<html>  <head> <meta name="GENERATOR" content="Microsoft FrontPage 5.0"> <meta name="ProgId" content="FrontPage.Editor.Document"> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=windows-1252"> <title>Le Monde du 13 janvier 2001</title> </head>  <body topmargin="0" leftmargin="0">  <p> <map name="Map5">   <area shape="rect" coords="60, 9, 326, 57" href="../accueil_fitou.html">   <area shape="rect" coords="455, 105, 556, 129" href="Presse(liste).pdf">   <area shape="rect" coords="441, 81, 548, 105" href="../page_presse.html"> </map> <img src="../new_images/haut_presse1.jpg" usemap="#Map5" border="0" width="999" height="131"></p> <table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" style="border-collapse: collapse" bordercolor="#111111" width="100%">   <tr>     <td width="21%" valign="top">&nbsp;</td>     <td width="79%" valign="top">          <p><font size="5" face="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#003366">La            travers&eacute;e de l&acute;Atlantique </font></p>         <p><font color="#003366" face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><i><b>Le            Monde</b></i> du 13 janvier 2001 </font> </p>         <p align="justify"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#003366"><b>FAUT-IL            AVOIR</b> peur que la crise annonc&eacute;e aux Etats-Unis ne traverse            l&acute;Atlantique ? Parfois, l&acute;appr&eacute;ciation de l&acute;euro            et la baisse du prix du p&eacute;trole sont invoqu&eacute;es comme moteur            de la croissance europ&eacute;enne &agrave; venir. Parfois, le ralentissement            de l&acute;&eacute;conomie am&eacute;ricaine est consid&eacute;r&eacute;            comme une mauvaise nouvelle pour l&acute;activit&eacute; &eacute;conomique            en Europe. C&acute;est &agrave; en perdre son latin, car, bien s&ucirc;r,            ces &eacute;volutions sont &eacute;troitement li&eacute;es. Comment            pourraient-elles &ecirc;tre simultan&eacute;ment bonnes et mauvaises            ? Essayons d&acute;y voir clair.<br>           La crainte d&acute;une contagion &agrave; l&acute;Europe de la r&eacute;cession            am&eacute;ricaine est fond&eacute;e sur la th&eacute;orie dite de &quot;            la locomotive &quot; : la croissance en un pays, surtout en un grand            pays, parce qu&acute;elle conduit &agrave; une augmentation de ses importations,            entra&icirc;ne celle des autres pays. La th&egrave;se est tellement            lumineuse par sa simplicit&eacute; qu&acute;elle est tenue pour vraie            en d&eacute;pit de son inspiration keyn&eacute;sienne &agrave; un moment            o&ugrave; l&acute;air du temps n&acute;est pas favorable &agrave; cette            doctrine. Selon cette th&egrave;se, les Etats-Unis auraient entra&icirc;n&eacute;            dans leur sillage le reste du monde. Le d&eacute;ficit croissant des            &eacute;changes ext&eacute;rieurs outre-Atlantique dans les ann&eacute;es            1990 est le t&eacute;moin de cette transmission positive de la conjoncture            am&eacute;ricaine. Encore fallait-il que le moteur de la croissance            aux Etats-Unis soit de grande puissance, pour non seulement que ce pays            connaisse ses meilleures performances de l&acute;apr&egrave;s-guerre            mais qu&acute;il &quot; tire &quot; le reste du monde. Quels en &eacute;taient            les ressorts internes ? Les r&eacute;ponses &agrave; cette question            sont elles aussi assez convenues : Alan Greenspan ; un accord politique            de r&eacute;duction du d&eacute;ficit budg&eacute;taire ; les nouvelles            technologies de l&acute;information et de la communication ; la flexibilit&eacute;            du march&eacute; du travail. Elles renvoient &agrave; ce que beaucoup            consid&egrave;rent comme nos manques, en m&ecirc;me temps qu&acute;&agrave;            ce que nous esp&eacute;rons de l&acute;avenir. Ainsi serions-nous fond&eacute;s            &agrave; penser que le ralentissement ou, pis, l&acute;arr&ecirc;t du            moteur am&eacute;ricain aura forc&eacute;ment des r&eacute;percussions            n&eacute;gatives sur la croissance europ&eacute;enne.<br>           La th&egrave;se est de bon sens, mais, comme le soulignait Oppenheimer,            &quot; le bon sens a tort s&acute;il nous conduit &agrave; penser que            ce qui nous est familier devrait n&eacute;cessairement r&eacute;appara&icirc;tre            dans ce qui ne l&acute;est pas et s&acute;il nous fait esp&eacute;rer            que chaque pays visit&eacute; devrait ressembler au pr&eacute;c&eacute;dent            &quot;.</font></p>         <p align="justify"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#003366">Depuis au moins le d&eacute;but des ann&eacute;es 1980, la relation            entre taux de croissance de part et d&acute;autre de l&acute;Atlantique            a &eacute;t&eacute; tout sauf m&eacute;canique. On pourrait m&ecirc;me            y lire une transmission n&eacute;gative des conjonctures. La forte croissance            am&eacute;ricaine des ann&eacute;es 1982-1986 a co&iuml;ncid&eacute;            avec un marasme certain en Europe. Et il en est de m&ecirc;me de la            p&eacute;riode 1992-1997. Sauf &agrave; tenter de sauver la &quot; th&eacute;orie            de la locomotive &quot; en affirmant qu&acute;il faut entre quatre et            six ans pour que les bonnes nouvelles traversent l&acute;Atlantique            (mais alors ce n&acute;est qu&acute;en 2004 qu&acute;il faudrait s&acute;inqui&eacute;ter            des cons&eacute;quences des mauvaises nouvelles pr&eacute;sentes), il            vaut mieux se rendre &agrave; l&acute;&eacute;vidence d&acute;une d&eacute;synchronisation            des cycles de croissance depuis au moins vingt ans.<br>           Le paradoxe apparent est que le ralentissement am&eacute;ricain devrait            avoir des effets expansionnistes en Europe. Le paradoxe n&acute;est            qu&acute;apparent parce que, dans une tentative de reconstruction de            la th&eacute;orie des &eacute;conomies ouvertes (The Slump in Europe,            Reconstructing Open Economic Theory, Basil Blackwell, 1988), j&acute;ai            montr&eacute;, avec Edmund Phelps, que la transmission m&eacute;canique            des conjonctures pouvait &ecirc;tre plus que compens&eacute;e par d&acute;autres            effets transitant par d&acute;autres march&eacute;s que celui des biens            et services, les march&eacute;s obligataires et du cr&eacute;dit, les            march&eacute;s des changes, et ceux des mati&egrave;res premi&egrave;res            notamment. La baisse du rythme de croissance de l&acute;investissement            aux Etats-Unis r&eacute;duit le pr&eacute;l&egrave;vement de ce pays            sur l&acute;&eacute;pargne mondiale, ce qui devrait conduire &agrave;            une baisse potentielle des taux d&acute;int&eacute;r&ecirc;t longs ;            potentielle parce qu&acute;il se pourrait bien que d&acute;autres r&eacute;gions            en profitent pour investir davantage, et donc acc&eacute;l&eacute;rer            leur croissance. <br>           La globalisation des march&eacute;s de capitaux permet en effet une            r&eacute;allocation rapide de l&acute;&eacute;pargne mondiale. Cet effet            est magnifi&eacute; par les anticipations des march&eacute;s sur les            taux de change. Les premiers indices clairs de ralentissement aux Etats-Unis            ont d&eacute;j&agrave; conduit &agrave; une d&eacute;pr&eacute;ciation            du dollar, et surtout &agrave; une anticipation de la poursuite de cette            d&eacute;pr&eacute;ciation. Et il faut convenir qu&acute;il est &eacute;videmment            pr&eacute;f&eacute;rable de d&eacute;tenir son &eacute;pargne en une            monnaie dont on anticipe l&acute;appr&eacute;ciation (l&acute;euro)            plut&ocirc;t que l&acute;inverse.<br>           D&acute;autre part, l&acute;appr&eacute;ciation effective de l&acute;euro            r&eacute;duit les tensions inflationnistes en Europe et accro&icirc;t            significativement les marges de man&#156;uvre de la politique mon&eacute;taire,            d&acute;autant que l&acute;on ne peut qu&acute;anticiper la poursuite            de la baisse des taux courts aux Etats-Unis. Enfin, la baisse de la            croissance am&eacute;ricaine affecte le prix des mati&egrave;res premi&egrave;res,            notamment celui du p&eacute;trole, ce qui r&eacute;duit &agrave; la            fois les risques d&acute;inflation et les co&ucirc;ts des entreprises,            et augmente le pouvoir d&acute;achat des m&eacute;nages.<br>           Un troisi&egrave;me effet est li&eacute; au comportement strat&eacute;gique            des entreprises. La baisse des taux longs (et courts) d&acute;int&eacute;r&ecirc;t            leur permet de r&eacute;duire leurs marges de profit pour investir en            un certain nombre d&acute;actifs immat&eacute;riels, tels que leur part            de march&eacute;, la qualification de leurs travailleurs, la recherche            et d&eacute;veloppement etc. Si, par exemple, une r&eacute;duction de            ses marges &eacute;quivaut pour une entreprise &agrave; renoncer &agrave;            des profits pr&eacute;sents, elle lui permet, en contrepartie, d&acute;attirer            une client&egrave;le suppl&eacute;mentaire du fait d&acute;un meilleur            rapport qualit&eacute;-prix. C&acute;est un investissement que l&acute;entreprise            r&eacute;alise dans sa part de march&eacute; future, et dont le rendement            est d&acute;autant plus &eacute;lev&eacute; que le taux d&acute;int&eacute;r&ecirc;t            est bas.           </font> </p>         <p align="justify"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#003366">           <b>MIM&Eacute;TISME</b><br>           A une &eacute;poque o&ugrave; les march&eacute;s financiers ont valoris&eacute;            avec de tels exc&egrave;s les client&egrave;les d&acute;entreprises            (par exemple, le nombre d&acute;abonn&eacute;s au t&eacute;l&eacute;phone),            on comprend intuitivement &agrave; quel point un tel investissement            peut &ecirc;tre rentable. Pour des raisons du m&ecirc;me ordre, l&acute;appr&eacute;ciation            de l&acute;euro incite les entreprises europ&eacute;ennes &agrave; resserrer            leurs marges pour r&eacute;pondre &agrave; l&acute;intensification de            la concurrence &eacute;trang&egrave;re que cette appr&eacute;ciation            implique, c&acute;est-&agrave;-dire pour d&eacute;fendre leur part de            march&eacute;. Or une baisse des marges des entreprises a le m&ecirc;me            effet positif sur la croissance, notamment celle de l&acute;emploi,            qu&acute;une baisse des co&ucirc;ts, lorsqu&acute;elle n&acute;est pas            r&eacute;action &agrave; une mauvaise conjoncture, mais le moyen d&acute;un            investissement sur l&acute;avenir. C&acute;est l&agrave; aussi une conclusion            que l&acute;exp&eacute;rience surtout r&eacute;cente des march&eacute;s            financiers nous permet de mieux comprendre : nombre d&acute;entreprises            ont vu leur cours boursier s&acute;accro&icirc;tre, alors m&ecirc;me            que leurs marges pr&eacute;sentes (c&acute;est-&agrave;-dire leurs profits)            &eacute;taient n&eacute;gatives.<br>           Certes, il demeure l&acute;inqui&eacute;tude d&acute;une contagion des            &eacute;volutions boursi&egrave;res de part et d&acute;autre de l&acute;Atlantique,            les places financi&egrave;res semblant beaucoup plus solidaires que            les taux de croissance. Mais, en toute logique, un tel mim&eacute;tisme            ne devrait &ecirc;tre, s&acute;il se produisait, que de court terme,            car, d&acute;une part, les sur&eacute;valuations boursi&egrave;res n&acute;ont            pas &eacute;t&eacute; de m&ecirc;me ampleur en Europe et &agrave; Wall            Street et, d&acute;autre part, l&acute;appr&eacute;ciation de l&acute;euro            est, notamment, la cons&eacute;quence d&acute;une inversion des flux            de capitaux au profit de l&acute;Europe. Si les capitaux retraversent            l&acute;Atlantique, c&acute;est bien pour s&acute;investir quelque part.            <br>           Il faudrait vraiment que les politiques &eacute;conomiques deviennent            particuli&egrave;rement maladroites pour que notre r&eacute;gion manque            cette occasion d&acute;une acc&eacute;l&eacute;ration non inflationniste            de la croissance, alors m&ecirc;me que les moteurs internes de l&acute;Europe            sont d&eacute;j&agrave; allum&eacute;s. Le pire n&acute;est pas toujours            certain, et il me semble m&ecirc;me qu&acute;il est des plus improbable.           </font> </p>         &nbsp;</td>   </tr>   <tr>     <td width="21%">&nbsp;</td>     <td width="79%">     <p align="center"><font face="Arial, Helvetica, sans-serif" size="2" color="#003366"><a href="#1"><b>     <font color="#003366">Haut</font></b></a></font></td>   </tr> </table> <p> <map name="Map6">   <area shape="rect" coords="6,1,83,26" href="../contact.html"> </map> <img src="../new_images/bandau_bas_fitou.jpg" usemap="#Map6" border="0" width="997" height="31"></p>  </body>  </html> 
