<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.0//FR" 	"http://www.w3.org/TR/REC-html40/strict.dtd" 	"http://www.w3.org/TR/REC-html40/HTMLlat1.ent">  <HTML lang="fr"> <HEAD>   <META http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=ISO-8859-1">   <META name="author" content="Laurence Colombet">   <META name="description" content="_L'ange vengeur_, une nouvelle de Valentino Boccelli.">   <META name="keywords" content="science-fiction, fantastique, nouvelle, amateur, original">      <link href="../../style-sf.css" type="text/css" rel="stylesheet" 	  media="screen"/>    <TITLE>L'ange vengeur, de Valentino Boccelli</TITLE> </HEAD>  <BODY>  <H1>L'ange vengeur</H1>  <HR>  <P>   La vieille femme avanait lentement dans la rue sombre, sans se douter du danger qui l'attendait. L'homme sortit de l'ombre comme une flche, arracha le sac des mains de la vieille personne. Il avait dj disparu lorsque la vieille dame disparut dans la rue d'en face. La dame se dirigea vers le poste de police le plus proche pour y dposer sa plainte. On lui rpondit que la police avait autre chose  faire que de s'occuper des vols  la tire, et que la somme vole n'tait pas suffisante pour qu'un inspecteur fasse le dplacement. Elle rentra chez elle en grommelant contre la police qui n'tait pas capable de scuriser les rues de la ville, et contre ce maudit voleur qui attaquait les pauvres femmes sans dfense. Elle arriva chez elle, passa le portail de fer forg o s'accumulait la rouille, et poussa la porte de la vieille maison. Ce qu'elle vit la fit hurler d'effroi. </P>  <P>   La soire avait t plutt bonne pour Matthieu Carlier. Il avait russi  amasser une somme considrable en quelques heures. L'inefficacit de la police facilitait grandement les choses, et marcher dans la rue devenait aussi dangereux que de conduire  contresens. La vieille dame, en particulier, avait un portefeuille bien garni. Il se demanda pourquoi les personnes ges trimballaient toujours autant d'argent sur eux. Il finit par se dire que cela n'avait aucune importance; de plus, il apprciait ce fait: c'tait son gagne-pain. Il avanait lentement le long du mur, tout en comptant son magot. Il fut surpris lorsqu'un homme surgit de l'ombre,  moins de deux mtres de lui. Il tait grand, habill d'un long impermable noir, et d'un chapeau en feutre, noir galement, comme pendant les annes cinquante. Matthieu essaya de distinguer son visage, mais l'obscurit, omniprsente dans la ville, le lui cachait. L'homme le dpassa, et Matthieu sentit une dsagrable sensation. Il se retourna. L'homme avait mystrieusement disparu. Il revint sur ses pas, pour en tre sur, lorsqu'il sentit une prsence derrire lui. L'homme se tenait  un mtre de lui, immobile. Matthieu s'affolait. Peut-tre tait-ce un de ces enfoirs de flics, qui l'avait retrouv. Il sortit un couteau. Ce ne serait pas son premier meurtre. Il se remmora la terrible bagarre qui avait explos entre les gangs de la ville, pendant l't. Matthieu faisait partie d'une des deux bandes. Il se souvint le contact rassurant de la crosse contre sa paume, du recul de l'arme, et du flot de sang qui s'tait coul de la blessure. L'homme tait tomb lentement, en regardant stupidement le sang s'couler de son ventre. Il s'tait croul, et tait rest pendant plusieurs minutes  gmir sur le sol, de plus en plus faiblement, pendant que les jeunes voyous bourraient ses ctes de coups de pieds. Il se souvint de la mare rougetre sur le sol, de la douille encore fumante, et du sentiment de puissance qui l'avait alors gagn. Un homme dsarm est faible, pensait-il. </P>  <P>   La lame jaillit du manche avec un bruit sec. Matthieu eut un rictus affreux avant de projeter son arme en avant. La lame fendit l'air, et rencontra le vide. La main de l'homme jaillit, et attrapa le bras de l'agresseur. Il le tordit violemment, sans aucun effort apparent. L'homme avait des gestes rapides et matriss, pliant le bras juste assez pour ne pas le casser, tout en provoquant une douleur maximale. Il effleura la main du jeune homme, qui lcha aussitt son arme. </P>  <P>   &nbsp;Je pense que vous devriez vous attaquer  des personnes un peu plus valides que cette pauvre femme. Je n'apprcie pas que l'on abuse de sa force sur les personnes faibles. Je vais donc devoir vous punir.&nbsp; </P>  <P>   L'homme rejeta violemment Matthieu, se saisit du couteau et joua avec la lame. Le voleur se releva pniblement en massant son bras douloureux. Cet tre tait dot d'une vitesse et d'une matrise de soi incroyable. Cet homme connaissait probablement les arts martiaux, bien mieux que lui, en tout cas. Mieux valait fuir. Il s'lana en courant dans la direction oppose au sinistre personnage. Un douleur fulgurante lui dchira la jambe. Il tomba, incapable de rester debout. Le couteau avait transperc la jambe si violemment que la lame ressortait de l'autre ct. Matthieu ne pouvait plus prononcer une parole, serrant les dents  cause de la douleur aigu qui lui transperait le genou. L'homme en noir s'approcha, regardant le jeune homme allong sur le sol, en train de sangloter. </P>  <P>   &nbsp;Je vais tre magnanime. Je vais t'achever tout de suite. Ces pleurs sont rellement pitoyables...&nbsp; </P>  <P>   Matthieu se souvint des tremblements qui secouaient sa victime agonisante. Il n'tait pas loin de subir le mme sort. Il revit les yeux implorants de l'homme bless, et se demanda quel tait son regard. Il ne voyait plus que des ombres, aveugl par la douleur. L'une d'entre elles se pencha sur lui, et chuchota une suite de sons inaudibles. Il sentit un contact glac sur son cou, et une force phnomnale lui briser les vertbres. Le dernier son qu'il entendit fut le craquement de ses propres os, puis tout devint noir... </P>  <P>   Le spectacle tait vraiment horrible. Le corps tait assis sur une chaise, la tte pendante, et une expression de supplication sur son visage. L'emplacement ou aurait d se trouver son genou n'tait plus qu'une masse rouge. Mais le fait le plus remarquable tait l'absence de bras sur la victime. Ceux-ci dpassait du sac pos sur la table basse,  quelques mtres seulement du corps dsarticul. </P>  <P>   L'inspecteur Jacques Serin regarda tristement le scne, se demandant comment on pouvait faire preuve d'une sauvagerie pareille. L'quipe du mdecin lgiste arriva quelques minutes plus tard. Ils commencrent tout d'abord par prendre en photo le terrible spectacle qui s'offrait  eux. Il allumrent ensuite un projecteur aux rayons violets pour dtecter toute trace d'empreinte, ou de pas ou encore d'autres indices. Ils passrent ensuite la pice au peigne fin, afin de reprer toutes les traces qu'aurait pu laisser le tueur. Enfin, on procda  l'enlvement du corps -&nbsp;bras compris&nbsp;- pour l'emmener dans le cabinet du mdecin lgiste. Pendant ce temps, les inspecteurs procdaient aux interrogatoires des voisins, sonnant  chaque maison du quartier pour rcuprer la moindre bribe d'information sur l'assassin. Le quartier tait boucl pour le temps de travail de l'quipe du mdecin lgiste, et des scells furent apposs sur la porte de la maison une fois les scientifiques partis. Ceux-ci passrent aussi les environs de la maison au peigne fin, quadrillant chaque centimtre carr avec attention. </P>  <P>   Le lendemain, l'inspecteur Serin disposait des informations suivantes: </P>  <P>   Personne n'avait aperu de personne trangre au quartier pendant la soire. La victime tait un homme de race blanche, mesurant 1&nbsp;m&nbsp;75 pour 72&nbsp;kilos. Il tait blond, les yeux marrons. Il ne possdait pour tout signe distinctif qu'un tatouage reprsentant un loup hurlant  la lune sur l'avant-bras droit. Le rapport d'autopsie n'tait pas encore arriv. </P>  <P>   L'examen de la pice avait permis de rcolter quelque informations: </P>  <P>   Il n'y avait qu'un jeu d'empreintes rcentes, et c'tait celui de la vieille femme. Aucun objet extrieur  la maisonne n'tait rest dans la pice, mis  part le corps lui-mme, et le sac qui l'accompagnait. Le sac en question tait un sac en cuir Cartier, d'excellente qualit, un modle vendu  un nombre raisonnable d'exemplaire. La vieille dame affirma que le sac tait celui qu'on lui avait drob pendant la soire, et que la victime tait srement, -&nbsp;mais elle ne pouvait se prononcer&nbsp;- son agresseur. Les traces de sang  l'intrieur du sac tait de rhsus AB+. Les seules empreintes taient celles de la femme, et celles de la victime. Il contenait aussi un tube de rouge  lvres, un tube d'Efferalgans, un brumisateur d'eau et un portefeuille, rempli d'une vingtaine de billet de valeurs diverses. Il y avait une vraie fortune dans le portefeuille, environ trois mille francs. Cela faisait beaucoup. </P>  <P>   L'examen de l'extrieur n'avait rvl l'existence que de quelques traces de sang, elles aussi de rhsus AB+. Le sang tait tonnamment peu abondant, au vu des blessures de la victimes. </P>  <P>   L'inspecteur Serin tait dans une mauvaise passe. Il avait sur les bras un tueur d'une sauvagerie exceptionnelle, mais aussi diablement intelligent et soigneux. On n'avait retrouv aucune trace permettant d'identifier l'agresseur. En fait, on ne connaissait rien de lui. L'autopsie serait peut-tre plus riche en enseignements... </P>  <P>   Le rapport du mdecin lgiste arriva sur le bureau de l'inspecteur  quatorze heures vingt deux. L'homme tait de rhsus AB+: le mme que le sang retrouv dans le sac et sur la chausse. Il avait perdu beaucoup de sang -&nbsp;ce qui n'tait pas tonnant vu les blessures subies. La mort n'avait pas t due  la dmembration, mais  la rupture de colonne vertbrale au niveau de la nuque, ce qui avait cess tout contact nerveux entre le cerveau et le reste du corps, et avait eu lieu vers vingt-trois heures. La blessure au genou avait t provoque par un objet tranchant d'environ deux centimtres vingt-cinq de large, et de deux millimtres d'paisseur. La blessure tait pr-mortem. Les bras avaient t arrachs, si l'on en croyait les marques,  la main. Ce qui, bien entendu tait impensable. Les bras avaient tous les deux t spars du corps au niveau de l'paule. Il tait certain qu'ils avaient t arrachs en une seule fois -&nbsp;ce qui ncessite une force considrable&nbsp;- d'un coup sec, car la csure tait plutt nette. Ce travail de boucher avait t effectu aprs la mort du sujet. Le tatouage tait bien connu des services de police, car il marquait l'appartenance au gang des Roses Noires. La victime tait donc membre d'un groupe de jeunes qui ensanglantaient la ville de leurs affrontements. On tenait peut-tre enfin une piste valable... </P>  <P>   La victime possdait un portefeuille, vide, celui-ci. Il avait aussi dans ses poches un couteau  cran d'arrt, vraisemblablement l'arme qui avait servi  lui transpercer le genou. </P>  <P> </P>  <P>   L'inspecteur fit des recherches sur l'identit de la victime. Il s'appelait Matthieu Carlier. Il avait dj t arrt  deux reprises: une fois pour conduite en tat d'ivresse, il y avait trois ans de cela, et pour prsomption de meurtre l't coul. Il avait t relch faute de preuves, mais tout l'accusait. Il tait le seul du groupe avec une arme  feu, et l'arme du crime portait ses empreintes. Mais on avait aussi retrouvs celles de ses camarades, et l'un deux fut condamn  la prison  perptuit pour le meurtre de Simon Grgory, qui avait eu le malheur de croiser les pas de la bande de dlinquants. C'tait peut-tre le motif du meurtre. Mais un examen rapide du dossier de l'ex-acolyte du jeune Carlier montra que celui-ci tait encore en prison -&nbsp;ce qui tait plutt normal. Un de ses amis? Il consulta le dossier des membres de la bande qui avait t mis en garde  vue pour le meurtre de l't dernier. L'un deux tait lui aussi en prison pour un braquage. Un autre tait mort dans un accident de voiture. Le dernier faisait ses tudes de tourneur sur bois  Marseille. L'inspecteur lana un avis de recherche sur le dernier, avec peu d'espoir. Le jeune voyou n'avait eu  faire  la police qu'une seule fois, et il avait t le seul  cooprer, bien que press par ses compagnons. Il y avait donc peu de chances pour que le jeune homme tente d'assassiner un de ses anciens camarades alors qu'il avait eu du mal  se rintgrer  la socit. </P>  <P>   A la connaissance de l'inspecteur, le gang des Roses Noires tait toujours actif, et grandissait en popularit. Il faudrait s'entretenir avec ses membres, un  un, afin de dterminer les raisons qu'on aurait pu avoir de tuer le voyou. </P>  <P>   Il restait bien sr l'ventualit d'un fou dangereux qui aurait mont cette mise en scne, se prenant pour un juge divin, et prenant la libert d'assassiner les pcheurs. Mais la crime tait bien trop soign, toutes les traces avaient t effaces, et de plus, comment le tueur aurait-il pu deviner l'adresse de la vieille femme? Peut-tre dans son portefeuille. Il contenait effectivement la carte d'identit de la vole, avec son adresse. Mais il s'tait coul environ une heure et demie entre le moment de l'agression, et le moment ou le cadavre avait t dcouvert. C'tait bien trop court pour une telle mise en scne. De plus, il n'y avait aucun hmatome sur le corps du jeune garon, l'attaque avait srement t soudaine. Mais pourquoi le couteau dans le genou. Ou bien la victime connaissait l'agresseur, et elle ne se doutait de rien quand il avait frapp. Il en rsultait une affaire d'une grande complexit, o les indices taient distribus au compte-gouttes. Les seules choses  faire taient d'entendre les proches de la victimes, et d'attendre que le tueur fasse une nouvelle apparition, pour l'empcher de tuer  nouveau. </P>  <P>   L'homme ajusta le zoom et pointa l'appareil sur la pice en face de lui. Un homme et une femme y taient perdus dans la passion. C'tait un grand vnement pour Samuel Cran: il serait le premier  prouver que cette chre Elisabeth Montdidier trompait honteusement son mari. Cela ferait mal  sa campagne lectorale. et mettrait Samuel dans les bonnes grces de son patron. </P>  <P>   Il se concentra. Il fallait prendre un clich expressif, provocateur, mais pas choquant. C'tait tout un art. Il pensa un moment  la chance qu'avait cette homme. Elisabeth tait une belle femme -&nbsp;des bruits couraient d'ailleurs qu'elle n'aurait atteint sa position qu'en couchant avec des personnes haut places, accusations dmenties par sa rfrigrante froideur. Voil qui allait transformer son image de marque. </P>  <P>   Le moment tait venu. On distinguait clairement le visage de la candidate  la mairie, et l'treinte des deux amants. L'homme tant un simple quidam, il n'tait pas ncessaire que l'on distingue son visage. Samuel prit une dizaines de clichs, pour tre sr de garder au moins une bonne photo. Puis il resta riv  son appareil, observant vicieusement le couple. Une main sur son paule le fit sursauter. Il se retourna brusquement, laissant tomber son appareil. Il eut  peine le temps de voir l'homme cach derrire son chapeau de feutre avant qu'une main puissante ne le cloue au sol. L'homme lui crasait la trache, et il ne pouvait plus articuler aucun son. Ses forces diminuaient  chaque seconde, dans sa misrable tentative d'carter la main de son cou ses yeux se brouillaient, et commenaient  s'exorbiter. Tout devint noir. Il percevait  peine les sons, et la froideur de cette main sur son cou. Une immense douleur lui vrilla l'&oelig;il droit, et il sentit un liquide chaud couler lentement sur son visage. Tout son tre le brlait. La mme douleur se manifesta dans l'autre &oelig;il, et le sang ruissela sur le visage devenu violet. Sa rserve d'air tait vide, ses poumons explosaient, puis, un grand tunnel blanc apparut, et la vie quitta le corps de Samuel Cran. </P>  <P>   Un coup de fil rveilla soudainement le commissariat. Des agent s'affairrent, cherchant leur matriel. On rappela les inspecteurs en planque. Un nouveau meurtre avait t commis. </P>  <P>   L'inspecteur Serin arriva une heure et quart aprs les autres quipes. Les relevs d'empreintes avaient dj t effectus, mais l'appartement o avait probablement eu lieu le meurtre tait seulement boucl. Le corps gisait devant la porte, couch, avec son appareil dans les mains comme s'il allait bientt prendre une photo. Ses yeux grossirement replacs lui donnaient un air grotesque, le sang sch lui faisait comme un masque rouge. Le sang brun contrastait trangement avec le violet ple du cadavre. La mort n'est jamais belle, pensa-t-il. </P>  <P>   Les traces rouges sur le cou de l'homme ne donnait que peu de doutes sur la cause de la mort, et la pleur du cadavre ne faisait que confirmer l'hypothse de la mort par strangulation. </P>  <P>   L'intrieur de la pice tait intact. Le tueur n'y avait pas pntr, il avait juste dpos le corps avant de sonner  la porte. Les deux amants coupables se rconfortaient mutuellement en rpondant aux questions d'un inspecteur, qui regardait la candidate  la mairie avec un regard avide. </P>  <P>   L'inspecteur Serin se rendit  l'appartement o avait eu lieu le meurtre. L'quipe du mdecin lgiste examinait les traces de sang pour dterminer la place de la victime au moment de l'agression. Un autre agent examinait minutieusement la fentre pour y relever des empreintes. </P>  <P>   C'tait une chambre d'htel ordinaire, dont la fentre donnait sur l'appartement de la dame Montdidier. On savait dj que l'homme tait journaliste, on avait retrouv sa carte de presse dans son portefeuille. C'tait un groom qui avait dcouvert du sang sur la moquette, alors qu'il apportait un message au journaliste. Ne l'ayant pas trouv, il alerta la direction, qui a appela la police, aprs avoir vrifi les faits. L'appel suivit de peu celui des amants, qui avaient dcouvert le cadavre sur le pas de leur porte. </P>  <P>   L'inspecteur fit le tour des chambres voisines pour en interroger les occupants. Seulement deux chambres taient prises. L'une d'elles par un touriste allemand et sa femme, qui aprs de longues explications, affirmrent n'avoir rien entendu, qu'ils taient rests dans leur chambre toute la soire,  lire. </P>  <P>   L'autre chambre tait occupe par un homme d'affaires lyonnais. Il affirma que M. Cran tait arriv  l'htel, car il tait accompagn par un groom, et qu'il l'avait entendu sortir  21&nbsp;h environ. Il tait lui-mme arriv  19&nbsp;h&nbsp;45  l'htel, et qu'il y tait rest pour tudier les comptes d'un de ses clients. </P>  <P>   L'inspecteur vrifia ces informations  la rception, o on les lui confirma. </P>  <P>   Le rapport d'autopsie arriva cette fois avant le rapport du service scientifique. </P>  <P>   Le cadavre s'appelait Samuel Cran, photographe indpendant. L'homme tait mort par strangulation, comme on avait pu le deviner. Cette fois-ci, la mutilation avait t opre avant la mort. Le photographe avait vraisemblablement surpris les deux amant, dans l'appartement d'en face, et avait lui-mme t surpris par le tueur. On pouvait maintenant clairement affirmer que le tueur tait fou. Il rendait lui-mme une sorte de justice, et offrait le mort aux "victimes" des "criminels". Restait  savoir comment il slectionnait ses victimes. Les deux morts n'avaient aucun rapport entre eux. L'un tait un petit malfrat, l'autre un paparazzi. Le photographe tait mari, le jeune homme tait clibataire. L'un avait vol, l'autre avait viol l'intimit de deux amants. Comment faisait-il? S'il prenait des personnes au hasard, la tche allait tre bien plus difficile. </P>  <P>   L'quipe de scientifiques avait cette fois-ci une piste. En plus du sang, qui tait celui de la victime, les laborantins avaient dcouvert sur la lunette de l'appareil un jeu d'empreintes rcent. Ils avaient envoy le fichier contenant les empreintes, mais n'avaient pas encore procd  l'identification. </P>  <P>   L'inspecteur dcida alors de chercher le possesseur du jeu d'empreintes. Il questionna les fichiers nationaux. Il regarda tout d'abord les fichiers des dix ans passs. Aucune rponse satisfaisante ne lui apparut. Il questionna alors le serveur sur les vingt ans passs. Toujours rien. Il fit alors une demande sur l'ensemble des fichiers. Une rponse apparut alors. Les empreintes appartenaient  Grgoire de Montjardin, notaire de son tat, n en 1936. Ces crimes auraient t commis par un homme vieux de 64&nbsp;ans! Cela n'tait pas possible: un si vieil homme n'aurait jamais eu la force de tuer le voleur, ni d'trangler le photographe. L'inspecteur examina plus soigneusement le fichier. Tout en bas tait indiqu que l'homme avait disparu en 1950. Le tueur n'tait pas un vieil homme, mais probablement un cadavre. Le policier recommena la recherche. Il obtint le mme rsultat. Il demanda une confirmation du labo, pour savoir si les empreintes reues taient bien celles retrouves sur le corps. On lui rpondit par l'affirmative. Le doute n'tait plus possible, les meurtres avaient t commis par un mort! </P>  <P>   Grgoire lcha la prostitue, qui tomba sans vie sur le bitume. Il se lcha les babines, et rajusta son impermable. Il s'empara du corps de la jeune femme, et la jeta dans une poubelle. Il reprit ensuite tranquillement son chemin vers son abri. En entrant, Grgoire eut un pressentiment. Trop tard. Un homme affreux se jeta sur lui, et avant qu'il n'ait pu ragir, lui planta un pieu dans le c&oelig;ur. Grgoire se retrouva ridiculement fig dans sa posture dfensive, immobilis par le pieu de bois dans son c&oelig;ur. </P>  <P>   &nbsp;Mon cher, il est temps de cesser vos pitreries. Ne vous a-t-on pas appris les bonnes manires? Le prince, notre cher seigneur et matre, pense que vous nous mettez tous en danger, avec vos mises en scnes ridicules, et je suis plutt de son avis. Vous allez donc tre mis  mort, comme l'exige la loi. Adieu!&nbsp;. L'homme disparut du regard de Grgoire, impuissant. Il se sentit tir par les pieds dans la cour intrieure de la maison. Grgoire essaya de fermer les yeux, mais en fut incapable. Il ne voulait pas voir la lumire du jour le dtruire. Au petit matin, la cour sentirait le brl. </P>  <P>   L'inspecteur rentrait chez lui vers onze heures du soir, un dossier sous le bras. Il avait pass toute la soire  essayer de trouver des informations sur le fameux Grgoire. Il n'avait encore parl  personne de sa dcouverte, attendant d'en tre certain. Il n'avait trouv qu'une vieille photo de mauvaise qualit, et des tmoignage de personnes affirmant avoir vu le disparu en rve, ou bien volant devant eux, ou encore d'autres fantaisies de ce genre. Il pensait encore au tueur lorsqu'une main se posa sur son paule. Il se retourna, et ne vit qu'un bras sortant de l'ombre. </P>  <P>   &nbsp;Inspecteur Serin? demanda une voix. </P>  <P>   -&nbsp;Oui, c'est moi. Qui tes vous? </P>  <P>   -&nbsp;Cela a peu d'importance. Ce que vous tes sur le point de trouver est et doit rester secret. Nous sommes le peuple de la Nuit. Les vampires. Le tueur que vous recherchez est l'un d'entre nous. Ne vous inquitez pas, il a t neutralis. </P>  <P>   -&nbsp;Vous devez laisser faire la justice! dit l'inspecteur, ne comprenant pas ce que l'autre voulait dire. </P>  <P>   -&nbsp;Votre justice n'a aucune emprise sur nous. Nous sommes des cratures immortelles, et nous avons nos propres lois. De plus, les forces de police seraient bien incapables de retrouver ce cher Grgoire. Maintenant que vous savez qui il est, vous devrez garder le silence. mais comme vous n'tes qu'un humain, je vais devoir vous y aider.&nbsp; L'inspecteur recula, et sortit son arme de service de son tui. Mais une trange lourdeur le prit, et il se sentit dfaillir. Il ne se sentit pas tomber, mais ressentit un choc avec le bitume. Il sombra dans l'inconscience. </P>  <P>   Une agrable sensation le parcourut, partant de son cou, et s'tendant jusqu' la moindre partie de son corps. Il se sentit  la fois extrmement bien, et trs faible et fatigu. </P>  <P>   Une voix lui murmurait comme en rve: </P>  <P>   &nbsp;Me croyez-vous, maintenant?&nbsp; </P>  <P>   L'inspecteur tait alors prt  accomplir tout ce qui lui serait ordonn. </P>  <P>   &nbsp;Rien de tout ceci n'est arriv, continua la voix,  votre rveil tout sera oubli. Les preuves que vous possdez sont insuffisantes pour trouver votre tueur. Il faut arrter l'enqute, inspecteur. Vous le devez... Je vous l'ordonne.&nbsp; </P>  <P>   La voix avait gard sa douceur, mais l'inspecteur ne pouvait refuser. Il s'en sentait incapable. Il se rveilla soudain, seul, et tendu sur la chausse. Son portefeuille, et la mallette contenant les preuves avaient disparues. Srement un petit voyou des banlieues. Ils taient de plus en plus nombreux, d'anne en anne. Il fallait qu'il pense  adresser une note au directeur pour lui demander de multiplier les patrouilles afin de scuriser les rues. </P>  <P>   En reprenant son chemin, il prit sa dcision: si les meurtres ne continuaient pas, l'enqute serait arrte par manque de preuves. Il ne se douta pas un instant que cette dcision ne venait pas de lui. </P>  <P>   Dans l'ombre, un homme habill de noir souriait. </P>  <ADDRESS class="auteur"><A href="mailto:Aude.Thomas@Wanadoo.fr" class="mailto">Valentino Boccelli</A><BR>(31 mai 2000)</ADDRESS>  <HR>  <ADDRESS><A href="mailto:Laura@Espezon.org" class="mailto">Laura@Espezon.org</A></ADDRESS>  <P class="liens"> Cette page est hberge par <A href="http://www.teaser.fr/" class="ext">France Teaser</A>.<BR> Retour  ma <A href="../index.html">page sur la science-fiction</A>.<BR> Retour  ma <A href="../../index.html">page principale</A>.<BR> Dernire modification:  1 juin 2000. </P> </BODY> </HTML> 
