<html>  <head> <meta NAME="GENERATOR" CONTENT="Microsoft FrontPage 4.0"> <title>La science et l'me du monde</title>   <meta name="Microsoft Theme" content="glacier 011"> <meta name="Microsoft Border" content="none, default"> </head>  <body background="../_themes/glacier/glabkgnd.jpg" bgcolor="#FFFFFF" text="#000000" link="#006666" vlink="#999999" alink="#66CCCC"><!--mstheme--><font face="Arial, Arial, Helvetica">  <p ALIGN="CENTER"><font FACE="Arial"> <applet NAME="Popup Menu" WIDTH="113" HEIGHT="29" MAYSCRIPT CODE="PopupMenuApplet.class" CODEBASE="../popupmenu/">   <param name="BGCOLOR" value="003366">   <param name="DATA" value=" {Agence de presse{Nord-Sud *../index2.htm} {Articles de presse{Courrier Nord-Sud *../press/index.htm} {L'image*../press/image.htm} } {Dessins de presse{Dcrypter le Moyen-Orient compliqu*../najiali/index.htm} {Bas les voiles*../kaci/index.htm} } {Documentaire(s)*../press/retourbb.htm} {Mtropolis*../these/index.htm} {Stratgie*../strategie/index.htm} {Prospective*../ts36/sommaire.htm} {Photosatellite*../strategie/photosatellite.htm} {hr} {E-zine*../edizine/index.htm} {Magazines en ligne / infotechnologie{Fin des grandes chanes TV *../ts66/sommaire.htm} {Ordinateurs presque vivants *../ts82/sommaire.htm} } {Emissions &amp; confrences en ligne {Questions d'histoire 1 *../bb/presse.htm} {Questions d'histoire 2 *../press/nekrouf.htm} {Relations interculturelles *../press/elmandjra.htm} {Etat et drgulation *../press/ouane.htm} } } {hr}{Centre de documentation{Episthmes *../episthemes.htm} {Rseaux et rsonance{Textes fondateurs{As we may think*../episteme/vannevar.htm} {Aql fa'il*../levy/aql.htm} {Atlas*../press/atlas.htm} } {Virtuel visuel et social{Cyberculture *../levy/cyberculture/index.htm} {Mondes virtuels *../ts82/mendelsohn.htm} } } {Confrences en ligne {Pense &amp; Algorithme *../episteme/conferencesb.htm} {Histoire des sciences *../episteme/conferences.htm} {Rencontres Sciences et Socit *../evian/index.html} } {Science &amp; Conscience{Epistemes anciens et prochains *../episteme/index.htm} } {Science &amp; Technologie{Gnomon *../episteme/gnomon.htm} {Nanotechnologies *../ts/henchoz.htm} {Nanotubes *../ts/chatelain.htm} {Archobactries *../ts/doolittle.htm} } } {hr}{Site intrieur{Chamanisme *../narby/perrin.htm} {Tao *../batin/tao.htm} {Kabbale *../edizine/beresniak/beresniak.htm} {hr} {Domaine Islam{Sociologie religieuse *../batin/index.htm} {Tariqa Sufiya *../batin/siteinterieur.htm} } } {hr}{Tlguidage{Sommaire gnral / Ddale *../sommaire.htm} {Boussoles digitales*../strategie/boussoles.htm} {Outils *../strategie/outils.htm} {Webeditor / Contact* mailto:rb@archipress.org} }  ">   <param NAME="STYLE" VALUE="BOLD">   <param name="TEXT" value="white">   <param name="TITLE" value="@rchipress.org">   <param name="FONT" value="Arial">   <param name="IMG" value="../popupmenu/archilogo2.jpg">   <param name="SIZE" value="12"> </applet>  &nbsp; <br> <br> <a HREF="episteme.htm">EPISTEME</a></font></p>  <h2 ALIGN="CENTER"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><font FACE="Arial">La science et l'me du monde</font><!--mstheme--></font></h2>  <h4 ALIGN="CENTER"><!--mstheme--><font face="Verdana, Arial, Helvetica"><font FACE="Arial">Michel Cazenave (Paris, Albin Michel, 1996)</font><!--mstheme--></font></h4>  <p><font FACE="Arial"><br> &quot;Dans une vaste enqute sur les mcanismes de l'invention scientifique, sur les nouveaux modles de la physique et de l'astrophysique, sur les thmes mtaphysiques et parfois mme mythiques qui s'y trouvent mis en jeu, Michel Cazenave tente ici de montrer comment l'on pourrait, aujourd'hui, essayer de repenser une unit fondamentale du monde et de l'homme grce  la reprise en compte de la notion de l'tre, et dans une dialectique essentielle des savoirs de l'inconscient et des processus rationnels.&quot;</font></p> <font FACE="Arial">  <!--msthemeseparator--><p align="center"><img src="../_themes/glacier/aglarule.gif" width="600" height="10"></p>  <p><font FACE="Arial"><i>extraits significatifs :<br> </i><br> p. 9-10 ; &quot;Nous souffrons de nos jours ; et nos gestes de malades, ce sont la drogue et les sectes, les hallucinations collectives, la lassitude gnrale d'une civilisation qui s'croule, d'une socit qui se dissout et libre comme toujours ce qu'elle a de plus trouble au plus profond de son coeur ; c'est cette espce de folie qui souffle sur les masses et les entrane  la suite de Staline, de Hitler, ou de Pol Pot au Cambodge, quand ce n'est pas, aujourd'hui de certains chefs religieux qui rpandent la mort et la haine au nom d'une religion qu'avaient justifie dans l'histoire la puret de ses penseurs et la perscution sculaire dont elle avait t la victime&quot;.<br> <br> (...) On sait ce que pensait Nietzsche : &quot;Lorsque je vis mon dmon, je le trouvai srieux, grave, profond et solennel : c'tait l'esprit de lourdeur, c'est par lui que tombent toutes choses.&quot;&quot;<br> <br> p. 11 ; &quot;Pour en venir au fait, je dois bien avouer que, lorsque cet homme fort aimable qui s'appelle Ives Jaigu me demanda d'organiser pour la chane France-Culture dont il est le directeur, le Colloque de Cordoue qui runit durant cinq jours des physiciens, des neuro et des psychopsysiologues, des psychanalystes, des anthropologues, des potes et des philosophes, je m'amusai comme un fou  remplir sa requte. Et le moindre mrite de ce Colloque qui, depuis, a donn le prtexte  tant de contresens, c'est sans doute cet tat comme de joie spontane qui le marqua sans arrt,  confronter des points de vue que l'on pouvait croire au dpart comme tellement loigns sur la ralit de l'univers et la manire dont les hommes la ngocient dans leur me.<br> <br> Or, les ractions passionnelles de certains scientifiques me laissrent plutt pantois. Quel tait, en effet, l'objet de ce colloque ? Essayer d'explorer les voies par lesquelles, un jour peut-tre, l'homme pourrait se rconcilier avec lui-mme, runir dans une grande gerbe la puissance de sa raison et la profondeur de son me, -et tendre  une harmonie de ses diffrentes fonctions, qui prendrait la relve de cette guerre civile permanente dont il est le thtre au plus intime de son tre.&quot;<br> <br> p. 12 ; &quot;L'ambition tait claire, et ce fut Hubert Reeves qui la rsuma par ces mots : &quot;Ce qu'il faut  prsent, c'est de rconcilier en nous les deux dmarches (scientifiques et mystique) ; non pas en nier l'une en faveur de l'autre, mais faire en sorte que l'oeil qui scrute, qui analyse et qui dissque vive en harmonie et en intelligence avec celui qui contemple et vnre (...). Nous ne pouvons pas vivre une seule dmarche,  peine de devenir fous ou de nous desscher compltement. Il nous faut apprendre  vivre maintenant en pratiquant  la fois la science et la posie, il nous faut apprendre  garder les deux yeux ouverts en mme temps*.&quot;<br> <br> (...) *H. Reeves, dans <i>Science et Conscience, les deux lectures de l'univers,</i> Ed. Stock.&quot;<br> <br> p. 13 ; &quot;Le mathmaticien Gdel a prouv qu'un systme d'axiomes ne peut jamais se fonder en lui-mme : afin de prouver sa validit, on doit se servir d'assertions qui y sont trangres.&quot;<br> <br> p. 14-15-16 ; &quot;D'autres ractions, nanmoins, foraient  rflchir. Je n'en prendrai qu'un exemple, qui est celui que donne Jean-Marc Levy-Leblond. Cet homme  l'esprit libre, ironique et frondeur, n'crit-il pas en effet : &quot;La science apparat peut-tre moins intimidante et sa hautaine rationalit bien limite, quand on voit des physiciens &quot;marcher&quot; navement face  des illusionniste, tels Uri Geller ou J.P. Girard, qui cachent leur jeu derrire un masque parascientifique, ou s'engouent pour les sous-produits gadgtiss des mystiques asiatiques : gourous pseudo-boudhistes, comme montres  quartz, la main-d'oeuvre orientale est bon march et la demande occidentale en pleine expansion (...) Saluons donc le colloque de Cordoue comme une contribution salutaire, mme si elle est involontaire,  l'autocritique de la science .&quot; Ce  quoi il ajoute, quelques pages plus loin, au sujet de Frijtof Capra et de son Tao de la Physique- dont les thses avaient t exposes  Cordoue : &quot;Il est remarquable que dans la science moderne, le formalisme et l'abstraction soient parvenus  un degr tel que , lorsqu'il s'agit d'en expliciter le contenu conceptuel, on peut, semble-t-il, le faire  partir de n'importe quelle tradition philosophique et culturelle. La survivance du scientisme et le renouveau du mysticisme invitent alors tout naturellement  proposer un sotrisme au second degr, multipliant celui d'une science moderne par celui d'une mystique traditionnelle. Il y a l tout un filon  exploiter. Aprs le Tao de la Physique,  quand le Soufisme de la biologie, le Vaudou de la sociologie, sans mme mentionner -trop facile!- la Cabale des mathmatiques?&quot;<br> <br> (...) Faut-il se moquer de Niels Bohr quand il prend pour blason le <i> Yin-Yang</i> du <i>Tao</i>, et pour devise le <i> Contraria sunt complementa</i> (&quot;les contraires sont complmentaires&quot;) qui renvoie en mme temps  la doctrine du <i> Tao-T King</i>,  la mystique alchimique et aux avances les plus vives de la psychologie moderne ? Faut-il donc ignorer les efforts de Schrdinger pour tenter de penser une nouvelle image du monde -efforts qui l'amenrent  chercher du ct du corpus de la mtaphysique vdantique ? Faut-il tenir pour rien les rapports avous d'Oppenheimer au boudhisme, ou bien de David Bohm -un adversaire connu de l'cole de Copenhague- avec Krishnamurti ? Il semble bien pourtant qu'un certain esprit de l'Orient se trouve pour le moins en consonance avec les thories de la physique moderne.<br> <br> (...) Par exemple, la grande contribution apporte par le Japon  la thorie quantique depuis la dernire guerre peut tre un indice d'une certaine parent entre les ides philosophiques traditionnelles de l'Extrme Orient et le contenu philosophique de la thorie quantique. Il est possible qu'il soit plus facile de s'adapter au concept quantique de la ralit quand on n'est pas pass par le mode de pense du matrialisme naf qui rgnait encore en Europe pendant les premires dcennies de notre sicle.&quot; A quoi rpond pour sa part Hideki Yukawa, prix Nobel de Physique, et justement japonais : &quot;(Dans la relativit) le temps se rsout dans une quatrime dimension, sur un pied d'galit avec l'espace, o l'harmonie prvaut dans un ternel tat de repos (...). On peut trouver quelque chose d'assez proche dans la conception orientale.&quot;<br> <br> p. 16 ; &quot;L'asymtrie familire du symbole oriental, si importante dans la culture chinoise, a pu jouer un rle subtil et inconscient en mettant Lee et Yang en mesure de s'opposer  l'orthodoxie scientifique et de proposer un test auquel leurs collgues occidentaux, adeptes de la symtrie, n'auraient trouv grand intrt.&quot;<br> <br> p. 19 ; &quot;Il faut bien noter de ce point de vue, et j'en suis rassur, qu'on n'a pas t plus tendre dans ce camp de pense -et que le Colloque de Cordoue, comme il tait attaqu par le scientisme absolu, l'a t aussi bien par un certain intgrisme des convictions spirituelles. Qu'on en juge sur ces mots : &quot;L'esprit des professeurs ne passe pas le chas d'une aiguille. Si l'on avait voulu recoudre l'ancien esprit de l'Occident, il et fallu essayer autre chose. Est-ce que, par exemple, le langage pouvait tre commun entre des savants, venus de l'extrieur de la nature, et des thologiens, des gnostiques, des potes venus de l'intrieur -du sens profond ? C'est ce qui  Cordoue, n'a pas t tent (...) Aujourd'hui,  Cordoue, on a continu  promener le cadavre d'Averros (le rationaliste). Ibn' Arabi (le mystique) n'tait pas invit*.&quot;<br> <br> (...) * P. Camby, <i>Cordoue : Science et Conscience, Aurores,</i> n.7, nov. 1980.&quot;<br> <br> p. 21-22 ; &quot;Engagement si profond qu'il conduit le philosophe qu'est malgr lui Popper  dclarer tranquillement, que, &quot; l'heure actuelle, notre monde libre, notre Communaut atlantique (...) est la meilleure socit qui ait jamais exist!&quot;<br> <br> (...) Il est vrai en effet que l'arsenal atomique s'accrot de jour en jour, et que nous disposons d'assez de bombes pour pouvoir ds demain faire disparatre la terre. Il est vrai en effet que des savants de toutes opinions par ailleurs, et aussi remarquables, et aussi estimables que Murray Gell-Mann, prix Nobel 1969, Eugne Wigner, prix Nobel 1965, Luis Alvarez, prix Nobel 1968, Donald Glaser, prix Nobel 1960, Charles Townes, prix Nobel 1964, Steven Weinberg, prix Nobel 1980, -que des chercheurs aussi mondialement connus que Freeman Dyson ou John Weeler n'ont pas craint de participer aux tats-Unis aux activits paramilitaires du P.S.A.C. ou du Comit Jason, ou des deux  la fois*, dont on a pu tout particulirement apprcier, par exemple, les merveilleux rsultats pendant la guerre du Vietnam.<br> <br> (...) &quot;Il y a, dit Roszak, quelque chose de radicalement, de systmatiquement vici dans notre culture, une faute qui se situe  un niveau bien plus profond que ne saurait explorer quelque analyse de classe ou de race que ce soit, et qui rend vains nos efforts les plus valables pour accder  la totalit. Je suis convaincu que c'est notre engagement indcrottable en faveur d'une vision scientifique de la nature qui nous entrave*.&quot; Et encore prends-je Roszak parce qu'il est, finalement, dans son champ d'attitude, l'un des plus mesurs de ces hrauts d'un Nouveau Monde... D'o le glissement comme ncessaire de la rclamation  avoir aussi un coeur, vers la dngation, puis la condamnation sans nuances de toute objectivit. N'est-ce pas le mme Roszak qui s'appuie de la sorte sur la dfinition de la &quot;vraie sant mentale&quot; telle que l'avait donne Laing (&quot;Elle implique d'une manire ou d'une autre la dissolution de l'ego normal, de ce faux moi savamment adapt  notre ralit sociale aline, l'mergence d'archtypes &quot;intrieurs&quot; mdiateurs de la puissance divine, l'aboutissement de cette mort  une renaissance et re-cration d'une nouvelle fonction de l'ego, o le moi ne trahisse plus le divin mais le serve*&quot;<br> <br> (...) * Source de documentation :<i> Science against the people,</i> S.E.S.P.A., Berkeley, 1972.<br> *T. Roszak, <i>O finit le dsert,</i> Ed. Stock.<br> <br> *R.D. Laing, <i>La politique de l'exprience, </i>Ed. Stock.&quot;<br> <br> p. 23 , &quot;* T. Roszak, <i>Vers une Contre-Culture, </i>Ed. Stock.<br> <br> C. Reich, <i>Le Regain amricain,</i> Ed. Laffont.&quot;<br> <br> p. 24 ; &quot;Quelque terme o nous pensions nous attacher et nous affermir, il branle et nous quitte ; et si nous le suivons, il chappe  nos prises, nous glisse et fuit d'une fuite ternelle...*&quot;. C'est ainsi qu'amus, Lvy-Leblond peut crire que &quot;la science telle qu'on l'enseigne, non seulement ne permet pas  ceux qui croient l'apprendre de transformer le monde, mais elle n'aide mme plus  l'interprter. Il n'y a donc nul paradoxe, au contraire, dans l'extraordinaire coexistence actuelle d'un no-scientisme et d'un no-irrationalisme : comment se gausser, au nom de la science, du succs des astrologues, quand des informaticiens popularisent leur grve en tirant des horoscopes sur leurs ordinateurs ?&quot;<br> <br> p. 26-27 ; &quot;Je ne cache pas, au contraire, mon arrire-pense initiale, qui est de tenter d'prouver s'il n'y a pas quelque part une unit du monde et de l'homme, qui rinstaurerait le dialogue de la science et de l'me, et l'change millnaire que nous avons rompu de nos jours avec la lumire des toiles et le murmure des fontaines. A ceci prs, c'est trs clair, que dialogue et change ne peuvent plus tre aujourd'hui ce qu'ils taient avant-hier et que si, en effet, selon le beau mot de Prigogine, nous allons au-devant d'une nouvelle alliance qui s'annonce, cette alliance a besoin d'tre entirement repense.&quot;<br> <br> p. 32 ; &quot;Autrement dit, nous nourrissons une tendance incoercible  nous accorder plus de foi qu'au monde qui nous entoure et dont nous ne sommes qu'une partie ; nous rpugnons  l'ide que l'ide folle d'aujourd'hui est la raison de demain, et que la raison a d'inpuisables raisons que nous n'avons pas fini d'explorer ; nous refusons l'vidence des contraintes de nos penses, et que celles-ci se dterminent sur un terreau gnral qui dpasse de trs loin cette raison trs restreinte que dfinit une tradition dont nous n'avons pas encore fini de nous dfaire -ce qui en revient  dire que ce terreau donne naissance aux modes de la raison, et qu'il imprime  celle-ci son envol  la fois qu'il la limite, dans un seul et mme mouvement,  des routes prfixes et des horizons bien prcis.&quot;<br> <br> p. 33 ; &quot;Lorsque Pythagore dclare que le nombre est l'essence de toutes choses, il signifie de toutes choses qui existent et que peroivent les sens : c'est d'abord une mesure.<br> <br> (...) Ainsi Phillolaos quand il crit que &quot;toutes les choses connues ont un nombre. Car rien ne peut tre pens ni connu sans le nombre&quot;&quot;<br> <br> p. 34 ; &quot;Pourquoi, nous dira-t-on, ce dtour mtaphysique ? C'est qu'il illustre  merveille cette thse de Spengler que &quot;la psych antique sentait dans le principe de l'irrationnel, donc dans la destruction de la srie statufie des nombres entiers reprsentant un ordre universel parfait en soi, un blasphme contre le divin mme. Chez Platon, dans le Time, ce sentiment est indniable. La transformation en continuum de la srie discontinue des nombres met en effet en question, non seulement le concept antique du nombre, mais aussi le concept mme de l'univers antique du nombre&quot;. D'o l'impossibilit de fondation pour un disciple de Pythagore, de Thals ou d'Euclide, de concevoir un nombre ngatif, qui ne peut renvoyer  aucune concrtude ni reprsenter aucune grandeur, et a fortiori le zro auquel ne peut rpondre aucune gomtrie.<br> <br> (...) et ce n'est pas pour rien sans doute que c'est l'Occident, et nul autre, qui les a valids&quot;<br> <br> p. 35 ;&quot;Toute science, de cette manire, est dj relative  un tat de culture et  une conception donne du monde.&quot;<br> <br> p. 36 ; &quot;Bohr s'est appuy sur la philosophie religieuse de Kierkegaard pour fonder la mcanique quantique, bien sr Kepler tait astrologue autant qu'astronome...&quot;<br> <br> p. 37 ; &quot;(...) ce n'est pas du tout la mme chose que de partir d'une position thologique ou mystique comme l'on fait par exemple Copernic, Leibniz ou Faraday dans leurs travaux respectifs &quot;<br> <br> p. 38-39 ; &quot;(...) je dirai mme qualitativement cumulative, comprenant de la sorte cette espce de savoir autre que pointe Levy-Leblond : lorsqu'ils btissent leur mathmatique, et inventent en particulier, malgr toute vraisemblance, la trigonomtrie sphrique avant mme qu'on ait l'ide de la trigonomtrie plane (mais la trigonomtrie sphrique s'inscrivait dans leur intention cosmique premire, et tait commande par les ralisations pratiques, en particulier architecturales, qui la mettaient en forme), les arabes intgrent tout l'acquis objectif dont ils ont besoin par ailleurs de la pense mathmatique grecque qui les a prcds, en mme temps qu'ils inventent une nouvelle branche du savoir qui rpond organiquement  leur ncessit mystique intrieure.<br> <br> (...) comme si l'imagination scientifique ne pouvait se dployer que dans une constante fluctuation des frontires mtaphysiques  l'intrieur desquelles elle se forme, et dans la constitution incessante de nouveaux paradigmes qui se donnent par essence comme extra-scientifiques.<br> <br> (...) Comme l'crit Lakatos avec une vidente nostalgie, &quot; considrer l'histoire de la science, si nous entreprenons de voir comment certaines des rfutations (d'hypothses) les plus clbres se sont produites, nous sommes amens  la conclusion, soit que certaines d'entre elles sont manifestement irrationnelles, soit qu'elles reposent sur des principes de rationalit radicalement diffrents de ceux que nous avons envisags  l'instant.&quot;<br> <br> (...) Karl Popper  son tour ne peut s'empcher d'admettre que, &quot;historiquement parlant, toutes -ou presque toutes- les thories scientifiques trouvent leur origine dans les mythes, et qu'un mythe peut contenir des anticipations importantes de thories scientifiques*&quot;. D'une manire ou d'une autre, on en est ainsi ramen  l'pistmologie de Hume qui prtendait dj que &quot;l'homme n'est pas seulement un animal irrationnel, mais (que) de plus, cette part de nous-mme que nous pensions rationnelle -la connaissance humaine, y compris la connaissance pratique- est de part en part irrationnelle*&quot;<br> <br> (...) dans cette zone o l'assimilation de l'irrationnel par la raison ne va pas sans une rorganisation rciproque du domaine rationnel&quot;, et pour qui, par consquent, &quot;la dualit statique du rationnel et de l'irrationnel est supplante par les dialectiques de la rationalisation active*&quot;<br> <br> (...) * K.R. Popper, <i>Conjectures and Refutations, op. cit.<br> </i><br> * Cit par K.R. Popper, <i>La connaissance objective, op. cit.</i> Se reporter  D. Hume, <i>Enqute sur l'entendement humain</i> (A. Leroy) Ed. Aubier.<br> <br> * G. Bachelard, <i>Le Nouvel Esprit scientifique,</i> P.U.F. &quot;<br> <br> p. 40 ; &quot;De fait, nous sommes confronts l  l'hypothse fondamentale selon laquelle la conscience serait articule dans un processus d'mergence  l'inconscient lui-mme, et que le rationnel dans le sens que nous donnons  ce mot, se btirait  partir d'un irrationnel bien plus vaste,  la limite &quot;ocanique&quot;, et,  la lettre, fondateur. Toute raison, dans cette perspective, relve d'abord du mythe - et comme le note James Hillman, &quot;toutes choses sont pleines de Dieux&quot;, la Raison comme les autres...<br> <br> (...) Il serait fastidieux de refaire toute l'histoire des dcouvertes scientifiques qui, ne fut-ce que depuis quatre sicles, plongent ainsi leurs racines au plus profond de l'inconscient -qu'elles en surgissent  l'improviste, ou qu'elles aient emprunt des &quot;espaces traditionnels&quot; d'laboration projective comme les arts traditionnels de l'alchimie ou de l'astrologie. On sait bien sur ce point comme Copernic, par exemple, se rfre dans ses travaux  la Rvlation d'Herms Trismgiste qui lui offre les guides de son imagination scientifique ; on sait bien comme Kepler tire certaines de ses intuitions majeures du magntisme alchimiques ou des &quot;lois&quot; astrologiques et dploie sa thorie dans un cadre tridimensionnel qui lui semble indpassable sous l'influence des archtypes du nombre qui lui font affirmer que la nature ne peut avoir plus de trois dimensions de par la constitution mme de la Trinit divine, dploiement dynamique et personnalis de l'unit de l'tre* ; on sait mme comme Faraday, en plein XIXme sicle, dans ses recherches sur l'lectromagntisme et dans son hypothse gniale de la convertibilit des forces, s'est d'abord appuy sur l'ide religieuse de la toute puissance divine, que la force exprimait en en reprsentant l'manation, de sorte qu'elle en devenait ipso facto &quot;le constituant essentiel de l'ordre naturel*&quot;.<br> <br> (...) selon les mots de Koyr, &quot;il y a quelque chose dont Newton doit tre tenu pour responsable... : c'est la division de notre monde en deux*&quot;. <br> <br> * Voir G. Simon, Kepler astronome astrologue, Ed. Gallimard ; et sur le nombre et la Trinit chez Kepler, C.G. Jung et W. Pauli, <i>Natrerklarung und Psyche,</i> Rascher Verlag.<br> <br> * Voir P. Thuillier, <i>La Physique et l'irrationnel, La Recherche</i> n.III, 1980.<br> <br> * A. Koyr, <i>tudes Newtoniennes,</i>  Ed. Gallimard -o Koyr, par ailleurs, montre bien qu'il n'y aurait pas eu de rvolution newtonienne sans le socle inconscient de la recherche alchimique.&quot;<br> <br> p. 43 ; &quot;(...) l'espace et le temps sont des ralits absolues en tant qu'ils sont la manifestation de la prsence divine dans le monde, et une reprsentation de l'essence divine elle-mme. Ainsi passe-t-on sans rupture du no-platonisme thosophique de Cambridge, exprim  merveille dans la seconde lettre d'Henry More  Descartes : &quot;(Cela suppos), pourquoi ferions-nous difficult d'attribuer ( Dieu) une extension qui remplisse des espaces infinis aussi bien qu'une succession infinie de dure ?&quot;,  la cosmologie de Newton qui affirme trs clairement : &quot;<i>Existo semper et ubique durationem et spatium constituit (Deus)</i> : en existant toujours et en tout lieu, Dieu constitue l'espace et la dure&quot;.<br> L'espace, autrement dit, dans son caractre absolu, s'assimile au sensorium Dei, permettant de se dployer  la recherche alchimique, et  l'intuition de fond de l'art astrologique, selon lesquelles la sympathie universelle s'exerce sous l'inspiration de la divinit, et par la cration de forces qui tablissent des Lois universelles de cohrence qui sont autant de traductions des structures intimes de l'tre. Reprenant en effet les plus vielles rveries humaines sur le phnomne magntique comme indice de l'Amour et signature d'une rotologie divine qui assure l'authenticit du processus alchimique (Platon ne disait-il pas dj sur cette base que &quot;la Divinit,  travers tous ces intermdiaires, attire o il lui plat l'me des humains, en faisant passer cette force de 'une  l'autre&quot;?), Newton en vient  parler de &quot;cette espce d'esprit trs subtil qui pntre  travers tous les corps solides et qui est cach dans leur substance ; c'est par la force et l'action de cet esprit que les particules du corps s'attirent mutuellement aux plus petites distances, et qu'elles cohrent lorsqu'elles sont contigus&quot;.<br> <br> p. 45 ; L'illumination chez Newton ; &quot;Le gnie de Newton ne s'est pas manifest du dpart par un raisonnement, mais par l'intuition que la notion de force, aussi &quot;obscurantiste&quot; et aussi &quot;tautologique&quot; qu'elle fut, pourrait tre fructueuse&quot;. Les dmarches ultrieures : tablissement du formalisme mathmatique, etc., relvent d'oprations d'une logique impeccable, mais la dmarche premire n'est pas &quot;logique&quot;. C'est une illumination soudaine (&quot;c'est ainsi que la nature fonctionne&quot;) qui ne relve pas de l'tre rationnel, mais du moi profond, au niveau de son enracinement dans la nature&quot;.&quot;<br> <br> p. 48-49 ; Jung et l'inconscient collectif ; &quot;Est-ce  cela que renvoie un Bernard d'Espagnat quand il crit par exemple : &quot;La notion d'appels de l'tre fait rapidement penser  celle d'archtype : et pour ma part, je n'carte pas l'hypothse selon laquelle les archtypes de Jung seraient une forme d'appels de l'tre, bien que lui-mme, peut-tre, ne les ait pas conus ainsi?&quot;<br> <br> (...) L'inconscient collectif n'est donc pas collectif au sens (ou plutt, au contresens) social, ethnique ou gntique qu'on veut d'habitude lui donner, mais il reprsente des structures objectives de la psych humaine en tant que telle, structures en relation avec les structures d'ensemble de l'univers o nous vivons. Comme l'explique clairement Jung, &quot;cet inconscient est comme de l'air, partout le mme, inspir par tous, n'appartenant  personne. Ses contenus (appels archtypes) sont, sommairement, des conditions pralables ou des esquisses de l'tat psychique gnral. Ils sont un <i> esse in potentia</i> et <i> in actu</i>, mais pas <i> in re</i>, car comme <i> res </i> ils ne sont plus ce qu'ils taient, mais sont devenus des contenus psychiques. Ils sont imperceptibles en soi, inimaginables (puisqu'ils prcdent toute imagination), partout et ternellement les mmes. Il n'y a par consquent qu'un inconscient collectif qui est partout identique  lui-mme et duquel le psychique se forme avant d'tre personnalis, modifi et assimil par des influences extrieures.<br> <br> (...) * C.G. Jung, Briefe, T. 1, Ed. Walter Verlag. Voir aussi le mme exemple dans <i>Les Racines de la conscience, op. cit.</i><br> <br> * Voir par exemple la manire dont Jean-Marie Benoist parle de l'effroi sacr avec lequel les jungiens se pencheraient selon lui sur les abmes d'un inconscient substantifi (dans : <i>La Rvolution Structurale, </i>Ed. Grasset).&quot;<br> <br> p. 60 ; &quot;On sera peut-tre tonn,  propos de la science et de la faon dont elle se construit dans la logique de la dcouverte, dans l'exercice en acte de ce que Grald Holton appelle l'imagination scientifique, de nous voir effectuer un dtour aussi long par une tude de la psych, et l'vocation  grands traits d'une pistmologie de l'inconscient. L'tonnement, il me semble, a d cesser  prsent -dans la mesure o l'on distingue, dans un large panorama, le contenu que recelait cette phrase d'Hubert Reeves sur quoi se terminait notre exemple de Newton : &quot;C'est une illumination soudaine (&quot;c'est ainsi que la nature fonctionne&quot;), qui ne relve pas de l'tre rationnel, mais du moi profond, au niveau de son enracinement dans la nature&quot;- quitte  ce que se mettent ensuite en marche tous les processus de la rationalisation active dont parlait Gaston Bachelard, et qui aboutissent  l'tablissement d'une lecture &quot;objective&quot; de l'univers &quot;objectif&quot; par ramnagements successifs de la sphre rationnelle.&quot;<br> <br> p. 61 ; &quot;Sans s'aventurer aussi loin, on peut pourtant lui accorder qu'un certain nombre d'ides de base sont en effet communes  la physique la plus fine et  la psychologie des profondeurs : celle de complmentarit par exemple qui est particulirement proche, pour ne pas dire identique en psychologie jungienne  celle que dveloppait Niels Bohr *<br> <br> (...) * voir N. Bohr, Physique atomique et connaissance humaine, Exposition de la similitude par Pauli dans <i>Naturwissenschaftliche... op. cit.</i><br> <br> * M. L. von Franz, La Science et l'Inconscient, dans C. G. Jung et ali, <i>L'Homme et ses symboles, </i>Robert Laffont.&quot;<br> <br> p. 62 ; &quot;C'est pourquoi aussi Pauli devait normalement tendre la notion de complmentarit jusqu'aux relations de la conscience et de l'inconscient -confortant de la sorte l'une des avances les plus fcondes de Jung- et rpondant du mme coup au programme de Niels Bohr, qui tait bien de faire de la complmentarit l'une des bases essentielles d'une nouvelle pistmologie . &quot;Nous rencontrons dans bien d'autres domaines de la connaissance des situations qui rappellent celle que nous connaissons en physique quantique. ainsi, l'intgrit des organismes vivants, et les caractristiques de la conscience des individus, autant que celles des cultures humaines, prsentent les traits d'un tout, qui impliquent, pour en rendre compte, un mode de description typiquement complmentaire (...)&quot; Ds 1929, en effet, Niels Bohr faisait appel aux &quot;analogies psychologiques&quot; pour asseoir sa thorie, et il tendait celle-ci  la fin de sa vie  des domaines aussi divers que ceux de la physique, de la biologie, de la psychologie ou de l'anthropologie sociale* - quoi rpondent sans doute ces lignes d'Oppenheimer : &quot;La comprhension de la complmentarit de la vie consciente et de son interprtation physique me parat un lment permanent de l'intelligence humaine et l'expression exacte de vieilles conceptions connues sous le nom de paralllisme psycho-physique. Car la vie consciente et ses relations avec la description du monde physique offrent bien d'autres exemples. Il y a la relation entre les faces intellectives et affectives de nos vies, entre la connaissance de l'analyse et l'motion ou le sentiment (...) La fcondit et la diversit de la physique, celles, plus considrables, de l'ensemble des sciences de la nature, la richesse plus familire, mais encore trange et infiniment plus grande de la vie de l'esprit humain, accrues par des moyens complmentaires, non immdiatement compatibles, et irrductibles l'un  l'autre, sont plus harmonieuses. Elles sont les lments de la peine de l'homme et de sa splendeur, de sa dbilit et de sa puissance, de sa mort, de son existence phmre et de ses immortels exploits*:&quot;<br> <br> (...) * N. Bohr, <i>Le Quantum d'action et la description des phnomnes,</i> Ed. Gauthier Villars.<br> <br> * N. Bohr, Atomes et Connaissance, dans <i>Physique atomique..., op. cit.</i><br> <br> * J. R. Oppenheimer, <i>La Science et le bon sens,</i> Gallimard.&quot;<br> <br> p. 64-65 ; &quot;&quot;L'ordre explicite et manifeste de la conscience n'est pas, finalement, distinct de la matire. Fondamentalement, ce sont deux aspects, diffrents par essence, d'un mme ordre global. Cela explique un fait de base...,  savoir que l'ordre explicite de la matire est aussi par essence l'ordre sensoriel gnral qui imprime dans la conscience l'exprience ordinaire. Non seulement  ce point de vue, mais sous d'autres aspects importants, la conscience et l'ensemble de la matire constituent foncirement le mme ordre (c'est--dire l'ordre impliqu comme globalit). Cet ordre est le fondement commun qui rend possibles leurs relations (...). Cette connexion du corps (et de la matire) et de l'esprit est communment qualifie de psychosomatique (...). Toutefois, l'usage courant de ce terme est de nature  impliquer l'existence spare de l'esprit et du corps, mais avec certains rapports d'interaction. Une telle spcification n'est pas compatible l'ordre impliqu. Celui-ci nous oblige  dire que l'esprit involue la matire en gnral et le corps en particulier. De mme le corps involu non seulement l'esprit mais aussi, en gnral, la totalit de l'univers matriel. Le corps et l'esprit peuvent donc tre qualifis de facteurs d'un sous-ensemble plus vaste qui est leur fondement commun.&quot; Ce qui en revient  dire que ce sont des facteurs autonomes, et mmes irrductibles, dans leur manifestation, mais unifis dans leurs racines, complmentaires dans leur actualit mais identiques dans leur potentialit, et relis de nouveau dans une unit suprieure quand on a pris conscience de ce jeu de l'implicite et de l'explicite, du virtuel unique et de l'actuel multiple et spar: &quot;L'esprit devient un principe de mouvement de la matire (et vice-versa, puisque la condition de la matire est le principe grce auquel l'esprit peut agir)... Par consquent, si vous deviez considrer le mouvement total, vous pourriez dire que la matire et l'esprit taient identiques au dpart.&quot;&quot;<br> <br> p. 66 ; &quot;&quot;Le mystique peut exprimenter l'immanence (la source fondamentale) et la transcendance (l'unit suprieure des opposs) de la totalit, (...) en prouvant d'ailleurs de grandes difficults  parler de chacun des deux domaines, sauf en termes potiques ou symboliques (...). Certains mystiques ont mme indiqu que l'ordre impliqu est une notion adquate  leurs expriences ou  leurs illuminations. Celui d'entre eux qui se rapproche le plus de notre suggestion d'un tel ordre est Nicolas de Cuse, avec l'emploi qu'il effectue des termes d'<i>implicatio</i>, d'<i>explicatio </i> et de <i>complicatio</i>, et encore plus dans son affirmation selon laquelle &quot;l'ternit involue et dplace  la fois la dure&quot;.&quot;<br> p. 67 ; &quot;Si on y ajoute cette ide que nous avons dj pointe (mais qu'il faudra mieux tudier),  savoir que nous sommes nous-mmes partie de cette ralit, -comme un lment autonome, distanci, particulier, et pourtant aussi reli,- et que nous sommes en quelque sorte, de ce fait, le vecteur de sa rvlation (&quot;Nous pouvons participer au Tout et par l aider  lui donner un sens... Nous sommes un composant intrinsque de l'univers, qui serait incomplet sans nous dans un certain sens fondamental&quot;), on comprend alors mieux les considrations de Jung dans l'avant-dernier chapitre du <i>Mysterium Conjunctionis:</i> &quot;Notre connaissance ne fait pas le tour de ce qui est, si bien que nous ne sommes pas en mesure de formuler des propositions de quelque genre que ce soit sur sa nature globale. La microphysique s'avance  ttons dans l'inconnu de la matire comme la psychologie des profondeurs dans l'inconnu de la psych. Ces deux voies d'exploration aboutissent  des dcouvertes qui ne se laissent illustrer que par des antinomies et dveloppent des ides qui prsentent  bien des gards des analogies remarquables. Si ce dveloppement devait s'accentuer encore  l'avenir, on en arriverait  l'hypothse que ces deux voies d'exploration de la ralit ont un seul et mme objet. Il n'y a gure d'espoir, il est vrai, que l'tre unitaire puisse jamais tre reprsent, puisque la seule ressource de la pense et du langage est, dans ce cas, d'tablir des propositions antinomiques. Mais nous savons aujourd'hui d'une faon qui ne laisse aucune place au doute que les phnomnes empiriques reposent sur une base transcendantale : c'est l un tat de chose qui, comme l'a dj montr Sir James Jeans, peut s'exprimer par le mythe platonicien de la caverne. L'arrire-plan commun de la micro-physique et de la psychologie dite des profondeurs est autant physique que psychique, c'est--dire qu'il n'est ni l'un ni l'autre, mais constitue un troisime terme, une nature neutre qui ne peut tre saisie, au mieux, que d'une manire allusive, car son noyau est transcendantal. L'arrire-plan de notre univers empirique apparat en fait comme un <i> unus mundus</i>, un &quot;monde un&quot;. <br> p. 68-69 ; &quot;On est trs proche ici de l'assertion de Bohm : &quot;La totalit peut tre dcrite comme tant en un sens,  la fois immanence et transcendance, et dans un autre sens comme n'tant ni immanence ni transcendance, car elle dborde de fait toute possibilit de description. Aprs tout, les mots sont limits, ils ne renvoie  son tour  telles phrases de Nicholas de Cuse dont Bohm se sent si proche : &quot;(Dieu) est l'ineffable au-del de l'affirmation comme de la ngation&quot;, -ce qui signifie aussi bien que &quot;le plus haut intellect ne peut saisir l'infini, l'illimit, l'Un&quot; (la pense ou l'entendement ne pouvant dpasser le niveau du contradictoire, et concevant de ce fait la &quot;divinit&quot; comme une union des contraires : les antinomies complmentaires de Niels Bohr ou de Jung), et que &quot;toute dclaration  son sujet reste en suspens entre l'affirmation et la ngation, de sorte qu'on ne pourrait dire  son gard qu'il n'est ni tre, ni non-tre, ni tre et non-tre  la fois&quot;. Intuition primordiale que l'on retrouve aussi bien dans le no-platonisme des Pres Grecs de l'Eglise (&quot;En toi seul tout demeure./En toi, d'un mme lan tout dferle./De tous les tres tu est la fin./ Tu est unique./Tu est chacun et tu n'est aucun./Tu n'est pas un tre, tu n'est pas l'ensemble:/tu as tous les noms ; comment t'appellerais-je,/Toi, le seul qu'on ne peut nommer ?&quot; chante Grgoire de Nazianze, et Denys l'Aropagite : &quot;Le mystre qui est au-del mme de Dieu, /l'Ineffable, /celui que tout nomme,/la ngation totale, /l'au-del de toute affirmation et de toute ngation...&quot;)&quot;<br> <br> p. 70 ; &quot;* Voir (...) les mises en garde vigoureuses, et lgitimes, de B. de l'Espagnat dans <i>A la recherche du rel,</i> Ed. Gauthier Villars, et <i>Un atome de sagesse...op.cit.</i> &quot;<br> <br> p. 71 ; &quot;* B. d'Espagnat, <i>Un atome de sagesse...op. cit</i>&quot;<br> <br> p. 73 ; &quot;Tout comme le reflet du soleil est  la fois rel et illusoire, ainsi l'tre contingent est  la fois rel et illusoire. image, si l'on prtendait l'isoler de l'objet et le rduire  lui-mme, il cesserait aussitt d'tre, puisque c'est uniquement la relation actuelle  l'objet rel qui le pose comme reflet rel . (...) Ainsi le monde entendu comme la totalit des existants est  la fois ralit et illusion (maya ), ralit en lui-mme, illusion au regard de la Ralit suprme dont participe tout ce qui a quelque ralit et sans laquelle il n'est rien qui soit, sine quo nihil est . On doit bien comprendre, toutefois, que rien n'est illusoire en soi. L'illusion est toute entire en celui qui prend le reflet pour le soleil lui-mme ou le monde pour la Ralit . L'illusion, c'est l'ignorance.&quot; Ce que l'on pourrait aussi traduire en disant que la maya est amour dploy de l'tre, et qu' la penser comme elle est, elle se donne comme appel  remonter vers l'tre -ou encore en d'autres termes : l'illusion ne reprsente pas la non-ralit, puisque toute ralit est effectivement relle (et le monde existe bien, et les autres et moi-mme, nous existons en effet par-del tout doute possible), elle est la mconnaissance de ce que les ralits s'originent dans la Ralit, elle est l'illusion dramatique qui voudrait dnier l'ide que l'tre est en toute choses sans que toutes choses soient dans l'tre .&quot;<br> <br> p. 75 ; &quot;On voit aussi en fin de compte comme l'univers alors, de l'tre  l'homme et de l'homme  l'Etre -dans une sorte d'ellipse dont les centres se refltent en s'inversant de l'actuel au potentiel, et du vide au trop-plein- est un univers ternaire qui dpasse les oppositions striles du dualisme mtaphysique (la conscience et la matire, le sensible et l'intelligible, etc.) en crant un <i> tertium</i> qui est aussi un <i> novum</i> pour reprendre le mot dj cit de Jung, ce novum que serait l'me entre le corps et l'esprit, ou l'imagination agente entre l'empirie et l'intellect. C'est dans cette rgion en effet que se ngocie le dialogue de ces deux derniers termes, ou comme l'exprime Shayegan, &quot;aucune rgion de l'tant n'a de raison d'tre, si elle n'a une contrepartie archtypique dans l'me de l'homme.&quot; Qu'est-ce  dire rellement, si ce n'est que le lieu de l'imagination, entre le monde des Intelligences et celui des phnomnes sensibles, antrieur  l'un et postrieur  l'autre dans une &quot;chronique&quot; ontologique (ou bien vice versa dans le retour vers l'tre), est ce lieu privilgi, ce topos singulier qui rend possible la coexistence de ces deux mondes, leur &quot;simultanit consubstantielle&quot;, dans la mesure o ce lieu est l'endroit ontologique O l'esprit a pris forme et d'o le sensible prend son ide avant son dploiement matriel.&quot;<br> <br> p. 76-77 ; &quot;Comme champ originel des Ides divines de Platon ou des Essences-fixes de l'Islam, il est donc source de connaissances -les connaissances croises de la perception et du concept- et fonction connaissante du monde qu'il engendre, qui est le lieu intermdiaire entre l'tre et le monde, le <i> monde imaginal</i> dont parle Henry Corbin. Rappelons-nous la manire dont ce dernier prsentait cette troisime connaissance. Voici des sicles, disait-il, &quot;que la philosophie occidentale, entrane dans le sillage des sciences positives, n'admet que deux sources du Connatre. Il y a la perception sensible, fournissant les donnes que l'on appelle empiriques. Et il y a les concepts de l'entendement, le monde des lois rgissant ces donnes empiriques. Certes, la phnomnologie a modifi et dplac cette gnosologie simplificatrice. mais il reste qu'entre les perceptions sensibles et les intuitions ou les catgories de l'intellect, la place est reste vide. Ce qui aurait d prendre place entre les uns et les autres, et qui ailleurs occupait cette place mdiane,  savoir l'imagination active, fut laiss aux potes. Que cette imagination active dans l'homme (il faudrait dire imagination agente, comme la philosophie mdivale parlait de l'Intelligence agente), ait sa fonction notique ou cognitive propre, c'est--dire qu'elle nous donne accs  une rgion et une ralit de l'tre qui sans elle nous reste ferme et interdite, c'est ce qu'une philosophie scientifique, rationnelle et raisonnable, ne pouvait envisager. Il tait entendu pour elle que l'Imagination ne scrte que de l'imaginaire, c'est--dire de l'irrel, du mystique, du merveilleux et de la fiction.&quot;<br> <br> (...) * H. Corbin, Pour une charte de l'imaginal , dans <i>Corps spirituel et Terre cleste ,</i> Buchet-Chastel.<br> <br> * H. Corbin, <i>l'Imagination cratrice dans le soufisme d'Ibn' Arabi ,</i> Flammarion.&quot;<br> <br> p. 78 ; &quot;L'invention survient dans l'inconscient avant de devenir manifeste  l'esprit conscient dans un clair d'illumination...&quot;<br> <br> p. 79 ; &quot;Parmi les savants consults, Albert Einstein souligna combien le champ de la rationalit tait troit, et comme il tait incapable d'embrasser l'ensemble des harmoniques requises par le travail syncrtique d'un esprit rellement crateur. (...) La science de demain ne pourra pas rester longtemps dans l'ignorance de la manire dont se passent ses propres rencontres avec le mystre, et des consquences qui doivent en dcouler. La science devra tt ou tard s'embarquer dans ces nouveaux projets, et en agissant ainsi, mme si elle ne trouve pas de solutions pour apaiser nos anxits actuelles, elle crera un nouveau sentiment  son sujet, cette fois rellement universel, parce que la grande aventure scientifique de demain aura alors un gal besoin de toutes les cultures, de toutes les manires de penser, d'agir, de prouver, de croire et d'esprer.&quot;<br> <br> * On verra plus loin comment Einstein mettait lui-mme en jeu dans ses propres conceptions une certaine apprhension archtypique du monde, et comment c'est cette ptition de principe de nature inconsciente (beaucoup plus que sa raison ), qui avait dj men la physique sur la voie des quanta, qui l'opposa pourtant plus tard  l'interprtation par Niels Bohr de la mcanique quantique.&quot;<br> <br> p. 81 ; &quot;Ainsi Bohm lui-mme, jadis porte-drapeau des physiciens &quot;matrialistes&quot;, en est-il venu maintenant  dire que les objets perus sont seulement des &quot;projections&quot; de ce qui est . Platon, lui, parlait d'&quot;ombres&quot;.&quot;<br> <br> p. 95-96 ; &quot;Encore plus claire sur ce point est la confession de Gauss  Olbers, quant  sa dcouverte d'une des rgles de la thorie des nombres : &quot;Finalement, lui crit-il, voici deux jours, la solution est venue, non point par de laborieuses recherches, mais par la grce de Dieu, devrais-je dire. L'nigme s'est rsolue d'elle-mme comme en un clair, sans que je sois capable de montrer le fil conducteur qui relie ce que je savais dj, les lments que m'avaient fournis mes dernires recherches, et ce qui produisit le rsultat final.&quot;&quot;<br> <br> p. 101 ; &quot;Lorsque Jean-Pierre Vigier croit pouvoir affirmer que &quot;le procs de la raison s'est ouvert  Cordoue : au cours de ce colloque, les spcialistes runis, dnonant la division entre la pense vcue (ou conscience), et la pense analytique (ou raison), ont vivement revendiqu les droits de la conscience, seule capable d'unifier le savoir et d'ordonner la nature&quot;&quot;.<br> <br> p. 102 ; &quot;Bernard d'Espagnat, sur ce point, est bien plus adquat quand il aborde par exemple le problme que nous posent les philosophies orientales : &quot;L'une de leurs thses principales, crit-il, est celle de l'unit profonde de l'tre (ce qu'il vient juste d'appeler &quot;une ralit-derrire-les-choses mystrieuse mais trs prsente&quot;) que la diversit et le chaos des apparences dissimuleraient au regard des sens. Or-comme l'ont bien not nagure les physiciens thoriciens Heisenberg et Schrdinger et comme il se confirme  l'heure actuelle- aux yeux de la nouvelle physique cette profonde unit de l'tre qu'avait entrevue la pense orientale parat bien tre une vrit profonde.&quot;<br> <br> p. 109 ; &quot;* A. Koestler, <i>La Qute de l'absolu ,</i> Calmann-Lvy.&quot;<br> <br> p. 111 ; Marx ; &quot;&quot;pour l'homme socialiste, toute l'histoire universelle n'tant pas autre chose que la procration de l'homme par le travail humain, le devenir de la nature pour l'homme, il possde la preuve visible de son enfantement par soi-mme, du processus de sa cration&quot;.&quot;<br> p. 116 , &quot;C'est ce lieu de nos jours qu'il s'agit de reconnatre, ce topos u-topique , ce pays du non-o , le <i> N-Koj-bad</i> dont parlait Sohravardi dans l'Archange empourpr , o l'alchimie s'prouve comme alchimie spirituelle .&quot;<br> <br> p. 117 ; &quot;* D. Shayegan, <i>Pourquoi le Colloque de Cordoue ?</i>, Contrepoint, 37, 1981&quot;<br> <br> p. 121 ; &quot;De la mme manire que les travaux d'optique de Huyghens, les avances de Descartes et la thorie newtonienne (mme si elles ont t vcues en leur temps sur le mode antinomique), instaurent  l'vidence, dans un contre-coup ncessaire, &quot;une vision mathmatique du monde qui, dtruisant le concept organique de nature et le rapport immanent Dieu-Univers (qui s'tait install durant la Renaissance ), rtablit de plus belle la transcendance du divin en rduisant cette fois la nature aux lois mathmatiques du mouvement mcanique. Dieu devient alors un tre tout-puissant n'ayant aucune relation directe avec le monde, tandis que le livre de la nature est dcrit en &quot;lettres mathmatiques&quot;.&quot;<br> <br> p. 138-139 ; &quot;...et de l'autre ct, rejoignant David Bohm, mais aussi von Neumann ou Werner Heisenberg, que le tout ne peut tre connu puisque notre connaissance dpend per se de la situation exprimentale : &quot;la ralit totale nous est non seulement inconnue, mais mme inconnaissable&quot;. Comme l'exprimait Niels Bohr, &quot;dans la mcanique quantique, nous n'avons pas  faire avec un abandon arbitraire d'une analyse plus pousse des phnomnes des phnomnes atomiques, mais avec la reconnaissance du fait qu'une telle analyse est par principe exclue*&quot;, ce qui revient  poser qu'une &quot;ralit indpendante au sens physique ordinaire ne peut tre attribue ni aux phnomnes, ni aux dispositifs d'observation&quot;.<br> <br> On s'aperoit sur-le-champ des normes implications d'une telle faon de voir, qui conduit  poser que la ralit, en fin de compte, est peut-tre tout  fait autre chose que ce que nous avons jamais cru (tout au moins jusqu'ici et dans l'aire occidentale), et qu'elle s'appuie de toute faon sur une totalit indivisible que nous ne pouvons pas dominer, les conditions de la mesure et les relations d'incertitude poses par Heisenberg nous menant  penser que &quot;l'indtermination des phnomnes quantiques est un cas particulier de l'impossibilit de l'auto-connaissance dans les systmes finis&quot;<br> * N. Bohr, <i>Physique atomique ...op. cit.</i> Comme le commente H. Stapp, l'interprtation classique de la physique quantique &quot;reprsente dans son ensemble le rejet du prsuppos selon lequel la nature pourrait tre comprise en termes rels d'objets lmentaires prsents dans l'espace-temps (...) Cette description pragmatique contraste avec d'autres qui promettent de regarder &quot;derrire le dcor&quot; et de nous dire &quot;ce qui se passe en ralit&quot; ; <i> The Copenhagen Interpretation and The Nature of Space-Time, American Journal of Physics ,</i> n. 40, 1972.<br> <br> (...) &quot;la chose qu'on a toujours nomme particule et qui est encore par la force de l'habitude appele d'un nom de ce genre, n'est certainement pas une identit individuellement identifiable&quot;.&quot;<br> <br> p. 144 ; Heisenberg ; &quot;&quot;l'objet de la recherche n'est plus la nature en soi, mais la nature livre  l'interrogation humaine, et dans cette mesure l'homme ne rencontre ici que lui-mme&quot;.&quot;<br> <br> p. 149 ; Thorme d'incompltude de Gdel ; &quot;&quot;si un corps d'axiomes est suffisamment riche pour construire l'arithmtique, la cohrence du systme bas sur ces axiomes ne pourra tre dmontre sans faire appel  d'autres axiomes. Autrement dit, ayant adopt une telle axiomatique, il sera toujours possible de trouver une proposition P dont on ne pourra dmontrer qu'elle est juste ou qu'elle est fausse : cette proposition sera indcidable&quot;.&quot;<br> <br> p. 150 ; &quot;Aprs Gdel, en effet, &quot;les bases ultimes des mathmatiques et leur signification propre demeurent un problme ouvert&quot;.&quot;<br> <br> p. 157 ; &quot;Le principe d'incertitude se rvle de ce pas comme encore bien plus riche que ne l'avions suppos, car il affirme dsormais que le physicien est impliqu dans le monde qu'il observe, et il se prsente par l mme comme la &quot;mesure&quot; de cet engagement aussi bien que comme celle de l'unit et de l'inter-relation. C'est la position de Niels Bohr selon laquelle la thorie quantique interdit de penser que le monde physique est entirement spar de son observateur<br> <br> (...) &quot;la science retrouve comme un problme la prsence au monde de l'homme qui la fait&quot;.&quot;<br> <br> p. 158 ; Feynman ; &quot;&quot;La nature elle-mme ne sait pas par quel trou va passer l'lectron&quot;.&quot;<br> <br> p. 159 ; B. d'Espagnat ; &quot;&quot;La richesse du rel dborde chaque langage, chaque structure logique, chaque clairage conceptuel&quot;.<br> <br> (...) B. d'Espagnat, <i>Matire et ralit ,</i> dans <i>La Matire aujourd'hui ,</i> ouvrage collectif sous la direction d'E. Nol, Le Seuil. Voir l'explication dtaille de la notion d'objectivit faible dans B. d'Espagnat, <i>A la recherche..., op. cit</i> .&quot;<br> <br> p. 163 ; &quot;Il semble bien en effet que Pauli et Niels Bohr, Heisenberg et les autres taient tout  fait en droit de proclamer que leurs dcouvertes sonnaient le glas, philosophiquement, des thories matrialistes- sans verser pour autant dans un plat idalisme. Comme le note William Beck, si on dfinit le matrialisme comme l'affirmation que &quot;la vie pourrait tre explique par des combinaisons sophistiques de lois physiques et chimiques&quot; conues comme absolues, si le matrialisme repose sur le postulat que la nature est totalement objective.&quot;<br> <br> p. 177-178 ; &quot;Intuition  rapprocher de la fameuse phrase de James Jeans : &quot;L'univers commence  beaucoup plus ressembler  une grande pense qu' une grande machine&quot;. et de la dclaration fracassante de Sir Arthur Eddington : &quot;La matire du monde est une matire mentale&quot;- qu'il explicite en disant : &quot;En reconnaissant que le monde physique est entirement abstrait et dpourvu de toute &quot;ralit&quot; en-dehors de ses liens avec la conscience, nous replaons la conscience dans sa position fondamentale au lieu de la reprsenter sous la forme d'une quantit ngligeable que l'on trouve parfois dans la nature inorganique  un stade avanc de l'volution.&quot; En serions-nous revenus au solipsisme de Wigner ?<br> <br> * A. S. Eddington, <i>The Nature of The Physical World,</i> Cambridge University Press.<br> <br> (...) Autrement dit, nous actualisons l'univers, et comme nous en faisons partie, on peut dire derechef que l'univers s'autoactualise et se rflchit grce  nous. Comme le demandait Wheeler, &quot;se peut-il que l'Univers, en quelque sens trange, soit &quot;amen  l'tre&quot; par la participation de ceux qui en participent ?&quot;. Ou comme il commente plus longuement en se rfrant  Parmnide et  la vraie pense de Berkeley, au lieu de la caricature qu'on en a toujours faite : &quot;Pas de conscience, pas de communaut qui communique pour tablir un sens ? Alors, il n'y a pas de monde! De ce point de vue, on doit comparer l'Univers  un circuit auto-excit dans ce sens que l'Univers donne naissance  la conscience, et la conscience donne un sens  l'Univers. En donnant un sens  l'Univers, l'observateur se donne de plus un sens  lui-mme comme partie de cet univers...&quot;, en sorte que l'volution devait finir par produire, dans un raisonnement rcurrent, l'apparition de &quot;la conscience, de la conscience de la conscience, d'une communaut qui communique et qui donnerait du sens  l'univers de son dbut  sa fin&quot;. on aura reconnu l le principe anthropique qui commence  connatre une telle faveur de nos jours dans les milieux d'astrophysique, grce  l'norme conomie de moyens qu'il reprsente du point de vue de l'explication des conditions initiales  l'existence du cosmos&quot;.<br> <br> p. 180 ; &quot;...on peut redire aujourd'hui, non plus par l'intuition, mais avec quelque raison, que &quot;le dveloppement de la nature est la conscience en devenir, il atteint dans l'homme son point culminant, d'o le fleuve remonte son cours vers son point d'origine&quot;.&quot;<br> <br> p. 181; &quot;Certes, ce n'est pas rien que de dire avec d'Espagnat qu'il y a congruence entre l'unit de l'tre et la distance de l'tre  la ralit empirique des philosophies orientales, et ce que nous dit aujourd'hui la thorie quantique.<br> <br> (...) les rapports entre la science et les enseignements que les religions tentent d'exprimer devra changer de nouveau.&quot;<br> <br> p. 182 ; &quot;La science se prouve, le mystre s'prouve.<br> <br> (...) ce qui renvoie aussi bien  la gnose islamique ou aprs la Rvlation de l'Etre &quot;les choses redeviennent autant de choses diffrentes, nettement distinctes les unes des autres (...) comme autant de particularisations et dterminations de l'Indtermin absolu. A cet gard, on ne doit pas les considrer comme de pures illusions, car elles sont relles dans la mesure o chacune d'elles est la forme particulire dans laquelle l'Absolu s'est dtermin lui-mme et dans laquelle l'Absolu se manifeste lui-mme&quot;.<br> <br> * W. Heisenberg, <i>La Partie et le tout</i>.<br> <br> T. Izutsu, <i>Unicit de l'existence et cration perptuelle en mystique islamique </i>Les Deux Ocans. Se reporter  D. Shayegan, <i>Hindouisme et soufisme,</i> Ed. de la Diffrence, pour une tude dtaille de la transmutation des symboles, et des discours de l'tre, d'une culture dans une autre.&quot;</font></p> <font FACE="Arial">  <!--msthemeseparator--><p align="LEFT"><img src="../_themes/glacier/aglarule.gif" width="600" height="10"></p>  <p><font FACE="Arial">Bibliographie :<br> <br> P. Thuillier, <i>Les biologistes vont-ils prendre le pouvoir ? La sociobiologie en question,</i> Ed. Complexe.<br> <br> S. Weinberg, <i>Les trois premires minutes de l'univers,</i> Le Seuil.<br> <br> R. D. Laing, <i>La politique de l'exprience, </i>Stock.<br> <br> H. Corbin, <i>L'Imagination cratrice dans le soufisme d'Ibn' Arabi,</i> Flammarion.<br> <br> T. Izutsu, <i>Nature et conscience dans les philosophies orientales,</i> dans Science et Conscience , Stock.<br> <br> <i>Unicit de l'existence et cration perptuelle en mystique islamique, </i>Ed. Les Deux Ocans.<br> <br> D. Shayegan, <i>Hindouisme et Soufisme,</i> Ed. de la Diffrence.<br> <br> <i>Pourquoi le Colloque de Cordoue ? </i>Contrepoint 37, 1981.<br> <br> <i>Qu'est-ce qu'une rvolution religieuse ?</i> Les Presses d'Aujourd'hui.<br> <br> Sohravardi, <i>L'archange empourpr,</i> prsentation H. Corbin, Fayard.<br> <br> T. Stcherbatsky, <i>Buddhist Logic,</i> Dover Pub.<br> <br> T. Roszak, <i>O finit le dsert,</i> Stock.<br> <br> <i>Vers une contre-culture, </i>Stock.<br> <br> S. Sepehri, <i>Oasis d'meraude,</i> Prface de D. Shayegan, ed. Imago-Payot.<br> <br> <br> Extraits de <i>La science et l'me du monde</i> par Michel Cazenave (Paris, Albin Michel, 1996).</font></p>  <p><center>&nbsp;<font FACE="Times New Roman">[</font><a HREF="#top"><font face="Arial">haut de la page</font></a><font FACE="Times New Roman">]</font></center></p> <!--mstheme--></font><table BORDER="0" WIDTH="92%" CELLSPACING="2" CELLPADDING="0">   <tr>     <td WIDTH="100%"><!--mstheme--><font face="Arial, Arial, Helvetica">       <p ALIGN="RIGHT"><font SIZE="-1" FACE="Arial"> @rchipress 1998</font></p>       <!--msthemeseparator--><p align="LEFT"><img src="../_themes/glacier/aglarule.gif" width="600" height="10"></p>     <!--mstheme--></font></td>   </tr> </table><!--mstheme--><font face="Arial, Arial, Helvetica"><!--mstheme--></font><table BORDER="0" WIDTH="94%" CELLSPACING="2" CELLPADDING="0">   <tr>     <td WIDTH="18%"><!--mstheme--><font face="Arial, Arial, Helvetica"><font FACE="Arial">       <applet NAME="Popup Menu" WIDTH="88" HEIGHT="21" MAYSCRIPT CODE="PopupMenuApplet.class" CODEBASE="../popupmenu/" align="middle">         <param NAME="IMG" VALUE="../popupmenu/archilogo3.jpg">         <param name="BGCOLOR" value="003366">         <param name="DATA" value=" {Agence de presse{Nord-Sud *../index2.htm} {Articles de presse{Courrier Nord-Sud *../press/index.htm} {L'image*../press/image.htm} } {Dessins de presse{Dcrypter le Moyen-Orient compliqu*../najiali/index.htm} {Bas les voiles*../kaci/index.htm} } {Documentaire(s)*../press/retourbb.htm} {Mtropolis*../these/index.htm} {Stratgie*../strategie/index.htm} {Prospective*../ts36/sommaire.htm} {Photosatellite*../strategie/photosatellite.htm} {hr} {E-zine*../edizine/index.htm} {Magazines en ligne / infotechnologie{Fin des grandes chanes TV *../ts66/sommaire.htm} {Ordinateurs presque vivants *../ts82/sommaire.htm} } {Emissions &amp; 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