<HTML> <HEADER> <TITLE>Des pyramides du pouvoir aux r&eacute;seaux de savoirs - Tome 1</TITLE> <META NAME="sentype" CONTENT="report"> </HEADER> <BODY BGCOLOR="#FFFFFF"> <P Align = Center> <A HREF="/somm.html"><IMG SRC="/senat.gif" BORDER=0 ALT="Le Snat"></A> <P> <BR> <A HREF="r97-331-t150.html"> <IMG SRC = "/retour.gif" ALT="Retour" BORDER=0></A> <A HREF="r97-331-t1.html">  <IMG SRC = "/somm.gif" ALT="Sommaire" BORDER=0></A> <A HREF="r97-331-t152.html"> <IMG SRC = "/suite.gif" ALT="Suite" BORDER=0></A>                                              <BR><BR> <h5 Align=left>   <br> <A NAME="toc62"></A>B) L'IMPORTANCE DE L'&Eacute;DUCATION</h5> <p Align=justify> <DL><DT><DD>  Il est &eacute;vident que l'apprentissage par les &eacute;l&egrave;ves des nouvelles techniques d'information et de communication, dans les &eacute;tablissements d'enseignement, peut exercer une influence tr&egrave;s favorable pour l'entr&eacute;e de la France dans la soci&eacute;t&eacute; de l'information. <BR><BR> Deux rapports publi&eacute;s en 1997, r&eacute;dig&eacute;s par des s&eacute;nateurs, se sont pench&eacute;s sur cette importante question : l'un pr&eacute;sent&eacute; au nom de l'OPECST par M. Franck S&eacute;rusclat , s'intitule <i>" De l'&eacute;l&egrave;ve au citoyen "</i>, l'autre, &agrave; l'attention du Premier ministre Alain Jupp&eacute; , a &eacute;t&eacute; consacr&eacute; par M. Alain G&eacute;rard au r&ocirc;le des multim&eacute;dia et des r&eacute;seaux dans l'&eacute;ducation. <BR><BR> Ces deux travaux soulignent l'int&eacute;r&ecirc;t &eacute;ducatif des nouvelles techniques : selon M. S&eacute;rusclat , <i>" les diff&eacute;rentes pratiques tendent &agrave; se rejoindre et contribuent &agrave; l'&eacute;laboration, m&ecirc;me dispers&eacute;s, d'une p&eacute;dagogie de l'autonomie et de la responsabilit&eacute; ".</i> <BR><BR> En effet, d&egrave;s la maternelle, les enfants peuvent avoir avec l'ordinateur un contact de nature ludique (qui permet une initiation). <BR><BR> Celui-ci peut de ce fait constituer un moyen d'apprentissage pr&eacute;coce de la lecture (identification des lettres) et faciliter l'acquisition du vocabulaire de base. <BR><BR> Dans le primaire, des exercices de conjugaison, d'orthographe, de calcul, avec des m&eacute;canismes d'autocorrection peuvent &ecirc;tre con&ccedil;us. Le sentiment de culpabilit&eacute; devant les fautes et ses effets inhibants se trouvent de ce fait att&eacute;nu&eacute;s. Et la perfection des documents sortant de l'imprimante donne &agrave; l'&eacute;l&egrave;ve le go&ucirc;t du travail propre et bien fait. <BR><BR> Dans les disciplines scientifiques, quant &agrave; elles, l'ordinateur permet la visualisation de ph&eacute;nom&egrave;nes qui, auparavant, &eacute;taient seulement d&eacute;crits. <BR><BR> En ce qui concerne l'utilisation d'Internet, son int&eacute;r&ecirc;t est triple : correspondance &eacute;lectronique, recherche documentaire, cr&eacute;ation de pages web. <BR><BR> M. S&eacute;rusclat  tente de r&eacute;sumer ses conclusions en &eacute;crivant qu'<i>" il faut faire de l'ordinateur un nouveau stylo ".</i> En fait, selon ses propres propos, les utilisations p&eacute;dagogiques de l'informatique sont encore beaucoup plus vari&eacute;es : la machine n'est pas seulement un stylo mais aussi un livre, un r&eacute;p&eacute;titeur, un moyen d'expression, d'ouverture et de communication. <BR><BR> Elle favorise l'&eacute;veil, la curiosit&eacute;, l'attention ; provoque l'enthousiasme gr&acirc;ce &agrave; la joie de la d&eacute;couverte personnelle, sous forme ludique, dans un environnement exempt de jugement et de sanctions ext&eacute;rieures. <BR><BR> Les observations - cit&eacute;es par le rapport S&eacute;rusclat  - auxquelles a donn&eacute; lieu l'utilisation du serveur p&eacute;dagogique Rescol, mentionnent &eacute;galement le fait que <i>" les liaisons non lin&eacute;aires entre &eacute;l&eacute;ments d'information rendent possible l'examen d'une question selon de multiples perspectives, ce qui permet aux &eacute;l&egrave;ves d'organiser leur savoir d'une mani&egrave;re qui en facilite la r&eacute;tention et le transfert ".</i> <BR><BR> M. G&eacute;rard, de son c&ocirc;t&eacute;, rappelle que les nouvelles technologies influent sur les deux missions fondamentales de l'&eacute;cole : la transmission du savoir et la socialisation de l'enfant. Elles permettent, de plus, de s'affranchir des contraintes de l'espace pour sortir de la classe. <BR><BR> L'&eacute;l&egrave;ve, plong&eacute; au coeur m&ecirc;me des r&eacute;seaux d'information, devient alors un acteur &agrave; part enti&egrave;re de la modernit&eacute;. <BR><BR> Les quatre types existants de logiciels &eacute;ducatifs - mentionn&eacute;s par le rapport G&eacute;rard - traduisent la diversit&eacute; des utilisations possibles de l'ordinateur, pour : <BR><BR> - la d&eacute;couverte et la recherche d'information ; <BR><BR> - l'apprentissage et l'&eacute;valuation ; <BR><BR> - la simulation et l'exp&eacute;rimentation ; <BR><BR> - la cr&eacute;ation, enfin, et la production de documents. <BR><BR> S'agissant plus particuli&egrave;rement d'enfants handicap&eacute;s ou en difficult&eacute;, les nouvelles techniques peuvent &eacute;galement &ecirc;tre employ&eacute;es selon des approches tutorielles (comme une sorte de r&eacute;p&eacute;titeur), proth&eacute;tiques (pour suppl&eacute;er une fonction d&eacute;ficitaire), r&eacute;&eacute;ducation, ou en tant qu'inducteur de raisonnement et de cr&eacute;ativit&eacute;, outils d'&eacute;criture et de calcul. <BR><BR> Bref, l'am&eacute;lioration des conditions d'enseignement obtenue est telle - selon M. G&eacute;rard - qu'on ne saurait d&eacute;sormais s'en passer. <BR><BR> Le directeur du Media Lab du MIT , Nicholas Negroponte , fait valoir de son c&ocirc;t&eacute;, dans son ouvrage <i>" L'homme num&eacute;rique ",</i> que <i>" le terrain de rencontre entre le travail et le jeu va s'&eacute;largir de mani&egrave;re spectaculaire "</i> tandis que <i>" nous nous &eacute;loignons d'un mode d'enseignement rigide qui s'adressait surtout &agrave; des enfants emmagasinant l'information de mani&egrave;re compulsive, pour nous diriger vers un type d'enseignement plus poreux qui ne trace pas de fronti&egrave;res herm&eacute;tiques entre l'art et la science ".</i> <BR><BR> Il estime que <i>" les enfants peuvent explorer </i>[gr&acirc;ce &agrave; l'informatique] <i>des principes tr&egrave;s complexes par le jeu "</i>. Insistant sur <i>" la joie d'apprendre "</i>, il pense que <i>" l'on apprend surtout par l'exploration, en r&eacute;inventant la roue, en d&eacute;couvrant par soi-m&ecirc;me ". <BR><BR> " L'apprentissage par l'action est devenu la r&egrave;gle plut&ocirc;t que l'exception "</i>. Ainsi, gr&acirc;ce &agrave; la simulation par ordinateur, <i>" il n'est plus n&eacute;cessaire de diss&eacute;quer une grenouille pour tout apprendre &agrave; son sujet... &agrave; la place, on peut demander aux enfants... de jouer avec la grenouille ". <BR><BR> " En jouant avec l'information, notamment des sujets abstraits, le concret prend davantage de sens ".</i> <BR><BR> Soulignant que l'ordinateur permet d'atteindre des enfants ayant des styles cognitifs tr&egrave;s diff&eacute;rents, Negroponte  vante <i>" l'approche constructiviste "</i> (le Lego branch&eacute; sur ordinateur) qui appara&icirc;t comme <i>" un moyen d'apprentissage d'une richesse extraordinaire "</i> permettant &agrave; beaucoup d'enfants pr&eacute;tendument en difficult&eacute; d'apprentissage de s'&eacute;panouir. <BR><BR> D'autres soulignent, &agrave; c&ocirc;t&eacute; de l'int&eacute;r&ecirc;t p&eacute;dagogique des nouvelles techniques d'information et de communication, leurs avantages financiers et pratiques : Michel Serres a ainsi fait valoir, dans <b>Le</b> <b>Monde</b> du 17 d&eacute;cembre 1996, que la p&eacute;dagogie &agrave; distance est dix, voire cent fois moins co&ucirc;teuse que la cr&eacute;ation d'un campus universitaire, dans un contexte o&ugrave; la masse des cr&eacute;dits publics et priv&eacute;s consacr&eacute;s &agrave; l'&eacute;ducation arrive &agrave; saturation ; (ils repr&eacute;sentent en effet le quart du budget de l'Etat, et parfois pr&egrave;s de 50 % des d&eacute;penses d'investissement de certains conseils g&eacute;n&eacute;raux). <BR><BR> M. G&eacute;rard, pour sa part, a rappel&eacute; les avantages th&eacute;oriques (m&ecirc;me si des probl&egrave;mes d'organisation se posent) de l'enseignement &agrave; distance (centralis&eacute; ou de proximit&eacute;), pour la gestion de diff&eacute;rentes options d'enseignement que beaucoup d'&eacute;tablissements ne sont pas en mesure de proposer, dans leur totalit&eacute;, &agrave; leurs &eacute;l&egrave;ves (notamment en mati&egrave;re d'apprentissage des langues &eacute;trang&egrave;res). <BR><BR> Malgr&eacute; ces avantages ind&eacute;niables, certains s'interrogent encore sur l'opportunit&eacute; d'un recours de l'enseignement via Internet. <BR><BR> D'autres soulignent, avec pertinence, que les nouvelles techniques ne constituent ni une fin en soi, ni la panac&eacute;e, et que leur introduction doit s'inscrire dans le cadre d'une r&eacute;flexion p&eacute;dagogique d'ensemble. <BR><BR> Une pol&eacute;mique s'est ainsi d&eacute;velopp&eacute;e dans les colonnes du quotidien <b>Le Monde</b>, &agrave; partir de la publication d'un point de vue de M. Robert Redeker  selon lequel <i>" Internet en milieu scolaire ne rev&ecirc;t aucun int&eacute;r&ecirc;t tant qu'on s'en tient fermement &agrave; la conception r&eacute;publicaine et humaniste de l'&eacute;cole ".</i> <BR><BR> Pour ce professeur de philosophie, fabriquer des internautes ou instituer des citoyens est, pour l'&eacute;cole, une alternative antith&eacute;tique (on ne voit pourtant pas, a priori, pourquoi l'un emp&ecirc;cherait l'autre). Selon lui, la pauvret&eacute; d'Internet s'oppose &agrave; la richesse de la <i>" haute culture livresque ", </i>et l'&eacute;cole de la R&eacute;publique &agrave; celle de Microsoft . De sorte qu'il serait bien plus important d'&eacute;tudier les humanit&eacute;s que de se laisser apprivoiser par l'id&eacute;ologie de Bill Gates, car <i>" sur le web </i>(qui n'a pourtant pas &eacute;t&eacute; invent&eacute; par la firme de Seattle)<i> on ne communique pas, on &eacute;change essentiellement des informations et des banalit&eacute;s "</i>. <i>"&nbsp;Ne faisons pas de l'enfant</i> - conclut-il -<i> un agile animal informaticien </i>(il aura toujours le temps d'apprendre, plus tard, &agrave; se servir des outils correspondants) <i>avant d'en faire un homme ".</i> <BR><BR> Face &agrave; cette th&egrave;se, M. Redeker  parle de <i>" fanatisme technologique&nbsp;"</i>. Tandis que l'auteur d'un des articles du num&eacute;ro d'octobre 1997 du " <b>Monde de l'Education </b>", Luc Cedelle, &eacute;voque, pour sa part, une pr&eacute;tendue vague actuelle de <i>" technol&acirc;trie "</i> selon laquelle <i>" tout ce qui est estampill&eacute; "nouvelle technologie" serait beau, bon et juste par nature ".</i> D&eacute;non&ccedil;ant le m&eacute;li-m&eacute;lo p&eacute;dagogique, incitation au zapping, de certains sites web, il estime que le multim&eacute;dia ne doit &ecirc;tre ni un d&eacute;rivatif (pour faire diversion au ch&ocirc;mage), ni une utopie (comme l'industrie lourde dans la mythologie communiste). Mais il ne d&eacute;nigre pas pour autant ce <i>" formidable outil de courrier &eacute;lectronique et de recherche documentaire... premier espace plan&eacute;taire de communication "</i> que constitue Internet et dont toutes les cons&eacute;quences ne peuvent pas encore &ecirc;tre discern&eacute;es. <BR><BR> R&eacute;pondant &agrave; Robert Redeker  dans un num&eacute;ro post&eacute;rieur du <b>Monde</b>, Bernard Ma&icirc;tre, directeur g&eacute;n&eacute;ral de CDC  Innovation, fait valoir que <i>" Tenir Internet en dehors de l'&eacute;cole est &eacute;videmment le moyen le plus s&ucirc;r, le plus efficace et le moins co&ucirc;teux, de livrer des g&eacute;n&eacute;rations enti&egrave;res de jeunes au mod&egrave;le de la soumission "</i>. De sorte qu'il se livre &agrave; l'&eacute;loge de <i>" la croyance dans les vertus de l'&eacute;change "</i> qui permet d'instituer les communaut&eacute;s sur Internet. <BR><BR> Pour autant, il faut le souligner : tous les d&eacute;bats relatifs aux usages p&eacute;dagogiques des nouvelles techniques d'information et de communication ne sont pas aussi manich&eacute;ens. <BR><BR> Certaines critiques, tout d'abord, ne remettent pas en cause le principe m&ecirc;me de leur utilisation, m&ecirc;me si elles tendent &agrave; en souligner certaines imperfections actuelles : <BR><BR> &#183;  S'agissant du multim&eacute;dia <i>" int&eacute;gr&eacute; "</i> (CD ROM), sont ainsi parfois regrett&eacute;s la m&eacute;diocrit&eacute; de certaines r&eacute;alisations (visites virtuelles de mus&eacute;es, par exemple, ne d&eacute;passant pas le stade du gadget et souffrant de la mauvaise qualit&eacute; de l'image ; d&eacute;calage entre les s&eacute;quences anim&eacute;es et le commentaire correspondant), les co&ucirc;ts &eacute;lev&eacute;s de production (pour les petites s&eacute;ries) et d'&eacute;quipement (lecteurs), l'imbrication encore insuffisante entre les genres associ&eacute;s (&eacute;dition et audiovisuel, &eacute;ducation et jeu...), l'absence de m&eacute;thodes de d&eacute;veloppement d'applications &agrave; vis&eacute;e exclusivement p&eacute;dagogique, etc. <BR><BR> &#183;  Concernant le multim&eacute;dia <i>" r&eacute;parti "</i> (Internet), ce n'est que r&eacute;cemment qu'une extension du langage HTML a permis un niveau d'interactivit&eacute; compatible avec des applications p&eacute;dagogiques (gr&acirc;ce &agrave; des programmes sp&eacute;cifiques de traitement d'information qui communiquent avec le serveur en utilisant une interface normalis&eacute;e dite <i>" Common Gateway</i> <i> Interface "</i> ou CGI ). Cependant, &eacute;tant donn&eacute;es les possibilit&eacute;s r&eacute;duites de pr&eacute;sentation, d'animation ou de simulation, les applications sur le web paraissent, pour le moment, beaucoup moins riches que celles d&eacute;velopp&eacute;es &agrave; l'aide d'un syst&egrave;me auteur. Mais bient&ocirc;t, les navigateurs devraient int&eacute;grer des interpr&eacute;teurs (notamment du langage Java) permettant de transmettre, en m&ecirc;me temps que les informations demand&eacute;es, des programmes (applets) ex&eacute;cut&eacute;s directement par la machine client (notamment pour ce qui concerne l'animation d'images) sans connexion avec le serveur. <BR><BR> &#183;  Enfin, les logiciels auteurs, qui servent d'interm&eacute;diaires entre les sp&eacute;cialistes de la technique et du contenu, ne sont pas non plus exempts de toute critique. Ceux de la premi&egrave;re g&eacute;n&eacute;ration &eacute;taient souvent complexes et n&eacute;cessitaient donc une forte implication des utilisateurs (ex : Director). <BR><BR>  Plus intuitifs ou sp&eacute;cialis&eacute;s, ceux de la deuxi&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration n'en pr&eacute;sentent pas moins des limites : impossibilit&eacute; de visualiser des <i>"&nbsp;Applets "</i> Java pour Adobe, ou possibilit&eacute;s cr&eacute;atrices r&eacute;duites, en l'absence de v&eacute;ritable programmation, pour Hyperstudio. <BR><BR> D'un point de vue p&eacute;dagogique, d'autre part, une enqu&ecirc;te r&eacute;cente, publi&eacute;e par le magazine am&eacute;ricain <b>Atlantic Monthly</b>, conclut que le bon usage de l'informatique &agrave; l'&eacute;cole requiert autant de circonspection que d'enthousiasme. <BR><BR> Certes - et c'est sans doute le principal -, les enfants adorent manier cet outil et se montrent aussi enthousiastes que motiv&eacute;s &agrave; son endroit. Le probl&egrave;me, selon le reportage intitul&eacute; <i>" l'illusion informatique "</i>, est de savoir ce qu'ils apprennent vraiment. <BR><BR> Il est vrai que pour les petits, l'exp&eacute;rience sensorielle est tr&egrave;s limit&eacute;e et la repr&eacute;sentation d'un objet en trois dimensions ne saurait remplacer le toucher et la manipulation. <BR><BR> Par ailleurs, l'apprentissage logiciel et la plong&eacute;e dans le virtuel finissent par donner aux enfants un mode de pens&eacute;e non s&eacute;quentiel qui les conduit - selon l'enqu&ecirc;te de Todd Oppenheimer  - &agrave; mal discerner les liens de causalit&eacute; ou &agrave; consid&eacute;rer la r&eacute;alit&eacute; comme importune. <BR><BR> Enfin, l'usage du couper-copier-coller inciterait les &eacute;l&egrave;ves, d'apr&egrave;s Oppenheimer , &agrave; faire des montages de textes plut&ocirc;t qu'&agrave; &eacute;laborer une r&eacute;flexion personnelle. <BR><BR> Il ressort de ces r&eacute;flexions, pour la plupart nuanc&eacute;es, des conclusions de bon sens, auxquels les personnes sens&eacute;es, ni technol&acirc;tres ni technophobes, ne peuvent que souscrire. En tout &eacute;tat de cause, elles ne remettent pas en cause l'usage des nouveaux outils concern&eacute;s dans l'enseignement. <BR><BR> Ce sont des techniques perfectibles, qui ne sont pas la panac&eacute;e, certes, de sorte que leurs projets d'utilisation doivent s'inscrire dans le cadre d'une r&eacute;flexion p&eacute;dagogique d'ensemble, pr&eacute;venu qu'il est d&eacute;sormais exclu de s'en passer et qu'il s'agit d'une priorit&eacute; essentielle. <BR><BR> Il existe, tout d'abord, une forte ad&eacute;quation entre les possibilit&eacute;s offertes par les nouvelles techniques et ce que doivent &ecirc;tre, &agrave; mon sens, de tout temps, les objectifs essentiels de la p&eacute;dagogie : <BR><BR> - susciter le d&eacute;sir d'apprendre chez l'&eacute;l&egrave;ve ; <BR><BR> - respecter son individualit&eacute;. <BR><BR> C'est &agrave; partir du respect de ces deux imp&eacute;ratifs fondamentaux que l'&eacute;ducation peut le mieux remplir ses missions : l'acquisition de savoirs, d'une part, et de l'autre la socialisation, deux missions auxquelles j'aurais personnellement tendance &agrave; ajouter l'&eacute;veil des facult&eacute;s cr&eacute;atrices de l'&eacute;l&egrave;ve. <BR><BR> On peut ainsi se ranger &agrave; l'avis de Philippe BRETON qui &eacute;crivait dans " l'Utopie de la communication " : <i>" Le processus &eacute;ducatif n'est pas d'abord une affaire d'acc&egrave;s au savoir mais bien plut&ocirc;t une mani&egrave;re de poser la question fondamentale, du <b>d&eacute;sir de savoir</b>. Am&eacute;liorer l'acc&egrave;s ... ne changera pas une virgule &agrave; la situation du d&eacute;sir de savoir qui doit animer l'&eacute;l&egrave;ve ".</i> <BR><BR> Il est donc essentiel que les outils d'acc&egrave;s au savoir &eacute;veillent le d&eacute;sir d'acqu&eacute;rir de nouvelles connaissances. Or, nul ne conteste le fait que les enfants ont un contact spontan&eacute; facile avec l'ordinateur et qu'ils l'utilisent avec plaisir, voire avec enthousiasme. <BR><BR> Dans <i>" l'Homme num&eacute;rique ", </i>Nicolas NEGROPONTE  &eacute;voque, on l'a vu, la joie d'apprendre <i>" que peut provoquer chez un enfant l'approche constructrice " </i>de la connaissance permise par l'informatique. <BR><BR> A Jean-Louis GASSEE  qui, dans <b>Lib&eacute;ration</b>, contestait le concept am&eacute;ricain <i>" d'&eacute;dutainment ", " comme si l'on pouvait apprendre - s'exclamait-il - quand on est distrait ", </i>NEGROPONTE  r&eacute;pond, indirectement, que <i>" les enfants peuvent explorer des principes tr&egrave;s complexes par le jeu ". </i>Afin de d&eacute;montrer que les activit&eacute;s ludiques, loin de distraire l'enfant, peuvent mobiliser au contraire toutes ses facult&eacute;s intellectuelles, il cite la r&eacute;ponse, tr&egrave;s prosa&iuml;que, faite &agrave; une journaliste visitant le Media Lab par un gar&ccedil;on de huit ans d'une classe Lego/Logo, selon laquelle les jeux informatiques, <i>" c'est rigolo, mais c'est pas de la tarte ".</i> <BR><BR> Joie d'apprendre, plaisir de d&eacute;couvrir par soi-m&ecirc;me, en s'amusant, y-a-t-il de meilleures fa&ccedil;ons de susciter le d&eacute;sir de savoir ? <BR><BR> La deuxi&egrave;me priorit&eacute; &eacute;ducative de base que les moyens informatiques permettent de satisfaire, consiste &agrave; replacer l'&eacute;l&egrave;ve ou l'&eacute;tudiant au centre du syst&egrave;me &eacute;ducatif. <i>" La technologie permet non seulement l'abondance du savoir - souligne Antoine REVERCHON</i> <i> dans " Le Monde de l'Education " - mais aussi l'individualisation de sa transmission. "</i> <BR><BR> De son c&ocirc;t&eacute;, Jean-Claude MAROT  estime, dans le magazine <b>T&eacute;l&eacute;travail</b> que <i>" les usages p&eacute;dagogiques des technologies de communication impliquent une rupture avec la conception traditionnelle de la formation, essentiellement centr&eacute;e sur l'enseignant, pour s'orienter vers une p&eacute;dagogie plus centr&eacute;e sur l'apprenant ". " Remettre le form&eacute; au centre de la formation " </i>appara&icirc;t, selon lui, comme une r&eacute;volution copernicienne. <BR><BR> Cet objectif de recentrage sur l'&eacute;l&egrave;ve, d&eacute;sormais inscrit dans la loi, implique un travail plus autonome dans les cycles de base, suppose des dispositifs de soutien et des parcours diff&eacute;renci&eacute;s au coll&egrave;ge, et sollicite le t&eacute;l&eacute;-enseignement de mati&egrave;res &agrave; option au lyc&eacute;e. <BR><BR> D&egrave;s 1964, CROWDER  a substitu&eacute; &agrave; l'enseignement programm&eacute; dit <i>" lin&eacute;aire " </i>de Skinner, un enseignement programm&eacute; dit <i>"&nbsp;ramifi&eacute;&nbsp;"</i> permettant &agrave; l'apprenant un cheminement individualis&eacute; en fonction de ses &eacute;checs ou de ses succ&egrave;s. <BR><BR> Le syst&egrave;me Newspeak du CNES  permet ainsi &agrave; un &eacute;l&egrave;ve de choisir, en fonction de son parcours p&eacute;dagogique, une unit&eacute; de cours de langue &agrave; diffusion restreinte, et de suivre cet enseignement &agrave; son propre rythme, avec une totale autonomie. <BR><BR> Dans le sup&eacute;rieur, se d&eacute;veloppe, par ailleurs, un concept d'enseignement sur mesure m&eacute;diatis&eacute; (cours d'informatique personnalis&eacute;s dans les universit&eacute;s am&eacute;ricaines, programmes sur mesure de la t&eacute;l&eacute;universit&eacute; du Qu&eacute;bec, mise au point, &agrave; l'universit&eacute; Joseph FOURIER  de Grenoble, d'un logiciel de gestion de parcours individualis&eacute; de formation comportant, notamment, des instruments d'auto&eacute;valuation...). <BR><BR> Le t&eacute;l&eacute;-enseignement se recentre &eacute;galement sur l'&eacute;l&egrave;ve gr&acirc;ce &agrave; l'interactivit&eacute; : le t&eacute;l&eacute;phone, la t&eacute;l&eacute;copie ou le Minitel permettent des liaisons entre les sites de r&eacute;ception des vid&eacute;otransmissions du CNED  et les installations d'&eacute;mission du Futuroscope. La Business School de l'Open University britannique a ainsi d&eacute;velopp&eacute; un service de tutorat assist&eacute; par t&eacute;l&eacute;matique dans toute l'Europe, gr&acirc;ce &agrave; la mise en place de liaisons informatiques avec les &eacute;tudiants. <BR><BR> Favorisant ainsi la r&eacute;alisation des deux objectifs de base de toute p&eacute;dagogie, susciter le d&eacute;sir d'apprendre et respecter la personnalit&eacute; de chaque &eacute;l&egrave;ve, les nouvelles techniques n'en peuvent que mieux faciliter l'accomplissement par le syst&egrave;me d'&eacute;ducation et de formation de ses deux missions traditionnelles : la transmission du savoir et la socialisation au sens large de l'&eacute;l&egrave;ve (qui passe par l'ouverture &agrave; la soci&eacute;t&eacute; et au monde). <BR><BR> De sorte que les nouvelles technologies d'information et de communication sont susceptibles d'am&eacute;liorer l'efficacit&eacute; de la transmission du savoir &agrave; la fois d'un point de vue quantitatif et mat&eacute;riel, et sur le plan qualitatif. <BR><BR> En m&ecirc;me temps que l'individualisation de ses modes d'acquisition (cf. supra), la technologie permet &eacute;galement l'abondance du savoir. Le r&eacute;seau est d'abord un d&eacute;multiplicateur puissant de l'acc&egrave;s aux ressources. <BR><BR> Dans ce domaine aussi, la puissance est d&eacute;connect&eacute;e du nombre : le rayonnement d'un &eacute;tablissement d'enseignement devient ind&eacute;pendant de la quantit&eacute; de ses professeurs ; l'influence d'un enseignant n'est plus li&eacute;e &agrave; la somme de ses heures de cours ou aux m&egrave;tres carr&eacute;s de l'amphith&eacute;&acirc;tre dans lequel il professe. L'&eacute;ducation est ainsi affranchie des contraintes de distance, de locaux et de temps. <BR><BR> Environ 350.000 personnes suivent, en France et &agrave; l'&eacute;tranger, les &eacute;missions du CNED , dont 100.000 avec des possibilit&eacute;s d'interactions. Sur un total d'environ 160.000 &eacute;tudiants de l'Open University, plus de 8.000 (2.750 en Eire et 5.500 en Europe de l'Ouest) sont ext&eacute;rieurs au Royaume-Uni. <BR><BR> L'Universit&eacute; de Floride (FIU  : Floride International University) permet d'obtenir &agrave; distance, gr&acirc;ce aux technologies multim&eacute;dia, le MIB (Master of International Business). On voit aussi appara&icirc;tre des institutions fonctionnant uniquement sur Internet comme l'International University. <BR><BR> Outre les avantages du t&eacute;l&eacute;-enseignement, les nouvelles technologies peuvent aussi offrir aux enseignants un gain de temps en les d&eacute;chargeant des t&acirc;ches r&eacute;p&eacute;titives ou de certaines corrections gr&acirc;ce &agrave; des didacticiels ou &agrave; des logiciels &eacute;ducatifs adapt&eacute;s (exercices r&eacute;p&eacute;titifs, autocorrection, auto-&eacute;valuation, auto-formation...). <BR><BR> La d&eacute;multiplication de l'acc&egrave;s au savoir s'en trouve d&egrave;s lors accentu&eacute;e. <BR><BR> Quantitativement, l'accroissement consid&eacute;rable de la masse des connaissances accessibles constitue donc l'apport le plus &eacute;vident des nouvelles techniques d'information et de communication. Qualitativement, outre leur contribution certaine, d&eacute;j&agrave; &eacute;voqu&eacute;e, &agrave; la motivation des &eacute;l&egrave;ves (joie d'apprendre par une forme ludique de d&eacute;couverte), leur concours &eacute;ducatif le plus manifeste est li&eacute; aux possibilit&eacute;s d'interaction et de combinaisons multim&eacute;dia qu'elles offrent. <BR><BR> L'interactivit&eacute; d&eacute;finie par Louis CHAMMING'S, chercheur &agrave; l'INA , comme la possibilit&eacute; offerte &agrave; l'&eacute;l&egrave;ve d'ajuster en temps r&eacute;el sa relation &agrave; son environnement &eacute;ducatif, est - selon lui - <i>" un des apports les plus incontestables des outils p&eacute;dagogiques, notamment dans le cadre de la formation &agrave; distance ".</i> <BR><BR> Elle favorise, on l'a vu, la personnalisation de l'enseignement et de la formation. Elle est nouvelle en ce qu'elle cr&eacute;e une interaction soit, &agrave; travers les r&eacute;seaux, entre deux ou plusieurs personnes, soit entre l'individu et la machine, capable de r&eacute;troaction (communication entre l'utilisateur et la machine elle-m&ecirc;me rendue op&eacute;rationnelle par un logiciel). <BR><BR> Cette derni&egrave;re forme d'interactivit&eacute; oblige &agrave; concevoir des produits qui anticipent, dans la mesure du possible, toutes les r&eacute;actions potentielles de l'&eacute;l&egrave;ve. <BR><BR> Il en r&eacute;sulte, en retour, une am&eacute;lioration de la compr&eacute;hension des actes d'apprentissage (processus dit de "metacognition") &agrave; travers l'&eacute;tude des r&eacute;actions des enseign&eacute;s. <BR><BR> Le multim&eacute;dia offre &eacute;galement d'autres possibilit&eacute;s int&eacute;ressantes : Selon le num&eacute;ro, pr&eacute;cit&eacute;, des dossiers de l'audiovisuel de septembre-octobre 1997, ses deux principaux atouts sont la <b>multimodalit&eacute;</b> (appel simultan&eacute; &agrave; plusieurs fonctions sensorielles) et le <b>principe de contigu&iuml;t&eacute;</b> (qui permet de pr&eacute;senter textes, sons et images de fa&ccedil;on associ&eacute;e plut&ocirc;t que s&eacute;quentielle). <BR><BR> L'image, on l'a vu, poss&egrave;de des vertus p&eacute;dagogiques. En sciences physiques, les exp&eacute;riences peuvent &ecirc;tre pr&eacute;par&eacute;es par simulation, ce qui en am&eacute;liore les r&eacute;sultats et la compr&eacute;hension. L'apprentissage des math&eacute;matiques peut &ecirc;tre facilit&eacute;, quant &agrave; lui, par la repr&eacute;sentation visuelle anim&eacute;e de certains ph&eacute;nom&egrave;nes (&eacute;volutions en fonction d'une variable ou de divers param&egrave;tres) qui en donnent une id&eacute;e plus concr&egrave;te et plus vivante. <BR><BR> A c&ocirc;t&eacute; de la transmission du savoir, l'&eacute;ducation a traditionnellement aussi pour mission de veiller &agrave; la <i>" socialisation " </i>de l'enfant (autrement dit, &agrave; son insertion dans la soci&eacute;t&eacute;). Cette fonction doit &ecirc;tre d&eacute;sormais &eacute;tendue au sens large d'ouverture au monde. <BR><BR> Le lien social se cr&eacute;e d'abord dans la communaut&eacute; de base qu'est la classe, entre les enfants et avec le monde des adultes, repr&eacute;sent&eacute; par l'encadrement p&eacute;dagogique.  <BR><BR> L'ouverture sur la soci&eacute;t&eacute;, celle de son pays et des autres nations, se fait &agrave; travers les activit&eacute;s d'&eacute;veil et de d&eacute;couverte. <BR><BR>  De ces diff&eacute;rents points de vue, l'apport des technologies d'information et de communication peut &ecirc;tre pr&eacute;cieux. Le travail en &eacute;quipe tout d'abord devrait s'en trouver favoris&eacute;. <BR><BR>  <i>" Le r&eacute;seau n'est pas seulement un d&eacute;multiplicateur puissant de l'acc&egrave;s aux ressources - </i>est-il rappel&eacute; dans les dossiers de l'audiovisuel<i> - c'est aussi un outil de communication horizontale entre &eacute;l&egrave;ves, entre classes, entre &eacute;tablissements... ". </i>Il contribue, par l'enseignement &agrave; distance, &agrave; la socialisation d'&eacute;tudiants traditionnellement isol&eacute;s (handicap&eacute;s, sportifs de haut niveau en comp&eacute;tition). <BR><BR> Il facilite, en les rendant plus vivantes, l'&eacute;ducation &agrave; la citoyennet&eacute; et l'ouverture au monde, notamment gr&acirc;ce aux CD ROM &eacute;ducatifs et &agrave; Internet. <BR><BR> Plusieurs exemples peuvent illustrer ces possibilit&eacute;s : <BR><BR> n  les cyber&eacute;coles du Vercors permettent, &agrave; travers Internet ou le r&eacute;seau buissonnier local, de relier ou de faire travailler en groupe (avec le logiciel Lotus Notes) des classes de villages isol&eacute;s en hiver par la neige, des enfants handicap&eacute;s ou en difficult&eacute;, des sportifs de haut niveau en d&eacute;placement pour des comp&eacute;titions ; <BR><BR> n  l'universit&eacute; de Floride pr&eacute;voit, dans le cadre de la pr&eacute;paration &agrave; distance du MIB (Master of International Business), un travail de groupes sur des cas d'entreprises au moyen d'Internet (avec forums, utilisation de messageries, de tableurs, des pr&eacute;sentations Freelance ou Powerpoint) ; <BR><BR> n  concernant les CD ROM, la plupart des &eacute;diteurs en prolongent le contenu par un site Internet. TLC Edusoft  compte cr&eacute;er prochainement un syst&egrave;me d'&eacute;changes et de dialogue entre classes utilisant les CD ROM et sa collection. <BR><BR>  De fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale, l'utilisation de l'ordinateur, loin d'isoler l'&eacute;l&egrave;ve, d&eacute;veloppe au contraire, par l'interactivit&eacute;, ses relations et provoque une sorte de mutualisation de l'apprentissage. <BR><BR> Aux deux missions traditionnelles de l'&eacute;ducation que sont la transmission du savoir et la socialisation, il me semble important, particuli&egrave;rement dans le monde d'aujourd'hui, d'en ajouter une troisi&egrave;me, dont l'accomplissement est &eacute;galement stimul&eacute; par les nouvelles techniques : <b>l'&eacute;veil de la cr&eacute;ativit&eacute;</b>. <BR><BR> Sans doute n'insiste-t-on pas assez dans notre syst&egrave;me d'enseignement sur cette facult&eacute; si n&eacute;cessaire &agrave; une soci&eacute;t&eacute; dont l'avenir ne d&eacute;pend pas seulement de la transmission de connaissances d&eacute;j&agrave; acquises, mais aussi de la cr&eacute;ation de nouveaux savoirs. <BR><BR> L'innovation, on l'a vu, est devenue un facteur essentiel de comp&eacute;titivit&eacute; &eacute;conomique. <BR><BR> L'&eacute;ducation doit y pr&eacute;disposer l'&eacute;l&egrave;ve en d&eacute;veloppant son imagination et sa cr&eacute;ativit&eacute;, sans que cela se fasse, bien s&ucirc;r, au d&eacute;triment de la rigueur et de la ma&icirc;trise des connaissances. Or, le potentiel des nouvelles techniques est particuli&egrave;rement bien adapt&eacute; &agrave; la r&eacute;alisation de cet objectif.  <BR><BR> Pour NEGROPONTE , on l'a vu, nous nous dirigeons, gr&acirc;ce &agrave; elles, vers un type d'enseignement qui ne trace pas de fronti&egrave;res herm&eacute;tiques entre l'art et la science et fait appel &agrave; l'apprentissage par l'exploration et par l'action. <BR><BR> Les syst&egrave;mes multim&eacute;dias efficaces doivent &ecirc;tre des aides &agrave; la construction des connaissances et pas seulement de simples distributeurs d'information. <BR><BR> PAPERT , l'un des responsables, avec NEGROPONTE , du M&eacute;dia Lab du M.I.T. a, de fa&ccedil;on pertinente, oppos&eacute; " <i>l'instructionnisme </i>", qui suppose que les sujets soient des r&eacute;ceptacles passifs au "&nbsp;<i>constructionnisme </i>", qui en fait des constructeurs de connaissances partag&eacute;es avec d'autres. "<b> <i>On ne peut pas apprendre simplement en recevant - </i></b><i>souligne Jo&euml;l de ROSNAY -<b> comme l'a montr&eacute; PIAGET</b></i> <b><i> depuis longtemps, on apprend en recr&eacute;ant. Une &eacute;ducation moderne doit &ecirc;tre &agrave; la fois personnelle et recr&eacute;&eacute;e dans un environnement changeant</i></b>. " <BR><BR> Les activit&eacute;s &eacute;ducatives, pour &ecirc;tre cr&eacute;atrices, supposent que soient donn&eacute;s aux enfants des moyens d'expression : aujourd'hui, le vieux journal scolaire du mouvement Freynet  devient cr&eacute;ation de pages multim&eacute;dias sur le Web. Le but poursuivi, dans ce cas, est aussi la communication ; il s'agit donc, en m&ecirc;me temps, d'une contribution &agrave; la mission &eacute;ducative de socialisation &eacute;voqu&eacute;e pr&eacute;c&eacute;demment. <BR><BR> L'&eacute;ducation doit faire appel, bien entendu, non seulement &agrave; la cr&eacute;ativit&eacute; de l'&eacute;l&egrave;ve, mais aussi &agrave; celle de l'enseignant et de ceux qui con&ccedil;oivent, avec lui, les outils informatiques multim&eacute;dias de notre &eacute;poque (les auteurs concern&eacute;s laissent aux utilisateurs souvent une grande libert&eacute; de cr&eacute;ation dans l'adaptation &agrave; leurs besoins p&eacute;dagogiques de la pr&eacute;sentation aux &eacute;l&egrave;ves des applications qu'ils ont imagin&eacute;es, mais la ma&icirc;trise de techniques de programmation complexe est parfois n&eacute;cessaire). <BR><BR> Eveil du d&eacute;sir de savoir, personnalisation de l'enseignement, transmission du savoir, socialisation et ouverture au monde, stimulation de la cr&eacute;ativit&eacute; : les nouvelles techniques favorisent la poursuite de ces diff&eacute;rents objectifs, mais ne suffisent pas &agrave; les atteindre. De sorte que leur utilisation, aujourd'hui indispensable, doit s'inscrire dans le cadre d'une vaste r&eacute;novation de notre syst&egrave;me &eacute;ducatif. <BR><BR> Les nouvelles techniques sont une condition n&eacute;cessaire, mais non suffisante de l'&eacute;ducation d'aujourd'hui. <BR><BR> Les auteurs des dossiers de l'audiovisuel de l'automne 97 en soulignent, &agrave; de nombreuses reprises, les limites, en m&ecirc;me temps que l'int&eacute;r&ecirc;t ; elles ne sauraient remplacer ni le livre, ni le professeur, ni le contact avec la r&eacute;alit&eacute;. <BR><BR> Cette conclusion revient dans de nombreux propos : " <b><i>Ces outils ne remplacent ni le livre, ni le professeur, mais leur sont compl&eacute;mentaires</i>... </b>", est-il affirm&eacute; en introduction. <BR><BR> " <b><i>Je ne veux pas donner &agrave; croire que les nouvelles technologies &eacute;ducatives pourraient se substituer au professeur </i></b><i>" &eacute;crit plus loin le responsable du d&eacute;partement de l'innovation de l'I.N.A. " <b>Les supports &eacute;lectroniques ne remplaceront pas l'enseignant, ni d'ailleurs le livre&nbsp;: " Ils viennent en compl&eacute;ment de ces deux supports de savoirs</b></i><b>...</b>"  <BR><BR> Dans la m&ecirc;me optique, un des dirigeants de LIRIS interactive (filiale de Havas ) d&eacute;clare : " <i>Nous sommes tous convaincus que le multim&eacute;dia, pas plus que la radio ou la t&eacute;l&eacute;vision en leur temps n'est la panac&eacute;e... Il ne remplacera pas le livre, c'est certain : il permet de distribuer et de vendre des contenus sous des formes diversifi&eacute;es avec utilisateurs </i>". <BR><BR> " <b><i>L'outil multim&eacute;dia n'enseigne pas</i></b><i>, observe de son c&ocirc;t&eacute; Antoine REVERCHON</i> <i>, dans Le monde de l'Education. <b>Il appuie l'&eacute;l&egrave;ve dans sa d&eacute;marche d'analyse d'un savoir, de compr&eacute;hension d'une donn&eacute;e sous diverses formes. La connaissance au final, n'est qu'une retomb&eacute;e de la pratique de l'&eacute;l&egrave;ve vis-&agrave;-vis de l'outil </b></i>". <BR><BR> A cet &eacute;gard, certains dangers sont soulign&eacute;s : <BR><BR> n  celui que la fascination pour les outils n'occulte les propos p&eacute;dagogiques ou que l'enthousiasme p&eacute;dagogique ne masque les buts propres de l'enseignement ; <BR><BR> n  ou encore celui, d&eacute;j&agrave; soulign&eacute; dans le pr&eacute;c&eacute;dent chapitre, d'une confusion entre information et connaissance, encourag&eacute; par une tendance actuelle &agrave; vouloir exprimer le savoir en des termes m&eacute;diatiques. </DL> Enfin, certaines limites du multim&eacute;dia et de l'interactivit&eacute; sont reconnues : <BR><BR> " <b><i>L'efficacit&eacute; p&eacute;dagogique n'est pas toujours au rendez-vous </i></b><i>", est-il conc&eacute;d&eacute;. <BR><BR> L'utilisateur peut, en effet, se perdre dans la complexit&eacute; des r&eacute;seaux des connaissances propos&eacute;es.</i> <BR><BR> " <b><i>L'interactitiv&eacute; n'est pas n&eacute;cessairement un gage de libert&eacute; effective </i></b><i>", - est-il observ&eacute; par ailleurs -, <b>dans la mesure o&ugrave; les parcours de connaissances possibles de l'apprenant, point-cl&eacute; du sc&eacute;nario p&eacute;dagogique, ont &eacute;t&eacute; pr&eacute;d&eacute;termin&eacute;s par ceux qui ont con&ccedil;u l'outil (logiciel, programme, CD Rom). </b>" <b>L'interactivit&eacute; du c&eacute;d&eacute;rom n'est qu'une forme de leurre</b> -&eacute;crit ainsi l'un des auteurs cit&eacute;s par les dossiers de l'audiovisuel -.</i> " <b><i>Les possibilit&eacute;s offertes au navigateur multim&eacute;dia sont strictement tributaires des chemins qui lui ont &eacute;t&eacute; m&eacute;nag&eacute;s par les r&eacute;alisateurs </i></b>". <BR><BR> Concernant l'utilisation des images et le rapport au r&eacute;el, Louis CHAMMNINGS, chercheur au d&eacute;partement Innovation de l'I.N.A., croit toujours vraie la position d'Aristote selon laquelle la pens&eacute;e suppose, pour parvenir au stade conceptuel, de s'abstraire des images dont elle a pu se servir initialement : " <b><i>L'image est un passage oblig&eacute; vers la saisie de l'intelligible, vers le concept et le jugement </i></b><i>", r&eacute;sume-t-il, " <b>mais un passage seulement, pas une destination </b></i>". <BR><BR> Par ailleurs, il est rappel&eacute;, &agrave; propos de l'utilisation de la simulation, en sciences physiques, pour la pr&eacute;paration d'exp&eacute;riences, que la manipulation effective du mat&eacute;riel <b>r&eacute;el</b> reste indispensable. <BR><BR> Un dernier risque est enfin &eacute;voqu&eacute; : celui que les nouvelles techniques d'information et de communication n'engendrent des in&eacute;galit&eacute;s et des exclusions. <BR><BR> Il serait na&iuml;f - est-il ainsi soulign&eacute; - de croire qu'une modification quantitative dans l'acc&egrave;s &agrave; l'information provoque <b>ipso-facto</b> chez tous les enfants une mutation qualitative affectant le d&eacute;sir de savoir. Le foss&eacute; risque de se creuser " <b><i>entre ceux qui sont dot&eacute;s par la nature ou par leur environnement familial d'un tel d&eacute;sir et ceux qui auront besoin d'un syst&egrave;me &eacute;ducatif attentionn&eacute; pour le faire na&icirc;tre et l'entretenir</i> </b>". <BR><BR> De fait, trois sortes de cat&eacute;gories d'exclus risquent d'appara&icirc;tre : les imp&eacute;cunieux, les r&eacute;fractaires, et les pays qui ne poss&egrave;dent ni les infrastructures ni les budgets n&eacute;cessaires pour acc&eacute;der aux r&eacute;seaux. <BR><BR> Ces analyses nuancent, sans les remettre en cause, les appr&eacute;ciations port&eacute;es plus haut sur les avantages p&eacute;dagogiques des nouvelles techniques d'information et de communication. <BR><BR> On le soulignera donc &agrave; nouveau : la priorit&eacute; dont elles doivent faire l'objet appara&icirc;t indiscutable, mais doit s'inscrire dans une r&eacute;novation d'ensemble de notre syst&egrave;me &eacute;ducatif. <BR><BR> L'utilisation imp&eacute;rative des nouvelles techniques dans l'&eacute;ducation peut sembler une &eacute;vidence. Les d&eacute;bats passionn&eacute;s dont cette question fait pourtant encore l'objet dans notre pays ne rend peut &ecirc;tre pas inutile de justifier cette priorit&eacute; par les arguments qui suivent. <BR><BR> Il y va tout d'abord, incontestablement, de l'efficacit&eacute; de notre syst&egrave;me &eacute;ducatif dont d&eacute;pend, plus que jamais, l'avenir de nos soci&eacute;t&eacute;s. <BR><BR> D'un point de vue strictement &eacute;ducatif, les nouvelles techniques d'information et de communication sont indispensables &agrave; la fois comme supports et comme objet d'apprentissage. <BR><BR> Comme supports, parce que le savoir explose et que l'&eacute;cole doit r&eacute;pondre &agrave; de nouvelles missions, notamment face &agrave; la concurrence des m&eacute;dias. Selon le directeur g&eacute;n&eacute;ral adjoint de l'I.N.A., Bernard STIEGLER, la t&eacute;l&eacute;vision et la radio peuvent appara&icirc;tre &agrave; l'enseignement comme un syst&egrave;me de destruction de savoirs, malgr&eacute; le r&ocirc;le positif qu'elles peuvent jouer quand elles sont utilis&eacute;es en tant qu'instrument de diffusion de connaissances (plut&ocirc;t que de d&eacute;sirs, de sensations et d'&eacute;motions frustres). Les <b>industries de programmes</b> sont susceptibles, dans les m&ecirc;mes conditions, de sembler s'opposer &agrave; <b>l'institution de programmes</b> qu'est l'Education Nationale. <BR><BR> En tant qu'objets d'apprentissage, ensuite, les nouvelles techniques ne peuvent davantage &ecirc;tre ignor&eacute;es par l'&eacute;cole, sous peine de la voir fabriquer des handicap&eacute;s de la soci&eacute;t&eacute; de l'information ou des analphab&egrave;tes du num&eacute;rique. <BR><BR> Toute soci&eacute;t&eacute; doit disposer d'un syst&egrave;me de transmission des savoirs, dont le syst&egrave;me &eacute;ducatif est l'un des principaux piliers, qui assure la socialisation et l'int&eacute;gration des g&eacute;n&eacute;rations nouvelles, la cause est entendue. Or, la proportion d'emplois exigeant l'usage d'un ordinateur est pass&eacute;e, aux Etats-Unis, de 25 % en 1963 &agrave; 47 % en 1993 et devrait atteindre 60 % en l'an 2000. Les TIC envahissent progressivement tous les secteurs de notre soci&eacute;t&eacute;. <BR><BR> Dans ces conditions, il devient tout aussi essentiel d'&ecirc;tre &agrave; l'aise avec un clavier, un traitement de textes, un tableur ou un navigateur sur r&eacute;seau que de savoir lire, &eacute;crire et compter. Il s'agit pour les &eacute;l&egrave;ves de s'approprier des techniques qui leur seront utiles non seulement, plus tard, dans leur travail mais aussi, tout de suite, comme moyens d'acc&egrave;s aux connaissances, de communication et d'expression. <BR><BR> Comme l'a &eacute;crit TOFFLER, il existe une forte connexion entre le niveau d'&eacute;ducation et la comp&eacute;titivit&eacute; plan&eacute;taire d'un monde de plus en plus soumis au pouvoir du savoir. Et Jo&euml;l de ROSNAY consid&egrave;re, de son c&ocirc;t&eacute;, que " <b>l'&eacute;ducation est au centre de toutes les strat&eacute;gies de construction de l'avenir </b>". <BR><BR> Mais l'&eacute;ducation constitue non seulement un enjeu de soci&eacute;t&eacute;, mais aussi un march&eacute; qui, selon une &eacute;tude r&eacute;cente, devrait d&eacute;passer 1,7 milliard de dollars avant l'an 2000 en ce qui concerne les produits " en ligne ". De sorte que la concurrence en termes d'offres de formation est d&eacute;sormais mondiale, avec l'essor de l'enseignement &agrave; distance en r&eacute;seaux. <BR><BR> Le secteur &eacute;ducatif constitue le principal moteur du d&eacute;veloppement des produits multim&eacute;dias. De vastes groupes de production et d'&eacute;dition de programmes &eacute;ducatifs vont se d&eacute;velopper au plan mondial et venir affronter les syst&egrave;mes d'&eacute;ducations nationales. <BR><BR> Le grand public repr&eacute;sente, d'ores et d&eacute;j&agrave;, l'essentiel des ventes de produits &eacute;ducatifs ADI de COKTEL VISION (filiale d'un grand groupe am&eacute;ricain de vente par correspondance) en France, o&ugrave; un nombre de familles d&eacute;sormais appr&eacute;ciable (2 millions) poss&egrave;dent un &eacute;quipement informatique ad&eacute;quat. <BR><BR> La formation initiale des enfants se doit donc de les pr&eacute;parer &agrave; s'int&eacute;grer, de fa&ccedil;on lucide, dynamique et responsable, dans la soci&eacute;t&eacute; de l'information dans laquelle - qu'on le veuille ou non - nous sommes d&eacute;j&agrave; entr&eacute;s. Mais, au risque de nous r&eacute;p&eacute;ter, la r&eacute;alisation de cet objectif prioritaire passe par une profonde r&eacute;novation de notre syst&egrave;me &eacute;ducatif. <BR><BR> Ce renouvellement n&eacute;cessaire concerne autant la p&eacute;dagogie que les &eacute;quipements. <BR><BR> Sur le plan p&eacute;dagogique, l'introduction des nouvelles techniques &agrave; la fois n&eacute;cessite les adaptations aux profonds changements qui en r&eacute;sultent et peut faciliter la r&eacute;alisation, sans cesse diff&eacute;r&eacute;e, d'objectifs depuis longtemps souhaitables. <BR><BR> Seymour PAPERT, cit&eacute; par NEGROPONTE, compare la situation d'un chirurgien du XIX<sup>e</sup> qui se trouverait transplant&eacute; dans une salle d'op&eacute;ration d'aujourd'hui &agrave; celle d'un instituteur qui effectuerait le m&ecirc;me voyage &agrave; travers le temps. Le premier se trouverait compl&egrave;tement d&eacute;sempar&eacute; et incapable d'agir, contrairement au second qui serait &agrave; m&ecirc;me d'enseigner dans une salle de classe d'aujourd'hui. <BR><BR> Pourtant, les nouvelles technologies provoquent une &eacute;volution des conditions d'acc&egrave;s au savoir, de la structuration et de la pr&eacute;sentation des connaissances. Elles devraient donc provoquer un impact profond sur notre conception de l'&eacute;ducation et sur le r&ocirc;le de l'enseignant. <BR><BR> L'&eacute;volution du savoir est marqu&eacute;e par la profusion des connaissances, par un changement de leurs modes de structuration et de pr&eacute;sentation et par des conditions d'acc&egrave;s facilit&eacute;es. <BR><BR> Un nouvel espace de savoir se cr&eacute;e, souligne les dossiers de l'audiovisuel. " <b><i>Le savoir devient un continuum multidimensionnel de repr&eacute;sentations dynamiques et interactives... Notre approche essentiellement analytique doit &ecirc;tre compl&eacute;t&eacute;e, maintenant, par une approche syst&eacute;mique </i></b><i>". <BR><BR> " <b>Il faut</b> - estime Jo&euml;l de ROSNAY - <b>arr&ecirc;ter d'ajouter des disciplines et de fragmenter les connaissances en petits territoires juxtapos&eacute;s... Faire des synth&egrave;ses et avoir une vision plus globale qui, bien entendu, n'est pas incompatible avec la vision analytique traditionnelle </b></i>". <BR><BR> Concernant la pr&eacute;sentation des connaissances, la grande nouveaut&eacute; - rappelle Philippe BRETON - est l'int&eacute;gration du texte, de l'image, du son sur un m&ecirc;me support. Il en r&eacute;sulte des assemblages d'&eacute;l&eacute;ments dont le produit global est diff&eacute;rent de leur propre addition. <BR><BR> L'abondance d'informations suppose un accord sur des principes de hi&eacute;rarchisation qui, selon Louis CHAMMING'S, fait actuellement d&eacute;faut. <BR><BR> " <b><i>Rien ne sert de gagner en quantit&eacute;</i></b><i> - note de son c&ocirc;t&eacute; Jean-Claude MAROT - <b>si on le perd en qualit&eacute;... On demande moins au chirurgien de multiplier le nombre de ses interventions que de les r&eacute;ussir </b></i>". <BR><BR> " <b><i>On est confront&eacute; aujourd'hui</i></b><i> - est-il observ&eacute;, par ailleurs, dans les cahiers de l'audiovisuel- <b>&agrave; un &eacute;norme probl&egrave;me de navigation dans les espaces de savoir : ces &eacute;volutions du savoir et des connaissances supposent une r&eacute;flexion d'ensemble sur le r&ocirc;le du syst&egrave;me &eacute;ducatif et des enseignants </b></i>". <BR><BR> Cette r&eacute;flexion doit partir, comme j'ai essay&eacute; de le montrer, de consid&eacute;rations sur la nature m&ecirc;me de l'enseignement et sur ses finalit&eacute;s les plus g&eacute;n&eacute;rales afin de mieux &eacute;valuer les apports p&eacute;dagogiques effectifs des diff&eacute;rentes technologies. <BR><BR> Les interfaces techniques doivent par cons&eacute;quent &ecirc;tre au service des vis&eacute;es p&eacute;dagogiques et non l'inverse. <BR><BR> Mais il est &eacute;vident que l'innovation p&eacute;dagogique ne peut se consolider que si elle s'accompagne d'innovation dans l'organisation m&ecirc;me de l'&eacute;ducation et de la formation. <BR><BR> Le contenu de l'enseignement doit tout d'abord &eacute;voluer ; le r&ocirc;le de l'enseignant, par cons&eacute;quent, aussi. <BR><BR> L'une des principales cons&eacute;quences, on l'a vu, des nouvelles technologies d'information et de communication est de permettre un recentrage du syst&egrave;me &eacute;ducatif sur l'&eacute;l&egrave;ve. Celui-ci doit &ecirc;tre mis en mesure, non seulement d'acc&eacute;der aux informations disponibles sur les r&eacute;seaux, mais de les ma&icirc;triser et de les g&eacute;rer en gardant vis-&agrave;-vis d'elles une distance et un esprit critique. Car l'interactivit&eacute; qui est offerte &agrave; l'&eacute;l&egrave;ve n'a de sens que mise au service de la conqu&ecirc;te de son autonomie. En d'autres termes, elle doit &ecirc;tre compl&eacute;t&eacute;e, pour en faire bon usage, par un travail de r&eacute;flexion et d'assimilation. <BR><BR> L'&eacute;l&egrave;ve et l'&eacute;tudiant, rendus plus autonomes et acteurs de leur propre apprentissage, doivent aussi apprendre &agrave; communiquer et &agrave; travailler en groupe, comme le leur permettent les r&eacute;seaux (cet objectif se rattache, on l'a vu, &agrave; la mission de socialisation de l'enseignement). <BR><BR> De leur c&ocirc;t&eacute;, les TIC modifient profond&eacute;ment le r&ocirc;le de la m&eacute;moire, en m&ecirc;me temps que le traitement et la transmission de l'information. <BR><BR> Il est temps - comme le soulignent les dossiers de l'audiovisuel - " <b><i>de donner plus de place aux m&eacute;thodes par rapport aux contenus </i></b>". Or, l'enseignement est traditionnellement handicap&eacute; par le d&eacute;coupage de la connaissance en discipline dont les plus anciennes ont toujours tendance &agrave; &ecirc;tre privil&eacute;gi&eacute;es (au d&eacute;triment, notamment, des technologies) du fait du poids des traditions et de l'inertie du syst&egrave;me. <BR><BR> " <b><i>Nous ne pouvons plus continuer &agrave; enseigner sous une approche essentiellement encyclop&eacute;dique</i></b><i> - estime, pour sa part, Jo&euml;l de ROSNAY -- <b>il faut faire des synth&egrave;ses, rassembler des domaines, retrouver des relations entre des secteurs jadis disparates </b></i>". <BR><BR> " <b>...<i>l'&eacute;tude de la complexit&eacute;</i></b><i> - fait-il valoir - <b>doit &ecirc;tre introduite dans l'approche moderne de l'enseignement</b> : <BR><BR> L'&eacute;ducation aux m&eacute;dias - comme le soulignent, par ailleurs, les dossiers de l'audiovisuel - devrait &ecirc;tre renforc&eacute;e : " <b>N'importe qui, en effet, peut diffuser n'importe quoi sur Internet tandis que la t&eacute;l&eacute;vision elle-m&ecirc;me ne nous met pas &agrave; l'abri d'images falsifi&eacute;es </b></i>". <BR><BR> Enfin, il conviendrait, selon la m&ecirc;me source, " <b><i>d'abandonner la vision palliative de l'enseignement &agrave; distance (auquel il est fait appel seulement lorsque les autres modes sont indisponibles ou inadapt&eacute;s) pour instituer une compl&eacute;mentarit&eacute; r&eacute;elle avec l'enseignement pr&eacute;sentiel </i></b>". <BR><BR> Les technologies, outils pour apprendre et objets d'apprentissage, rel&egrave;vent donc davantage de la sph&egrave;re de la <b>p&eacute;dagogie</b> que de celle de l'<b>enseignement </b>(dont les vis&eacute;es sont plus larges). Leur principal int&eacute;r&ecirc;t est moins de proposer une duplication de contenus que de susciter de nouvelles formes de compr&eacute;hension, et donc d'assimilation.  <BR><BR> Des syst&egrave;mes multim&eacute;dia efficaces doivent donc &ecirc;tre plus que de simples distributeurs d'information : des aides &agrave; la construction des connaissances. Les terminaux intelligents permettent, non seulement un rapport renouvel&eacute; &agrave; la connaissance, mais aussi une v&eacute;ritable gestion de celle-ci. <BR><BR> Cependant, on n'introduit pas les nouvelles technologies dans le syst&egrave;me &eacute;ducatif sans le complexifier et le perturber quelque peu. <BR><BR> Les usages p&eacute;dagogiques des technologies de l'&eacute;ducation demeurent ainsi &agrave; explorer, dans la mesure, notamment, o&ugrave; ils impliquent une rupture avec la conception traditionnelle de la formation, essentiellement centr&eacute;e sur l'enseignant. Le r&ocirc;le de ce dernier s'en trouve donc remis en cause. <BR><BR> Mais s'il est commun&eacute;ment admis que la fonction enseignante doit &eacute;voluer, il appara&icirc;t tout aussi &eacute;vident qu'il est impossible de se passer d'enseignants. <BR><BR> " <b><i>On pourrait, dans certains cas</i></b><i>, - reconna&icirc;t Louis CHAMMING'S - <b>&ecirc;tre tent&eacute; de remplacer purement et simplement le ma&icirc;tre par un dispositif technologique </b></i>". Or, parce que l'enseignement s'adresse avant tout &agrave; l'esprit, la pr&eacute;sence humaine de l'enseignant est irrempla&ccedil;able. <BR><BR> Des programmes ambitieux d'autoformation par un enseignant multim&eacute;dia assist&eacute; par un ordinateur (EAO) ont &eacute;chou&eacute; en l'absence de tutorat et d'assistance technique des apprenants (et aussi en raison de l'attitude de l'encadrement). <BR><BR> Le r&ocirc;le de l'enseignant dans l'appropriation du savoir par l'&eacute;l&egrave;ve demeure donc fondamental, m&ecirc;me s'il est vou&eacute; &agrave; &eacute;voluer. Il reste essentiel, tout d'abord, pour stimuler le savoir. <BR><BR> Le professeur, d'autre part, est, vis-&agrave;-vis de l'&eacute;l&egrave;ve, un <b>m&eacute;diateur</b> par rapport au savoir. Il lui propose un abr&eacute;g&eacute; consistant qui lui &eacute;vite la lecture effective de tous les ouvrages constitutifs d'un savoir disciplinaire quelconque. Cette m&eacute;diation, contrairement &agrave; celle du livre ou des moyens multim&eacute;dia, est humaine, proche et vivante. Et les outils p&eacute;dagogiques, traditionnels et modernes, ne constituent qu'un compl&eacute;ment de cet autre support de savoir, essentiel, qui est le ma&icirc;tre lui-m&ecirc;me. <BR><BR> Ainsi, selon le directeur g&eacute;n&eacute;ral adjoint de l'INA, " <b><i>il existe une compl&eacute;mentarit&eacute; entre l'enseignant et les nouveaux syst&egrave;mes d'aide &agrave; la navigation</i></b>. " <BR><BR> " <b><i>L'Education nationale est un syst&egrave;me de navigation assist&eacute;e par divers supports dont le livre, l'ordinateur, le professeur et l'institution elle-m&ecirc;me</i>... </b>" <BR><BR> <b>M&eacute;diateur</b> vis-&agrave;-vis du savoir, l'enseignant est aussi un <b>accompagnateur</b> de l'&eacute;l&egrave;ve, dans son processus d'apprentissage de plus en plus autonome et individualis&eacute;. <BR><BR> " <b><i>L'enseignant</i></b><i>, - est-il &eacute;crit dans le num&eacute;ro pr&eacute;cit&eacute; des dossiers de l'audiovisuel, <b>demeure le r&eacute;gulateur, le prescripteur et l'&eacute;valuateur de l'autoformation de l'apprenant</b></i>. " <BR><BR> Il doit lui apprendre &agrave; cheminer progressivement du simple au complexe, et &agrave; distinguer le savoir lui-m&ecirc;me de ses modes d'acquisition. Il faut que l'&eacute;l&egrave;ve apprenne &agrave; apprendre, &agrave; voir les relations entre les choses. <BR><BR> Ainsi, les ressources multim&eacute;dias ne se substituent pas &agrave; la pr&eacute;sence des enseignants mais font &eacute;voluer leur r&ocirc;le. L'autoformation de l'&eacute;tudiant, par exemple, doit &ecirc;tre accompagn&eacute;e par un tuteur qui puisse lui apporter une aide sp&eacute;cifique dans sa propre d&eacute;marche. <BR><BR> Ces syst&egrave;mes de tutorat assist&eacute;s par t&eacute;l&eacute;matique ont, du reste, &eacute;t&eacute; mis en place dans plusieurs des syst&egrave;mes de t&eacute;l&eacute;-enseignement d&eacute;j&agrave; &eacute;voqu&eacute;s (Business School de l'Open University, Universit&eacute; de Floride...). <BR><BR> Mais consid&eacute;rer les nouvelles technologies comme un auxiliaire &eacute;ducatif parmi d'autres ne doit pas conduire &agrave; rendre leur utilisation facultative. Il revient simplement &agrave; l'enseignant, acteur central et libre de la formation, de choisir et d'int&eacute;grer l'outil qui lui semble, &agrave; chaque moment, le plus appropri&eacute; &agrave; sa p&eacute;dagogie. <BR><BR> L'&eacute;ducation en ligne a des effets sur le contenu des cours dans la mesure o&ugrave; les &eacute;changes s'en trouvent incroyablement enrichis et stimul&eacute;s - note un professeur de marketing d'une universit&eacute; de Caroline du Nord. " <b>Fini le mandarinat </b>", s'exclame-t-il, le d&eacute;veloppement des relations entre &eacute;tudiants s'effectue au d&eacute;triment de la relation classique professeur-&eacute;tudiant. <BR><BR> Mais m&ecirc;me s'il est reconnu que l'&eacute;l&egrave;ve est l'agent principal du processus d'apprentissage et de l'activit&eacute; enseignante, " <b><i>vouloir transformer</i></b><i> <b>l'enseignant en simple assistant navigateur revient &agrave; vouloir liquider sa fonction principale </b></i>", estime Philippe BRETON. Car celui-ci doit notamment d&eacute;finir les rep&egrave;res qui permettront aux jeunes en formation, non seulement d'acc&eacute;der, &agrave; travers l'oc&eacute;an des r&eacute;seaux, aux informations pertinentes, mais encore de les structurer en les hi&eacute;rarchisant. <BR><BR> Jo&euml;l de ROSNAY, pour sa part, consid&egrave;re que le r&ocirc;le de l'enseignant devient fondamental dans la mesure o&ugrave; il n'est plus simplement le d&eacute;tenteur d'un savoir destin&eacute; aux ignorants mais " <b><i>un catalyseur, le chef d'orchestre d'un syst&egrave;me de communication dans lequel il permet &agrave; chacun, tel Socrate en son temps, d'acc&eacute;der &agrave; la connaissance &agrave; son rythme et selon ses capacit&eacute;s</i></b><i>. "</i> <BR><BR> Ainsi, les nouvelles techniques peuvent favoriser un mod&egrave;le, fond&eacute; sur la communication interpersonnelle et le dialogue ma&icirc;tre-&eacute;l&egrave;ve, diff&eacute;rent de celui qui repose sur une didactique des contenus de la connaissance con&ccedil;ue comme une accumulation de savoirs. <BR><BR> Le r&ocirc;le de l'enseignant &eacute;volue du point de vue de ses relations avec non seulement le savoir et les &eacute;l&egrave;ves mais aussi avec les moyens modernes d'information et de communication eux-m&ecirc;mes qu'il doit comprendre et s'approprier. <i>" <b>De sorte qu'il appara&icirc;t &agrave; pr&eacute;sent de plus en plus n&eacute;cessaire</b> - observe le Directeur G&eacute;n&eacute;ral Adjoint de l'INA, Bernard STIEGLER - <b>de doter les &eacute;l&egrave;ves et d'abord leurs professeurs de connaissances &eacute;l&eacute;mentaires sur les conditions de production d'images et de sons</b></i><b>. "</b> <BR><BR> Par ailleurs, il est n&eacute;cessaire de soutenir la cr&eacute;ation d'une &eacute;dition p&eacute;dagogique de qualit&eacute; associant les enseignants eux-m&ecirc;mes aux professionnels de l'image et de l'informatique. <BR><BR> Les enseignants et les &eacute;l&egrave;ves, effray&eacute;s &agrave; l'id&eacute;e de se plonger dans les d&eacute;dales de la programmation informatique, peuvent utiliser des logiciels auteurs intuitifs et sp&eacute;cialis&eacute;s dans l'&eacute;ducation et l'information tels que Authorware, Apple Media Tool et Tool Book (tous am&eacute;ricains !) aux possibilit&eacute;s cr&eacute;atrices toutefois plus limit&eacute;es que celles de produits plus complexes. <BR><BR> " <b><i>Car il n'y a pas d'Education nationale sans programme </i></b>" souligne, &agrave; juste titre, Bernard STIEGLER, pour qui les enseignants doivent devenir les acteurs d'une nouvelle industrie de programme dont la naissance constitue un enjeu capital. <BR><BR> Notons que les diff&eacute;rents supports peuvent &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;s comme plus compl&eacute;mentaires que concurrents. <BR><BR> Il est possible de faire participer le document &eacute;crit &agrave; l'utilisation du multim&eacute;dia, comme support compl&eacute;mentaire ou de restitution ; le contenu th&eacute;orique peut figurer sur un livre et les exercices interactifs sur c&eacute;d&eacute;rom, chaque support &eacute;tant utilis&eacute; selon le mode d'apprentissage et de consultation auquel il convient le mieux.<b> " <i>L'utilisation des NTIC dans l'enseignement impose une modification des m&eacute;thodes de travail des enseignants et, plus globalement, une modification du fonctionnement des &eacute;tablissements et du syst&egrave;me &eacute;ducatif </i></b>" soulignent les cahiers de l'audiovisuel. <BR><BR> Il peut &ecirc;tre souhait&eacute; qu'&agrave; cette occasion, des objectifs anciens et toujours repouss&eacute;s de r&eacute;novation de notre syst&egrave;me scolaire (am&eacute;nagement des rythmes scolaires, all&eacute;gement des programmes...) puissent enfin &ecirc;tre atteints. <BR><BR> A n'en pas douter, les nouvelles techniques peuvent y contribuer. <BR><BR> Ne reprennent-elles pas &agrave; leur compte, par certains c&ocirc;t&eacute;s, l'h&eacute;ritage d'anciennes p&eacute;dagogies, en avance sur leur &eacute;poque, comme celles de C&eacute;lestin FREINET, de PIAGET ou d'A. FERRIERE (libre expression, travail coop&eacute;ratif, approche " constructiviste " des connaissances, m&eacute;thodes actives) ? <BR><BR> En m&ecirc;me temps que la relation ma&icirc;tre-&eacute;l&egrave;ve et l'acc&egrave;s au savoir, l'introduction des nouvelles techniques remet en cause, on l'a vu, la notion traditionnelle de disciplines et de programmes. Un temps devra &ecirc;tre r&eacute;serv&eacute; &agrave; leur apprentissage. <BR><BR> Encore une fois, n'est-ce pas l'occasion de proc&eacute;der enfin &agrave; des r&eacute;formes trop longtemps diff&eacute;r&eacute;es ? <BR><BR> Tout ne va pas pour le mieux dans l'Ecole de la R&eacute;publique concluait, en juin 1996, la commission pr&eacute;sid&eacute;e par Roger FAUROUX, faisant de sa modernisation une priorit&eacute; nationale. <BR><BR> Souhaitant une simplification, un all&eacute;gement et un recentrage des programmes sur l'acquisition, effectivement contr&ocirc;l&eacute;e, de savoirs primordiaux, transdisciplinaires, Roger FAUROUX appelait de ses voeux l'adaptation des rythmes scolaires aux aptitudes propres &agrave; chaque &acirc;ge et, si possible, &agrave; chaque type d'&eacute;l&egrave;ve. <BR><BR> Il consid&eacute;rait que l'apprentissage pr&eacute;coce de la fatigue et du surmenage impos&eacute; aujourd'hui aux enfants d&eacute;coulait des choix des adultes et de la surcharge des programmes, elle-m&ecirc;me li&eacute;e au cloisonnement des disciplines. <BR><BR> Michel SERRES, de son c&ocirc;t&eacute;, &eacute;voquait, dans un article du <b>monde</b> du 17 d&eacute;cembre 1996, le nombre des appels t&eacute;l&eacute;phoniques re&ccedil;us chaque ann&eacute;e par le CNED ; il en d&eacute;duisait <i>que " <b>quand un syst&egrave;me d'enseignement a de trois &agrave; cinq millions de gens qui appellent au secours, c'est qu'il y a probablement un probl&egrave;me </b></i><b>&nbsp;"</b> <BR><BR> Quant &agrave; Nicholas NEGROPONTE, il classe la France, aux c&ocirc;t&eacute;s de la Cor&eacute;e du Sud et du Japon, parmi les pays dans lesquels " <b><i>on bourre tellement le cr&acirc;ne des jeunes cerveaux qu'&agrave; leur entr&eacute;e &agrave; l'universit&eacute;, les &eacute;tudiants sont pratiquement exsangues</i>. </b>" Il souhaite que l'ordinateur n'y soit pas utilis&eacute; pour apprendre plus efficacement les m&ecirc;mes faits inutiles aux enfants. <BR><BR> Ce point de vue, sans doute excessif (d'autres Am&eacute;ricains consid&egrave;rent au contraire le niveau de notre &eacute;ducation comme l'un de nos principaux atouts), n'en contient pas moins une part de v&eacute;rit&eacute;. <BR><BR> L'&eacute;quipement des &eacute;coles, des lieux publics, des familles en ordinateurs reli&eacute;s &agrave; des r&eacute;seaux de diffusion des connaissances n'offrirait-il pas au pays de Montaigne la possibilit&eacute; de pr&eacute;f&eacute;rer enfin des t&ecirc;tes bien faites &agrave; des t&ecirc;tes bien pleines ? <BR><BR> L'apprentissage des nouvelles techniques ne serait-il pas l'occasion d'all&eacute;ger les programmes, d'int&eacute;grer dans le temps scolaire, celui autrefois r&eacute;serv&eacute; aux devoirs &agrave; la maison auxquels se substituerait un travail d'&eacute;tude personnelle, surveill&eacute; par les enseignants et assist&eacute; par ordinateur ? <BR><BR> L'introduction des TIC &agrave; l'&eacute;cole peut ainsi, &agrave; condition de s'int&eacute;grer dans une r&eacute;flexion p&eacute;dagogique d'ensemble, avoir l'avantage d'allier aux qualit&eacute;s propres de ces nouveaux outils (motivation, expression, communication, acquisition de connaissances), l'occasion unique d'une vaste r&eacute;novation de notre syst&egrave;me &eacute;ducatif. <BR><BR> Les conditions de cette r&eacute;novation sont moins difficiles &agrave; d&eacute;finir que ses objectifs p&eacute;dagogiques : il s'agit d'un effort prioritaire national de formation, d'&eacute;quipement et de cr&eacute;ation de contenus. <BR><BR> L'usage des TIC dans les &eacute;tablissements d'enseignement ainsi que l'exploitation de leur potentiel p&eacute;dagogique passent bien &eacute;videmment par un effort prioritaire de formation de personnels (formateurs, enseignants, encadrement et techniciens charg&eacute;s de l'installation, du fonctionnement et de la maintenance des mat&eacute;riels). <BR><BR> Concernant la formation, fondamentale, de formateur, le rapport GERARD, pr&eacute;cit&eacute;, estime qu'il est indispensable qu'elle fasse l'objet d'un plan. Il en souligne l'importance, rappelle que le minist&egrave;re est en train d'&eacute;laborer un texte de recommandations relatives &agrave; la qualification des personnels concern&eacute;s et, au minimum, de comp&eacute;tences requises de la part des futurs enseignants. <BR><BR> S'agissant des Instituts Universitaires de Formation des Ma&icirc;tres (IUFM), le rapport regrette que les modules aff&eacute;rents aux nouvelles technologies soient encore souvent facultatifs, in&eacute;galement pris en consid&eacute;ration, et de faible port&eacute;e pratique. <BR><BR> Quant au rapport de M. SERUSCLAT, il constate une disparit&eacute; d'intention comme de pratique entre ces &eacute;tablissements, et d&eacute;plore la m&eacute;diocrit&eacute;, en temps comme en mat&eacute;riel, des moyens consacr&eacute;s aux technologies consid&eacute;r&eacute;es. <BR><BR> Le s&eacute;nateur G&eacute;rard souhaite que la formation initiale et continue consacr&eacute;e aux nouvelles technologies soit &eacute;tendue &agrave; l'encadrement des enseignants dans son ensemble (chefs d'&eacute;tablissement et inspecteurs...). <BR><BR> " Il est hors de question -souligne enfin les dossiers de l'audiovisuel - que l'enseignant doive g&eacute;rer lui-m&ecirc;me les aspects techniques de l'introduction des nouveaux outils ". Pourtant, hormis l'enseignement sup&eacute;rieur, l'Education Nationale ne dispose actuellement ni des emplois, ni m&ecirc;me des types d'emplois n&eacute;cessaires. <BR><BR> Au-del&agrave; de la formation des enseignants et des personnels d'encadrement, il est sans doute n&eacute;cessaire qu'une aide ext&eacute;rieure puisse &ecirc;tre apport&eacute;e &agrave; l'&eacute;tablissement, afin de lui donner tous les &eacute;l&eacute;ments techniques (et p&eacute;dagogiques) dont il ne dispose pas obligatoirement. Il faut tendre vers une homog&eacute;n&eacute;isation des &eacute;quipements et de leurs usages, et rendre plus efficace l'assistance &agrave; l'exploitation des mat&eacute;riels install&eacute;s. <BR><BR> Cela doit constituer la mission des centres de ressources existants&nbsp;: le centre national de Documentation P&eacute;dagogique (CNDP) et le r&eacute;seau des Centres R&eacute;gionaux (CRDP). <BR><BR> Dans le sup&eacute;rieur, ces t&acirc;ches sont externalis&eacute;es et contractualis&eacute;es. <BR><BR> Au total, selon les documents internes du minist&egrave;re de l'Education Nationale accessibles sur son serveur WEB, les chefs d'&eacute;tablissement et les jeunes enseignants constituent les cibles privil&eacute;gi&eacute;es de l'important effort d'information et de formation souhait&eacute;. <BR><BR> Dans la pratique, selon M. SERUSCLAT, " <i>un embryon de formation obligatoire est r&eacute;alis&eacute; dans les IUFM ; mais cela est manifestement insuffisant. Quant &agrave; la formation continue, elle semble n'&ecirc;tre qu'une intention </i>". <BR><BR> L'&eacute;quipement des &eacute;tablissements et des centres de formation constitue une priorit&eacute; ins&eacute;parable de celle de l'apprentissage des techniques consid&eacute;r&eacute;es. <BR><BR> Dans l'un comme dans l'autre domaine, ce retard accus&eacute; par la France s'av&egrave;re, et on ne saurait que le regretter, ind&eacute;niable. <BR><BR> Le tableau suivant r&eacute;sume, en ce qui concerne les &eacute;tablissements scolaires, la situation : <BR><BR> A l'&eacute;cole primaire, le ratio est d'un ordinateur pour 45 &eacute;l&egrave;ves ! <BR><BR> Encore ces chiffres sont-ils tr&egrave;s probablement sur&eacute;valu&eacute;s, dans la mesure o&ugrave; ils incluent des ordinateurs destin&eacute;s exclusivement &agrave; la gestion, non raccord&eacute;s aux r&eacute;seaux ni dot&eacute;s d'&eacute;quipements multim&eacute;dia. <BR><BR> Ainsi, selon <b>Le Monde</b> du 15 avril 1996, le nombre d'ordinateurs pour 100 &eacute;l&egrave;ves &eacute;tait, en 1994, de 3 en France contre 11 aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. <BR><BR> En 1997, le rapport GERARD &eacute;valuait le nombre d'ordinateurs par &eacute;tablissement scolaire &agrave; 10, ce qui nous situait loin derri&egrave;re le Royaume-Uni (31) et l'Allemagne (21). <BR><BR> Dans ces conditions, des objectifs de rattrapage ont &eacute;t&eacute; fix&eacute;s et des mesures prises. <BR><BR> Ainsi, le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique a annonc&eacute;, le 10 mars 1997, le raccordement &agrave; des r&eacute;seaux de tous les &eacute;tablissements d'enseignement secondaire pour l'an 2000. <BR><BR> Cela n&eacute;cessitera l'acquisition de 2,5 millions de machines, soit un investissement minimum de 15 milliards de francs &eacute;tal&eacute; sur 3 ans (&agrave; raison de 6.000 francs par poste, et sans compter ni les logiciels ni les raccordements aux r&eacute;seaux). <BR><BR> Plus r&eacute;cemment, le ministre de l'Education Nationale, M.&nbsp;ALLEGRE, a pr&eacute;cis&eacute; que le montant des d&eacute;penses consacr&eacute; au raccordement &agrave; Internet de l'institution (administration et &eacute;tablissements) serait de 5 milliards de francs par an sur 3 ans, dont 4 devraient &ecirc;tre pris en charge par les Collectivit&eacute;s Locales... <BR><BR> En attendant, seulement 6.000 &eacute;coles, soit environ un &eacute;tablissement sur dix seulement, sont ou &eacute;taient reli&eacute;s &agrave; Internet &agrave; la fin de l'ann&eacute;e 1997. <BR><BR> Qu'existe-t-il actuellement, en-dehors des actions, d&eacute;j&agrave; &eacute;voqu&eacute;es, du CNED ? <BR><BR> L'Education Nationale a exp&eacute;riment&eacute;, dans treize Acad&eacute;mies, un projet de mise en r&eacute;seau des lyc&eacute;es, coll&egrave;ges et &eacute;coles afin de favoriser&nbsp;: <BR><BR> - L'acc&egrave;s des enseignants aux ressources disponibles ; <BR><BR> - La communication entre les classes ; <BR><BR> - Le d&eacute;veloppement de nouvelles m&eacute;thodes de travail et de t&eacute;l&eacute;services (t&eacute;l&eacute;-assistance, t&eacute;l&eacute;-enseignement) ; <BR><BR> - La diffusion des pratiques p&eacute;dagogiques. <BR><BR> Ce projet s'appuie sur la technologie de l'Internet et, plus particuli&egrave;rement, sur l'infrastructure Renater. <BR><BR> Une quinzaine de serveurs WEB sont d'ores et d&eacute;j&agrave; disponibles. <BR><BR> Au cours de l'ann&eacute;e 1998, ce dispositif devrait &ecirc;tre &eacute;tendu &agrave; l'ensemble des Acad&eacute;mies et, en leur sein, &agrave; l'ensemble des &eacute;tablissements du second degr&eacute; (avec une mise en r&eacute;seau interne des &eacute;quipements informatiques) ainsi qu'&agrave; un nombre significatif d'&eacute;coles. <BR><BR> Concernant plus particuli&egrave;rement l'aide aux enseignants, Educasource est un projet de service sur Internet, pilot&eacute; par la Direction de Technologie (nouvelle Direction commune &agrave; l'Education Nationale et &agrave; la Recherche), qui est destin&eacute; &agrave; leur faciliter la recherche d'information pertinente ou l'&eacute;change d'exp&eacute;riences, pour pr&eacute;parer, animer leurs cours ou conseiller &eacute;l&egrave;ves ou &eacute;tudiants. <BR><BR> Le r&eacute;seau Renater 2 permet, par ailleurs, le transport d'images anim&eacute;es &agrave; des fins &eacute;ducatives (t&eacute;l&eacute;-enseignement, t&eacute;l&eacute;formation, t&eacute;l&eacute;recherche, t&eacute;l&eacute;r&eacute;unions...). <BR><BR> A mon instigation, le Conseil G&eacute;n&eacute;ral du Rh&ocirc;ne construit, dans le cadre des exp&eacute;rimentations des autoroutes de l'information, un r&eacute;seau optique, large bande permettant de relier au serveur Erasme (19(<A HREF="r97-331-t1_fn.html#fn20">*</A>)) 524&nbsp;classes d&egrave;s Janvier 1999 et 8&nbsp;000 (soit 200&nbsp;000&nbsp;&eacute;l&egrave;ves environ) avant la fin de l'an 2000. Gr&acirc;ce &agrave; cet Intranet &agrave; haut d&eacute;bit, les enseignants raccord&eacute;s pourront illustrer et soutenir leurs cours par des documents audiovisuels ou multim&eacute;dia de grande qualit&eacute;. <BR><BR> Contrairement &agrave; ce qui est pr&eacute;vu dans le projet Educasource, dont les donn&eacute;es devraient &ecirc;tre payantes, l'acc&egrave;s &agrave; ce r&eacute;seau rhodanien est gratuit pour les services publics d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral et en particulier pour les &eacute;coles, coll&egrave;ges et lyc&eacute;es (suivant le principe du service universel). <BR><BR> De tels efforts ne laissent &eacute;videmment pas indiff&eacute;rentes les entreprises : c'est ainsi que, le 3 juillet 1997, Sun Microsystems, 3&nbsp;Com, Infra+, Siemens-Nixdorf, ont cr&eacute;&eacute; Netday, une association &agrave; but non lucratif ayant pour objet de connecter rapidement des &eacute;tablissements scolaires &agrave; Internet. <BR><BR> On soulignera &eacute;galement le fait que les initiatives fran&ccedil;aises doivent &ecirc;tre articul&eacute;es avec le plan d'action communautaire "&nbsp;Apprendre dans la soci&eacute;t&eacute; de l'information " qui tend &agrave; favoriser les modes d'apprentissage faisant appel aux nouvelles technologies tout en d&eacute;veloppant l'interconnexion des &eacute;coles europ&eacute;ennes. <BR><BR> Au co&ucirc;t des &eacute;quipements terminaux d&eacute;j&agrave; &eacute;voqu&eacute;, s'ajoute celui des infrastructures et des communications, sans parler du contenu, sujet qu'on examinera plus loin. <BR><BR> Les m&eacute;canismes du budget de l'Etat et des Collectivit&eacute;s Territoriales, comme ceux du march&eacute;, s'adaptent difficilement aux contraintes propres &agrave; l'usage des TIC dans l'&eacute;ducation (absence de r&egrave;gles sp&eacute;cifiques d'amortissement d'un mat&eacute;riel rapidement obsol&egrave;te, facturation &agrave; la distance et &agrave; la dur&eacute;e, co&ucirc;ts des logiciels, de l'acc&egrave;s &agrave; certaines bases de donn&eacute;es, des c&eacute;d&eacute;rom, probl&egrave;mes des droits d'auteur...). <BR><BR> Par une d&eacute;cision prise fin 1997 entre le Ministre de l'Education Nationale et le Pr&eacute;sident de France T&eacute;l&eacute;com les co&ucirc;ts d'acc&egrave;s &agrave; Internet devraient sensiblement baisser pour les &eacute;coles. Un prix forfaitaire de 5400 francs serait, &agrave; moins que les recours lanc&eacute;s par les concurrents de l'Op&eacute;rateur National n'aboutissent, factur&eacute; &agrave; une &eacute;cole qui connecterait &agrave; Internet, 10 heures par jour, 10 ordinateurs et ce 140&nbsp;jours par an. <BR><BR> Les questions de contenus sont &eacute;videmment &eacute;troitement li&eacute;es &agrave; celles de formation et d'&eacute;quipement. L'un ne va pas sans l'autre. <BR><BR> J'ai &eacute;t&eacute; avec mon coll&egrave;gue Pierre LAFFITTE, dans un Rapport du S&eacute;nat pr&eacute;sent&eacute; en 1993 &agrave; l'origine de la proposition de cr&eacute;ation de la banque de programmes et de services (BPS) qui permet d'acc&eacute;der &agrave; des programmes &agrave; fort contenu socio-&eacute;ducatif de la cinqui&egrave;me cha&icirc;ne ou d'autres provenances, gr&acirc;ce &agrave; des techniques de stockage et de diffusion enti&egrave;rement num&eacute;riques. <BR><BR> Le serveur Erasme, qui a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute; dans le D&eacute;partement du Rh&ocirc;ne &agrave; ma demande pourra h&eacute;berger ces donn&eacute;es de la BPS ainsi que celles d'autres partenaires institutionnels (l'INA, la Cit&eacute; des Sciences, le CNDP, le CNED, etc...) ou de contenus multim&eacute;dias &eacute;ducatifs d&eacute;velopp&eacute;s sp&eacute;cialement pour l'exp&eacute;rience ou enfin r&eacute;alis&eacute;s par des partenaires industriels de l'&eacute;dition num&eacute;rique. <BR><BR> L'INA, de son c&ocirc;t&eacute;, a mis en oeuvre deux projets : <BR><BR> - Le projet Delphes, soutenu par la commission europ&eacute;enne (r&eacute;alisation en partenariat, notamment avec la Cinq et Nathan, de chapitres d'un manuel d'histoire contemporaine multisupport) ; <BR><BR> - Le projet Medias, objets d'enseignement (corpus d'&eacute;missions de r&eacute;f&eacute;rences et d'exercices d'application). <BR><BR> Pour le Directeur G&eacute;n&eacute;ral Adjoint de l'Institut, Bernard Stiegler, l'Education Nationale doit b&eacute;n&eacute;ficier de la r&eacute;volution num&eacute;rique et y participer activement. <BR><BR> Il serait souhaitable, on l'a vu, que professeur et &eacute;l&egrave;ves acqui&egrave;rent des savoirs &eacute;l&eacute;mentaires sur les images et les sons (allant jusqu'&agrave; la manipulation d'images par ordinateur). <BR><BR> D'autre part, la r&eacute;alisation de productions p&eacute;dagogiques multisupport m&eacute;rite d'&ecirc;tre encourag&eacute;e. <BR><BR> Bernard STIEGLER souhaite que ces r&eacute;alisations, comme celles de manuels scolaires, fasse l'objet d'une collaboration entre l'"&nbsp;Institution de programmes ", qui est l'Education Nationale, et " les industries de programmes " fran&ccedil;aises. Car le secteur &eacute;ducatif est le principal moteur du d&eacute;veloppement des produits multim&eacute;dia, rappelle-t-il. Les groupes de production et d'&eacute;dition de programmes concern&eacute;s s'internationalisent et risquent de venir concurrencer les &eacute;ducations nationales. De sorte qu'afin d'&eacute;viter une colonisation culturelle am&eacute;ricaine, " il faut que l'ensemble de nos industries de programmes se mettent au service de la mission d'&eacute;ducation nationale ". <BR><BR> " En fait, la meilleure politique serait de soutenir l'&eacute;dition de produits par les enseignants eux-m&ecirc;mes - estiment les dossiers de l'audiovisuel - ... &agrave; condition que ceux-ci acceptent de travailler avec des professionnels de l'image et de l'informatique. C'est &agrave; ces conditions qu'une &eacute;dition p&eacute;dagogique de qualit&eacute; pourra voir le jour. " <BR><BR> En 1997, le minist&egrave;re de l'Education nationale a contribu&eacute; &agrave; hauteur de 23M.F. &agrave; la production de c&eacute;d&eacute;roms r&eacute;alis&eacute;s dans le cadre de la proc&eacute;dure de licence mixte. Le principe de cette proc&eacute;dure, cr&eacute;&eacute; en 1987, repose sur l'acquisition par le minist&egrave;re de l'Education nationale, pour une p&eacute;riode illimit&eacute;e, du droit d'usage de certains logiciels, &agrave; vocation exclusivement p&eacute;dagogique, s&eacute;lectionn&eacute;s pour leur qualit&eacute;. Elle a &eacute;t&eacute; &eacute;tendue aux applications et bases de donn&eacute;es accessibles par r&eacute;seaux. <BR><BR> Elle semble cependant se heurter &agrave; des difficult&eacute;s d'ordre technique et juridique (recours aux march&eacute;s n&eacute;goci&eacute;s rendu plus difficile par des modifications du code des march&eacute;s publics, lourdeur du processus de s&eacute;lection...) et n'aboutit pas n&eacute;cessairement, en l'absence de sanction des usagers, au choix des meilleurs produits. <BR><BR> Dans ces conditions, le rapport GERARD se montre sans doute un peu trop optimiste quand il d&eacute;clare que " la France a une avance reconnue au niveau international dans le domaine de la cr&eacute;ation de logiciels &eacute;ducatifs. " <BR><BR> Mais on ne peut que souscrire, quoi qu'il en soit, &agrave; la mesure 128 du Nouveau Contrat pour l'Ecole, selon laquelle la production de ce type de programmes doit devenir une priorit&eacute;. <BR><BR> L'&eacute;conomie de ces logiciels est &eacute;troitement li&eacute;e &agrave; la diffusion de leurs usages p&eacute;dagogiques et l'Education nationale est essentielle &agrave; leur &eacute;quilibre financier. Leur cr&eacute;ation est cependant - on a eu l'occasion d'insister sur ce point - une oeuvre de collaboration, multidisciplinaire, faisant appel &agrave; plusieurs comp&eacute;tences (enseignants, informaticiens, graphistes, animateurs infographistes...). <BR><BR> L'une des principales difficult&eacute;s de l'&eacute;dition et de la diffusion d'oeuvres multim&eacute;dias est le paiement des droits d'auteurs. <BR><BR> Etant donn&eacute; la quantit&eacute; et la vari&eacute;t&eacute; des sources utilis&eacute;es pour confectionner un c&eacute;d&eacute;rom, les auteurs dont la r&eacute;mun&eacute;ration doit &ecirc;tre pr&eacute;vue au stade de la production, sont tout d'abord tr&egrave;s nombreux. Les &eacute;diteurs se contentent souvent, avant de passer &agrave; l'&eacute;dition de cr&eacute;ations nouvelles, d'utiliser celles qu'ils poss&egrave;dent d&eacute;j&agrave;, ce qui avantage les producteurs am&eacute;ricains et japonais, d&eacute;tenteurs d'&eacute;normes catalogues. <BR><BR> Concernant l'utilisation de notre patrimoine artistique, on attend une initiative d'&eacute;diteurs fran&ccedil;ais apr&egrave;s le refus, justifi&eacute;, de la r&eacute;union des mus&eacute;es nationaux fran&ccedil;ais de passer un contrat avec Corbis. <BR><BR> Du c&ocirc;t&eacute; de la diffusion, " lib&eacute;rer les droits pour l'&eacute;ducation - soulignent les dossiers de l'audiovisuel- reste une priorit&eacute; qui n'a pas encore trouv&eacute; de solution miracle ". <BR><BR> La loi fran&ccedil;aise prot&egrave;ge fortement les auteurs, en l'absence d'un &eacute;quivalent du "&nbsp;fair use ". Les proc&eacute;dures mises en place par le minist&egrave;re de l'Education n'ont qu'une port&eacute;e limit&eacute;e (accords pour certaines r&eacute;alisations diffus&eacute;es par voie hertzienne ou sur cassette vid&eacute;o, collection "Voir et Savoir" r&eacute;alis&eacute;e par l'INA, etc...). <BR><BR> Ainsi, sans succomber &agrave; la technol&acirc;trie, on ne peut que reconna&icirc;tre les multiples possibilit&eacute;s de l'ordinateur et son importance cruciale dans nos soci&eacute;t&eacute;s. <BR><BR> Moyen <b>anim&eacute;</b> (contrairement au livre), &agrave; la fois d'expression et de communication, d'&eacute;laboration, de stockage et de gestion des connaissances, de combinaison de textes, d'images et de sons, ce peut &ecirc;tre un outil merveilleux d'apprentissage, capable de motiver l'&eacute;l&egrave;ve en respectant sa personnalit&eacute;. Mais, aussi complet et fascinant soit-il, ce n'est qu'un outil qui, comme tel, doit s'effacer devant la primaut&eacute; d'une p&eacute;dagogie recentr&eacute;e sur l'enfant, tout en conservant &agrave; l'enseignant un r&ocirc;le essentiel, dans laquelle il doit &ecirc;tre int&eacute;gr&eacute;. <BR><BR> Facteur essentiel de comp&eacute;titivit&eacute; et d'insertion dans la soci&eacute;t&eacute; de l'information qui est d&eacute;sormais la n&ocirc;tre, il ne peut &ecirc;tre ignor&eacute; par l'&eacute;cole ni comme moyen ni comme objet d'&eacute;ducation. <BR><BR> Cependant, le d&eacute;veloppement des technologies d'information et de communication dans les &eacute;tablissements d'enseignement et de formation ainsi que le rattrapage de notre retard en la mati&egrave;re posent de d&eacute;licats probl&egrave;mes, non seulement p&eacute;dagogiques, mais aussi budg&eacute;taires, administratifs, culturels, &eacute;conomiques. <BR><BR> Les aspects de formation, de co&ucirc;ts et de contenus sont en effet &eacute;troitement imbriqu&eacute;s. De multiples partenariats sont n&eacute;cessaires entre l'Education nationale et les collectivit&eacute;s territoriales, l'Etat et le secteur priv&eacute;, les enseignants, les techniciens et les cr&eacute;ateurs. <BR><BR> Enfin et surtout, il y a le poids et l'inertie de cette gigantesque structure pyramidale qu'est l'Education nationale. <BR><BR> Comment mobiliser efficacement tous les acteurs concern&eacute;s ? Quel doit &ecirc;tre l'ordre des priorit&eacute;s ? <BR><BR> Il faut tout d'abord constater, comme l'a fait &agrave; juste titre le ministre Claude ALLEGRE, que " nous ne partons pas de rien. " <BR><BR> Dans ces conditions, rien ne serait pire que d'ignorer ce qui a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; fait. <BR><BR> Avec la primaut&eacute; de la p&eacute;dagogie, j'aurais tendance &agrave; consid&eacute;rer comme premi&egrave;re priorit&eacute;, le fait de ne pas d&eacute;courager les initiatives &eacute;manant de la base. <BR><BR> Il faut reconna&icirc;tre et donner en exemple ces initiatives, les f&eacute;d&eacute;rer (car rien n'est plus d&eacute;courageant que de se sentir isol&eacute;), trouver le moyen de r&eacute;compenser leurs auteurs. <BR><BR> Les chefs d'&eacute;tablissements, point de passage oblig&eacute; de tout projet et de toute r&eacute;alisation, doivent par ailleurs constituer, avec les jeunes enseignants, parce qu'ils sont, de leur c&ocirc;t&eacute;, les plus motiv&eacute;s, la cible privil&eacute;gi&eacute;e de l'indispensable effort de formation. <BR><BR> Mais si le mouvement doit partir de la base, il semble dangereux d'en exclure, dans une organisation de type hi&eacute;rarchique comme celle de l'Education nationale, les corps d'inspection qui doivent par cons&eacute;quent faire l'objet d'une sensibilisation particuli&egrave;re. <BR><BR> Car il nous faut sans cesse avoir pr&eacute;sent &agrave; l'esprit ce principe : la communication au sein d'une pyramide doit &ecirc;tre &agrave; la fois horizontale et verticale. <BR><BR> Enfin, une formation continue, dispensable &agrave; la demande, doit pouvoir &ecirc;tre offerte &agrave; tous ceux qui le d&eacute;sirent, &eacute;tant entendu que tous les enseignants doivent se sentir mobilis&eacute;s. <BR><BR> Cependant, concernant les &eacute;quipements et les contenus, l'obsolescence et les co&ucirc;ts posent des probl&egrave;mes particuliers. <BR><BR> Pour ces raisons, la solution de location envisag&eacute;e par l'actuel ministre pourrait &ecirc;tre fort judicieuse, si du moins les r&egrave;gles du fonds de compensation de TVA (FCTVA) permettent aux collectivit&eacute;s locales de r&eacute;cup&eacute;rer la TVA li&eacute;e &agrave; ces d&eacute;penses de location. <BR><BR> Il faut &eacute;galement r&eacute;fl&eacute;chir aux perspectives ouvertes par les ordinateurs de r&eacute;seaux &agrave; des co&ucirc;ts d'acquisition et de maintenance moins &eacute;lev&eacute;s et la possibilit&eacute; de t&eacute;l&eacute;charger des logiciels ou de commander des applications &agrave; partir d'instructions, envoy&eacute;es par le navigateur, &eacute;crites dans un langage que la machine client a &eacute;t&eacute; mise en mesure d'interpr&eacute;ter (langage Java...). <BR><BR> Dans un point de vue publi&eacute; par <b>Le Monde</b> du 1<sup>er</sup> Octobre 1997, des chercheurs de l'INRIA et un professeur du CNAM se sont, par ailleurs, &eacute;tonn&eacute;s que l'Education nationale ne pr&eacute;f&egrave;re pas aux produits de Microsoft les logiciels de grande qualit&eacute;, p&eacute;dagogiquement mieux adapt&eacute;s, mis gratuitement &agrave; la disposition de tous par la communaut&eacute; internationale des informaticiens. <BR><BR> O&ugrave; faut-il placer l'ordinateur ? Dans une salle multim&eacute;dia ? En fond de classe ? <BR><BR> Je r&eacute;pondrai &agrave; cette question dans un prochain chapitre dans lequel j'adresserai des pr&eacute;conisations aux Responsables de notre Pays. <BR><BR> Toutefois, je dois imm&eacute;diatement pr&eacute;ciser que la r&eacute;ponse &agrave; cette question doit &ecirc;tre pragmatique. L&agrave; o&ugrave; l'image vient en soutien &agrave; l'expos&eacute; d'un enseignant, cette image doit &ecirc;tre de grande dimension et de grande qualit&eacute; (vid&eacute;oprojecteur). Par contre, lorsque l'ordinateur a comme finalit&eacute; d'&ecirc;tre un outil individuel d'acquisition de nouvelles connaissances, il ne peut &ecirc;tre efficace que lorsque chaque &eacute;l&egrave;ve dispose " personnellement " d'un terminal.  <BR><BR> L'exp&eacute;rimentation actuellement en d&eacute;veloppement du centre serveur Erasme du Rh&ocirc;ne et son r&eacute;seau &agrave; large bande pourrait &agrave; ce titre servir de mod&egrave;le. Je crois, en tout cas, qu'il est n&eacute;cessaire d'offrir aux enfants des images de bonne qualit&eacute;, au moins aussi belles que celles de la t&eacute;l&eacute;vision, dans un contexte de concurrence entre le multim&eacute;dia &eacute;ducatif et l'audiovisuel commercial. Chaque &eacute;cole dans un premier temps et chaque classe &agrave; terme devrait ainsi pouvoir disposer d'un grand &eacute;cran. <BR><BR> Dans le domaine des contenus, deux &eacute;l&eacute;ments me paraissent importants. Il est en effet n&eacute;cessaire de : <BR><BR> - faire jouer la concurrence [y compris par l'instauration de paiements &agrave; la s&eacute;ance dans l'usage de programmes (pay per view) &agrave; vis&eacute;e p&eacute;dagogique] ; <BR><BR> - d&eacute;velopper des partenariats (France-Europe, &eacute;tablissements publics, Education nationale, public-priv&eacute;, Etat-collectivit&eacute;s territoriales, enseignants-r&eacute;alisateurs), d'abord par ce qui est une d&eacute;marche consubstantielle &agrave; la soci&eacute;t&eacute; de l'information, ensuite pour rassembler nos forces face aux risques de colonisation culturelle d&eacute;j&agrave; &eacute;voqu&eacute;s. <BR><BR> S'agissant des droits d'auteurs le probl&egrave;me n'est pas seulement de nature financi&egrave;re, il est aussi administratif : la gestion doit &ecirc;tre simplifi&eacute;e et automatis&eacute;e. <BR><BR> Les r&eacute;flexions doivent se poursuivre dans cet important domaine. <BR><BR> Et les serveurs &agrave; contenu p&eacute;dagogique doivent pouvoir desservir &agrave; la fois les &eacute;coles, les lieux publics et les domiciles des &eacute;l&egrave;ves. <BR><BR> Initiatives de la base, projets scolaires, partenariats divers : le groupement t&eacute;l&eacute;matique Net Day qui regroupe b&eacute;n&eacute;voles, entreprises, repr&eacute;sentants des mairies et des &eacute;coles de la r&eacute;gion de Sophia-Antipolis, pr&egrave;s de Nice, en repr&eacute;sente un bel exemple. Son objectif est de contribuer &agrave; la mise en r&eacute;seau des &eacute;coles fran&ccedil;aises ; Sun Micro-systems, 3 Com, Siemens-Nixdorf en font partie. <BR><BR> Peut-&ecirc;tre de tels groupements pourraient-ils apporter aux ma&icirc;tres pionniers des NTIC la consid&eacute;ration et les encouragements dont ils ont besoin et que leur institution ne leur prodigue pas suffisamment ? <BR><BR> Autre partenariat essentiel : celui entre les collectivit&eacute;s locales et le Minist&egrave;re de l'Education Nationale. <BR><BR> Certes l'annonce faites en 1997 par Claude ALLEGRE, Ministre de l'Education Nationale va dans le bon sens. <BR><BR> Mais deux &eacute;cueils guettent cette d&eacute;claration, et il faut savoir les &eacute;viter pour qu'elle ne reste pas au niveau des intentions. <BR><BR> Il faut tout d'abord que l'Education Nationale, si le Gouvernement veut &ecirc;tre exact au rendez-vous de l'an 2000 qu'il s'est fix&eacute;,entreprenne, imm&eacute;diatement, un effort sans pr&eacute;c&egrave;dent de formation de tous les enseignants pour leur permettre de ma&icirc;triser les nouvelles technologiques de l'Information. Or, le budget, souvent squelettique accord&eacute; pour 1998 aux IUFM, sur cette ligne r&eacute;serv&eacute;e aux NTIC n'est pas &agrave; la hauteur du d&eacute;fi qui a &eacute;t&eacute; lanc&eacute;. <BR><BR> Par ailleurs, une mise en forme claire, sous la forme d'un Plan Education pluriannuel concernant les NTIC, doit sans tarder, &ecirc;tre conclu entre le Minist&egrave;re de l'Education Nationale et l'ensemble des Collectivit&eacute;s Locales de France. On ne peut demander &agrave; ces Collectivit&eacute;s de financer les 4/5&#176; de ce plan sans avoir pr&eacute;alablement d&eacute;fini les r&egrave;gles du jeu et arr&ecirc;t&eacute; en toute transparence le r&ocirc;le de chacun. Or, le budget 1998 de toutes ces Collectivit&eacute;s vient d'&ecirc;tre vot&eacute; sans que cet accord ait &eacute;t&eacute; scell&eacute;. Malheureusement, une fois encore, c'est une ann&eacute;e de perdu. <BR><BR> " Seul l'effort combin&eacute; de tous (Etat, conseils r&eacute;gionaux et g&eacute;n&eacute;raux, municipalit&eacute;s, partenaires priv&eacute;s) pourra permettre - comme le rappelle mon coll&egrave;gue G&eacute;rard, S&eacute;nateur du Finist&egrave;re - de faire face &agrave; cet enjeu capital pour le syst&egrave;me &eacute;ducatif fran&ccedil;ais. " <p Align=left><A HREF="r97-331-t150.html"> <IMG SRC = "/retour.gif" ALT="Retour" BORDER=0></A> <A HREF="r97-331-t1.html">  <IMG SRC = "/somm.gif" ALT="Sommaire" BORDER=0></A> <A HREF="r97-331-t152.html"> <IMG SRC = "/suite.gif" ALT="Suite" BORDER=0></A>  <P Align = Center> <A HREF="/rapinf.html"><IMG SRC="/sommaire.jpg" BORDER=0 ALT="Les Rapports d'information"></A> </BODY></HTML> 
