<html>  <head> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=windows-1252"> <meta http-equiv="Content-Language" content="fr"> <meta name="GENERATOR" content="Microsoft FrontPage 5.0"> <meta name="ProgId" content="FrontPage.Editor.Document"> <title>Pierre Sauvage sur &quot;Varian Fry et le Centre amricain de secours&quot;</title> </head>  <body stylesrc="index.html">  <p class="MsoNormal" align="center" style="text-align: center; line-height: 100%; text-indent: 0; word-spacing: 0; margin-left: 0; margin-right: 0; margin-top: -10; margin-bottom: 0"><font face="Times New Roman" size="3"><a href="fry.htm">[Accueil Projet Varian Fry]</a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="index_french.html">[Accueil Fondation Chambon]</a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="chambon.htm">[Accueil Projet Le Chambon]</a></font></p> <hr>  <p align="center"><b><font face="Tahoma" color="#FF0000" size="6"> <img border="0" src="Images/09086_ac_fry_puzzle_small.jpg" alt="Varian Fry" width="81" height="100">Varian Fry<br> et le Centre amricain de secours</font></b></p> <p align="center"><font face="Tahoma" size="4"><b>par Pierre Sauvage</b></font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">En 1941  Marseille, un Amricain crit  sa femme  New York. Il smerveille des contacts quil est amen  avoir avec beaucoup des plus grands auteurs et artistes de lEurope, ainsi quavec des hommes politiques minents. &quot;LEurope est devenue bien trange, crit-il, quand des hommes tels que ceux-l son rduits  attendre patiemment dans lantichambre dun jeune Amricain sans importance aucune.&quot;</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">Lhomme en question porte le nom peu commun de <a href="fry.htm"> Varian Fry</a>. Il a 32 ans quand il dbarque  Marseille le 14 aot 1940, deux mois aprs la dfaite de la France et un an et demi avant que les Etats-Unis ne se laissent enfin entrans dans la guerre.</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">Alors quil tait tudiant  luniversit de Harvard, Varian avait donn une forme tangible  son amour pour les arts en fondant avec un ami une bouillonnante revue intellectuelle davant-garde. Mais dans les annes trente,  New York, il collabore surtout  de petites revues politiques, frquentant les milieux libraux anti-isolationnistes et se faisant des amis parmi les exils antinazis.</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">Un voyage en Allemagne la marqu, comme le raconte <a href="gold_annee.htm"><font color="#008000"> Mary Jayne Gold</font></a> dans ses souvenirs savoureux de cette poque, <i><a href="gold_annee_echos.htm"><font color="#008000">Marseille Anne 40</font></a>,</i> publis en France en 2001 aux Editions Phbus.&nbsp; Lhritire amricaine, qui participa  sa faon  lexpdition Fry, voque la voix tendue avec laquelle son ami lui avait racont  Marseille le pogrom auquel il avait assist en 1935  Berlin.</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">Dans un caf en plein centre de la ville, deux jeunes nazis staient approchs dun homme qui avait vaguement lair juif et qui buvait tranquillement sa consommation. Alors quil tendait la main vers son bock, lhomme la trouva soudain cloue  la table par un coup de poignard joyeux et triomphant dun des nazis.</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">Lorsquil arrive  la gare Saint-Charles, Fry a pris un mois de cong de son travail, qui consistait alors  crire des analyses de politique trangre. Il ne sagissait plus seulement danalyser. Lui et dautres Amricains avaient relev la clause dshonorante de la convention darmistice avec lAllemagne (la fameuse &quot;paix dans lhonneur&quot; du marchal Ptain, approuve par les Franais), par laquelle la France avait accept de &quot;livrer sur demande&quot; les ressortissants du Grand Reich que lAllemagne rclamerait.</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">Mandat par la petite association amricaine prive qui sest rapidement forme sous le nom de &quot;Emergency Rescue Committee&quot; (Comit de Sauvetage dUrgence), le jeune intellectuel prend lhydravion  New York muni de listes de personnes en danger ou qui pourraient ltre par la suite. Il y a beaucoup de noms dartistes et dintellectuels sur ces listes, mais aussi beaucoup de noms de membres dun groupuscule socialiste de gauche, <i>Neu Beginnen. </i>Au dpart, en effet, lopration tait en grande partie politique. Le reprsentant de cette faction controverse craignait que laide alors en cours pour les rfugis allemands en France nexclue ses amis. A New York, on ne pardonnera jamais  Varian Fry la faon dont, de son propre chef, il largira sa mission.</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">Le mois de cong pass, il ne sera pas question pour Fry de rentrerni les mois suivants. Varian Fry se rend rapidement compte quil a une tche importante devant lui, un rle essentiel  jouer, une action  accomplir. Fry na pourtant ni lallure ni le temprament de lagent secret. Gnralement tir  quatre pingles, il se passionne pour le latin et le grec et lobservation doiseaux. Il na certainement pas dexprience directement pertinente pour ce genre de mission, et il se reprochera, une fois rentr, davoir commis bon nombre derreurs.</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">Son entreprise, commence dans une chambreet la salle de bainsde lhtel Splendide, boulevard dAthnes, dmnagera ensuite au 60, rue Grignan, puis enfin, en janvier 1941, au 18, boulevard Garibaldi. Un grand drapeau amricain prsidera aux activits de ce qui est devenu Le Centre amricain de secours et dont les activits officielles, avouables, consistent  aider, de faon parfaitement lgitime, des rfugis voulant se rendre aux Etats-Unis.</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">Fry cre une quipe qui ne cessera de crotre durant son sjour. Parmi ses premiers associs, dautres Amricains qui se dvouent: <a href="ebel.htm"> Miriam Davenport Ebel</a>, qui se proccupait dj du sort des rfugis, Mary Jayne Gold, Charles Fawcett, le mystrieux Leon Ball, qui a disparu sans laisser de traces. Des Franais se joindront  eux, notamment Daniel Bndite (lalli essentiel  la fin), Jean Gemhling, Lucie Heymann, Jacques Weisslitz et Charles Wolff (juifs tous deux, quon ne russit pas  faire partir et qui sont morts lun dport et lautre sous les coups de la Milice).</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">Des rfugis contribueront aussi de faon essentielle  la survie des autres, avant de se sauver eux-mmes lorsquils le pourront ou quil le faudra: Albert Hirschman (lalli essentiel au dpart), Franz von Hildebrand, <a href="verzeano.htm"> Marcel Verzeano</a>, Lena Fischman, Anna Gruss, Heinz-Ernst Oppenheimer, Bedrich Heine, Justus Rosenberg, et bien dautres. Dautres encore sans prcisment faire partie de lquipe du C.A.S. seront non moins essentiels: Hans et Lisa Fittko, qui creront et greront une filire importante dans les Pyrnes; Bil Spira, qui avant de partir pour Auschwitz (do il reviendra), sera le principal faussaire du groupe.</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">Fry se rend compte quil travaille bien sous pression, quil sait mentir avec aplomb, quil na pas peur de faire tout ce que la situation exige. Travailler dans lillgalit dans ces circonstances lui parat une vidence morale. Dans sa dtermination, Fry se mettra  dos certaines des organisations de bienfaisance amricaines qui travaillent en France et qui veillent  ne pas offusquer Vichy. Le C.A.S. se verra mme banni du Comit de Nmes, qui regroupe les grandes organisations humanitaires.</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">Aprs la guerre, Fry analysera pour un ami (devenu depuis le grand conomiste Albert Hirschman) ce qui lui avait permis dtre efficace  Marseille: Il faut, dit-il, une bonne dose de cynisme et dironie &quot;pour soccuper professionnellement des misres humaines&quot;, de lidalisme (mais qui samenuise avec le temps), un peu de navetet surtout ce quil appelle une simple &quot;orneriness&quot;. Cest difficile  traduire, mais cest important. Qui est &quot;ornery&quot; (ladjectif) est difficile  manier, se braque facilement. Pour dire les choses telles quelles sont, cest parfois mme ce que nous appelons en bon franais un emmerdeur.</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">Voil: nous parlons dune poque o il ne fallait pas tre accommodant, et un homme sest prsent qui tait incapable de ltre. Il ne supportait pas les imbcilesintellectuels ou morauxet mme lorsque lenjeu tait drisoire, Varian Fry avait lhabitude de sentter, de revenir constamment  la charge. Or  Marseille, en 1940-41, lenjeu ntait pas drisoire.</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">Fry saisit rapidement que son rle est semblable aussi  celui dun mdecin pendant une pidmie: il ne faut jamais oublier de rassurer. &quot;See you in New York,&quot;A bientt  New Yorkdira-t-il, comme si de rien ntait,  des rfugis traumatiss sur le point de sembarquer pour la filire des Pyrnes.</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">Fry travaille beaucoup mais pas sans relche. Il trouve le temps dcrire un nombre considrable de lettres parfois extraordinaires sur sa vie  Marseille et sur sa propre volution pendant cette priode. Il se plat bien en France, malgr les difficults croissantes de la vie sous lOccupation. La Provence le ravit: comment de telles horreurs peuvent-elles avoir lieu dans ce paysage bni?</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">Il se sent assurment plus proche des rfugis compliqus de l<i>intelligentsia</i> europenne que des fonctionnaires borns et xnophobes du consulat amricain (sauf le bon Hiram Bingham, Jr., bientt mut ailleurs). Les rapports avec &quot;la maison mre&quot;  New York se dtriorent constamment, et Fry finit par proclamer avec insistance que son Centre est un organisme parfaitement indpendant qui ne reoit dordres de personnes. Vers la fin, tout le mondesauf ses collgues et les rfugis!veut quil rentre chez lui: Le Dpartement dEtat amricain, qui fait pression sur l<i>Emergency Rescue Committee</i>  New York; la police de Vichy, qui savait srement ce quil faisait et qui naimait surtout pas les trotskistes ou anciens trotskistes qui faisaient parfois partie de son entourage; et peut-tre surtout les fonctionnaires du consulat amricain  Marseille qui le dtestent et ne voient en lui quun &quot;trouble-maker&quot;un semeur de pagaille.</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">Mais mme lorsque les Amricains refusent de renouveler et de lui rendre son passeport, il sentte: &quot;Ce travail est comme la mortirrversible. Nous avons commenc ici quelque chose que nous ne pouvons pas arrter. Nous avons permis  des centaines de personnes de se raccrocher  nous. Nous ne pouvons pas dire maintenant que la tche nous ennuie et que nous rentrons.&quot;</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">Vichy a mis longtemps  lexpulser. Cette expulsion est-elle en rapport avec lentretien que le policier de Marseille a eu avec le Consul Gnral des Etats-Unis dans cette ville? Selon le policier, le consul amricain na pas hsit  lui demander &quot;de me dbarrasser&quot; de Fry Fry noubliera jamais le reproche que lintendant de police Maurice de Rodellec du Porzic lui fera en personne: &quot;davoir trop protg les juifs et les antinazis.&quot; (Curieux, ce mot &quot;trop&quot;.)</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">Lorsque son train partira de Cerbre, plusieurs membres de son quipe seront aligns sur le quai de la gare pour dire au revoir  Varian Fry. &quot;Je fus trs triste de vous quitter, vous et tous mes amis, crira-t-il plus tard au gardien de nuit du C.A.S., plus triste peut-tre que vous  me voir partir. Car je perdais tous mes amis en men allant, tandis que vous nen perdiez quun seul.&quot;</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">De retour  New York, Fry essaie sans succs de sensibiliser lopinion publique amricaine  la crise en Europe et au &quot;massacre des juifs&quot; (article de couverture de la revue &quot;The New Republic&quot;, dcembre 1942). Il est vinc de l<i>Emergency Rescue Committee</i>, qui ne sera plus soutenu et sera absorb par une autre organisation, qui deviendra lactuel <i>International Rescue Committee</i>.</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">La lecture des lettres de Fry, ainsi que les articles quil crira  son retour  New York, font regretter que lorsquil publia ses souvenirs de sa mission en France, <i>Surrender on Demand</i>, il ait d se plier aux exigences de son diteur de 1945, qui savait que lopinion publique amricaine ntait pas dispose  entendre les griefs que Fry voulait mettre sur la politique amricaine  lgard des rfugis et sa &quot;honte&quot; de citoyen amricain devant cette politique. Malgr concessions et coupures, et malgr de bonnes critiques, le livre ne se vend pas. La version franaise de ces mmoires, &quot;La liste noire&quot;, parue enfin en 2001 en France, a le grand mrite de remettre  sa place lintroduction bouleversante et accablante quil destinait au livre. (Dans les papiers de Fry, ce texte se trouvait dans une chemise marque de sa main &quot;Suppressed Material&quot;Censur.)</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">&quot;Si jai le moindre regret  propos du travail que nous avons fait, cest que ctait si peu, dit-il en conclusion. En tout, nous avons sauv quelque deux mille personnes. Nous aurions d sauver bien davantage, mais nous avons fait ce que nous pouvions.&quot;</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">A Marseille, le fidle Daniel Bndite et ses collguesaids par un jeune avocat du nom de Gaston Defferreessaieront de leur mieux de continuer le travail du Centre amricain de secours, jusqu sa fermeture par Vichy en juin, qui sera suivie du constat officiel de &quot;nullit&quot; de lorganisation en novembre. Bndite et Gemhling entreront dans la Rsistance, o hlas les patriotes seront peu encourags  se proccuper du sort des rfugis et des juifs</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">Le mariage de Fry stait effiloch au cours de son anne  Marseille, et son ex-femme meurt en 1948. Il se remarie avec Annette Riley en 1950, aura trois enfants, et cherchera toute sa vie, avec des succs variables,  gagner sa vie, parfois dans des mtiers inattendus pour un tel homme, comme la publicit tlvise et la promotion de Coca-Cola Son deuxime mariage ne fut pas non plus sans problmes. Un divorce sera rapidement suivi par un dbut de rconciliation, alors quil commence  enseigner le latin dans une cole secondaire  la campagne. Quelques jours plus tard, il meurt le 12 septembre 1967  lge de 59 ans. Cet homme qui avait tant fait pour les artistes a quitt ce monde dans une maison qui lui avait t prte par... lartiste Louise Bourgeois et son mari.</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">Mais la question se pose: comment justifier le fait que Varian Fry se soit intress en priorit aux &quot;vedettes&quot; du monde artistique et politique? Sil est vrai que cette mission a fini par englober bon nombre de rfugis anonymes, doit-on nanmoins lui reprocher son litisme? Un artiste mdiocre a-t-il moins droit  la vie quun grand? En effet, sil y a ceux que le C.A.S. na simplement pas pu faire partir malgr ses efforts, il y en a bien dautres dont le comit a tout bonnement rejet la candidature, considrant quils ne rentraient pas dans son mandat. Lauteur de lauteur de ces lignes, par exemple, Lo Sauvage n Smotriez, intellectuel juif sans piston, aurait-il d, avec sa femme Barbara, juive polonaise, ne Suchowolska, recevoir laide quils ont sollicite en vain du Centre amricain de secours? Au lieu de partir, le jeune journaliste participa  la vie culturelle de Marseille en fondant une troupe de thtre, &quot;Les Compagnons de la Basoche&quot;, tandis que sa femme se joignait aux intellectuels qui oeuvraient  la lgendaire cooprative Croque-Fruits. Aprs loccupation de la zone sud, Lo Sauvage trouva un refuge pour lui et pour sa femme enceinte dans un havre protestant au bord des Cvennes, Le Chambon-sur-Lignon, qui lui avait pour principe de ne fermer sa porte  personne.</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">Avons-nous tort dtre merveills par le fait que le Centre amricain de secours a contribu  la survie de Marc Chagall, Heinrich Mann, Max Ernst, Andr Breton, Franz Werfel, Andr Masson, Victor Serge, Jacques Lipchitz, Marcel Duchamp, Jean Malaquais, Lion Feuchtwanger, Max Ophuls et bien dautres &quot;grands&quot; de la culture de ce triste sicle qui sachve, pas une minute trop tt.</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">Dans <i><a href="crown1.htm">Varian Fry  Marseille</a></i>, un  futur long-mtrage documentaire (ralisation <a href="sauvage_bio.htm"> Pierre Sauvage</a> pour la <a href="chambon_foundation.htm"> Fondation Chambon</a>), Karel Sternberg, rfugi tchque qui a travaill au C.A.S., donne une premire rponse: on mesure une action par ce qui a t faitnon par ce qui na <i>pas</i> t fait. Il nest jamais possible de tout faire, et il faut tre raliste en sauvetage: seul un nombre limit de personnes peuvent prendre place sur un radeau. De plus, certaines des personnalits auxquelles Fry sest intress taient particulirement vulnrables du fait mme de leur clbritun avantage pour obtenir le visa amricain, mais encore fallait-il trouver le moyen de les faire sortir de France. Mais peut-tre faut-il surtout rappeler que si Varian Fry avait une grande conscience politique, ctait aussi quelquun qui aimait profondment les arts et la culture. Nest-il pas lgitime de commencer par sauver ceux quon aime? Cest ce que veut notamment la tradition juive, et Varian Fry deviendra aprs sa mort le premier Amricain  tre honor comme Juste Parmi les Nations par le mmorial de lholocauste  Jrusalem, Yad Vashem.</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">A Marseille, en 1940, Varian Fry avait envoy  sa mre une de ces hideuses cartes postales colories de lpoque en sexcusant et en expliquant quil lavait achete  un mutil de la guerre qui avait boit de table en table vendant ses cartes postales au restaurant o Fry dnait avec des amis. &quot;Lindiffrence avec laquelle les tre humains traitent les hros de hier me scandalise toujours. &quot;</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">Alors que toute sa vie il ne stait gure vant de ses prouesses en France en 1940-41, peu avant sa mort ce grand francophile stait dcid  solliciter des honneurs franais. Laffaire avait tran jusquau moment&nbsp;o elle avait enfin t voque devant le ministre de la Culture. Andr Malraux stait rendu au C.A.S. en 1941, refusant de partir mais confiant  Fry les bobines de son film, qui risquait lui aussi de ne pas survivre. La croix de Chevalier de la Lgion dHonneur fut le seul honneur rendu  Varian Fry de son vivant.</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">Lors du service funbre, le sculpteur Jacques Lipchitz, qui lui resta toujours dvoucontrairement  la majorit de ceux  qui Fry et sa petite bande taient venu en aideleva les yeux vers le ciel. Sadressant directement  lami disparu, il chercha  exprimer tout ce que Fry avait reprsent pour &quot;nous tous.&quot; A des moments cls de lhistoire, dira-t-il, des individus surgissent avec prcisment les qualits ncessites pour la situation. Devant les exigences de la vie ordinaire, &quot;Varian Fry tait comme un cheval de course attel  un chariot rempli de pierres.&quot;</font></p> <p style="text-indent: 35"><font face="Tahoma" size="3">Fry lui-mme avait mis dans ses papiers en 1943 et conserv toute sa vie une citation qui lui avait plu, du grand chantre amricain du potentiel humain, Ralph Waldo Emerson: &quot;There are men for whom a crisis comes graceful and beloved as a bride&quot; &quot;Il y a des hommes auxquels une crise parat aussi gracieuse et aime quune marie.&quot;</font></p> <hr> <p class="MsoNormal" align="center" style="text-align: center; line-height: 100%; text-indent: 0; word-spacing: 0; margin: 0"><font face="Times New Roman" size="3"><a href="fry.htm">[Accueil Projet Varian Fry]</a></font><font face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </font><font face="Times New Roman" size="3"><a href="index_french.html">[Accueil Fondation Chambon]</a></font><font face="Times New Roman">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </font><font face="Times New Roman" size="3"><a href="chambon.htm">[Accueil Projet Le Chambon]</a></font></p> <p class="MsoNormal" align="center" style="text-align: center; line-height: 100%; text-indent: 0; word-spacing: 0; margin-left: 0; margin-right: 0; margin-top: 3; margin-bottom: 0"><font face="Times New Roman"><a href="mailto:sauvage@chambon.org">[email</a>]&nbsp;&nbsp; <a href="contact_french.htm">[contacts</a>]&nbsp;&nbsp; [<a href="table_of_contents.htm"><font size="3">table des matires</font></a>]&nbsp;&nbsp; [<a href="search.htm">recherches</a>]&nbsp;&nbsp; [<a href="feedback.htm">commentaires?</a>]&nbsp;&nbsp; [<a href="guest.htm">visiteurs</a>]&nbsp;&nbsp; [<a href="link.htm">lier  nous?</a>]</font></p> <p class="MsoNormal" align="center" style="text-align: center; line-height: 100%; text-indent: 0; word-spacing: 0; margin-left: 0; margin-right: 0; margin-top: 3; margin-bottom: 0"><font face="Times New Roman"><font size="3"><a href="file:///E:/Webs/Content/CF/copyright.htm"> Copyright</a> 1999. Chambon Foundation. </font><font size="1">Tous droits rservs</font></font><font size="1" face="Times New Roman">.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </font><font face="Times New Roman">Revised:  <!--webbot bot="TimeStamp" s-format="%B %d, %Y" s-type="EDITED" startspan -->January 29, 2003<!--webbot bot="TimeStamp" i-checksum="31216" endspan --> </font></p> <hr>  </body>  </html> 
