;sultats fondamentaux, elle est int&eacute;ressante du point de vue de l'enseignement g&eacute;n&eacute;ral parce que c'est <b>une science carrefour</b>. Il y a bien s&ucirc;r des aspects classiquement scientifiques dans l'informatique, mais en plus, par les concepts qu'elle met en oeuvre, elle se rapproche d'autres disciplines <i>litt&eacute;raires</i>. Par exemple, en informatique, les notions de langage, de syntaxe et de s&eacute;mantique sont tr&egrave;s importantes. Dans l'enseignement actuel, ces concepts rel&egrave;vent du fran&ccedil;ais ou de la philo... et voil&agrave; que l'on peut les illustrer de fa&ccedil;on plus concr&egrave;te -- peut-&ecirc;tre imparfaite car trop formalis&eacute;e et m&eacute;canique, mais ce d&eacute;faut-m&ecirc;me est source de consid&eacute;rations enrichissantes -- par des exemples op&eacute;rationnels, presques tangibles. &Agrave; c&ocirc;t&eacute; de cela, on y rencontre des probl&egrave;mes de logique, des questions strictement math&eacute;matiques, des probl&eacute;matiques apparent&eacute;es &agrave; la physique la plus th&eacute;orique... On peut donc y trouver mati&egrave;re &agrave; discuter de nombreux concepts qui sont aussi pertinents dans d'autres domaines, et donc &agrave; &eacute;ventuellement r&eacute;duire la dichotomie qui est souvent per&ccedil;ue entre les sciences et les humanit&eacute;s. C'est une situation assez extraordinaire, un champ d'ouverture intellectuelle, dont il est vraiment dommage de ne pas profiter. <p>Tout n'est cependant pas n&eacute;gatif dans l'informatisation de notre enseignement. Le fort accent mis sur le d&eacute;veloppement de <b>la connectivit&eacute; avec l'Internet</b>, bien que souvent d&eacute;cri&eacute;, est une avanc&eacute;e essentielle, et cela pour au moins deux raisons majeures. <p>La premi&egrave;re de ces raisons est tout simplement que les &eacute;l&egrave;ves d'aujourd'hui seront appel&eacute; &agrave; vivre dans un monde o&ugrave; la ma&icirc;trise de l'information omnipr&eacute;sente sera un &eacute;lement majeur de la vie sociale. &Agrave; bien des &eacute;gards, celui qui ne saura pas g&eacute;rer cet espace de donn&eacute;es, de connaissances et de communication sera dans une situation de d&eacute;pendance analogue &agrave; ceux qui, aujourd'hui, ne savent pas lire, ne savent pas trouver leur chemin sur une carte ou remplir un formulaire. "<i>Apprendre l'Internet</i>", c'est apprendre &agrave; vivre dans la soci&eacute;t&eacute; de demain. <p>La deuxi&egrave;me raison est sans doute encore plus fondamentale pour l'&eacute;ducation citoyenne. M&ecirc;me sans l'informatique, notre monde a atteint une complexit&eacute; extr&egrave;me o&ugrave; les citoyens ont de moins en moins leur mot &agrave; dire, o&ugrave; m&ecirc;me les pouvoirs politiques sont de plus en plus impuissants devant la complexification des structures &eacute;conomiques et sociales et surtout la mondialisation g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e. Pour ne prendre qu'un exemple, majeur, les entreprises ont acquis une existence autonome, fortes de leur puissance &eacute;conomique et de leurs dispersion g&eacute;ographique, dans un syst&egrave;me o&ugrave; les &ecirc;tres humains, clients, employ&eacute;s, dirigeants ou actionnaires, ne sont plus que des pions sans aucun pouvoir ind&eacute;pendant. Elles en sont au point o&ugrave; elles disputent leur pouvoir aux nations, aux repr&eacute;sentant &eacute;lus de la population. Face &agrave; une situation o&ugrave; la place m&ecirc;me de l'homme sur cette plan&egrave;te est radicalement remise en cause, il est n&eacute;cessaire de trouver de nouvelles structures, de nouveaux modes d'&eacute;change, de communication et d'organisation qui permettent au citoyen de retrouver la place qui lui revient dans une soci&eacute;t&eacute; devenue mondiale. Et cela est possible, gr&acirc;ce &agrave; l'Internet, &agrave; condition d'apprendre &agrave; en ma&icirc;triser les ressources, &agrave; comprendre, voire &agrave; tol&eacute;rer -- ce qui n'est pas toujours facile -- les points de vues d'autres cultures maintenant &agrave; notre porte, &agrave; communiquer, &agrave; partager et &agrave; coop&eacute;rer avec les autres citoyens du monde. Ce discours, qui peut para&icirc;tre &agrave; certains id&eacute;aliste, utopique, voire irr&eacute;aliste ou fantaisiste, correspond pourtant &agrave; une r&eacute;alit&eacute; v&eacute;cue par un nombre tous les jours croissant d'individus. L'action d'un individu sur l'Internet peut faire sentir ses effets dans le monde entier, si tant est qu'elle est pertinente. Et quand une fraction, m&ecirc;me minuscule, des centaines de millions d'individus qui acc&egrave;dent l'Internet d&eacute;cide de coop&eacute;rer, cela fait une masse &eacute;norme susceptible de renverser des montagnes, de mettre en difficult&eacute; ou de faire concurrence aux entreprises les plus puissantes, de tenir en &eacute;chec les tentatives h&eacute;g&eacute;moniques les plus soigneusement pr&eacute;par&eacute;es, comme cela s'est produit encore r&eacute;cemment pour l'AMI, l'Accord Multilat&eacute;ral sur l'Investissement pr&eacute;par&eacute; en catimini par l'OCDE. "<i>Apprendre l'Internet</i>", c'est apprendre la citoyennet&eacute; de demain. <p><i><font size=-1>[ L'auteur remercie Pierre Weis pour sa relecture et ses nombreux commentaires ]</font></i> <h3> R&eacute;f&eacute;rences:</h3> <i>L'INRIA dans dix ans</i>, Bernard Larrouturou, d&eacute;cembre 1997. <a href="http://www.inria.fr/Presentation/essai-prospectif-fra.html">http://www.inria.fr/Presentation/essai-prospectif-fra.html</a> <p><i>The Computer Delusion</i>, Todd Oppenheimer, <i>The Atlantic Monthly</i>, juillet 1997, pp. 45-62. <A HREF="http://www.theatlantic.com/issues/97jul/computer.htm"      >http://www.theatlantic.com/issues/97jul/computer.htm</A>  <p><i>Les sir&egrave;nes du multim&eacute;dia &agrave; l'&eacute;cole</i>, Philippe Rivi&egrave;re, Le Monde Diplomatique,&nbsp; avril 1998, page 21. <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/1998/04/RIVIERE/10286.html">http://www.monde-diplomatique.fr/1998/04/RIVIERE/10286.html</a> <p><i><a href="http://www2.echo.lu/emtf/en/report796.html">Rapport de la Task force Logiciels &eacute;ducatifs et Multim&eacute;dia</a></i>, Commission Europ&eacute;enne, Juillet 1996.&nbsp;&nbsp; <a href="http://www2.echo.lu/emtf/en/report796.html">http://www2.echo.lu/emtf/en/report796.html</a> <p><i>Commentaire sur le Rapport de la Task force </i>Logiciels &eacute;ducatifs et Multim&eacute;dia, Bernard Lang, juillet 1997. <a href="http://pauillac.inria.fr/~lang/ecrits/ue/europe.html">http://pauillac.inria.fr/~lang/ecrits/ue/europe.html</a> <p><i>Internet, nouvelle utopie humaniste ?</i>,&nbsp; Bernard Lang, Pierre Weis&nbsp; etV&eacute;ronique Vigui&eacute; Donzeau-Gouge, <i>Le Monde</i>,&nbsp; 1er octobre 1997, page 21. <a href="http://pauillac.inria.fr/~lang/ecrits/utopie/">http://pauillac.inria.fr/~lang/ecrits/utopie/</a> <p><i>L'Accord Multilat&eacute;ral sur l'Investissement , Ultime abandon au capitalisme mondial</i>, dossier du <i>Monde Diplomatique</i>, 4 f&eacute;vrier 1998. <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/dossiers/ami/">http://www.monde-diplomatique.fr/dossiers/ami/</a> <P> <HR> <P>   <A NAME="resume"><B>Rsum :</B></A> <BR>   Le dveloppement de l'informatique dans les coles a pris un retard peu compatible avec son importance croissante dans tous les aspects du monde moderne. Cela est peut-etre d  ses multiples rles et dimensions qui entretiennent un malentendu permanent sur la place qu'elle doit occuper dans l'enseignement. Comme beaucoup de disciplines scientifiques, l'informatique est a la fois une science, une technologie de l'utilisation de cette science et un ensemble d'outils qu'elle permet de raliser. La confusion entre ces trois aspects est une premiere source d'incomprhension et de dsaccord. <BR>   En outre, l'informatique est  bien des gards une discipline carrefour, et il est dommage que ses liens avec les autres disciplines, littraires ou scientifiques, ne soient pas mieux exploits. <BR>    Une troisime famille de problmes est lie  une confusion entre l'informatique comme sujet d'tude, et l'informatique comme outil pdagogique pour l'enseignement d'autres disciplines. <BR>    La quatrime famille de problmes concerne les repercussions dans l'enceinte scolaire des nombreux changements que l'informatique apporte, ou risque d'apporter, dans nos structures culturelles, conomiques, politiques et sociales. <BR>    Enfin, un dernier problme, qui lui ne me semble que peu abord, concerne les bnfices et les risques potentiel de ce nouveau mode de mdiation dans l'apprhension de la connaissance. <P> <I> Prsent    <A HREF="http://www.chez.com/ailf/vie/suivacti.htm"     >LexiPraxi 98</A>, journe de rflexion sur le theme Former des citoyens pour matriser la socit de l'information, organise le 9 dcembre 1998  la Maison de l'Europe (Paris) par   <A HREF="http://www.francophonie.net/ailf/">l'AILF</A>. </I> </body> </html> 
