<!DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD XHTML 1.0 Transitional//EN" "http://www.w3.org/TR/xhtml1/DTD/xhtml1-transitional.dtd"> <html> <head>  <title>Breyten Breytenbach Afrique du Sud Nelson Mandela ANC Nadine Gordimer Apartheid Ind&eacute;pendance D&eacute;mocratie</title> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"/> <meta name="robots" content="all"/> <meta name="description" content="Breyten Breytenbach"/> <meta name="keywords" content="Breyten Breytenbach Afrique du Sud Litterature afrikaans Racisme Mouvement apartheid Histoire Guerre independance Pretoria Zoulou Gombrich Walter Battis Boers Tadeusz Konwicki Karl Marx Hegel Max Weber Nelson Mandela Thabo Mbeki ANC Roelf Meyer Harry Oppenheimer Nadine Gordimer Ntatho Motlana Basil Davidson Mahmoud Mamdani Afrikander Mbokodo Henry James Lionel Abrahams Democratie Nietzsche"/> <link href="/w3c.css" rel="stylesheet" type="text/css"/> <script type="text/javascript"> <!--// function setWin(newLoc, newWidth, newHeight) { newWin = open("",newLoc,"scrollbars=yes,resizable=yes,status=no,height=" + newHeight + ",width=" + newWidth); } //--></script> </head> <body> <div class="page"> <h2><a href="http://www.republique-des-lettres.com"  title="republique-des-lettres.com">R&eacute;publique Internationale des Lettres</a> :  <a href="/cgi-bin/nph-htsearch?words=Breytenbach&amp;config=lettres_htdig&amp;method=and&amp;format=builtin-long&amp;sort=score">Breytenbach</a> :  Breyten Breytenbach</h2> <hr/> <p class="texte"><b>Un os &agrave; ronger</b><br /> Je puis aller jusqu'&agrave; me d&eacute;crire comme dipl&ocirc;m&eacute; de l'Universit&eacute; d'Afrique du Sud, ici &agrave; Pretoria (<i>NDLR: Cet article est bas&eacute; sur un discours comm&eacute;moratif donn&eacute; &agrave; l'Universit&eacute; d'Afrique du Sud, en l'honneur du peintre </i> <a href="/cgi-bin/nph-htsearch?words=Walter+Battis&amp;config=lettres_htdig&amp;method=and&amp;format=builtin-long&amp;sort=score">Walter Battis</a>). Il y a des ann&eacute;es, quand je passais mon temps &agrave; l'ombre du Quartier de Haute S&eacute;curit&eacute;, sur une petite colline toute proche de Moustache City, on m'autorisa gracieusement &agrave; suivre des &eacute;tudes avec l'UNISA. Si ma m&eacute;moire ne me joue pas des tours, les sujets &eacute;taient, entre autres, l'Histoire de l'art, l'Afrikaans, la Philosophie et le Zoulou. Il &eacute;tait permis de se procurer quelques livres de cours et j'ai bien s&ucirc;r abus&eacute; de ce privil&egrave;ge. Je pus ainsi me procurer l'<b>Art et illusion </b>de <a href="/cgi-bin/nph-htsearch?words=Gombrich&amp;config=lettres_htdig&amp;method=and&amp;format=builtin-long&amp;sort=score">Gombrich</a>; pour moi, ce livre demeure un ouvrage f&eacute;cond pour qui veut en savoir plus sur la magie de la fabrication des tableaux, quand on r&eacute;alise l'ancien besoin humain "d'&eacute;crire le soi et de r&eacute;&eacute;crire le monde" ou - selon Walter Battis, le dernier peintre associ&eacute; &agrave; cet institut et en l'honneur duquel je parle aujourd'hui - quand on entre dans les m&eacute;canismes qui vous conduiront &agrave; comprendre que la m&eacute;taphysique est parfois plus r&eacute;elle que la physique. "Car (selon Battis) voil&agrave; l'enjeu essentiel de l'art: d&eacute;tourner les rivi&egrave;res et d&eacute;placer les montagnes. . . la vie est du temps sculpt&eacute;. En vivant nous fa&ccedil;onnons le temps."<br /> Mon apprentissage du zoulou fut rapidement interrompu. On m'expliqua que les d&eacute;tenus ne devaient pas &ecirc;tre laiss&eacute;s en contact avec des langues "&eacute;trang&egrave;res".(La v&eacute;rit&eacute; &eacute;tait qu'ils ne disposaient d'aucun gardien capable de contr&ocirc;ler des travaux sur ce sujet). Ensuite, ce fut ostensiblement par crainte que nous, taulards, puissions par le biais de nos cours par correspondance, puiser soutien et r&eacute;confort du monde en vie, l&agrave; dehors - pens&eacute;e inadmissible - et les Boers suspendirent tout de go notre autorisation d'&eacute;tudier.<br /> Ce qui est dommage. Euss&eacute;-je &eacute;t&eacute; autoris&eacute; &agrave; continuer, j'aurais &eacute;t&eacute; plus &agrave; m&ecirc;me de parler sur le grand sujet des approches et des perspectives culturelles du No Man's Land, car c'est bien l&agrave; que je situe cette tant c&eacute;l&eacute;br&eacute;e Nouvelle Afrique du Sud. Je ne peux qu'essayer de faire de mon mieux, en gardant &agrave; l'esprit le pays du coeur.<br /> Au chien qui chercherait son os sur un tel territoire il faudrait un sens de l'espace, un sens du temps et un regard m&eacute;fiant sur l'&ecirc;tre. Qu'est-ce qui est ancien et qu'est-ce qui est nouveau dans cette province o&ugrave; les mar&eacute;es ont meubl&eacute; les cavit&eacute;s du temps ? Dans son livre <b>Une Apocalypse mineure</b>, l'&eacute;crivain polonais <a href="/cgi-bin/nph-htsearch?words=Tadeusz+Konwicki&amp;config=lettres_htdig&amp;method=and&amp;format=builtin-long&amp;sort=score">Tadeusz Konwicki</a> &eacute;crit: "L'Etat est propri&eacute;taire du temps; seul le ministre de la S&eacute;curit&eacute; conna&icirc;t la date r&eacute;elle. . . Nous &eacute;tions en avance ou en retard sur nos plans de production. . .Nous avions cette manie de vouloir rattraper l'Occident.<br /> Le sens de la cr&eacute;ation est pr&eacute;cis&eacute;ment une saturation du temps qui se retrouve ainsi d&eacute;fait ou rendu caduque, car personne d'autre quenous-m&ecirc;me ne devrait poss&eacute;der notre temps.<br /> Dans nos oeuvres nous tressons avec le m&eacute;lange de nos souvenirs - dont certains sont tellement anciens qu'ils pourraient aussi bien &ecirc;tre attribu&eacute;s &agrave; la terre - l'intuition cr&eacute;atrice. Toute signification est une reconstruction cr&eacute;atrice, un m&eacute;tissage, une m&eacute;tamorphose. Il s'agit de s'emparer du temps: la seule fa&ccedil;on connue par nous autres humains de nous mettre doucement dans la bonne position pour mourir.<br /> Toutefois, continuer &agrave; bouger et &agrave; faire du bruit - d'autant plus que nous sommes maintenant pris au pi&egrave;ge des passages et des resserrements de l'anxi&eacute;t&eacute;- demeure essentiel pour survivre. Tout rassemblement (oppos&eacute; &agrave; l'apartheid, car qui oserait encore parler d'unit&eacute;) est un mouvement qui fait converger les &eacute;nergies de la diversit&eacute;. Car la coh&eacute;sion nationale doit, pour ne pas pourrir et finir en totalitarisme, d&eacute;velopper des racines profondes et se nourrir de la diversit&eacute; des cultures. Sans les diff&eacute;rences il ne peut y avoir de mouvement dynamique.<br /> Dans cette contr&eacute;e sans nom, d&eacute;crite depuis si longtemps comme un vague lieu g&eacute;ographique, l'Afrique du Sud, avec son histoire qui s'auto-dig&egrave;re, toute avanc&eacute;e vers l'utopie, apparemment inaccessible, d&eacute;pendra d'une progression de l'id&eacute;e de sud-africanit&eacute;, de plus de justice et d'une plus grande libert&eacute;, d'une acceptation plus profonde des diff&eacute;rences et d'une reconnaissance plus ample des particularit&eacute;s qui nous lient. Cela doit demeurer l'unique moyen de limiter la violence et le crime. En outre, agrandir l'horizon de notre destin pourrait bien &ecirc;tre notre derni&egrave;re chance d'emp&ecirc;cher une nouvelle h&eacute;g&eacute;monie &eacute;touffante de remplacer l'ancienne en voie de putr&eacute;faction. Derri&egrave;re les dunes se trouve le cadavre toxique de l'apartheid. Nous arrivons aux deux p&ocirc;les d'une &eacute;quation &agrave; mettre en jeu: &ecirc;tre semblables, &ecirc;tre diff&eacute;rents.<br /> <b>Hic rosa, hic salta </b>- "Ici est la rose, ici sera la danse", d&eacute;clara <a href="/cgi-bin/nph-htsearch?words=Karl+Marx&amp;config=lettres_htdig&amp;method=and&amp;format=builtin-long&amp;sort=score">Karl Marx</a> (apr&egrave;s <a href="/cgi-bin/nph-htsearch?words=Friedrich+Hegel&amp;config=lettres_htdig&amp;method=and&amp;format=builtin-long&amp;sort=score">Hegel</a>). Les lignes de r&eacute;solution du probl&egrave;me sud-africain se situent exclusivement &agrave; l'int&eacute;rieur des fronti&egrave;res et de la conscience du pays. Supprimer le doute en tuant l'Autre m&egrave;ne &agrave; un suicide - ou suis-je en train de clamer des inepties ? Les communaut&eacute;s d&eacute;pendent les unes des autres et elles ne peuvent &ecirc;tre s&eacute;par&eacute;es - ou le sang va-t-il les noyer ? La quantit&eacute; de sacrifices pass&eacute;s, les confirmations r&eacute;p&eacute;t&eacute;es d'un attachement &agrave; une r&eacute;partition diff&eacute;rente et plus &eacute;quitable des richesses, notre responsabilit&eacute; partag&eacute;e &agrave; l'&eacute;gard du projet des morts - tout cela doit garantir l'&eacute;laboration d'un avenir plus humain. A moins que nous ne sous-estimions l'indiff&eacute;rence et la brutalit&eacute; qui r&eacute;sultera immanquablement de l'accession au pouvoir d'un parti unique. . .<br /> En derni&egrave;re analyse, et en d&eacute;pit des influences transformatrices r&eacute;ciproques entra&icirc;nant la venue de nouvelles identit&eacute;s, si tant est que l'oeil int&eacute;rieur de la m&eacute;moire puisse voir, nous continuerons &agrave; rencontrer des groupes culturels manifestement distincts (identifiables par leurs langues, leurs coutumes, la couleur de leur peau peut-&ecirc;tre, ou &agrave; leurs hi&eacute;rarchies de valeurs opini&acirc;trement singuli&egrave;res). Comment ces diff&eacute;rences pourront-elles s'inscrire dans un motif plus ample ? Peut-&ecirc;tre devrions-nous nous rem&eacute;morer cette vieille dichotomie sociologique entre Communaut&eacute; et Soci&eacute;t&eacute;, o&ugrave; les relations dans la communaut&eacute; sont per&ccedil;ues comme naturelles parce qu'elles &eacute;manent de tout ce qu'on peut trouver d'&eacute;motions partag&eacute;es et de traditions qui cr&eacute;ent une culture homog&egrave;ne, et o&ugrave; la soci&eacute;t&eacute; peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme une construction historique d&eacute;finie (selon <a href="/cgi-bin/nph-htsearch?words=Max+Weber&amp;config=lettres_htdig&amp;method=and&amp;format=builtin-long&amp;sort=score">Max Webe</a>r) par "un march&eacute; libre rationnel" et des "associations volontaires", en d'autres termes par les n&eacute;cessit&eacute;s &eacute;conomiques ou la convenance politique. Cette fa&ccedil;on de penser est-elle devenue trop statique ? Prenons l'exemple de la communaut&eacute; noire en Am&eacute;rique. Ces gens sont-ils, apr&egrave;s une guerre civile, apr&egrave;s une bataille pour les droits civils couronn&eacute;e de succ&egrave;s, apr&egrave;s la mort en masse dans des guerres au-del&agrave; des mers et apr&egrave;s des d&eacute;cennies d'action militante, plus int&eacute;gr&eacute;s qu'auparavant? et int&eacute;gr&eacute;s avec qui ? pour quoi faire ?<br /> Le probl&egrave;me de la coexistence des communaut&eacute;s au-del&agrave; de la fin de l'apartheid r&eacute;side au niveau de la peur de l'Autre (le fr&egrave;re t&eacute;n&eacute;breux ou l'ombre lumineuse), de la peur d'&ecirc;tre &eacute;vinc&eacute; et supplant&eacute;, de perdre son travail (&agrave; travers les programmes de revalorisation dans lesquels l'ancienne famille du boulot par les copains serait remplac&eacute;e par la nouvelle version des situations pour les camarades), d'une diminution de ses revenus, possessions et statuts, et d'une peur de la continuation injuste de la relation entre ma&icirc;tres et esclaves, des libert&eacute;s r&eacute;duites et &eacute;dulcor&eacute;es, des r&eacute;pressions et des conflits; toutes ces appr&eacute;hensions sont bien r&eacute;elles.<br /> Ce ne sont pas les <a href="/cgi-bin/nph-htsearch?words=Nelson+Mandela&amp;config=lettres_htdig&amp;method=and&amp;format=builtin-long&amp;sort=score">Mandela</a>, les <a href="/cgi-bin/nph-htsearch?words=Thabo+Mbeki&amp;config=lettres_htdig&amp;method=and&amp;format=builtin-long&amp;sort=score">Mbeki</a> et les <a href="/cgi-bin/nph-htsearch?words=Roelf+Meyer&amp;config=lettres_htdig&amp;method=and&amp;format=builtin-long&amp;sort=score">Meyer</a> qui sont affect&eacute;s par ces inqui&eacute;tudes - ils ont leurs couverts chez les <a href="/cgi-bin/nph-htsearch?words=Harry+Oppenheimer&amp;config=lettres_htdig&amp;method=and&amp;format=builtin-long&amp;sort=score">Oppenheimer</a>, les <a href="/cgi-bin/nph-htsearch?words=Nadine+Gordimer&amp;config=lettres_htdig&amp;method=and&amp;format=builtin-long&amp;sort=score">Gordimer</a> et les <a href="/cgi-bin/nph-htsearch?words=Ntatho+Motlana&amp;config=lettres_htdig&amp;method=and&amp;format=builtin-long&amp;sort=score">Motlana</a> (<i>NDLR:</i> <i>Nelson Mandela, Thabo Mbeki (Porte-parole de l'ANC aux Affaires &eacute;trang&egrave;res), Roelf Meyer (Ministre du Parti National et principal n&eacute;gociateur), Harry Oppenheimer (millionnaire, propri&eacute;taire de multinationales), Nadine Gordimer, Ntatho Motlana (millionnaire entrepreneur &agrave; l'ANC), pris comme symboles de la nouvelle &eacute;lite &eacute;tablie</i>.). C'est le pauvre, le lumpen prol&eacute;tariat, blanc et noir, non-politis&eacute;, qui aura &agrave; faire &agrave; chacune de ces peurs; (je dis non-politis&eacute; bien qu'ils aient des armes sur eux et des slogans pleins la bouche). Ce sont eux qui partiront, le coeur pouss&eacute; par de vagues instincts de groupe, au massacre, s'ils en viennent &agrave; se voir le dos au mur d'&eacute;x&eacute;cution. Ce sont des gens qui ne tireront aucun profit d'une "lib&eacute;ration" corrompue, qui rejetteront les jolis psaumes de la fraternit&eacute; ainsi que la pr&eacute;tendue "civilisation" des pronostiqueurs; ce sont eux qui, finalement, pourraient soulever une r&eacute;volte fonda-mentale contre le parti qui sera parvenu au pouvoir. Ce sont eux &eacute;galement qui, lorsque le terrain sera couvert de sang et que les cadavres pourriront, qui n&eacute;gocieront entre eux, longtemps apr&egrave;s que les responsables des courants bien-intentionn&eacute;s aient trouv&eacute; refuge sur les rivages des lacs suisses.<br /> Pourquoi est-il si difficile pour nos politiciens suppos&eacute;s "r&eacute;volutionnaires" d'incorporer l'option f&eacute;d&eacute;rale dans leurs consid&eacute;rations? Est-ce parce qu'ici toute d&eacute;marcation territoriale continue de porter en elle une forte odeur d'apartheid? Craint-on un partage des richesses qui ne soit pas &eacute;quitable ? Ou est-ce seulement que nous, combattants de la libert&eacute;, nous retrouvons dans le moment de r&eacute;alisation d'un &eacute;tat unitaire dont nous devons assumer le pouvoir, pour nous, par nous, et ce tandis que marchant vers les sommets d'une int&eacute;-gration &eacute;galitaire, nous &eacute;prouvons les effets enivrants de l'autorit&eacute; politique et &eacute;conomique centrale d'un &Eacute;tat tout-puissant ? L'Etat, notre dieu canibale et jaloux.<br /> C'est d'autant plus &eacute;trange qu'il y a maintenant, ailleurs en Afrique, une conscience croissante que l'&eacute;tat-nation centralis&eacute; est par d&eacute;finition non-d&eacute;mocratique; qu'il ne peut pas fonctionner parce que sa conception et son organisation ne correspondent pas &agrave; la r&eacute;alit&eacute; historique et aux diff&eacute;rences culturelles, et qu'il semble possible que les gens l&agrave;-bas vont progressivement se diriger vers des solutions f&eacute;d&eacute;ralistes.<br /> <a href="/cgi-bin/nph-htsearch?words=Basil+Davidson&amp;config=lettres_htdig&amp;method=and&amp;format=builtin-long&amp;sort=score">Basil Davidson</a>, dans son <b>Fardeau de l'Homme noir</b>, arrive &agrave; la conclusion suivante: "Un avenir plein d'espoir (. . .) sera n&eacute;cessairement f&eacute;d&eacute;raliste: un avenir compos&eacute; d'unit&eacute;s organiques venant d'associations pond&eacute;r&eacute;es traversant de larges r&eacute;gions &agrave; l'int&eacute;rieur desquelles les cultures nationales, loin de chercher &agrave; s'entre-d&eacute;truire o&ugrave; &agrave; se mutiler, pourraient d&eacute;velopper leurs diversit&eacute;s et trouver en celles-ci une richesse partag&eacute;e."<br /> Et le th&eacute;oricien politique ougandais <a href="/cgi-bin/nph-htsearch?words=Mahmoud+Mamdani&amp;config=lettres_htdig&amp;method=and&amp;format=builtin-long&amp;sort=score">Mahmoud Mamdani</a>, dans un compte-rendu critique non publi&eacute; du travail de Davidson poursuit cette argumentation. Je cite:<br /> "Il ne s'agit ni de c&eacute;l&eacute;brer le "tribalisme moderne", ni de le rejeter avec &eacute;pouvante. Il s'agit plut&ocirc;t de reconna&icirc;tre sa nature contradictoire et d'appr&eacute;cier ses possibilit&eacute;s. Comme tout type de f&eacute;d&eacute;ration aura a reconna&icirc;tre la l&eacute;gitimit&eacute; des int&eacute;r&ecirc;ts tribaux, le tribalisme r&eacute;sultant pourrait soit &ecirc;tre constitu&eacute; d&eacute;mocratiquement, soit n'&ecirc;tre qu'une manipulation des petits par les grands. Les r&eacute;sultats d&eacute;pendront du fait que le tribalisme aura ou n'aura pas &eacute;t&eacute; associ&eacute;, dans une participation de masse,&agrave; une r&eacute;forme allant au-del&agrave; d'une simple f&eacute;d&eacute;ralisation de la main-mise coloniale sur la paysannerie, et au d&eacute;ment&egrave;lement de cette main-mise. Car si nous voulons un programme politique pouvant dynamiser et rassembler les diverses forces sociales &agrave; l'oeuvre dans la r&eacute;alit&eacute; tr&egrave;s &eacute;clat&eacute;e de l'Afrique contemporaine, il nous faut le concevoir pour convenir &agrave; la fois &agrave; la soci&eacute;t&eacute; urbaine et aux communaut&eacute;s paysannes. Il devra incorporer aussi bien le choix &eacute;lectoral que les mouvements de la soci&eacute;t&eacute; civile r&eacute;clament que la recherche des droits communautaires qui ont &eacute;t&eacute; l'objectif constant des mouvements d'origine paysanne."<br /> N'oublions pas que le peuple Zoulou vit encore en partie dans des communaut&eacute;s rurales, que les Afrikanders sont encore des paysans - m&ecirc;me si leurs r&eacute;coltes auront &eacute;t&eacute; dans une large mesure la fonction publique, les mines, les chemins de fers et la police.<br /> Est-ce que les types d'extr&ecirc;me droite - les Volkstaters qui adh&egrave;rent &agrave; l'id&eacute;al d'un &eacute;tat Afrikander purifi&eacute; - ces skinheads barbus que la bi&egrave;re rend ventripotents, constituent le soubresaut ultime d'une &egrave;re colonialiste, d'une &eacute;poque o&ugrave; la conqu&ecirc;te territoriale et la domination raciale &eacute;taient consid&eacute;r&eacute;es comme "normales" (Et qui fit que le dominateur, le Boss, devint un babouin particuli&egrave;rement stupide, incapable de s'adapter &agrave; une administration plus juste)?Ou est-ce que leur acharnement est l'&eacute;mergence violente d'une nouvelle r&eacute;alit&eacute; impliquant que l'espace, m&ecirc;me g&eacute;ographique, soit organis&eacute; sur des fondements pluriculturels pr&eacute;voyant le libre exercice des diff&eacute;rences ?<br /> Nous sommes rest&eacute;s entrav&eacute;s pendant quarante ans par le dogme officiel de ce pays: "Nous sommes compl&egrave;tement diff&eacute;rents et devons donc rester &agrave; part." Devons-nous maintenant errer encore quarante ann&eacute;es dans le d&eacute;sert &agrave; la recherche d'un nouveau veau d'or, d'un principe tout aussi originaire de l'Europe que son pr&eacute;d&eacute;cesseur et devant &ecirc;tre appliqu&eacute; dans le m&ecirc;me style arbitraire et autoritaire, prescrivant au nom de la non-discrimination que: "nous sommes tout &agrave; fait semblables et devons donc &ecirc;tre les sujets d'un seul &eacute;tat" ?<br /> Les sanglants d&eacute;sordres de notre phase de transition et les contradictions et discordances qui ont jailli comme du pus, toujours plus violemment jour apr&egrave;s jour, sont les sympt&ocirc;mes de conflits plus profonds. Tous les partis chantent pieusement les hauteurs morales, ils parlent de transformation des aspirations, ils font briller leurs jolis sourires tout neufs, ils se font flagorneurs et obs&eacute;quieux (ou alors &eacute;mettent r&eacute;primandes et avertissements), ils philosophent sur l'action positive et le boum &eacute;conomique (comme s'il s'agissait d'un g&acirc;teau offert par le ciel), ils rassurent les riches qui veulent bien s&ucirc;r rester riches, et promettent aux pauvres qu'ils h&eacute;riteront eux aussi de la terre, ils agitent leurs baguettes magiques (qui ressemblent &eacute;trangement &agrave; des AK 47), promettent de mirobolantes augmentations de salaire, trichent et mentent comme ils respirent. Nous assistons m&ecirc;me au spectacle obsc&egrave;ne de ces arrogants Broendenbonders (membres de la semi-secr&egrave;te Ligue des Fr&egrave;res Afrikander) qui ont commenc&eacute; &agrave; plonger le pays dans la merde et pr&eacute;tendent maintenant avoir &eacute;t&eacute; ceux qui lui ouvrirent la route vers une nouvelle donne.(. . .). En r&eacute;alit&eacute; tous ces acteurs de second plan conspirent pour se garantir que le monopole du pouvoir restera &agrave; la classe politique, et s'accordent sur un point, celui leur permettant d'acc&eacute;der aux auges du pouvoir, tandis que dehors le carnage continue.<br /> On parle beaucoup d'expression de la culture nationale, l&agrave; o&ugrave; il n'y a rien qui puisse ressembler &agrave; une nation. Et cependant, c'est pr&eacute;cis&eacute;ment vers une conscience culturelle que nous nous tournons quand nous voulons exprimer nos conceptions concernant la fondation d'une nation: les questions complexes se rapportant &agrave; l'identit&eacute; tant locale que nationale, le besoin d&eacute;sesp&eacute;r&eacute; de partager une &eacute;thique permettant la coexistence dans la paix, la promotion de la tol&eacute;rance, la compr&eacute;hension de la multiplicit&eacute; des origines, des moyens d'expression et des modes de relations sans lesquels il ne peut nullement y avoir de nation, encore moins de d&eacute;mocratie v&eacute;ritable.<br /> Nous avons besoin de conscience culturelle pour la conversion cr&eacute;atrice qui permettrait de transcender les diff&eacute;rences et d'inaugurer un espace social et culturel, avec pour objet de r&eacute;pondre &agrave; toutes les exigences que j'ai essay&eacute; de sugg&eacute;rer ici. En d'autres mots, nous avons besoin de la culture pour restreindre les pouvoirs arbitraires de l'Etat et pour freiner les tendances naturelles des technocrates et autres parasites publics. Laissez-moi encore me br&ucirc;ler davantage les l&egrave;vres: C'est seulement une soci&eacute;t&eacute; civile pleine d'entrain o&ugrave; le processus culturel cr&eacute;ateur agirait comme souffle de vie dans la conscience sociale qui nous permettra de repousser vers leurs trous de rat les pr&eacute;tendus "Services de S&eacute;curit&eacute;" - Le Renseignement National et Militaire, Mbokodo (la bande de barbouzes de l'ANC entra&icirc;n&eacute;e par la Stasi), le BCC (Bureau de coop&eacute;ration civile, notre euph&eacute;misme pour les Escadrons de la mort). . . Les ordures salissant nos vies et mena&ccedil;ant de jouer un r&ocirc;le encore plus m&eacute;prisable sur le chemin qui reste &agrave; parcourir.<br /> En v&eacute;rit&eacute;, il faut beaucoup demander &agrave; la Culture qui, presque par d&eacute;finition, n'a rien &agrave; voir avec la Justice: elle se situe dans un processus permanent de pens&eacute;e et d'imagination par elle-m&ecirc;me. La cr&eacute;ativit&eacute; diff&egrave;re de l'analyse, elle ne peut ni remplacer ni rendre compte de "quelque chose d'autre". Ce que je sugg&egrave;re, c'est que tout mouvement vers une situation plus viable dans ce pays doit &ecirc;tre une entreprise cr&eacute;atrice continue - Pour survivre nous sommes n&eacute;cessairement pouss&eacute;s au brassage, &agrave; l'autod&eacute;finition et &agrave; la compr&eacute;hension de l'Autre (Et Job lui-m&ecirc;me n'est pas aussi afflig&eacute; que le m&eacute;tisse par le besoin de d&eacute;finition), parce que nous tournons autour de l'axe de l'identit&eacute; priv&eacute;e et publique (ce concept appartenant &agrave; la garde robe id&eacute;ologique et qui recouvre tant d'atrocit&eacute;s). Notre recherche ne peut donc pas &ecirc;tre qu'une simple histoire de changement politique et de progr&egrave;s &eacute;conomique. La culture aussi est concern&eacute;e, en tant que fil de la m&eacute;moire et acte de discernement, de r&eacute;sistance, d'assimilation et de transformation. Nos vies sont remplies par les entrelacs de la culture parce que nous avons besoin d'enregistrer et de modifier nos r&ecirc;ves, de m&ecirc;me que nos cauchemars, pour d&eacute;tourner les rivi&egrave;res et soulever les montagnes. Et les rivi&egrave;res et montagnes m&eacute;taphoriques de Battis ne peuvent &ecirc;tre pleinement saisies, peut-&ecirc;tre travers&eacute;es, que si on les exprime en langue maternelle.<br /> J'aimerais inscrire un plaidoyer pour le doute et le questionnement, pour le maintien de notre propre "voie Ho Chi Minh" de tunnels souterrains de m&eacute;moire et de r&eacute;sistance; pour la tol&eacute;rance, le brassage, la fusion, l'excentricit&eacute;, l'existentialisme, l'humanisme, l'anarchisme. . . pour &eacute;viter ce qu'"&ecirc;tre du c&ocirc;t&eacute; des anges" a de tyrannique. Pour r&eacute;pudier la couverture id&eacute;ologique. Comme disait Battis: "Na&icirc;tre vibrant, agit&eacute; d'esprit." Pour &eacute;viter cette paresse qu'Henry James reconnaissait comme "intensit&eacute; variable de l'identique".<br /> Il est bien clair, du moins je l'esp&egrave;re, que je ne plaide pas en faveur d'une &eacute;lite se masturbant dans une tour d'ivoire, ou m&ecirc;me pour un candide individualisme. Nous avons quand m&ecirc;me pu par endroits appr&eacute;cier une tradition alternative de subversion que l'on pourrait qualifier de guerrilla culturelle; noirs comme blancs, nous avons caress&eacute; le chien &agrave; rebrousse-poil. Pour exprimer cela autrement, nous aussi avons d&eacute;sert&eacute; les glaciales assembl&eacute;es de la communaut&eacute; calviniste gr&acirc;ce &agrave; de petits &eacute;diteurs et &agrave; toutes les formes de compositions et de performances artistiques "alternatives". C'est cette tradition qui se doit d'&ecirc;tre approfondie et renforc&eacute;e. Comment ceux d'entre nous, qui combattirent la corruption du r&eacute;gime pr&eacute;c&eacute;dent, peuvent-ils se d&eacute;rober maintenant &agrave; la responsabilit&eacute; et &agrave; la joie saine de s'opposer sans rel&acirc;che &agrave; nos chers camarades d&eacute;j&agrave; pi&eacute;g&eacute;s dans les contradictions du pouvoir sous le nouveau r&eacute;gime ?<br /> La r&eacute;ponse se trouve peut-&ecirc;tre dans la distinction entre cr&eacute;ativit&eacute; et &eacute;ducation. Il existe une transition frappante entre l'ancienne et la nouvelle Afrique du Sud: tous ceux qui qui jusqu'&agrave; r&eacute;cemment &eacute;taient demeur&eacute;s &agrave; l'arri&egrave;re-plan, ceux qui restaient majoritairement &agrave; la p&eacute;riph&eacute;rie, vou&eacute;s &agrave; n'&ecirc;tre que des ind&eacute;sirables &agrave; d&eacute;placer ou &agrave; conduire en prison, peuvent maintenant sortir de l'ombre pour s'avancer sur la sc&egrave;ne nationale. Ils remplacent d&eacute;sormais les ma&icirc;tres, devenant des acteurs, donnant le La du changement de th&egrave;me du pouvoir.Leurs aspirations vont maintenant recevoir une priorit&eacute; d'attention. Ce sont eux qui doivent maintenant faire valoir les opportunit&eacute;s et les possibilit&eacute;s qu'offre la culture. Personne ne peut mettre en question la n&eacute;cessit&eacute; d'une redistribution des ressources et des privil&egrave;ges. Mais tout cela n'est qu'&eacute;ducation et am&eacute;nagements. L'id&eacute;e directrice &agrave; garder &agrave; l'esprit est tout simplement la justice sociale: comment, avec le tempo acc&eacute;l&eacute;r&eacute; du changement, produire l'&eacute;quilibre fin et dynamique entre les programmes d'am&eacute;lioration et les comp&eacute;tences d&eacute;pass&eacute;es - tout en &eacute;vitant le d&eacute;daigneux syst&egrave;me des quotas de l'"affirmative action". Il faut comprendre qu'une approche p&eacute;dagogique ne conduira pas &agrave; une confusion entre art, sociologie et ethnographie ou &agrave; un nivellement hypocrite des arts et des talents.<br /> La justice sociale imp&eacute;rative est la premi&egrave;re loi de la nation. Mais la conscience d'une identit&eacute; culturelle est &eacute;galement une exp&eacute;rience partag&eacute;e, un sentiment de groupe. Il n'y a rien de r&eacute;pr&eacute;hensible &agrave; &ecirc;tre simultan&eacute;ment Afrikander, Sud-Africain et Africain par exemple. L'acuit&eacute; de la prise de conscience et l'adaptabilit&eacute; requise sont certainement parmi les d&eacute;fis les plus remarquables de notre milieu.<br /> L'acte cr&eacute;ateur est &agrave; la fois une exp&eacute;rience individuelle et universelle, et pour cela nous avons besoin d'espaces libres, d'autres permutations de l'harmonie dynamique, de critique, d'apostasie et d' anarchie. Les disciplines, les probl&egrave;mes, et jusqu'&agrave; un certain point m&ecirc;me les th&egrave;mes et les motivations de la cr&eacute;ativit&eacute; - l'interpr&eacute;tation, la mise en forme, l'auto-connaissance et l'auto-destruction, la fabrication de l'autre - ont partout et toujours &eacute;t&eacute; les m&ecirc;mes. Et toujours et en tous lieux, ces activit&eacute;s furent consid&eacute;r&eacute;s comme &eacute;tant, socialement et &eacute;conomiquement, un luxe et m&ecirc;me un fardeau pour la soci&eacute;t&eacute;. Pourtant, depuis que l'homme a commenc&eacute; &agrave; s'observer, la cr&eacute;ation aura &eacute;t&eacute; le souffle souterrain de la communaut&eacute;, l'option qui lui est donn&eacute;e de s'entretenir avec l'obscurit&eacute;, la route conduisant &agrave; une d&eacute;couverte rythm&eacute;e de soi, le p&egrave;lerinage divin, l'adjuration murmur&eacute;e du soleil et de la lune, la croyance visc&eacute;rale que notre vie rena&icirc;t de mort en mort, de nulle-part en rien, mais que nous faisons avancer plus avant cette connaissance dans l'exploration de la vie.<br /> Ne nous laissons pas troubler par le plastronnage des vieux renards de l'Acad&eacute;mie, ou par ces plus jeunes commissaires politiques avec leur fatuit&eacute; en panache: quand la marmite bout, il est normal qu'il y ait une mont&eacute;e d'&eacute;cume. Mais nous aurons &agrave; r&eacute;sister solidement, comme <a href="/cgi-bin/nph-htsearch?words=Lionel+Abrahams&amp;config=lettres_htdig&amp;method=and&amp;format=builtin-long&amp;sort=score">Lionel Abrahams</a> nous le dit dans une r&eacute;cente parution du magazine <b>Leadership</b>:<br /> "Ils ont fait appel &agrave; plusieurs "structures" pour s'occuper de la culture et con&ccedil;u d'innombrables plans, propositions et proph&eacute;ties document&eacute;es, toutes reposant apparemment sur le pr&eacute;suppos&eacute; que les activit&eacute;s telles que la cr&eacute;ation po&eacute;tique, les oeuvres de fiction, les pi&egrave;ces de th&eacute;&acirc;tre, la sculpture, la peinture et la musique sont toutes gouvern&eacute;es par le r&eacute;sultat de d&eacute;bats th&eacute;oriques et de d&eacute;cisions prises en commun, au lieu d'&ecirc;tre essentiellement affaire de choix et de d&eacute;couverte par chaque artiste individuellement."<br /> Car il reste encore &agrave; d&eacute;couvrir les qualit&eacute;s de ce pays. Sp&eacute;cialement sous la sombre aile de notre si&egrave;cle, alors qu'un ciel lourd rend les arbres plus bas. Lorsque le brouillard se dissipera, il nous faudra encore descendre jusqu'&agrave; la mer. Nous devrons &eacute;couter les histoires cach&eacute;es de la montagne et d&eacute;chiffrer les empreintes des pas de ceux qui nous pr&eacute;c&eacute;d&egrave;rent, qui disparurent en ne laissant que les traces de leurs codes secrets qui renferment l'euphorie et l'&eacute;pouvante de l'exorcisme; eux qui choisirent de ne pas se laisser p&eacute;trifier de terreur par un pouvoir qui ne d&eacute;truit si bien que pour conserver la mis&egrave;re de diriger. Parce que nous avons encore &agrave; an&eacute;antir le pouvoir, non par le biais d'un contre-pouvoir, mais par le flux conscient et inconscient &agrave; la fois de la tol&eacute;rance et de l'harmonie. B&ecirc;tes, humains, divins. . . avec nos d&eacute;fauts et nos craintes, mais sachant aussi que nous nous sommes r&ecirc;v&eacute;s libres agents de la transformation. Nous devrons apprendre encore comment la lumi&egrave;re se marie toujours aux gouffres des t&eacute;n&egrave;bres, comment la lame du silence p&eacute;n&egrave;tre dans le coeur pour devenir mots. Et le grand rire, tel que <a href="/cgi-bin/nph-htsearch?words=Nietzsche&amp;config=lettres_htdig&amp;method=and&amp;format=builtin-long&amp;sort=score">Nietzsche</a> l'affirmait, comme vision lyrique de la r&eacute;alit&eacute;, est peut-&ecirc;tre l'unique limite qui nous soit donn&eacute;e pour &eacute;tablir une &eacute;quit&eacute; entre le vide, le grand au-del&agrave; et notre ici-et-maintenant.</p> <h5>&#91; &copy;  <a href="/cgi-bin/nph-htsearch?words=Breyten+Breytenbach&amp;config=lettres_htdig&amp;method=and&amp;format=builtin-long&amp;sort=score">Breyten Breytenbach</a> 1996 &#93;</h5> <p><br /></p><hr/><ul> <li><a href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/external-search/?mode=blended&amp;tag=republiquedeslet&amp;keyword=Breytenbach" target="librairie" onclick="setWin('librairie',700,500)">Breytenbach en librairie</a> <img src="/images/star.gif" width="15" height="16" alt="Breytenbach"/> </li></ul><p> </p> <hr/> <form action="/cgi-bin/nph-htsearch" method="post"> <p><br /><b><a href="http://www.republique-des-lettres.com">R&eacute;publique Internationale des Lettres</a> </b> <input type="hidden" name="method" value="and" /> <input type="hidden" name="format" value="builtin-long" /> <input type="hidden" name="sort" value="score" /> <input type="hidden" name="config" value="lettres_htdig" />  <input type="text" name="words" value="" size="18" maxlength="50" class="rouge" title="Mots-Cles" /> <input type="submit" name="Envoi" value="Chercher" class="bleu" /> <b class="rouge"> | </b> <em> <a href="http://www.republique-des-lettres.com/membres/index.shtml">Abonnement</a></em></p></form><p><br /></p> </div> </body> </html> 
