<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.0 Transitional//EN"> <!-- saved from url=(0045)http://www.lemennicier.com/la_nature_de_l.htm --> <HTML><HEAD> <TITLE>La Nature de l'Etat</TITLE> <META content="text/html; charset=windows-1252" http-equiv=Content-Type> <META content="MSHTML 5.00.2314.1000" name=GENERATOR> <BGSOUND loop=infinite  src="">  <META content="tl, default" name="Microsoft Border"> </HEAD> <BODY bgColor=#000000 text=#ffffff> <TABLE border=0 cellPadding=0 cellSpacing=0 width="100%">   <TBODY>   <TR>     <TD>       <P align=center> <MARQUEE bgColor=#800000 height=19 style="COLOR: rgb(192,192,192)"        width=746 border="1">Bienvenue sur la Home Page de Bertrand Lemennicier</MARQUEE></P>       <P align=center><BR>         &nbsp;<A        href="/Micro%E9nomie/Cours/chapitre%2025/chap_25_etat_nature_etat.htm"><IMG border=0 height=50        src="/Images/cuniform.gif2.gif"    width=180></A>&nbsp;</P>       <P align=center>&nbsp;</P>     </TD></TR></TBODY></TABLE> <TABLE border=0 cellPadding=0 cellSpacing=0 width="100%">   <TBODY>    <TR>                 <TD width="16%">        <div align="center"><FONT color=#ffffff><B><A              href="/Micro%E9nomie/Cours/chapitre%2025/chap_25_etat_nature_etat.htm">Retour</A></B></FONT></div>           </TD>                <TD width="2%"><FONT color=#ffffff></FONT></TD>                <TD width="64%">        <P align=center><FONT color=#ff0000 size=6><B>La nature de lEtat</B></FONT></P>             <P align=center><FONT color=#ffffff size=4><EM>par M.Rothbard</EM></FONT></P>             <P align=center><FONT color=#ffffff size=4><B>Ethique de la libert                1991 Les Belles Lettres</B></FONT></P>           </TD>                <TD width="2%"><FONT color=#ffffff></FONT></TD>                <TD width="16%"><FONT color=#ffffff></FONT></TD>         </TR>         <TR>                 <TD vAlign=top width="16%"><FONT color=#ffffff><FONT face=Arial              size=3><BR>             </FONT></FONT></TD>                <TD width=2%><FONT color=#ffffff></FONT></TD>                <TD vAlign=top width="64%">        <P align=justify><FONT color=#ffffff>&nbsp;</FONT></P>       <P align=justify><FONT color=#ffffff>Dans cet ouvrage, nous avons jusqu'          prsent dvelopp une thorie de la libert et des Droits de proprit,          et tabli les grandes lignes du code juridique ncessaire pour dfendre          ces Droits. Que. dire du gouvernement, de lEtat&nbsp;? Quelles sont ses          fonctions propre, le cas chant&nbsp;? La plupart des gens et des thoriciens          politiques croient que reconnatre limportance, parfois vitale, dune          activit particulire de lEtat - par exemple llaboration dun systme          de lois - implique ipso facto la ncessit de lEtat lui-mme. Or, si          on ne peut nier que les hommes de l'Etat accomplissent plusieurs tches          importantes et ncessaires, de llaboration du droit  la Poste en passant          par la police, les pompiers, la construction et l'entretien des rues,          cela ne dmontre absolument pas que les hommes de l'Etat soient les seuls           pourvoir remplir ces fonctions ou mme qu'ils les remplissent  peu          prs bien.</FONT></P>             <P align=justify><FONT color=#ffffff>Imaginons plusieurs marchands                de frites dans un mme quartier. Un jour , lun dentre eux, le                dnomm Beulemans chasse tous ses concurrents par la force et donc                tablit par la violence un monopole de la vente des frites sur son                territoire. La violence de Beulemans dans l'tablissement et le                maintien de son monopole est-elle essentielle pour lapprovisionnement                du quartier en frites&nbsp;?  l'vidence, non. Car non seulement                il y avait des concurrents auparavant, non seulement on verrait                apparatre des concurrents potentiels ds que Beulemans aurait nglig                de faire usage de la violence et de l'intimidation, mais, bien plus,                la science conomique dmontre que cette entreprise, protge par                un monopole coercitif, ne rendra pas efficacement les services que                l'on en attend. Isol de la concurrence par la force, Beulemans                peut se permettre d'tre trop cher et relativement mauvais dans                loffre de ses services puisque les consommateurs nont pas dautre                choix. Et si un mouvement apparaissait pour rclamer labolition                du monopole violent impos par Beulemans, il y aurait vraiment peu                de gens pour sy opposer et prtendant que les abolitionnistes conspirent                pour priver les consommateurs des frites qu'ils aiment tant.</FONT></P>             <P align=justify><FONT color=#ffffff>Or, lEtat n'est rien d'autre                que notre Beulemans imaginaire  un niveau gigantesque et totalitaire.                Tout au long de l'histoire, des groupes dhommes, s'tant attribus                le nom de &nbsp;gouvernement&nbsp; ou d&nbsp;Etat&nbsp;, ont                tent - gnralement avec succs - d'obtenir par la violence un                monopole sur les postes de commandement de l'conomie et de la socit.                Les hommes de l'Etat se sont notamment arrogs un monopole violent                sur les services de la police et de l'arme, sur la loi, sur les                dcisions des tribunaux, sur la monnaie et le pouvoir de battre                monnaie, sur les terrains non utiliss (le &nbsp;domaine public&nbsp;),                sur les rues et les routes, sur les rivires et les eaux territoriales.                et sur les moyens de distribuer le courrier. Le contrle du sol                et des transports reprsente depuis longtemps un moyen commode pour                contrler lensemble de la socit et, dans plusieurs pays, les                routes ont d'abord t construites pour faciliter le dplacement                des troupes de lEtat. Le contrle sur la production de la monnaie                permet de garnir facilement et. rapidement les coffres des hommes                de l'Etat, lesquels font en sorte qu'aucun concurrent ne vienne                contester leur monopole dans la fabrication de fausse monnaie. Le                monopole de la Poste a longtemps fourni aux hommes de l'Etat un                bon moyen de surveiller toute forme d'opposition qui risquerait                de devenir subversive. A la plupart des poques, les hommes de l'Etat                ont aussi maintenu un contrle troit sur la religion, gnralement                en consolidant avec une Eglise d'Etat une alliance mutuellement                avantageuse, les hommes de l'Etat accordant aux prtres pouvoir                et richesse et l'Eglise enseignant  la population assujettie le                devoir divin d'obir  Csar. Maintenant que la religion a perdu                la plus grande partie du vaste pouvoir social quelle dtenait,                les hommes de lEtat consentent souvent  lui laisser la paix et                se rabattent sur des alliances moins formelles mais de mme nature                avec des intellectuels profanes. Dans un cas comme dans l'autre.                les hommes de lEtat utilisent leur contrle des instruments de                la propagande pour persuader leurs sujets d'obir  leurs dirigeants                et mme de les glorifier.</FONT></P>             <P align=justify><FONT color=#ffffff>Mais le monopole dcisif des                hommes de l'Etat demeure celui qu'ils exercent sur l'emploi de la                violence, c'est--dire leur contrle de la police. de l'arme et                des tribunaux, lieu du pouvoir ultime de dcision dans les conflits                portant sur des contrats ou des agressions. Le contrle de la police                et de l'arme joue un rle particulirement important dans l'exercice                et l'excution de tous les autres pouvoirs des hommes de l'Etat,                y compris le pouvoir essentiel de vivre par la force sur le dos                des autres.</FONT></P>             <P align=justify><FONT color=#ffffff>Car il existe un pouvoir essentiel,                insparable de la nature de l'appareil d'Etat. Si tout individu                vivant en socit ( l'exception des malfaiteurs reconnus ou occasionnels,                comme les voleurs et les &nbsp;braqueurs&nbsp; de banques) obtient                ses revenus par des mthodes volontaires, soit en vendant des biens                ou services aux consommateurs soit en recevant des dons volontaires                (legs, hritages, etc.), il n'y a que les hommes dEtat qui obtiennent                les leurs par la contrainte, en brandissant la menace d'affreuses                punitions au cas o largent ne viendrait pas. On appelle &nbsp;impt&nbsp;                cette violence, bien quelle ait port le nom de &nbsp;tribut&nbsp;                 des poques moins normalises. L'impt est un vol, purement et                simplement, mme si ce vol est commis  un niveau colossal. auquel                les criminels ordinaires noseraient prtendre. C'est la confiscation                par la violence de la proprit de leurs sujets par les hommes de                l'Etat.</FONT></P>             <P align=justify><FONT color=#ffffff>Que le lecteur sceptique tente                l'exprience trs instructive de formuler une dfinition de limpt                qui ne sapplique pas galement au vol. Tout comme le voleur, l'homme                de l'Etat exige l'argent  la pointe du fusil&nbsp;; car si le contribuable                refuse de payer, ses biens sont saisis par la force, s'il lui prend                envie de rsister  cette prdation, il sera arrt et,. s'il rsiste                toujours, abattu. Les apologistes de l'Etat, il est vrai, soutiennent                que l'impt serait, &nbsp;en fait&nbsp;, volontaire. Il suffit,                pour rfuter cette thse, de se demander ce qui arriverait si les                hommes de l'Etat renonaient  leurs impositions et se contentaient                de demander des contributions volontaires. Y a-t-il quelqu'un qui                pense vraiment que le Trsor public verrait toujours affluer des                fonds comparables aux phnomnales recettes de l'Etat actuel? Il                est probable que mme les thoriciens qui croient que les peines                n'ont pas d'effet dissuasif rpondraient que non. Le grand conomiste                Joseph Schumpeter avait raison de dire nettement que &nbsp;la thorie                qui conoit les impts comme l'analogue des cotisations  un club                ou l'achat des services d'un mdecin, par exemple, ne fait que prouver                 quel point cette branche de la science sociale est loigne des                habitudes de pense scientifiques&nbsp;.</FONT></P>             <P align=justify><FONT color=#ffffff>Il y a eu rcemment des conomistes                pour dfendre la thse de &nbsp;l'impt-en-ralit-volontaire&nbsp;,                en soutenant quil constitue un mcanisme assurant  chacun que                tout le inonde contribue  ce qui est dsir  l'unanimit. Par                exemple, on postule que tous les habitants d'une rgion souhaitent                la construction d'un barrage par les pouvoirs publics&nbsp;; or,                si X et V contribuent volontairement au financement du projet, ils                ne sont pas certains que Z et W, eux, nesquiveront pas leur responsabilit.                C'est pourquoi tous les individus, X, Y, Z W... qui veulent apporter                leur contribution au financement de louvrage s'entendent pour se                contraindre mutuellement  le faire au moyen de l'impt. Donc, impt                ne serait pas vraiment impos. C'est une thse qui fourmille d'erreurs                de raisonnement. Premirement, l'antinomie essentielle entre le                volontaire et le coercitif demeure&nbsp;: ce nest pas parce quelle                serait exerce par tous contre tous, que la coercition en deviendrait                pour autant &nbsp;volontaire&nbsp;. Deuximement, mme dans l'hypothse                o chaque individu voudrait contribuer au financement du barrage,                on na aucun moyen de s'assurer que limpt peru auprs de chacun                ne dpasse pas ce quil serait dispos  payer volontairement si                tous les autres contribuaient. Il se peut ainsi que les hommes de                lEtat aient vol 10 000 francs  Dupont alors quil n'aurait pas                t dispos  payer plus de 5 000 francs. C'est prcisment parce                que l'impt est obligatoire qu'il n'y a pas de processus garantissant                que la contribution de chacun correspondra  ce qu'il est vraiment                dispos  payer (comme cela se fait automatiquement sur le march                libre). Dans la socit libre, le consommateur qui achte volontairement                un tlviseur de 2 000 Francs dmontre par cet acte libre que le                tlviseur vaut davantage pour lui que les 2000 francs qu'il a cds                en change&nbsp;; bref le paiement des 2 000 francs est volontaire.                Ou encore, celui qui, dans la socit libre, paie une cotisation                annuelle de 1 000 francs pour adhrer  un club rvle qu'il value                les avantages de l'adhsion  au moins ce montant. Or, dans le cas                de l'impt, la soumission d'un homme  la menace de la force ne                rvle aucune prfrence libre pour ses avantages prsums. Troisimement,                largument va bien au-del de ce qu'il prouve. En effet, l'arme                du financement par limpt peut servir  augmenter l'offre de n'importe                quoi, et pas seulement les services d'un barrage. Imaginons un pays                o l'impt financerait l'Eglise catholique lui confrant sans aucun                doute une importance plus grande que ne lui permettent des contributions                volontaires. Pourrait-on soutenir que cette Eglise dEtat est &nbsp;en                fait&nbsp; volontaire, que chacun veut forcer tous les autres                 payer sa dme afin que personne ne triche avec son &nbsp;devoir&nbsp;                ? Quatrimement , la thse de limpt &nbsp;volontaire&nbsp; nest                que du mysticisme. Comment peut-on tre certain, sur la base de                pareil sophisme, que chacun &nbsp;en fait&nbsp; paie ses impts                volontairement&nbsp;? Quen est-il des gens - cologistes par exemple                - qui sopposent aux barrages par principe&nbsp;? Et que dire du                nombre croissant danarchistes dans notre socit, qui sopposent                par le principe  toute activit de lEtat&nbsp;? De quelle manire                pourrait-on faire passer leurs impts pour &nbsp;en ralit volontaires&nbsp;&nbsp;?                Le fait est que lexistence dans le pays dau moins un libertarien                ou anarchiste suffit en soi  dtruire la thse des impts prtendus                &nbsp;en ralit volontaires&nbsp;.</FONT></P>             <P align=justify><FONT color=#ffffff>On soutient galement que, dans                les Etats dmocratiques, le fait de voter ferait que le gouvernement,                ses pompes et ses oeuvres seraient bel et bien &nbsp;accepts&nbsp;.                Argument populaire qui est, une fois encore, fallacieux. Dabord,                si la majorit de la population approuvait spcifiquement toutes                les actions des hommes dEtat et chacune dentre elles, on naurait                l quune tyrannie de la majorit et non pas une suite dactions                voulues par chaque personne dans le pays. Un meurtre est un meurtre,                un vol est un vol, quils soient commis par un homme contre un autre,                ou par un groupe, ou mme par la majorit de la population dun                territoire donn. Que la majorit appuie ou cautionne le vol ne                change rien  la nature criminelle de lacte ni  la gravit de                linjustice. Autrement, nous devrions admettre, par exemple, que                les Juifs assassins par le gouvernement nazi dmocratiquement lu                nont pas t victimes de meurtre mais se sont en fait &nbsp;suicids                volontairement&nbsp; - implication grotesque mais pourtant logique,                de la doctrine qui prtend que la dmocratie tablit le consentement.                Ensuite, dans un rgime reprsentatif par opposition  une dmocratie                directe, les gens votent non pour des mesures particulires mais                pour des &nbsp;reprsentants&nbsp; qui mettent en avant des propositions                globales,  la suite de quoi lesdits &nbsp;reprsentants&nbsp;                font ce qu'ils veulent jusqu l'expiration de leur mandat. Il est                vident que ces prtendus &nbsp;reprsentants&nbsp; ne correspondent                en rien  ce qu'indique leur titre&nbsp;: dans une socit libre,                chaque mandant embauche individuellement ses propres mandataires                ou reprsentants, qu'il peut ensuite congdier  sa guise. Lysander                Spooner l'a bien crit&nbsp;:</FONT></P>                    <P align=justify><FONT color=#ffffff><i><font color="#FFFFCC">&nbsp;Ils          [les lus] ne sont ni nos employs, ni nos mandataires, ni nos reprsentants          lgaux, et pas davantage nos dlgus. [En effet] nous nassumons pas          la responsabilit de leurs actes. Si un homme est mon employ, mon mandataire          ou mon reprsentant lgal, jaccepte ncessairement dtre responsable          de tout ce quil fait dans la limite du pouvoir que je lui ait confi.          Si je lui ait confier un pouvoir sur dautres personnes que moi-mme ou          sur leurs biens, en tant que mon dlgu, que ce pouvoir soit absolu ou          trs partiel, je suis ipso facto responsable vis--vis de ces autres personnes          de tous les torts quil pourrait leur faire, aussi longtemps quil agit          dans la limite des pouvoirs que je lui ai accords. Mais il nexiste aucun          individu que les dcisions du Congrs aurait ls dans sa personne ou          sa proprit, qui puisse aller trouver les lecteurs singuliers et leur          intenter une action en responsabilit pour les actes de leurs prtendus          mandataires et dlgus. Ce fait est la preuve que ces prtendus reprsentants          du peuple, ceux de tout le monde, ne sont en ralit mandats par personne.&nbsp;</font></i></FONT></P>             <P align=justify><FONT color=#ffffff>De plus, le vote ne peut prtendre,                de par sa nature. mme, instituer le gouvernement de la majorit                et encore moins le consentement volontaire  l'Etat. Aux Etats-Unis,                par exemple, moins de 40 % des lecteurs prennent la peine daller                voter: parmi ceux-ci, il se peut que 21 % votent pour un candidat,                alors que 19% votent pour l'autre. Or, une proportion de 21 % ne                reprsente gure le rgne de la majorit et encore moins le consentement                libre de tous. (En un certain sens, et sans gard  la dmocratie                ou aux lections, la &nbsp;majorit&nbsp; soutient toujours le                gouvernement au pouvoir. Nous y reviendrons plus bas). Enfin. comment                se fait-il que les impts soient exigs de tout un chacun, que l'on                ait vot ou non et plus spcifiquement, que l'on ait. vot pour                le candidat heureux ou malheureux&nbsp;? Comment peut ou interprter                labstention ou le vote pour le candidat battu comme une approbation                des actions du gouvernement lu&nbsp;?</FONT></P>             <P align=justify><FONT color=#ffffff>Mme pour ceux qui participent                au scrutin, le fait de voter ne reprsente pas davantage un consentement                volontaire  l'Etat. Lisons Spooner&nbsp;:</FONT></P>                    <P align=justify><FONT color=#ffffff><i><font color="#FFFFCC">&nbsp;En          fait, il ny a pas de raison dinterprter le fait que les gens votent          bel et bien comme une preuve de leur approbation. Il fait au contraire          considrer que, sans quon lui ait demand son avis, un homme se trouve          encercl par les hommes dun Etat auquel il na pas le pouvoir de rsister&nbsp;;          des hommes dun Etat auquel il na pas le pouvoir de rsister&nbsp;; des          hommes dun Etat qui le forcent  verser de largent,  excuter des tches          et  renoncer  lexercice dun grand nombre de ses Droits naturels, sous          peine de lourdes punitions. Il constate aussi que les autres exercent          cette tyrannie  son gard par lutilisation quils font du bulletin de          vote. Il se rend compte ensuite que sil se sert  son tour du bulletin          en question, il a quelque chance dattnuer leur tyrannie  son endroit,          en les soumettant  la sienne. Bref, il se trouve malgr lui dans une          situation telle que sil use son bulletin de vote, il a des chances de          faire partie des matres, alors que sil ne sen sert pas il deviendra           coup sr un esclave. Il na pas dautre alternative que celle-l. Pour          se dfendre, il en choisit le premier terme. Sa situation est analogue           celle dun homme quon a men de force sur un champ de bataille, o          il doit tuer les autres sil ne veut pas tre tu lui-mme. Ce nest pas          parce quun homme cherche  prendre la vie dautrui pour sauver la sienne          au cours dune bataille quil faut en infrer que la bataille serait le          rsultat de son choix. Il en est de mme des batailles lectorales, qui          ne sont que des substituts  la guerre ouverte. Est-ce parce que sa seule          chance de sen tirer passe par lemploi du bulletin de vote quon doit          en conclure que cest un conflit o il a choisi dtre partie prenante&nbsp;?          Quil aurait de lui-mme mis en jeu ses propres Droits naturels contre          ceux des autres,  perdre ou  gagner selon la loi du nombre&nbsp;?On          ne peut douter que les plus misrables des hommes, soumis  lEtat le          plus oppressif de la terre, se serviraient du bulletin de vote si on leur          en laissait loccasion, sil pouvaient y voir la moindre chance damliorer          leur sort. Mais ce nen serait pas pour autant la preuve quils ont volontairement          mis en place les hommes de lEtat qui les opprime, ni quils lacceptent          en quoi que ce soit.&nbsp;</font></i></FONT></P>             <P align=justify><FONT color=#ffffff>Si l'impt, pay sous la contrainte,                est impossible  distinguer du vol, il sensuit que lEtat, lui                subsiste par limpt, est une vaste organisation criminelle, bien                plus considrable et efficace que nimporte quelle mafia &nbsp;prive&nbsp;                ne le fut jamais. Son caractre criminel devrait sauter aux yeux                non seulement en vertu de la thorie de linjustice et des Droits                de proprit expose dans ce livre mais aussi pour les gens ordinaires,                qui ont toujours considr que le vol tait un dlit. Comme. nous                lavons vu plus haut, le sociologue allemand Franz Oppenheimer a                bien rsum la situation en notant quil y  deux mthodes, et deux                seulement pour acqurir les biens dans la socit&nbsp;: 1) la production                et l'change volontaire avec les autres - la mthode du march libre&nbsp;;                2) l'expropriation violente de la richesse produite par autrui.                Cette dernire mthode est celle de la violence et du vol. La premire                est  l'avantage de toutes les parties en cause; la seconde profite                 la bande ou  la classe des pillards aux dpens de leurs victimes.                Non sans pertinence, Oppenheimer appelle &nbsp;moyens conomiques&nbsp;                la premire mthode dobtention de la richesse et &nbsp;moyens                politiques&nbsp; la seconde. Il dfinit ensuite brillamment                lEtat comme &nbsp;l'organisation des moyens politiques&nbsp;.</FONT></P>             <P align=justify><FONT color=#ffffff>On ne trouve nulle part une dfinition                plus forte ni plus lumineuse de l'essence criminelle de lEtat que                dans ce passage de Lysander Spooner&nbsp;:</FONT></P>                    <P align=justify><FONT color=#ffffff>&nbsp;<i><font color="#FFFFCC">&nbsp;Il          est vrai que daprs la thorie de notre Constitution, tous les impts          seraient verss volontairement&nbsp;; que notre Etat serait une compagnie          dassurances mutuelle, rsultant de contrats que les gens auraient volontairement          passs les uns avec es autres...</font></i></FONT></P>       <P align=justify><font color="#FFFFCC"><i>Cette thorie de lEtat na cependant          rien  voir avec la ralit pratique. Le fait est que les hommes de lEtat,          tout comme un bandit de grand chemin, vont trouver les gens pour leur          dire &nbsp;la bourse ou la vie&nbsp;. Et cest sous la menace de cette          violence que lon paie un grand nombre dimpts, sinon la plupart dentre          eux.</i></font></P>       <P align=justify><font color="#FFFFCC"><i>Il est de fait que les hommes          de lEtat ne se mettent pas en embuscade sur le bord des routes isoles          pour sauter sur un quidam, lui coller un pistolet sur la tempe et se mettre           lui faire les poches. Mais le vol  main arme nen est pas moins un          vol  main arme, et il est bien plus ignoble et honteux.</i></font></P>       <P align=justify><font color="#FFFFCC"><i>Le bandit assume seul pour lui-mme          la responsabilit, le danger et la nature criminelle de son acte. Il ne          prtend pas avoir un &nbsp;Droit&nbsp; lgitime sur votre argent, ni          quil entend le dpenser pour votre bien. Il ne cherche pas  se faire          passer pour autre chose quun voleur. Il na pas assez dimpudence en          rserve pour prtendre seulement tre &nbsp;protecteur&nbsp;, ni quil          ne sempare de largent des gens contre leur volont que pour avoir les          moyens de &nbsp;protger&nbsp; ces voyageurs inconscients, qui se sentent          parfaitement capables de se protger eux-mmes ou qui napprcient pas          son mode particulier de protection. Il est bien trop sens pour oser faire          des dclarations de cette espce. En plus, une fois quil a pris votre          argent, il vous laisse tranquille, ce que vous souhaitez de lui. Il ne          persiste pas  vous suivre malgr vous tout au long de la route, avec          lide quil serait votre &nbsp;souverain&nbsp; de plein Droit, du fait          de la &nbsp;protection&nbsp; quil vous procure. Il ne pousse pas ladite          &nbsp;protection&nbsp; jusqu' vous ordonner de vous prosterner et de          le servir&nbsp;; vous demandant de faire ceci, vous interdisant de faire          cela. Vous volant toujours davantage dargent, aussi souvent quil le          trouve conforme  son intrt ou  son bon plaisir&nbsp;; en vous traitant          de rebelle, de tratre et dennemi de votre patrie, et en vous fusillant          sans merci si vous contestez son autorit ou rsistez  ses exigences.          Cest un homme bien trop droit pour se rendre coupable de telles impostures,          de tels affronts et de telles vilenies. Bref, il nessaie pas, en plus          de vous avoir vol, de faire de vous sa dupe et son esclave.&nbsp;</i></font></P>                    <P align=justify><FONT color=#ffffff>&nbsp;</FONT><FONT color=#ffffff>Il          est instructif de se demander pourquoi les hommes de l'Etat au contraire          du brigand ordinaire, ne manquent jamais de s'envelopper dans un discours          de lgitimit, pourquoi il faut quils se laissent aller  toutes les          hypocrisies exposes par Spooner. La rponse est que le brigand n'est          pas un membre visible, permanent, lgal ou accept de la socit, et encore          moins un personnage en vue. Il doit toujours chercher  chapper  ses          victimes ou aux hommes de l'Etat eux-mmes. Or, l'Etat, lui, n'est pas,          comme les autres bandes de brigands, trait comme une organisation criminelle          bien au contraire, ses protgs occupent gnralement des positions de          haut rang dans la socit. Ce statut permet aux hommes de l'Etat de se          faire entretenir par leurs victimes tout en obtenant le soutien de la          majorit d'entre elles ou, du moins, leur rsignation devant l'exploitation          dont elles sont victimes. Et la fonction des valets et allis idologiques          des hommes de l'Etat est prcisment de faire croire  la population que          le roi nest pas tout nu. Autrement dit, il revient aux idologues dexpliquer          comment, alors qu'un vol commis par une personne ou un groupe ordinaire          est mauvais et criminel, la mme action commise par les hommes de l'Etat          n'est plus du vol mais participe d'une activit lgitime et mme vaguement          sanctifie qui est dite &nbsp;prlvement obligatoire&nbsp;. Il leur          revient d'accrditer l'ide quun meurtre commis par une ou plusieurs          personnes ou par des groupes est une action mauvaise qui doit tre punie,          mais que lorsque ce sont les hommes de l'Etat qui tuent, il ne s'agt          pas dassassinat mais d'une activit admirable que l'on connat sous le          nom de &nbsp;guerre&nbsp; ou de &nbsp;maintien de l'ordre intrieur&nbsp;.          Ils doivent expliquer que si l'enlvement et l'esclavage sont mauvais          et que la loi doit les interdire quand ils sont le fait d'individus ou          de groupes privs, quand,  linverse, ce sont les hommes de lEtat qui          commettent de tels actes il ne s'agit pas d'enlvement ni desclavage          mais de &nbsp;service militaire&nbsp; devenu ncessaire au bien commun          voire conforme aux injonctions de la morale elle mme. Les idologues          de ltatisme ont pour fonction de tisser les faux habits de l'empereur,          de faire admettre  la population un systme de deux poids et deux mesures,          vu que lorsque les hommes de l'Etat commettent le pire des crimes, en          fait ce n'en est pas un, mais quelque chose d'autre, qui est ncessaire,          juste, vital et mme -  d'autres poques - conforme  la volont mme          de Dieu. Le succs immmorial de ces chiens de garde idologiques de l'Etat          dans leur entreprise reprsente peut-tre la plus grande supercherie de          lhistoire de l'humanit.</FONT></P>             <P align=justify><FONT color=#ffffff>L'idologie  toujours t essentielle                 la survie de l'Etat comme le montre son utilisation systmatique                depuis les anciens empires d'Orient. Bien sr, le contenu de l'idologie                varie selon les poques, les conditions et les cultures. Dans le                despotisme oriental, lEglise officielle considrait souvent l'Empereur                comme un dieu;  notre poque plus profane, l'argument est devenu                celui de l&nbsp;intrt gnral&nbsp; ou du &nbsp;bien public&nbsp;.                Mais le but est toujours le mme convaincre la population que lEtat                ne reprsente pas, comme on serait port  le croire, la criminalit                sur une chelle gigantesque, mais plutt quelque chose de ncessaire                et de vital qui mrite soutien et obissance. Si l'Etat prouve                un tel besoin d'idologie c'est qu'il se fonde toujours, en dfinitive,                sur lappui de la majorit de la population, qu'il soit &nbsp;dmocratie&nbsp;,                dictature ou monarchie absolue. Cet appui n'est rien d'autre que                l'acceptation du systme par la majorit (et non pas, rptons-le,                par chaque individu), qui consent  payer l'impt,  se battre sans                trop rechigner dans les guerres voulues par les hommes de l'Etat,                 se soumettre  leurs rglementations et dcrets. Point n'est besoin                d'un enthousiasme actif pour garantir l'efficacit de cet appui,                la rsignation passive suffit. Mais l'appui est ncessaire. Car                si la population tait vraiment persuade que l'Etat est illgitime,                quil nest ni plus ni moins qu'une immense bande de gangsters,                il s'effondrerait rapidement et ne serait rien de plus qu'une mafia                parmi d'autres. D'o la ncessit des idologues stipendis par                les hommes de l'Etat et aussi de la complicit sculaire avec les                intellectuels de Cour qui ressassent l'apologie de la domination                tatique. </FONT></P>             <P align=justify><FONT color=#ffffff>Dans son <I>Discours de la servitude                volontaire</I>, Etienne de la Botie fut au XVIe sicle le premier                thoricien politique des temps modernes  observer que tout Etat                repose sur le consentement de la majorit. Il constata que l'Etat                tyrannique est toujours compos d'une minorit de la population                et que, par consquent, le maintien de son despotisme repose forcment                sur la reconnaissance de sa lgitimit par la majorit exploite,                sur ce que l'on appellera plus tard &nbsp;lingnierie du consentement&nbsp;.                Deux cents ans aprs, David Hume - bien qu'il ne ft gure libertarien                - proposa une analyse similaire. Rpliquera-t-on que l'efficacit                des armes modernes permet  une force minoritaire de maintenir continuellement                sous sa coupe une majorit hostile&nbsp;? C'est ignorer le fait                que ces armes peuvent tre aussi entre les mains de la majorit,                et que les forces armes de la minorit peuvent se mutiner et prendre                parti pour la foule.</FONT></P>             <P align=justify><FONT color=#ffffff>Ainsi le besoin continuel d'une                idologie convaincante a toujours incit les hommes de lEtat                 mettre sous leur coupe les intellectuels qui font lopinion. Aux                poques antrieures, les intellectuels taient les prtres, dou                notre remarque sur la trs vieille alliance entre le Trne et l'Autel,                entre lEglise et l'Etat. De nos jours, les conomistes &nbsp;scientifiques&nbsp;                et &nbsp;positifs&nbsp; et les &nbsp;conseillers  la scurit                nationale&nbsp;, notamment, jouent un rle idologique semblable                au service du pouvoir des hommes de l'Etat.</FONT></P>             <P align=justify><FONT color=#ffffff>Dans le monde moderne - o une                Eglise d'Etat n'est plus possible -, il est particulirement important                pour les hommes de lEtat de s'assurer le contrle de l'ducation                afin de faonner l'esprit de leurs sujets. Non seulement ils influencent                l'Universit par leurs nombreuses subventions ainsi que les institutions                qu'ils y possdent, mais ils contrlent aussi l'ducation primaire                et Secondaire grce a l'institution universelle de l'cole publique,                aux procdures d'agrment ou contrats dassociation imposes aux                coles prives,  l'obligation scolaire, etc. Ajoutons  cela le                contrle  peu prs total des hommes de l'Etat sur la radio et la                tlvision - soit par la proprit tatique pure et simple comme                dans la plupart des pays soit, comme aux Etats-Unis, par la nationalisation                des ondes et le systme des autorisations d'mettre octroyes par                un organisme fdral pour rgenter le Droit d'utiliser les frquences                et autres canaux de l'espace hertzien.</FONT></P>             <P align=justify><FONT color=#ffffff>Ainsi, les hommes de l'Etat violent-ils                ncessairement, de par leur nature mme, les lois morales gnralement                admises et respectes par la plupart des gens, qui conviennent du                caractre injuste et criminel du meurtre et du vol. Les coutumes,                les rgles et les lois de toutes les socits condamnent ces actes.                Malgr sa puissance sculaire, lEtat est donc toujours moralement                en sursis. Il importe donc d'clairer la population sur la vraie                nature de l'Etat, de lamener  prendre conscience que les hommes                de l'Etat transgressent les prohibitions communes contre le vol                et le meurtre, quils violent ncessairement les rgles communes                du Droit pnal et de la morale.</FONT></P>             <P align=justify><FONT color=#ffffff>Nous avons bien vu que les hommes                de lEtat ont besoin des intellectuels mais pourquoi les intellectuels                ont-ils besoin des hommes de l'Etat&nbsp;? En termes clairs, c'est                parce que les intellectuels, dont les services correspondent rarement                 une demande imprieuse de la masse des consommateurs, trouvent                pour leurs talents un &nbsp;march&nbsp; mieux assur auprs des                hommes de lEtat. Ces derniers peuvent leur accorder un pouvoir,                un statut et des revenus qu'ils sont gnralement incapables de                se procurer par l'change volontaire. Au cours des sicles, un grand                nombre d'intellectuels (pas tous, cependant) ont recherch le Pouvoir,                la ralisation de lidal platonicien du &nbsp;philosophe-roi&nbsp;.                Entendez le cri du coeur pouss par le professeur Needham, grand                rudit marxiste, sinscrivant en faux contre la verte critique que                Karl Wittfogel faisait de lalliance entre l'Etat et les intellectuels                dans le despotisme oriental&nbsp;: &nbsp;Cette civilisation                attaque si prement par le professeur Wittfogel donnait des postes                de fonctionnaires  des potes et  des savants.&nbsp;                Needham ajoute quau cours des poques successives, les empereurs                [chinois] furent servis par un grand corps de savants profondment                humanistes et dsintresss.&nbsp; Aux yeux du professeur Needham,                cela justifie sans doute l'crasant despotisme de lancien Orient.</FONT></P>             <P align=justify><FONT color=#ffffff>Mais point n'est besoin de revenir                en arrire jusqu' l'Orient antique ni mme aux professeurs de l'Universit                de Berlin qui, au XIXe sicle, proclamaient leur intention de se                constituer en &nbsp;'gardes du corps intellectuels de la maison                des Hohenzollern&nbsp;... Dans lAmrique d'aujourd'hui, nous avons                un politologue bien connu, le professeur Richard Neustadt, qui acclame                le prsident des Etats-Unis comme &nbsp;le seul symbole d'apparence                monarchique de lUnion&nbsp;. Voici un conseiller  la scurit                nationale, Townsend Hoopes, qui crit que &nbsp;dans notre systme                constitutionnel, le peuple ne peut se tourner que vers le Prsident                pour dfinir notre problme de politique trangre ainsi que les                programmes nationaux et les sacrifices qui y apporteront des solutions                effectives&nbsp;. Nous avons aussi lcho qu'en renvoie Richard                Nixon, dfinissant son rle  la veille de son lection  la prsidence&nbsp;:                &nbsp;[Le Prsident] doit articuler les valeurs de la Nation, dfinir                ses objectifs et organiser sa volont.&nbsp; Dans la conception                de Nixon, on retrouve l'ide obsdante formule par l'universitaire                Ernst Huber, dans le contexte de la Loi constitutionnelle du Grand                Reich allemand des annes trente. Le chef dEtat, crivait Huber,                &nbsp;tablit les grands objectifs  atteindre et planifie lemploi                de tous les pouvoirs de la Nation pour la ralisation des objectifs                communs[...] il donne  la vie nationale son vrai but et sa vraie                valeur.&nbsp;</FONT></P>             <P align=justify><FONT color=#ffffff>Les hommes de lEtat constituent                donc une organisation criminelle qui subsiste grce  un systme                permanent d'imposition-pillage  grande chelle et qui oprent impunment                en se mnageant l'appui de la majorit (et non, rptons-le, de                tout un chacun) par une alliance avec un groupe d'intellectuels                faiseurs d'opinion, qu'ils rcompensent par une participation                 l'exercice de leur pouvoir et au partage de leur butin. Mais on                doit examiner un autre aspect crucialement important de l'Etat,                c'est l'ide implicite selon laquelle l'appareil d'Etat serait le                propritaire lgitime du territoire sur lequel il exerce sa juridiction.                Autrement dit, les hommes de l'Etat s'arrogent un monopole de la                force, du pouvoir de dcision ultime, sur un territoire donn -                plus ou moins grand selon les circonstances historiques et selon                ce qu'ils ont pu arracher aux autres Etats. Or, c'est uniquement                s'il tait vrai que les hommes de 'Etat sont propritaires de leur                territoire, qu'on pourrait dire qu'ils ont le Droit d'imposer des                rgles  ceux qui ont dcid dy vivre. Les hommes de l'Etat seraient                fonds  confisquer ou contrler la proprit prive pour cette                bonne raison qu'il n'y en aurait pas d'autre que la leur, tant                eux-mmes propritaires exclusifs de la totalit du territoire.                Et dans la mesure o les hommes de l'Etat laissent leurs sujets                libres de quitter le territoire, on peut dire qu'ils se comportent                tout simplement comme un propritaire tablissant des rgles pour                ceux qui vivent chez lui. (Telle semble tre la seule justification                du fruste slogan&nbsp;: L'Amrique, on l'aime ou on la quitte&nbsp;,                ainsi que de la grande importance gnralement accorde au Droit                d'migrer). Bref, cette doctrine fait des hommes de lEtat l'quivalent                d'un roi mdival, d'un suzerain qui, du moins en thorie, tait                propritaire de toutes les terres de son domaine. Le fait que les                nouvelles ressources ou celles qui n'appartiennent  personne -                terres vierges ou lacs - sont revendiques par les hommes de l'Etat                comme leur proprit constitue une manifestation de cette thorie                implicite.</FONT></P>             <P align=justify><FONT color=#ffffff>Or, la thorie de la premire                mise en valeur que nous avons esquisse plus haut suffit  dtruire                ce genre de prtentions de lappareil tatique. En vertu de quel                Droit dans ce bas monde les criminels de lEtat revendiquent-ils                la proprit du territoire qui leur est soumis&nbsp;? Il est dj                assez scandaleux qu'ils. aient accapar le contrle ultime des dcisions                 lintrieur du territoire, en vertu de quoi le territoire tout                entier leur appartiendrait-il en propre&nbsp;?</FONT></P>             <P align=justify><FONT color=#ffffff>L'Etat se dfinit donc comme                une organisation caractrise par l'une ou l'autre des proprits                suivantes ou (comme c'est presque toujours le cas dans la ralit)                par les deux  la fois&nbsp;: 1) il obtient ses revenus par la violence                physique, c'est--dire par l'impt&nbsp;; 2) il acquiert un monopole                coercitif de la force et du pouvoir ultime de dcision dans un territoire                donn. Chacune de ces deux activits essentielles des hommes de                lEtat constitue en soi une agression criminelle et une prdation                des Droits lgitimes de proprit de leurs sujets (y compris du                Droit de proprit sur soi). En effet, la premire institue le vol                 main arme sur une grande chelle, alors. que la seconde interdit                la libre concurrence des producteurs de scurit et de dcision                 lintrieur du territoire - elle interdit l'achat et la vente                libres des services policiers et judiciaires. Elle est donc tout                 fait juste, la critique cinglante du thoricien libertarien Albert                Jay Nock&nbsp;: &nbsp;LEtat revendique et exerce le monopole du                crime&nbsp; dans un territoire donn, il &nbsp;interdit les assassinats                privs mais il organise lui-mme le meurtre sur une chelle colossale.                Il punit le vol priv, mais il met la main sans scrupule sur tout                Ce qu'il veut, que ce soit la proprit des citoyens ou celle des                trangers.&nbsp;</FONT></P>             <P align=justify><FONT color=#ffffff>Insistons sur le fait que les                hommes de lEtat n'emploient pas seulement la violence pour s assurer                leurs revenus, embaucher des propagandistes au service de l'extension                de leur pouvoir, et pour imploser par la force leur monopole sur                des services vitaux comme la protection policire, les pompiers,                les transports ou la Poste. Ils dirigent aussi plusieurs autres                activits dont aucune ne peut prtendre tre au service des consommateurs.                Leur monopole de la force leur sert  tablir, selon les termes                de Nock, &nbsp;un monopole du crime.&nbsp; - c'est--dire  contrler,                rglementer et soumettre  la coercition leurs malheureux sujets.                Ils vont souvent jusqu' contrler leur moralit et leur vie quotidienne.                Les recettes qu'ils ont prises par la force, les hommes de l'Etat                les utilisent non seulement pour monopoliser et produire inefficacement                des services qui sont par ailleurs utiles  la population, mais                aussi pour accrotre leur propre pouvoir au dtriment de leurs sujets,                qu'ils exploitent et harclent&nbsp;: ils redistribuent  eux-mmes                et  leurs sides le revenu et la richesse de la population, ils                contrlent les habitants de leur territoire, leur donnent des ordres                et les soumettent  la contrainte. Dans une socit vraiment libre,                une socit o les Droits de la personne et de la proprit seraient                protgs, l'Etat ne pourrait donc que cesser d'exister. Disparatraient                avec lui la myriade de ses activits d'intrusion et d'agression                et son norme prdation des Droits de la personne et de la proprit.                Au mme moment, les vrais services, quil russit si mal  produire,                seraient ouverts  la libre concurrence selon ce que les consommateurs                individuels sont volontairement prts  payer.</FONT></P>                    <P align=justify><FONT color=#ffffff>Le ridicule achev du conservateur          moyen appelant les hommes de l'Etat  faire respecter sa dfinition personnelle          de la morale (par exemple pour interdire la pornographie, sous prtexte          d'immoralit) apparat ainsi en pleine lumire. Sans parler des autres          arguments difficiles  rfuter qui condamnent toute morale impose (aucun          acte qui n'est pas librement choisi ne peut tre tenu pour vertueux),          il est  coup sr grotesque de confier la moralit publique au groupe          de malfaiteurs le plus dangereux de la socit, cest--dire les hommes          de l'Etat.</FONT></P>       <P align=justify><!-- eStat -->          <script language="JavaScript"> <!-- var _UJS=0; //--> </script>         <script language="JavaScript" src="http://perso.estat.com/js/m.js"></script>         <script language="JavaScript"> <!-- if(_UJS) _estat('235035149444','Page_D_Accueil','Accueil'); //--> </script>         <!-- /eStat --></P>           </TD>                <TD width=2%><FONT color=#ffffff></FONT></TD>                <TD bgColor=#000000 vAlign=top width="16%">        <p>&nbsp;</p>       <p align="center"><FONT color=#ffffff><IMG height=183              src="/de%20l'Etat/rothbard.jpg" width=135> </FONT> </p>       <P align=center><FONT        color=#ffffff>&nbsp;</FONT></P>           </TD>         </TR>         </TBODY>        </TABLE>         </BODY></HTML> 
