<HTML> <HEAD>    <META HTTP-EQUIV="Content-Type" CONTENT="text/html; charset=iso-8859-1">    <META NAME="Generator" CONTENT="Microsoft Word 97">    <META NAME="Template" CONTENT="D:\Bureautique\Microsoft Office\Office\html.dot">    <META NAME="GENERATOR" CONTENT="Mozilla/4.03 [fr] (Win95; I) [Netscape]">    <TITLE>1&deg;) Le barrage &agrave; Malpasset : un cadeau empoisonn&eacute;</TITLE> </HEAD> <BODY LINK="#0000FF" VLINK="#800080"> <FONT FACE="Arial"><FONT SIZE=+1>&nbsp;</FONT></FONT>  <P><FONT FACE="Arial"><FONT SIZE=+1>Yann Gunzburger</FONT></FONT>  <P><FONT FACE="Arial"><FONT SIZE=+1>Nicolas Zornette</FONT></FONT>  <P><FONT FACE="Arial">El&egrave;ves de deuxi&egrave;me ann&eacute;e</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">Axe terrain</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">Ecole des Mines de Nancy</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT> <DIV ALIGN=right></DIV>  <DIV ALIGN=right><FONT FACE="Arial">Rapport de semaine d&eacute;partementale  mars 2000</FONT></DIV>  <DIV ALIGN=right></DIV>  <DIV ALIGN=right><B><U><FONT FACE="Arial"><FONT SIZE=+1>&nbsp;</FONT></FONT></U></B></DIV>   <P><B><U><FONT FACE="Arial"><FONT SIZE=+1>1&deg;) Le Barrage &agrave; Malpasset : une aubaine pour Frejus ?</FONT></FONT></U></B>  <P><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">Depuis 2 000 ans, Fr&eacute;jus (cit&eacute; du Var, au confluent de lArgens et du Reyran) a toujours d&ucirc; faire face au probl&egrave;me vital de l'obtention d'eau. Les Romains, en leur temps, s'&eacute;taient d&eacute;j&agrave; vus contraints d'entreprendre la construction d'un aqueduc long de 40 kilom&egrave;tres (dont persistent aujourdhui quelques vestiges) pour fournir aux habitants de Fr&eacute;jus une eau pure et abondante.</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, l'&eacute;quipement hydraulique &eacute;tait toujours au premier plan des soucis des responsables de la r&eacute;gion. Le manque deau, notamment l'&eacute;t&eacute;, se faisait cruellement ressentir, et cette p&eacute;nurie devenait chaque ann&eacute;e plus sensible, augmentant avec la pouss&eacute;e d&eacute;mographique et la croissance des afflux touristiques. De plus, la vall&eacute;e de Fr&eacute;jus &eacute;tant fertile, on se devait de donner &agrave; lagriculture locale les moyens de se d&eacute;velopper.</FONT> <BR><IMG SRC="Image16.jpg" HSPACE=9 HEIGHT=174 WIDTH=193 ALIGN=LEFT><FONT FACE="Arial"></FONT>  <P><FONT FACE="Arial">Les besoins en eau potable, les n&eacute;cessit&eacute;s dirrigation, le d&eacute;sir de lutter contre les incendies de for&ecirc;ts ravageurs et de mettre un terme aux inondations r&eacute;guli&egrave;res occasionn&eacute;es par le Reyran dans la plaine de Fr&eacute;jus sont autant de raisons qui conduisirent le Minist&egrave;re de lAgriculture &agrave; approuver, le 3 ao&ucirc;t 1950, la construction dun barrage sur ce cours deau, au lieu-dit " Malpasset ". La construction fut confi&eacute;e &agrave; un bureau d&eacute;tudes r&eacute;put&eacute; pour &ecirc;tre l'un des plus grands dans cette sp&eacute;cialit&eacute;.</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">Le site ressemblait &agrave; celui de bien dautre barrages : la vall&eacute;e du Reyran est &eacute;troite et ses flancs sont raides. Le barrage vo&ucirc;te paraissait donc particuli&egrave;rement adapt&eacute;. Aucun trait morphologique nattira lattention. Le terrain (gneiss et micaschistes avec des filons de pegmatite) ne pr&eacute;sentait pas de faille visible. Les forages ne r&eacute;v&eacute;l&egrave;rent rien non plus.</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">Louvrage, achev&eacute; en 1954, &eacute;tait pleinement r&eacute;ussi, tant sur le plan technique que sur le plan architectural. <B>Le Barrage de Malpasset &eacute;tait du type "vo&ucirc;te mince".</B> D'une hauteur de 66 m&egrave;tres, son arc se d&eacute;ployait en cr&ecirc;te sur pr&egrave;s de 225 m. L'&eacute;paisseur de la vo&ucirc;te au sommet de l'&eacute;difice, ne d&eacute;passait pas 1.5O m, et en faisait &agrave; l&eacute;poque le barrage le plus mince dEurope. La capacit&eacute; totale de retenue &eacute;tait de l'ordre de 5O millions de m<SUP>3</SUP>, dont 25 millions utilisables.</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT>  <P><B><U><FONT FACE="Arial"><FONT SIZE=+1>2&deg;) La rupture catastrophique</FONT></FONT></U></B>  <P><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">D&eacute;cembre 1959. Des pluies exceptionnelles sabattent sur toute la C&ocirc;te dAzur depuis plusieurs jours. Le niveau de leau dans la retenue du barrage monte rapidement. Des fuites deau sont observ&eacute;s dans des rochers &agrave; quelques m&egrave;tres en aval du barrage. Mais pour ne pas g&ecirc;ner les travaux de lautoroute Marseille-Nice qui se d&eacute;roulent alors &agrave; 1 km &agrave; peine en aval, lexploitant d&eacute;cide de laisser le r&eacute;servoir se remplir plut&ocirc;t que douvrir les vannes pour att&eacute;nuer la crue.</FONT>  <P><IMG SRC="Image17.jpg" HEIGHT=331 WIDTH=318><IMG SRC="Image18.jpg" HEIGHT=258 WIDTH=256>  <P><FONT FACE="Arial"><FONT SIZE=-1>Photos d&eacute;poque : le barrage bris&eacute;</FONT></FONT>  <P><FONT FACE="Arial"><FONT SIZE=-1>les rails</FONT></FONT> <BR><IMG SRC="Image19.jpg" HSPACE=9 HEIGHT=237 WIDTH=316 ALIGN=RIGHT><FONT FACE="Arial"><FONT SIZE=-1></FONT></FONT>  <P><FONT FACE="Arial">2 d&eacute;cembre. 21 h13. Une s&eacute;rie de d&eacute;flagrations d'une violence inou&iuml;e retentit dans la vall&eacute;e du Reyran. Le Barrage de Malpasset vient de c&eacute;der lib&eacute;rant une masse d'eau gigantesque qui se dirige vers la vall&eacute;e. Une vague de pr&egrave;s de 5O m de haut se rue vers les premiers obstacles, d&eacute;truisant tout sur son passage. 21 minutes plus tard, un front encore haut de plusieurs m&egrave;tres atteint Fr&eacute;jus et balaie presque toutes les habitations.</FONT>  <P><FONT FACE="Arial"><FONT SIZE=-1>Illustration de l&eacute;normit&eacute; des blocs charri&eacute;s par la vague</FONT></FONT>  <P><FONT FACE="Arial">Ce soir l&agrave;, la ville est mortellement bless&eacute;e. Le bilan est tr&egrave;s lourd : plus de 400 morts, des milliards de Francs de d&eacute;g&acirc;ts. Les terres agricoles sont totalement d&eacute;vast&eacute;es.</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT>  <P><B><U><FONT FACE="Arial"><FONT SIZE=+1>3&deg;) Les causes du sinistre</FONT></FONT></U></B>  <P><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">On a tr&egrave;s vite compris que le b&eacute;ton de la vo&ucirc;te n&eacute;tait pas responsable de laccident, ni dans son calcul, ni dans sa r&eacute;alisation : cest le terrain de fondation qui a l&acirc;ch&eacute;. Restait &agrave; savoir pourquoi. Un mois fut n&eacute;cessaire pour &eacute;tablir un premier bilan ; huit ans, pour d&eacute;finir les v&eacute;ritables causes de la catastrophe.</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">Comme pour beaucoup dautres accidents rares, ce sont en fait plusieurs caract&egrave;res ind&eacute;pendants qui se sont trouv&eacute;s r&eacute;unis :</FONT> <UL> <LI> <U><FONT FACE="Arial">Pour le terrain de fondation :</FONT></U></LI>  <BR><IMG SRC="Image20.gif" HSPACE=9 HEIGHT=212 WIDTH=315 ALIGN=LEFT><U><FONT FACE="Arial"></FONT></U> <LI> <FONT FACE="Arial">La foliation bien d&eacute;velopp&eacute;e du massif rocheux a permis louverture dimportantes fractures, en particulier sur la rive gauche, o&ugrave; elle &eacute;tait sub-verticale et tangente &agrave; la vo&ucirc;te. En effet , lorsquun barrage est rempli, leau le pousse vers laval. Ce d&eacute;placement entra&icirc;ne le terrain de fondation de fa&ccedil;on sensible, mais pas le terrain situ&eacute;e en amont (faute dune r&eacute;sistance suffisante &agrave; la traction de la roche). Ce ph&eacute;nom&egrave;ne, n&eacute;gligeable dans le cas des barrages &eacute;pais car il se r&eacute;partit sur toute l&eacute;paisseur, &agrave; &eacute;t&eacute; particuli&egrave;rement important &agrave; Malpasset, dautant plus que la roche &eacute;tait exceptionnellement d&eacute;formable (pr&egrave;s de 10 fois plus que pour les autres barrages du m&ecirc;me type, celle de Tignes repr&eacute;sentant le cas id&eacute;al dune roche encaissante dexcellente qualit&eacute;).</FONT></LI>  <LI> <FONT FACE="Arial">Une faille rive gauche (non rep&eacute;r&eacute;e lors des &eacute;tudes pr&eacute;liminaires) d&eacute;limitait un bloc rocheux de grand volume qui est tomb&eacute; vers laval sous la pouss&eacute;e de leau de la retenue. Cette chute, facilit&eacute;e par les ph&eacute;nom&egrave;nes de sous-pression (pouss&eacute;e dArchim&egrave;de), a &eacute;t&eacute; rendue plus dramatique encore par le fait quelle supportait la cul&eacute;e qui avait &eacute;t&eacute; plac&eacute;e sur la rive gauche pour maintenir la vo&ucirc;te du barrage, dont lassise &eacute;tait incertaine.</FONT></LI> </UL>  <DIR> <DIR><FONT FACE="Arial">Un tunnel fut creus&eacute; au niveau de la cul&eacute;e rive gauche pour &eacute;tudier la faille et les caract&eacute;ristiques du terrain.</FONT> <BR><IMG SRC="Image21.jpg" HSPACE=9 HEIGHT=292 WIDTH=390 ALIGN=LEFT></DIR> </DIR>  <UL> <LI> <FONT FACE="Arial">La perm&eacute;abilit&eacute; du terrain &eacute;tait particuli&egrave;rement sensible &agrave; la compression, ce que personne navait remarqu&eacute; lors de la construction. Cette caract&eacute;ristique a sans doute jou&eacute; un r&ocirc;le important dans la rupture du barrage : le terrain de fondation est naturellement parcouru par des circulations deau du simple fait du fort gradient hydraulique qui existe entre la retenue &agrave; lamont et le cours deau &agrave; laval. Mais dans le cas qui nous pr&eacute;occupe, cette circulation a &eacute;t&eacute; rendue impossible par la formation dune barri&egrave;re imperm&eacute;able dans les zones de compression engendr&eacute;es par la pouss&eacute;e de la vo&ucirc;te. Toute la pression hydraulique sest donc concentr&eacute;e &agrave; ce niveau, accentuant linstabilit&eacute; de louvrage dans son ensemble. Ce facteur navait pas &eacute;t&eacute; pris en compte lors de la construction. Pourtant, on avait pris conscience depuis la rupture du Barrage de Bouzey (Vosges) en 1895 que leau nexerce pas seulement sa pouss&eacute;e sur la face amont du barrage, mais quelle sinfiltre &eacute;galement dans les joints de la ma&ccedil;onnerie et sous louvrage, mettant ainsi dangereusement en cause sa stabilit&eacute;.</FONT></LI>  <LI> <U><FONT FACE="Arial">Pour les conditions particuli&egrave;res dexploitation :</FONT></U></LI>  <LI> <FONT FACE="Arial">Le remplissage tr&egrave;s rapide des 4 derniers m&egrave;tres du barrage (en 24 h) a op&eacute;r&eacute; un v&eacute;ritable effet de choc sur la structure de ce dernier. Louvrage aurait sans doute pu r&eacute;sister &agrave; une mont&eacute;e lente du niveau de leau, entrecoup&eacute;e de paliers, comme cest lusage pour le premier remplissage de tous les barrages. Seulement, les terrains qui devaient &ecirc;tre submerg&eacute;s navaient pas &eacute;t&eacute; achet&eacute;s en totalit&eacute;, si bien que le niveau normal de remplissage navait jamais &eacute;t&eacute; atteint avant que les pluies diluviennes du mois de D&eacute;cembre 1959 ne provoquent une crue inhabituelle et subite du Reyran.</FONT></LI>  <LI> <FONT FACE="Arial">Le Barrage de Malpasset ne faisait lobjet daucune surveillance particuli&egrave;re, ni de la part du bureau d&eacute;tudes responsable de sa construction, ni de la part daucun organisme public. Ainsi, bien que des mesures de d&eacute;placement de la vo&ucirc;te aient &eacute;t&eacute; effectu&eacute;es r&eacute;guli&egrave;rement, elles nont jamais &eacute;t&eacute; d&eacute;pouill&eacute;es et sont rest&eacute;es m&eacute;connues. Elles mettaient pourtant en &eacute;vidence des d&eacute;formations de grande amplitude qui laissaient supposer un comportement anormal du terrain de fondation et pr&eacute;sageait dune rupture imminente, comme la montr&eacute; plus tard la commission denqu&ecirc;te minist&eacute;rielle sur la rupture du barrage.</FONT></LI> </UL> <FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT>  <P><B><U><FONT FACE="Arial"><FONT SIZE=+1>4&deg;) Une r&eacute;volution dans les esprits</FONT></FONT></U></B>  <P><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">La rupture catastrophique du barrage de Malpasset a provoqu&eacute; dans le monde entier une remise en cause syst&eacute;matique des pratiques en vigueur et a donn&eacute; un coup de fouet &agrave; la recherche en m&eacute;canique des roches. Elle f&ucirc;t notamment &agrave; lorigine de la cr&eacute;ation du Comit&eacute; Fran&ccedil;ais de M&eacute;canique des Roches (CFMR) que pr&eacute;side aujourdhui Jack-Pierre PIGUET.</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">Les auscultations traditionnelles du corps de barrage furent d&egrave;s lors &eacute;tendues &agrave; leurs fondations que lon supposait &agrave; tort ind&eacute;formables, au moyen de pendules invers&eacute;s (fils tendus vers le haut par un flotteur, par analogie avec les fils &agrave; plomb). Plusieurs projets de barrage en b&eacute;ton furent m&ecirc;me remplac&eacute;s par des remblais (le Barrage de Saint-Cassien, par exemple). Enfin, un soin nouveau fut apport&eacute; aux voiles dinjection et aux voiles de drainage.</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">Le probl&egrave;me des sous-pressions nen demeure pas moins le principal danger pour les barrages sur rocher, surtout lorsquil existe des surfaces de discontinuit&eacute; &eacute;tendues. Si la plupart des accidents interviennent lors du premier remplissage, les moyens de surveillance d&eacute;sormais mis en uvre devraient permettre de d&eacute;celer une rupture en temps opportun pour alerter les populations menac&eacute;es.</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT>  <P><B><U><FONT FACE="Arial"><FONT SIZE=+1>5&deg;) Les autres ruptures de barrages</FONT></FONT></U></B>  <P><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">Le barrage de Malpasset nest malheureusement pas le seul cas de rupture ou d&eacute;boulement de barrages. Les causes ne sont &eacute;videmment pas les m&ecirc;mes mais, dans le monde entier, des barrages se sont effondr&eacute;s causant la mort de nombreuses personnes.</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">Voici une liste des ruptures ou &eacute;boulements de barrages :</FONT> <UL> <LI> <FONT FACE="Arial">Argentine 1970 4-1 100 morts Mendoza</FONT></LI>  <LI> <FONT FACE="Arial">Br&eacute;sil 1960 28-3 1000 morts LOros</FONT></LI>  <LI> <FONT FACE="Arial">Chine 1993 27-8 +240 morts province de Qinghai</FONT></LI>  <LI> <FONT FACE="Arial">Colombie 1972 25-2 60 morts Foledon</FONT></LI>  <LI> <FONT FACE="Arial">Cor&eacute;e du Sud 1962 28-10 163 morts Sunchon</FONT></LI>  <LI> <FONT FACE="Arial">Espagne 1802 608 morts</FONT></LI>  <BR><FONT FACE="Arial">1959 9-1 144 morts Wega de Fera</FONT> <LI> <FONT FACE="Arial">Etats-Unis 1874 16-5 144 morts Williamstown (Massachussetts)</FONT></LI>  <BR><B><FONT FACE="Arial">1889 31-5 2204 morts Johnstown (Pennsylvania)</FONT></B> <BR><FONT FACE="Arial">1928 13-3 ~700 morts Saint Francis (California)</FONT> <BR><FONT FACE="Arial">1972 26-2 +450 morts Logan (Virginia)</FONT> <BR><FONT FACE="Arial">1976 7-6 140 morts Teton (Idaho)</FONT> <LI> <FONT FACE="Arial">France 1895 27-4 87 morts Bouzey (Vosges)</FONT></LI>  <BR><I><FONT FACE="Arial">1959 2-12 423 morts Malpasset (Var)</FONT></I> <LI> <FONT FACE="Arial">Angleterre 1864 12-3 250 morts Sheffield</FONT></LI>  <LI> <FONT FACE="Arial">Inde <B>1979 11-8 ~30000 morts Machhu</B></FONT></LI>  <LI> <FONT FACE="Arial">Indon&eacute;sie 1967 27-11 160 morts Kebumen</FONT></LI>  <LI> <FONT FACE="Arial">Italie 1923 1-12 600 morts Gl&eacute;no</FONT></LI>  <BR><B><FONT FACE="Arial">1963 9-10 2118 morts Vaiont</FONT></B> <BR><FONT FACE="Arial">1985 19-7 264 morts Tesero</FONT> <LI> <FONT FACE="Arial">Ukraine 1961 13-3 145 morts Kiev</FONT></LI> </UL> <FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT>  <P><U><FONT FACE="Arial">Le barrage de Johnstown</FONT></U>  <P><FONT FACE="Arial">Le premier juin 1889 au matin, les Am&eacute;ricains ont entendu aux informations que Johnstown en Pennsylvanie avait &eacute;t&eacute; d&eacute;vast&eacute; par le plus grave d&eacute;luge de lhistoire des Etats-Unis. Plus de 2200 personnes sont d&eacute;c&eacute;d&eacute;es et bien plus encore sont sans abris.</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">Johnstown est en 1889 une ville de lindustrie de lacier. Avec une population de 30000 habitants, essentiellement des Allemands et des Gallois, la ville sagrandit et est connu pour la qualit&eacute; de son acier. Il ny a quun seul petit inconv&eacute;nient &agrave; habiter &agrave; Johnstown : la ville a &eacute;t&eacute; construite sur une plaine dinondations &agrave; la fourchette des rivi&egrave;res Little Conemaugh et Stony Creek. Pour gagner de lespace constructible, les rives des rivi&egrave;res ont &eacute;t&eacute; r&eacute;duites si bien que les averses importantes de lann&eacute;e ont caus&eacute; des inondations toujours croissantes.</FONT>  <P><IMG SRC="Image22.jpg" HEIGHT=186 WIDTH=585>  <P><FONT FACE="Arial">Mais il y avait une chose encore plus inqui&eacute;tante. A une vingtaine de kilom&egrave;tres en amont de la rivi&egrave;re Little Conemaugh, un lac de 5 km de long  140 m plus haut que la ville - &eacute;tait retenu par le vieux barrage South Fork. Le barrage a &eacute;t&eacute; pi&egrave;trement entretenu et, &agrave; chaque printemps, on se demandait si le barrage allait tenir. La crainte fut finalement au fil des ann&eacute;es sujette &agrave; railleries.</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">Mais &agrave; 16h07 le 31 mai 1889, les habitants ont entendu un sourd grondement. Ils ont su imm&eacute;diatement que c&eacute;tait le barrage qui venait de c&eacute;der apr&egrave;s une nuit daverses continues. 20 millions de tonnes deau ont d&eacute;ferl&eacute; sur la vall&eacute;e &eacute;troite. Emportant d&eacute;normes d&eacute;bris, la vague atteint la hauteur de 18 m et la vitesse de 65 km/h rasant tout sur son passage.</FONT>  <P><IMG SRC="Image23.jpg" HEIGHT=189 WIDTH=584>  <P><FONT FACE="Arial">Tout sest d&eacute;roul&eacute; en 10 minutes. Beaucoup de corps nont jamais &eacute;t&eacute; identifi&eacute;s, des centaines de personnes ont disparu. Lop&eacute;ration de nettoyage dura des ann&eacute;es et des corps furent trouv&eacute;s des mois (voire des ann&eacute;es) apr&egrave;s le d&eacute;luge. La ville mit 5 ans &agrave; rena&icirc;tre.</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">Apr&egrave;s la catastrophe, la plupart des survivants mirent en cause les membres du club de chasse et de p&ecirc;che de South Fork. Ils avaient achet&eacute; le r&eacute;servoir abandonn&eacute; et avaient ensuite &eacute;lev&eacute; le niveau du lac. Aucune poursuite judiciaire ne fut men&eacute;e contre les membres du club pour leurs fautes et les morts occasionn&eacute;es par le d&eacute;sastre.</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT>  <P><U><FONT FACE="Arial">Les barrages en Inde</FONT></U>  <P><FONT FACE="Arial">Dapr&egrave;s un rapport dune organisation de lenvironnement, International Rivers Network, la majorit&eacute; des barrages en Inde ne sont pas aux normes standards. Sur 25 barrages &eacute;tudi&eacute;s, il est report&eacute; quaucun dentre eux nest con&ccedil;u pour retenir la quantit&eacute; deau quil peut contenir suite &agrave; dimportants orages. Deux parmi eux pourraient &ecirc;tre touch&eacute;s par des flots 7 fois plus puissants que ceux pour lesquels ils ont &eacute;t&eacute; con&ccedil;us. Lauteur de ce rapport, M. William Price, dit que pour ces barrages - Hirakud et Gandhi Sagar, deux des plus grands de lInde  les cons&eacute;quences dune rupture seraient indescriptibles.</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">En Inde, la plus grave catastrophe de barrage en date, la rupture du Machhu en 1979, tua des milliers de personnes. Ce barrage s&eacute;tait effondr&eacute; suite &agrave; une inondation deux fois sup&eacute;rieure &agrave; ce que le barrage pouvait contenir. M. Price pr&eacute;cise quil ny a aucune comparaison entre les zones " d&eacute;sertes " du d&eacute;luge du Machhu et les vall&eacute;es fortement peupl&eacute;es en aval des barrages Hirakud et Gandhi Sagar. De plus, Machhu &eacute;tait relativement petit : 26 m de hauteur. Hirakud fait 59 m de haut et contient 8.1 milliards de m<SUP>3</SUP> deau. Quant &agrave; Gandhi Sagar, il est 5 m plus grand que Hirakud et son r&eacute;servoir est substantiellement plus petit. Les catastrophes &agrave; venir pourraient donc avoir une ampleur consid&eacute;rable.</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT>  <P><U><FONT FACE="Arial">Le barrage de Vaiont</FONT></U> <BR><IMG SRC="Image24.gif" HSPACE=9 HEIGHT=348 WIDTH=599 ALIGN=LEFT><U><FONT FACE="Arial"></FONT></U>  <P><FONT FACE="Arial">Le d&eacute;sastre du barrage de Vaiont est un exemple classique des cons&eacute;quences due &agrave; un manque d&eacute;tudes de la part des ing&eacute;nieurs et g&eacute;ologues pour comprendre la nature du probl&egrave;me quils traitaient.</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">Pendant le remplissage du barrage, une coul&eacute;e denviron 270 millions de m<SUP>3</SUP> de terre sest d&eacute;tach&eacute;e du flanc de montagne vers le lac &agrave; la vitesse approximative de 110km/h. En cons&eacute;quence, une vague s&eacute;leva de plus de 250 m au-dessus de la hauteur du barrage et se d&eacute;versa sur la vall&eacute;e en causant la mort de plus de 2000 personnes. Le barrage r&eacute;sista remarquablement (il nest pas cass&eacute;) aux flots.</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">Vaiont est situ&eacute; au sud-est des Alpes italiennes &agrave; environ 100 km de Venise. Le choix du site de construction sest fait dans les ann&eacute;es 1920 et la construction elle-m&ecirc;me a commenc&eacute; en 1956. Il &eacute;tait alors le plus haut barrage en vo&ucirc;te de faible &eacute;paisseur. Sa hauteur est de 265 m et il contient 115 m<SUP>3</SUP> deau.</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">Il est apparu durant la construction que la rive gauche &eacute;tait instable. Des &eacute;tudes ont ensuite r&eacute;v&eacute;l&eacute; quil existait une but&eacute;e qui servait de frein &agrave; la coul&eacute;e et des &eacute;tudes sismiques ont sugg&eacute;r&eacute; que la roche poss&eacute;dait un module d&eacute;lasticit&eacute; &eacute;lev&eacute;e. En cons&eacute;quence, des coul&eacute;es &eacute;taient consid&eacute;r&eacute;es comme probables avec des volumes et des vitesses faibles.</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">Le remplissage du barrage a d&eacute;but&eacute; avant la fin compl&egrave;te des travaux (en septembre 1960) et en mars 1960, le niveau deau atteignait d&eacute;j&agrave; 130 m quand un petit d&eacute;tachement se produisit. Le remplissage fut poursuivit jusqu&agrave; 170 m o&ugrave; le taux de d&eacute;placement observ&eacute; &agrave; rapidement augment&eacute; &agrave; 3.5 cm par jour. Une zone de 1700 m de long sur 1000 m de large &eacute;tait mobilis&eacute;e. Le niveau du barrage fut rabaiss&eacute; &agrave; 135 m et les d&eacute;placements mesur&eacute;s diminu&egrave;rent &agrave; 1 mm par jour.</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">Il paraissait inesp&eacute;r&eacute; darr&ecirc;ter la coul&eacute;e. Cependant le contr&ocirc;le de la coul&eacute;e pouvait &ecirc;tre tent&eacute; en variant le niveau du lac. Ainsi du d&eacute;but octobre 1961 &agrave; f&eacute;vrier 1962, le niveau fut augment&eacute; lentement jusqu&agrave; 185 m puis &agrave; 235 m en novembre 1962. Au d&eacute;but les d&eacute;placements &eacute;taient faibles mais atteignirent 1.2 cm par jour. Le niveau fut donc rabaiss&eacute; lentement &agrave; 185 m en 4 mois et les d&eacute;placements diminu&egrave;rent. Apr&egrave;s ce succ&egrave;s, les ing&eacute;nieurs de proc&eacute;der &agrave; une nouvelle augmentation. Elle fut rapide, davril &agrave; mai 1963 pour 231 m puis 245 m en septembre. Des d&eacute;placements importants furent alors mesur&eacute;s (3.5 cm par jour) donc le niveau fut rabaiss&eacute;. Mais cette fois-ci les d&eacute;placements se sont accentu&eacute;s jusqu&agrave; 20 cm par jour en octobre.</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">La rupture eut lieu &agrave; 22h38 GMT le 9 octobre 1963. La quasi totalit&eacute; de la masse pr&eacute;vue a gliss&eacute; &agrave; la vitesse de 30 m/s.</FONT> <BR><IMG SRC="Image25.jpg" HSPACE=9 HEIGHT=207 WIDTH=371 ALIGN=RIGHT><FONT FACE="Arial"></FONT>  <P><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">Depuis la coul&eacute;e, dimportants travaux ont &eacute;t&eacute; entreprit pour d&eacute;terminer les causes. Cest vraisemblablement laugmentation du niveau de leau qui a induit une surpression intersticielle dans les couches dargile.</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT>  <P><B><U><FONT FACE="Arial"><FONT SIZE=+1>6&deg;) Le site de Malpasset aujourdhui</FONT></FONT></U></B>  <P><IMG SRC="Image26.jpg" HEIGHT=276 WIDTH=368><IMG SRC="Image27.jpg" HEIGHT=276 WIDTH=368>  <P><FONT FACE="Arial"><FONT SIZE=-1>Vue g&eacute;n&eacute;rale du site, Vue sur le lit du Reyran (amont)</FONT></FONT>  <P><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT>  <P><IMG SRC="Image28.jpg" HEIGHT=368 WIDTH=276><IMG SRC="Image29.gif" HEIGHT=273 WIDTH=364>  <P><FONT FACE="Arial"><FONT SIZE=-1>Fente ouverte rive droite Structure fractur&eacute;e rive droite</FONT></FONT>  <P><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT>  <P><B><U><FONT FACE="Arial"><FONT SIZE=+1>En guise de conclusion</FONT></FONT></U></B>  <P><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">Nous tenons dans un premier temps &agrave; remercier M. Pierre Duffaut pour sa gentillesse et ses renseignements pr&eacute;cieux au sujet du barrage de Malpasset et de son histoire.</FONT>  <P><FONT FACE="Arial">Nous tenons ensuite &agrave; remercier les organisateurs de la semaine d&eacute;partementale qui a &eacute;t&eacute; pour nous tr&egrave;s instructive et nous a permis de d&eacute;couvrir beaucoup dapplications diff&eacute;rentes de la g&eacute;otechnique et la g&eacute;ologie.</FONT> <BR><IMG SRC="Image30.jpg" HSPACE=9 HEIGHT=254 WIDTH=340 ALIGN=LEFT><FONT FACE="Arial"></FONT>  <P><FONT FACE="Arial">La semaine d&eacute;partementale est un excellent moyen denrichir ses connaissances et de c&ocirc;toyer les professionnels. De plus, se retrouver en groupe favorise les &eacute;changes et les relations.</FONT>  <P><IMG SRC="Image31.jpg" HEIGHT=243 WIDTH=324>  <P><FONT FACE="Arial">&nbsp;</FONT> </BODY> </HTML> 
