<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.0 Transitional//EN"> <HTML> <HEAD> <TITLE>L&#8217;Amour fou ou pas si fou que &ccedil;a (Francesca Biagi)</TITLE> <META content="text/html; charset=iso-8859-1" http-equiv="Content-Type"> <META name="description" content="Article d'Ornicar? digital"> <META name="keywords" content="Psychoanalysis, Freud, Lacan"> <meta name="copyright" content="Orncar? digital 1999"> <link rel="stylesheet" type="text/css" href="style.css"> </HEAD>  <body bgcolor="white" >    <table border="0" width="100%" cellspacing="0" cellpadding="0">   <tr>      <td bgcolor="#ABB0A8" width="130"><a href="../../index.htm"><img src="../images/top-1.gif" width="130" height="40" alt="World Association of Psychoalanysis" border="0"></a></td>     <td colspan="5" align="right" bgcolor="#abb0a8"><img src="../images/top-2.gif" width="199" height="40"></td>   </tr>   <tr>      <td bgcolor="#000000"></td>     <td bgcolor="#000000"><a href="../index.htm"><img src="../images/magazine.gif" width="82" height="13" border="0"></a></td>     <td bgcolor="#000000"><a href="../author.htm"><img src="../images/authors.gif" width="82" height="13" border="0"></a></td>     <td bgcolor="#000000"><a href="../articles.htm"><img src="../images/articles.gif" width="82" height="13" border="0"></a></td>     <td bgcolor="#000000"><a href="http://search.freefind.com/find.html?id=1997530"><img src="../images/search.gif" width="82" height="13" border="0"></a></td>     <td bgcolor="#000000" align="right"><img src="../images/digital.gif" width="169" height="13" border="0"></td>   </tr> </table>   <table border="0" width="100%" cellspacing="3" cellpadding="0">   <tr>      <td class="footer"> <p>&nbsp;</p>       <h1>L&#8217;Amour fou ou pas si fou que &ccedil;a</h1>       <h2>Francesca Biagi </h2>       <p><br>         &quot;Il arrive, &eacute;crit Andr&eacute; Breton dans L'Amour fou, que          la n&eacute;cessit&eacute; naturelle tombe d'accord avec la n&eacute;cessit&eacute;          humaine d'une mani&egrave;re assez extraordinaire et agitante pour que          les deux d&eacute;terminations s'av&egrave;rent indiscernables&quot;.          Breton vise le &quot;point supr&ecirc;me&quot; o&ugrave; toute les femmes          aim&eacute;es annoncent la femme &quot;follement aim&eacute;e&quot;. </p>       <p> </p>       <p>&quot;C'est tout sauf de l'amour&quot; dit un patient obsessionnel en          parlant du film de Lars Von Triers Breaking the waves. Pourtant le th&egrave;me          du film c'est l'amour entre un homme et une femme. Il fait partie d'une          trilogie que le metteur en sc&egrave;ne consacre &agrave; l'amour chez          des &ecirc;tres bons et purs.</p>       <p></p>       <p>L'artiste ici ne d&eacute;veloppe pas un long discours psychologique          sur l'amour mais il en dessine la coh&eacute;rence interne qu'il rend          alors lisible et qui se d&eacute;tache du fond discursif. Il communique          au spectateur moins l'image de la r&eacute;alit&eacute; que la logique          du r&eacute;el telle qu'elle peut &ecirc;tre appr&eacute;hend&eacute;e          par l'analyste dans les cures. L'artiste est au joint de la clinique et          de la soci&eacute;t&eacute;. C'est pourquoi l'analyste gagne &agrave;          dialoguer avec lui. La mise en sc&egrave;ne ici, provoque le savoir et          r&eacute;sonne dans l'intimit&eacute; du spectateur. Elle l'oblige &agrave;          se demander dans quelle mesure ce r&eacute;el fait r&eacute;f&eacute;rence          &agrave; une r&eacute;alit&eacute; de la complexit&eacute; humaine qui          serait ignor&eacute;e.</p>       <p></p>       <p>Le film de Lars von Triers a pour th&egrave;me l'amour extr&ecirc;me,          pouss&eacute; jusqu'au sacrifice de sa vie, d'une femme pour un homme.          Un amour suffisamment fou pour la conduire &agrave; la mort. Si l'amour          est cette aspiration &agrave; faire Un pour corriger la dysharmonie des          corps que la castration symbolise et qui barre &agrave; l'&ecirc;tre parlant          l'acc&egrave;s &agrave; la jouissance toute, alors le but est atteint          au-del&agrave; de la limite puisqu'elle dispara&icirc;t dans l'autre.          La jouissance phallique ne borne pas cette aspiration, n'ouvre pas la          voie aux objets de d&eacute;sir &quot;id&eacute;alement&quot; rencontr&eacute;s          chez l'&ecirc;tre aim&eacute;, il &quot;est&quot; cet objet trop parfait.          L'amour fou est donc celui qui ne laissera plus d'&eacute;cart entre le          d&eacute;sir et sa satisfaction, r&eacute;alisant ainsi le rapport sexuel          &quot;qu'il n'y a pas &quot; selon le c&eacute;l&egrave;bre aphorisme          de Lacan.</p>       <p></p>       <p>Pour Lacan ce sont les femmes qui, le plus souvent aiment follement.          Une femme peut aller tr&egrave;s loin dans l'amour qu'elle a pour un homme,          cela prend alors des allures d'amour infini, illimit&eacute;. Pourtant          &agrave; ce propos il remarque que &quot;c'est bien pour la femme que          n'est pas fiable l'axiome c&eacute;l&egrave;bre de M. Fenouillard : pass&eacute;es          les bornes il n'y a plus de limites! et que, &quot;pass&eacute;es les          bornes, il y a la limite: &agrave; ne pas oublier&quot;. Si l'amour d'une          femme d&eacute;passe les bornes de la concession qu'elle fait d'elle-m&ecirc;me          au fantasme de l'homme, il existe une limite, celle de la structure. C'est          dans la psychose que cette limite se trouve franchie. C'est pourquoi Lacan          rappelait qu&#8217; &quot;une femme ne rencontre L'homme que dans la psychose&quot;.          C'est ce que le film d&eacute;voile. </p>       <p></p>       <p>D'embl&eacute;e la r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la psychose y est          explicite. Les dialogues hallucinatoires de Bess, l'h&eacute;ro&iuml;ne,          sont calqu&eacute;s sur le m&ecirc;me d&eacute;doublement des voix qui          conclut &quot;Psychose&quot; d'Alfred Hitchcock o&ugrave; le jeune h&eacute;ros          dont la personnalit&eacute; se d&eacute;double, dialogue &agrave; deux          voix avec la m&egrave;re qui est en lui.</p>       <p>Bess vit dans un milieu protestant exemplairement rigide o&ugrave; les          lois s'appliquent &agrave; la lettre dans la plus parfaite d&eacute;sincarnation.          Cette jeune fille na&iuml;ve et pure aime Yann, un jeune &eacute;tranger          qui travaille en mer sur une plate-forme p&eacute;troli&egrave;re. Elle          l'&eacute;pouse. Il a apport&eacute; la musique dans sa vie comme dans          ce village silencieux au point qu'il n'y a pas m&ecirc;me de cloches dans          l'&eacute;glise.</p>       <p></p>       <p>Bess vit son amour de la m&ecirc;me mani&egrave;re que sa religion, sans          myst&egrave;re. Ce qui guide sa vie c'est le surmoi social et religieux          qui lui est impos&eacute; par la voix hallucin&eacute;e de sa m&egrave;re.          Ainsi Bess est p&eacute;trie du discours de l'Autre dont elle ne soup&ccedil;onne          pas le paradoxe du d&eacute;sir. La question du d&eacute;sir de l'homme,          son mari, se dissout de la m&ecirc;me mani&egrave;re derri&egrave;re le          discours convenu du mariage et de l'amour. L'amour est pour elle attach&eacute;          au pur signifiant de l'homme, il est d&eacute;sincarn&eacute;. De ce point          de vue c'est d&eacute;j&agrave; l'amour mort de l'&eacute;rotomanie. Aucun          fantasme ne vient habiller l'acte sexuel. La rigueur signifiante glisse          dans la m&eacute;tonymie logique qui va de l'homme, &agrave; la femme,          au mariage, au premier rapport sexuel, accompli dans les toilettes du          restaurant lors du repas de noces. Au mari qui s'&eacute;tonne du peu          de romantisme de ce lieu o&ugrave; se r&eacute;alise la premi&egrave;re          &eacute;treinte, c'est la pure logique signifiante qui r&eacute;pond .          &quot;Prends-moi &agrave; l'instant, puisqu'on vient de me donner &agrave;          toi&quot;. Bess fait &eacute;quivaloir le symbolique &agrave; la r&eacute;alit&eacute;          charnelle qu'il implique, vid&eacute; des r&ecirc;veries qui font consister          l'imaginaire. Pour elle la pr&eacute;sence r&eacute;elle est signe de          l'amour, et tout &eacute;loignement de Yann est disparition et menace          de mort. </p>       <p></p>       <p>Yann reprend son travail. Bess menac&eacute;e par la d&eacute;personnalisation          revient &agrave; cette forme d'amour qui la soutenait depuis toujours,          la pr&eacute;sence maternelle et l'amour de dieu. Il revient gravement          bless&eacute;, entre la vie et la mort, gravement paralys&eacute;. Pourtant          Bess remercie Dieu : il est vivant o&ugrave; plus exactement il est pr&eacute;sent          &agrave; c&ocirc;t&eacute; d'elle. Dans un premier mouvement Yann lui          demande de prendre un amant car elle est jeune et il ne veut pas g&acirc;cher          son avenir. Bess n'admet pas ce discours, son amour est total. Yann qui          n'est pas un pur comme elle la pousse &agrave; se donner &agrave; d'autres          hommes afin que lui-m&ecirc;me puisse vivre son d&eacute;sir et ses fantasmes          par personnes interpos&eacute;es.</p>       <p></p>       <p>Bess alors, ob&eacute;it &agrave; cette exigence pressante. Il est tout          pour elle, sans faille. Elle cherche donc des hommes sans que rien d'un          d&eacute;sir qui serait le sien participe &agrave; ce choix. Mais l'&eacute;nigme          du d&eacute;sir de Yann s&eacute;par&eacute; de l'amour ne trouve en elle          aucun &eacute;cho fantasmatique, aucune coordonn&eacute;e pour l'interpr&eacute;ter.          C'est une interpr&eacute;tation d&eacute;lirante qui vient &agrave; cette          place : Dieu sauvera Yann de la mort en fonction du don qu'elle fera de          sa personne. &quot;Je ne fais pas l'amour avec eux mais avec Yann et je          le sauve de la mort&quot;. Cette n&eacute;o-signification de l'amour est          folle parce qu'elle est trop r&eacute;elle, trop absolue donc pas assez          folle au sens commun de l'&eacute;garement. Bess n'est pas perdue elle          est rigoureusement dans l'Autre. </p>       <p></p>       <p>L'amour mort est la r&eacute;ponse de la structure &agrave; la question          de l'amour. A partir du moment o&ugrave; le d&eacute;lire prend la place          de la r&eacute;alit&eacute; , Bess n'a plus besoin de voir Yann et de          lui raconter ses rencontres, tout advient par t&eacute;l&eacute;pathie.          Elle fait exister le rapport sexuel l&agrave; o&ugrave; la mort subjective          pr&eacute;c&egrave;de la mort r&eacute;elle. Elle se pr&eacute;sente comme          une prostitu&eacute;e mais elle n'est que l'objet d&eacute;chet et pr&eacute;cieux          chu de la s&eacute;paration pour Yann de l'amour et du d&eacute;sir. Ainsi          c'est bien L'homme &eacute;quivalent de l'Autre non barr&eacute; par sa          jouissance que la femme rencontre dans la psychose et non un homme en          qui cette jouissance s'incarnerait. </p>       <p></p>       <p>Un homme peut venir &agrave; cette place &agrave; la condition que la          dimension de l'amour leurre la question sexuelle, et pur semblant, ne          soit jamais soumis &agrave; une contingence, un accident, qui le ferait          vaciller, le d&eacute;logerait de cette place, ce qui arriva &agrave;          Yann.Le vide de la signification phallique appara&icirc;trait alors d&eacute;clenchant          les ph&eacute;nom&egrave;nes coextensif du retour du r&eacute;el forclos          du symbolique o&ugrave; se dissout un imaginaire sans consistance .</p>       <p></p>       <p>L'artiste nous confronte &agrave; un amour singulier, l'amour dans la          psychose. Le psychanalyste se rompt &agrave; ces modalit&eacute;s n&eacute;ologiques          de l'amour. La question de la position de l'analyste et du transfert dans          les cures des sujets psychotiques se pose. Ne pas reculer devant la psychose          est ce suffisant pour &ecirc;tre bien orient&eacute; quant au r&eacute;el          qui s'y manifeste et son rapport &agrave; la r&eacute;alit&eacute;?</p>       <p> </p>       <p>Ce que Herbert A Rosenfeld dans son ouvrage &quot;Les &eacute;tats psychotiques&quot;          a oubli&eacute;, c'est qu'en effet une femme ne rencontre L'homme que          dans la psychose. Les cas dont il retrace le parcours rappellent l'histoire          de Bess . L'artiste a-t-il lu l'ouvrage? En tout cas le r&eacute;el ne          ment pas.</p>       <p> </p>       <p>Ces cas illustrent la cons&eacute;quence d'un maniement du transfert          selon la th&eacute;orie kleinienne o&ugrave; :&quot;l'analyste doit essayer          de mobiliser la capacit&eacute; du patient de ressentir de l'amour, de          la d&eacute;pression et de la culpabilit&eacute;. Si cette analyse r&eacute;ussit,          le clivage entre l'amour et la haine diminue, et tous deux peuvent &ecirc;tre          de plus en plus v&eacute;cus comme dirig&eacute;s vers l'analyste en tant          qu'un seul et m&ecirc;me objet&quot;. Ainsi m&eacute;connaissant la forclusion          comme limite l'analyste doit se proposer comme Autre de l'Autre pour le          sujet. L'autre qui saurait le maniement de l'Autre dont cependant il d&eacute;pend.          A cet impossible r&eacute;pondent des &quot;acting-out&quot; syst&eacute;matiques          et r&eacute;p&eacute;t&eacute;s sous la forme d'une sexualit&eacute; anarchique          et d&eacute;localis&eacute;e.</p>       <p> </p>       <p>Une patiente schizophr&egrave;ne conduite par cette vis&eacute;e du transfert          au bord d'avoir &agrave; rendre compte d'une &eacute;motion d'amour est          imm&eacute;diatement menac&eacute;e d'un &eacute;tat confusionnel.</p>       <p></p>       <p>Elle s'approche de cette zone dangereuse pour le sujet psychotique o&ugrave;          l'appel au signifiant est sans &eacute;cho. Cela ne d&eacute;tourne pas          l'analyste du d&eacute;sir impossible d'y faire advenir ce qui n'a jamais          &eacute;t&eacute; symbolis&eacute;: &quot; Elle exigea sans cesse de moi          amour et r&eacute;assurance, et aussi d&eacute;montra que chaque jour          elle &eacute;tait moins capable de s'occuper d'elle -m&ecirc;me&quot;.          &quot;L'analyse confirme l'inhibition sexuelle&quot; et pourtant la patiente          ob&eacute;it &agrave; la sollicitation et parle de plus en plus du sexe,          et lit pour bien faire &quot;des livres stimulants sexuellement &raquo;.          Au bout d'un an, elle confesse qu'elle passe des heures &agrave; se balancer          ce que Rosenfeld ne manque pas d' interpr&egrave;ter avec la cl&eacute;          phallique comme &eacute;quivalant &agrave; la masturbation. Il continue          de favoriser cette direction : &quot;ses sentiments positifs pour moi          dans le transfert devenaient de plus en plus forts et &eacute;taient aussi          plus conscients. &quot;A ce moment elle commen&ccedil;a une s&eacute;rie          d'acting- out excessifs :elle faisait la connaissance de nombreux hommes,          en particulier dans un club o&ugrave; elle avait l'occasion de danser.&quot;          A plusieurs reprises elle agresse son analyste : &quot;Je vous enfoncerai          la figure&quot;. Elle disait qu'il lui avait sauv&eacute; la vie et l'avait          rendue folle. Son comportement , qu'elle appelait &quot;l'amour fou&quot;          &eacute;tait caract&eacute;ris&eacute; par l'exp&eacute;rience simultan&eacute;e          de l'attirance et de l'envie. &quot;Elle reconnut qu'elle &eacute;tait          follement amoureuse de moi et que j'&eacute;tais la personne qu'elle voulait          &eacute;pouser&quot; commente Rosenfeld. Elle tente en effet ,pouvons-nous          dire, de lier un homme &agrave; L'homme, de trouver dans la personne de          l'analyste le partenaire id&eacute;al que Bess trouve en Yann avant la          catastrophe. La patiente ne fait pourtant que r&eacute;pondre &agrave;          l'offre impossible qui lui est faite car cela lui est &agrave; la fois          propos&eacute; et refus&eacute;. L'analyste veut-il la rendre n&eacute;vros&eacute;e          ? N'est ce pas ce fantasme de r&eacute;paration qui le rive &agrave; cette          place intenable et dangereuse pour ses patients comme pour lui?</p>       <p> </p>       <p>Au contraire le d&eacute;sir de l'analyste au-del&agrave; de son fantasme          est ce qui, dans l'orientation lacanienne r&eacute;pond de la clinique          de l'Autre que le r&eacute;el barre. Le r&eacute;el en jeu est cern&eacute;,          la jouissance qu'il condense est identifi&eacute;e et r&eacute;duite,          mais il n'est pas interpr&eacute;t&eacute;, car il constitue la but&eacute;e          derni&egrave;re, que le sens ne peut r&eacute;sorber. La structure ne          se corrige pas mais le sujet acquiert un savoir faire avec ce qu'il reconna&icirc;t          comme &eacute;tant sa caract&eacute;ristique. Les coordonn&eacute;es du          r&eacute;el sont particuli&egrave;res, et aucun recours &agrave; une pr&eacute;tendue          fonction normalisante de la sexualit&eacute; ne peut le r&eacute;gler.          Toute tentative qui va dans le sens d'une normalisation op&egrave;re un          for&ccedil;age et produit des acting-out qui valent comme r&eacute;sistance          ultime de la singularit&eacute; de l'&ecirc;tre : mont&eacute;e sur la          sc&egrave;ne du visible des coordonn&eacute;es du sympt&ocirc;me dont          le sujet est exclu.</p>       <p> </p>       <p>La sexualit&eacute; et l'amour sont nou&eacute;s pour chacun de mani&egrave;re          singuli&egrave;re. Ce n&#8217;est qu&#8217;&agrave; condition de prendre          cela au s&eacute;rieux qui&#8217;il devient possible de rendre lisible          la modalit&eacute; individuelle selon laquelle ce nouage se produit ou          rate. Le sujet peut alors en savoir quelque chose. Un savoir sur cette          particularit&eacute; vient en aide au sujet psychotique pour se pr&eacute;server          des rigueurs du surmoi social, car celui-ci ignore les vicissitudes de          l'absence de signification phallique. Le transfert ici est articul&eacute;          &agrave; cette prise en compte du r&eacute;el de la forclusion . D&egrave;s          lors, l'analyste se fait secr&eacute;taire, destinataire de l'impensable          afin que dans ce lieu o&ugrave; le r&eacute;el est accueilli le patient          travaille &agrave; la modification de celui-ci. Elle n'implique pas sa          disparition mais sa fixation r&eacute;siduelle. L'analyste demeurera le          garant de la diff&eacute;rence qui r&eacute;side pour le sujet dans sa          jouissance en tant qu'elle reste priv&eacute;e. Cette position de l&#8217;analyste          dans le transfert est &agrave; l&#8217;inverse de celle de Rosenfeld qui          suscitait chez ses patients un donner &agrave; voir.</p>       <p></p>       <p>Je rencontre une jeune femme dont la psychose s'est d&eacute;clench&eacute;e          lorsque son mari est devenu impuissant &agrave; cause d'un diab&egrave;te          grave. &quot;Son&quot; homme se disjoint de L'homme en tant que complet          pour elle; hypochondrie et ph&eacute;nom&egrave;nes &eacute;l&eacute;mentaires          l'envahissent. Elle convoite tous les hommes car elle se sent appel&eacute;e          par tous . Le phallus ayant &eacute;t&eacute; localis&eacute;, pour elle,          dans l'organe r&eacute;el, la disparition de la fonction de l'organe conduit          &agrave; la mort de l'homme donc de la femme. Des acting-out perp&eacute;tr&eacute;s          face &agrave; ce l&acirc;chage dans l'Autre la conduisent chez l'analyste.          Elle doit, de mani&egrave;re compulsive, introduire dans son sexe des          objets vari&eacute;s avant de s'endormir. Cela calme les perceptions d&eacute;lirantes          et les ph&eacute;nom&egrave;nes &eacute;l&eacute;mentaires. Accueillir          ce hors sens, cette &eacute;tranget&eacute; aussi &eacute;tonnante pour          elle que pour les autres, qui ne r&eacute;sonne avec rien de connu, lui          offre la possibilit&eacute; de constituer l'amorce d'un d&eacute;sir de          savoir . Il n'y a pour l'analyste aucun sens &agrave; chercher. Par contre,          l'analyste accompagne sa d&eacute;couverte: la dissociation entre L'homme          sans faille et un homme de chair, ce en quoi &laquo; son &raquo; r&eacute;el          consiste. Il s&#8217;agit d&#8217; une n&eacute;o - signification, sorte          de petit d&eacute;lire qui condense une jouissance d&eacute;r&eacute;gl&eacute;e.          A la suite de nos entretiens l'hypochondrie a cess&eacute; ainsi que les          ph&eacute;nom&egrave;nes &eacute;l&eacute;mentaires. Fix&eacute;e &agrave;          cette place de non -sens elle a op&eacute;r&eacute; en faisant valoir          comme &eacute;quivalent d'un fantasme, sa &quot;bizzarerie humaine&quot;          comme elle dit. Se compter avec les autres lui a ouvert la voie de son          discours sur l'amour qu'elle d&eacute;ploie dans l'analyse et qui fait          cesser les &quot;actes immotiv&eacute;s&quot;.</p>       <p></p>       <p>Pour cette autre jeune femme dont j'ai rapport&eacute; le cas sous le          titre &quot;L'amour comme Sinthome&quot;, dans la Lettre mensuelle de          l&#8217;ECF, l'analyse est ce qui lui permet de donner corps au signifiant          &quot;femme &quot;qui vaut pour elle comme Id&eacute;al du moi. Gr&acirc;ce          &agrave; cela elle a pu aimer un homme, ils sont sur le point de se marier,          elle va choisir la robe. Elle est l&agrave; seule dans les grands magasins          tandis que les autres sont toutes en compagnie d'une autre femme, une          m&egrave;re, une amie, une conseill&egrave;re. Les vendeuses ne la voient          pas, elle est transparente, sur le bord de la d&eacute;personnalisation.          Je lui signifie alors que les vendeuses ne sont pas psychologues, et qu'elle          pourrait faire des concessions &agrave; un certain usage qui, semble t          il veut que l'on ne choisisse pas seule sa robe de mari&eacute;e; on se          demande bien pourquoi! Mais enfin! Elle y consent et revient heureuse          d'en avoir choisie une bien qu'elle ne corresponde en rien &agrave; celle          qu'elle voulait au d&eacute;part. Cette fois-ci elle etait accompagn&eacute;e          dit &#8211;elle, triomphante; un coll&egrave;gue de bureau, libre ce soir          l&agrave; apr&egrave;s la sortie du travail avait accept&eacute; la proposition.          C'est peu romantique comme dit Yann &agrave; Bess dans les toilettes du          restaurant &#8230;</p>       <p></p>       <p>Nous soutenons qu&#8217;il convient dans ces cas de &laquo; ne pas interpr&eacute;ter          le formalisme avec le romantisme &raquo;, soit le hors phallus avec la          cl&eacute; phallique, ce qui comporte de faire place &agrave; cet imaginaire          inhabituel. Car tout inhabituel qu&#8217;il soit cet imaginaire est le          fondement sur lequel s&#8217;appuie le r&eacute;el propre &agrave; cette          patiente. Lui donner la place qu&#8217;il m&eacute;rite, permet son inscription          dans une cha&icirc;ne o&ugrave; l'amour fou caract&eacute;rise tous les          amours et chacun &agrave; la fois.<br>       </p>       <p><br>       </p>       </td>   </tr></table> </body> </html> 
