<html>  <head> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> <meta name="GENERATOR" content="Microsoft FrontPage Express 2.0"> <title>Impact sur la culture dentreprise et sur le management des nouvelles Technologies de linformation et de la communication</title> </head>  <body>  <p><font size="4" face="Verdana"><i>Impact sur la culture d&#146;entreprise et sur le management des nouvelles Technologies de l&#146;information et de la communication</i></font></p>  <p><font size="2" face="Verdana">Franois RGNIER</font></p>  <p><font size="2" face="Verdana"><b><i>&quot;&nbsp;L&#146;information, c&#146;est le sang de l&#146;entreprise&nbsp;&quot;&#133;</i></b> Une mtaphore si colore serait-elle la devise d&#146;une grande entreprise franaise&nbsp;? Cette question simple, pose  un groupe d&#146;tudiants de l&#146;Institut d&#146;Administration des Entreprises, les a rempli d&#146;une grande perplexit. En ralit, la devise est celle du Groupe japonais Mitsui. Au Japon, Mitsui reprsente un conglomrat d&#146;entreprises, parmi lesquelles Toyota et Toshiba, que chacun connat mieux. Mais quand on sait que le sang oxygne le cerveau, les muscles, qu&#146;il peut tre transfus, qu&#146;il peut contaminer aussi, on entrevoit ce qui est sous-jacent  une telle mtaphore biologique pour dsigner une compagnie industrielle et commerciale.</font></p>  <p><font size="2" face="Verdana">Pour nous, la relation  <b>l&#146;information</b>,  la <b>complexit</b> et au <b>groupe projet</b> illustre l&#146;impact des nouvelles technologies de l&#146;information et de la communication sur la vie d&#146;entreprise. Or ces nouvelles technologies ne touchent plus seulement les choses, comme les habituelles sciences de l&#146;ingnieur, mais elles touchent directement les personnes. C&#146;est pourquoi l&#146;aspect socioculturel de cet impact est l&#146;objet de notre propos.</font></p>  <p><font size="2" face="Verdana">De <b>l&#146;information</b>, dont le contenu smantique s&#146;est beaucoup modifi dans les vingt dernires annes, je ne ferai qu&#146;un bref commentaire. Il s&#146;agit en fait des donnes qui ont t organises et communiques<i>.</i> Ce qui est plus nouveau, c&#146;est que l&#146;information comprend tout  la fois les mots, les chiffres, les images, les sons et les couleurs. Le tout numrique percute de plein fouet de nombreux mtiers traditionnels qui taient rests analogiques, comme la photographie ou l&#146;dition, et d&#146;une manire plus gnrale le management de l&#146;entreprise.</font></p>  <p><font size="2" face="Verdana">Sur la <b>complexit</b>, qui est salue par les uns comme le paradigme de notre modernit fin de sicle, tandis que d&#146;autres semblent trs rservs  son gard, je citerai Jacques Attali. Dans son&nbsp;Dictionnaire du XXIe sicle,&nbsp;il en donne une dfinition utile  la comprhension de ce qui nous intresse ici&nbsp;: <i>&quot;&nbsp;Selon la Loi de Moore, la complexit d&#146;une puce lectronique augmente de moiti tous les 18 mois. Selon le Loi de Metcalfe, la valeur d&#146;un </i></font><a name="res1"></a><a href="texte13.html#res1" target="corps"><font size="2" face="Verdana"><i>rseau</i></font></a><font size="2" face="Verdana"><i> augmente avec le carr du nombre de ceux qui l&#146;utilisent. Selon la Loi de Kao, la crativit d&#146;un groupe augmente exponentiellement avec la diversit et la divergence de ceux qui le composent. &quot;</i></font></p>  <p><font size="2" face="Verdana">Le Pape du management nord-amricain, Peter Drucker, aprs avoir dsign dans l&#146;entreprise les cols bleus et les cols blancs, a identifi un nouveau type de collaborateurs les <i>gold collars</i>, ou travailleurs de la connaissance. Or le <b>groupe projet</b> assemble des </font><a name="comp1"></a><a href="texte17.html#comp1" target="corps"><font size="2" face="Verdana">comptences</font></a><font size="2" face="Verdana"> bleues, blanches et dores, en provenance de la recherche, du dveloppement, des tudes, de la fabrication, du marketing, voire,  la demande, des comptences externes ncessaires  telle facette du programme. Le groupe projet est donc une manire transversale et nouvelle d&#146;organiser les tches dans l&#146;entreprise pour mieux partager les donnes, l&#146;information et la connaissance. Comme le plus souvent les collaborateurs du projet ne sont pas sur le mme site, il est bon de pouvoir faire circuler l&#146;information par messagerie lectronique, d&#146;organiser des forums sans se dplacer, afin de complter les indispensables runions en face  face.</font></p>  <p><font size="2" face="Verdana">Paul Romer, brillant conomiste californien, propose, outre le <b><i>hardware</i></b><i>, le </i><b><i>software</i></b><i>, un nouveau terme&nbsp;: le </i><b><i>wetware</i></b>. Le dur, le doux et l&#146;humide donc. Le wetware, ou <b><i>brainware</i></b> est humide, car notre cerveau contient environ 70% d&#146;eau. Mais ce qui est plus intressant, au cours de ces deux dernires dcennies, c&#146;est que les progrs du hardware et du software, nous ont amens  faire progresser notre brainware. Beaucoup d&#146;oprations intermdiaires au raisonnement ou  la formalisation de la pense sont libres par ces progrs de la computation. Notre brainware s&#146;en trouve dlivr pour imaginer, assembler, permuter, combiner, etc. Le hard et le soft sont alors au service du wetware, pour dvelopper une culture d&#146;intelligence collective qui est aussi celle du groupe projet.</font></p>  <p><font size="2" face="Verdana">Notre contribution  ce colloque est centre sur <b>l&#146;impact de l&#146;Intranet</b> sur la socioculture de l&#146;entreprise. L&#146;Intranet permet une communication partage et distribue. Il autorise aussi une <b>communication asynchrone</b>, dont nous dirons quelques mots, car, sans en tre toujours conscients, ce n&#146;est pas le moindre des avantages qu&#146;il nous procure.</font></p>  <p><font size="2" face="Verdana"><b>Internet</b> est le rseau mondial dont on attend quelque 200 millions d&#146;utilisateurs en 2.001. Un <b>Extranet</b> est une technologie Internet limite  quelques entreprises, pour amliorer la communication entre client et fournisseurs. L<b>&#146;Intranet</b>, est un Internet priv, rserv  une entreprise, et par consquent offrant les facilits de l&#146;Internet, avec messagerie lectronique, annuaire, agenda et bases documentaires, mais avec la ncessaire scurit et </font><a name="conf1"></a><a href="texte25.html#conf1" target="corps"><font size="2" face="Verdana">confidentialit</font></a><font size="2" face="Verdana"> qui n&#146;existent pas sur le rseau mondial. Pour envoyer un message, aprs l&#146;avoir saisi, ou avoir scann un document quelconque (articles, schmas de dispositif, document visuel d&#146;un comptiteur, etc.), il suffit d&#146;un simple clic de la souris pour dsigner les destinataires. Il est simple d&#146;attacher des pices jointes  un message. Celui qui reoit un message peut le faire suivre  un autre destinataire de son choix, s&#146;il le juge ncessaire. Chaque accs  une entre de l&#146;Intranet demande un mot de passe, qui est chang rgulirement. Sur tout message envoy, vous pouvez obtenir des informations&nbsp;: l&#146;heure d&#146;envoi, l&#146;heure de distribution, et connatre si le destinataire l&#146;a ouvert et  quelle heure. Finies les interrogations comme &quot;&nbsp;l&#146;a-t-il bien reu&nbsp;?&nbsp;&quot; et surtout&nbsp;: &quot;&nbsp;en a-t-il bien pris connaissance&nbsp;? &quot;. Vous disposez donc d&#146;une information sur l&#146;information elle-mme.</font></p>  <p><font size="2" face="Verdana">Toutes ces facilits disponibles sur l&#146;Intranet sont trs apprciables. Car d&#146;une part, si vous travaillez rgulirement avec les USA et le Japon, il n&#146;y a pas de rupture dans l&#146;change, du fait du dcalage horaire. En effet, vous pouvez consulter ces messages crits, le matin ou le soir, voire avant ou aprs le djeuner, ou en voyage, en emportant un PC portable. Au contraire de l&#146;information tlphonique qui est <b><i>synchrone</i></b> et peu compatible avec la participation  une runion par exemple, l&#146;information de l&#146;Intranet est <b><i>asynchrone</i></b>. Et cet asynchronisme nous laisse la </font><a name="lib1"></a><a href="texte13.html#lib1" target="corps"><font size="2" face="Verdana">libert</font></a><font size="2" face="Verdana"> d&#146;en prendre connaissance dans les interstices d&#146;une gestion optimise de notre temps. Cela augmente nos degrs de libert et contribue  une amlioration de la qualit de la vie d&#146;entreprise, et de la qualit de la vie tout court.</font></p>  <p><font size="2" face="Verdana">Une telle manire de travailler a oblig tous les responsables rticents  l&#146;usage du clavier et de la bureautique,  changer leur </font><a name="comp1"></a><a href="texte17.html#comp1" target="corps"><font size="2" face="Verdana">comportement</font></a><font size="2" face="Verdana"> en trs peu de temps. Quand le Prsident donne l&#146;exemple en devenant lui-mme un utilisateur trs actif, vous pouvez recevoir de lui,  tout moment, un message qui ne peut donc tre nglig. </font><a name="adap1"></a><font size="2" face="Verdana">L&#146;</font><a href="texte13.html#adap1" target="corps"><font size="2" face="Verdana">adaptation</font></a><font size="2" face="Verdana"> relle des technophobes devient une question de survie&nbsp;pour eux ! Des courts-circuits de la hirarchie du fait de l&#146;envoi direct de questions prcises  la personne la plus comptente dans ce domaine et non  son directeur amne peu  peu l&#146;entreprise  travailler en rseau et non plus de faon pyramidale. Le dploiement d&#146;un Intranet change en profondeur la culture de l&#146;entreprise&nbsp;: communiquer, collaborer, coordonner deviennent des fonctions plus opratoires qui enrichissent le groupe de travail et l&#146;entreprise toute entire.</font></p>  <p><font size="2" face="Verdana">L&#146;Intranet, comme exemple d&#146;une nouvelle technologie de l&#146;information et de la communication nous amne  reconsidrer la ressource immatrielle, non renouvelable et partage par tous. Je veux dire <b>le temps, qui est le seul capital de l&#146;tre</b>. Or, nous gaspillons beaucoup de temps au tlphone par exemple, lequel nous oblige  certaines conventions de politesse, nous expose au bavardage et surtout, reste linaire. Pour Nicholas Negroponte, le directeur du Media Lab au MIT &quot;&nbsp;la brivet est l&#146;me de l&#146;e-mail&nbsp;&quot;. Il est vrai qu&#146;il n&#146;y a plus besoin de ces formules pistolaires ou tlphoniques, seul l&#146;essentiel  transmettre compte.</font></p>  <p><font size="2" face="Verdana">Aujourd&#146;hui,  la lecture d&#146;un article d&#146;une revue scientifique ou technique, dont l&#146;auteur indique son e-mail, vous pouvez entrer directement en contact avec lui par Internet et il vous rpond par la mme voie. Il serait illusoire de prendre contact avec lui par tlphone, car cette tentative serait quasiment voue  l&#146;chec. Cela ne veut pas dire que tout devient inhumain et mdiatis par l&#146;lectronique et l&#146;informatique, mais signifie simplement qu&#146;<b>il y a une redistribution</b>. D&#146;une part, une redistribution entre l&#146;irremplaable communication interpersonnelle directe et la communication tlphonique qui restent toutes deux synchrones et coteuses en temps et d&#146;autre part, la communication par e-mail, asynchrone, bon march en temps et en argent et qui devient avantageuse pour une meilleure libert d&#146;organisation personnelle. Il faut savoir prendre la dimension d&#146;un capital temporel global qui est celui de l&#146;existence et que nous devons grer au mieux, dans l&#146;entreprise et dans notre vie personnelle</font></p>  <p><font size="2" face="Verdana">La revue Science a ft, en 1998, son 150e anniversaire et elle a demand  quelques </font><a name="exp1"></a><a href="texte14.html#exp1" target="corps"><font size="2" face="Verdana">experts</font></a><font size="2" face="Verdana"> choisis d&#146;exposer leurs vues sur ce qui concerne leur domaine de recherche. Kevin Kelly, Directeur de <i>Wired Magazine</i>, donne une vue originale. Il rappelle que lorsque nous disons culture, nous pensons livres, musique ou peinture. Cette culture classique a longtemps t au centre de la civilisation occidentale. C&#146;est la premire culture. Aujourd&#146;hui, aprs avoir t en marge du systme social, la culture scientifique a largement acquis </font><a name="droi1"></a><a href="texte13.html#droi13" target="corps"><font size="2" face="Verdana">droit</font></a><font size="2" face="Verdana"> de cit, avec son prestige et son impact sur la vie contemporaine. C&#146;est la seconde culture. <b>La premire et la seconde cultures conduisent certains auteurs  la rcompense du prix Nobel.</b></font></p>  <p><font size="2" face="Verdana">Quand  la <b>troisime culture</b>, c&#146;est celle d&#146;un rejeton de la science. C&#146;est la culture de la technologie. Kevin Kelly a bien </font><a name="cons1"></a><a href="texte13.html#cons1" target="corps"><font size="2" face="Verdana">conscience</font></a><font size="2" face="Verdana"> que cette troisime culture est quelque peu mprise, il l&#146;appelle la <i>nerd culture</i>, que l&#146;on peut traduire par une <b>culture minable</b>. D&#146;ailleurs, il nous arrive d&#146;entendre en France parler des technosciences avec une connotation de condescendance, voire d'animosit. Pourtant, cette troisime culture a des rtroactions importantes sur la culture scientifique. Kelly cite les palontologistes dont la reprsentation qu&#146;ils avaient des dinosaures a chang quand les nouvelles technologies ont permis de reconstituer de faon </font><a name="vir1"></a><a href="texte21.html#vir1" target="corps"><font size="2" face="Verdana">virtuelle</font></a><font size="2" face="Verdana"> ces animaux disparus, et de les faire se mouvoir. Jurassic Park n&#146;a pas intress que les enfants&nbsp;! La troisime culture, cette soi-disant culture minable, peut donc fait progresser les reprsentations virtuelles et par consquent les reprsentations mentales des scientifiques.</font></p>  <p><font size="2" face="Verdana">Notre monde occidental s&#146;est construit sur la linarit, celle de la ligne typographique, de l&#146;algbre et de la statistique linaires. Ce qui nous semble important dans cette affaire, c&#146;est que cette troisime culture, avec son hypertexte, ses hyperliens, son cyberespace, n&#146;exclut pas la linarit mais fait littralement voler en clats notre reprsentation du monde. La troisime culture n&#146;est pas une culture minable&nbsp;! En dehors des facilits qu&#146;elle introduit dans le management des entreprises, c&#146;est aussi du dveloppement personnel par cette troisime culture qu&#146;il est question ici. Notre plan de travail n&#146;est plus seulement euclidien, car <b>une nouvelle axiomatique de l&#146;information et de la communication</b> est apparue avec ces technologies.</font></p>  <p><font size="2" face="Verdana"><b>Pour conclure,</b> quelques points mritent d&#146;tre dgags. En facilitant l&#146;accs aux donnes,  l&#146;information,  la connaissance, en automatisant le traitement des chiffres, du texte, de l&#146;image et du son, ces nouvelles technologies nous renvoient  nos propres <b>actifs immatriels.</b> A notre wetware,  notre brainware. Mais cela pose une question&nbsp;: que conserver de la culture traditionnelle et qu&#146;y adjoindre de cette troisime culture&nbsp;?</font></p>  <p><font size="2" face="Verdana">Il sera toujours plus important d&#146;tre bien avec soi-mme pour tre mieux avec les autres et il est certain que l&#146;cran magique isole, alors que le lien social a besoin d&#146;un <b>temps humain,</b> ncessaire  la lente comprhension mutuelle. Ce temps o l&#146;on est en face  face direct avec l&#146;Autre se rarfie avec la technologie et il faut savoir qu&#146;il est irremplaable. C&#146;est le temps de la qualit de la vie que nous avons dj voqu.</font></p>  <p><font size="2" face="Verdana">Le Physicien Robert Oppenheimer, dans une allocution  l&#146;Universit Columbia, en 1955, dclarait&nbsp;: &quot;&nbsp;Ce qu&#146;il y a de nouveau, par exemple, c&#146;est le changement du rythme du changement lui-mme &#150; le fait que les annes de notre vie ne se mesurent plus, comme celles de nos pres, de lgers rajustements, mais de grands bouleversements.&nbsp;&quot; Que dirait Oppenheimer aujourd&#146;hui, plus de 40 ans aprs, en envisageant non seulement l&#146;arrire plan de l&#146;re atomique dont il a t l&#146;un des grands acteurs, mais l&#146;impact de ces nouvelles technologies sur l&#146;organisation du travail et sur nos vies&nbsp;?</font></p>  <p><font size="2" face="Verdana">Pour nous, les nouvelles technologies de l&#146;information et de la communication contribuent surtout  redistribuer la gestion de la connaissance et donner sa vraie place  <b>l&#146;imagination dans l&#146;ducation et dans la vie d&#146;entreprise.</b> Tandis que pour Malebranche,  la jonction du XVIIe et du XVIIIe sicle, &quot;&nbsp;L&#146;imagination est la folle du logis&nbsp;&quot;, pour Einstein, au XXe sicle&nbsp;:&nbsp;&quot;&nbsp;L&#146;imagination est plus importante que la connaissance&nbsp;&quot;. Et entre ces deux points de vue, il convient de laisser une place de choix  notre Pote national, Victor Hugo, qui nous a clairement annonc sa position  la fin du XIXe sicle : &quot;&nbsp;La raison, c&#146;est l&#146;intelligence en action&nbsp;; l&#146;imagination, c&#146;est l&#146;intelligence en rection&nbsp;&quot;.</font></p> </body> </html> 
