<html> <head>   <title>Lire la Science - Cit&eacute; des sciences et de l&#146;industrie avec Francis Agostini</title> <meta name="description" content="ladpf, ministre des affaires trangres, propose des ouvrages  tlcharger ou  consulter en ligne sur des auteurs franais et sur des thmes culturels. la revue vient de paratre dresse un panorama de lactualit ditoriale franaise."> <meta name="keywords" content="georges bataille, victor hugo, jacques prvert, louis guilloux, louis-ren des forts, jean giono, madame de svign, tour de france, , nathalie sarraute, julien gracq, andr gide, georges dumzil, chateaubriand, voltaire, claude simon, gilles deleuze, douard glissant, guy debord, voltaire, hector berlioz, geroges bernanos, henri michaux, aragon, balzac, simone weil, jean de la fontaine, andr malraux, guy de maupassant, stphane mallarm, architecture, musique, philosophie, art contemporain, cinma, illustrateur, jeunesse, dveloppement durable, roman, posie, nouvelle, polar, photographie, bande dessine, thtre, droit de lhomme, sport et littrature, psychanalyse, crivains voyageurs">   <script language="javascript" src="/css.js"></script> <script language="javascript" src="/style/roll.js"></script> <script language="javascript" src="/style/netscape.js"></script> <script language="javascript" src="inc.js"></script> <script language="javascript" src="/style/adpf-publi.js"></script></head>  <body BGCOLOR="#333333" link="#660000" vlink="#333366" alink="#000000" leftmargin="7" topmargin="5" marginwidth="2" marginheight="6" text="#000000"> <script language="javascript"> document.write(haut) </script>  <script language="javascript"> document.write(navyh) </script> <table border="0" cellpadding="10" cellspacing="0" width="100%"><tr><td valign="top"><table border="0" cellpadding="3" cellspacing="0" width="100%"> <tr> <td valign="bottom"><span class="titpartie">des thmes</span><br> <br> <span class="titpage">Lire la science&nbsp;/&nbsp;</span> <b>Science et culture dans le si&egrave;cle</b></td> <td valign="bottom" align="right"><script language="javascript">document.write (menuSelector)</script></td> </tr> </table>  <table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="100%"> <tr> <td bgcolor="#999999"><img height=1 src="/images/vide.gif" width=100></td> </tr> <tr> <td valign="top"><p align="center"><A HREF="03.html"> <img border="0" src="/images/pucecghe_sommaire.gif" width="9" height="6"> &nbsp;prcdent</A>&nbsp;|&nbsp;<A HREF="05.html">suivant&nbsp;<img border="0" src="/images/pucedte_sommaire.gif" width="9" height="6"></A></p></td> </tr> </table>  <DIV STYLE="text-align:justify;">  <p>  <a name="ch4"></a>  Au cours du XXe si&egrave;cle, la question des relations entre science et culture aura &eacute;t&eacute; pos&eacute;e de fa&ccedil;on r&eacute;currente, tout particuli&egrave;rement en France. Nous en rappellerons quelques jalons.<p>  Apr&egrave;s les bouleversements des fondements de la physique au d&eacute;but du si&egrave;cle, Gaston Bachelard a cherch&eacute; une r&eacute;ponse dans une philosophie de la culture scientifique. &raquo;L&#146;esprit scientifique doit se pr&eacute;senter comme la charpente m&ecirc;me d&#146;une culture g&eacute;n&eacute;rale moderne&laquo; &eacute;crivait-il en 1932. Pour lui, l&#146;esp&egrave;ce humaine doit transformer la soci&eacute;t&eacute; en syst&egrave;me d&#146;&eacute;ducation permanente conforme au &raquo;nouvel esprit scientifique&laquo;.<p>  Le physicien Paul Langevin, qui avait lui aussi un grand dessein &eacute;ducatif, fut une figure importante de l&#146;humanisme scientifique. Dans une conf&eacute;rence prononc&eacute;e en 1932, il d&eacute;clara: &raquo;Tout effort de l&#146;intelligence serait vain s&#146;il n&#146;avait pour but ultime la dignit&eacute; humaine.&laquo;<p>  Mais les nouvelles connaissances sur la structure de la mati&egrave;re ont d&#146;abord servi &agrave; construire la bombe A. Hiroshima a rappel&eacute; le caract&egrave;re profond&eacute;ment ambivalent de la science, &agrave; tout le moins de ses applications. &raquo;La science a connu le p&eacute;ch&eacute;&laquo; a &eacute;crit le physicien Robert Oppenheimer. En 1955, la conscience d&#146;une responsabilit&eacute; collective conduit Bertrand Russell &agrave; publier un manifeste cosign&eacute; par Albert Einstein. Peu apr&egrave;s, se mettent en place les &raquo;conf&eacute;rences Pugwash pour la Sciences et les Affaires mondiales&laquo;, &raquo;qui fonctionnent depuis lors comme un forum de la communaut&eacute; internationale des savants [situ&eacute;] &agrave; bonne distance des pouvoirs civils et militaires&laquo;. <p>  C&#146;est que l&#146;&egrave;re atomique est aussi l&#146;&acirc;ge de la <I>m&eacute;gascience</i> (ou <I>big science</i>): intervention grandissante des &Eacute;tats, professionnalisation et massification de la recherche, couplage entre les sciences et les techniques (technosciences). En l&#146;espace d&#146;une g&eacute;n&eacute;ration, la figure du savant, homme de culture, s&#146;efface pour laisser place &agrave; celle du chercheur hautement sp&eacute;cialis&eacute;. Le h&eacute;ros solitaire dispara&icirc;t au profit de l&#146;&eacute;quipe de recherche. On passe du laboratoire encore tr&egrave;s artisanal, comme celui de Louis de Broglie, &agrave; des installations regroupant des milliers de physiciens, d&#146;ing&eacute;nieurs et de techniciens. La parcellisation des connaissances s&#146;accro&icirc;t &agrave; mesure que leur rythme de production s&#146;acc&eacute;l&egrave;re. Cette &eacute;volution s&#146;accompagne d&#146;un glissement de l&#146;ambition de la science: la capacit&eacute; op&eacute;ratoire prend le pas sur le r&ocirc;le explicatif. <p>  Reprenant la question de la culture scientifique, Jean Fourasti&eacute; compare la situation de 1965, c&#146;est-&agrave;-dire en pleine conqu&ecirc;te spatiale, avec les espoirs exprim&eacute;s par Ernest Renan dans <I>L&#146;Avenir de la science</i>: &raquo;L&#146;ignorance banale, loin de s&#146;&ecirc;tre att&eacute;nu&eacute;e depuis un si&egrave;cle, semble non seulement s&#146;&ecirc;tre accrue, mais avoir augment&eacute; l&#146;inqui&eacute;tude et le d&eacute;sarroi de l&#146;homme; elle s&#146;accompagne couramment d&#146;une d&eacute;saffection et m&ecirc;me d&#146;une agressivit&eacute; &agrave; l&#146;&eacute;gard de la science exp&eacute;rimentale.&laquo; Selon Jean Fourasti&eacute;, le morcellement des connaissances et le progr&egrave;s de la formalisation condamnent la science &agrave; n&#146;offrir plus que des synth&egrave;ses abstraites, sans lien avec le monde sensible.<p>  En cette m&ecirc;me ann&eacute;e 1965, trois chercheurs de l&#146;Institut Pasteur re&ccedil;oivent le prix Nobel de physiologie et de m&eacute;decine pour leur travaux (publi&eacute;s en 1961) sur la synth&egrave;se des prot&eacute;ines cellulaires <I>via</i> l&#146;ARN messager. Andr&eacute; Lwoff, Jacques Monod et Fran&ccedil;ois Jacob sont engag&eacute;s dans une nouvelle r&eacute;volution scientifique, qui a commenc&eacute; en 1953 avec la d&eacute;couverte de la structure de l&#146;ADN. Les biologistes de la g&eacute;n&eacute;ration pr&eacute;c&eacute;dente, qui se voulaient autant naturalistes que physiologistes, restent d&eacute;sempar&eacute;s. Dans <I>Le Courrier d&#146;un biologiste</i>, Jean Rostand en t&eacute;moigne:&raquo;L&#146;&eacute;tude de l&#146;h&eacute;r&eacute;dit&eacute; est donc maintenant devenue, pour l&#146;essentiel, une affaire de <I>biochimie mol&eacute;culaire</i>. Nous sommes loin de la basse-cour de R&eacute;aumur, des pois de Mendel, des mouches de Morgan... Et les biologistes &agrave; l&#146;ancienne mode, les biologistes qui ne sont que biologistes, se sentent un peu d&eacute;concert&eacute;s, et d&eacute;pass&eacute;s par cette nouvelle forme de la g&eacute;n&eacute;tique qui, de plus en plus, s&#146;&eacute;loigne d&#146;eux, et pour laquelle ils &eacute;prouvent un respect m&ecirc;l&eacute; d&#146;un peu de m&eacute;lancolie.<p>  Cette r&eacute;volution se poursuivra dans les ann&eacute;es soixante-dix avec l&#146;essor de la g&eacute;n&eacute;tique mol&eacute;culaire et par l&#146;utilisation du g&eacute;nie g&eacute;n&eacute;tique. La science se fixe d&eacute;sormais comme nouvel objectif de ma&icirc;triser les m&eacute;canismes intimes du vivant, avec de possibles redoutables cons&eacute;quences pour l&#146;homme. Dans <i>Inqui&eacute;tudes d&#146;un biologiste</i>, Jean Rostand &eacute;crivait d&egrave;s 1967:&laquo;La biologie [...] est en train d&#146;alt&eacute;rer l&#146;image que l&#146;homme a de soi; elle fait &eacute;clater les notions traditionnelles de filiation, d&#146;individualit&eacute;, de sexe, voire de vie et de mort.&raquo; La question de la responsabilit&eacute; des scientifiques n&#146;affecte plus seulement les sciences de la mati&egrave;re mais touche d&eacute;sormais l&#146;ensemble du champ scientifique.<p>   Des hommes de science ont exprim&eacute; tr&egrave;s nettement qu&#146;ils avaient conscience d&#146;une responsabilit&eacute; des scientifiques vis-&agrave;-vis de la soci&eacute;t&eacute;. Certains mettent l&#146;accent sur l&#146;impact social des avanc&eacute;es scientifiques. D&#146;autres insistent sur les enjeux de connaissance. Ainsi, la le&ccedil;on inaugurale au Coll&egrave;ge de France de Jacques Monod (3 novembre 1967) est consacr&eacute;e &agrave; la question de la scission culturelle: &laquo;La science a donn&eacute; &agrave; l&#146;homme d&#146;immenses pouvoirs. Mais outre des abus atroces dans l&#146;usage de cette puissance, sa source m&ecirc;me, dans la connaissance objective et dans l&#146;&eacute;thique qui la fonde, demeure obscure pour la majorit&eacute; des hommes; d&#146;o&ugrave; cette anxi&eacute;t&eacute;, cette profonde m&eacute;fiance que tant de nos contemporains &eacute;prouvent &agrave; l&#146;&eacute;gard du monde moderne. Sentiment d&#146;ali&eacute;nation qui est loin de n&#146;atteindre que les moins cultiv&eacute;s [...]. Il est peu de devoirs plus clairs, ou plus urgents aujourd&#146;hui, pour la communaut&eacute; des hommes de science, que de combattre cette moderne schizophr&eacute;nie.&raquo;<p>  Il pr&eacute;cise dans <I>Le hasard et la n&eacute;cessit&eacute;</i>: &laquo;Le devoir qui s&#146;impose, aujourd&#146;hui plus que jamais, aux hommes de science de penser leur discipline dans l&#146;ensemble de la culture moderne pour enrichir non seulement de connaissances techniquement importantes, mais aussi des id&eacute;es venues de leur science qu&#146;ils peuvent croire humainement signifiantes.&raquo;<p>  Le paysage des sciences conna&icirc;t &agrave; cette &eacute;poque bien d&#146;autres bouleversements: les sciences de la Terre sont enti&egrave;rement renouvel&eacute;es avec la tectonique des plaques; le mod&egrave;le standard devient le paradigme en physique des particules, qui fait jonction avec l&#146;astrophysique; la d&eacute;couverte du rayonnement fossile en radioastronomie relance le mod&egrave;le cosmologique de Lema&icirc;tre (big-bang). Les domestications de l&#146;atome, de l&#146;&eacute;lectron et du photon font d&#146;&eacute;normes progr&egrave;s et donnent lieu rapidement &agrave; de nombreuses applications. L&#146;immunologie exploite la nouvelle g&eacute;n&eacute;tique. De fait, ce sont les cons&eacute;quences de la r&eacute;volution biologique qui marquent le plus la p&eacute;riode qui s&#146;ouvre. On est entr&eacute;s dans l&#146;&egrave;re g&eacute;n&eacute;tique, per&ccedil;ue comme aussi mena&ccedil;ante, voire plus, que l&#146;&egrave;re atomique. <p>  Au-del&agrave; de ce glissement, c&#146;est tout le regard de la soci&eacute;t&eacute; sur la science qui a chang&eacute;. Edgar Morin estime qu&#146;&agrave; cette &eacute;poque &laquo;le noyau m&ecirc;me de la foi dans le progr&egrave;s (science/technique/industrie) se trouve de plus en plus corrod&eacute;. [...] partout la triade science/technique/industrie perd son caract&egrave;re providentiel&raquo;. D&#146;autre part, un des effets de la conqu&ecirc;te spatiale est une modification radicale de la repr&eacute;sentation que se fait l&#146;homme de la Terre. Les images envoy&eacute;es par satellite sont celles d&#146;une plan&egrave;te bleue, petite boule dans l&#146;espace que l&#146;on se prend &agrave; assimiler &agrave; un &ecirc;tre vivant. Des naturalistes jouent un r&ocirc;le important dans la sensibilisation du public &agrave; l&#146;&eacute;cologie et &agrave; la protection de la nature. Ainsi, Jean Dorst publie en 1965 <I>Avant que nature meure </i>et en 1970 une &eacute;dition abr&eacute;g&eacute;e sous le titre <I>La nature d&eacute;natur&eacute;e</i>. L&#146;&eacute;cologie politique fait son apparition sur la sc&egrave;ne nationale avec l&#146;agronome Ren&eacute; Dumont. L&#146;id&eacute;e d&#146;un monde fini, que l&#146;homme doit g&eacute;rer en locataire consciencieux, se propage. C&#146;est dans le contexte de nouveaux rapports entre science et soci&eacute;t&eacute; que prend forme le mouvement de la culture scientifique et technique au d&eacute;but des ann&eacute;es soixante-dix. La crise &eacute;conomique conduit &agrave; transformer des usines en &eacute;comus&eacute;es (Le Creusot). Des chercheurs se lancent dans des animations de rue (&laquo;pop physique&raquo;). Des associations montent des projets et des pr&eacute;figurations de centres de culture scientifique et technique (Grenoble). Et au d&eacute;but des ann&eacute;es quatre-vingt, nombre de ces actions sont institutionnalis&eacute;es. La vulgarisation se m&eacute;diatise et devient &laquo;communication scientifique publique&raquo;. <p>  <center> <A HREF="03.html"> <img border="0" src="/images/pucecghe_sommaire.gif" width="9" height="6" hspace="5" vspace="3"> </A> <script language="javascript">document.write (menuSelector)</script> <A HREF="05.html"> <img border="0" src="/images/pucedte_sommaire.gif" width="9" height="6" hspace="5" vspace="3"></A> </center> </td></tr></table><script language="javascript"> document.write(bas) </script> </body> </html> 
