<html>  <!--Cration     : 09 juillet 2002 --> <!--Dernire MJ : 24 Mars 2003 --> <!--Page         : 0301 --> <!--Version      : 3.2 -->  <head> <title>Nouveaux Contes Cruels: L&#146;amour du naturel</title> <meta name="author" content="Villiers de l'Isle-Adam" /> <meta name="description" content="Nouveaux Contes Cruels, L'amour du naturel, Texte integral" /> <meta name="keywords" content="science, progres, chimie, industrie, nature" /> <link rel="stylesheet" type="text/css" href="../SystemRef/styl.css" /> </head>  <body bgcolor="#777777" link="#CC9933" vlink="#656A9B"> <table align="center" bgcolor="gray" border="3" cellpadding="5" width="606"><a name="top"></a>  <tr align="center" bgcolor="#8A463D" valign="middle">   <td width="25%"><a href="../index.html">Page d&#146;Accueil</a></td>   <td>Vous &eacute;tes ici sur le site de<br /><big><b>N<small>OTES</small> &amp; M<small>ORCEAUX</small> C<small>HOISIS</small></b></big></td>   <td width="25%"><a href="mailto:netmc@9online.fr">Email</a></td></tr> </table>&nbsp;  <table align="center" bgcolor="gray" border="3" cellpadding="5" width="606">  <tr bgcolor="#8A463D" valign="middle"><td align="center" width="25%"><b><font color="silver">Villiers de l&#146;Isle-Adam</font></b></td>   <td><b>&nbsp;&nbsp;&#149;&nbsp;Th&egrave;me : <a href="VilliersIA_ix.html">Page bibliographique</a></b></td></tr>  <tr bgcolor="#F1DABC" valign="top"><td colspan="2">  <p>&nbsp;</p><h1>L&#146;amour du naturel</h1> <p>&nbsp;</p><small> <p align="right"><i>&Agrave; Monsieur Emile Michelet.</i></p> <p align="right">L&#146;Homme peut tout inventer,<br />except&eacute; l&#146;art d&#146;&ecirc;tre heureux.<br />NAPOLEON BONAPARTE.</p></small>  <div id="kmnk"> <p>En ses excursions matinales dans la for&ecirc;t de Fontainebleau, M. C&#133; (le chef actuel de l&#146;Etat), par un de ces derniers levers de soleil, en vaguant sur l&#146;herbe et la ros&eacute;e, s&#146;&eacute;tait engag&eacute; en une sorte de val, du c&ocirc;t&eacute; des gorges d&#146;Apremont. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;Toujours d&#146;une &eacute;l&eacute;gance rectiligne, tr&egrave;s simple, en chapeau rond, en petit frac boutonn&eacute;, l&#146;air positif, n&#146;ayant, en son incognito, rien qui rappel&acirc;t les allures du pr&eacute;c&eacute;dent Numa, &#151; bref, n&#146;exc&eacute;dant pas, en sa modestie distingu&eacute;e, l&#146;aspect d&#146;un touriste officiel, il se lassait aller, par hygi&egrave;ne, aux charmes de la Nature. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;Soudain, il s&#146;aper&ccedil;ut que &laquo;&nbsp;la r&ecirc;verie avait conduit ses pas&nbsp;&raquo; devant une assez spacieuse cabane &#151; coquette, avec ses deux fen&ecirc;tres aux contrevents verts. S&#146;&eacute;tant approch&eacute;, M. C&#133; dut reconna&icirc;tre que les planches de cette demeure anormale &eacute;taient pourvues de num&eacute;ros d&#146;ordre &#151; et que c&#146;&eacute;tait un genre de baraque foraine, lou&eacute;e, sans doute, &agrave; qui de droit. Sur la porte &eacute;taient inscrits, en blanches capitales, ces deux noms&nbsp;: DAPHNIS ET CHLOE. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;Cette inscription le surprit. Par une curiosit&eacute; souriante, mais discr&egrave;te, &#151; bref, sans songer le moins du monde &agrave; la&iuml;ciser cet ermitage, il heurta, poliment, &agrave; la porte. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Entrez&nbsp;! cri&egrave;rent, de l&#146;int&eacute;rieur, deux fra&icirc;ches voix d&#146;enfants. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il toucha le loquet&nbsp;: la porte s&#146;ouvrit, pendant qu&#146;un intermittent rayon de soleil, &agrave; travers les feuillages, l&#146;illuminait ainsi que l&#146;int&eacute;rieur de l&#146;idyllique habitation. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;M. C&#133;, sur le seuil, se voyait en pr&eacute;sence d&#146;un tout jeune homme aux blonds cheveux boucl&eacute;s, aux traits de m&eacute;daille grecque, au teint mat, aux sceptiques yeux bleus &#151; dont le fin regard offrait cet on ne sait quoi de railleur qui sp&eacute;cialise le fond des prunelles normandes, &#151; et d&#146;une toute jeune fille, au visage ing&eacute;nu, d&#146;un ovale pur, couronn&eacute; de beaux cheveux bruns tress&eacute;s. Ils &eacute;taient v&ecirc;tus, l&#146;un et l&#146;autre, d&#146;un complet de deuil, en &eacute;toffe de campagne, &#151; d&#146;une coupe que le bien-pris de leurs personnes rendait passable. Tous deux &eacute;taient charmants &#151; et leur air triste n&#146;&eacute;veillait pas, chose &eacute;trange, l&#146;aversion. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;Revenant de maints voyages, le chef de l&#146;Etat se trouvait donc, un peu malgr&eacute; lui, tout heureux d&#146;apercevoir d&#146;autres &laquo;&nbsp;visages&nbsp;&raquo; que ceux des pr&eacute;fets, des sous-pr&eacute;fets et des maires&nbsp;; cela lui reposait la vue. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;Daphnis &eacute;tait debout contre une table rustique&nbsp;; l&#146;aimable Chlo&eacute;, regardant, sous ses cils abaiss&eacute;s, l&#146;h&ocirc;te inattendu, se trouvait assise sur une couchette de fer, nouveau syst&egrave;me, au matelas de varech, aux draps blancs et rudes, au double oreiller. Trois chaises en sparterie, quelques objets de m&eacute;nage, des plats et des tasses de fa&iuml;ence en imitation de vieux Limoges, et, sur la table, de brillants couverts en tout r&eacute;cent melchior, &#151; compl&eacute;taient l&#146;ameublement du r&eacute;duit nomade. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Etranger, dit Daphnis, soyez le bienvenu, vous qui entrez en cet inesp&eacute;r&eacute; rayon de soleil&nbsp;!&#133; Vous d&eacute;jeunez avec nous sans fa&ccedil;ons, n&#146;est-ce pas&nbsp;? Nous avons des &#156;ufs, du lait, du fromage, du caf&eacute;, m&ecirc;me&nbsp;; &#151; Chlo&eacute;, vite un couvert de plus&nbsp;! <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les puissants de la terre aiment les choses simples et impr&eacute;vues, et se pr&ecirc;tent volontiers aux charmes de l&#146;incognito, chez les humbles. Devant pareil accueil, M. C&#133; ne pouvait gu&egrave;re se refuser d&#146;&ecirc;tre aimable et, par forme de distraction, de se laisser aller &agrave; d&eacute;tendre, un peu (pour cette fois et par exception), le rigorisme de son caract&egrave;re. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&laquo;&nbsp;Voici, pensa-t-il, deux jeunes excentriques, &eacute;chapp&eacute;s de quelque coin de Paris &#151; et qui ont adopt&eacute; cette ing&eacute;nieuse mani&egrave;re de passer les vacances&nbsp;!&#133; Peut-&ecirc;tre sont-ils plus amusants que mon entourage&nbsp;: &#151; voyons.&nbsp;&raquo; <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Mes jeunes amis, r&eacute;pondit-il en souriant &#151; (de l&#146;air d&#146;un roi de jadis entrant chez des bergers) &#151; j&#146;aime le naturel&nbsp;!&#133; et j&#146;accepte votre offre champ&ecirc;tre. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;On prit place autour de la table, o&ugrave;, Chlo&eacute; s&#146;&eacute;tant empress&eacute;e, le repas commen&ccedil;a sur-le-champ. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Ah&nbsp;! le Naturel&nbsp;!&#133; soupira Daphnis, avec un profond soupir&nbsp;: c&#146;est &agrave; son intention que nous sommes ici&nbsp;! Nous le cherchons, d&#146;un c&#156;ur sans d&eacute;tours&nbsp;; mais &#151; en vain&nbsp;! <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;M. C&#133; les regarda&nbsp;: <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Comment, comment, mes jeunes amis&nbsp;? Mais, il vous environne&nbsp;! il vous enveloppe, ici, le Naturel, de toutes ses joies pures, de tous ses produits agrestes&nbsp;!&#133; Tenez, &#151; l&#146;excellent lait&nbsp;! les fra&icirc;ches tartines&nbsp;! <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Ah&nbsp;! dit Chlo&eacute;, cela, c&#146;est vrai, bel &eacute;tranger&nbsp;; le lait, on peut le boire&nbsp;: car il est fait, je crois, avec d&#146;excellente cervelle de mouton. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Quant aux tartines, murmura Daphnis, pour ce qui est du pain, vous savez, avec les levures nouvelles, on n&#146;est jamais s&ucirc;r&#133; mais quant au beurre, j&#146;avoue qu&#146;il m&#146;a paru d&#146;une margarine int&eacute;ressante. Si vous pr&eacute;f&eacute;riez, toutefois, le fromage, en voici un de confiance, o&ugrave; le suif et la craie n&#146;entrent que pour un tiers &agrave; peine&nbsp;; &#151; il est d&#146;invention nouvelle. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;A ces paroles, M. C&#133; consid&eacute;ra, plus attentivement, ses deux jeunes amphitryons&nbsp;: <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Et&#133; vous vous appelez Daphnis et Chlo&eacute;&nbsp;?&#133; dit-il. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Oh&nbsp;! ce sont nos petits noms, seulement&#133; r&eacute;pondit Daphnis. Nos familles, jadis &agrave; l&#146;aise, habitaient &agrave; Paris, aux Champs-Elys&eacute;es, lorsqu&#146;une subite conversion les r&eacute;duisit au travail. Donc, r&eacute;cent avocat, j&#146;allais b&acirc;iller mon stage, comme tout le monde&nbsp;; Chlo&eacute;, studieuse et d&eacute;j&agrave; doctoresse, &eacute;tudiait pour devenir sage-femme, lorsqu&#146;un petit h&eacute;ritage nous a permis de nous unir tout de suite, sans attendre la client&egrave;le, &#151;&nbsp;et d&#146;essayer de reprendre, selon nos go&ucirc;ts natals, en cette vieille for&ecirc;t, notre existence du temps de Longus&#133; mais, c&#146;est difficile, aujourd&#146;hui. &#151;&nbsp;Quoi&nbsp;? vous ne mangez plus, cher &eacute;tranger&nbsp;?&#133; Voulez-vous deux oeufs au miroir&nbsp;? Ceux-ci sont &agrave; la mode. Ils proviennent de l&#146;exportation, vous savez&nbsp;? de ces trois millions d&#146;oeufs artificiels que l&#146;Am&eacute;rique nous exp&eacute;die par jour&nbsp;; on les trempe dans une eau acidul&eacute;e qui fait la coque&nbsp;: c&#146;est instantan&eacute;. Croyez-moi, go&ucirc;tez-y. Nous prendrons le caf&eacute; apr&egrave;s. Il est excellent&nbsp;! c&#146;est de cette fausse-chicor&eacute;e premier choix dont la vente annuelle, rien qu&#146;&agrave; Paris, s&#146;&eacute;l&egrave;ve, d&#146;apr&egrave;s les totaux officiels, &agrave; dix-huit millions de francs. Ne nous refusez pas. C&#146;est de bon coeur, et sans c&eacute;r&eacute;monie. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;M. C&#133;, dont la curiosit&eacute;, malgr&eacute; lui, s&#146;&eacute;veillait &agrave; ces accents juv&eacute;niles, d&eacute;tourna diplomatiquement la conversation pour &eacute;viter avec le plus de politesse possible de r&eacute;pondre &agrave; l&#146;offre cordiale de ses h&ocirc;tes. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Un petit h&eacute;ritage, dites-vous&nbsp;?&#133; reprit-il avec un air d&#146;int&eacute;r&ecirc;t sympathique, &#151; en effet, vous &ecirc;tes v&ecirc;tus de deuil, chers enfants&nbsp;! <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Oui&nbsp;: nous portons celui de notre pauvre oncle Pol&eacute;mon&nbsp;! g&eacute;mit Chlo&eacute;, en essuyant une invisible larme. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Pol&eacute;mon&nbsp;? dit M. C&#133; cherchant dans ses souvenirs&nbsp;; &#151;&nbsp;ah oui&nbsp;! celui qui, pareil &agrave; Sil&egrave;ne, &eacute;tait bon buveur de clairet, dans le temps des l&eacute;gendes&nbsp;? <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Lui-m&ecirc;me&nbsp;!&#133; soupira Daphnis&nbsp;: aussi ne s&#146;&eacute;veillait-il, chaque aurore, qu&#146;avec la&#133; bouche de bois, le digne supp&ocirc;t de Bacchus&nbsp;! Il aimait le vin naturel&nbsp;: or, s&#146;&eacute;tant fait adresser, en sa chaumine, une feuillette de ce fameux &#147;Vin de propri&eacute;taire&#148;, vous savez&#133; <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Oui, bel &eacute;tranger, appuya Chlo&eacute; d&#146;une musicale petite voix de professeur&nbsp;: &#151;&nbsp;une feuillette de cette mixture si bien tartr&eacute;e, pl&acirc;tr&eacute;e et d&ucirc;ment arseniqu&eacute;e que quatre ou cinq cents modernes en son d&eacute;c&eacute;d&eacute;s&nbsp;!&#133; de ce vin g&eacute;n&eacute;reux que l&#146;on boit en France, chez les artisans, en chantant, d&#146;un coeur l&eacute;ger, la chanson c&eacute;l&egrave;bre&nbsp;:</p>  <p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;<i>Je songe, en remerciant Dieu,</i> <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;<i>Qu&#146;ils n&#146;en ont pas en Angleterre&nbsp;!</i></p>  <p>&#151;&nbsp;En sorte que, reprit Daphnis, l&#146;Etre supr&ecirc;me l&#146;ayant rappel&eacute; &agrave; lui le soir m&ecirc;me de la mise en bouteilles, notre oncle Pol&eacute;mon s&#146;est rendu &agrave; cet appel au milieu d&#146;atroces coliques, l&#146;infortun&eacute; vieillard&nbsp;! &#151;&nbsp;et ceci en nous l&eacute;guant quelques drachmes. Mais pardon&nbsp;: &#151;&nbsp;vous fumez&nbsp;? peut-&ecirc;tre&nbsp;? cher &eacute;tranger&nbsp;?&#133; Voulez-vous un de ces cigares&nbsp;?&#133; Ils sont, vraiment, passables, et de belle mine. Toujours importation d&#146;Am&eacute;rique&nbsp;!&#133; c&#146;est en feuilles de papier tremp&eacute; dans une d&eacute;coction de nicotine &eacute;pur&eacute;e, provenue des meilleurs bouts de cigares de la Havane&nbsp;; on en vend de deux &agrave; trois millions par mois, vous savez, rien qu&#146;en France&nbsp;: &#151;&nbsp;ceux-ci sont de premi&egrave;re marque, au dire m&ecirc;me de la r&eacute;gie&#133; <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour le coup, M. C&#133; croyant d&eacute;m&ecirc;ler, en ces derniers mots, une vague intention d&#146;ironie &agrave; l&#146;adresse du Progr&egrave;s, crut devoir prendre un peu de son air officiel. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Merci, dit-il. Mais, &#151; s&#146;il est vrai que quelques abus se soient, h&eacute;las, gliss&eacute;s dans l&#146;Industrie moderne, &#151; en s&#146;adressant bien, l&#146;on trouve du vrai, toujours&nbsp;! D&#146;ailleurs, &agrave; votre &acirc;ge, qu&#146;importent les vains plaisirs de la table&nbsp;? Ici, surtout, au milieu de cette nature vivante, de ces magnifiques et vivaces arbres, par exemple, dont les ramures s&eacute;culaires&#133; l&#146;odeur salubre&#133; <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Pla&icirc;t-il&nbsp;?&#133; cher &eacute;tranger&nbsp;? r&eacute;pondit Daphnis en ouvrant de grands yeux&nbsp;: &#151;&nbsp;quoi&#133; vous ignorez donc&nbsp;?&#133; Mais, ces superbes ch&ecirc;nes, ces hauts m&eacute;l&egrave;zes, qui ont abrit&eacute; tant de royales amours, ayant subi, durant certaine nuit d&#146;un r&eacute;cent hiver, cinq ou six degr&eacute;s de froid de plus que n&#146;en pouvaient supporter leurs racines, &#151; ceci au rapport m&ecirc;me des inspecteurs des Eaux et For&ecirc;ts de l&#146;Etat &#151; sont Morts, en r&eacute;alit&eacute;. Vous pouvez voir l&#146;entaille officielle qui les marque pour &ecirc;tre abattus l&#146;ann&eacute;e prochaine. Ils finiront dans des chemin&eacute;es de minist&egrave;res. Ces feuill&eacute;es sont les derni&egrave;res et ne proviennent plus que de la vitesse acquise&nbsp;: ce n&#146;est qu&#146;une brillante agonie. Il suffit &agrave; un connaisseur de jeter un coup d&#146;oeil sur leur &eacute;corce pour savoir que la s&egrave;ve ne monte plus. En sorte que, sous l&#146;apparence vivante de leurs ombrages, nous nous trouvons, en r&eacute;alit&eacute;, entour&eacute;s d&#146;innombrables spectres v&eacute;g&eacute;taux, de fant&ocirc;mes d&#146;arbres&nbsp;!&#133; Les anciens arbres, voyez-vous, nous quittent&nbsp;! Place aux jeunes. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;Un nuage passa sur le front, cependant math&eacute;matique, de M. C&#133;&nbsp;: &#151;&nbsp;&agrave; travers les hauts branchages, au dehors, une petite ond&eacute;e froide cliquetait. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;En effet, je crois, &agrave; pr&eacute;sent, me souvenir&#133; murmura-t-il&nbsp;; &#151;&nbsp;mais n&#146;exag&eacute;rons rien&nbsp;! et n&#146;examinons rien de trop pr&egrave;s, si nous voulons distinguer quelque chose&#133; Il vous reste cette exub&eacute;rante nature estivale&#133; <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Comment&nbsp;! se r&eacute;cria de nouveau Daphnis, &#151; comment, cher &eacute;tranger, vous trouvez &#147;naturel&#148; un &eacute;t&eacute; o&ugrave; nous passons nos apr&egrave;s-midi, ma pauvre Chlo&eacute; et moi, &agrave; grelotter l&#146;un aupr&egrave;s de l&#146;autre&nbsp;? <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;L&#146;&eacute;t&eacute; n&#146;est pas des plus chaud, en effet, cette ann&eacute;e, reprit M. C&#133;&nbsp;; eh bien, levez vos regards plus haut, jeunes gens&nbsp;! Il vous reste la vue de ce vaste ciel intact et pur&#133; <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Un ciel intact et pur&#133; o&ugrave; se croisent, toute la journ&eacute;e, des essaims de ballons pleins de messieurs &eacute;clair&eacute;s&#133; ce n&#146;est plus un ciel&#133; naturel, cher &eacute;tranger&nbsp;! <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Mais&#133; la nuit, &agrave; la clart&eacute; des astres, au chant du rossignol, vous pouvez oublier&#133; <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;C&#146;est que, murmura Daphnis, d&#146;interminables rais &eacute;lectriques, partis du polygone, traversent l&#146;ombre de leurs immenses balais de brouillard clair&nbsp;: cela modifie, &agrave; chaque instant, la clart&eacute; des &eacute;toiles et frelate la belle lueur lunaire sur le bois&nbsp;!&#133; La nuit n&#146;est plus&#133; naturelle. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Quant aux rossignols, soupira Chlo&eacute;, les sifflets continuels des trains de Melun les ont &eacute;pouvant&eacute;s&nbsp;; ils ne chantent plus, bel &eacute;tranger&nbsp;! <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Oh&nbsp;! jeunes gens&nbsp;! s&#146;&eacute;cria M. C&#133;, vous &ecirc;tes, aussi bien&#133; pointilleux&nbsp;! &#151;&nbsp;Si vous aimez tant le Naturel, que ne vous &ecirc;tes-vous fix&eacute;s au bord de la mer&nbsp;?&#133; comme jadis&nbsp;?&#133; Le bruit des hautes vagues&#133; les jours d&#146;orage&#133; <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;La mer, cher &eacute;tranger&nbsp;? dit Daphnis&nbsp;: c&#146;est que nous n&#146;ignorons pas qu&#146;un gros c&acirc;ble en aniaise, d&#146;un bout &agrave; l&#146;autre, l&#146;immensit&eacute; bien surfaite. &#151;&nbsp;Il suffit, vous le savez, d&#146;y verser un ou deux barils d&#146;huile pour en apaiser les plus hautes vagues &agrave; pr&egrave;s d&#146;une lieue de ronde. Quant aux &eacute;clairs de ses &#147;orages&#148;, du moment o&ugrave;, du centre d&#146;un cerf-volant, on peut les faire descendre dans une bouteille, &#151; la mer, aujourd&#146;hui, ne nous para&icirc;t plus si&#133; naturelle. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;En tout cas, dit M. C&#133;, les montagnes restent, pour les &acirc;mes &eacute;lev&eacute;es, un s&eacute;jour o&ugrave; le calme&#133; <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Les montagnes&nbsp;? r&eacute;pondit Daphnis, lesquelles&nbsp;? Les Alpes, par exemple&nbsp;? Le mont Cenis&nbsp;?&#133; Avec son chemin de fer qui le traverse, de part en part, comme un rat, &#151; et qui, de sa vapeur, enfume, comme un f&eacute;tide encensoir ambulant, les plateaux jadis verdoyants et habitables&nbsp;?&#133; Les trains express parcourent, du haut en bas, les montagnes, avec des roues &agrave; crans d&#146;arr&ecirc;t. Ce n&#146;est plus&#133; naturel, ces montagnes-l&agrave;&nbsp;! <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il y eut un moment de silence. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Alors, reprit bient&ocirc;t M. C&#133;, r&eacute;solu &agrave; voir jusqu&#146;o&ugrave; tiendraient les paradoxes de ces deux &eacute;l&eacute;giaques amants de la Nature, &#151;&nbsp;alors, jeune homme, que comptez-vous faire&nbsp;? <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Mais&#133; y renoncer&nbsp;! s&#146;&eacute;cria Daphnis&nbsp;: &#151;&nbsp;suivre le mouvement&nbsp;! Et, pour vivre, faire, &#151; par exemple&#133; de&#133; la politique, si vous voulez. Cela rapporte beaucoup. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;A ce propos, M. C&#133; tressaillit &#151; et, r&eacute;primant un &eacute;clat de rire, &#151; les regarda tous deux. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Ah&nbsp;! dit-il&nbsp;; vraiment&nbsp;?&#133; Et, si je ne suis pas indiscret, que voudriez-vous &ecirc;tre en politique, monsieur Daphnis&nbsp;? <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Oh&nbsp;! dit tranquillement Chlo&eacute;, toujours d&#146;une exquise voix doctorale et terre-&agrave;-terre, puisque Daphnis repr&eacute;sente, en soi, le parti des ruraux m&eacute;contents, bel &eacute;tranger, je lui ai conseill&eacute; de se porter, &agrave; tout hasard, en candidat exotique, dans la circonscription la plus &#147;arri&eacute;r&eacute;e&#148; de ce pays. Cela se trouve. Or, que faut-il, de nos jours, aux yeux de la majorit&eacute; des &eacute;lecteurs&nbsp;; pour m&eacute;riter la m&eacute;daille l&eacute;gislative&nbsp;? Savoir se garder, tout d&#146;abord, d&#146;&eacute;crire &#151; ou d&#146;avoir &eacute;crit &#151; le moindre beau livre&nbsp;; savoir se priver d&#146;&ecirc;tre dou&eacute;, en aucun art, d&#146;un immense talent&nbsp;; affecter de m&eacute;priser comme frivole tout ce qui touche aux productions de pure Intelligence&nbsp;; c&#146;est-&agrave;-dire n&#146;en parler jamais qu&#146;avec un sourire protecteur, distrait et placide&nbsp;; savoir, habilement, donner de soi l&#146;impression d&#146;une saine m&eacute;diocrit&eacute;&nbsp;; pouvoir tuer le temps, chaque jour, entre trois cents coll&egrave;gues, soit &agrave; voter de commande, &#151; soit &agrave; se prouver, les uns aux autres, que l&#146;on n&#146;est, au fond, que de moroses h&acirc;bleurs, d&eacute;nu&eacute;s, sauf rares exceptions, de tout d&eacute;sint&eacute;ressement&nbsp;; &#151; et, le soir, en m&acirc;chonnant un cure-dents, regarder la foule, d&#146;un oeil atone, en murmurant&nbsp;: &#147;Bah&nbsp;! Tout s&#146;arrange&nbsp;! tout s&#146;arrange&nbsp;!&#148; Voil&agrave;, n&#146;est-il pas vrai, les pr&eacute;alables conditions, requises pour &ecirc;tre jug&eacute; possible. &#151; Une fois &eacute;lu, l&#146;on &eacute;prouve neuf mille francs d&#146;appointements (et le reste), car on ne se paye pas de mots, &agrave; la Chambre&nbsp;! &#151; l&#146;on s&#146;appelle l&#146;&#147;Etat&#148;&#133; et l&#146;on d&eacute;cerne, entre-temps, un ou deux brillants bureaux de tabac &agrave; sa ch&egrave;re petite Chlo&eacute;&nbsp;!&#133; Tout cela n&#146;est pas inepte, je trouve&nbsp;: et c&#146;est un m&eacute;tier facile. Pourquoi n&#146;essaierais-tu pas, Daphnis&nbsp;? <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Eh&nbsp;! dit Daphnis, je ne dis pas non. C&#146;est une question de frais d&#146;affiches et de d&eacute;marches dont l&#146;on pourrait &agrave; la rigueur, surmonter l&#146;&eacute;coeurement. &#151;&nbsp;Apr&egrave;s tout, s&#146;il ne s&#146;agissait que d&#146;avoir une &#147;opinion&#148; pour enlever la chose, &#151; tenez, cher &eacute;tranger, mettons-les toutes en votre chapeau rond &#151; et tirez au hasard&nbsp;! &#151; Vous devez avoir la main heureuse&nbsp;; je sens cela&nbsp;; vous amenez la meilleure d&#146;entre elles, je parie, &#151; celle qui sera, comme on dit, l&#146;&eacute;pingle du jeu. &#151; D&#146;ailleurs, m&#146;est avis que si, plus tard, une autre me devenait plus plaisante, me souriait davantage, &#151; peuh&nbsp;! au taux o&ugrave; elles sont, en cette &eacute;poque, pour ce qu&#146;elles p&egrave;sent et produisent, je ne me donnerais m&ecirc;me pas la peine d&#146;en changer. &#151; Les &#147;opinions&#148;, en ce si&egrave;cle, ne sont plus&#133; naturelles, voyez-vous. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;M. C&#133;, en homme affable, en esprit &eacute;clair&eacute;, condescendit &agrave; sourire de ces innocents paradoxes qu&#146;excusait, &agrave; ses yeux, l&#146;&acirc;ge de ces pr&eacute;coces originaux. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Au fait, monsieur Daphnis, dit-il, vous pourriez repr&eacute;senter le parti du Cynisme-loyal, et, &agrave; ce titre, r&eacute;unir bien des suffrages. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Sans compter, reprit Chlo&eacute;, que &#151; si je dois en croire, bel &eacute;tranger, le bout de journal qui enveloppait le fromage, ce matin, &#151; plusieurs localit&eacute;s chercheraient &agrave; faire &eacute;quilibre (en inventant quelqu&#146;un jusqu&#146;&agrave; pr&eacute;sent introuvable) &agrave; la g&ecirc;nante influence de certain &#147;g&eacute;n&eacute;ral&#148; devenu l&#146;engouement public, le d&eacute;put&eacute; &agrave; la mode, et dont la politique&#133; <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Un g&eacute;n&eacute;ral, dites-vous, Chlo&eacute;&nbsp;?&#133; interrompit Daphnis avec &eacute;tonnement&nbsp;; &#151;&nbsp;un g&eacute;n&eacute;ral&#133; qui fait de la politique&#133; et qui est d&eacute;put&eacute;&#133; Ce n&#146;est donc pas un g&eacute;n&eacute;ral&#133; naturel&nbsp;? <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Non&nbsp;! dit M. C&#133;, plus grave malgr&eacute; lui, cette fois. &#151;&nbsp;Mais concluons, mes jeunes amis. Votre franchise d&#146;adolescents un peu bizarres, mais aimables, a gagn&eacute; ma sympathie, et je dois, &agrave; mon tour, me faire conna&icirc;tre. Je suis l&#146;actuel chef de l&#146;Etat fran&ccedil;ais, dont vous me semblez de trop ironiques citoyens&nbsp;; &#151; et je prends bonne note, monsieur Daphnis, de votre prochaine candidature. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;Entrouvrant son frac, M. C&#133; laissa voir, entre son gilet et sa belle chemise blanche, empes&eacute;e et rectangulaire, cette aune de large ruban de moire rouge qui va si bien &agrave; ses portraits et qui ne laisse aucun doute sur les augustes fonctions de qui le porte&nbsp;: cela remplace la couronne, sans choquer. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Tiens&nbsp;! le roi&nbsp;! s&#146;&eacute;cri&egrave;rent, &agrave; la fois, Daphnis et Chlo&eacute;, se levant, pleins de stupeur et de vague respect. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Jeunes gens, &#151; il n&#146;y a plus de roi&nbsp;! dit, avec froideur &#151; M. C&#133;&nbsp;; cependant, j&#146;ai les pouvoirs d&#146;un roi&#133; quoique&#133; <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;J&#146;entends&nbsp;! murmura Daphnis avec une sorte de condol&eacute;ance&nbsp;: vous n&#146;&ecirc;tes pas, non plus, un roi&#133; naturel&nbsp;? <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;J&#146;ai, du moins, l&#146;honneur de pr&eacute;sider une r&eacute;publique naturelle&nbsp;! r&eacute;pondit (plus sec) M. C&#133;, en se levant. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;Daphnis toussa l&eacute;g&egrave;rement, &agrave; ces mots, mais sans interrompre, par d&eacute;f&eacute;rence, n&#146;&eacute;tant pas encore &#147;d&eacute;put&eacute;&#148;. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Comme tel, ajouta M. C&#133;, je vous octroie, &#151; en retour de votre hospitalit&eacute; gracieuse, et par exception, &#151; licence pleine et enti&egrave;re d&#146;occuper, &#151; sans &ecirc;tre inqui&eacute;t&eacute;s par nos gardes, et ceci durant les vacances de l&#146;exercice 1888, &#151; ce val d&eacute;sert, sis en l&#146;une des principales for&ecirc;ts de l&#146;Etat. &#151; Puiss&eacute;-je, l&#146;heure venue, vous devenir plus utile, jeunes attard&eacute;s d&#146;une l&eacute;gende qu&#146;h&eacute;las&nbsp;! le Progr&egrave;s, je le vois, surannise&nbsp;!&#133; <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;&#151;&nbsp;Que b&eacute;ni soit le jour&#133; commen&ccedil;a Daphnis, &#151; et le &#147;roi&#148; salua les deux &#147;bergers&#148; et se retira, d&#146;un pas &eacute;gal, entre les grands arbres d&eacute;funts, vers le vieux palais lointain, &#151; laissant le pseudo-couple de Longus quelque peu saisi de l&#146;aventure. <br />&nbsp;&nbsp;&nbsp;Rentr&eacute; en la royale demeure o&ugrave;, provisoirement M. C&#133; occupe, je crois, les appartements de Saint-Louis (les moins inhabitables, d&#146;ailleurs, de cette b&acirc;tisse ancienne qui n&#146;a plus de raison d&#146;&ecirc;tre que comme rendez-vous de chasse ou vill&eacute;giature pittoresque), l&#146;honorable pr&eacute;sident du r&eacute;gime actuel, en fumant un vrai cigare dans l&#146;oratoire du vainqueur d&#146;Al-Mansourah, de Taillebourg et de Saintes,&#133; ne pouvait s&#146;emp&ecirc;cher de reconna&icirc;tre, en soi-m&ecirc;me, qu&#146;au fond, l&#146;amour des choses trop naturelles n&#146;est plus qu&#146;une sorte de r&ecirc;ve des moins r&eacute;alisables, bon &agrave; d&eacute;frayer, tout au plus, le verbiage des gens en retard, &#151; et que DAPHNIS et CHLOE, pour mener, aujourd&#146;hui, leur train du pass&eacute;, leur simple existence champ&ecirc;tre, pour se nourrir, enfin, de vrai lait, de vrai pain, de vrai beurre, de vrai fromage, de vrai vin, dans de vrais bois, sous un vrai ciel, en une vraie chaumi&egrave;re, et li&eacute;s d&#146;un amour sans arri&egrave;re-pens&eacute;e, auraient d&ucirc; commencer par mettre leur dite chaumi&egrave;re sur un pied d&#146;environ vingt-cinq mille livres de rente, &#151; attendu que le premier des bienfaits dont nous soyons, positivement, redevables &agrave; la Science, est d&#146;avoir plac&eacute; les choses simples essentielles et &#147;naturelles&#148; de la vie <big>HORS DE LA PORTEE DES PAUVRES</big>.</p>  <p align="right">Villiers de l&#146;Isle-Adam, <i>Nouveaux Contes Cruels</i>, 1888.</p> </div>  <p>&nbsp;</p><hr size="7" color="#8A463D" /> <p align="center"><u>Source&nbsp;:</u> <a href="http://gallica.bnf.fr/">BNF</a><br /><small>(les ordinateurs de la TGBNF ont abolit les r&egrave;gles typographiques, nous les avons ici r&eacute;tablies)</small></p>  <p><u>Notes de N&amp;MC&nbsp;:</u></p> <p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;<b>Daphnis et Chlo&eacute;</b> sont des personnages tir&eacute;s des <i>Pastorales de Longus</i>, conte de l&#146;antiquit&eacute; grecque&nbsp;:</p> <p align="center"><a href="Longus_ix.html">Daphnis et Chlo&eacute;</a><br /><small>Traduction de Paul-Louis Courier<br />[pr&eacute;sentation et 4 chapitres, env. 144&nbsp;200 signes]</small></p> <p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;<b>Bernard Charbonneau</b> a donn&eacute; une suite tout-&agrave;-fait moderne &agrave; cette fable avec une de ses chronique dans le journal <i>La Gueule Ouverte</i>&nbsp;:</p> <p align="center"><a href="../Bibliographie/Charbonneau11.html">La Gueule Bourr&eacute;e</a> - 1973.<br /><small>[Article, env. 22&nbsp;700 signes]</small></p>  <p>&nbsp;</p> <table width="100%">   <td valign="center" height="30" bgcolor="#8A463D">   <font size="4"><b>&nbsp;&nbsp;&#149;&nbsp;<font color="silver">Villiers de l&#146;Isle Adam</font> &#151; <a href="VilliersIA_ix.html">Bibliographie</a></b></font></td> </table>  <ul>  <li>03 <a href="VilliersIA_02.html">Vox populi</a></li>  <li>04 <a href="VilliersIA_04.html">Deux augures</a></li>  <li>05 <a href="VilliersIA_03.html">L&#146;affichage c&eacute;leste</a></li>  <li>19 <a href="VilliersIA_05.html">Les brigands</a></li>&nbsp;  <li>01 <a href="VilliersIA_06.html">Les amies de pension</a></li>  <li>02 <a href="VilliersIA_07.html">La torture par l&#146;esp&eacute;rance</a></li>  <li>03 <a href="VilliersIA_08.html">Sylvabel</a></li>  <li>04 <a href="VilliersIA_09.html">L&#146;enjeu</a></li>  <li>05 <a href="VilliersIA_10.html">L&#146;incomprise</a></li>  <li>06 <a href="VilliersIA_11.html">S&#156;ur Natalia</a></li>  <li>07 <a href="VilliersIA_01.html">L&#146;amour du naturel</a></li>  <li>08 <a href="VilliersIA_12.html">Le chant du coq</a></li> </ul>  <table width="100%">   <td align="center" valign="middle" height="50" bgcolor="#8A463D">   <font size="4"><a href="#top">HAUT DE PAGE</a></font></td> </table> <hr size="7" color="#8A463D" /></td></tr></table>&nbsp;  <table align="center" bgcolor="gray" border="3" cellpadding="5" width="606"><a name="top"></a>  <tr align="center" bgcolor="#8A463D" valign="middle">   <td width="25%"><a href="../index.html">Page d&#146;Accueil</a></td>   <td><big><b>N<small>OTES</small> &amp; M<small>ORCEAUX</small> C<small>HOISIS</small></b></big> <br />52, rue Damr&eacute;mont - 75018 Paris.<br /><small><br />Publication depuis f&eacute;vrier 1998.<br />Site fond&eacute; en f&eacute;vrier 2002.</small></td>   <td width="25%"><a href="mailto:netmc@9online.fr">Email</a></td></tr> </table>&nbsp;</body></html> 
