 <HTML> <HEAD>     <TITLE>Claude Champagne. La Muerte d'Amour et Jules</TITLE> </HEAD> <BODY BGCOLOR="#ffffff" LINK="#030e5a" ALINK="#1e023f" VLINK="#440364"><P><BR>   <center>  <H3>Claude Champagne</H3><P><BR> <table><tr><td>  <IMG SRC = "muerte.gif"><P><BR>  </td><td></td><td> <tt>"A <BR>tous<BR> ceux <BR> qui <BR>sont <BR> de<BR> l'&eacute;toffe <BR> 	dont <BR>on fait<BR> les r&ecirc;ves."<P> <B>Shakespeare</B></tt> </td></tr></table></center>  <center><H3><I>La Muerte d'Amour et Jules</I> (Extraits, Mai 1995)</center></H3><P><BR>  <blockquote>  	<P ALIGN = JUSTIFY>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;N&eacute; &agrave; Montr&eacute;al, Claude Champagne est co-&eacute;diteur chez Dramaturges Editeurs, nouvelle maison fond&eacute;e en septembre 1996.  Il d&eacute;tient une formation de l'Ecole Nationale de Th&eacute;&acirc;tre du Canada et termine actuellement une ma&icirc;trise en &eacute;tudes litt&eacute;raires &agrave; l'UQAM.  Il a &eacute;crit des contes urbains, des pi&egrave;ces pour jeune public, de courtes pi&egrave;ces radiophoniques et est membre du Centre des auteurs dramatiques.  <I>La Muerte d'Amour et Jules</I> est pour lui un texte f&eacute;tiche en ce qui regarde l'utilisation d'une langue d&eacute;brid&eacute;e et indomptable.<P><BR>  <center><TT><I>Lisez l'introduction &agrave; <A HREF="introduction.html"><B>la Muerte d'Amour et Jules</B></A><BR> r&eacute;dig&eacute;e par l'auteur et consultez <A HREF="cv.html">son curriculum vitae.</A></tt></I></center><P><BR>   <blockquote>  <tt><H4>PERSONNAGES</H4> <B>AMOUR</B>: elle a &eacute;crit.<BR> <B>JULES</B>: il peint.<BR> <B>LA MUERTE</B>: elle fait ce qu'elle a &agrave; faire.<P>  <FONT SIZE=-1>Note: Le personnage de La Muerte aura toujours un d&eacute;bit assez rapide, agressant, n&eacute;vrosant, tout en nuances d'ironie, de cynisme et d'une inqui&eacute;tante douce folie.</tt></FONT><P><BR><BR>  	<tt><H4>RESUME DE LA PIECE</H4>  <P ALIGN = JUSTIFY>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Urgence dans l'atelier-appartement de Jules. La mort violente de sa blonde, Amour, force ce jeune peintre en marge &agrave; revivre les moments forts, troublants de sa vie avec Amour; de l'enfance &agrave; aujourd'hui. Un deuil, une d&eacute;rive haletante hant&eacute;e par La Muerte qui surgit depuis toujours sous des traits diff&eacute;rents et en plusieurs personnages repr&eacute;sentant chacune de nos petites morts... jusqu'&agrave; la grande, cette farce absurde.</tt><P><BR><BR> </blockquote>  <center><H4>SCENE TROIS: Le Quotidien</H4></center><P><BR>   <P ALIGN = JUSTIFY>LA MUERTE<BR> Six heures. Six heures apr&egrave;s minuit, six, six, six! Six heures. Le cadran sonne, il sonne, il te sonne avec un criiiiiiiii. Un cri. Un cri strident,  striiiiiiident qui fait grincer tes dents. Tes yeux se d&eacute;roulent jusqu' en haut comme des stores. Bing, blank, blind! La lumi&egrave;re vive du soleil t'envoie une combinaison gauche-droite sur tes r&eacute;tines. Pour toute riposte, tes paupi&egrave;res-ballerines font des battements en couple avec tes cils; ils cabriolent, font des chass&eacute;s-crois&eacute;s avec ta vision, contre-temps, h&eacute;, ho! grand &eacute;cart! Allez! Fouett&eacute;! Pas de deux, trois quatre, six! Piqu&eacute;. Tomb&eacute;... Allez, debout! Debout. De bout en bout, le boutte de toute. Deboute, ah non... le boutte... &agrave; terre! Ah, vieillir. Vieillir et puis mourir. Pisser! Oui, monsieur yes sir, aux toilettes. A la guerre comme &agrave; la guerre, ici m&ecirc;me les l&acirc;ches font des efforts. Pas le temps de faire chier. Checke tes bobettes &agrave; l'envers mon Dagobert qui d&eacute;gobille vert: le jaune en avant, le brun en arri&egrave;re! C'est faite. Essuie bien le tour du bol, sinon le poil colle trop facilement. Pis surtout, &ccedil;a fait pas propre. Juules! Juuuules! Juuuuuules! Moman t'appelle... L'entends-tu crier dans tes oreilles chaque fois que t'es inquiet. T'&eacute;coutes... Juuuuuuuuules! Fait que t'es ben mieux de faire comme y faut, essuie le tour du bol. Malheur! Ah mis&egrave;re, ah malheur! Y reste pus de papiers cul! Cherche, cherche. Secoue-la un peu avant au moins. Oui, mais... bon, jusqu'&agrave; la derni&egrave;re goutte. Faut que tu trouves du papier-cul! Y'en reste pus. Pus dans les armoires, pus en-dessous de l'&eacute;vier, pus un bout propre dans la poubelle, y'en reste pus, pus nulle part. Angoisse. Angoisse mon Jules. Tu pourras pas chier aujourd'hui. Va falloir que tu gardes toute ta marde en-dedans, comme d'habitude, comme d'habitude. La Presse a beau &ecirc;tre un torchon, tu veux pas te torcher avec. Tu gardes ta dignit&eacute; de civilis&eacute;. T'aimes mieux &ecirc;tre un constip&eacute;. Parfait, si c'est ta fa&ccedil;on &agrave; toi de d'identifier, de te sentir moins seul...<P>  	AMOUR, <I>constern&eacute;e</I><BR> Jules. Chus l&agrave;. Ecoute-moi!<P>  	JULES, <I>abattu</I><BR>  Amour... Je voudrais juste pouvoir me coller pr&egrave;s de toi.<P>  <P ALIGN = JUSTIFY>LA MUERTE<BR> Erreur. Erreur mon cher pas cher qui vaut rien. Quel temps y fait dehors? Tu sais dehors, l&agrave; o&ugrave; tu sors presque pus jamais, jamais plus. Regarde, regarde, y faut que tu regardes. La fen&ecirc;tre sale de ton int&eacute;rieur te dit que le temps est pas propre, faudrait qu'un jour tu t'habilles en &eacute;boueur pis que t'ailles nettoyer tout &ccedil;a. Tu restes &agrave; l'int&eacute;rieur, tout le temps &agrave; l'int&eacute;rieur. Tu t'habilles en sac de poubelle, te d&eacute;guise &agrave; peine avec ta peine. Faut que tu sortes, faut que tu sortes, affronter le vent des foules, l'haleine des poules, des poules qui picorent le quotidien. Cot, cot, cot. Cote &agrave; la bourse! <P>  	JULES<BR> Non, je peux pas. Amour? T'es o&ugrave;?<P>  	AMOUR, <I>essayant de le ramener &agrave; elle</I><BR>  Pense &agrave; nos d&eacute;jeuners d'amoureux. Toute la confiture que je te l&eacute;chais sur les l&egrave;vres.<P>  	LA MUERTE<BR> <P ALIGN = JUSTIFY>Faut que tu manges. Mange m&ecirc;me si t'as pas faim. Des c&eacute;r&eacute;ales, des bonnes c&eacute;r&eacute;ales avec plein de fibres, de vitamines. Du jus, du jus d'orange fra&icirc;chement press&eacute; en plein sur place en Floride, the sunshine state Sunkist direct dans ton verre, vitamine C pour ta mine d&eacute;...gueulasse. Le guide alimentaire recommande de t'alimenter. Du caf&eacute;, envoye, r&eacute;veille! Moulu, pas moulu, instantan&eacute;, instant tann&eacute;, tann&eacute;, tanne-toi! R&eacute;veille! Prends-tu un sucre, deux sucres, trois sucres? DU lait? Du lait 2%, 3%. 1%, &eacute;cr&eacute;m&eacute;, du lait de soya? Ah non! Y reste pus de lait! Du caf&eacute; noir comme un miroir. Miroir, miroir dis-moi qui est le plus noir? Ses cheveux d&eacute;peign&eacute;s, ses yeux vitreux, ses dents pas lav&eacute;es ou ses id&eacute;es pas ras&eacute;es?<P>  	<P ALIGN = JUSTIFY>JULES<BR> Chus tann&eacute; de me voir. Je voudrais &ecirc;tre aveugle pis exister dans le noir. Je voudrais avoir jamais rien vu,  sans m&eacute;moire.<P>  	<P ALIGN = JUSTIFY>AMOUR<BR> Non. Rappelle-toi. On s'embrassait jusqu'&agrave;  manquer d'air.<P>  	<P ALIGN = JUSTIFY>LA MUERTE<BR> Mais, hey, hey, hey! La vaisselle! La montagne de vaisselle. Si la montagne ne vient pas &agrave; toi va &agrave; la montagne. Les neiges &eacute;ternelles, la mousse, le moisi. Le sage en haut de la montagne va pourrir pis te d&eacute;gringoler dessus avec sa sagesse de crasse, le vieux crasse. Lave, lave, lave, purifie-toi, ton &acirc;me trempe dedans.<P>  	<P ALIGN = JUSTIFY>AMOUR, <I>d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;e</I><BR>  Jules! Notre histoire, toute notre vie! Reviens! Reviens! Je sais pas... Ecris... Ecris-moi... des mots qui meurent pas.<P>   	<P ALIGN = JUSTIFY>JULES<BR> J'ai pas le courage. J'ai pas l'&acirc;me &agrave; l'ouvrage. Jamais le go&ucirc;t de faire du m&eacute;nage. Couvert de poussi&egrave;re, je me sens comme un scott-towel oubli&eacute; entre le po&ecirc;le pis le frigidaire.<P>  	<P ALIGN = JUSTIFY>LA MUERTE<BR> Faut que tu te d&eacute;crasses, que tu te d&eacute;frises, que tu te d&eacute;mortifises. Viens, viens on va te laver les dents. Ouvre la bouche grand, encore plus grand, dis: ah, ah oui, ah non, ha! ha! ha! Aaaaaaaah, ayoye! Parle. Parle. Dis que &ccedil;a fait mal, dis-le o&ugrave; t'as mal, un docteur du vocabulaire pourrait t'arracher tes mots creux ou te mettre du plomb dans la bouche, dans la t&ecirc;te ou dans l'aile.<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR, <I>d&eacute;courag&eacute;e et d&eacute;&ccedil;ue</I><BR> Parle-moi! Parle-moi! Je te reconnais pus... Pas toi...<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES, <I>d&eacute;moralis&eacute;</I><BR> Je veux pus parler. A personne. A personne qui tonne et qui raisonne. Je d&eacute;missionne...<P ALIGN = JUSTIFY>  	LA MUERTE<BR> C'est bien. De mieux en mieux. J'ai quelques formulaires &agrave; te faire remplir, des formalit&eacute;s. J'&eacute;cris quoi sur l'acte de d&eacute;c&egrave;s? Epuisement moral? Surmenage &eacute;motif? Burn-out spirituel? Qu'est-ce tu dirais de: mort par abandon? Hein? &Ccedil;a fera plus chic dans les salons des limbes.<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> Non... Non. Non. NON! (<I>R&eacute;sign&eacute;.</I>) Je voudrais juste dormir. Fermer les yeux un instant, regarder sur l'&eacute;cran g&eacute;ant de mes paupi&egrave;res un film o&ugrave; je joue dedans.<P ALIGN = JUSTIFY>  	LA MUERTE<BR> The End! &Ccedil;a finit mal, &ccedil;a finit, c'est tout. Fondu au noir, l'h&eacute;ro&iuml;ne le quitte, il meurt &agrave; c&ocirc;t&eacute; de l'&eacute;cran. (<I>Temps.</I>) Signe ici...<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR, <I>vindicative</I><BR> Donne-moi &ccedil;a, ce crayon-l&agrave;! <P ALIGN = JUSTIFY>  	LA MUERTE<BR> Hey! Hey, l&agrave;!<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> Non... Regarde-moi: je ris. Je vas te rire dans la face, m&ecirc;me si y faut que je m'&eacute;pingle les commissures des l&egrave;vres apr&egrave;s mes joues. <P ALIGN = JUSTIFY>   	LA MUERTE<BR> Redonne-moi mon crayon!<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> C'est moi qui va toute te prendre maintenant, toute ce que je peux. <P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> Je vas me servir de ton crayon couleur de mort pour dessiner, dessiner Amour.<P ALIGN = JUSTIFY>  	LA MUERTE<BR> Dessine. Dessine tant que tu veux... ou plut&ocirc;t tant que tu peux. Fais semblant... Que tu le veuilles ou non, c'est dans mes bras que tu vas mourir... pour de bon.<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR, <I>amoureuse</I><BR> Dessine-moi, dessine-moi toute nue... comme t'aimais.  <P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> T'es belle, t'es toujours aussi belle. (<I>Temps.</I>)<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR, <I>tendre</I><BR> Qu'est-ce que tu dessines?<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> Notre premi&egrave;re baise... (<I>Temps.</I>)<P ALIGN = JUSTIFY><BR><BR>  <center><H4>SCENE  SIX: Les Trips de dope</H4><P ALIGN = JUSTIFY></center>  	  	AMOUR<BR> Nos trips de dope tout nus!...Tu te rappelles? Mourir stone, en baisant, au moment de l'orgasme!<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> Si y fallait choisir un moment, que ce soit celui-l&agrave;!<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> Le soir de mes dix-sept ans... Je d&eacute;cide que je veux c&eacute;l&eacute;brer &ccedil;a avec toi: sur l'acide! On en a jamais fait ensemble.<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> J'en ai tout simplement jamais fait!<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> On va d&eacute;lirer comme jamais!<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> Dans un semblant de c&eacute;r&eacute;monie, on gobe l'acide.<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> Les avants-bras crois&eacute;s l'un autour de l'autre...<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> ...On d&eacute;pose l'acide sur la langue de l'autre au son de Sympathy for the devil, des Stones.<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> On se regarde au fond des yeux...<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> ...D&eacute;fiant les limites de l'autre. On part! Destination: Vieux-Montr&eacute;al, le rassemblement des trippeux.<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> On s'en va rejoindre une gang de douze, tout le monde sur l'acide!<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> On se retrouve tous les deux &agrave; l'Arcade &agrave; jouer aux machines.<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> Le Pac-Man! Les petites pilules jaunes que gobe le Pac-Man deviennent autant de caps d'acide. M&eacute;chant trip!<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> A un moment donn&eacute;, je me tanne de tes exploits. "Fuck le high score de la machine, moi, c'est le high score de la soir&eacute;e qui m'int&eacute;resse." (<I>Pause.</I>) Tu vas monter la garde, faut pas que personne me voit voler l'extincteur &agrave; craie accroch&eacute; au mur pis le mettre en-dessous de mon manteau. <P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> Premi&egrave;re partie du plan r&eacute;ussi. On sort en douce.<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> Rendu dehors, je veux v&eacute;rifier si l'extincteur fonctionne. J'asperge une Merc&eacute;des d'une bonne dose de poudre jaune. &Ccedil;a marche! Wow! Juste &agrave; c&ocirc;t&eacute;, y'a un escalier int&eacute;rieur qui m&egrave;ne &agrave; une discoth&egrave;que. <P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> On d&eacute;teste les discoth&egrave;ques!<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> On ha&iuml;t la musique disco; pis le monde qui fr&eacute;quentent ces endroit-l&agrave; m&eacute;ritent tout simplement pas de vivre! (<I>Ils rient.</I>) &Ccedil;a fait que &ccedil;a nous est pas du tout difficile, nos deux index sur la gachette, d'asperger d'une plus que bonne dose de craie jaun&acirc;tre deux filles aux cheveux compos&eacute;s presque enti&egrave;rement de spray net.<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> Mort de rire, mal au ventre, l'hilarit&eacute; totale!<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> Y nous insultent, nous menacent. (<I>Il rit.</I>) On s'enfuit. Pis toi, &agrave; bout de souffle de rire, de courir, tu me dis:<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> "Estie que j'ha&iuml;s les poupounes cr&ecirc;p&eacute;es!" (<I>Elle rit.</I>) Toi, tu t'arr&ecirc;tes d'un coup de courir:<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> "Moi, c'est les folles finies que j'aime!"<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> Pis tu m'embrasses... sur le nez. "Arr&ecirc;te, tu m'excites!" (<I>Elle rit.</I>) <P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> "A soir, y'a quatre pleines lunes brillantes... pis c'est nos yeux." (<I>Temps.</I>)<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> Y se met &agrave; pleuvoir un peu. Y'a des petites gouttes qui se d&eacute;posent en-dessous de tes yeux. On dirait que tu pleures. (<I>Faussement trag&eacute;dienne avec un accent &agrave; la Arletty.</I>) "Mais voyons, ne pleure pas. Ne pleure plus. Je t'aime."<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES, <I>s&eacute;rieux</I><BR> "Moi aussi."<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR, <I>elle s'&eacute;touffe de rire</I><BR> "T'es dr&ocirc;le! T'es vraiment le plus dr&ocirc;le!"<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> Je sais que quand je prends mon air s&eacute;rieux, &ccedil;a te fait rire. <P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> Tu r&eacute;ussis toujours &agrave; me faire rire.<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> M&ecirc;me quand chus le plus s&eacute;rieux du monde... (<I>Temps.</I>)<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> Un ma&icirc;tre d'h&ocirc;tel ou queque chose comme &ccedil;a, habill&eacute; en pingouin cravat&eacute;, sort du restaurant chic d'&agrave; c&ocirc;t&eacute;.<P ALIGN = JUSTIFY>   	LA MUERTE<BR> O&ugrave; vous avez vol&eacute; &ccedil;a? H&eacute;, ho, je vais appeler la police, les pompiers!<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> "H&eacute;, ho! Le fran&ccedil;ais! T'as le feu pogn&eacute; au cul?"<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> Tu l'asperges un bon coup, tu y balances l'extincteur dans les bras pis tu pars &agrave; courir!<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> Mais toi, tu restes l&agrave;! <P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> Le gars est plein des pieds &agrave; la t&ecirc;te de craie jaune!<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> "T'es compl&egrave;tement folle! Les flics &eacute;taient au coin de la rue!"<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> "Je voulais &ecirc;tre s&ucirc;re de jamais oublier la face qu'y a fait. C'est la plus belle grimace, la plus originale que j'ai vue de toute ma vie."<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> T'es vraiment folle. Pis je t'aime de plus en plus pour &ccedil;a. (<I>Pause.</I>) Paf! Tu sautes dans le bassin d'eau de la fontaine.<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> "Viens! Viens te baigner!"<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> "On est d&eacute;j&agrave; tout mouill&eacute;s par la pluie."<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> "Que t'es pas romantique! H&eacute;, les gars... Viens, viens nager!" <P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> "Arr&ecirc;te. Arr&ecirc;te! Pis je sais m&ecirc;me pas nager." <P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> "Je vas te montrer, moi!" (<I>Pause. Elle se met &agrave; rire.</I>) Comment on s'est rendus icitte? On as-tu pris le m&eacute;tro, l'autobus, un taxi ou si on a vol&eacute; un char? Qu'est-ce qu'on fait flambant nus dans une piscine publique, &agrave; ville d'Anjou, &agrave; l'autre bout de la ville, &agrave; trois heures et demie du matin.<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> &Ccedil;a, c'est ce que la police est en train de nous dire. (<I>Il rit.</I>) Moi, j'observe la gueule des flics devant ton superbe corps nu. Chus ben s&ucirc;r qu'y ont m&ecirc;me pas remarqu&eacute; mon &eacute;rection. Et pourtant!... (<I>Il rit.</I>)<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> Les flics remplissent leur rapport distraitement pendant que je me rhabille... tranquillement. (<I>Elle rit.</I>) Y sont gentils, y viennent m&ecirc;me nous reconduire chez nous.<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> On sait ben...<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> J'ai gard&eacute; le meilleur pour la fin: du champagne pis de la coke!<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> "Tu veux me tuer!"<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> "T'as pas envie de mourir entre mes jambes?..." Je me d&eacute;shabille tr&egrave;s lentement devant toi... Je bouge lascivement des hanches de l'arri&egrave;re vers l'avant... Mais t'as aucune r&eacute;action? "Qu'est-ce que t'as? T'as pas envie de moi?"<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES, <I>s&eacute;rieux</I><BR> "J'ai peur..."<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> "De quoi?"<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> "Qu'est-ce qu'on est en train de faire?"<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> "Qu'est-ce tu veux dire?"<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> "Qu'est-ce qu'on fait de notre vie?"<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> "Tu files pas, l&agrave;, c'est tout. Tu badtrippes, &ccedil;a arrive des fois."<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> "Non. Je veux dire... &Ccedil;a fait depuis l'&acirc;ge de douze ans qu'on se conna&icirc;t pis..."<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> "Pis quoi?"<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> "Pis... Pis on se l'est jamais dit une fois!"<P ALIGN = JUSTIFY>  <I>(Temps.)</I><P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR, <I>f&acirc;ch&eacute;e</I><BR> "Je pensais qu'on &eacute;tait de ceux qui avaient pas besoin de se le dire." Je t'embrasse farouchement, je veux te d&eacute;vorer les l&egrave;vres; chus devenue une cannibale d'amour. Je veux te faire mal. <P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> "Arr&ecirc;te! T'es folle?"<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> "Oui, gros nono! De toi! De toi! De toi! Depuis toujours, maudit salaud!" (<I>Temps.</I>)<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> Ta t&ecirc;te contre moi, tu cr&eacute;es une mer int&eacute;rieure entre mon &eacute;paule gauche pis mon cou... "Je m'excuse..."<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> "Dis-le pus jamais, c'est tout."<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> "OK..." Je vas mettre ta toune pr&eacute;f&eacute;r&eacute;e. Rock'n'roll... Je me d&eacute;shabille...<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> Je fais sauter le bouchon du champagne! Je t'asperge presque volontairement le sexe.<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> Presque?...<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> Je l&egrave;che les bulles encore p&eacute;tillantes le long de ton membre encore plus p&eacute;tillant... <P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> Pis on danse, danse, danse! On forme une tribu compl&egrave;te &agrave; nous deux, anthropophage d'amour charnel. On d&eacute;vore tout l'amour autour pis en-dedans.<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> On d&eacute;vore tout l'amour autour pis en-dedans.<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES ET AMOUR<BR> Pour qu'y ait pus d'amour.<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> Pour que jusqu'&agrave; la fin de nos jours...<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> ...On soit oblig&eacute;s de le faire toujours.<P ALIGN = JUSTIFY><br><BR>   <center><H4>SCENE DIX: De quelle couleur est la lumi&egrave;re?</H4></center><P ALIGN = JUSTIFY>  AMOUR<BR> Continue. Y faut que tu continues. Pour toi... Pour elle...<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES, <I>temps</I><BR> Septi&egrave;me mois. Pleins de nuits &agrave; pas dormir en ligne. Tu vas vraiment pas bien. J'ai peur. J'ai peur pour toi. J'ai peur pour elle. Pis si je veux &ecirc;tre ben franc... j'ai surtout peur pour moi. (<I>Pause.</I>) On sait pus quoi faire. T'arr&ecirc;tes pas de crier, de crier que t'as mal, que t'as mal! <P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> "C'est normal! C'est normal! C'est normal!"<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> On sort dehors prendre une marche. (<I>Temps.</I>) Je serai pas capable...<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> Y faut... Y faut que tu passes &agrave; travers... <P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES, <I>temps</I><BR> On va pas tellement loin, t'es pas capable de marcher vite. <P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> "Estie que j'ai mal, mon Jules. Jules?"<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> "Quoi?"<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> "J'ai mal comme tu peux pas savoir, comme aucun homme pourra jamais sentir en-dedans. Pis... (<I>Elle a une contraction.</I>) Pis chus tellement heureuse!" (<I>Ils rient.</I>)<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> "Je te l'ai toujours dit que t'&eacute;tais folle."<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> "Oui... (<I>Elle a une contraction.</I>) Aowe!" <P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> "&Ccedil;a va?"<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> "Oui, oui. Chus avec toi. Jules?"<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> "Quoi?"<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> "Chus heureuse d'&ecirc;tre avec toi."<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> "Fais pas ta t&ecirc;teuse."<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> "Non. Chus vraiment heureuse... comme je l'ai jamais &eacute;t&eacute;, comme j'aurais jamais pens&eacute;. (<I>Pause.</I>) Je pense que... Je pense que je t'aime."<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES, <I>il sourit</I><BR> "T'es s&ucirc;re?"<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> "Pour la vie!"<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> "Vire pas folle!"<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> "Chus en train d'essayer de te faire la plus belle d&eacute;claration d'amour du monde pis..."<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> "...Chut... Moi aussi, je tut... Je tut-tut... Je..." (<I>Il rit.</I>)<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> "Niaise pas! Dis-moi-le!"<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> "Je tut-tut... Je t'ai... Je t'a&icirc;a&icirc;a&icirc;!"<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> "T'es pas fin. Mais je t'aime quand m&ecirc;me, moi!"<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES, <I>il rit</I><BR> "Comme si tu le savais pas. On a vingt-cinq ans, &ccedil;a fait treize ans qu'on se conna&icirc;t pis c'est la premi&egrave;re fois qu'on se le dit!"<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> "Tu me l'as pas encore dit!"<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES, <I>il sourit</I><BR> "Je t'aime... (<I>Pause.</I>) Je t'aime ma maudite folle d'amour!" (<I>Ils rient.</I>)<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR et JULES<BR> "Je t'aime, je t'aime, je t'aime! On s'aime, on s'aime, on s'aime!" (<I>Ils rient en dansant.</I>)<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR, <I>elle a une forte contraction</I><BR> "A&ocirc;&ocirc;&ocirc;we!"<P ALIGN = JUSTIFY>  	LA MUERTE, <I>elle imite le bruit de pneus qui crissent</I><BR> Eueueueueeuh! Le char tourne le coin de la rue! Y tourne, y tourne, y tourne. Envoye, envoye! Tue! Tue! Tue! Non au bonheur organis&eacute;! Tue! Non aux je t'aime fabriqu&eacute;s! Tue! Non &agrave; l'amour consomm&eacute;! Tue! Eueueueueuh! Une main sort par la vitre de l'auto, une main, ma main, la main de mon fr&egrave;re, TUE! Tue tous les amours amoureux de la plan&egrave;te. Tue! Tue, tue, tue. Ah, ah, ah! Une main sort par la vitre de l'auto et leur envoie mes meilleurs souhaits de bonheur, mes meilleurs souhaits de bonheur!... sign&eacute;s avec six balles de revolver. (<I>On entend six d&eacute;tonations.</I>) <P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> "NOOOOOOOOON!"<P ALIGN = JUSTIFY>  	LA MUERTE<BR> Rock'n'roll! Le char continue son chemin avec la petite main coll&eacute;e dans la vitre qui fait des... bye-bye, bye-bye! (<I>On entend les pneus qui rient!</I>)<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES, <I>r&eacute;alisant progressivement</I><BR> Amour... Amour! AMOUR!"<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR, <I>presque &eacute;teinte</I><BR> "Ton bras est plein de sang."<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> "Amour!" (<I>Il la prend dans ses bras et ce jusqu'&agrave; la fin de la pi&egrave;ce.</I>) Je monte en haut avec toi dans mes bras. J'appelle une ambulance. "Fuck, c'est une urgence! UNE URGENCE! C'est ma blonde, c&acirc;lisse! Comprenez-vous &ccedil;a?" Y mettent les sir&egrave;nes au coton! Y roulent vite comme dans les films. Le gars essaye de s'occuper de toi. Tu fais ta sauvage, tu y mords m&ecirc;me le bras. Je t'aime. On arrive &agrave; l'urgence, on passe en avant de tout le monde pour une fois. Je crie! "C&acirc;lisse! Pensez-vous vraiment qu'on a le temps de s'enregistrer! Arrangez-vous!" Je te suis, je te suis. Je veux pas te perdre, je veux pas te perdre mon amour... Le m&eacute;decin me dit qu'y ont pas le choix. Le b&eacute;b&eacute; se pr&eacute;sente d&eacute;j&agrave;. Y vont provoquer l'accouchement. Y veulent sauver le b&eacute;b&eacute;. Au moins, qu'y dit, au moins... Y l'a pas dit fort. Y l'a pas dit pour moi. <P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> "J'ai mal! J'ai mal! Donnez-moi queque chose pour arr&ecirc;ter &ccedil;a! Donnez-moi queque chose!"<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> Je voudrais toute te donner, toute me donner. L'infirmi&egrave;re te fait une piq&ucirc;re. Je sais pas c'est quoi. Je demande pus rien. Juste que tu vives. Je te tiens la main. Mon sang coule dessus. Y veulent que je sorte. "NON! Y'en est pas question! Je reste!" Je reste, je veux rester... jusqu'&agrave; la fin, jusqu'au d&eacute;but... (<I>Temps.</I>) Tu commences tes contractions. &Ccedil;a va vite. Tu cries, c&acirc;lisse, t'arr&ecirc;tes pas de crier! "Pourquoi elle crie? Pourquoi elle crie tant que &ccedil;a? Enlevez-y la balle, les balles! Enlevez-y la mort!" Personne me r&eacute;pond... Y'a juste l'infirmi&egrave;re qui me regarde comme on regarde un petit chien qui fait piti&eacute; dans la vitrine du pet shop. (<I>Pause.</I>) Tes contractions sont rendues aux deux minutes! Chus tellement &eacute;puis&eacute;. Je me demande comment tu fais. Une minute de contractions, &agrave; forcer, &agrave; devenir rouge comme un homard qu'on fait bouillir, rouge comme la passion de vouloir la vie, rouge comme l'effort, rouge comme le sang... rouge comme la col&egrave;re que j'ai contre la mort... (<I>Pause.</I>) Juste deux petites minutes pour te reposer. A intervalles r&eacute;guliers, comme la lune qui se viderait de sa lumi&egrave;re pis qui redeviendrait pleine &agrave; toutes les deux minutes, pendant une seule nuit. (<I>Pause.</I>) Je comprends pas o&ugrave; tu peux puiser toute ta force. Je te tiens la main pendant tes contractions. (<I>Pause.</I>) Chus fier de toi. T'es la plus belle. (<I>Temps.</I>) Si les mots pouvaient ramener la vie... (<I>Temps.</I>) Le moniteur cardiaque se met &agrave; faire des free games! La ligne de tes pulsations ressemble &agrave; une signature d'illettr&eacute;, aux courbes d'un tremblement de terre. Oui! La terre tremble! Je la sens toute en-dedans de moi qui tremble! "Non! Non! Non... Va-t-en pas... Va-t-en pas mon amour, va-t-en pas... Va-t-en pas! T'as pas le droit de faire &ccedil;a! T'as pas le droit de nous faire &ccedil;a! Maudite chienne de vie, de mort, du crisse! Pourquoi? Pourquoi? POURQUOI?..." (<I>Temps.</I>) Je comprends pus rien. J'entends pas ce que les m&eacute;decins pis les infirmi&egrave;res se disent entre eux-autres. Y veulent encore que je sorte! Laissez-nous faire notre travail en paix. En paix! En paix! Sacrament!... &Ccedil;a va prendre une arm&eacute;e pour me sortir de l&agrave;! On va essayer de sauver le b&eacute;b&eacute;, on garantit rien. "Sauvez ma blonde, bordel du crisse!" (<I>Pause.</I>) Y'ont pas compris... Je pense qu'y ont pas compris... &Ccedil;a doit &ecirc;tre &ccedil;a qui est arriv&eacute;... (<I>Temps.</I>) Le b&eacute;b&eacute; sort. Une belle petite fille. T'as pas le temps de la voir. Tu peux pas la voir, y sont quatre, cinq, autour de toi &agrave; t'envoyer des chocs &eacute;lectriques. "Sauvez-la! Sauvez-la..." (<I>Pause.</I>) Je le sais qu'y ont toute essay&eacute;... Je le sais... Je voudrais que tu sois la Belle au bois dormant, qu'y suffise juste d'un baiser... (<I>Temps.</I>) Tout le monde veut sortir. Y savent pas quoi dire. Je te tiens encore la main... "Laissez-moi tout seul avec." (<I>Pause.</I>) Qu'est-ce que je peux y faire? (<I>Temps.</I>)  Tout d'un coup, je shifte dans ma t&ecirc;te: tout a ben &eacute;t&eacute;... Je vas chercher une chaise roulante dans le corridor. Je t'assois dessus. Je veux pas croire que tu reviendras pus. Tu peux pas &ecirc;tre partie pour toujours, &ccedil;a se peut pas, pas toi.  On s'en retourne chez nous. (<I>Temps.</I>) Chus heureux. On a fait une belle petite fille. Un b&eacute;b&eacute; pr&eacute;matur&eacute;, &agrave; l'h&ocirc;pital y vont s'en occuper. Tu reviens avec moi, chez nous. Tu dors. T'es fatigu&eacute;e, c'est tout... (<I>Temps.</I>) T'as dormi longtemps, Amour, hein?...<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> Jules... (<I>Temps.</I>) <P ALIGN = JUSTIFY>   	JULES<BR> Tu t'es bien repos&eacute;e?<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> Oui, Jules... Maintenant, faut que je parte.<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> Oui...<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR, <I>temps</I><BR> Je t'aime. (<I>Temps.</I>) <P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> Moi aussi, je t'aime. (<I>Temps.</I>)<P ALIGN = JUSTIFY>  	AMOUR<BR> Prends soin de notre fille. Continue de peindre.<P ALIGN = JUSTIFY>  	JULES<BR> Vas-tu revenir... pour me dire de quelle couleur est la lumi&egrave;re?... <P ALIGN = JUSTIFY> 		 	<I>Amour embrasse Jules et elle s'envole.</I><P ALIGN = JUSTIFY><BR>   	<H4><center>FIN</H4></center><P ALIGN = JUSTIFY></blockquote>  <center><I><A HREF="mailto:mailto:champagne.c@videotron.ca">Copyright &copy; 1997 Claude Champagne</I></A><P ALIGN = JUSTIFY> </center>  <center><I><TT>Lisez l'introduction &agrave;  <A HREF="introduction.html"> <B>la Muerte d'Amour et Jules</B></A><BR> r&eacute;dig&eacute;e par l'auteur et consultez le <A HREF="cv.html">curriculum vitae</A> de l'auteur.</tt></I></A></center><P ALIGN = JUSTIFY> <BR> <center><I><A HREF="../../../clicnet.copyright.html">Edition et illustrations r&eacute;alis&eacute;es par Carole Netter</A></I></center><P ALIGN = JUSTIFY> <HR> <center> <tt><A HREF="mailto:champagne.c@videotron.ca">Pour &eacute;crire &agrave; Claude Champagne: champagne.c@videotron.ca</A></tt><BR> <A HREF="../../sujets/theatre.html">Th&eacute;&acirc;tre et Arts de la sc&egrave;ne</A> / <A HREF="../../litterature.html">Litt&eacute;rature francophone virtuelle</A> <br><A HREF="../../../index.clicfleur.html">Publications </A> ou <A HREF="../../../index.html">Sommaire de ClicNet</A> </center> <HR><FONT SIZE=-1> <IMG SRC="../../../cn.gif"><BR> 2 avril 1997<BR> <A HREF="../../../clicnet.copyright.html">Edition et illustrations: Carole Netter</A><BR> <A HREF="mailto:cnetter1@cc.swarthmore.edu">cnetter1@cc.swarthmore.edu</A></FONT> 
