<!doctype html public "-//W3C//DTD HTML 4.0 //EN">  <html> <head>        <title>Ange : interviews</title>        <style type="text/css">        @import url(../style.css);   </style> </head> <body background="../images/fond.gif">                 <font class="titre"><em><big>I</big>nterview :</em></font>                 <div align=center>                         <font class=titre>ANGE<br>                         </font></div>                 <br>                 <div align=left>                         <a name=haut><font class=formul>Interview r&eacute;alis&eacute;e par AUB et FEF le 8 Octobre 2002.</font></a></div>                 <br><br>                 <br>                 <br>                 <div align=center>                                   <table border=0 cellspacing=10 cellpadding=0 width=500>                                         <tr>                                                 <td colspan=2 class="intervieweur">                                                                 <p><b>SCENEARIO.COM: Pour ceux qui ne vous connaissent pas, (s&#146;il en existe encore), pouvez-vous d&eacute;cliner votre identit&eacute;&nbsp;?</b><br>                                                                         <b>ANGE G.:</b> Oh, il en existe encore, et plein&#133; Donc, Anne et G&eacute;rard, dits Ange. On utilisait d&#146;autres noms auparavant, comme G.E.Ranne pour les Jeux de R&ocirc;le, G.Elton Ranne pour les romans ou Gr&eacute;goire Dannereau pour les traductions, et quelques autres encore, mais il &eacute;tait temps d&#146;assumer nos diff&eacute;rentes casquettes et de tout regrouper sur une m&ecirc;me t&ecirc;te. Sinon, &agrave; part &ccedil;a, taille pas beaucoup, poids trop, cheveux &ccedil;a d&eacute;pend, signe particulier quatre bras, deux nez, une paire de lunettes et bient&ocirc;t deux.<br>                                                                         <br>                                                                         <b>SCENEARIO.COM: Vous &ecirc;tes le sc&eacute;nariste de nombreuses BD&#133; o&ugrave; en sont les nouveaux sc&eacute;narios pour la Geste des Chevaliers-Dragons, celui de Kookaburra Univers 2 et Bloodline, sans oublier Nemesis et Paradis Perdu&#133;</b><br>                                                                         <b>ANGE G.:</b> R&eacute;ponse rapide, c&#146;est en cours d&#146;avancement. R&eacute;ponse longue&nbsp;: Le d&eacute;roul&eacute; du sc&eacute;nario de la Geste tome deux est termin&eacute; depuis la fin du tome un, un tiers de l&#146;album est d&eacute;j&agrave; d&eacute;coup&eacute; et l&#146;album devrait sortir en fin d&#146;ann&eacute;e prochaine chez Soleil, avec en prime une r&eacute;edition super du premier tome pour Angouleme, avec de nouvelles couleurs, une nouvelle couve, une nouvelle maquette, plein de bonus, bref, que du bon. Un quart de Kooka Universe est d&eacute;coup&eacute;, Nemesis 5 est boucl&eacute;, Le Coll&egrave;ge Invisible 2 en est au deux tiers et on aura d&eacute;coup&eacute; la moiti&eacute; du tome 2 de Paradis Perdu d&eacute;but Novembre. Mais on va en reparler gr&acirc;ce &agrave; la question suivante. Pour Bloodline, c&#146;est un peu compliqu&eacute; &#133; mieux vaudrait demander &agrave; Vents d&#146;Ouest&#133;<br>                                                                         Et puis, nombreuses, nombreuses, c&#146;est vite dit. On &eacute;crit moins que certains sc&eacute;naristes qui eux, &eacute;crivent seuls, alors que nous &eacute;crivons &agrave; deux.<br>                                                                         <br>                                                                         <b>SCENEARIO.COM: Comment faites-vous pour ne pas m&eacute;langer toutes ces histoires&nbsp;?<br>                                                                                 ANGE G.:</b> D&#146;abord, on est deux, &ccedil;a aide. Ensuite, on est compl&egrave;tement schizo et &ccedil;a aide encore plus. Ensuite, on fait partie des sc&eacute;naristes qui &eacute;crivent en flux tendu avec les dessinateurs par s&eacute;quence de quelques pages. Je crois que Scotch Arleston fait la m&ecirc;me chose, d&#146;ailleurs. Cela a plusieurs avantages. On accompagne le dessinateur tout au long de l&#146;album, et on a jamais plus de quelques pages d&#146;avance sur lui, m&ecirc;me si tout l&#146;album est &laquo;&nbsp;mapp&eacute;&nbsp;&raquo;, d&eacute;roul&eacute;, c&#146;est &agrave; dire pr&eacute;d&eacute;coup&eacute; en amont. L&#146;histoire tourne dans nos t&ecirc;tes en t&acirc;che de fond pendant ce temps, quand on marche, quand on fait les courses, quand on dort, quand je me rase la t&ecirc;te, bref tout le temps. Le temps &laquo;&nbsp;m&eacute;canique&nbsp;&raquo; d&#146;&eacute;criture d&#146;un sc&eacute;nario, la frappe sur le clavier, est somme toute assez court. C&#146;est tout le travail en amont qui est long mais il n&#146;est pas quantifiable.<br>                                                                         Cela offre aussi l&#146;avantage de se mettre artificiellement dans un autre environnement de travail &agrave; chaque s&eacute;rie. Sans &ecirc;tre fumeux, le cerveau ne travaille pas de la m&ecirc;me fa&ccedil;on pour le Coll&egrave;ge Invisible ou Nemesis ou Paradis Perdu parce que les th&egrave;mes sont diff&eacute;rents, les rythmes sont diff&eacute;rents, les narrations sont diff&eacute;rentes. Et l&agrave; o&ugrave; &eacute;crire cinq pages de suite de Nemesis ou du Coll&egrave;ge serait fatiguant, en &eacute;crire trois de Nemesis puis deux du Coll&egrave;ge (ou le contraire) l&#146;est beaucoup moins, simplement parce qu&#146;au bout de trois pages, on passe &agrave; autre chose et la zone &laquo;&nbsp;Nemesis&nbsp;&raquo; du cerveau peut r&eacute;cup&eacute;rer pendant que la zone &laquo;&nbsp;Coll&egrave;ge&nbsp;&raquo; prend la main. Quand je disais que c&#146;&eacute;tait fumeux.<br>                                                                         Ensuite, je crois que tous les sc&eacute;naristes m&eacute;langent inconsciemment leurs histoires, regardez Jodorowsky. On y retrouve des grands th&egrave;mes pr&eacute;sents d&#146;albums en albums, de s&eacute;ries en s&eacute;ries, jusqu&#146;&agrave; ce que l&#146;histoire id&eacute;ale (c&#146;est subjectif, bien s&ucirc;r) ait &eacute;t&eacute; &eacute;crite et que le d&eacute;veloppement de ces th&egrave;mes ait &eacute;t&eacute; &eacute;vacu&eacute; de la psych&eacute;. &Ccedil;a a l&#146;air bizarre comme &ccedil;a, mais &ccedil;a se tient. C&#146;est le Grand &#140;uvre appliqu&eacute; &agrave; la BD, et &ccedil;a n&#146;a rien &agrave; voir avec le succ&egrave;s commercial ou critique. Il y a des histoires qui doivent &ecirc;tre &eacute;crites pour pouvoir passer &agrave; autre chose.<br>                                                                         Bon, le fait d&#146;accompagner le dessinateur au fil de l&#146;album n&#146;a pas non plus que des avantages. Quand le dessinateur tient le rythme, c&#146;est tr&egrave;s bien, quand il ne le tient pas, c&#146;est parfois plus difficile de rebrancher la partie du cerveau d&eacute;di&eacute;e &agrave; ce sc&eacute;nario, surtout si les autres ont avanc&eacute;es plus vite pendant ce temps. L&agrave;, c&#146;est carr&eacute;ment fumeux&#133; Et puis financi&egrave;rement, pafois, c&#146;est pas bon du tout, puisqu&#146;on est pay&eacute; en m&ecirc;me temps que le dessinateur&#133; C&#146;est une relation pour le meilleur et pour le pire, mais souvent le meilleur.<br>                                                                         <br>                                                                         <b>SCENEARIO.COM: Et il y a d&#146;autres projets&nbsp;?<br>                                                                                 ANGE G.:</b> En BD&nbsp;? Oui, deux nouvelles s&eacute;ries en 2003, la premi&egrave;re qui devrait sortir au printemps, Le Souffle, avec Philippe Xavier, un fran&ccedil;ais qui vit aux Etats Unis et la seconde, la Porte des Mondes avec Sylvain Guinebaud, pour la fin de l&#146;ann&eacute;e. Toutes deux des s&eacute;ries de Fantasy, la premi&egrave;re tr&egrave;s magique, avec des adolescents en fuite dans un environnement pour le moins hostile et la seconde qui raconte les aventures d&#146;un mercenaire dans un univers peupl&eacute; d&#146;animaux humanoides avec tr&egrave;s peu d&#146;humains. C&#146;est plus un univers &agrave; la Tarzan ou &agrave; la John Carter avec pour l&#146;instant, un habillage d&#146;Heroic Fantasy.<br>                                                                         Sinon, il y a la nouvelle s&eacute;rie que nous pr&eacute;parons avec Alain Janolle apr&egrave;s le Tome 5 de Nemesis, de la SF &agrave; grands spectacle qui pour l&#146;instant s&#146;intitule Babel, avec tout ce que nous aimons dans la SF, dans Star Wars, dans les comics...<br>                                                                         Et puis en romans, il y a le troisi&egrave;me tome des Trois Lunes de Tanjor chez Bragelonne, la suite de l&#146;&#156;il des Dieux chez Mango et peut-&ecirc;tre d&#146;autres projets dont on reparlera tout &agrave; l&#146;heure.<br>                                                                         On suit l&#146;avancement du projet de l&#146;adaptation de Nemesis en Dessin Anim&eacute;, mais c&#146;est long un d&eacute;veloppement (le trailer est sur le site Soleil), et on va s&ucirc;rement essayer de lancer quelques projets d&#146;adaptation de nos s&eacute;ries en audio-visuel ou en jeux vid&eacute;os bient&ocirc;t. C&#146;est un milieu qui m&#146;intrigue&#133;<br>                                                                         <br>                                                                         <b>SCENEARIO.COM: Le dernier tome&nbsp;de la Cicatrice du Souvenir vient de sortir, c&#146;est le dernier tome, mais est-ce parce qu&#146;il &eacute;tait pr&eacute;vu de n&#146;en faire que trois ou parce que vous vous lancez dans Kooka-Universe t2&nbsp;? parce que le rythme de sortie des Cicatrices &eacute;tait &eacute;lev&eacute;&nbsp;: trois tomes en &agrave; peine un an et demi&#133;<br>                                                                                 ANGE G.:</b> C&#146;est marrant, quand un album met du temps &agrave; sortir, c&#146;est pas bien, quand ils sortent vite et bien, c&#146;est pas bien non plus&#133; plus s&eacute;rieusement, les trois Cicatrices sont sorties rapidement, parce qu&#146;elles &eacute;taient pr&ecirc;tes. C&#146;est le temps pass&eacute; entre la sortie de l&#146;Angeolande chez Vents d&#146;ouest et la sortie du premier Tome de la Cicatrice, qu&#146;il faut voir. Et &ccedil;a, ce n&#146;est pas huit mois. Quand la Cicatrice tome 2 est sortie, le tome 3 &eacute;tait d&eacute;j&agrave; en bouclage et donc il est sorti assez rapidement. Maintenant, d&egrave;s la premi&egrave;re lettre du sc&eacute;nario et la premi&egrave;re page du premier tome, la Cicatrice &eacute;tait une histoire en trois tomes. C&#146;est essentiellement une question de structure&nbsp;: le premier tome peut para&icirc;tre un peu simple, le second se termine par un Cliffhanger, litt&eacute;ralement ou presque, et le troisi&egrave;me boucle. Le cliffhanger n&#146;aurait pas eu le m&ecirc;me impact &agrave; la fin du premier tome. Il fallait avoir v&eacute;cu un peu avec les personnages, laisser passer du temps, lire le deuxi&egrave;me tome puis reposer le bouquin et se dire, &laquo;&nbsp;l&agrave;, comment il va sans sortir&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Mais&#133; c&#146;&eacute;tait pas ce qui &eacute;tait pr&eacute;vu&#133;&nbsp;&raquo;. Parce que, sans rire, le nombre de lecteurs qui nous ont dit que c&#146;&eacute;tait classique ou qu&#146;ils savaient comment &ccedil;a allait finir&#133; et maintenant, ils nous reprochent presque de les avoir surpris. Heu&#133; &ccedil;a me rappelle un journaliste qui avait dit dit &agrave; l&#146;attach&eacute; de presse de Vents d&#146;Ouest qu&#146;il savait parfaitement comment allait se terminer Bloodline apr&egrave;s avoir lu le premier tome. Ah Ah&nbsp;! Bon, maintenant, ce qu&#146;il n&#146;avait pas pr&eacute;vu, c&#146;est que Bloodline s&#146;arr&ecirc;terait, et pour nous non plus, ce n&#146;&eacute;tait pas pr&eacute;vu, &agrave; tel point qu&#146;&agrave; un moment, tout le monde &eacute;tait au courant sauf nous.<br>                                                                         Pour revenir sur la Cicatrice, certains lecteurs nous disent que la fin est rapide, mais qu&#146;est-ce qu&#146;ils voulaient&nbsp;? que &ccedil;a dure plus longtemps&nbsp;? que &ccedil;a traine&nbsp;? qu&#146;Erkor soit m&eacute;chant plus longtemps&nbsp;? Il n&#146;a pas besoin d&#146;&ecirc;tre m&eacute;chant plus longtemps, l&#146;histoire devait se terminer. Les m&eacute;chancet&eacute;s d&#146;Erkor n&#146;ont qu&#146;un int&eacute;r&ecirc;t mineur dans la Cicatrice. C&#146;est surtout l&#146;histoire d&#146;une femme trahie et de ce qu&#146;elle va faire. C&#146;est s&ucirc;r, on peut en faire des histoires, avec les copines d&#146;Amida, mais est-ce que c&#146;est n&eacute;cessaire&nbsp;? Les lecteurs peuvent les imaginer. Notre ordre de guerri&egrave;res, on l&#146;a avec les Chevaliers Dragons et gr&acirc;ce &agrave; Soleil, on va pouvoir recommencer &agrave; jouer avec. <br>                                                                         Ensuite ce n&#146;est pas parce qu&#146;elle est simple qu&#146;une histoire est simpliste. Et s&#146;il fallait trouver une d&eacute;finition pour la Cicatrice, c&#146;est une histoire simple o&ugrave; tout n&#146;est pas vraiment ce qu&#146;on pense. M&ecirc;me pas l&#146;histoire elle-m&ecirc;me. Mais on en reparlera tout &agrave; l&#146;heure&#133; Je comprends que le lecteur ne se soit pas attendu &agrave; ce qu&#146;il a lu et qu&#146;il en est &eacute;t&eacute; un peu d&eacute;contenanc&eacute;. Mais pour moi, c&#146;est plut&ocirc;t une qualit&eacute; de surprendre le lecteur.<br>                                                                         Pour en finir avec ce sujet, c&#146;est parce qu&#146;on avait termin&eacute; la Cicatrice avec Christian qu&#146;on a pu envisager de faire Kooka, pas le contraire.<br>                                                                         <br>                                                                         <b>SCENEARIO.COM: Quelques petites exclus sur Kooka-U&nbsp;? s&#146;il vous plait&#133;<br>                                                                                 ANGE G.:</b> Si c&#146;est demand&eacute; si gentiment. Kooka-U 2 est consacr&eacute; &agrave; Taman Kha, la t&eacute;l&eacute;pathe de Lilith. On va apprendre plein de choses sur la plan&egrave;te, pourquoi elle a &eacute;t&eacute; ravag&eacute;e, pourquoi elle ne l&#146;&eacute;tait pas avant, comment elle &eacute;tait organis&eacute;e, qu&#146;est-ce que &ccedil;a fait d&#146;&ecirc;tre telepathe, que deviennent les relations m&egrave;res-filles, d&eacute;j&agrave; complexes, quand les deux sont t&eacute;l&eacute;pathes et se cachent des choses, pourquoi toutes les filles que dessine Crisse sont super mignonnes, et plein d&#146;autres choses&#133;<br>                                                                         Heu&#133; non, pour les filles de Crisse, c&#146;est son secret &agrave; lui, en fait, on ne peut rien dire.<br>                                                                         <br>                                                                         <b>SCENEARIO.COM: &Ccedil;a fait quoi d&#146;&eacute;crire un sc&eacute;nario sur une bd/monde que vous n&#146;avez pas cr&eacute;&eacute;&nbsp;?<br>                                                                                 ANGE G.:</b> C&#146;est beaucoup de pression. Avant toute chose, c&#146;est le monde de Crisse et il faut qu&#146;il soit satisfait. Le jour o&ugrave; je l&#146;ai appel&eacute; pour lui demand&eacute; ce qu&#146;il pensait de ce que nous avions fait, je n&#146;en menais pas large du tout, mais alors pas du tout&#133; Surtout que la barre est plac&eacute;e sacr&eacute;ment haut avec le premier tome de Nico Mitric.<br>                                                                         Maintenant, travailler sur des mondes dont nous ne sommes pas les cr&eacute;ateurs mais juste les d&eacute;veloppeurs, c&#146;est ce que nous avons fait chez Siroz sur In Nomine ou sur Bloodlust entre autres quand nous travaillions dans le Jeu de R&ocirc;le. Ce n&#146;est pas une nouveaut&eacute;, m&ecirc;me si &agrave; chaque fois, c&#146;est toujours plus angoissant que de travailler sur ses propres projets. Il faut plaire au lecteur, du moins au public vis&eacute;, c&#146;est une &eacute;vidence, mais il faut aussi plaire au cr&eacute;ateur et qu&#146;il ne se sente pas trahi.<br>                                                                         J&#146;esp&egrave;re que Didier ne se sentira pas trahi, c&#146;est primordial.<br>                                                                         <br>                                                                         <b>SCENEARIO.COM: Vous &eacute;crivez encore pour les jeux de R&ocirc;le&nbsp;?<br>                                                                                 ANGE G.:</b> Non, plus du tout. De temps en temps, j&#146;ai encore une petite remont&eacute;e d&#146;acide, mais je me dis que ce n&#146;est pas s&eacute;rieux. Non pas le jeu de r&ocirc;le, &ccedil;a c&#146;est s&eacute;rieux, mais le fait de r&eacute;ecrire pour. On se fait des plans avec les anciens du jeu quand on se voit dans les festivals de SF ou en dehors, comme Fabrice Colin ou r&eacute;cemment Pierre H. Pevel, style, on se refait un one-shot et on leur montre comment &eacute;crire aux jeunes, mais on tombe tous d&#146;accord, tant qu&#146;&agrave; consacrer de l&#146;&eacute;nergie &agrave; &eacute;crire un JDR, autant &eacute;crire un roman, ou deux, et puis pour tout dire, &ccedil;a fait un peu discours d&#146;anciens combattants alcooliques. Sans compter qu&#146;en ce moment, le jeu de r&ocirc;le fran&ccedil;ais, &ccedil;a ressemble plus &agrave; un paquebot en trajectoire d&#146;interception avec un iceberg qu&#146;&agrave; un milieu &eacute;ditorial s&eacute;curisant pour les auteurs. Maintenant, le jeu de r&ocirc;le, tel que nous l&#146;avons connu (apr&egrave;s, je ne sais pas comme c&#146;&eacute;tait), c&#146;&eacute;tait une excellente &eacute;cole d&#146;&eacute;criture et de cr&eacute;ation. Ah oui, juste une chose, &ccedil;a me fait trop rire les sc&eacute;naristes de BD ou les romanciers qui annoncent dans leur CV qu&#146;ils viennent du Jeu de R&ocirc;le alors qu&#146;ils y ont soit juste jou&eacute;, soit, par chance &eacute;crit un sc&eacute;nario dans le fanzine de leur pote. Les cr&eacute;as du jeu de r&ocirc;le, c&#146;est &agrave; dire ceux qui ont &eacute;crit, qui &eacute;taient pay&eacute;s par un &eacute;diteur de jeu, professionnellement, r&eacute;guli&egrave;rement et s&eacute;rieusement (tout &ccedil;a &agrave; la fois), et ce n&#146;est pas toi qui va me contredire, &ccedil;a se compte sur les doigts de trois ou quatre mains, pas beaucoup plus et on les conna&icirc;t, on y &eacute;tait. Tant mieux pour ceux pour qui pipotent et pour qui &ccedil;a marche, mais il y a juste une petite diff&eacute;rence entre un gyn&eacute;cologue et un mec qui joue au docteur avec sa copine, voil&agrave;, voil&agrave;&#133;<br>                                                                         <br>                                                                         <b>SCENEARIO.COM: Et vous avez le temps de jouer encore un peu&nbsp;?<br>                                                                                 ANGE G.:</b> Quasiment plus. Anne fait jouer notre fils ain&eacute;, Guillaume,&nbsp;et ses copains pendant les vacances, principalement du Middle Earth et du Cthulhu et quand je fais une impro pour expliquer ce qu&#146;est le JDR je retombe automatiquement sur du INS/MV qui a l&#146;avantage d&#146;&ecirc;tre contemporain et compr&eacute;hensible par tous et d&#146;&ecirc;tre l&#146;univers que je comprends le mieux puisque c&#146;est nous qui l&#146;avons principalement d&eacute;velopp&eacute;. Je parle de la deuxi&egrave;me &eacute;dition, bien s&ucirc;r. Mais sinon, on a plus trop le temps. Quoiqu&#146;une bonne partie de Donge ou de Chtulhu, de temps en temps, ce serait bien cool. Je pr&eacute;f&egrave;re jouer &agrave; des jeux de cartes simples comme Harry Potter. On va encore nous accuser de pompage mais un des meilleurs concepteurs de jeu (&agrave; mon humble avis) est en train de plancher sur un jeu de cartes sur le Coll&egrave;ge Invisible. Un bon petit jeu, &agrave; jouer, pas &agrave; collectionner du tout. On verra bien ce que &ccedil;a donne. Il para&icirc;t que la derni&egrave;re mouture de Magic et le jeu de cartes du Seigneur des Anneaux sont tr&egrave;s bons. Je regrette des jeux beaucoup plus obscurs comme On The Edge ou Netrunner.<br>                                                                           <br><center>                                                                         <img src=Photodange.jpg><br> <br>                                                                          </center>                                                                         <b>SCENEARIO.COM: Vous avez &eacute;crit 2 romans dans l&#146;univers de jeu de Scales&#133; le 3&egrave;me verra-t-il le jour&nbsp;?<br>                                                                                 ANGE G.:</b> Oui et non. Ou plut&ocirc;t le contraire. Le troisi&egrave;me tome ne verra pas le jour, &ccedil;a, c&#146;est &agrave; peu pr&egrave;s s&ucirc;r. Mais dans les projets &agrave; venir, on a envie de reprendre les deux premiers romans, de garder une grande partie du premier,&nbsp;une petite du second et d&#146;&eacute;crire la suite pour en faire un bon gros bouquin de fantasy contemporaine, en retirant certains des &eacute;l&eacute;ments trop sp&eacute;cifiques au jeu, qui n&eacute;cessitait de conna&icirc;tre le jeu pour comprendre ce qui &eacute;tait &eacute;crit, surtout dans le second tome. Ce devrait &ecirc;tre fait dans un avenir proche, sinon pas trop lointain&#133;<br>                                                                         <br>                                                                         <b>SCENEARIO.COM: Comment faites-vous pour &eacute;crire avec Anne&#133; deux t&ecirc;tes et quatre mains, c&#146;est pas facile, non&nbsp;?<br>                                                                                 ANGE G.:</b> Sans compter les lunettes. Alors r&eacute;ponse simple, on &eacute;crit un mot chacun et moi ce sont les articles&nbsp;: on sous-estime l&#146;importance des articles. R&eacute;ponse moins simple, ce serait plut&ocirc;t comme un mille-feuilles. On travaille par couche, une apr&egrave;s l&#146;autre, on construit, on rajoute des harmoniques, un peu comme un morceau de musique, j&#146;imagine. On fait une d&eacute;mo et ensuite on enregistre la vraie version, instruments par instruments. M&ecirc;me si Anne d&eacute;teste quand je dis &ccedil;a, je privil&eacute;gie probablement plus le c&ocirc;t&eacute; m&eacute;canique bien huil&eacute;e du sc&eacute;nario et elle le c&ocirc;t&eacute; histoire proprement dit. Sauf bien s&ucirc;r quand on fait le contraire. J&#146;aime bien brouiller les pistes.<br>                                                                         Ce qui est assez surprenant, c&#146;est que la plupart du temps, les lecteurs se trompent sur qui a &eacute;crit quoi. Pour prendre un exemple concret, il y a beaucoup de moi, de mes propres r&eacute;pliques, dans le personnage de Mallow, dans Nemesis, mais c&#146;est Anne qui l&#146;a &eacute;crit le plus. C&#146;est normal, elle l&#146;&eacute;crit parce qu&#146;elle m&#146;a entendu sortir des conneries pendant quinze ans. Sauf quand c&#146;est moi qui l&#146;ai &eacute;crit, bien s&ucirc;r&#133; Quand je vous disais que j&#146;aime bien brouiller les pistes.<br>                                                                         <br>                                                                         <b>SCENEARIO.COM: Il y a des diff&eacute;rences entre &eacute;crire pour du JDR, livre, bd&nbsp;?<br>                                                                                 ANGE G.:</b> Au del&agrave; de l&#146;&eacute;vidente diff&eacute;rence de formats, cela reste de l&#146;&eacute;criture. Disons que dans un jeu de r&ocirc;le, il faut penser &agrave; l&#146;interface entre nous, les auteurs, et le MJ, et au-del&agrave; de cela &agrave; l&#146;interface entre le MJ et les joueurs. Notre boulot en tant qu&#146;auteur de JDR et sc&eacute;naristes de JDR consistait principalement &agrave; manipuler le MJ, puisque les r&eacute;actions des joueurs sont ce qu&#146;elles sont et que nous n&#146;avons que tr&egrave;s peu d&#146;influence sur eux sauf quand nous maitrisons nous m&ecirc;me. Ce qui faisait peut-&ecirc;tre notre qualit&eacute; (si tant est que nous en ayions), ainsi qu&#146;&agrave; d&#146;autres comme Stephane Bura, c&#146;&eacute;tait de pouvoir &eacute;crire un sc&eacute;nario qui laissait beaucoup de latitude au joueurs, mais somme toute assez peu au MJ, de fa&ccedil;on &agrave; limiter la d&eacute;perdition de l&#146;information entre nous et les joueurs. Le MJ pouvait donner toute la mesure de son talent de conteur mais dans des limites assez d&eacute;finies en amont. En clair, on lui tenait la main durant le d&eacute;roulement du sc&eacute;nario, c&#146;est possible avec certains types de jeu, moins avec d&#146;autres. J&#146;adore quand je parle comme un vieux concepteur de jeu.<br>                                                                         En BD, il y a un paquet d&#146;&eacute;l&eacute;ments maitriser, le rythme, qui permet &agrave; ce qu&#146;un lecteur lambda ne repose pas l&#146;album et continue de tourner les pages, la narration qui doit obliger son &#156;il &agrave; rester dans la page et non &agrave; vagabonder n&#146;importe o&ugrave;, les dialogues qui doivent en quelques mots seulement caract&eacute;riser parfaitement un personnage, et j&#146;en passe. Je ne dirai pas que c&#146;est super-facile.<br>                                                                         Les romans laissent plus de libert&eacute; mais c&#146;est aussi le plus fatiguant &agrave; faire.<br>                                                                         <br>                                                                         <b>SCENEARIO.COM: Lire, &eacute;crire&#133; dessiner de petits anges&#133; vous avez d&#146;autres passions&nbsp;?<br>                                                                                 ANGE G.:</b> La physique quantique. Heu, non&#133; enfin si, mais pas que &ccedil;a&#133; plein d&#146;autres passions, certaines avouables, d&#146;autres moins, tout d&eacute;pend du contexte et de mon envie d&#146;aller en prison ou de me faire regarder comme un tar&eacute; fini, ce dont franchement je n&#146;ai pas besoin.<br>                                                                         <br>                                                                         <b>SCENEARIO.COM: Quel a &eacute;t&eacute; votre coup de c&#156;ur BD de ces 6 derniers mois&nbsp;?<br>                                                                                 ANGE G.:</b> Le Coll&egrave;ge Invisible, dessin&eacute; par Regis Donsimoni, chez Soleil, mais c&#146;est nous qui l&#146;avons &eacute;crit alors &ccedil;a compte pas. En fait, mes coups de c&#156;ur BD, c&#146;est plus dans les comics que je les trouve. De part leur format et leur parution, ils peuvent faire beaucoup plus d&#146;exp&eacute;riences que nous dans notre format franco-belge habituel. L&#146;aspect feuilleton a compl&egrave;tement &eacute;t&eacute; oubli&eacute; ici. Et la fin du deuxi&egrave;me tome de la Cicatrice du Souvenir, c&#146;est exactement une fin que l&#146;on pourrait trouver dans un comics ou dans un feuilleton.<br>                                                                         <br>                                                                         <b>SCENEARIO.COM: Vous faites souvent des salons de BD&#133; qu&#146;est-ce que &ccedil;a vous apporte&nbsp;?<br>                                                                                 ANGE G.:</b> J&#146;en fais beaucoup moins souvent que je ne voudrais, m&ecirc;me si en cette fin d&#146;ann&eacute;e, je vais les accumuler grave. Mais soyons r&eacute;alistes, les sc&eacute;naristes n&#146;interessent pas les organisateurs de salon. Les dessinateurs attirent du monde, les sc&eacute;naristes moins, sauf s&#146;ils sont tr&egrave;s connus. Il y a des moyens de valoriser les sc&eacute;naristes, en organisant des ateliers, des tables rondes, des s&eacute;minaires, mais c&#146;est rare. &Ccedil;a me fait toujours rire quand les journalistes/journaleux interviewent les dessinateurs pour qu&#146;ils parlent de l&#146;histoire de l&#146;album. Qu&#146;ils parlent narration, technique, ok, mais rendez &agrave; C&eacute;sar ce qui est &agrave; C&eacute;sar. Le sc&eacute;nariste sera plus &agrave; m&ecirc;me de parler de son histoire et de ce qu&#146;il a voulu faire passer que le dessinateur. Mais c&#146;est comme le cin&eacute;ma, on pr&eacute;f&egrave;re mettre en avant le r&eacute;alisateur que le sc&eacute;nariste.<br>                                                                         Quant &agrave; savoir ce que &ccedil;a m&#146;apporte&#133; outre le fait que cela accroit notre visibilit&eacute; &agrave; chaque fois, on fait un peu un m&eacute;tier de moine ou d&#146;autiste et les festivals permettent de croiser les copains et/ou coll&egrave;gues, pour refaire le monde, faire un peu la f&ecirc;te, discuter un peu avec le public&#133; on voit souvent les m&ecirc;mes t&ecirc;tes dans le public, mais il y en a parfois de bien sympathiques. Maintenant, pour voir le public, mieux vaut les festivals de petite ou moyene envergure que les grands d&eacute;lires type Angoul&ecirc;me.<br>                                                                         Pour revenir sur la visibilit&eacute;, j&#146;adore quand les lecteurs disent &agrave; Anne &laquo;&nbsp;qui &ecirc;tes vous&nbsp;? Ange c&#146;est un mec&nbsp;sans cheveux &raquo;, ou qu&#146;ils me disent &laquo;&nbsp;vous n&#146;&ecirc;tes pas le vrai, Ange, c&#146;est une femme et elle a des lunettes.&nbsp;&raquo;. D&#146;ailleurs, femme &agrave; lunette, femme myope, c&#146;est bien connu. C&#146;est arriv&eacute; en Belgique il y a &agrave; peine un mois, o&ugrave; une lectrice s&#146;est fait enguirland&eacute; par son mec car elle m&#146;avait fait d&eacute;dicacer des albums et comme lui avait vu Anne &agrave; Nancy quelques temps plus t&ocirc;t, il avait du mal &agrave; faire le lien. Une autre fois, au Festival de Sierre, alors qu&#146;Anne &eacute;tait &agrave; c&ocirc;t&eacute; d&#146;Alberto pour la d&eacute;dicace de la Geste, un Suisse lui a demand&eacute; &laquo;&nbsp;C&#146;est vous la caisse&nbsp;?&nbsp;&raquo;. Tout &ccedil;a parce que c&#146;est une femme.<br>                                                                         Parfois, on rencontre des cas, qui s&#146;approche de nous avec un air &agrave; la Fox Mulder et qui nous disent &laquo;&nbsp;je connais votre vrai nom&#133;&nbsp;&raquo; d&#146;un air myst&eacute;rieux. Alors, que ce soit clair, nous aussi on conna&icirc;t notre vrai nom, mais c&#146;est gentil quand m&ecirc;me.<br>                                                                         <br>                                                                         <b>SCENEARIO.COM: Que pensez-vous des s&eacute;ances de d&eacute;dicaces&nbsp;?<br>                                                                                 ANGE G.:</b> Quand &ccedil;a se passe bien et que les lecteurs sont gentils, c&#146;est super. Il faut bien voir que la plupart du temps, les auteurs ne sont pas pay&eacute;s pour faire des d&eacute;dicaces. Ils prennent sur leur temps libre, ou leur temps de travail mais en tout &eacute;tat de cause, ils donnent de leur temps. La moindre des choses dans ce cas est de respecter un minimum les auteurs, c&#146;est valable pour les libraires et les lecteurs. De l&#146;autre c&ocirc;t&eacute;, ce sont les libraires et les lecteurs qui nous permettent de faire ce m&eacute;tier et le moins que l&#146;on puisse faire, c&#146;est d&#146;&ecirc;tre agr&eacute;able et de sourire. Dit comme &ccedil;a, les d&eacute;dicaces ce devrait &ecirc;tre une franche ambiance de bisounours. Mais une fois sur deux, il y a quelque chose qui pourrit l&#146;ambiance&#133;<br>                                                                         Bien s&ucirc;r, il y a les probl&egrave;mes de revente de d&eacute;dicaces, mais en tant que sc&eacute;nariste, je suis moins concern&eacute;. On va s&ucirc;rement arriver au syst&egrave;me am&eacute;ricain de la d&eacute;dicace payante, mais je pr&eacute;f&egrave;re encore &ccedil;a au n&#146;importe quoi, type tirage au sort apr&egrave;s une file d&#146;attente de quatre heures. Il n&#146;y a pas de solution simple. Certaines librairies commencent &agrave; faire des d&eacute;dicaces sur invitation et ce n&#146;est pas une mauvaise id&eacute;e. Ils devraient peut-&ecirc;tre faire un syst&egrave;me mixte, avec une partie d&#146;invitations, une partie de tickets et une partie de r&eacute;serve sous le coude, au cas o&ugrave;. Sauf &agrave; &ecirc;tre minimaliste, un dessinateur ne peut pas faire plus d&#146;une trentaine de d&eacute;dicaces dans l&#146;apr&egrave;s-midi. Il faut faire les calculs dans le bon sens.<br>                                                                         Il y a un autre syst&egrave;me, c&#146;est de donner une dur&eacute;e (trois heures, quatre heures&#133;) et de s&#146;y tenir, quitte &agrave; se faire d&eacute;tester par le dernier lecteur qui de toute fa&ccedil;on est arriv&eacute; dix minutes avant la fin annonc&eacute;e de la s&eacute;ance. Enfin, il y a eu des tables rondes sur les d&eacute;dicaces, c&#146;est un sujet sensible et mon avis &agrave; son sujet &eacute;voluera s&ucirc;rement au fil du temps. Mais ce qu&#146;il faut &eacute;viter, c&#146;est que les d&eacute;dicaces, et les ex-libris, autre vaste sujet, ne deviennent une condition sine qua non de la vente de l&#146;album par les libraires. Pour la bonne sant&eacute; de tout le milieu, il est indispensable que les libraires d&eacute;fendent les premiers tomes des s&eacute;ries, qu&#146;ils les mettent en avant et ce, m&ecirc;me sans ex-libris ou d&eacute;dicace, et qu&#146;ils ne se contentent pas de mettre en avant le dernier tome en date d&#146;une s&eacute;rie qui de toutes fa&ccedil;ons va se vendre tout seul. Les libraires et les lecteurs se plaignent que trop de s&eacute;ries s&#146;arr&ecirc;tent au premier tome, mais c&#146;est un cercle vicieux. Si la majorit&eacute; des lecteurs attendent que la s&eacute;rie en soit &agrave; son troisi&egrave;me ou quatri&egrave;me tome pour l&#146;acheter, il ne faut pas s&#146;&eacute;tonner qu&#146;elle ne d&eacute;passe pas le premier tome. Combien de s&eacute;ries ont d&ucirc; arr&ecirc;ter pour cette raison&nbsp;?<br>                                                                         Ce qui me g&egrave;ne, c&#146;est que l&#146;album en lui-m&ecirc;me, sur lequel on travaille pendant grosso-modo un an, devient partie n&eacute;gligeable. C&#146;est comme si l&#146;ex-libris, le tirage de t&ecirc;te, l&#146;&eacute;dition originale, le produit d&eacute;riv&eacute; &eacute;tait plus important que le livre. &Ccedil;a, je ne comprend pas.<br>                                                                          <br>                                                                         <b>SCENEARIO.COM: Avez-vous surf&eacute; un peu sur http://www.sceneario.com , que pensez-vous de ce site&nbsp;?<br>                                                                                 ANGE G.:</b> Forc&eacute;ment, un site qui met en valeur les sc&eacute;naristes, c&#146;est une bonne chose et il devrait y en avoir plus&nbsp;! Plus de sites avec des interviews de sc&eacute;naristes, des photos de sc&eacute;naristes, m&ecirc;me nus. Ah non, &ccedil;a c&#146;est pour les calendriers&#133; Maintenant, puisqu&#146;on est dans le sujet du Net, il faudrait un jour parler des d&eacute;bordements dont les auteurs sont parfois victimes sur certains sites. Alors, pour faire simple, respecter les gens, ce n&#146;est pas un luxe. Quand un auteur a pass&eacute; un an sur un album, qu&#146;il soit sc&eacute;nariste ou dessinateur, s&#146;entendre dire ou lire que c&#146;est un tas de pus, ce n&#146;est pas tr&egrave;s constructif, c&#146;est m&ecirc;me insultant. Quand on demande &agrave; un sc&eacute;nariste s&#146;il a envisag&eacute; le suicide, c&#146;est insupportable.<br>                                                                         C&#146;est scientifique, les fran&ccedil;ais ont le syndrome du feu rouge. Ils s&#146;expriment quand &ccedil;a ne leur plait pas au lieu de s&#146;exprimer quand &ccedil;a leur plait. Et comme les forums sur le Net sont squatt&eacute;s par les cinquante m&ecirc;mes personnes, tous atteint de ce syndrome du feu rouge, on peut dire qu&#146;une chappe de pens&eacute;e n&eacute;gative recouvre ce bel instrument de transmission d&#146;information qu&#146;est le Net. Les autres, l&#146;immense majorit&eacute;, se tait et pense que c&#146;est pas cool. Et quand un de ceux-l&agrave; prend la parole pour dire qu&#146;il a aim&eacute; un album, il se fait traiter de pauvre type parce qu&#146;il l&#146;a aim&eacute;. Il y a comme un probl&egrave;me, c&#146;est limite fasciste comme fa&ccedil;on de faire.<br>                                                                         Il ne s&#146;agit pas de faire l&#146;Ecole des Fans, on est tous les meilleurs, mais il y a des limites. Quand je n&#146;aime pas quelque chose, je ne prends pas la peine de le descendre, et ce pour deux raisons, primo j&#146;ai une vie et pas que &ccedil;a &agrave; foutre, deuxio, je pr&eacute;f&egrave;re parler de ce que j&#146;aime plut&ocirc;t de ce que je n&#146;aime pas, c&#146;est plus constructif. Quand j&#146;&eacute;crivais dans Casus Belli, j&#146;essayais de donner envie aux lecteurs de lire et de jouer. Cracher sa bile n&#146;a aucun int&eacute;r&ecirc;t et en plus, c&#146;est la facilit&eacute;, on n&#146;est m&ecirc;me pas oblig&eacute; de lire le bouquin pour en dire du mal. Que tous ceux qui &eacute;crivent sur le Net ou m&ecirc;me dans des magazines ayant pignon sur rue essayent d&#146;&eacute;crire pour donner envie aux autres de partager ce qu&#146;ils ont aim&eacute; au lieu de cracher leur haine, ils verront toute la diff&eacute;rence entre &eacute;crire et savoir &eacute;crire&#133; Il y a de bons albums, chez tous les &eacute;diteurs. Qu&#146;ils en parlent au lieu de casser les albums de leurs ennemis jur&eacute;s sans les lire comme &ccedil;a se fait trop souvent. Ce n&#146;est pas une exclusivit&eacute; au milieu. Certains magazines hors-BD ont une page par mois pour parler BD, mais ils r&eacute;ussissent tout de m&ecirc;me &agrave; passer une page &agrave; casser des albums. Il y a en moyenne 150 albums qui sortent par mois. Vous n&#146;allez pas me dire qu&#146;ils ne peuvent pas en trouver deux ou trois de bons dans cette masse&nbsp;? la posture critique mod&egrave;le Inrocks, c&#146;est sympa, mais quand c&#146;est syst&eacute;matique &ccedil;a ne sert &agrave; rien.<br>                                                                         M&ecirc;me si ce n&#146;est pas la carte qui fait le journaliste, dans le cin&eacute;ma, les critiques ont une carte qui leur est attribu&eacute;e et qui peut leur &ecirc;tre retir&eacute;e. Elle garantit une d&eacute;ontologie, un professionnalisme. Un critique doit pouvoir parler d&#146;une &#156;uvre en fonction d&#146;un contexte, d&#146;un v&eacute;cu, d&#146;une carri&egrave;re. La plupart de ceux qui &eacute;crivent sur le Net ou dans certains magazines n&#146;a pas cette culture, voire pas de culture du tout. Il y a une diff&eacute;rence entre un chroniqueur et un critique. <br>                                                                         Je veux bien qu&#146;on me dise qu&#146;un de nos albums est mauvais, mais dans ce cas, je veux qu&#146;on m&#146;explique pourquoi. Quand on approfondit un peu avec ces gens l&agrave;, on arrive toujours &agrave; &laquo;&nbsp;c&#146;est mauvais parce que j&#146;aime pas, parce que &ccedil;a ne me plait pas.&nbsp;&raquo; et &ccedil;a, forc&eacute;ment, c&#146;est bien connu, c&#146;est un crit&egrave;re de critique objective. Qui est mort et leur a donn&eacute; le pouvoir&nbsp;?<br>                                                                         Moi, par exemple, je n&#146;aime pas les carottes, mais je vais pas cracher ma haine des carottes sur le Net en demandant aux carottiers de se tirer une balle dans la bouche.<br>                                                                         C&#146;&eacute;tait&nbsp;: comment G&eacute;rard se fait des amis&#133;<br>                                                                         Tiens, puisque tu as un super site sur les sc&eacute;naristes et que tu connais le JDR, il y avait un petit fanzine il y assez longtemps appel&eacute; Alarums and Excursions, qui &eacute;tait fait par et pour les semi-pros du milieu. A tel point qu&#146;il fallait plus ou moins payer pour &eacute;crire dedans. C&#146;&eacute;tait l&#146;anc&ecirc;tre des Forums et seuls ceux qui avaient le droit d&#146;&eacute;crire pouvaient y &eacute;crire et les id&eacute;es d&eacute;velopp&eacute;es &agrave; l&#146;int&eacute;rieur &eacute;taient tr&egrave;s en avance sur le reste du milieu, en terme de role-play, de simulation de la r&eacute;alit&eacute;, d&#146;exp&eacute;riences. Les autres pouvaient le lire, bien s&ucirc;r. Un Forum ferm&eacute; aux non-professionnels &eacute;l&egrave;verait peut-&ecirc;tre le d&eacute;bat, ou une inscription obligatoire et non-automatique. Je reste persuad&eacute; que si les gentils utilisateurs ne pouvaient pas cacher leur identit&eacute;, on aurait beaucoup plus de respect sur les forums.<br>                                                                         <br>                                                                         <b>SCENEARIO.COM: Quel est votre plat pr&eacute;f&eacute;r&eacute;&nbsp;?<br>                                                                                 ANGE G.:</b> Le ris de veau brais&eacute;. Avec un bon bourgogne. &Ccedil;a me fait d&eacute;j&agrave; saliver&#133;<br>                                                                 </p>                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   </table>                         </a>                         <div align=right>                                 <a href=#haut><font class=formul>Retour en haut.</a><br>                                         </font><br>                                 </a>                           </body> </html>   
