<HTML> <HEAD> <META NAME="description" CONTENT="Nouvelle  crite par Alexandre Fayolle"> <META NAME="keywords" CONTENT="Alexandre Fayolle, criture, nouvelle, folie, solitude, qute, recherche de soi">  <TITLE>La Chute de l'Ange (24-Sep-1997)</TITLE> <!-- Created by: FAYOLLE Alexandre, 18-Sep-1997 --> <!-- Changed by: FAYOLLE Alexandre, 24-Sep-1997 -->   </HEAD> <BODY bgcolor = "#FFFFFF"  background="../img/grey_bg.jpg"> <!--#exec cmd="/users/promo99/fayolle/.web/compteur/compteur 'ecrits\ (la\ Chute)'" --> <B>Ce texte  est copyright Alexandre Fayolle. Vous pouvez le lire, l'imprimer pour votre usage personnel, et s'il vous plait vraiment me le dire par courrier &eacute;lectronique(<a href="mailto:alexandre.fayolle@free.fr"><i>alexandre.fayolle@free.fr</i></A>), par exemple, et mettre un pointeur sur cette page depuis la v&ocirc;tre.</B> <H1>La Chute de l'Ange</H1>  <p>L'cho de mes pas me poursuivait depuis une ternit. Qu'il est dur de marcher seul... Mais je progressais. Mon priple m'avait amen ici, dans ce chaos de roches entasses, branlantes, et la nuit qui commenait  se lever ne m'arrterait pas si prs du but. J'avais encore deux bonnes heures devant moi pendant lesquelles il ferait encore suffisamment clair pour avancer, aprs quoi, je dresserai le camp. Oubliant le sac  dos qui m'arrachait les paules et le vent qui frachissait  mesure que le soleil n'en finissait pas de se noyer dans l'ocan de caillasses, je repris ma progression laborieuse vers un but que je sentais proche.</p> <p>	L'obscurit m'enveloppa d'un coup, glace. Je stoppai et installai un vague bivouac  la lueur de ma lampe tempte. Au-dessus de moi, la lune riait toute seule. Le feu que j'avais allum et que je contemplais, fascin, ne parvenait pas  me rchauffer. Le spectacle de ces formes mouvantes, ces instants d'ternit, avivait en moi les braises de souvenirs encore cuisants. Je revis la chute, cet autre instant d'ternit, au cours duquel le monde avait tournoy comme une flammche... J'tais fivreux, suite  ma longue marche au soleil. Je l'entendais hurler tandis qu'elle chutait quelques mtres en- dessous de moi, et ce cri me vrillait le cerveau...</p> <p>	Je me rveillai au petit matin, glac devant le feu teint, tremp par la rose, la jambe droite compltement bloque par les rhumatismes. Je la massai longuement en tudiant le semblant de carte qui m'avait t griffonn sur une page de carnet quelques jours auparavant.<p><p>	Je repris le sentier en boitant stoquement. Le soleil n'avait pas encore atteint ce versant, et le chemin escarp tait glissant d'humidit et de givre, ce qui ne facilitait aucunement ma progression. Tard dans l'aprs-midi, j'arrivai au col. La bise tait cinglante, j'tais en sueur. Je dcidai de camper sur place. Je ne parviendrais au Saut de l'Ange que le lendemain. </p> <p>	La nuit fut glaciale. Le vent soufflait, sifflait autour de moi. On et dit que les spectres de toutes les personnes dcdes en montagne s'taient donn rendez-vous  cet endroit pour hululer en concert. Je dormis peu et mal, hant par sa voix qu'il me semblait reconnatre parmi les cris de ces fantmes.<p><p>	Vers quinze heures aujourd'hui, je suis arriv au Saut de l'Ange. Une croix dresse au bord d'un prcipice. Vertige. Une paroi  pic de cent cinquante mtres de haut, et tout en bas, le torrent qui a creus lentement cette gorge sensuelle. Le versant oppos, distant d'une vingtaine de mtres, est parfaitement symtrique, avec sa croix jumelle. Mais ce qui m'a attir ici n'est pas encore visible. J'ai tir de mon sac le magazine fatigu dans lequel j'avais trouv la photo. A certaines heures, le jeu des ombres portes par la roche dessine sur la falaise un visage anglique. Son visage  elle. Je me suis repr d'aprs la photo et j'attends en crivant ces lignes.</p> <p>	16h37. Elle est l qui me sourit.</p> <p>	Je suis rest  contempler la falaise longtemps aprs que l'image eut disparu. Je n'ai repris conscience que bien aprs la tombe de la nuit. Je ne sens plus mes pieds.  Il gle  pierre fendre. Je ne parviens pas  allumer de feu,  cause du vent.</p> <p>	J'ai pass le reste de la nuit   faire les cent pas au bord de ce ravin qui me fascine. Je me suis effondr au petit matin, ivre de fatigue, alors que le soleil pointait  l'horizon, ce mme soleil qui dans quelques heures me la ramnera. J'ai rv, aussi. J'ai revu notre chute, une fois de plus. J'ai entendu son cri, puis le son mat, coeurant, au moment de l'impact. J'ai entendu le silence, ce long silence avant que moi-mme je ne touche le sol. J'ai revu le sang, le sang partout sur la pierre autour de moi, tandis que la douleur m'emmenait vers l'inconscience...</p> <p>	Voil trois jours que je suis ici. J'ai les orteils gels. Je prie, sans relche, et chaque jour, je la revois, et chaque jour son visage est plus haut sur la falaise : elle remonte ! J'estime que d'ici quatre jours encore, elle sera en haut. Je laisse ce journal pour retourner  ma prire.<p><p>	Mon Dieu, merci. Elle est presque en haut, et elle m'a parl. Nous avons  discut pendant des heures cet aprs-midi. Je suis si heureux.</p> <p>	Ca y est elle est ressortie du prcipice. Elle est l, debout, appuye  la croix en face de moi. Je n'ai qu'un pas  faire pour la rejoindre. J'arrive, mon Ange !</p> <br> <p>A. Fayolle - 10/04/95</p> <hr> <a href="accueil.html">retour au sommaire</a> <hr>  </BODY> </HTML> 
