<HTML> <HEAD> <TITLE>ANGE-FELIX PATASSE ou la continuit de l'incongruit du pouvoir prsidentiel en Afrique.</TITLE>  <link rel="stylesheet" href="style_model1.css" type="text/css"> </HEAD> <body bgcolor="#FFFFFF" text="#000000" link="0000FF" vlink="990099" alink="0000FF" leftmargin="0" topmargin="0" marginwidth="0" marginheight="0"> <FONT FACE='georgia,garamond,times' SIZE=3>  <BLOCKQUOTE><BLOCKQUOTE>   <BR><FONT SIZE=2><A HREF="article.php3?id_article=83">Retour au format normal</A></FONT>  <BR><BR><BR> <div ALIGN="center" VALIGN="top"></div> <P align='center'>  <b><font face='Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif' size='5'>ANGE-FELIX PATASSE ou la continuit de l'incongruit du pouvoir prsidentiel en Afrique.</font> </b> <BR><b><font face='Arial, Helvetica, sans-serif' size='3'>&quot;ET QUAND ON NE SAIT O&Ugrave; L&#8217;ON VA, QU&#8217;ON SACHE D&#8217;O&Ugrave; L&#8217;ON VIENT&quot; (AHMADOU KOUROUMA, EN ATTENDANT LE VOTE DES B&Ecirc;TES SAUVAGES)</font></b>   <P align='center'>  <b><font face='Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif' size='3'>1er d&eacute;cembre 2001</font></b>   <P align=center><FONT FACE='verdana,arial,helvetica' SIZE=2><B>par <A HREF="mailto:norbertmbu@hotmail.com">Norbert MBU-MPUTU</A></B></FONT>     <BR><BR><B><p class='spip' align='justify'>Lorsqu&#8217;on jette un coup d&#8217;&#339;il sur le droulement du spectacle politique africain de cette dernire dcennie, on est parfois pris de vertige. C&#8217;est comme si, contrairement aux autres continents (je songe  l&#8217;Europe qui volue de l&#8217;Europe du March commun  celle des douze et bientt de l&#8217;Euro), l&#8217;Afrique est dcide d&#8217;crire son histoire  reculons. L encore, lorsqu&#8217;on parle d&#8217;Afrique, il faudra dire l&#8217;Afrique des prsidents des rpubliques et autres monarques autoproclams, genre Bokassa, vestiges d&#8217;une Afrique des roitelets des brousses et des savanes. Car, dans son moi profond, on le voit avec l&#8217;explosion d&#8217;une socit civile responsable, l&#8217;Afrique du commun des mortels pense  avancer,  russir,  progresser. Les leons d&#8217;histoire n&#8217;intressent presque jamais les prsidents africains. D&#8217;o, la curieuse ressemblance de leurs fins tragiques.</B> <BR><BR><p class='spip' align='justify'><b class="spip">Le retour de nouveaux dictateurs</b> </p> <p class="spip" align='justify'>On avait cru le virus de la dictature compltement radiqu avec la fin de l&#8217;re communiste, qui en Afrique s&#8217;tait mu en Parti Unique, surtout grce aux confrences nationales souveraines, mais hlas, on avait vite cri  la victoire. Nombreux malins Guides et futurs prsidents  vie ont sagement rcupr le vent et l&#8217;ont dvi&nbsp;: Omar Bongo, Eyadema, etc&#8230; Pire, les quelques lus des nouvelles dmocraties se sont parfois montrs plus avides du fauteuil prsidentiel que les anciens dictateurs et, contrairement aux espoirs, "l&#8217;lphant annonc est arriv avec un pied cass", comme le chante l&#8217;ivoirien Ticken Jay Falcoli. Le cas le plus frappant est celui du Bnin avec le tandem Keroukou-Soglo. Le constat de ces nouveaux parvenus au pouvoir par les nouvelles dmocraties en Afrique est malheureux&nbsp;: le dveloppement, les liberts fondamentales, la justice pour tous, l&#8217;galit, sont demeurs des promesses lectorales. D&#8217;o, le retour des certains de ces dictateurs&nbsp;: Keroukou pour ne citer que son cas. On a vu en Zambie, par exemple, Frdric Tshiluba man&#339;uvrer pour reformer la constitution, au Mali, Dieu merci, quelque part la voix de la raison a jou, au Niger le faucon refait surface. Ce qui est encore bizarre dans ces nouvelles dmocraties, ce sont les discours dans le chef des ces nouveaux matres et leurs thurifraires. On entend les mmes mots bannis depuis quelques annes&nbsp;: l&#8217;homme de la situation, nous ne voyons pas une autre personne sauver notre pays, ce sont les ralits africaines, etc. C&#8217;est comme si ces inamovibles au pouvoir en Afrique taient des immortels&nbsp;! C&#8217;est  peine si l&#8217;on songe  leur succession. Ainsi, lorsqu&#8217;ils meurent, c&#8217;est souvent la dbandade. Le cas de la RDC avec Mobutu en est une illustration. </p> <p class="spip" align='justify'><b class="spip">Le cas ivoirien&nbsp;: d&#8217;irrgularit en irrgularit</b> </p> <p class="spip" align='justify'>Les quatres dernires annes de la Cte d&#8217;Ivoire mritent qu&#8217;on s&#8217;y attarde. C&#8217;tait Henri Konan Bdi, le premier, qui avait commenc  jouer le jeu, ou mieux,  vouloir jouer avec le feu et voir s&#8217;il brlait. Devenu prsident  la suite de la mort du Vieux Houphout Boigny, il a pris got du pouvoir et voulait  tout pris le conserver. Il en tait tellement aveugl qu&#8217;il n&#8217;a pas su lire les signes de temps et n&#8217;a pas su voir que le vent soufflait en sa dfaveur. Quelques jours avant sa chute, on a encore entendu un de ses ministres soutenir et distribuer au travers des chanes de tlvisions trangres, les thses jadis voques&nbsp;: Bdi l&#8217;homme de la situation&nbsp;; ce sont les ralits ivoiriennes. Ce monsieur a fait le tour des capitales occidentales. Et cela jusqu&#8217;au ou, jour le gnral Gue, par un coup de bton magique qui s&#8217;appelle l&#8217;insurrection de l&#8217;arm, le chasse du pouvoir. Ce fut le dbut d&#8217;une nouvelle histoire ivoirienne. Car, Bdi s&#8217;tait embourb dans les concepts d&#8217;ivoirit. Le Gnral Gue, c&#8217;tait l&#8217;homme de parole,  background militaire oblige. Ds les premiers jours, il annonce les couleurs&nbsp;: il vient seulement balayer la maison, sauver la Cte d&#8217;Ivoire de l&#8217;impasse, puis il retournera  la caserne. "Ce qui est dit est dit", c&#8217;tait la formule magique. Le peuple lui a directement fait confiance. On avait encore en mmoire, dans un des pays de la rgion l&#8217;exemple d&#8217;un autre militaire qui avait tenu parole&nbsp;: Amani Toumani Tour. Et, les ivoiriens ont vite cru que toutes les grenouilles dansaient de la mme faon. Hlas, qui a bu boira. A l&#8217;approche des chances, le gnral a chang sa parole d&#8217;honneur et sa parole donne. La maison tait tellement bien balaye qu&#8217;il lui tait devenu difficile de pouvoir la quitter avant de la salir. Il avait repris les vieux discours&nbsp;: je suis le candidat des ivoiriens, l&#8217;homme de la situation. On se croirait dans le roman d&#8217;Ahmadou Kourouma, son compatriote, "En attendant le vote des btes sauvages". Des voix, comme toujours, se sont leves. Mais qui coute les voix en Afrique&nbsp;? Alpha Blondy a mme dit qu&#8217;il ne fallait pas abandonner le gnral dans une telle btise. Ce serait, disait-il, une non-assistance  gnral en danger. Ticken Jah Falcoli, l&#8217;autre rasta ivoirien, a chant "militaire Gue tes-toi". Mais les tenants du pouvoir en Afrique, c&#8217;est comme les sorciers&nbsp;: leurs oreilles n&#8217;coutent qu&#8217;une fois brles. Le gnral poussa l&#8217;opprobre jusqu&#8217; vouloir organiser une fraude lectorale. L&#8217;histoire est bien connue. Une fois de plus, le gnral a voulu procd comme tous les autres&nbsp;: d&#8217;irrgularit en irrgularit, comme l&#8217;avait dit Mgr Monsengwo Pasinya, prsident le Confrence Nationale Souveraine de la RDC, la plus longue de l&#8217;histoire. </p> <p class="spip" align='justify'><b class="spip">Patass&nbsp;: qui sme le vent&#8230;</b> </p> <p class="spip" align='justify'>Lorsque la case du voisin brle, dit-on en Afrique, il faudra y jeter un coup d&#8217;&#339;il. Demain, la vtre pourrait aussi l&#8217;tre. Ce qui se passe en Centrafrique depuis quelques mois risquent de respecter la logique de l&#8217;ouragan&nbsp;: il ne commence  draciner d&#8217;abord que de gros arbres, puis les petits suivront. Le cas du prsident Patass mrite attention et analyse. Il faudra encore lire le roman d&#8217;Ahmadou Kourouma, "En attendant le vote des btes sauvages" (Seuil, 1998) pour s&#8217;en convaincre. De tentative de coup d&#8217;Etat en tentative de coup d&#8217;Etat, le Gnral Koyaga, prsident de la Rpublique du Golfe, a fini par perdre effectivement le pouvoir. Le spectacle centrafricain risque de ne pas tre loin de l. Les choses sont loin de sentir bons dans ce pays. On joue avec le feu. Ce qui devient inquitant ces derniers temps, c&#8217;est la tournure des accusations et des accuss. Tout part des prsomptions, des coutes tlphoniques et des allgations  peine dfendables. On sait la politique en Afrique faite de mandre et de flou artistique, mais avec la fuite d&#8217;un des accuss, militaire de son tat, rfugi depuis au Tchad, Dieu seul sait si les lections libres, transparentes et dmocratiques, si l&#8217;alternance au pouvoir et d&#8217;autres beaux mots encore, se passeront sans heurts. Sinon, quelque part, nous risquerons d&#8217;entendre entonner un requiem. Et, lorsque les requiem s&#8217;entonnent en Afrique, l&#8217;histoire est souvent tragique. Un groupe aigri ne tarde jamais  prendre des armes. De coalition en coalition, les rebellions des uns offrant le pouvoir aux autres, les jours du prsident Patass risquent d&#8217;tre compt, au profit du gnral Bossiz, ou d&#8217;un autre "bandit" . Le mot est, une fois de plus, d&#8217;Ahmadou Kourouma, dans son Renaudot "Allah n&#8217;est pas oblig" (Seuil, 2000). Mais, comment comprendre et expliquer une telle Afrique qui refuse d&#8217;avancer&nbsp;? </p> <p class="spip" align='justify'><b class="spip">Les republiquettes des thurifraires et des fossoyeurs des Rpubliques.</b> </p> <p class="spip" align='justify'>Il faudra toujours relire les deux romans voqus d&#8217;Ahmadou Kourouma pour s&#8217;en convaincre. Le pouvoir africain devient souvent un mythe  cause de ceux qu&#8217;il faudra appeler les thurifraires. Ce sont les messieurs, opportunistes pour la plupart, qui se font courtisans du pouvoir et en deviennent les vrais dpositaires, ils se servent souvent du prsident de la rpublique comme d'un instrument, alors qu&#8217;en ralit c&#8217;est leur propre pouvoir, leur propre poste, leurs propres influences qu&#8217;ils cherchent  conserver. Avec des discours de bonne foie apparente, flatteurs et aveugls, ils se lancent souvent dans cette sale besogne au point de se laisser et de laisser entraner le prsident, dans une recherche du pouvoir pour le pouvoir. On l&#8217;a vu en RDC, jadis le Zare, avec le cas Mobutu. Ce qui est curieux, et c&#8217;est l o il faudra en tirer des leons, c'est le revirement de telles personnes lorsque le pouvoir change de camp. Impossible de le croire en les voyant brler ce qu&#8217;ils adoraient, et, adorer ce qu&#8217;ils brlaient, parfois dans un laps de temps inimaginable. Hlas, la particularit des hommes politiques africains, c'est de ne jamais tirer des leons de l&#8217;histoire. Ou de croire qu&#8217;ils sont le dbut d&#8217;une histoire nouvelle. </p> <p class="spip" align='justify'><b class="spip">Conclusions</b> </p> <p class="spip" align='justify'>Au del du cas du prsident de la Rpublique de Centrafrique, Ange-Felix Patass, c&#8217;est le coup d&#8217;&#339;il critique  jeter sur l&#8217;exercice du pouvoir et surtout du pouvoir prsidentiel en Afrique. Taill  la mesure des individus, la nation, contrairement  ce qu&#8217;on croirait, ne sombre pas avec la mort ou le dpart du prsident. Mme les acolytes fidles, changent souvent de camp. Hlas, c&#8217;est comme si personne au pouvoir ne semblait tirer de leons de ces dbcles. Voulant souvent changer l&#8217;histoire et les nations, celles-ci changent les hommes au pouvoir en Afrique et, les emportent. Evidemment, ceux qui prennent les armes portent la grande responsabilit du chaos qui s&#8217;en suit. Ainsi, ceux qui ont tent un putsch manqu  Bangui contre le prsident Patass, sont responsables du flou centrafricain, mais, les hommes au pouvoir en Afrique devront envoyer des signaux trs puissants et forts pour garantir l&#8217;alternance, des lections dmocratiques et transparentes. Sinon, un requiem pour une Afrique stable.</p>  <P align=right><FONT FACE='verdana,arial,helvetica' SIZE=2><B><A HREF="mailto:norbertmbu@hotmail.com">Norbert MBU-MPUTU</A></B></FONT>   <FONT SIZE=2>   </FONT>   <BR><BR><BR>  <P><HR><P> <B>> ANGE-FELIX PATASSE ou la continuit de l'incongrui</B> <BR>27 ao&ucirc;t 2002  <P>franchement intressant et agrable  lire.               </BLOCKQUOTE></BLOCKQUOTE> </FONT> </BODY> </HTML> 
