<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 3.2//EN"> <HTML> <HEAD>    <TITLE>L'ange de Reims</TITLE>    <META NAME="GENERATOR" CONTENT="Mozilla/3.04Gold (Win16; I) [Netscape]">    <META NAME="AUTHOR" CONTENT="Krsi Magda">    <META NAME="OPERATOR" CONTENT="Krsi Magda"> </HEAD> <BODY>   <CENTER><P><BR> Anna J&oacute;kai</P></CENTER>   <CENTER><P><B>L'ange de Reims</B> </P></CENTER>   <P>Revenu de ses p&eacute;r&eacute;grinations, les ailes encore tendues, il se tient l&agrave;, dans l'encoignure du portail.</P>   <P>-- Me voici, dit-il &agrave; son voisin, l'homme de pierre mutil&eacute;. </P>   <P>Puis, il lui adresse un sourire, il minaude comme quelqu'un qui se d&eacute;voile apr&egrave;s une longue partie de cache-cache. </P>   <P>L'homme en est vex&eacute;. Trois profondes rides barrent son front;  il ne jette m&ecirc;me pas un regard &agrave; l'ange. Il ne l'entend peut-&ecirc;tre pas. Il regarde devant lui, baisse ses paupi&egrave;res gonfl&eacute;es vers le sol, plein de d&eacute;sespoir. </P>   <P>-- Je ne le supporte plus, dit-il. C'est pourtant un saint.</P>   <P>Le gothique d&eacute;ploie ses fastes au-dessus d'eux. Ses doigts effil&eacute;s en qu&ecirc;te d'une spiritualit&eacute; disparue. C'est l'automne, le jaune-ivoire des dentelles arides est plus froid. Les hippies arrivent;  la bo&icirc;te de conserve, dans un bruit de ferraille d&eacute;gringole l'escalier, vid&eacute;e du poisson &agrave; la tomate qui gicle sur les pierres. Jean-Baptiste prend sa pipe, la fum&eacute;e s'&eacute;l&egrave;ve jusqu'au visage de l'ange. Louise rit. </P>   <P>Cela pla&icirc;t &agrave; Jean-Baptiste. </P>   <P>-- On l'enfume d'ici, dit-il. </P>   <P>Il essuie ses doigts crasseux sur les pieds de l'ange. La sauce tomate brille comme du sang. </P>   <P>-- O&ugrave; &eacute;tions-nous hier? demande Louise. Elle tire sur son chandail &agrave; fleurs noires qui lui arrive aux chevilles, elle s'enroule dedans. </P>   <P>-- &Ccedil;a a de l'importance? Jean-Baptiste se rassied &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s, balance ses sandales; il frotte la plante de ses pieds nus sur l'escalier de pierre. </P>   <P>-- Et apr&egrave;s, o&ugrave; allons-nous? </P>   <P>-- Ne pose pas de questions, r&eacute;plique le gar&ccedil;on, on ment &agrave; celui qui pose des questions. </P>   <P>La jeune fille hausse les &eacute;paules, se couche sur le dos, sur les marches, &agrave; l'envers, la t&ecirc;te dans le vide. </P>   <P>-- C'est notre ange &agrave; nous, dit-elle soudain. Regarde ses cheveux. </P>   <P>De fait, ils se tordent mollement sur son cou et ses oreilles. Jean-Baptiste effiloche le bas de son pantalon. </P>   <P>-- Nous n'avons pas d'ange, nous. </P>   <P>-- Une fois, moi j'ai pleur&eacute;, dit Louise apparemment sans raison. </P>   <P>Le jeune homme fouille dans le sac en lambeaux. Il sort une gourde. Il boit, la passe &agrave; la jeune fille qui absorbe une gorg&eacute;e. </P>   <P>C'est le matin, Jean-Baptiste urine sur les pieds de l'ange, le ruisseau coule. </P>   <P>-- Nous aussi nous cr&egrave;verons, dit Louise. </P>   <P>-- Nous ne nous en apercevrons m&ecirc;me pas. Jean-Baptiste tresse ses cheveux comme un martinet. Nous ne souffrons m&ecirc;me pas. On se contente de peu. Tu comprends &ccedil;a? </P>   <P>Une voiture toutes vitr&eacute;es ferm&eacute;es, une Mercedes d'un noir profond passe devant l'&eacute;glise, elle dispara&icirc;t &agrave; gauche. </P>   <P>-- Qui est le plus intelligent, demande Louise, celui qui accepte l'inutilit&eacute;, ou celui qui la nie et invente une bo&icirc;te en fer avec quatre roues?  </P>   <P>-- Les salauds. Jean-Baptiste crache. Mais toi, ne pose pas de questions. </P>   <P>La voiture, toute noire, revient par la droite, freine devant les marches. Une porte se dessine, s'ouvre, le chef de famille sort. Une barbe blonde soign&eacute;e lui mange le bas du visage. Il aide sa femme &agrave; sortir, ses cheveux aussi sont blonds, longs, uniform&eacute;ment longs, chaque cheveu s'arr&ecirc;te exactement au millim&egrave;tre pr&egrave;s au milieu de son dos. Les enfants sont blonds &eacute;galement, deux petites filles. Elles portent sur la t&ecirc;te un chapeau blanc aux bords repli&eacute;s, un ruban le retient sous le menton. Leurs dents s'avancent un peu, ce qui les rend curieuses. </P>   <P>-- C'est bien cela, dit Klaus. Il monte les marches, la femme et les enfants, derri&egrave;re lui, en file indienne. La barbe de Klaus flotte en avant comme un pavois. </P>   <P>Ils contournent Jean-Baptiste et Louise, le crachat, la sauce et la mare d'urine. Ils les contournent un par un, en les observant sournoisement. </P>   <P>-- Quelle tristesse, quelle tristesse, dit Hilde en ajustant son petit chapeau blanc. </P>   <P>Jean-Baptiste leur tire la langue... Louisc &eacute;galement; ils b&ecirc;lent.  </P>   <P>-- Pourquoi font-ils cela? interroge Hilde. </P>   <P>-- Ils expriment ainsi leur quintessence animale, r&eacute;plique Klaus, et le m&eacute;pris &agrave; l'&eacute;gard de ce que la grandeur de l'esprit humain pr&ocirc;ne... La cath&eacute;drale dont nous gravissons les marches est un remarquable exemple de pur gothique... </P>   <P>La plus petite fille au chapeau blanc se retourne pour regarder bouche b&eacute;e Jean-Baptiste et Louise. Elle tr&eacute;buche sur la derni&egrave;re marche. Son p&egrave;re s'en aper&ccedil;oit et en guise d'avertissement, il imprime ses pouces entre les c&ocirc;tes de sa fille. </P>   <P>-- A&iuml;e. L'enfant pousse un petit cri, mais rien de plus, et, disciplin&eacute;e, entre dans les t&eacute;n&egrave;bres. </P>   <P>-- On va tous les exterminer. Tous ceux-l&agrave;? demande Louise. Elle extrait du sac des papiers poisseux. </P>   <P>-- Idiote. Il vaut mieux en rire. Tu vois. Jean-Baptiste les d&eacute;signe.  Il faut rire de tout cela! </P>   <P>Il touche le genou de l'ange d'une main, le tapote, ils saisissent leur sac, le tra&icirc;nent derri&egrave;re eux et disparaissent dans la poussi&egrave;re. </P>   <P>Klaus cligne des yeux sous l'effet soudain de la lumi&egrave;re, il ferme son guide. </P>   <P>-- La richesse de la nef lat&eacute;rale &eacute;gale celle du transept. Pressons-nous Hilde. Il nous en reste encore trois. </P>   <P>-- Klaus! La femme s'est arr&ecirc;t&eacute;e au pied de l'escalier, les deux enfants &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s; elle prend appui sur eux, l&eacute;g&egrave;rement. -- Il doit y avoir un ange ici. Un ange quelconque, continue-t-elle incertaine dans le silence, c'est ce que disent les livres. </P>   <P>-- Constatation traditionnelle. Les anges sont l&eacute;gion. C'est la caract&eacute;ristique des &eacute;glises m&eacute;di&eacute;vales, dit doctement Klaus. </P>   <P>-- Mais c'est un ange diff&eacute;rent, particulier, dit Hilde en se cramponnant aux petites nuques fragiles. </P>   <P>Klaus jette sur elle un regard s&eacute;v&egrave;re. </P>   <P>-- Les anges sont tous les m&ecirc;mes. Des motifs ornementaux banals. Je ne te comprends pas, Hilde. </P>   <P>Hilde essaie encore une fois, remonte quelques marches, les enfants ne la suivent pas, ils s'arr&ecirc;tent; Klaus reste en bas pr&egrave;s de la voiture. </P>   <P>-- J'arrive, Klaus. Elle s'assied dans la voiture avec sa jupe unie. </P>   <P>-- O&ugrave; allons-nous maintenant? </P>   <P>-- Je ne te comprends pas Hilde, r&eacute;p&egrave;te l'homme. </P>   <P>Il enfile ses gants, met le contact. </P>   <P>-- Nous arrivons de Metz et nous allons tout droit &agrave; Chartres en passant par Paris. C'est clair? </P>   <P>Les petites filles resserrent le ruban sous leur menton. Hilde hoche la t&ecirc;te et comme la voiture fait une embard&eacute;e, leurs cheveux leur tombent sur le visage. </P>   <P>-- Je suis en retard, hal&egrave;te Madame Chouchou et elle frappe cinq fois la pierre de sa canne. Pourtant ceux-ci m'auraient donn&eacute;... Je le sens. </P>   <P>Elle a l'habitude de se tenir l&agrave; dans le renfoncement de la porte. Les &eacute;trangers pensent qu'elle tient la s&eacute;bile d'argent au nom de l'&eacute;glise. </P>   <P>-- Ch&egrave;re Sainte Vierge aide-moi, dit-elle &agrave; l'ange. Quelle journ&eacute;e Sainte Vierge! Puisque tu peux tout arranger. O&ugrave;  dois-je courir maintenant? Plut&ocirc;t au cin&eacute;ma? Ch&egrave;re Sainte Vierge, dit-elle &agrave; l'ange obstin&eacute;ment. Depuis deux semaines je te demande un temps d&eacute;gag&eacute;, pour qu'ils aient envie de venir, et que tu les am&egrave;nes ici, ceux qui poss&egrave;dent et donnent. Qu'est-ce que c'est pour toi? Tu vois, moi je crois en toi, et toi, en &eacute;change que fais-tu? Aide tes fid&egrave;les, non tes ennemis, sois convenable, montre-toi raisonnable, ch&egrave;re Sainte Vierge...  Elle souffle un baiser dans le creux de ses doigts et d&eacute;pose le baiser sur les plis de la robe de l'ange. </P>   <P>-- Le sourire ne suffit pas dit-elle sur un ton de doux reproche. Reconnais-le.  </P>   <P>S'appuyant sur sa canne, elle inspecte la rue principale, la lumi&egrave;re du soleil frappe son visage et se refl&egrave;te sur la s&eacute;bile, l'air vibre comme sous l'influence de signaux en morse. </P>   <P>-- Quoi?, dit la vieille femme. Que j'aille au tr&eacute;sor de la couronne? Ce serait excitant. Je peux le tenter. Mais si tu m'as encore tromp&eacute;e, je serais tr&egrave;s en col&egrave;re. </P>   <P>Avant de descendre, elle frappe les marches de sa canne. Un &eacute;norme nuage reste coll&eacute; au ciel et la pluie tombe pendant des heures; forte comme une giboul&eacute;e de printemps. Le gardien ferme le portail. </P>   <P>Marcello avec son carton &agrave; dessin monte en courant, s'aplatit contre le mur, sous l'ange. La pluie l'atteint jusque-l&agrave; et il se recroqueville sur le socle de la statue, l'eau d&eacute;gouline sur son large chapeau. </P>   <P>Il fuirait bien plus loin, il cache son carton sous sa blouse grise, regarde le ciel et &agrave; la place ne voit que l'ange, par hasard, de tr&egrave;s pr&egrave;s. Il est surpris. L'eau p&eacute;n&egrave;tre dans les traits fins du mince visage de l'ange, les gouttes roulent des orbites &agrave; la maigre poitrine apr&egrave;s de petits arr&ecirc;ts &agrave;  la commissure des l&egrave;vres. </P>   <P>-- C'est beau, pense Marcello et il se met &agrave; observer, envo&ucirc;t&eacute;, l'incessant sourire sous les larmes incessantes. </P>   <P>-- Je ne l'oublierai pas, se promet-il. Il emporte son carton &agrave; dessin. serr&eacute; sur son ventre, dans la fra&icirc;che all&eacute;e bord&eacute;e d'arbres. </P>   <P>Ensuite il ne pleut plus autant. Mais le soleil ne revient pas, il pointe &agrave; peine dans le ciel gris. </P>   <P>Un autocar en forme de baleine arrive, une seule porte toute petite &agrave; l'avant. La toute petite porte s'ouvre. Le guide descend. Il fait un signe de la main. Et tout le monde descend, en file indienne: Les l&egrave;vres du guide bougent. Il inclut le chauffeur au cort&egrave;ge. Il prend les cl&eacute;s, ferme soigneusement la porte de l'autocar. Les autres attendent jusqu'&agrave; ce qu'il ait rang&eacute; la cl&eacute; au fond de sa serviette.  </P>   <P>-- On peut s'avancer un peu plus, dit le guide, et les autres avancent un peu. </P>   <P>Une femme avec un foulard sur la t&ecirc;te et de lourdes nattes h&eacute;site sur le seuil. Elle &eacute;l&egrave;ve la main droite &agrave; la hauteur du front. Le guide se dirige rapidement aupr&egrave;s d'elle, lui prend le bras droit &agrave; la hauteur du coude et, courtoisement, l'aide &agrave;  franchir le seuil. </P>   <P>Ils restent longtemps &agrave; l'int&eacute;rieur. Une jeune femme, lunettes de soleil sur le nez, lit un imprim&eacute; aux caract&egrave;res tr&egrave;s serr&eacute;s, de temps &agrave; autre, elle regarde autour d'elle, cherche, et quand les lunettes et le papier parviennent &agrave; se rencontrer, elle pousse un cri de victoire. </P>   <P>Bient&ocirc;t le groupe passe en revenant devant l'ange. </P>   <P>Le guide branlant du chef chuchote quelque chose &agrave; la femme aux lunettes de soleil et il montre avec le coin de sa serviette un dernier point de la liste. </P>   <P>La femme, confuse, rejoint le groupe. D'une voix harmonieuse d'alto elle raconte ce qu'il convient de savoir sur la statue. Ils sont deux &agrave; prendre des notes. </P>   <P>Le guide presse le pas, ouvre la porte de l'autocar-baleine. Il reste l&agrave; jusqu'&agrave; ce qu'ils rentrent un par un, sa bouche remue de nouveau. Le chauffeur lui aussi se hisse gaiement et avec souplesse dans le v&eacute;hicule; quelques-uns font des signes &agrave; travers les vitres incassables, ils saluent la place vide. </P>   <P>Il commence &agrave; faire nuit, mais ce ne sont que les pr&eacute;mices;  bient&ocirc;t le gris sera plus gris au fur et &agrave; mesure que la lumi&egrave;re se d&eacute;robera. </P>   <P>Hriszto tra&icirc;ne deux valises pleines &agrave; craquer, sur le dos un balluchon en toile cir&eacute;e. </P>   <P>-- Pourvu que j'arrive &agrave; cette mis&eacute;rable &eacute;glise -- il soupire -- cette fichue &eacute;glise pourrie. Je m'assieds sur les marches, pr&egrave;s de ces trombines archa&iuml;ques, je souffle un peu, ensuite direction la gare. </P>   <P>Le paquet fait un bruit sourd sur la pierre. Hriszto prend son mouchoir, l'&eacute;tale, s'agenouille dessus. Il crache dans sa paume calleuse.</P>   <P>Il s'inqui&egrave;te. Il ouvre le balluchon en toile cir&eacute;e, cherche quelque chose, se calme, soupire. </P>   <P>-- J'ai r&eacute;gl&eacute; toutes mes affaires, pense-t-il, satisfait. Je pensais presque avoir d&eacute;pass&eacute; l'heure. Mais &ccedil;a a tout de m&ecirc;me r&eacute;ussi. </P>   <P>M&aacute;ria se prom&egrave;ne lentement en haut des marches. Son foulard de mousseline verte flotte derri&egrave;re elle autour de son chignon grisonnant.  Sa jupe pliss&eacute;e s'&eacute;tale comme un accord&eacute;on muet. Elle a froid, elle croise et plonge ses mains dans son cou comme si sa main gauche voulait l'&eacute;trangler mais que sa main droite s'y opposait.  </P>   <P>-- L'homme tra&icirc;ne tout avec lui, pense-t-elle, pourtant elle n'a rien de plus qu'un petit sac nacr&eacute;, avec une boucle en nickel. -- Toujours, tout, partout. </P>   <P>L'ange se fond dans le mur, la femme regarde &ccedil;a et l&agrave;, mais ne voit que le creux des t&eacute;n&egrave;bres. </P>   <P>Hriszto croit M&aacute;ria plus jeune. La mousseline verte et le sac nacr&eacute; l'induisent en erreur. Il se rapproche, d&eacute;pose ses tr&eacute;sors sur l'escalier. </P>   <P>-- Le meilleur de la technique, dit-il en paradant. Radio. Sechs Transistors. Verstehen? Six. </P>   <P>-- J'ai quitt&eacute; la maison, pense M&aacute;ria, &agrave; la maison, ma fille fait sa coloration. La fille de ma fille vomit ses aliments en bo&icirc;te. Le p&egrave;re de ma fille regarde la t&eacute;l&eacute; et boit de la bi&egrave;re. </P>   <P>-- Magn&eacute;tophone, dit Hriszto et il d&eacute;balle fi&eacute;vreusement.  Made in Japan. First class... Viens mon petit, il met le feu &agrave; des petits fils de lampe, gesticule, ricane. </P>   <P>M&aacute;ria approuve de la t&ecirc;te, distraitement. </P>   <P>-- Dommage, pense-t-elle, cependant maintenant c'est d&eacute;finitif: ce n'est pas le monde qu'on a ferm&eacute;, c'est ma fen&ecirc;tre qui est devenue opaque. </P>   <P>Hriszto montre d'&eacute;normes ciseaux, les fait cliqueter.</P>   <P>-- Parfait... parrrfait, il roule le r, saute sur le pav&eacute;. </P>   <P>M&aacute;ria s'appr&ecirc;te &agrave; monter quand on allume les projecteurs sur le c&ocirc;t&eacute;. </P>   <P>L'homme voit de face, le visage de la femme, rapidement il ramasse ses hardes. </P>   <P>L'ange s'&eacute;claire, son sourire se r&eacute;pand dans l'ombre.</P>   <P>-- L'ange -- dit M&aacute;ria stup&eacute;faite -- l'ange. </P>   <P>-- Ein Engel, dit Hriszto en faisant un geste de d&eacute;dain, nur ein Engel. Il montre le projecteur de deux mille watts: la technique...  Ja. La technique. Mais l'Ange.. Il remue la t&ecirc;te avec d&eacute;couragement.  Il se h&acirc;te. Le train part &agrave; vingt et une heure vingt, un changement et puis la maison. </P>   <P>La femme reste encore. Elle essaie de regarder derri&egrave;re la statue. Ensuite elle se met sur la pointe des pieds. Elle tiraille les doigts de pied mutil&eacute;s. Une lumi&egrave;re trompeuse &eacute;claire de bas en haut. </P>   <P>-- Que sais-tu toi? demande-t-elle &agrave; l'ange, provoqu&eacute;e par cet imperturbable sourire. </P>   <DIV ALIGN=right><P><RIGHT>Traduit par <I>Laurence Leuilly</RIGHT></I> </P></DIV>   </BODY> </HTML> 
