<!doctype html public "-//w3c//dtd html 4.0 transitional//en"> <html> <head>    <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1">    <meta name="Author" content="Yves Renaud">    <meta name="GENERATOR" content="Mozilla/4.75 [en] (Win95; U) [Netscape]">    <title>SEBES</title> </head> <body>  <center><b><font size=+2>INFORMATION</font></b> <br> <hr SIZE=5 NOSHADE WIDTH="100%"><b><font size=+3>D&eacute;claration de l'Association</font></b> <br><b><font size=+3>pour l'Appel de Gen&egrave;ve</font></b> <br><b><font size=+3>&agrave; l'occasion du 50e anniversaire</font></b> <br><b><font size=+3>de l'av&egrave;nement de l'&egrave;re nucl&eacute;aire</font></b> <br>Communiqu&eacute; de presse publi&eacute; dans <i>Le Courrier </i>de Gen&egrave;ve <br>des samedi 15 et dimanche 16 juillet 1995 et <br>dans <i>Les services publics </i>de Lausanne du 24 ao&ucirc;t 1995 <hr NOSHADE WIDTH="100%"></center>  <center><table COLS=2 WIDTH="100%" > <tr VALIGN=TOP> <td>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il y a cinquante ans, des scientifiques et militaires am&eacute;ricains faisaient exploser, le 16 juillet 1945, dans le d&eacute;sert du Nouveau-Mexique, &agrave; Alamogordo, la premi&egrave;re bombe atomique de l'histoire, o&ugrave; quelques kilos de plutonium d&eacute;gag&egrave;rent la puissance de 20.000 tonnes d'explosif classique (TNT). <br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Con&ccedil;u par des scientifiques, souvent pacifistes mais soucieux de ne pas laisser le III&egrave;me Reich imposer son mill&eacute;nium &agrave; la faveur de la mise au point de cette arme anti-cit&eacute;s, et lanc&eacute; par le pr&eacute;sident Franklin Roosevelt, le Projet Manhattan qui visait &agrave; la mise au point de cette m&ecirc;me arme eut lieu de 1942 &agrave; 1945, dans le secret le plus absolu sous l'autorit&eacute; du g&eacute;n&eacute;ral Leslie Groves et sous la direction scientifique de Robert Oppenheimer. <br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1945, ces m&ecirc;mes personnalit&eacute;s n'h&eacute;sit&egrave;rent pas &agrave; conseiller au pr&eacute;sident Harry Truman, qui entre-temps avait succ&eacute;d&eacute; au pr&eacute;sident Franklin Roosevelt, d'utiliser l'arme atomique contre le Japon sans avertissement pr&eacute;alable afin d'&eacute;courter la guerre et d'&eacute;conomiser des vies am&eacute;ricaines. Hiroshima fut d&eacute;truite par une bombe &agrave; l'uranium le 6 ao&ucirc;t, et Nagasaki par une bombe au plutonium le 9 ao&ucirc;t 1945.&nbsp;</td>  <td>Ces exp&eacute;riences <i>in vivo </i>co&ucirc;t&egrave;rent la vie dans l'imm&eacute;diat &agrave; plus de 200.000 personnes, dans leur immense majorit&eacute; des civils, auxquelles il convient d'ajouter au moins autant de victimes diff&eacute;r&eacute;es atteintes par les radiations ionisantes. <br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Par del&agrave; les motivations militaires de ces massacres, qui font toujours l'objet de controverses, force est de constater que les cons&eacute;quences pour l'esp&egrave;ce humaine et la Biosph&egrave;re furent d'une ampleur telle qu'elles justifi&egrave;rent qu'on en parl&acirc;t imm&eacute;diatement comme de l'av&egrave;nement d'une nouvelle &egrave;re. <br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans <b>l'ordre politico-militaire, </b>les historiens s'accordent de plus en plus &agrave; consid&eacute;rer que l'utilisation de l'arme atomique contre le Japon visait aussi et peut-&ecirc;tre surtout &agrave; intimider l'URSS et qu'elle fut &agrave; tout le moins l'un des d&eacute;tonateurs de la guerre froide. Mais plus fondamentalement, elle marqua le d&eacute;but d'une course aux armes de destruction massive et l'amorce de leur prolif&eacute;ration acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e &agrave; notre &eacute;poque m&ecirc;me, comme le rel&egrave;ve Jacques Attali dans un r&eacute;cent Rapport au Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral des Nations Unies:&nbsp; <div align=right><b><font size=+1>p.247</font></b></div> </td> </tr> </table></center>  <hr NOSHADE WIDTH="100%"> <center><table COLS=2 WIDTH="100%" > <tr VALIGN=TOP> <td> <blockquote>&laquo; La probabilit&eacute; grandit de voir de nouveaux pays ou m&ecirc;me des entit&eacute;s non &eacute;tatiques - sectes, groupes terroristes, cartels matieux - se doter des moyens de fabrication et de lancement d'une telle arme, en m&ecirc;me temps que se multiplient les pulsions de violence cr&eacute;ant les conditions g&eacute;opolitiques de son usage &raquo; <i>(Economie de l'Apocalypse. Trafic et prolif&eacute;ration nucl&eacute;aires, </i>Fayard, Paris, 1995, p 10).&nbsp;</blockquote> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au demeurant, l'existence m&ecirc;me, &agrave; l'heure actuelle, malgr&eacute; un d&eacute;but de d&eacute;mant&egrave;lement des arsenaux nucl&eacute;aires, d'un stock de plus de 50.000 armes nucl&eacute;aires repr&eacute;sentant l'&eacute;quivalent de plus d'un million de bombes d'Hiroshima constitue une menace sans pr&eacute;c&eacute;dent. <br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans <b>l'ordre &eacute;conomique</b>, &agrave; la faveur de la pr&eacute;tendue neutralit&eacute; de la science et de la technique qui fait que toute technologie est pr&eacute;sent&eacute;e comme pouvant &ecirc;tre utilis&eacute;e aussi efficacement pour le bien que pour le mal, quantit&eacute; d'atomistes s'empress&egrave;rent de faire miroiter aux yeux de l'opinion publique et des politiques le nouvel Eldorado qu'&eacute;tait cens&eacute;e apporter une production pratiquement illimit&eacute;e d'&eacute;nergie d'origine nucl&eacute;aire toujours moins ch&egrave;re dans des centrales fond&eacute;es tout d'abord sur la fission par neutrons lents, puis sur la surg&eacute;n&eacute;ration, en attendant la fusion thermo-nucl&eacute;aire sur le mod&egrave;le de celle qui a lieu au sein de l'astre solaire. <p>Toutefois, ces perspectives prom&eacute;th&eacute;ennes comportaient comme contrepartie l'extension du secret-d&eacute;fense &agrave; d'importants secteurs de la vie &eacute;conomique, la contamination radioactive des travailleurs du nucl&eacute;aire, principalement aux deux extr&eacute;mit&eacute;s du &laquo;cycle du combustible&raquo; (extraction du minerai, et stockage ou retraitement des combustibles us&eacute;s) et l'apparition d'un risque technologique majeur nouveau aux cons&eacute;quences presque illimit&eacute;es dans le temps. En outre, dans la mesure o&ugrave; l'&eacute;lectro-nucl&eacute;aire contribua &agrave; concurrencer le prix des combustibles fossiles d&eacute;j&agrave; brad&eacute;s, son entr&eacute;e en lice favorisa le gaspillage &eacute;nerg&eacute;tique qui aboutit au remplacement massif des travailleurs par des robots et autres machines, donc &agrave; la mont&eacute;e du ch&ocirc;mage que seul le recours aux &eacute;nergies renouvelables et aux technologies douces e&ucirc;t permis de contrer, comme l'Appel de Gen&egrave;ve l'avait d&eacute;j&agrave; proclam&eacute; en 1978 (Cf. APAG, <i>Livre jaune sur la soci&eacute;t&eacute; du plutonium/Yellow Book on the Plutonium Society, </i>La Baconni&egrave;re, Neuch&acirc;tel, 1981, p. 54). <div align=right>(<a href="#suite18">suite</a>)</div> </td>  <td><a NAME="suite18"></a><b>suite:</b> <br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans <b>l'ordre &eacute;cologique, </b>les explosions d'Alamogordo, de Hiroshima et de Nagasaki, mais plus encore l'accumulation des essais d'armes nucl&eacute;aires et thermo-nucl&eacute;aires qui suivirent, d'abord dans l'atmosph&egrave;re, puis sous terre, ainsi que l'apparition et l'extension de l'&eacute;lectro-nucl&eacute;aire amorc&egrave;rent la contamination radioactive de la Biosph&egrave;re par des substances dont plusieurs ont certes une demi-vie fort br&egrave;ve, quoique souvent aussi fort agressives sur le vivant, mais dont d'autres, non moins nocives, sont dot&eacute;es d'une demi-vie de plusieurs si&egrave;cles, de plusieurs mill&eacute;naires ou m&ecirc;me davantage. <br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La d&eacute;couverte puis la d&eacute;nonciation de cette contamination et de plusieurs autres par ces sp&eacute;cialistes des relations du vivant avec l'environnement que sont les &eacute;cologistes d&egrave;s les ann&eacute;es 1960 contribua &agrave; une certaine prise de conscience, dans les pays industrialis&eacute;s d'abord, de la vuln&eacute;rabilit&eacute; de la Biosph&egrave;re, mais il s'en faut de beaucoup que nos contemporains et nos Etats aient pris la mesure de l'empoisonnement d&eacute;lib&eacute;r&eacute; de la Biosph&egrave;re que comporte le nucl&eacute;aire civil et militaire. <br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Sur un <b>plan philosophique, </b>l'av&egrave;nement de l'&egrave;re nucl&eacute;aire consacre l'acc&egrave;s brutal, car &agrave; l'&eacute;chelle historique, de l'humanit&eacute; au rang de force g&eacute;ologique au c&ocirc;t&eacute; du vivant, sa folle pr&eacute;tention &agrave; conqu&eacute;rir la toute-puissance, son rejet des valeurs jud&eacute;o-chr&eacute;tiennes inh&eacute;rentes &agrave; la personne et de la tradition humaniste qui en est issue, son indiff&eacute;rence quant au sort des g&eacute;n&eacute;rations &agrave; venir qui h&eacute;riteront d'une Terre pollu&eacute;e, son acceptation d'une s&eacute;curit&eacute; militaire fond&eacute;e sur la dissuasion nucl&eacute;aire, donc sur la menace du massacre syst&eacute;matique des innocents, la contamination de la soci&eacute;t&eacute; civile par la raison d'Etat propre au nucl&eacute;aire tant civil que militaire, enfin l'embrigadement progressif de la science par le complexe militaro-industriel. C'est ce qu'atteste la disproportion syst&eacute;matique des budgets de la recherche en faveur des sciences dures tributaires de projets m&eacute;gatechnologiques qui ne peuvent qu'accro&icirc;tre les disparit&eacute;s entre riches et pauvres au sein des nations industrialis&eacute;es et l'&eacute;cart croissant entre nations sur-d&eacute;velopp&eacute;es et nations sous-d&eacute;velopp&eacute;es. Enfin et surtout, l'av&egrave;nement de l'&egrave;re nucl&eacute;aire a mis en cause le principe d'esp&eacute;rance en laissant les humains toujours plus d&eacute;sempar&eacute;s face &agrave; la terreur de l'avenir qui appara&icirc;t d&eacute;sormais dans les soci&eacute;t&eacute;s industrialis&eacute;es comme l'un des principaux leviers du pouvoir. <br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cinquante ans apr&egrave;s l'av&egrave;nement de l'&egrave;re nucl&eacute;aire, l'Association pour l'Appel de Gen&egrave;ve r&eacute;affirme solennellement sa condamnation du mod&egrave;le de d&eacute;veloppement qui va de Alamogordo, Hiroshima et Nagasaki &agrave; la crise mondiale actuelle et proclame son adh&eacute;sion &agrave; un mod&egrave;le de civilisation fond&eacute; sur les &eacute;nergies renouvelables et les technologies douces, une certaine aust&eacute;rit&eacute; &eacute;conomique et une plus grande modestie scientifique. <div align=right><b><font size=+1>p.248</font></b></div> </td> </tr> </table></center>  <center> <hr SIZE=5 NOSHADE WIDTH="100%"><a href="../../1996.html#Appel"><img SRC="http://w3.unige.ch/sebes/Images/home.gif" NOSAVE height=20 width=20></a></center>  </body> </html> 
