<html> <head> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> <title>::: La Maison des Contes : Contes traditionnels, populaires, lgendes</title> <!-- Metas http-equiv --> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> <meta http-equiv="content-Language" content="fr, ca, ch, be, lu, gb, us"> <meta http-equiv="Expires" content="0"> <meta http-equiv="Reply-to" content="lithium.sunset@free.fr"> <!-- Metas nomms --> <meta name="Author" content="Newlithium, Oursonbleu, Contes.net, Lutinou & Lithium Sunset, Romuald  Le Peru"> <META name="copyright" content=" Lutinou & Lithium Sunset"> <meta name="description" content="contes, fables, gnomes, gnmes, lutins, elfes, sorcires, fes, farfadets, korrigans, trolls, ogres, mondes imaginaires, ferie, faerie, dickens, andersen, freres grimm, maupassant, roman de renart, charles perrault, jack et le haricot gant, le joueur de flute de hammelin, automne, halloween, enfants, hiver, noel, nol, contes de nol, pre nol, santa claus, christmas, traditions populaires, contes populaires, collectage de contes, lgendes, contes rgionaux, contes du monde"> <meta name="audience" content="all"> <meta name="classification" content="Art, Culture, Traditions, Contes, Littrature, Internet, Web"> <meta name="ROBOTS" content="FOLLOW, INDEX, ALL"> <meta name="REVISIT-AFTER" content="2 days"> <link href="sheet_3.css" rel="stylesheet" type="text/css"> </head> <body leftmargin="0" topmargin="0" marginwidth="0" marginheight="0"> <a name="top"></a>  <table width="750" border="0" cellpadding="0" cellspacing="0">   <tr valign="top">      <td width="168" bgcolor="#000000"> <div align="center"><img src="images/image3.jpg" width="168" height="500"><br>         <span class="texte1"><b>          <!-- Mon compteur de vote Weborama -->         <a href="http://vote.weborama.fr/fcgi-bin/vote.fcgi?50766" target="_blank">Votez          pour ce site au Weborama</a>          <!-- fin de mon code-->         </b><br>         <br>         <!--DEBUT GOLD WEBORAMA-->         <script language="javascript">  WEBO_ZONE=1; 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</p> <p class="spip">... Je viens de lire dans un fait divers de journal un drame de passion. Il l'a tue, puis il s'est tu, donc il l'aimait. Qu'importent Il et Elle&nbsp;? Leur amour seul m'importe&nbsp;; et il ne m'intresse point parce qu'il m'attendrit ou parce qu'il m'tonne, ou parce qu'il m'meut ou parce qu'il me fait songer, mais parce qu'il me rappelle un souvenir de ma jeunesse, un trange souvenir de chasse o m'est apparu l'Amour comme apparaissaient aux premiers chrtiens des croix au milieu du ciel. Je suis n avec tous les instincts et les sens de l'homme primitif temprs par des raisonnements et des motions de civilis. J'aime la chasse avec passion&nbsp;; et la bte saignante, le sang sur les plumes, le sang sur mes mains, me crispent le coeur  le faire dfaillir. Cette anne-l, vers la fin de l'automne, les froids arrivrent brusquement, et je fus appel par un de mes cousins, Karl de Rauville, pour venir avec lui tuer des canards dans les marais, au lever du jour. Mon cousin, gaillard de quarante ans, roux, trs fort et trs barbu, gentilhomme de campagne, demi-brute aimable, d'un caractre gai, dou de cet esprit gaulois qui rend agrable la mdiocrit, habitait une sorte de ferme-chteau dans une valle large o coulait une rivire. Des bois couvraient les collines de droite et de gauche, vieux bois seigneuriaux o restaient des arbres magnifiques et o l'on trouvait les plus rares gibiers  plume de toute cette partie de la France. On y tuait des aigles quelquefois&nbsp;; et les oiseaux de passage, ceux qui presque jamais ne viennent en nos pays trop peupls, s'arrtaient presque infailliblement dans ces branchages sculaires comme s'ils eussent connu ou reconnu un petit coin de fort des anciens temps demeur l pour leur servir d'abri en leur courte tape nocturne. Dans la valle, c'taient de grands herbages arross par des rigoles et spars par des haies&nbsp;; puis, plus loin, la rivire, canalise jusque-l, s'pandait en un vaste marais. Ce marais, la plus admirable rgion de chasse que j'aie jamais vue, tait tout le souci de mon cousin qui l'entretenait comme un parc.  travers l'immense peuple de roseaux qui le couvrait, le faisait vivant, bruissant, houleux, on avait trac d'troites avenues ou les barques plates, conduites et diriges avec des perches, passaient, muettes, sur l'eau morte, frlaient les joncs, faisaient fuir les poissons rapides  travers les herbes et plonger les poules sauvages dont la tte noire et pointue disparaissait brusquement. J'aime l'eau d'une passion dsordonne&nbsp;: la mer, bien que trop grande, trop remuante, impossible  possder, les rivires si jolies mais qui passent, qui fuient, qui s'en vont, et les marais surtout o palpite toute l'existence inconnue des btes aquatiques. Le marais, c'est un monde entier sur la terre, monde diffrent, qui a sa vie propre, ses habitants sdentaires, et ses voyageurs de passage, ses voix, ses bruits et son mystre surtout. Rien n'est plus troublant, plus inquitant, plus effrayant, parfois, qu'un marcage. Pourquoi cette peur qui plane sur ces plaines basses couvertes d'eau&nbsp;? Sont-ce les vagues rumeurs des roseaux, les tranges feux follets, le silence profond qui les enveloppe dans les nuits calmes, ou bien les brumes bizarres, qui tranent sur les joncs comme des robes de mortes, ou bien encore l'imperceptible clapotement, si lger, si doux, et plus terrifiant parfois que le canon des hommes ou que le tonnerre du ciel, qui fait ressembler les marais  des pays de rve,  des pays redoutables, cachant un secret inconnaissable et dangereux. Non. Autre chose s'en dgage, un autre mystre, plus profond, plus grave, flotte dans les brouillards pais, le mystre mme de la cration peut-tre&nbsp;! Car n'est-ce pas dans l'eau stagnante et fangeuse, dans la lourde humidit des terres mouilles sous la chaleur du soleil, que remua, que vibra, que s'ouvrit au jour le premier germe de vie&nbsp;? J'arrivai le soir chez mon cousin. Il gelait  fendre les pierres. Pendant le dner, dans la grande salle dont les buffets, les murs, le plafond taient couverts d'oiseaux empaills, aux ailes tendues, ou perchs sur des branches accroches par des clous, perviers, hrons, hiboux, engoulevents, buses, tiercelets, vautours, faucons, mon cousin, pareil lui-mme  un trange animal des pays froids, vtu d'une jaquette en peau de phoque, me racontait les dispositions qu'il avait prises pour cette nuit mme. Nous devions partir  trois heures et demie du matin, afin d'arriver vers quatre heures et demie au point choisi pour notre afft. On avait construit  cet endroit une hutte avec des morceaux de glace pour nous abriter un peu contre le vent terrible qui prcde le jour, ce vent charg de froid qui dchire la chair comme des scies, la coupe comme des lames, la pique comme des aiguillons empoisonns, la tord comme des tenailles, et la brle comme du feu. Mon cousin se frottait les mains&nbsp;: &nbsp;Je n'ai jamais vu une gele pareille, disait-il, nous avions douze degrs sous zro  six heures du soir.&nbsp; J'allai me jeter sur mon lit aussitt aprs le repas, et je m'endormis  la lueur d'une grande flamme flambant dans ma chemine.  trois heures sonnantes on me rveilla. J'endossai,  mon tour, une peau de mouton et je trouvai mon cousin Karl couvert d'une fourrure d'ours. Aprs avoir aval chacun deux tasses de caf brlant suivies de deux verres de fine champagne, nous partmes accompagns d'un garde et de nos chiens&nbsp;: Plongeon et Pierrot. Ds les premiers pas dehors, je me sentis glac jusqu'aux os. C'tait une de ces nuits o la terre semble morte de froid. L'air gel devient rsistant, palpable tant il fait mal&nbsp;; aucun souffle ne l'agite&nbsp;; il est fig, immobile, il mord, traverse, dessche, tue les arbres, les plantes, les insectes, les petits oiseaux eux-mmes qui tombent des branches sur le sol dur, et deviennent durs aussi, comme lui, sous l'treinte du froid. La lune,  son dernier quartier, toute penche sur le ct, toute ple, paraissait dfaillante au milieu de l'espace, et si faible qu'elle ne pouvait plus s'en aller, qu'elle restait l-haut, saisie aussi, paralyse par la rigueur du ciel. Elle rpandait une lumire sche et triste sur le monde, cette lueur mourante et blafarde qu'elle nous jette chaque mois,  la fin de sa rsurrection. Nous allions, cte  cte, Karl et moi, le dos courb, les mains dans nos poches et le fusil sous le bras. Nos chaussures enveloppes de laine afin de pouvoir marcher sans glisser sur la rivire gele ne faisaient aucun bruit&nbsp;; et je regardais la fume blanche que faisait l'haleine de nos chiens. Nous fmes bientt au bord du marais, et nous nous engagemes dans une des alles de roseaux secs qui s'avanait  travers cette fort basse. Nos coudes, frlant les longues feuilles en rubans, laissaient derrire nous un lger bruit&nbsp;; et je me sentis saisi, comme je ne l'avais jamais t, par l'motion puissante et singulire que font natre en moi les marcages. Il tait mort, celui-l, mort de froid, puisque nous marchions dessus, au milieu de son peuple de joncs desschs. Tout  coup, au dtour d'une des alles, j'aperus la hutte de glace qu'on avait construite pour nous mettre  l'abri. J'y entrai, et comme nous avions encore prs d'une heure  attendre le rveil des oiseaux errants, je me roulai dans ma couverture pour essayer de me rchauffer. Alors, couch sur le dos, je me mis  regarder la lune dforme, qui avait quatre cornes  travers les parois vaguement transparentes de cette maison polaire. Mais le froid du marais gel, le froid de ces murailles, le froid tomb du firmament me pntra bientt d'une faon si terrible, que je me mis  tousser. Mon cousin Karl fut pris d'inquitude&nbsp;: &nbsp;Tant pis si nous ne tuons pas grand-chose aujourd'hui, dit-il, je ne veux pas que tu t'enrhumes&nbsp;; nous allons faire du feu.&nbsp; Et il donna l'ordre au garde de couper des roseaux. On en fit un tas au milieu de notre hutte dfonce au sommet pour laisser chapper la fume&nbsp;; et lorsque la flamme rouge monta le long des cloisons claires de cristal, elles se mirent  fondre, doucement,  peine, comme si ces pierres de glace avaient su. Karl, rest dehors, me cria&nbsp;: &nbsp;Viens donc voir&nbsp;!&nbsp; Je sortis et je restai perdu d'tonnement. Notre cabane, en forme de cne, avait l'air d'un monstrueux diamant au coeur de feu pouss soudain sur l'eau gele du marais. Et dedans, on voyait deux formes fantastiques, celles de nos chiens qui se chauffaient. Mais un cri bizarre, un cri perdu, un cri errant, passa sur nos ttes. La lueur de notre foyer rveillait les oiseaux sauvages. Rien ne m'meut comme cette premire clameur de vie qu'on ne voit point et qui court dans l'air sombre, si vite, si loin, avant qu'apparaisse  l'horizon la premire clart des jours d'hiver. Il me semble  cette heure glaciale de l'aube, que ce cri fuyant emport par les plumes d'une bte est un soupir de l'me du monde&nbsp;! Karl disait&nbsp;: &nbsp;teignez le feu. Voici l'aurore.&nbsp; Le ciel en effet commenait  plir, et les bandes de canards tranaient de longues taches rapides, vite effaces, sur le firmament. Une lueur clata dans la nuit, Karl venait de tirer et les deux chiens s'lancrent. Alors, de minute en minute, tantt lui et tantt moi nous ajustions vivement ds qu'apparaissait au-dessus des roseaux l'ombre d'une tribu volante. Et Pierrot et Plongeon, essouffls et joyeux, nous rapportaient des btes sanglantes dont l'oeil quelquefois nous regardait encore. Le jour s'tait lev, un jour clair et bleu&nbsp;; le soleil apparaissait au fond de la valle et nous songions  repartir, quand deux oiseaux, le col droit et les ailes tendues, glissrent brusquement sur nos ttes. Je tirai. Un d'eux tomba presque  mes pieds. C'tait une sarcelle au ventre d'argent. Alors, dans l'espace au-dessus de moi, une voix, une voix d'oiseau cria. Ce fut une plainte courte, rpte, dchirante&nbsp;; et la bte, la petite bte pargne se mit  tourner dans le bleu du ciel au-dessus de nous en regardant sa compagne morte que je tenais entre mes mains. Karl,  genoux, le fusil  l'paule, l'oeil ardent, la guettait, attendant qu'elle ft assez proche. &nbsp;Tu as tu la femelle, dit-il, le mle ne s'en ira pas.&nbsp; Certes, il ne s'en allait point&nbsp;; il tournoyait toujours, et pleurait autour de nous. Jamais gmissement de souffrance ne me dchira le coeur comme l'appel dsol comme le reproche lamentable de ce pauvre animal perdu dans l'espace. Parfois, il s'enfuyait sous la menace du fusil qui suivait son vol&nbsp;; il semblait prt  continuer sa route, tout seul  travers le ciel. Mais ne s'y pouvant dcider il revenait bientt pour chercher sa femelle. &nbsp;Laisse-la par terre, me dit Karl, il approchera tout  l'heure.&nbsp; Il approchait, en effet, insouciant du danger, affol par son amour de bte pour l'autre bte que j'avais tue. Karl tira&nbsp;; ce fut comme si on avait coup la corde qui tenait suspendu l'oiseau. Je vis une chose noire qui tombait&nbsp;; j'entendis dans les roseaux le bruit d'une chute. Et Pierrot me le rapporta. Je les mis, froids dj, dans le mme carnier... et je repartis, ce jour-l, pour Paris.</p><br> <br> <span class="texte1"></span><br>  <span class="menul3">Popularit<br>                         </span> <p class="petit">Cet article a une popularit                            absolue gale  2, soit 13                            % de 16.<br>                           Au total, ce site fait environ 1262 visites                            par jour.  <br>                           <br>                         </p>                         </td>                     </tr>                   </table>                   <table width="467" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">                     <tr>                        <td><div align="left">                            <b_meme_rubrique> <span class="menul2"><b><br>                           Dans la m&ecirc;me rubrique:</b></span><br>                            <img src="images/puce3.gif"><a href="article.php3?id_article=660" class="texteblanc"> 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                 <img src="images/puce3.gif"><a href="article.php3?id_article=666" class="texteblanc">                            Le petit ft</a><br>                            <img src="images/puce3.gif"><a href="article.php3?id_article=654" class="texteblanc">                            Aux champs</a><br>                            <img src="images/puce3.gif"><a href="article.php3?id_article=681" class="texteblanc">                            Menuet</a><br>                            <img src="images/puce3.gif"><a href="article.php3?id_article=658" class="texteblanc">                            Le parapluie</a><br>                            <img src="images/puce3.gif"><a href="article.php3?id_article=673" class="texteblanc">                            La folle</a><br>                            <img src="images/puce3.gif"><a href="article.php3?id_article=333" class="texteblanc">                            L'enfant</a><br>                            <img src="images/puce3.gif"><a href="article.php3?id_article=668" class="texteblanc">                            Une vendetta</a><br>                            <img src="images/puce3.gif"><a href="article.php3?id_article=664" class="texteblanc">                            L'aveu</a><br>                            <img src="images/puce3.gif"><a href="article.php3?id_article=679" class="texteblanc">                            La rouille</a><br>                            <img src="images/puce3.gif"><a href="article.php3?id_article=662" class="texteblanc">                            La Lgende du Mont Saint-Michel</a><br>                            <img src="images/puce3.gif"><a href="article.php3?id_article=670" class="texteblanc">                            Un parricide</a><br>                            <img src="images/puce3.gif"><a href="article.php3?id_article=332" class="texteblanc">                            Le loup</a><br>                            <img src="images/puce3.gif"><a href="article.php3?id_article=661" class="texteblanc">                            Conflits pour rire</a><br>                           </b_meme_rubrique> </div></td>                     </tr>                   </table>                   </div>               </div></td>           </tr>         </table>         <br>         <font color="#CCCC33"><b><a href="lutinou.php3" class="menuhaut">Accueil</a>          | <a href="#top" class="menuhaut">Haut de page</a> | <a href="javascript:history.back(1)" class="menuhaut">Page          prcdente</a> | <a class="menuhaut" href="javascript:print();">Imprimer          cette page</a></b></font> <br>         <br>         <script language="javascript" src                                                                                                       ="http://www.meilleursites.com/cgi-bin/meilleursites/counter/counter.toy?r=796&id=lithium">                                             </script>         <br>       </div></td>   </tr>   <tr 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