<HTML> <HEAD>   <META NAME="GENERATOR" CONTENT="Adobe PageMill 2.0J Mac">   <META HTTP-EQUIV="Content-Type" CONTENT="text/html;CHARSET=us-ascii">   <TITLE>MusiquePlanteNC</TITLE> </HEAD> <BODY BGCOLOR="#ffffff">  <P ALIGN=CENTER><IMG SRC="NewKey/PlantF.gif" WIDTH="454" HEIGHT="213" ALIGN= "BOTTOM" NATURALSIZEFLAG="3"></P>  <P><CENTER><TABLE WIDTH="450" BORDER="0" CELLSPACING="0" CELLPADDING= "0"> <TR> <TD WIDTH="37%"><IMG SRC="NewKey/Joel.gif" WIDTH="142" HEIGHT="126" ALIGN="BOTTOM" NATURALSIZEFLAG= "3"></TD> <TD WIDTH="63%"><FONT COLOR="#000000">En juin 1992, Jo&euml;l Sternheimer, professeur &agrave; l'Universit&eacute; europ&eacute;enne de la recherche, a d&eacute;pos&eacute; le brevet du &lt;Proc&eacute;d&eacute; de r&eacute;gulation &eacute;pig&eacute;n&eacute;tique de la synth&egrave;se prot&eacute;ique&gt;, une th&eacute;orie r&eacute;volutionnaire qui permettrait d'expliquer, entre autres, l'influence de la musique sur des organismes vivants.</FONT></TD></TR> </TABLE></CENTER> </P>  <P><HR ALIGN=LEFT></P>  <P><CENTER><TABLE WIDTH="450" BORDER="0" CELLSPACING="0" CELLPADDING= "0"> <TR> <TD WIDTH="100%"><P><B><FONT COLOR="#000000">Le physicien Jo&euml;l Sternheimer estime que la science moderne violente la nature quand, pour tenter de la comprendre, elle la casse en morceaux. Abordant le monde d'une fa&ccedil;on &agrave; la fois plus synth&eacute;tique et plus esth&eacute;tique, le savant, qui est aussi un artiste, a d&eacute;couvert des lois r&eacute;volutionnaires au c&aelig;ur de la mati&egrave;re et de la vie. Des lois de r&eacute;sonnance harmonique, qui prouvent - scientifiquement - que la musique peut influencer l'&eacute;panouissement des &ecirc;tres vivants. Jean-Marie Pelt, qui le conna&icirc;t bien, t&eacute;moigne en sa faveur: enfin une explication satisfaisante de la relation entre la musique et les plantes.</FONT></B><FONT  COLOR="#000000"><BR> <BR> <BR> <BR> Certaines musiques peuvent-elles avoir une action sur des organismes vivants &agrave; une &eacute;chelle mol&eacute;culaire?... Question de biologie &agrave; laquelle r&eacute;pond un physicien qui place les questions d'&eacute;thique au-dessus de tout, et dont les travaux ont d&eacute;bouch&eacute; sur une formidable d&eacute;couverte: une m&eacute;lodie sp&eacute;cifique peut stimuler ou inhiber la synth&egrave;se d'une prot&eacute;ine au sein d'un organisme! Jean-Marie Pelt, pr&eacute;sident de l'Institut europ&eacute;en d'&eacute;cologie, ne dit-il pas que &lt;par ces recherches originales &agrave; la charni&egrave;re de la biologie mol&eacute;culaire et de la physique quantique, Jo&euml;l Sternheimer, nous donne peut-&ecirc;tre la clef ou l'une des clefs, des effets de la musique sur les plantes&gt;?<BR> <BR> </FONT><IMG SRC="NewKey/BirdF.gif" WIDTH="198" HEIGHT="275" ALIGN="RIGHT" NATURALSIZEFLAG="3"><FONT COLOR="#000000">Et il ajoute: &lt;On reste plein d'admiration face &agrave; la beaut&eacute; de la d&eacute;monstration et de la pr&eacute;cision des r&eacute;sultats obtenus.&gt; En cette fin de si&egrave;cle, les scientifiques apparaissent de plus en plus comme des apprentis sorciers en mal d'inspiration. La manipulation du g&eacute;nome est-elle vraiment la solution de tous les maux ?<BR> <BR> En m&eacute;decine, alors que des dizaines de millions de francs lui ont &eacute;t&eacute; consacr&eacute;s, la th&eacute;rapie g&eacute;nique balbutie et son efficacit&eacute; tant attendue a des relents d'arl&eacute;sienne. En agriculture, les plantes transg&eacute;nique ont fait leur apparition sur le march&eacute; mondial et offrent la possibilit&eacute;, en jouant avec le g&eacute;nome, d'accro&icirc;tre certaines caract&eacute;ristiques ou d'en cr&eacute;er d'autres, comme une r&eacute;sistance &agrave; certaines pesticides. Quel expert &agrave; l'heure actuelle est capable de pr&eacute;dire les cons&eacute;quences de l'introduction de ces plantes dans nos &eacute;cosyst&egrave;mes? Qui sait si les aliments qui en sont issus ne risquent pas d'avoir &agrave; long terme, de f&acirc;cheuses r&eacute;percussions sur notre sant&eacute;? La d&eacute;marche scientifique ne devrait-elle pas &ecirc;tre sous-tendue par une r&eacute;flexion &eacute;thique? Pour un chercheur ind&eacute;pendant comme Jo&euml;l Sternheimer, cela va de soi puisque, toute sa vie, ses travaux ont &eacute;t&eacute; dict&eacute;s par un souci de respect de son objet d'&eacute;tude, qu'il s'agisse de particules ou de cellules. Son parcours l'a conduit vers des d&eacute;couvertes extraordinaires qui pourraient bien r&eacute;volutionner notre vision du monde dans des domaines aussi vari&eacute;s que la m&eacute;decine, l'agriculture, l'environnement.<BR> <BR> <B>Gen&egrave;se d'une d&eacute;couverte</B><BR> Il y a une trentaine d'ann&eacute;es, Jo&euml;l Sternheimer, physicien de formation, &eacute;l&egrave;ve du prix Nobel de physique de 1929 Louis de Broglie, poursuivait ses recherches sur la physique des particules aux &Eacute;tats-Unis, o&ugrave; l'avait envoy&eacute; son professeur. &lt;Alors que j'&eacute;tais l&agrave;-bas, se souvient-il, les Am&eacute;ricains ont d&eacute;cid&eacute; d'aller massacrer les Vietnamiens et, en m&ecirc;me temps, de lancer des programmes de recherche que je qualifierais &quot;d'imp&eacute;rialistes&quot;. Il s'agissait de faire un pas de plus dans la hi&eacute;rarchisation de la mati&egrave;re et des particules &eacute;l&eacute;mentaires, mod&egrave;les avec lesquels je n'&eacute;tais pas d'accord&gt;.<BR> <BR> Car, pour lui, la science actuelle a tendance &agrave; ne pas respecter ce qu'elle &eacute;tudie et &agrave; ne pas examiner le monde dans sa globalit&eacute;. Pour &eacute;tudier la mati&egrave;re, on la casse, on s&eacute;pare ses &eacute;l&eacute;ments. Pour le vivant, m&ecirc;me chose: on diss&egrave;que, on isole des cellules, des mol&eacute;cules, on les observe s&eacute;par&eacute;ment, hors de leur contexte. Par cette approche, on d&eacute;truit les liens &agrave; peine perceptibles, les connexions invisibles qui r&eacute;giraient la mati&egrave;re au c&aelig;ur du vivant.<BR> <BR> Pour Jo&euml;l Sternheimer, point n'est besoin de d&eacute;molir l'objet de l'&eacute;tude; il existe des biais beaucoup plus subtils qui permettent de percevoir ce qu'il y a &agrave; l'int&eacute;rieur des choses! Cette d&eacute;marche va &eacute;videmment compl&egrave;tement &agrave; l'encontre des recherches actuelles dans les domaines de la g&eacute;n&eacute;tique ou de la physique.<BR> <BR> Mais revenons &agrave; la fin des ann&eacute;es soixante. &lt;Devant le dilemme de me soumettre ou de me d&eacute;mettre, reprend Jo&euml;l Sternheimer, j'ai demand&eacute; l'avis de mes professeurs. Il y avait notamment Oppenheimer. J'&eacute;tais frapp&eacute; par le remords qui se lisait sur son visage&gt;. Un autre de ses professeurs lui conseilla tr&egrave;s s&eacute;rieusement de gagner de l'argent en enregistrant un disque, pour &ecirc;tre ind&eacute;pendant et pouvoir mener sa recherche comme il le souhaitait. L'&eacute;tonnant savant suivit le conseil de son a&icirc;n&eacute;.<BR> <BR> </FONT><A NAME="anchor9474"></A><FONT COLOR="#000000">En 1967, il eut un retentissant succ&egrave;s musical sous le nom de l'auteur-interpr&egrave;te </FONT><A HREF="Figaro670131F.html">&Eacute;variste</A><FONT COLOR="#000000">. Cette gloire &eacute;ph&eacute;m&egrave;re lui permit de rester ind&eacute;pendant tout en poursuivant ses recherches sur la physique des particules. Il ne s'attendait certainement pas &agrave; retrouver la musique... au fond des atomes.<BR> <BR> Pourtant, en travaillant sur le probl&egrave;me de la distribution des masses des particules, il d&eacute;couvrit qu'elles &eacute;taient r&eacute;parties suivant une gamme musicale, la gamme temp&eacute;r&eacute;e essentiellement, ce qui indique que dans les fr&eacute;quences associ&eacute;es &agrave; ces particules il existe des harmoniques. &lt;Comme quoi on n'&eacute;chappe pas &agrave; l'origine des ses cr&eacute;dits de recherches&gt;, remarque-t-il avec philosophie. Se plongeant dans un long travail th&eacute;orique en physique quantique, Jo&euml;l Sternheimer pr&eacute;dit et mit indirectement en &eacute;vidence l'existence de ce qu'il appelle des ondes d'&eacute;chelle, qui seraient &eacute;mises par des particules et notamment, dans les cellules vivantes, par les acides amin&eacute;s, &agrave; des fr&eacute;quences inaudibles. La pr&eacute;sence de ces ondes, dont il calcule les fr&eacute;quences, expliquerait certaines interactions et comportements des mol&eacute;cules entre elles.<BR> <BR> <B>Concert de prot&eacute;ines</B><BR> Suivant les th&eacute;ories et les calculs de Jo&euml;l Sternheimer, consid&eacute;rons que les vingt acides amin&eacute;s, v&eacute;ritables piliers de l'organisation m&eacute;tabolique, &eacute;mettent chacun une onde dont on peut calculer la fr&eacute;quence. Ces ondes sont &eacute;mises au moment o&ugrave; ces acides amin&eacute;s, transport&eacute;s par les ARN de transfert, s'assemblent pour former des prot&eacute;ines. Les signaux seraient des ondes de nature quantique appl&eacute;es &lt;ondes d'&eacute;chelle&gt;, c'est-&agrave;-dire qu'elles relient entre elles des &eacute;chelles diff&eacute;rentes - ici l'&eacute;chelle de chaque acide amin&eacute; &agrave; l'&eacute;chelle de la prot&eacute;ine en formation. On peut rendre ces fr&eacute;quences audibles en les transposant, par exemple, en notes de musique. Nous obtenons donc pour une prot&eacute;ine, qui est une suite d'acides amin&eacute;s, une succession de notes. En fonction de la complexit&eacute; de la composition des prot&eacute;ines, qui peuvent regrouper une dizaine d'acides amin&eacute;s ou des centaines, nous obtenons une v&eacute;ritable m&eacute;lodie, une partition variant donc d'une dizaine &agrave; plusieurs centaines de notes.<BR> <BR> De tr&egrave;s nombreuses s&eacute;quences d'acides amin&eacute;s sont connues et disponibles sur diff&eacute;rentes banques de donn&eacute;es comme celle de la National Biomedical Research Foundation aux &Eacute;tats-Unis. &lt;Chaque prot&eacute;ine peut &ecirc;tre caract&eacute;ris&eacute;e par sa musique, qui est une vision de la prot&eacute;ine &agrave; une autre &eacute;chelle&gt;, pr&eacute;cise Jo&euml;l Sternheimer. Selon les r&eacute;sultats de ses exp&eacute;riences, la diffusion de la m&eacute;lodie sp&eacute;cifique d'une prot&eacute;ine ainsi amplifi&eacute;e, peut stimuler sa synth&egrave;se dans un organisme. Bien que sa d&eacute;marche ne vise pas &agrave; v&eacute;rifier une influence de la musique sur les plantes, mais plut&ocirc;t &agrave; montrer que sa d&eacute;couverte a une action sp&eacute;cifique sur les mol&eacute;cules, le savant a fait quelques exp&eacute;riences sur le monde v&eacute;g&eacute;tal. Une mani&egrave;re &eacute;thique, respectueuse de l'int&eacute;grit&eacute; de son objet d'&eacute;tude et de v&eacute;rifier ses d&eacute;couvertes de physique quantique.<BR> <BR> Ainsi, faire r&eacute;guli&egrave;rement &eacute;couter &agrave; un plant de tomates la musique correspondant &agrave; une prot&eacute;ine jouant un r&ocirc;le dans le m&eacute;canisme de sa floraison, stimule la production de cette prot&eacute;ine dans la plante, qui donnera plus de fleurs qu'&agrave; l'accoutum&eacute;e!<BR> <BR> Il suffirait donc de &lt;d&eacute;coder&gt; les ondes d'&eacute;chelle &eacute;mises par les acides amin&eacute;s d'une prot&eacute;ine et &agrave; les transposer en notes pour agir sur un organisme en augmentant la production de la prot&eacute;ine. Se faisant l'&eacute;cho des travaux de Jo&euml;l Sternheimer, Jean-Marie Pelt explique le processus: &lt;Lorsque les plantes &quot;&eacute;coutent&quot; la m&eacute;lodie appropri&eacute;e, les ondes acoustiques sont transform&eacute;es &quot;microphoniquement&quot; en ondes &eacute;lectromagn&eacute;tiques elles-m&ecirc;mes sources &quot;d'ondes d'&eacute;chelle&quot;, et elles se mettent &agrave; produire la prot&eacute;ine sp&eacute;cifique &agrave; cette m&eacute;lodie&gt;. Mais Jo&euml;l Sternheimer va plus loin. Si l'on conna&icirc;t la succession de notes correspondant &agrave; une prot&eacute;ine, on peut la stimuler; mais on peut aussi l'inhiber, c'est-&agrave;-dire freiner sa fabrication. Il suffit pour cela d'avoir la m&eacute;lodie &lt;sym&eacute;triquement oppos&eacute;e&gt;. Tr&egrave;s sch&eacute;matiquement, si la m&eacute;lodie qui stimule est dans les &lt;graves&gt;, celle qui inhibera sera dans les &lt;aigu&euml;s&gt;. Chaque acide amin&eacute; poss&eacute;dant son &eacute;quivalent en note stimulante et en note inhibitrice, on disposera de deux d&eacute;codages, deux m&eacute;lodies pour chaque prot&eacute;ine.<BR> <BR> <B>Le facteur humain</B><BR> Si cette transposition de la s&eacute;quence d'acides amin&eacute;s en notes se calcule, restent deux &eacute;l&eacute;ments importants qui peuvent &eacute;galement se calculer avec une certaine approximation, mais pour lesquels la sensibilit&eacute; humaine s'av&egrave;re finalement plus pr&eacute;cise. Car, comme en musique, il ne suffit pas d'avoir une suite de notes, encore fait-il conna&icirc;tre le rythme et la valeur de chaqune d'elle... Les notes issues des prot&eacute;ines sont-elles des blanches, des noires ou des croches? &lt;Il est vrai qu'&agrave; partir de la prot&eacute;ine, on a une suite de notes qui n'ont pas de rythme a priori, pr&eacute;cise Pedro Ferrandiz, ing&eacute;nieur agronome qui travaille avec Jo&euml;l Sternheimer, mais en faisant d&eacute;filer ces notes, on arrive &agrave; rep&eacute;rer des cadences, des sch&eacute;mas rythmiques. On trouve des temps forts dans les morceaux&gt;. Cela peut para&icirc;tre de prime abord subjectif mais, pour Jo&euml;l Sternheimer, ce d&eacute;codage s'affine en introduisant le facteur humain, le savoir-faire du musicien et sa sensabilit&eacute;. &lt;Cela dit, pr&eacute;cise Pedro Ferrandiz, le simple d&eacute;filement des notes a d&eacute;j&agrave; une action sur la synth&egrave;se d'une prot&eacute;ine, mais c'est d'autant mieux si l'on trouve la bonne cadence!&gt;<BR> <BR> <B>Six cent g&egrave;nes d&eacute;cod&eacute;s</B><BR> Eh oui, la pluridisciplinarit&eacute; n&eacute;cessaire en science peut s'&eacute;tendre avec les aspects les plus &eacute;tonnants comme les connaissances en musique! &lt;Jusqu'ici, j'ai d&eacute;cod&eacute; peut-&ecirc;tre six cent g&egrave;nes... C'est beaucoup, dix ans de travail, mais ce n'est que 0,6% du g&eacute;nome humain! L'exp&eacute;rience montre que lorsqu'une personne pianote avec le logiciel appropri&eacute; sur son ordinateur la musique d'une mol&eacute;cule, elle est parfaitement capable de reconna&icirc;tre si cette mol&eacute;cule peut, par exemple lui servir de m&eacute;dicament&gt;. En fait, cette notion qui peut para&icirc;tre subjective annonce une v&eacute;ritable d&eacute;mocratisation de la m&eacute;decine de demain.<BR> <BR> <B>Musiques et traditions</B><BR> Le patient serait capable, lui-m&ecirc;me, de ressentir si la musique sp&eacute;cifique d'une prot&eacute;ine ou d'une mol&eacute;cule est n&eacute;cessaire pour le soigner ou non. &lt;C'est la conscience qui est impliqu&eacute;e lorsqu'on &eacute;coute une mol&eacute;cule, explique Jo&euml;l Sternheimer. Il y a une action directe sur le corps mais que l'on peut appr&eacute;cier gr&acirc;ce &agrave; notre cerveau et notre syst&egrave;me nerveux. Un circuit s'&eacute;tablit: on peut se rendre compte consciemment de ce qui se passe&gt;. Le second &eacute;l&eacute;ment pour que l'on puisse jouer une m&eacute;lodie, c'est le timbre, la sonorit&eacute;. En d'autres termes, quel instrument va-t-on utiliser? &lt;En fonction de la fr&eacute;quence de chaque note &agrave; l'int&eacute;rieur d'une prot&eacute;ine, un timbre va s'imposer... On essaye de trouver celui qui semble le mieux convenir&gt;, r&eacute;pond Pedro Ferrandiz.<BR> <BR> L&agrave; encore, nos scientifiques se servent de leur intuition, montrant qu'un homme de science est avant tout un homme et non une simple machine &agrave; calculer! Une fois ces &eacute;l&eacute;ments d&eacute;termin&eacute;s, on peut proc&eacute;der aux exp&eacute;riences, par exemple avec des plantes. Il s'agit tout simplement de diffuser &agrave; l'aide de hauts parleurs une musique correspondant &agrave; une prot&eacute;ine pour stimuler ou inhiber sa synth&egrave;se dans la plante. Les temps d'exposition &agrave; la musique et les fr&eacute;quences sont variables. Le son se diffuse notamment par les feuilles &agrave; l'int&eacute;rieur du milieu cellulaire et &lt;agit&gt; sur la prot&eacute;ine concern&eacute;e.<BR> <BR> Cette d&eacute;couverte apporte un &eacute;clairage scientifique aux rapports entre la musique et le vivant, depuis longtemps d&eacute;couverts mais de fa&ccedil;on empirique et sans explication logique jusqu'aux travaux de Sternheimer. Entre le vieil adage qui pr&ocirc;ne que la musique adoucit les m&aelig;urs et l'id&eacute;e que les plantes sont tr&egrave;s r&eacute;ceptives &agrave; la musique, l'influence de celle-ci sur les organismes vivants est pass&eacute;e au rang des id&eacute;es re&ccedil;ues, g&eacute;n&eacute;ralement admises par le bon sens populaire.<BR> <BR> C'est ainsi que certains agriculteurs des &icirc;les du Pacifique, comme le signalait l'ethnologue Malinowski en 1930, imitaient le chant des oiseaux pour am&eacute;liorer le rendement des cultures... On suppose &eacute;galement que les chants agraires entonn&eacute;s dans nos campagnes &eacute;taient compos&eacute;s avec l'espoir d'influencer la production c&eacute;r&eacute;ali&egrave;re. Mieux encore, l'anthropologue Jeremy Narby nous confiait qu'il avait vu des Indiens d'Amazonie p&eacute;ruvienne soigner une morsure de serpent en chantant sur la plaie pendant des heures. S'agissait-il de la musique d'une mol&eacute;cule sp&eacute;cifique?<BR> <BR> <B>Les tomates musicales</B><BR> Les aborig&egrave;nes d'Australie auraient &eacute;galement un grand savoir en la mati&egrave;re. L'influence de la musique sur les plantes commence maintenant &agrave; &ecirc;tre reconnue par la communaut&eacute; scientifique, qui prolonge petit &agrave; petit la tradition. Dans &quot;Les langages secrets de la nature&quot;, Jean-Marie Pelt consacre un chapitre aux rapports entre la musique et les plantes et affirme, apr&egrave;s avoir effectu&eacute; des exp&eacute;riences, que les plantes sont effectivement sensibles &agrave; certaines m&eacute;lodies.<BR> <BR> Si ces histoires laissent r&ecirc;veurs certains scientifiques, les industriels, eux, n'h&eacute;sitent pas &agrave; les mettre en pratique. C'est ainsi qu'au Japon, la soci&eacute;t&eacute; Gomei-kaisha Takada a d&eacute;pos&eacute; un brevet en 1991 sur l'utilisation de certaines musiques cens&eacute;es am&eacute;liorer la fermentation des levures employ&eacute;es pour la fabrication de sauce-soja et de la c&eacute;l&egrave;bre p&acirc;te miso.<BR> <BR> Depuis cinq ans, Jo&euml;l Sternheimer et Pedro Ferrandiz poursuivent leurs essais d'application de ce proc&eacute;d&eacute; dans diff&eacute;rents domaines. Au fur et &agrave; mesure de leurs exp&eacute;riences, ils ont pu affiner le choix des prot&eacute;ines &agrave; utiliser et les temps d'exposition aux musiques de ces prot&eacute;ines. Ils ont suivi l'&eacute;volution de cultures de tomates en leur diffusant, en temps voulu, les m&eacute;lodies des prot&eacute;ines n&eacute;cessaires &agrave; leur bon d&eacute;veloppement. Pour la croissance des plantules, ils ont diffus&eacute; des musiques de prot&eacute;ines de structure, qui fortifient les tiges. Une autre musique a permis de favoriser la floraison, etc.<BR> <BR> </FONT><A NAME="anchor22831"></A><IMG SRC="NewKey/Seneg1F.jpg" WIDTH="170" HEIGHT="184" ALIGN="LEFT" NATURALSIZEFLAG="3"><FONT COLOR="#000000">Durant l'&eacute;t&eacute; 1994, qui fut particuli&egrave;rement chaud, les effets de la musique de la prot&eacute;ine TAS 14, une prot&eacute;ine de r&eacute;sistance de la tomate &agrave; la secheresse, isol&eacute;e en 1990 par trois chercheurs espagnols - J.A. Pintor-Toro, J.A. Godoy et J.M. Pardo (Plant Mol. Biol. vol. 15, page 695) -, furent test&eacute;s dans une serre en Suisse, avec la participation de Jean Marcel Huber, un industriel, et Castor Egloff, un horticulteur, par une temp&eacute;rature de 35 &agrave; 39 degr&eacute;s. Trois minutes par jour, du 26 juillet au 11 ao&ucirc;t 1994, une partie des tomates de la serre a re&ccedil;u cette musique en plus d'une ration d'eau d'un litre et demi. Le r&eacute;sultat fut spectaculaire. </FONT><A HREF="TomateSuisseF.html">Les feuilles des &lt;tomates musicales&gt; restaient vertes alors que celles qui n'avaient re&ccedil;u que de l'eau s&eacute;chaient.</A><FONT  COLOR="#000000"> </FONT><A NAME="anchor7909"></A><FONT COLOR="#000000">Enthousiasm&eacute;s et intrigu&eacute;s, Mansour et Ousmane Gueye - un industriel s&eacute;n&eacute;galais et son fr&egrave;re technicien agricole, ont entrepris une exp&eacute;rience similaire en Afrique.<BR> <BR> </FONT><IMG SRC="NewKey/Seneg2F.jpg" WIDTH="170" HEIGHT="184" ALIGN="LEFT" NATURALSIZEFLAG="3"><FONT COLOR="#000000">Le 18 juillet 1996, des plants de tomates ont &eacute;t&eacute; repiqu&eacute;s dans un jardin s&eacute;par&eacute; en deux. Une partie du jardin a &eacute;t&eacute; arros&eacute;e deux fois par jour, tandis que l'autre ne l'&eacute;tait qu'une fois par jour, mais recevait la musique de la TAS 14 trois minutes par jour, par un radiocassette ordinaire plac&eacute; au pied des plants. Sur le jardin t&eacute;moin, les plants ont atteint une hauteur moyenne d'un m&egrave;tre, sauf pour quelques-uns situ&eacute;s &agrave; l'ombre qui ont grandi du double mais n'ont pratiquement pas donn&eacute; de fruits. Les tomates, petites, peu nombreuses, ont &eacute;t&eacute; attaqu&eacute;es par des insectes. Sur le jardin musical, les plants font en moyenne un m&egrave;tre soixante-dix, les tomates sont beaucoup plus grosses et parfois &eacute;clat&eacute;es car gorg&eacute;es d'eau. </FONT><A HREF="TomateSenegalF.html">Quant au rendement d'un pied, il est environ multipli&eacute; par vingt!</A><FONT  COLOR="#000000"> De plus, la chair des tomates est ferme et elles n'ont pas subi l'agression d'insectes. Les plants, paraissant mieux retenir l'eau, sont visiblement plus vigoureux! Si au d&eacute;but les ouvriers de l'exploitation agricole o&ugrave; a eu lieu l'exp&eacute;rience montraient leur scepticisme, voire leur franche hilarit&eacute;, les &eacute;tonnants r&eacute;sultats ont fini par les convaincre, au point qu'ils ont d&eacute;clar&eacute; &agrave; la fin: &lt;On y a toujours cru!&gt;<BR> <BR> <B>Des exp&eacute;riences d'avenir</B><BR> M&ecirc;me si des puristes trouvent &agrave; redire sur cette exp&eacute;rience, en raison notamment d'un protocole r&eacute;duit, les r&eacute;sultats sont assez impressionnants et le but recherch&eacute; atteint: offrir des alternatives douces &agrave; l'utilisation de traitements chimiques des cultures et aux plantes transg&eacute;niques, technologie de toutes fa&ccedil;ons trop on&eacute;reuse pour les pays du tiers monde et qui entra&icirc;nerait une d&eacute;pendance suppl&eacute;mentaire.<BR> <BR> D'autres exp&eacute;riences doivent &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;es sur une plus grande &eacute;chelle en diffusant la TAS 14, mais aussi d'autres &lt;musiques mol&eacute;culaires&gt; pouvant notamment influer sur le go&ucirc;t des tomates ou sur leur conservation. Les recherches de Jo&euml;l Sternheimer offrent des voies de r&eacute;ponse &agrave; beaucoup de maux de notre &eacute;poque. &lt;Nous avons r&eacute;alis&eacute; avec Pedro une exp&eacute;rience &agrave; Paris o&ugrave; l'air est tr&egrave;s pollu&eacute;, raconte Jo&euml;l Sternheimer. Nous avons plac&eacute; des algues microscopiques dans un petit bac avec de l'eau.<BR> <BR> </FONT><A NAME="anchor27364"></A><FONT COLOR="#000000">Pendant dix jours, dix minutes par jour, nous leur avons pass&eacute; une musique stimulant plusieurs prot&eacute;ines de photosynth&egrave;se, le processus par lequel les algues fixent le CO</FONT><FONT COLOR="#000000" SIZE=-2>2</FONT><FONT  COLOR="#000000"> de l'air, puis gardent le carbone pour se d&eacute;velopper et rejettent de l'oxyg&egrave;ne. En quelques jours, nous avons vu des bulles d'oxyg&egrave;ne. </FONT><A HREF="AlguesF.html">Il y a eu un d&eacute;gagement d'oxyg&egrave;ne seize fois sup&eacute;rieur chez les algues qui avaient re&ccedil;u la musique par rapport aux algues t&eacute;moins.</A><FONT COLOR="#000000"> Cela ouvre des perspectives pour lutter contre la pollution de l'air en stimulant la photosynth&egrave;se des plantes qui poussent dans les villes&gt;. Les travaux et d&eacute;couvertes r&eacute;volutionnaires de Jo&euml;l Sternheimer offrent un champ d'application &eacute;norme, notamment dans les pays en voie de d&eacute;veloppement. Elles permettraient notamment, tout en respectant &lt;l'objet d'&eacute;tude&gt;, d'accro&icirc;tre les potentiels de certaines cultures sans pour cela jouer aux apprentis sorciers en modifiant g&eacute;n&eacute;tiquement les plantes. Une d&eacute;marche &eacute;thique et respecteuse de la nature qui m&eacute;rite d'&ecirc;tre chaudement encourag&eacute;e.<BR> <BR> </FONT></P>  <P><B><FONT COLOR="#000000">&Agrave; lire</FONT></B><FONT COLOR="#000000"><BR> - &lt;Proc&eacute;d&eacute; de r&eacute;gulation &eacute;pig&eacute;n&eacute;tique de la biosynth&egrave;se des prot&eacute;ines par r&eacute;sonance d'&eacute;chelle&gt;, Jo&euml;l Sternheimer, Brevet fran&ccedil;ais </FONT>n&deg;<FONT COLOR="#000000"> 92-06765 de 1992.<BR> <BR> </FONT><A HREF="Pain.Pedro.html">- &lt;Proc&eacute;d&eacute; de r&eacute;gulation &eacute;pig&eacute;n&eacute;tique de la synth&egrave;se prot&eacute;ique: essai en panification&gt;, Pedro Ferrandiz</A><FONT COLOR="#000000">, article de la revue Industries des c&eacute;r&eacute;ales, </FONT>n&deg;<FONT COLOR="#000000"> 85, nov-d&eacute;c 1993.<BR> <BR> - &lt;De la musique et des plantes&gt;, Pedro Ferrandiz, article de la revue La garance voyageuse, </FONT>n&deg;<FONT COLOR="#000000"> 37, Printemps 97. Rens.: 04 66 45 94 10.<BR> <BR> - Les langages secrets de la nature, Jean-Marie Pelt, &eacute;d. Fayard.<BR> <BR> - Plan&egrave;te transg&eacute;nique, Jean-Claude Perez, &eacute;d. L'Espace bleu, avril 97.<BR> <BR> <BR> <B>Cet article a &eacute;t&eacute; &eacute;crit &agrave; partir des deux articles d'Eric Bony dans &quot;Science Fronti&egrave;res&quot; et des d&eacute;clarations de Jo&euml;l Sternheimer au Festival Science Fronti&egrave;res 1997.</B></FONT></TD></TR> </TABLE></CENTER> </P>  <P ALIGN=CENTER><MAP NAME="ButF7">     <AREA SHAPE="rect" COORDS="149,0,249,28" HREF="index.html">     <AREA SHAPE="rect" COORDS="-1,-1,99,25" HREF="IndexF.html"> </MAP><IMG SRC="Button/ButF7.gif" WIDTH="249" HEIGHT="27" USEMAP="#ButF7" ALIGN="BOTTOM" NATURALSIZEFLAG="3" ISMAP> </BODY> </HTML> 
