<html>  <head> <meta http-equiv=Content-Type content="text/html; charset=windows-1252"> <meta name=Generator content="Microsoft Word 10 (filtered)"> <title>                Embargos sur les diamants du sang</title>  <style> <!--  /* Font Definitions */  @font-face 	{font-family:"MS Sans Serif"; 	panose-1:0 0 0 0 0 0 0 0 0 0;}  /* Style Definitions */  p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal 	{margin:0in; 	margin-bottom:.0001pt; 	punctuation-wrap:simple; 	text-autospace:none; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"MS Sans Serif";} h1 	{margin:0in; 	margin-bottom:.0001pt; 	text-align:justify; 	page-break-after:avoid; 	punctuation-wrap:simple; 	text-autospace:none; 	font-size:14.0pt; 	font-family:"Times New Roman";} p.MsoFootnoteText, li.MsoFootnoteText, div.MsoFootnoteText 	{margin:0in; 	margin-bottom:.0001pt; 	punctuation-wrap:simple; 	text-autospace:none; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"MS Sans Serif";} p.MsoHeader, li.MsoHeader, div.MsoHeader 	{margin:0in; 	margin-bottom:.0001pt; 	punctuation-wrap:simple; 	text-autospace:none; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"MS Sans Serif";} span.MsoFootnoteReference 	{vertical-align:super;} span.MsoEndnoteReference 	{vertical-align:super;} p.MsoEndnoteText, li.MsoEndnoteText, div.MsoEndnoteText 	{margin:0in; 	margin-bottom:.0001pt; 	punctuation-wrap:simple; 	text-autospace:none; 	font-size:10.0pt; 	font-family:"MS Sans Serif";} p.MsoTitle, li.MsoTitle, div.MsoTitle 	{margin:0in; 	margin-bottom:.0001pt; 	text-align:center; 	punctuation-wrap:simple; 	text-autospace:none; 	font-size:14.0pt; 	font-family:"Times New Roman"; 	font-weight:bold;} p.MsoBodyText2, li.MsoBodyText2, div.MsoBodyText2 	{margin:0in; 	margin-bottom:.0001pt; 	text-align:justify; 	text-indent:14.2pt; 	punctuation-wrap:simple; 	text-autospace:none; 	font-size:14.0pt; 	font-family:"Times New Roman";}  /* Page Definitions */  @page Section1 	{size:8.5in 11.0in; 	margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt;} div.Section1 	{page:Section1;} --> </style>  </head>  <body lang=EN-US>  <div class=Section1>  <p class=MsoTitle align=right style='text-align:right'><i><span lang=FR style='font-size:16.0pt'>Frdric Barrault<a href="#_ftn1" name="_ftnref1" title=""><span class=MsoFootnoteReference>*</span></a></span></i></p>  <p class=MsoTitle align=right style='text-align:right'><i><span lang=FR style='font-size:16.0pt;text-transform:uppercase;font-weight:normal'>&nbsp;</span></i></p>  <p class=MsoTitle><span lang=FR style='font-size:16.0pt;text-transform:uppercase; font-weight:normal'>&nbsp;</span></p>  <p class=MsoTitle><span lang=FR style='font-size:16.0pt;text-transform:uppercase; font-weight:normal'>les diamants du sang</span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><span lang=FR style='font-size: 16.0pt;font-family:"Times New Roman";text-transform:uppercase'>&nbsp;</span></p>  <p class=MsoNormal align=right style='text-align:right'><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>&nbsp;</span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><span lang=FR style='font-size: 14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>L'Afrique est le premier producteur de diamants bruts, devant l'Australie, la Russie, le Canada et le Brsil. Elle fournit la moiti du march mondial, estim  120 millions de carats, d'une valeur globale de 7 milliards de dollars. Au bout de la chane diamantaire, cela reprsente quelque 70 millions de pices de bijouterie, d'une valeur de prs de 50 milliards de dollars. Surtout, l'Afrique dtient  elle seule plus de la moiti des rserves mondiales de diamants, rparties sur plusieurs tats : Afrique du Sud, Botswana, Namibie, Zambie, Angola, Rpublique dmocratique du Congo (ex Zare), Rpublique Centrafricaine, Cte d'Ivoire, Liberia, Sierra Leone et Guine. De l'avis de la majorit des experts d'Anvers, la capitale mondiale du diamant  par o transitent 80 % des diamants bruts du monde entier , les pierres africaines sont par ailleurs considres comme les plus belles. </span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify;text-indent:14.2pt'><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>Cette richesse gologique est cependant loin de faire le bonheur des Africains. Par certains cts, elle peut mme tre considre comme une vritable <i>&nbsp;maldiction</i>&nbsp; pour les populations. Selon une tude rcente de la Banque Mondiale, portant sur quarante-sept guerres civiles entre 1967 et 1999, la lutte pour le contrle des minerais, est au cur de la plupart des conflits ethniques et politiques qui ensanglantent l'Afrique. La gographie des principales guerres civiles africaines actuelles  Angola, Rpublique dmocratique du Congo (RDC), Sierra Leone, Liberia, Guine  recouvre parfaitement celle des zones diamantifres et des pays limitrophes. Cette situation n'est pas  proprement parler nouvelle. Elle dure en fait depuis l'indpendance de l'Afrique. Les premires guerres de l'ex Congo belge avaient dj pour toile de fond le contrle des mines du Katanga et du Kasa. Elles continuent aujourd'hui sous d'autres masques. On se bat en Afrique pour les diamants dont le trafic alimente les gurillas et entretient ainsi des situations de guerre permanente. C'est un cercle vicieux, un drame pour les populations, une catastrophe pour l'Afrique.</span></p>  <p class=MsoBodyText2><span lang=FR>Alerte depuis le milieu des annes 1990 par des organisations non gouvernementales (ONG) anglo-saxonnes sur les atrocits qui se commettaient en Afrique, notamment en Sierra Leone, la communaut internationale a, semble-t-il, dcid de ragir. Le 7 mars,  la demande des tats-Unis et de la Grande-Bretagne, les membres du Conseil de scurit de l'ONU ont vot  l'unanimit des sanctions contre le Liberia de Charles Taylor, accus de soutenir les rebelles du Revolutionnary United Front (RUF) en Sierra Leone. Ces mesures portent notamment sur une interdiction des exportations de diamants du Liberia. L'objectif est de couper les ressources des rebelles du RUF, qui contrlent les zones diamantifres de la Sierra Leone et coulent les pierres par le Liberia<a href="#_edn1" name="_ednref1" title=""><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>[1]</span></span></span></a>. </span></p>  <p class=MsoBodyText2><span lang=FR>D'autres pays, souponns de servir de base arrire pour l'approvisionnement en armes des rebelles sierra lonais, sont pour l'instant placs sous surveillance et pourraient faire l'objet, dans les prochains mois, de mesures analogues sur leur propre production de diamants. Il s'agit principalement du Burkina-Faso, de la Cte d'Ivoire et de la Guine. Dans la liste des pays suspects figurent galement l'Ouganda, la Rpublique Centrafricaine, la Rpublique dmocratique du Congo, la Zambie et le Mali. </span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify;text-indent:14.2pt'><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>Cet embargo sur le Liberia est le troisime dcrt en moins de deux ans par l'ONU contre des diamants africains, dsigns aujourd'hui sous le nom de <i>&nbsp;diamants du sang&nbsp;</i>. En juin 1999,  la demande du Canada, le Conseil de scurit de l'ONU avait dj dcid de frapper les diamants angolais dont le trafic alimente depuis vingt-cinq ans la guerre civile entre l'Unita de Jonas Savimbi et le gouvernement du MPLA du prsident Dos Santos. En Angola, les sanctions de l'ONU s'appliquent en ralit exclusivement aux diamants de l'Unita. Les diamants gouvernementaux sont, eux, autoriss  sortir. En juillet 2000,  la demande de la Grande Bretagne, le Conseil de scurit de l'ONU avait prononc un autre embargo de dix-huit mois sur la totalit des diamants sierra lonais.</span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify;text-indent:14.2pt'><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>Que peut-on attendre de ces embargos  rptition ? On peut comprendre aisment la volont du secrtaire gnral de l'ONU, le Ghanen Kofi Annan, de ne pas rester inerte devant des guerres qui ravagent l'Afrique. L'ONU est par ailleurs dans son rle en s'efforant de mettre fin  ces conflits. Mais il ne faut pas se faire trop d'illusions sur l'efficacit de ces mesures. Toute l'histoire le dmontre : le propre des embargos est d'tre tourns. Quand une route est coupe ou interdite, le trafic se dplace ailleurs. C'est particulirement vrai pour les diamants. Petits, faciles  cacher  quelques millions de dollars peuvent tenir dans une bote d'allumettes  les diamants sont par excellence des objets de contrebande. Ils chappent  toutes les vigilances. Les experts peuvent dterminer avec prcision le poids, la couleur, la brillance, la qualit d'une pierre. Mais il n'existe pas encore de procds scientifiques qui permettent de fixer avec certitude l'origine gographique d'un diamant. Les certificats d'enregistrement, exigs par certaines places de ngoce comme Anvers, mentionnent uniquement le dernier pays d'o la marchandise a t exporte. Cela facilite tous les trafics, spcialement  travers les frontires poreuses des tats africains. Les embargos ne suffiront pas  priver les <i>&nbsp;seigneurs de la guerre&nbsp;</i> de leurs trsors. En revanche, ils risquent de porter atteinte  l'conomie des pays viss dont une partie de la population travaille honntement dans l'industrie du diamant.</span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><span lang=FR style='font-size: 14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>&nbsp;</span></p>  <h1><span lang=FR>Un ternel enjeu de pouvoir</span></h1>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><span lang=FR style='font-size: 14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>&nbsp;</span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify;text-indent:14.2pt'><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>Il existe environ 14 000 catgories de diamants diffrentes et 860 millions de pierres  brutes ou tailles  circulent  travers le monde. Bien malin, celui qui peut distinguer, au milieu d'un lot, un diamant de contrebande d'un diamant lgal. Le march du diamant est<i> &nbsp;propre&nbsp;</i>  95 %, souligne le Conseil suprieur du diamant  Anvers, l'organisme reprsentant l'ensemble de la profession. Mais 5 % de diamants <i>&nbsp;sales&nbsp;,</i> cela reprsente tout de mme quelques centaines de millions de dollars. Ce commerce illicite entretient les pires gurillas, en permettant d'acheter les armes et le carburant ncessaires  la poursuite des combats. Derrire le trafic des diamants se cache souvent en effet un trafic d'armes ou de ptrole. Cela suppose des bases arrires pour entreposer les matriels et toute une logistique pour les acheminer sur les zones de combat. Les filires sont parfaitement identifies. Tout le monde sait que les armes proviennent principalement des pays de l'ex-Europe de l'Est, (Bulgarie notamment), mais aussi d'Ukraine et de Russie, qui ont des stocks  couler. Plusieurs tats africains se rendent complices de ces trafics, en mettant leurs aroports ou leurs entrepts  la disposition des marchands d'armes. Le Zare, du temps de Mobutu, a longtemps jou ce rle pour l'Unita. Depuis la chute du prsident zarois, le relais est assur par le Burkina-Faso et le Togo<a href="#_edn2" name="_ednref2" title=""><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>[2]</span></span></span></a>. Autrement dit, pour tre efficaces, les sanctions conomiques auraient d tre tendues  l'ensemble des pays africains impliqus, directement et indirectement, dans les guerres civiles en cours. Ce qui est irraliste.</span></p>  <p class=MsoBodyText2><span lang=FR>Compte tenu de leur valeur, les diamants ont toujours t un enjeu de conqute et de pouvoir entre les diffrentes puissances ou factions rivales en Afrique. Depuis la dcouverte, en 1867, des clbres gisements de Kimberley en Afrique du Sud, l'histoire du continent africain est mme indissociable de celle du diamant. </span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify;text-indent:14.2pt'><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>La richesse minralogique de l'Afrique est vite apparue aux yeux des colonisateurs, au fur et  mesure qu'ils pntraient  l'intrieur des terres. C'est la dcouverte des diamants  puis celle de l'or  qui fit passer l'Afrique du Sud du stade pastoral au stade industriel. Si le continent africain est entr,  la confrence de Berlin en 1885, dans la sphre de la grande diplomatie, c'est que la fivre sud-africaine avait chang la donne<a href="#_edn3" name="_ednref3" title=""><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>[3]</span></span></span></a>.  partir de 1867, des immigrants de toute espce se rurent dans la zone diamantifre de Kimberley,  la jonction de la colonie du Cap, de la Rpublique du Transvaal et de l'tat libre d'Orange. En quelques annes, Cecil Rhodes, fondateur de la De Beers Company<a href="#_edn4" name="_ednref4" title=""><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>[4]</span></span></span></a>, russit  contrler toutes les grandes entreprises de prospection. Les intrts conomiques et politiques lis  ces richesses minires poussrent l'Angleterre  renforcer sa prsence sur place et  annexer des territoires. Les Rpubliques Boers protestrent, accusant Londres de lui voler les <i>&nbsp;rgions miraculeuses</i>&nbsp;. Par certains aspects, la guerre anglo-boer (1899 -1902) peut tre considre comme le premier <i>&nbsp;conflit du diamant&nbsp;</i> en Afrique. Pour sceller la paix, le gouvernement du Transvaal offrit d'ailleurs, en 1907, au roi Edouard VII d'Angleterre, le clbre Cullinan, le plus gros diamant du monde, qui figure aujourd'hui parmi les bijoux de la couronne. L'hommage du vaincu tait hautement symbolique </span></p>  <p class=MsoBodyText2><span lang=FR>L'anne 1907 est galement celle o les premiers diamants ont t dcouverts dans le bassin du Congo. Au dpart fief personnel du roi Lopold II de Belgique, le Congo est devenu une colonie de l'tat belge en 1908.  cette poque, le principal groupe financier belge, la Socit Gnrale, vritable puissance  l'intrieur du royaume, s'tait dj engag dans des investissements importants au Congo, avec notamment la constitution des entreprises de l'Union Minire du Haut Katanga. Toute l'industrie flamande du diamant, range sous la bannire d'Anvers, poussait par ailleurs  la mise en valeur des gisements diamantifres du Kasa et du Kivu. La proclamation de l'indpendance du Congo en 1960 remettait bien sr en cause le monopole colonial sur les diamants et allait dclencher les premiers conflits. Ce n'est pas un hasard, en effet, si ds la proclamation de l'indpendance, la riche province diamantifre du Kasa, comme le Katanga voisin, chercha  se constituer en tat autonome. Pour les Belges, qui appuyaient en coulisses ces scessions, c'tait un moyen de mettre les gisements  l'abri de la politique marxiste du Premier ministre de l'poque, Patrice Lumumba. Ces scessions ne seront qu'un feu de paille. Aprs la mort de Lumumba, en 1961, le Kasa comme le Katanga rentrrent dans le giron de Kinshasa</span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify;text-indent:14.2pt'><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>Pendant plus de trente ans, le Zare a vcu sous &nbsp;l'ordre&nbsp; du prsident Mobutu. Il est de notorit publique que ce dernier a construit une partie de sa fortune personnelle sur l'exploitation des diamants de son pays. Dans <i>Les Gemmocraties, l'conomie politique du diamant africain<a href="#_edn5" name="_ednref5" title=""><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><b><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family: "Times New Roman"'>[5]</span></b></span></span></a>,</i> Olivier Valle et Franois Misser expliquent comment le rgime de Mobutu, comme d'autres en Afrique d'ailleurs, prlevait sa dme sur le commerce du diamant: </span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify;text-indent:14.2pt'><i><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>&nbsp;Les vritables besoins de la maison Mobutu taient de 1 million de dollars par jour, soit 360 millions de dollars par an. La diffrence avec la contribution publique et officielle tait fournie par le prlvement prsidentiel dans le circuit du diamant&nbsp;.</span></i><span lang=FR style='font-size:14.0pt; font-family:"Times New Roman"'> </span></p>  <p class=MsoBodyText2><span lang=FR>L'arrive de Laurent-Dsir Kabila  la tte de la nouvelle Rpublique du Congo n'a pas chang fondamentalement les pratiques en cours. Elle a seulement fait rentrer les pays voisins dans le jeu des rivalits minires. Engage aux cts des forces gouvernementales de Kinshasa dans le conflit avec les rebelles soutenus par le Rwanda et l'Ouganda, la Namibie a ainsi reconnu dernirement qu'elle avait des intrts dans des mines situes dans la province du Kasa occidental<a href="#_edn6" name="_ednref6" title=""><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family: "Times New Roman"'>[6]</span></span></span></a>. De la mme faon, le Zimbabwe de Robert Mugabe a envoy au Congo un corps expditionnaire de 12 000 hommes pour scuriser les zones minires. En change de ce soutien militaire, le rgime en place  Kinshasa a abandonn l'exploitation de ces mines aux dirigeants de Harare. Ainsi, les Zimbabwens ont obtenu deux concessions diamantifres aux environs de Mbuyi-Mayi (Kasa). Quelques mois avant sa mort, en juillet 2000, Laurent-Dsir Kabila avait galement octroy un contrat d'exclusivit de dix-huit mois  la socit isralienne IDI Diamonds, pour l'exportation des diamants de l'entreprise minire du Bakwanga. La situation d'anarchie qui rgne au Congo, notamment sur les zones frontires avec l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi, ouvrent enfin la voie  tous les abus. Dans la rgion diamantifre du Kivu, la chasse aux diamants mobilise, dit-on, des milliers de paysans africains pour le bnfice des contrebandiers ou des &nbsp;petits seigneurs locaux de la guerre&nbsp;<a href="#_edn7" name="_ednref7" title=""><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>[7]</span></span></span></a>. </span></p>  <p class=MsoBodyText2 style='text-indent:0in'><span lang=FR>&nbsp;</span></p>  <p class=MsoBodyText2 style='text-indent:0in'><b><span lang=FR>Le cas de lAngola</span></b></p>  <p class=MsoBodyText2 style='text-indent:0in'><span lang=FR>&nbsp;</span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify;text-indent:14.2pt'><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>Plus encore qu'au Congo, le diamant est au cur du conflit en Angola. L'indpendance de ce pays, en 1975, a dclench une guerre civile de plus de vingt ans entre le gouvernement, pro-sovitique  l'poque, du MPLA (Mouvement pour la libration de l'Angola du prsident Dos Santos) et l'UNITA (Uniao Nacional para a independencia total de Angola de Jonas Savimbi). Malgr plusieurs accords conclus entre les deux parties, en 1991 (Accord de paix de Bicessse) et en 1994 (Protocole de Lusaka), cette guerre n'est, semble-t-il, pas termine. Une mission de l'ONU, envoye sur place en 1998, a rvl dans un document comment l'Unita de Jonas Savimbi finanait son effort de guerre<a href="#_edn8" name="_ednref8" title=""><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>[8]</span></span></span></a> : <i>&nbsp;Le diamant joue un rle particulirement important dans l'conomie politique et militaire de l'Unita</i>, peut-on lire dans ce rapport. <i>Premirement, la capacit de l'Unita de continuer de vendre des diamants bruts pour des espces et d'changer des diamants bruts contre des armes lui donne les moyens de poursuivre ses activits politiques et militaires. Deuximement, le diamant a t et continue d'tre un lment important de la stratgie de l'Unita pour se faire des amis et entretenir un appui extrieur. Troisimement, les caches des diamants bruts plutt que des dpts montaires ou bancaires constituent pour l'Unita le moyen privilgi de stocker sa fortune&nbsp;.</i></span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify;text-indent:14.2pt'><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>Selon les experts de l'ONU, l'Unita n'a aucune difficult  se procurer des diamants. Elle les puise, si on peut dire,  la source, dans les mines situes sur le territoire qu'elle contrle. On sait galement que l'Unita a accord  divers acheteurs de diamants une &nbsp;<i>licence</i>&nbsp;, moyennant finance, les autorisant  oprer dans les zones qu'elle contrlait. Des attaques de l'Unita ont galement t signales contre des mines gouvernementales. Les experts de l'ONU ont tenu aussi  dmonter tous les mcanismes et toutes les filires permettant  l'Unita d'couler ses diamants. Dans une transaction classique, l'Unita prparait des paquets de diamants d'une valeur comprise entre 4 et 5 millions de dollars. La transaction avait gnralement lieu dans un pays tiers. Les pays privilgis taient le Burkina-Faso, le Zare du temps de Mobutu et le Rwanda (aprs 1998), mais aussi le Togo et la Cte d'Ivoire. La mission a galement identifi une filire de contrebande de diamants  travers la Namibie, l'Afrique du Sud et la Zambie. Les diamants de l'Unita taient <i>&nbsp;blanchis</i>&nbsp; dans les mines sud-africaines, puis exports lgalement vers Londres, avant d'arriver  Anvers. L'argent de ce trafic servait  acheter des armes ou du carburant. </span></p>  <p class=MsoBodyText2><span lang=FR>L'enqute de l'ONU rvle que l'Unita passait ses commandes  des intermdiaires (souvent des ressortissants sud-africains ou ukrainiens) qui se procuraient les articles demands en Europe de l'Est : obus de mortiers, armes antichar, grenades, armes lgres, munitions en tous genres et mme missiles Sam 6. Plusieurs pays d'Afrique ont servi de base arrire pour stocker ce matriel. Le Zare a longtemps t la principale plaque tournante de ce trafic d'armes. Le Congo-Brazzaville, du temps de Pascal Lissouba, a galement jou un rle d'entrept pour l'Unita, en mme temps qu'il lui procurait du carburant. Aprs le renversement de Mobutu, c'est le Togo du gnral Eyadema qui est devenu le principal fournisseur de l'Unita en faux certificats d'utilisateur final de matriel militaire : officiellement, c'est le Togo qui achte les armes, mais en ralit, c'est l'Unita qui en bnficie Tous ces &nbsp;services&nbsp; donnent lieu  des commissions en diamants. On dcouvre ainsi que prs d'une dizaine d'tats africains participaient  et participent encore directement ou indirectement  ce trafic. </span></p>  <p class=MsoBodyText2 style='text-indent:0in'><span lang=FR>&nbsp;</span></p>  <p class=MsoBodyText2 style='text-indent:0in'><b><span lang=FR>Drives mafieuses</span></b></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify;text-indent:14.2pt'><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>&nbsp;</span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify;text-indent:14.2pt'><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>La contrebande de diamants a toujours exist en Afrique. Au temps des colonies, elle tait principalement le fait d'aventuriers qui travaillaient pour leur propre compte. Cela faisait presque partie d'un &nbsp;folklore&nbsp; immortalis par les bandes dessines ou les productions hollywoodiennes de srie B. Avec l'indpendance, ce trafic a pris une dimension politique sans faire disparatre pour autant l'aspect crapuleux. Les diamants ne sont plus seulement aujourd'hui l'enjeu des conflits africains, ils sont aussi le &nbsp;nerf de la guerre&nbsp;. Et le circuit complexe des diamants du sang est imbriqu avec celui de la drogue et du blanchiment de l'argent.</span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify;text-indent:14.2pt'><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>La guerre civile qui a clat en Sierra Leone en 1991 est sans doute celle qui illustre de la manire la plus brutale cette drive mafieuse. <i>&nbsp;Ni les sciences conomiques et politiques, ni l'histoire militaire traditionnelle ne parviennent  expliquer le conflit en Sierra Leone&nbsp;</i>, notent Ian Smilie, Lansana Gberie et Ralph Hazleton dans une tude publie en janvier 2000 par le Sierra Leone Working Group d'Ottawa. &nbsp;<i>L'enjeu de cette guerre n'a probablement pas t la victoire mais plutt la ralisation de bnfices provenant d'activits criminelles lucratives menes sous le couvert de la guerre. En fait, les diamants ont t le moteur du conflit en Sierra Leone, qui a dstabilis le pays durant prs de trente ans, drob son patrimoine et dtruit toute une gnration d'enfants&nbsp;<a href="#_edn9" name="_ednref9" title=""><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><b><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>[9]</span></b></span></span></a>.</i></span></p>  <p class=MsoBodyText2><span lang=FR>Les premiers diamants ont t dcouverts en Sierra Leone en 1930 et une production digne de ce nom a commenc ds 1935.  cette date, les dirigeants coloniaux britanniques signaient un accord avec une filiale de De Beers, lui rservant les droits exclusifs d'exploitation et de prospection dans tout le pays pour une dure de quatre-vingt-dix-neuf ans. Au dbut des annes cinquante, on estimait toutefois  75 000 le nombre de mineurs illicites dans la rgion de Kono  la plus importante zone diamantifre. Ces mineurs s'adonnaient dj  la contrebande, avec la complicit de commerants libanais trs prsents en Afrique de l'Ouest. La route de la contrebande passait dj par le Liberia, au point que les commerants libanais ont suivi le trafic et sont venus s'installer  Monrovia. En 1955, les Britanniques dnonaient l'accord conclu avec De Beers. Ils mettaient en place un programme d'exploitation des zones alluviales ( Alluvial Mining Scheme) en vertu duquel des licences d'exploitation et d'achat taient accordes  des entreprises minires locales. En fait, ces licences sont rapidement passes dans les mains de commerants libanais.</span></p>  <p class=MsoBodyText2><span lang=FR>En 1968, sept ans aprs l'indpendance, Siaka Stevens est devenu Premier ministre, puis prsident de la Rpublique, en Sierra Leone. Autoritaire, mais incapable d'largir la base rgionale de son pouvoir, confront  une crise conomique, le prsident Stevens encouragea l'extraction minire illicite et abandonna progressivement la conduite du pays  un homme d'affaire libanais, Jamil Mohammed. En 1985, Stevens quittait le pouvoir et tait remplac par le gnral Joseph Momoh, qui a confi encore plus de responsabilits  Jamil Mohammed.</span></p>  <p class=MsoBodyText2><span lang=FR>De la fin des annes 1970 au dbut des annes 1990, les affrontements de la guerre civile libanaise se rpercutrent en Sierra Leone. Plusieurs milices libanaises trouvrent sur place, auprs de leurs compatriotes, une aide financire, et les diamants du pays constiturent une importante source de revenus pour les diffrentes factions. L'affaire ft suivie avec attention par le gouvernement isralien, ne serait-ce que parce que le leader du groupe libanais Amal, Nabih Berri, tait n en Sierra Leone et tait un ami d'enfance de Jamil Mohammed. En 1987, aprs une tentative rate de coup d'tat en Sierra Leone, Jamil Mohammed s'exilait, ouvrant la voie  de nouveaux investisseurs, israliens mais aussi canadiens.</span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify;text-indent:14.2pt'><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>C'est dans ce contexte qu'a clat, en 1991, la guerre de rbellion du Revolutionnary United Front. Les diamants ne sont peut tre pas la cause unique de cette guerre, mais ils sont devenus trs vite une des cls du conflit : <i>&nbsp;Nous avons toujours soutenu que la guerre en Sierra Leone n'tait pas idologique, tribale ou rgionale, mais que ses racines se trouvaient dans les diamants, toujours les diamants, et encore les diamants&nbsp;,</i> a expliqu,  plusieurs reprises, Ibrahim Kamara, le reprsentant du gouvernement lgal de Freetown  l'ONU . </span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify;text-indent:14.2pt'><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>Les riches gisements de la rgion du Kono sont sous le contrle des rebelles. Les troupes gouvernementales de Freetown, soutenues par les forces de l'ONU et un contingent de soldats britanniques, n'ont pas encore russi  rtablir l'ordre. La route de Freetown tant interdite aux rebelles, ceux-ci doivent faire sortir les diamants par un autre pays. D'emble, le Liberia a offert de jouer le rle de <i>&nbsp;pavillon de complaisance</i>&nbsp; pour les diamants du Ruf, et de base arrire pour son approvisionnement en armes. Cette filire librienne est, on l'a vu, une tradition ancienne. Mais le fait nouveau, depuis 1991, c'est la participation active du gouvernement librien dans la guerre brutale en Sierra Leone, dans une optique de pillage plutt que dans un but politique. Selon l'ONG canadienne Partenariat Afrique Canada, et la Sierra Leone Working Group, le Liberia de Charles Taylor serait  <i>devenu un important entrept criminel de diamants et d'armes et un centre de blanchiment d'argent, de terreur et d'autres formes de crime organis&nbsp;.</i></span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify;text-indent:14.2pt'><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>Personnellement mis en cause dans ces rapports, Charles Taylor a accus les Britanniques de vouloir s'emparer des diamants de la Sierra Leone : <i>&nbsp;Oui, je crois que la guerre en Sierra Leone est une guerre pour les diamants. Mais pas parce que le Liberia veut ces diamants. Nous, nous en avons dj. Cette guerre a lieu parce que les Britanniques veulent ces diamants. Il y a des officiels britanniques qui,  travers des socits par actions bases  Vancouver, possdent des mines en Sierra Leone. C'est pour cela que les soldats britanniques sont la-bas&nbsp;; pas  cause de nous. Nous accuser de trafic de diamants, c'est comme accuser l'Arabie Saoudite de faire de la contrebande de ptrole&nbsp;<a href="#_edn10" name="_ednref10" title=""><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><b><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family: "Times New Roman"'>[10]</span></b></span></span></a>.</i> </span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify;text-indent:14.2pt'><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>&nbsp;</span></p>  <h1><span lang=FR>Le rle de lindustrie</span></h1>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify;text-indent:14.2pt'><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>&nbsp;</span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify;text-indent:14.2pt'><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>De l  imaginer que l'ONU et les ONG anglo-saxonnes sont manipules par l'industrie canadienne et australienne du diamant, il y a sans doute un pas difficile  franchir. Mais il est vrai que les campagnes humanitaires contre les <i>&nbsp;diamants du sang&nbsp;</i> et, par amalgame, contre tous les diamants africains, servent objectivement les intrts commerciaux de l'industrie canadienne et australienne, dont la production est, elle, 100 %<i> </i>&nbsp;politiquement correcte&nbsp;. <i>&nbsp;Il est facile d'mouvoir l'opinion publique en brandissant l'image d'une fillette mutile et de jeter ensuite le discrdit sur un secteur entier d'activits qui fait vivre des millions de gens en Afrique Australe et ailleurs&nbsp;,</i> plaident les reprsentants du Conseil suprieur du diamant  Anvers<a href="#_edn11" name="_ednref11" title=""><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>[11]</span></span></span></a>.</span></p>  <p class=MsoBodyText2><span lang=FR>L'industrie du diamant prend aujourd'hui trs au srieux les menaces de boycott contre les diamants africains brandies par certaines ONG, relayes par des organisations de consommateurs. Aux tats-Unis, qui reprsentent 50 % de la demande mondiale de bijoux, ces campagnes ont du poids auprs des consommateurs (voir les dgts provoqus par les campagnes de boycott contre la fourrure ou l'ivoire). L'industrie du diamant, De Beers en tte, appuie aujourd'hui les mesures prises par l'ONU contre les diamants du conflit. Mais, elle met en garde contre une campagne internationale sans distinction qui pourrait porter atteinte  des pans entiers de l'conomie des pays africains.</span></p>  <p class=MsoBodyText2><span lang=FR>Liberia, Sierra Leone, Congo, Angola&nbsp;: le diamant est le fil conducteur qui permet de relier ces guerres africaines qui n'ont, au dpart, rien en commun, si ce n'est prcisment de se drouler dans des riches zones diamantifres. De ce point de vue, on peut parler d'une gopolitique du diamant, qui donne aux conflits africains une autre dimension que les traditionnelles explications ethniques ou religieuses. </span></p>  <p class=MsoBodyText2><span lang=FR>Sans les diamants, ces guerres auraient sans doute clat. Mais elles n'auraient pas perdur : dix ans de conflits en Sierra Leone, vingt-cinq ans en Angola, pas loin de quarante ans dans le bassin du Congo ! Le bilan se chiffre en centaines de milliers de morts et autant de personnes dplaces, impliquant, de ce fait, tous les pays limitrophes des zones de conflit. Pratiquement toute l'Afrique de l'Ouest  notamment la Guine et la Cte d'Ivoire  est dstabilise par la guerre en Sierra Leone. Toute l'Afrique centrale est affecte par les guerres du Congo. De micro-conflits locaux au dpart, on est pass  des conflits rgionaux et mme internationaux.</span></p>  <p class=MsoBodyText2><span lang=FR>La lutte pour le contrle des minerais a toujours t l'un des enjeux majeurs des affrontements en Afrique. L'ordre colonial a longtemps gel les situations et fix des limites aux apptits des uns et des autres. Avec l'indpendance de l'Afrique, c'est tout ce systme d'quilibre qui a t brutalement remis en cause. </span></p>  <p class=MsoBodyText2><span lang=FR>L'analyse des guerres actuelles montre enfin une modification dans la nature des conflits. Le diamant est non seulement un enjeu parmi d'autres (ptrole, cuivre, cobalt), pour lequel on est prt  faire la guerre. Il est aussi devenu, par l'argent qu'il procure, le moyen qui permet de continuer  faire la guerre. Autrement dit, des conflits pour le diamant, on est pass aux trafics des diamants pour financer les conflits, avec une drive mafieuse o les intrts politiques se mlent aux intrts criminels. Vue sous cet angle, la paix en Afrique de l'Ouest et en Afrique Centrale ne relve pas uniquement de l'action diplomatique classique. Elle passe aussi par la lutte contre la criminalit internationale. Un autre dfi pour l'ONU.</span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><span lang=FR style='font-size: 14.0pt;font-family:"Times New Roman"'>&nbsp;</span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><span lang=FR style='font-family: "Times New Roman"'>&nbsp;</span></p>  </div>  <div><br clear=all>  <hr align=left size=1 width="33%">  <div id=ftn1>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><a href="#_ftnref1" name="_ftn1" title=""><span class=MsoFootnoteReference>*</span></a><span style='font-size: 14.0pt;font-family:"Times New Roman"'> </span><span lang=FR style='font-family: "Times New Roman"'>Journaliste, Charg d'Enseignement  l'Institut Catholique d'tudes Suprieures de la Roche sur Yon, auditeur du Centre des Hautes Etudes de l'Armement (Chear, 27 me session, 1990-1991).</span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify'>&nbsp;</p>  </div>  </div>  <div><br clear=all>  <hr align=left size=1 width="33%">  <div id=edn1>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><a href="#_ednref1" name="_edn1" title=""></a>1<span lang=FR style='font-family:"Times New Roman"'>L'embargo de l'ONU porte en premier lieu sur les armes  destination du Liberia. Il est applicable immdiatement. Les sanctions conomiques portant sur les diamants entreront en vigueur dans deux mois pour une priode d'un an. Ce sursis de deux mois a t obtenu  la demande de la Communaut des tats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Le gouvernement librien a aussitt dcid un &nbsp;moratoire&nbsp; pour le commerce des diamants dans le but, soit disant, de l'assainir. Selon les statistiques publies par le Conseil suprieur du diamant  Anvers, le Liberia a export vers la capitale flamande en 1999 l'quivalent de 1,8 million de carats d'une valeur de 300 millions de dollars. D'autres pierres sont exportes vers Tel</span><span lang=FR style='font-size:14.0pt;font-family: "Times New Roman"'> </span><span lang=FR style='font-family:"Times New Roman"'>Aviv ou Bombay. Selon les professionnels, le Liberia exporterait quarante fois plus de diamants que la capacit de production de toutes les mines du pays. </span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify'>&nbsp;</p>  </div>  <div id=edn2>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><a href="#_ednref2" name="_edn2" title=""><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:"MS Sans Serif"'>[2]</span></span></span></a> <span lang=FR style='font-family:"Times New Roman"'>Rapport du groupe d'experts cr par le Comit du Conseil de Scurit concernant la situation en Angola , fvrier 1999. Compos de dix membres, ce groupe d'experts tait prsid par M. Anders Mllander (Sude).</span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify'>&nbsp;</p>  </div>  <div id=edn3>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><a href="#_ednref3" name="_edn3" title=""><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:"MS Sans Serif"'>[3]</span></span></span></a> <span lang=FR style='font-family:"Times New Roman"'>Article de Charles Zorgbibe, La Confrence de Berlin a-t-elle partag l'Afrique ? in <i>Gopolitique Africaine</i>, numro 1, hiver 2001.</span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify'>&nbsp;</p>  </div>  <div id=edn4>  <p class=MsoEndnoteText><a href="#_ednref4" name="_edn4" title=""><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:"MS Sans Serif"'>[4]</span></span></span></a> <span lang=FR style='font-family:"Times New Roman"'>La De Beers Company a t cre en 1880 par Cecil Rhodes. Elle porte le nom du fermier boer, propritaire du terrain o ont t trouvs les premiers diamants. En 1925, De Beers est pass sous le contrle du groupe anglo-americain dont la famille Oppenheimer est un des principaux actionnaires. C'est toujours un membre de la famille Oppenheimer qui dirige De Beers. La firme sud-africaine a longtemps exerc un quasi-monopole sur le march du diamant notamment par le canal de son bureau central de vente  Londres, la Central Stelling Organisation. Aujourd'hui, elle contrle encore environ 60 % du march.</span></p>  <p class=MsoEndnoteText>&nbsp;</p>  </div>  <div id=edn5>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><a href="#_ednref5" name="_edn5" title=""><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:"MS Sans Serif"'>[5]</span></span></span></a> <i><span lang=FR style='font-family:"Times New Roman"'>Les Gemmocraties, l'conomie politique du diamant africain</span></i><span lang=FR style='font-family:"Times New Roman"'>, Olivier Valle et Franois Misser, Editions Descle de Brouwer, 1997. </span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify'>&nbsp;</p>  </div>  <div id=edn6>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><a href="#_ednref6" name="_edn6" title=""><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:"MS Sans Serif"'>[6]</span></span></span></a> <span lang=FR style='font-family:"Times New Roman"'>Interview de Jesaya Nyamu, ministre namibien des Mines et de l'Energie, dans <i>Die Republikein</i> du 22 fvrier 2001.</span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify'>&nbsp;</p>  </div>  <div id=edn7>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><a href="#_ednref7" name="_edn7" title=""><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:"MS Sans Serif"'>[7]</span></span></span></a> <span lang=FR style='font-family:"Times New Roman"'>Le prsident congolais Joseph Kabila a cit le chiffre de 2,5 millions de civils tus au cours de la guerre qui dchire et ruine son pays de 50 millions d'habitants depuis aot 1998. Interview accorde au quotidien belge <i>Le Soir</i> du 7 mars 2001.</span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify'>&nbsp;</p>  </div>  <div id=edn8>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><a href="#_ednref8" name="_edn8" title=""><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:"MS Sans Serif"'>[8]</span></span></span></a> <span lang=FR style='font-family:"Times New Roman"'>Rapport du groupe d'experts cre par le Comit du Conseil de Scurit concernant la situation en Angola , fvrier 1999. Trs svre pour l'Unita, ce rapport est curieusement indulgent pour le gouvernement du prsident Dos Santos qui a, lui aussi, utilis les diamants pour se procurer du matriel militaire. La socit isralienne LLD Diamonds a ainsi obtenu rcemment un contrat exclusivit pour l'enlvement de diamants angolais. Ce contrat a t obtenu grce  l'influence d'un personnage trs influent  Luanda, Arcadi Gaydamak, contre lequel le juge franais Philippe Courroye a lanc un mandat d'arrt international dans le cadre de l'enqute sur les ventes d'armes illgales  l'Angola. Enqute qui met en cause l'homme d'affaires Pierre Falcone et plusieurs personnalits de l'entourage de l'ancien prsident Franois Mitterrand, comme son fils Jean-Christophe, anciennement charg de la &nbsp;cellule africaine&nbsp;  l'Elyse et l'ex-conseiller Jacques Attali. </span></p>  </div>  <div id=edn9>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><a href="#_ednref9" name="_edn9" title=""><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:"MS Sans Serif"'>[9]</span></span></span></a> <span lang=FR style='font-family:"Times New Roman"'>Rapport du Sierra Leone Working Group, <i>le cur du problme : la Sierra Leone, les diamants et la scurit humaine</i>, janvier 2000, en liaison avec l'ONG Partenariat Afrique Canada -Pac.</span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify'>&nbsp;</p>  </div>  <div id=edn10>  <p class=MsoEndnoteText><a href="#_ednref10" name="_edn10" title=""><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:"MS Sans Serif"'>[10]</span></span></span></a> <span lang=FR style='font-family:"Times New Roman"'>Interview du prsident Charles Taylor dans <i>Le Monde</i> du 15 novembre 2000.</span></p>  <p class=MsoEndnoteText>&nbsp;</p>  </div>  <div id=edn11>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify'><a href="#_ednref11" name="_edn11" title=""><span class=MsoEndnoteReference><span class=MsoEndnoteReference><span style='font-size:10.0pt;font-family:"MS Sans Serif"'>[11]</span></span></span></a> <span lang=FR style='font-family:"Times New Roman"'>Lors d'une rencontre internationale  Lom en 1999, le prsident sierra leonais Kabbah tait venu accompagn d'une petite fille ampute des mains pour montrer  l'opinion publique internationale les atrocits commises par les rebelles du RUF.</span></p>  <p class=MsoNormal style='text-align:justify'>&nbsp;</p>  </div>  </div>  </body>  </html>  <!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.0 Transitional//EN"> <HTML>   <HEAD>     <title>show</title>     <META http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=Windows-1252">     <meta name="GENERATOR" content="Microsoft Visual Studio.NET 7.0">     <meta name="CODE_LANGUAGE" content="Visual Basic 7.0">     <meta name="vs_defaultClientScript" content="JavaScript">     <meta name="vs_targetSchema" content="http://schemas.microsoft.com/intellisense/ie5">   </HEAD>   <body MS_POSITIONING="GridLayout">     <form name="Form1" method="post" action="show.aspx?ArticleId=3269" id="Form1"> <input type="hidden" name="__VIEWSTATE" value="dDwtMTI3OTMzNDM4NDs7PjL7z4yMjjmnSaGJxnf8IHqcB6os" />      </form>   </body> </HTML> 
