<HTML> <HEAD> <TITLE>24 mars 1939 - Le barrage d'Izourt en Ari&egrave;ge : Recit de la catastrophe</TITLE> <META HTTP-EQUIV="Content-Type" CONTENT="text/html; charset=iso-8859-1">  </HEAD>  <BODY BGCOLOR="#FFFFFF" BACKGROUND="Images/sky.jpg"> <TABLE WIDTH="651" BORDER="0"><TR><TD><P ALIGN="CENTER"><FONT FACE="Arial Black" SIZE="3" COLOR="#000099">24  MARS 1939 - IZOURT : RECIT D'UNE CATASTROPHE </FONT></P><UL><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">1939  - Malgr l'effroyable saigne de 1914 / 1918, les peuples d'Europe sont encore  une fois au bord de l'abmeDe l'autre ct du Rhin, un ordre nouveau s'est install  et la population de la Grande Allemagne s'enivre des discours psychotiques du  petit caporal autrichien qu'elle s'est choisie pour Fhrer ( guide ). Aprs avoir  annex l'Autriche l'anne prcdente, Hitler, au mpris de tous les traits, dfiant  une Socit Des Nations attentiste, faible et divise , occupe depuis le 15 mars  une Tchcoslovaquie exsangue. </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Aux  frontires sud, de l'Atlantique  la Mditerrane, les postes frontires pyrnens  sont submergs par le flot ininterrompu des quelques 550.000 rfugis espagnols  qui fuient les ultimes soubresauts de la guerre fratricide dchirant la pninsule  ibrique depuis 1936. Barcelone est tombe le 26 janvier, et toute la Province  de Catalogne est dsormais aux mains des troupes du Gnral Franco. Depuis le  6 mars, seule Madrid, abandonne par les dmocraties qui se voilent pudiquement  la face, rsiste toujours ,dernier bastion d' une rpublique moribonde. Au-del  des Alpes, Il Duce, Benito Mussolini, continue  acheminer du matriel aux troupes  franquistes et occupe militairement l'AlbanieEn ce dbut d'anne 39, l'Europe  danse sur un volcan, et les nations se rsignent  prparer une guerre qui semble  dsormais invitable..</FONT></LI></UL><P ALIGN="CENTER"><FONT FACE="Arial" SIZE="3">  IZOURT DOIT TRE ACHEVE</FONT></P><UL><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3"> Les ouvriers  italiens qui composent l'quipe forme par Mr Peduzzi s'intressent peu ou pas   la politique. La plupart de ceux qui sont prsents sur les chantiers des barrages  de Gnioure et d'Izourt, en ce dbut d'anne 1939, n'en sont pas  leur premier  sjour en Haute Arige. Durant l'Automne 38, ils ont amnag le site, construisant  malgr le mauvais temps les baraquements dans lesquels ils vont vivre jusqu'  la fin de la construction des ouvrages. <IMG SRC="Images/Izourt/Pionniersizourt.jpg" WIDTH="250" HEIGHT="255" ALIGN="LEFT" BORDER="2" ALT="Les pionniers du chantier" LOWSRC="Les%20pionniers%20du%20chantier"></FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Tous  ou presque sont originaires de petits villages des Alpes italiennes, rompus aux  chantiers d'altitude,  la morsure du froid,  l'treinte glaciale des vents.  Ce sont des familles entires, pre, fils, cousins, qui quittent leurs villages  durant de longs mois, pour venir travailler sur les grands chantiers europens.  L'Italie est si pauvre, en cette fin d'annes 30, qu'il faut bien se rsoudre   s 'expatrier, franchir les frontires pour survivre, et envoyer la quasi-intgralit  de sa paie aux familles restes au cur des petits villages de pierres et d'ardoises,  si semblables a ceux qu'ils trouvent dans le Vicdessos..</FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">  Peduzzi, l'entrepreneur conseil de la socit Hydrolectrique n'en est pas non  plus a son coup d'essai. Spcialiste des barrages, il en a ralis 13 en Italie,  2 en Autriche et vient tout juste de mettre la dernire main  celui de Bissorte,  en Haute Savoie. La majeure partie des ouvriers qu'il a entran dans cette aventure  arigeoise le connaissent depuis longtemps, et ont particip  la construction  de ces barrages. </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Les baraquements  qui vont les accueillir pour dbuter les travaux de maonnerie n'ont pas t implants  au hasard. La Direction de la Socit a longuement consult les gens du Pays pour  choisir un lieu sr, que ne menacera aucune avalanche. Protges par un mamelon,  les maisons basses  un tage ont t solidement construites en pierre. Lors du  chantier savoyard de Bissorte,. un baraquement bois s'est affaiss sous le poids  de la neige, faisant 9 morts et 7 blesss. On a tir les enseignements de ce drame,  vit le bois sujet aux incendies en t, et la direction sait pertinemment que  les ouvriers prfrent nettement ces constructions en pierre, scurisantes, qui  l'hiver venu, les protgeront mieux du vent et du froid. Tout est prt pour finir  ces travaux : le chantier d'Izourt est devenu en ce dbut d'anne 39 une priorit  du Ministre de la guerre qui exige un achvement rapide du barrage, afin d'alimenter  en lectricit l'usine d'aluminium d'Auzat et contribuer ainsi aux prparatifs  de la guerre qui menace d'clater</FONT></LI></UL><P ALIGN="CENTER"><FONT FACE="Arial" SIZE="3">23  MARS 1939 (21 H 00) </FONT></P><UL><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Dans les baraquements  B et C, en cette soire du jeudi 23 mars 1939, le moral des quipes, comme le  temps, est loin d'tre au beau fixeUne violente tempte fait rage depuis deux  jours et confine les hommes a l'intrieur, tout travail a l'air libre tant rendu  impossible par les conditions climatiques. En dsespoir de cause, les hommes ont  form de petits groupes et jouent aux cartes ou aux ds pour tromper leur oisivet  force. Originaires d'Olgiate, de Rotzo, de Pedemonte, ils se sont rassembls  par " Pays ", mais se connaissent tous plus ou moins, pour avoir travaill ensemble   Bissorte ou ailleurs. La plupart ont particip, durant l'Automne 38,  la construction  des maisons collectives dans lesquels le blizzard les cloue. </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Au  fur et a mesure que la soire avance, aprs le solide repas servi par Francesco  Totti, le cuisinier du chantier, les langues se dlient dans l'cre fume des  cigarettesCertains voquent leurs familles, cette guerre qui menace et ne les  intresse pasTous ont entre 35 et 50 ans, certains ont peut tre dj combattu  lors de celle qui devait tre la " Der des Der ", aux cts des Allis, et les  Italiens sont plus btisseurs que Va-t'en-guerre.Voil plus de vingt ans qu'ils  triment sur les chantiers de haute montagne et la tempte qui enfle  chaque minute  dehors ne les impressionne pas. Construits avec tout le savoir-faire des meilleurs  ouvriers d'Europe, les btiments sont solides,. Partout, les maons italiens difient,  quelquefois face--face, comme en ce moment mme sur les formidables fortifications  des lignes Maginot et Siegfried qu'il faut achever a tout prix. C'est une main  d'uvre comptente et bon march, que les entrepreneurs franais et les allemands  de l'Organisation Todt s'arrachent  coups de contrats juteux. </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Ce  soir, tous esprent que cette foutue tempte va enfin se calmer, que l'ouvrage  va enfin reprendre. Les minutes passent, qui semblent des heures, le silence   peine hach par le souffle omniprsent des vents qui n'en finissent pas de mugir  en dvalant les  pics vertigineux, le bruit des cartes qui s'abattent, des ds  qui roulent, des perdants qui jurent et des gagnants qui exultent. Vers 10 h,  quand le chef de btiment Mario Ralini pntre dans la pice enfume, la plupart  des ouvriers sont dj couchs, ou s'apprtent  le faire. En italien, paternellement,  Mario conseille aux derniers hommes qui tapent le carton d'aller dormir, en vue  d'une reprise ventuelle du travail le lendemain, si les conditions mto s'amlioraient.  </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Personne ne proteste : Ralini est  un " Pays ", un chef d'quipe respect pour son exprience et sa comptence. Trs  vite, sans regrets, les ouvriers dlaissent le jeu. Certains sortent se soulager  avant la nuit, dans un concert de jurons a chaque fois que s'ouvre ou se ferme  la porte, a cause du froid mordant qui envahit le baraquement, battant vite en  brche la maigre chaleur que dispense le pole de fonte rougeoyant au milieu de  la pice. Gardant caleons et tricots pour se protger du froid, les 41 occupants  du btiment B teignent leurs feux, imits dans le mme temps par leurs 29 collgues  de la Baraque C. Avant de s'endormir, certains roulent et grillent une dernire  cigarette, d'autres rvassent au pays,  la femme ou la mre qu'ils y ont laiss,  au petit dernier, n juste avant le dpart et qui aura dj presque un an quand  ils rentreront,  tout ce qui manque a la vie d'un homme exil loin de sa terre.  Au premier tage, Antonio Strazzer, Nicolas Marangoni et Sverino Longhi se couchent  au milieu de leurs collgues, aprs un dernier " Buona notte ". Il leur semble  avant de sombrer dans le sommeil que la tempte a encore forci, coutent le chant  des lingues qui ceinturent les toits pour s'ancrer profondment dans la roche,  laissant chapper de temps  autre, sous l'effet d'une bourrasque plus forte,  une douloureuse plainte mtallique, comme si la montagne pressentait dj le drame  qui va se jouer dans quelques heures. </FONT></LI></UL><P ALIGN="CENTER"><FONT FACE="Arial" SIZE="3">24  Mars 1939 (6 H 00) </FONT></P><UL><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Le jour n'est  pas encore lev quand le rveil du gardien de barrage, Mdric Geniez sonne dans  la baraque D. La main calleuse de l'homme crase vite le poussoir chrom, pour  viter que la sonnerie ne rveille toute la maisonne. Mdric a pass tout l'hiver  ici avec sa petite famille, surveillant journalirement les jeux complexes de  conduites et de robinets, ne descendant  Artis ou Auzat que pour y acheter ce  que le ravitaillement a oubli de lui monter. Rapidement l'homme enfile ses vtements  de travail, gros tricot de laine, pantalon de coutil et bonnet enfonc jusqu'aux  oreilles. Personne ne bouge dans la maisonne endormie. </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Dehors,  la tempte redouble et Mdric doit peser de tout son poids sur la porte pour l'ouvrir.  L'accumulation de neige contre l'huis cde enfin et malgr sa longue exprience  de la montagne, l'homme est surpris par la violence des bourrasques. Il doit faire  appel a toute sa force pour refermer l'huis et c'est courb et titubant sous la  sauvagerie des rafales qu'il atteint enfin la cuisine. Une bouffe de chaleur  lui empourpre le visage quand il pntre dans l'antre de Francesco Totti, qui  prpare le petit djeuner des quipes. Assis  l'une des tables, son camarade  Degloria lui tend un quart de fer maill. Geniez remercie d'un hochement de tte  avant de se saisir de la cafetire qui fume sur le pole  bois. Question caf,  y'a pas a dire, ces italiens en connaissent un rayonMdric boit a petites gorges  le breuvage brlant, vient s'asseoir en face de Degloria.<BR></FONT><FONT FACE="Arial" SIZE="3">-  Ben mon pote, Ca va pas tre une partie de plaisir L'Italien acquiesce sombrement.  <BR>Hier , Guffanto , le chef d'quipe, leur a demand d'aller relever la cte  du plan d'eau et si les chutes de neige se sont calmes, le vent, lui, redouble  de violence. Geniez se tourne vers le cuisinier : <BR>- Francesco, tu nous gardes  du caf au chaud, on sera l dans deux heures maximum Francesco , sans se retourner,  hoche pniblement la tte : le Franais devrait bien savoir que dans une cambuse  italienne digne de ce nom, il y a toujours du caf au chaud, porca misria. <BR>-  Allez, on y va.. Degloria engloutit sa tranche de pain beurre, avale le reste  de son caf et va rcuprer la lourde bote de bois qui contient les fragiles  instruments de mesures. Geniez l'aide  la sangler sur son dos, il est a peine  7 heures lorsque les deux hommes s'enfoncent dans la tourmente.</FONT></LI></UL><P ALIGN="CENTER"><FONT FACE="Arial" SIZE="3">  LA TEMPTE </FONT></P><UL><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Courbs sous les rafales  du vent qui forcit encore, visages congestionns cingls par les milliers d'aiguilles  glaces qu'arrache la tourmente  la neige , Geniez et Degloria progressent pniblement,  titubant sur ce qui fut la piste. La bourrasque les empche quasiment d'avancer,  la visibilit est nulle. Arrachant  chaque pas leurs godillots clouts de la  gangue glace, les deux hommes gagnent 10 mtres, puis vingtMalgr le froid mordant,  Geniez et Degloria sont tremps de sueur. Trs vite, ils comprennent qu'ils ne  pourront se rendre sur le site ce matin. A chaque minute, il leur semble entendre  enfler la tempteUn coup de vent plus fort que les autres surprend Degloria,  le couche dans la neige. Geniez l'aide a se relever, jette un coup d'il maussade  autour de lui. <BR>- On n'y arrivera pas Allez, on rentre, y'a rien a faire aujourd'hui...<BR>Le  garde barrage a d hurler pour se faire entendre de son camarade, qui acquiesce  d'un mouvement de tte. Ensemble, se soutenant pour affronter le blizzard, les  2 hommes entreprennent de rebrousser chemin. </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Aprs  le caf servi par Francesco Totti, presque tous les ouvriers se sont recouchs  dans les baraquements. Au 1er tage du btiment B, Nicola Marangoni et Sevrino  Longhi face a face, fument tranquillement dans leurs lits. </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Dehors,  personne n'a remarqu l'norme tourbillon en cours de formation. Sous l'effet  conjugu des vents, une mini tornade est en train de se crer. Elle grossit, enfle  encore, se dplace rapidement, laminant tout sur son passage, large d'une soixantaine  de mtres Elle hsite un bref instant, semble chercher sa voie A 7 h 30 prcises,  la tornade, implacablement, abat toute sa monstrueuse puissance sur les maisons  de pierre qui abritent les ouvriers italiens. </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Perceptible  sur l'ensemble du site, une sourde dtonation couvre pendant un bref instant le  hurlement des vents. En une fraction de seconde, la tornade vient de faire littralement  clater les baraquement B et C.. Au premier tage de la baraque B, Marangoni,  et Longhi, comme tous les autres, ont entendu la formidable secousse. Avant mme  qu'aucun n'ai pu esquisser le moindre mouvement, le ciel, comme par enchantement,  leur apparat soudainement.. La tornade vient d'arracher leur toit, cisaillant  net les lingues d'acier censes le retenir quelles que soit la force du vent.  Une main de gant s 'empare des 2 hommes qui sont littralement soulevs par les  vents, projets dans les airs. Pendant un court instant, ils voient distinctement  les murs de leur btiment s'effondrer . Par miracle, Marangoni et Longhi traversent  sans la toucher la nappe de cbles basse tension et terminent leur chute prs  du baraquement qui abrite les compresseurs, enfouis dans une profonde couche de  neige. Erminio Scalzerri, du btiment C, couch quasiment au mme endroit que  les deux hommes, a t lui aussi catapult hors de son btiment. Sans vraiment  raliser ce qu'il se passait, il s'est cras dans la poudreuse prs de la porte  du magasin du chantier,  prs de vingt mtres de son point de dpart . Choqu,  Scalzerri rcupre un court instant, ne sachant o il se trouve. Comme dans un  songe, sans y penser, il s'extirpe difficilement de la neigeEn se retournant,  il distingue  travers les rafales que le toit du btiment C s'est entirement  volatilis, que les deux btisses de pierre disparaissent sous la neige. Reconnaissant  enfin la porte du magasin, il s'engouffre a l'intrieur du btiment. </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Longhi,  fortement secou, reprend conscience. La tornade l'a propuls sur le toit du btiment  des compresseurs. L'Italien se dgage prcipitamment et du coin de l'il, aperoit  au sol Marangoni, enfonc dans la neige jusqu'au cou, entour des dcombres du  toit qui les ont suivi dans leur vol insens. Seul, frntiquement, il dgage  son camarade, l'aide a se relever. Miraculeusement, les 2 hommes sont indemnes.  Titubant sous le poids de son camarade, Longhi soutient Marangoni et se dirige  vers la maisonnette du Gardien de Barrage, qu'il voit se dresser intacte.</FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">  Vers 7 h 15 , 7 H 20, Geniez et De gloria se sont spars. Le gardien de barrage  a rejoint sa maison, ou l'attend Andr Tournayre. Dsuvr, l'lectricien  quitt  la baraque C pour venir voir son ami, tuer le temps. Tous deux voquaient la  tempte quand la dtonation leur est parvenue. Figs par la surprise, les deux  hommes ont vite compris qu'il se passait quelque chose. Aprs un bref regard,  sans un mot, ils se ruent hors du Btiment vers les lieux du drame. </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Angelo  Guffanti s'est lui aussi lev entre 6 h 30 et 7 Heures. Il faisait tellement froid  dans le baraquement qu'il partage avec son neveu qu'il a du mettre un chle sur  sa tte pour descendre les escaliers. Sur le seuil du btiment, Angelo constate  que le temps est excrable. Dpit, l'italien rentre a l'abri et va s'asseoir  sur son lit, discute un instant avec son neveu rest couch. Tout d'un coup, Angelo  ressent " un grand bouleversement ", le sang lui monte a la tte, bat a ses tempes.  Il se dresse brusquement et entend a ce moment prcis un norme bruit sourd, juste  a cte de sa baraque. Au mme instant, la porte s'ouvre et la voix de Francesco  Totti, le cuisinier, rsonne dans l'escalier.</FONT><BR><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Angelo,  regarde en face, vite!!! </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Dehors, incrdule,  Guffanti constate qu'une partie du toit de sa maison vient de disparatre. Quand  il remonte, son neveu affol s'est lev, de grosses pierres arraches au mur sont  tombes sur son lit. Le jeune homme est indemne. Hbts , les deux hommes quittent  prcipitamment le btiment. Anglo peroit alors la voix touffe de son fils  Michaele. Il voit alors  une dizaine de mtres de lui son an dsigner quelque  chose dans la neige,  ct du btiment. Taina, originaire du mme pays que les  3 hommes est enseveli sous la masse blanche. Angelo reprend immdiatement ses  esprits. Il aide son fils et son neveu a dgager Taina, qui se rvle seulement  choqu. Guffanti retrouve alors toute sa lucidit de chef d'quipe. Les ouvriers  indemnes, logs dans d'autres btiments au moment du drame affluent vers le sinistre.  Guffanti leur hurle d'aller chercher des pelles et des pioches au magasin, organise  rapidement les secours. </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Mario Ralini  s'est lev  6 H 30. Il est all jusqu' sa fentre, s'est rendu compte que le  temps tait extrmement mauvais. Du, l'italien dcide de se recoucher et de  traner un peu au lit, ce matin Au bout d'un moment, le chef de baraquement jette  un coup d'il a sa montre, il est trs prcisment 7 H 30. Il s'apprte  sauter  hors de son lit quand lui parvient un norme coup sourd. Les murs de bois de sa  chambre clatent sous l'effet de souffle. Ralini s'croule, recouvert par les  dcombres. Ce sont les planches de bois qui constituent les murs de sa chambre  qui vont lui sauver la vie. En formant un abri au dessus de sa tte, elles le  protgent de la pluie de dbris qui pleuvent sur lui. Epouvant, Ralini mettra  quelques minutes avant de pouvoir retrouver son sang froid. Le chef d'quipe se  ressaisit, voit au dessus de lui un trou d'environ 25 Cm de diamtre, dans un  angle. Il passe sa tte dans l'orifice, constate qu'il vient d'merger au premier  tage. Ralini ne se rappellera que trs partiellement de ce qu'il a vu, la neige,  partout, un amoncellement chaotique de poutres et de tles.Encore sous le choc,  Mario Ralini se retrouve sans trop savoir comment devant son btiment, distingue   travers les rafales charges de glace les 3 Guffanti creuser pour dgager un  corps. Le froid est intense, Mario ralise soudainement qu'il est entirement  nu L'italien se rue vers la baraque d'Angelo,  la recherche de vtements. De  cette journe, Ralini ne se souviendra que de peu de choses. Encore sous le choc,  il enfile de vieux vtements et va grossir les quipes de secours. <IMG SRC="Images/Izourt/Batiment.jpg" WIDTH="300" HEIGHT="182" ALIGN="RIGHT" BORDER="2" LOWSRC="L'apr%E8s%20catastrophe" ALT="L'apr&egrave;s catastrophe"></FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Guiseppe  AMATI somnolait au rez de chausse de la baraque B quand la dtonation l'a compltement  rveill. C'est couch sur son lit qu'il aperoit avec horreur un monceau de dcombres  s'abattre autour de lui. Guiseppe a de la chance, ce 24 Mars 39. Aucun des dbris  ne le blesse. En levant les yeux au plafond, il s'aperoit que celui ci est crev  et qu'un trou peut lui permettre d'chapper a ce chaos. Frntiquement, il emprunte  le passage et dans sa hte  quitter le btiment sinistr se blesse lgrement   la tte et aux jambes. Nu lui aussi, il croisera galement Angelo, Michaele  et leur neveu qui extirpent maintenant Taina de la neige. Le froid est pouvantable,  il faut trouver des vtements d'urgence. Guiseppe part en courant vers la maison  du garde barrage </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Tour  tour , les  survivants de la catastrophe se sont rendus aux baraquements les plus proches,  rcuprer des vtements pour ceux qui ont la chance d'tre indemnes, recevoir  les premiers soins pour les premiers blesss qui commencent  affluerQuand Amati  pntre dans la maison de Geniez, son pouse a dej distribu tous les vtements  de son mari MdricEnroul dans une couverture, ne ralisant pas entirement ce  qui s'est rellement pass, pensant a tous ses camarades qui sont ensevelis la  bas, sous la neige, et qui vont mourir de froid si on n'agit pas rapidement, Guiseppe  attendra deux heures avant que Michaele Guffanti lui prte de quoi se couvrir,  et qu'il puisse lui aussi apporter son aide aux sauveteurs. </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Dehors,  les quipes de sauvetage se sont rapidement constitues sous les ordres des chefs  d'quipe.Malgr les bourrasques, les sauveteurs peroivent les plaintes diffuses  des survivants ensevelis. Fbrilement,  la pelle et  la pioche, les ouvriers  du chantier d'Izourt se dbattent au milieu du chaos pour tenter de sauver leurs  camarades, leur frre, leur cousinPersonne a ce moment n'a une ide prcise de  l'ampleur de la catastrophe</FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Quand  Geniez et Tournayre arrivent sur les lieux du drame, le garde barrage prend la  dimension du dsastre. Aprs une course rapide, il entre en coup de vent dans  la baraque D, ou loge la direction. Maurice Mathiot est le seul cadre prsent  sur le site ce 24 Mars. Les deux hommes remontent pniblement vers les baraquements  dtruits, mais la tourmente s'en mle, ralentissant leur progression. Ils croisent  les premiers rescaps, choqus, qui se soutiennent mutuellement pour braver la  tempte. Nombre d'entre eux sont blesss, aucun trs srieusement. Quand Maurice  Mathiot arrive sur les lieux, il ralise l'ampleur de la tragdie. 2 Btiments  sont quasiment crouls, le A a perdu une importante partie de son toit. Au milieu  des dcombres, les hommes luttent, mais le vent est tellement charg de neige  que chaque pellete arrache est aussitt recouverte par la tourmente. Le visage  des hommes se recouvre d'un masque de glace que, absorbs par leur tche, les  ouvriers ne sentent mme pas </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Mathiot  organise vite des rotations, tant le danger de geler sur place est grand. Humainement,  il est impossible de rester plus de cinq minutes sur site. Il songe immdiatement   alerter les bureaux d'Auzat, mais les communications sont coupes, les lignes  tlphoniques serpentent au sol sous les rafales de neige et la tempte a abattu  le rseau lectrique, le rendant durablement hors service. Izourt est isol, sans  chauffage, lectricit et force le tlphone reste dsesprment muet, le tlphrique  hors service. Mathiot runit les chefs d'quipe et ensemble, jaugeant l'urgence  de la situation, prennent trs vite une dcision...</FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Aprs  une brve concertation, Mathiot dsigne trois hommes : Michaele Guffanti, le fils  d'Angelo, Emilio Mioni et Andr Tournayre, l'lectricien. Tournayre est un miracul  . Lui aussi devrait agoniser atrocement sous la neige. Vers 7 h 15, il a quitt  le baraquement C pour aller discuter un moment avec Mdric Geniez. C'est avec  lui qu'ils ont vu arriver les premiers rescaps du drame, nus et choqus. Mathiot  ordonne aux trois hommes d'emprunter la conduite force pour descendre vers Pradires  chercher du secours. Les trois hommes pntrent dans la chambre de visite de la  conduite, et s'engouffrent dans le boyau obscur. Il faut faire vite, chaque seconde  qui passe rduit les chances de survie de leurs camarades, dont la plupart, ils  ne le savent pas encore, sont dj morts, touffs sous la masse de neige et les  dcombres. </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Sous la direction des chefs  d'quipe et de Maurice Mathiot, les hommes dgagent l'enchevtrement de poutres  brises et de tles froisses, de pierres et de neige. Toutes les dix minutes,   cause du froid glacial, les quipes se relaient pour continuer l'ouvrage. Fbrilement,  des hommes creusent la neige pour retrouver les survivants de la catastrophe  </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Vers 10 H 30, les communications sont  enfin rtablies avec Auzat et Maurice Mathiot peut enfin joindre Aim Mouchet,  directeur, que l'quipe envoye par la conduite a dj prvenu du drame. Mouchet  informe Mathiot qu'il constitue une quipe de secours et monte aussitt que possible   Izourt, enjoint Mathiot de poursuivre activement les recherches. </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Dans  la matine de ce vendredi noir, 7 hommes, tous couchs au premier tage, except  Amati et Ralini, seront dgags de ce pige mortel. Membres fracturs, thorax  dfoncs, gelures, Mathiot craint que le bilan ne s'alourdisse encore. Dieu seul  sait combien vivent encore, la dessous</FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">  L'aprs midi, Mouchet arrive  Izourt avec 14 hommes qui immdiatement, se mettent  au travail. Une heure plus tard, une deuxime quipe de 18 hommes vient gonfler  l'quipe de sauveteurs. Mais la montagne, inexorable, resserre son treinte mortelle  sur ceux qu'elle semble vouloir garder. La violence de la tempte devient extrme.  La mort dans l'me, les hommes doivent interrompre leurs recherches.. Vers 8 h  du soir, les lectriciens parviennent a rparer une partie du rseau lectrique,  rtablissant l'lectricit dans une partie des btiments, mais les poteaux de  la ligne qui alimente le moteur du tlphrique ont t cisaills par la tempte  et il ne peut tre rpar immdiatement.</FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">  Toute la nuit, les quipes resteront en alerte, essayant tour  tour d'accder  aux lieux du sinistre, mais les conditions mto sont effroyables. Chaque tentative  se soldera par un chec. La tempte, impitoyablement, contraint les hommes  une  attente nourrie par l'angoisse. Malgr tout leur courage et leur dtermination,  les quipes resteront cloues dans les btiments, impuissantes. </FONT></LI></UL><P ALIGN="CENTER"><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Samedi  25 Mars 1939 </FONT></P><UL><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Malgr les vents qui  ne faiblissent pas, ds l'aube, les hommes reprennent la course contre la montre  et une quipe russit  remettre le moteur du tlphrique en marche. Dans la  valle, les pages local du journal titrent sur " l'avalanche d'Izourt " et l'article  relatif  l'vnement laisse penser qu'il est sans gravit. Vers 8 H 00, le Docteur  Barrre, mdecin de la 81me compagnie de Rgiment d'Infanterie Alpine, arrive  sur les lieux avec une infirmire . Dans des locaux de fortune, avec des moyens  mdicaux de base, il entreprend de soigner les blesss les plus grivement atteint.  Peduzzi, l'entrepreneur conseil arrivera aprs le docteur, vers 8 h A 10 h suivront  l'infirmire de l'usine Pechiney d'Auzat, Melle Cathala, le cur d'Auzat et deux  cadres, Mrs Bonnet et Tambrun. Dans le mme temps, on procde  l'vacuation des  premiers blesss. </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">La srie noire continueIl  est 11 H  Pradires quand une avalanche tombe de la rive gauche et dplace la  station du tlphrique. Les deux hommes qui l'actionnent sont blesss, heureusement  sans gravit, mais la liaison avec Izourt est coupe une fois de plus. Dans la  nacelle maintenant immobilise, deux rescaps de la catastrophe, blesss, devront  patienter plus d'une demi heure avant que les quipes de maintenance ne remettent  le prcieux cordon ombilical en service. Il fonctionnera sans interruption jusqu'au  soir, apportant couvertures et mdicaments, rendant possible l'vacuation des  derniers blesss. </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Les sauveteurs luttent  avec acharnement contre les lments dchans. Dans la baraque B, la plus touche,  la plupart des cadavres qu'ils dcouvrent sont encore dans leur lits, ou juste  a ct, surpris dans la position dans laquelle la tornade les a surprit . Guids  par les plaintes qui sourdent de la neige, les secouristes extraient Angelo Bianchi  et Maino Luigi, grivement blesss, du 1er tage de la btisse. Du rez - de -chausse  de la btisse, ils ne retireront plus que quatorze malheureux corps sans vie et  Antonio Strazzer, bless mais bien vivant, qui est pass on ne sait trop comment  du 1er  l'tage infrieur. </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Dans la  baraque C, les sauveteurs n'ont pas plus de chance.Mariano Vigari, 46 ans, ne  doit qu'a sa robuste constitution d'tre encore en vie. Samuel Lopardi, l'autre  survivant, n'aura pas cette chance. Le Docteur Barrre, qu'a rejoint le Docteur  Gloris, sait dj en l'examinant que l'homme ne survivra pas.On l'a retir de  la neige avec les quatre membres gels Evacu d'urgence vers l'hpital de Pamiers,  il dcdera le lendemain, Dimanche 26. Ce jour l, on retire encore 6 cadavres  raidis par le froid du baraquement C, portant le nombre de victimes a 20. Les  hommes sont effondrs : 20 morts !. Amis, frres, collgues, tous allongs dans  le btiment o l'on a dress une morgue improvise. La presse du lendemain consacrera  sa une a la catastrophe, en lui rendant sa juste dimension. </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Dpchs  au dpart pour joindre le chantier de Gnioure, dont les ouvriers sont bloqus  par la tourmente, sans ravitaillement depuis une semaine, les skieurs du 81eme  RIA rejoignent enfin Izourt et restent mduss quand ils dcouvrent le nombre  impressionnant de victimes de la catastrophe.</FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">  Dans la nuit glace du Mardi au Mercredi, ils achemineront les 20 premiers corps  vers Pradires, ou l'on difie dans l'urgence une chapelle ardente. </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Malgr  l'obscurit, tout le monde pense aux camarades sous la neige, mme si les chances  de retrouver des survivants sont dsormais quasiment nulles. Au cours de cette  nouvelle journe, on dgage encore 8 victimes de leurs cercueils de glace...</FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">La  montagne ne lche dcidment rien. A 19H, Une avalanche dcroche de la montagne,  dvale la pente face aux baraquements d'Izourt, bouche la chambre des robinets.  Les hommes se regardent nerveusement, on dirait que la montagne veut tous les  retenir dans son treinte glaciale. Dans la nuit, le mauvais temps coupe a nouveau  les lignes du tlphone, abat celle du transport d'nergie, rendant le tlphrique  inutilisable Mr Mouchet dcide alors d'vacuer tout le personnel Il n'y a plus  personne  sauver sur le site et si l'on reste ici face aux lments dchans,  on risque encore de sacrifier des vies. Mouchet demande alors si des gars sont  volontaires pour garder les corps qui n'ont pu tre encore rapatris sur la Valle.  5 ouvriers resteront l, dont Andr Tournayre, qui doit penser que plus rien ne  peut lui arriver </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Dans la soire du  Dimanche Mr Colomb, responsable au sein de la St Hydrolectrique dcidera de  faire compltement vacuer le site, aprs avis du Prfet Jammet. Il ne reste plus   Izourt que les corps de ceux qui n'ont pu tre vacus, la tempte qui hurle  inlassablement, un froid  fendre la roche </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Le  commandant Roussel, sa compagnie de trente hommes paule par une quarantaine  d'ouvriers et de gens de la valle quitteront Auzat Mardi soir, avec Mr Colomb,  pour dgager les cadavres gels. Pour plus de scurit, les hommes ont dormi dans  le canal d'amene. Bien que glacial, l'abri les protge de la colre de la montagne.  Nous sommes le 28 Mars 1939. Ce soir l, la TSF annonce laconiquement que Madrid  vient de tomber </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Enfin, le temps devient  plus clment . C'est  dos d'homme et  skis que, pniblement, les dpouilles  de ceux qui taient venus btir le barrage d'Izourt seront achemines vers Auzat.  </FONT></LI></UL><P ALIGN="CENTER"><FONT FACE="Arial" SIZE="3">31 MARS 1939 (9  H 30)</FONT></P><UL><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Le glas sonne lugubrement  en l'glise Notre dame de Vicdessos, cette triste matine du 31 Mars 1939. Dans  la cour de la vieille glise de pierre, on a align les 28 cercueils des victimes  de la catastrophe, la plus grande tragdie qu'ait connu de mmoire d'homme la  petite valle. L'entreprise de pompes funbres Lon Canal, en une nuit, a assembl  les sinistres botes de bois dans lesquels reposent les corps de ceux qui ont  perdu la vie sur le chantier d'Izourt. Encore vert, le bois rendait l'eau lorsqu'on  le sciait, se souviendra bien plus tard Emile Saurat, qui les a fabriqus dans  l'urgence Toute la nuit, les femmes des villages ont patiemment assembl les  couronnes mortuaires.(*). <IMG SRC="Images/Izourt/obseques.jpg" WIDTH="300" HEIGHT="188" ALIGN="LEFT" BORDER="2" LOWSRC="Les%20obs%E8ques" ALT="Les obs&egrave;ques"></FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Salu  au nom du gouvernement par le prfet Jammet, en grand habit et bicorne , le cortge  est arriv de bonne heurePtrie d'motion, une foule compatissante s'est presse  dans la cour de la petite glise pour rendre un ultime hommage aux victimes. 26  cercueils sont recouverts du drapeau italien, deux par l'tendard nationalSur  chacun d'eux, on a fix une petite plaque de cuivre portant le nom de celui qui  y repose. Beaucoup de familles italiennes, prvenues du drame, ont fait le dplacement  et pleurent douloureusement l'poux ou le pre tragiquement disparu. Il ne reste  dsormais que les larmes pour ces familles meurtries, trop pauvres pour imaginer  rapatrier les dfunts sous le ciel d'Italie. Implacable, la montagne a prlev  sa dme de sang </FONT></LI></UL><P ALIGN="CENTER"><FONT FACE="Arial" SIZE="3">EPILOGUE  </FONT></P><UL><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3"><IMG SRC="Images/Izourt/derochezourt.jpg" WIDTH="250" HEIGHT="349" ALIGN="RIGHT" BORDER="2" LOWSRC="Le%20d%E9rochement" ALT="Le d&eacute;rochement">Nous  sommes le 31 Mars 1939. Au del de la frontire, la bas, en Espagne, la dmocratie  a vcu L'Espagne catholique a les yeux de Chimne pour ce jeune gnral qui,  pour les uns, a sauv le pays du chaos communiste, cras la Rpublique sous une  botte cloute de soudard pour les autres une chape de plomb va s'installer sur  la pninsule ibrique jusqu'au milieu des annes 70Bien sr, on voquera encore  la catastrophe, " l'avalanche " meurtrire qui a emport 28 vies, bris tant de  familles. Six mois plus tard, le matre du IIIme Reich envahira la Pologne.  Face  la menace nazie, la France et l'Angleterre n'auront d'autre choix que de  dclarer la guerre  l'Allemagne, et l'on aura bien vite d'autres chats a fouetter,  d'autres plaies  panser, et malheureusement, beaucoup d'autres morts  pleurer  </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Aujourd'hui, le barrage d' Izourt  se dresse firement, au dessus de Pradires. C'est une destination prise de randonne  familiale, que l'on conseille aux nophytes Les plus chevronns eux, s'engageront  vers la Caoudire pour se diriger vers le plus haut des refuges gards d'Arige,  celui des magnifiques tangs FourcatOn peut y voir des orrys, sentinelles immobiles  des temps dsormais rvolus de la civilisation pastorale, y dcouvrir la grassette  carnivore, la gentiane, toute la flore fragile et prcieuse de nos montagnesLe  bleu du lac y est intense, contrastant singulirement avec les roches rouges qui  l'enchssent. On vient y pique niquer ,s'y dtendre , passer un agrable moment  en famille  </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3"><IMG SRC="Images/Izourt/construction.jpg" WIDTH="300" HEIGHT="220" ALIGN="LEFT" BORDER="2" ALT="Le parement aval" LOWSRC="Le%20parement%20aval">Si  vos pas vous entranent un jour vers l'tang d'Izourt, une fois le barrage pass,  prenez sur la gauche. Une croix sombre se dresse au dessus des murettes de pierre.  Sobrement, elle rappelle qu'ici, le 24 Mars 1939, la montagne, en un instant,  a ravi l'existence de 28 hommes. 26 Italiens venus chercher fortune qui ne sont  jamais rentrs au pays, 2 franais qu'une tragique destine a enlev  leurs familles.  Si la politique ou l'actualit les a peut tre quelquefois spars au cours de  leur vie, la mort les a indiffremment runis au sein de la mme terre. </FONT></LI><LI><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Ensemble,  comme au temps ou ils travaillaient l haut, sur les flancs de la montagne, ils  reposent encore presque tous dans le petit cimetire de Vicdessos,  l'ombre du  clocher de la vieille glisePour que l'aluminium jaillisse des fonderies des  Usines d'Auzat, pour que la roche se reflte a jamais dans les eaux bleues du  lac qu'ils ont laiss derrire eux. </FONT></LI></UL><P ALIGN="RIGHT"><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Pascal  Magnard </FONT></P><P>&nbsp;</P><P><FONT FACE="Arial" SIZE="3">(*) Didier Laguerre,  la Gazette arigeoise. </FONT></P><P><FONT FACE="Arial" SIZE="3">Ce rcit est  bas sur les dpositions des ouvriers rescaps de la catastrophe, du rapport tabli  par la socit hydrolectrique, responsable des chantiers d'Izourt et de Gnioure  et de la srie d'articles de Didier Laguerre, parus dans la Gazette Arigeoise.  Quelques erreurs de chronologie ont pu se glisser dans ce texte, le rapport restant  confus sur certaines dates. Ce document n'a aucune prtention historique. Sa seule  ambition et de garder en mmoire le tmoignage des survivants de la catastrophe  d'Izourt, survenue il y a maintenant soixante quatre ans, d'apporter un nouvel  clairage sur la plus importante catastrophe qu'ait connu le Vicdessos. </FONT></P><P><FONT FACE="Arial" SIZE="2"><I>Merci   Jean Pierre de m'avoir accord sa confiance pour la rdaction de ce texte, en  me communiquant ces prcieux rapports,  ce jour indits. </I></FONT></P></TD></TR></TABLE><P ALIGN="CENTER"><FONT SIZE="+2">&nbsp;<!-- eStat -->  <SCRIPT LANGUAGE="JavaScript"> <!--                     var _UJS=0;          //-->                </SCRIPT> <SCRIPT LANGUAGE="JavaScript" SRC="http://perso.estat.com/js/m.js"></SCRIPT>  <SCRIPT LANGUAGE="JavaScript"> <!--                 if(_UJS) _estat('273073101205','Page_D_Accueil','Accueil');  //-->                    </SCRIPT> <!-- /eStat --> </FONT></P> </BODY> </HTML> 
